Disclamer : Les personnages et le monde HARRY POTTER sont à J.K. Rowling.

Bêta : Zarbi et Gwenillo pour une deuxième correction. Un grand merci a eux deux.


NdA : Alors, je suis tombé sur la fic d'ANOKADE il y a deux/trois jours de ça et l'idée m'a plu. Comme je trouvais que l'histoire est allée un peu trop vite ainsi que la fin, j'ai eu l'envie de la reprendre. Bien entendu, j'ai demandé l'autorisation de l'auteur avant. Et je la remercie pour ça. Alors, voici ma réécriture du fic Aider pour tout Changer d'ANOKADE. Un lien vers la fic se trouve dans mes favoris pour ceux qui seraient intéressés par elle. N'hésitez pas à me faire part de vos avis.


Mon fils bien aimé Chapitre 10

Harry étira son cou qui craqua bruyamment, ensuite ses bras de bas en haut en soupirant de fatigue. Le jeune papa était à cet instant installé dans son bureau occupé à éplucher toutes les archives de la famille Serpentard ainsi que celles de la famille Gaunt. La famille de son… de son père biologique. Le jeune adulte n'arrivait toujours pas à croire à ce qui s'était produit la nuit de Sol. Comment sa vie avait-elle pu prendre un tournant pareil ? Pourquoi Magie avait-elle cru bon de s'ingérer dans sa nouvelle vie ? Comme si une prophétie n'avait pas été assez, il fallait qu'elle lui en colle une seconde. Et dire que quand les Gobelins lui avaient annoncé qu'il était devenu le nouveau Lord Serpentard, il n'avait rien trouvé d'autre à dire que : « Rien que ça ! ». Oui, rien que ça, mon cul oui ! Il aurait mieux fait de fermer sa grande gueule au lieu de l'ouvrir comme ça, parce qu'il s'était attiré la guigne tout seul.

Si la Magie avait jugé bon de changer son patrimoine génétique… bon, c'est vrai qu'il avait commencé en changeant celui de son père au profit de celui d'Elvis Gaunt, mais c'était parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. De plus, c'était SON CHOIX ! son choix à lui et à personne d'autre. Bref, tout ça pour dire que si cette chieuse avait jugé bon de rendre son mensonge réalité, elle aurait aussi pu lui prendre sa maudite chance de merde ! Harry prit plusieurs inspirations pour calmer sa propre magie en ébullition. Il se leva de sa chaise et se mit à faire les cent pas dans la pièce jusqu'à ce qu'il soit un peu plus calme. Suffisamment, calme pour reprendre ses recherches. Il alla se réinstaller sur sa chaise et reprit sa lecture tout en maudissant Malfoy et Black.

Il n'y avait pas à dire, que cela soit dans le passé ou dans le futur, qu'il soit sournois ou habité par le reste d'un fantôme de Gryffondor, ce type était un enfoiré de première. Et Black n'était pas mieux. Mais cela ne l'étonnait pas vraiment. De plus, même s'il était vraiment remonté contre les deux Lords, Harry ne pouvait s'empêcher de trouver leur conduite amusante. Pourquoi Harry en voulait-il aux deux Lords ? Eh bien, pour connaître ses raisons, mais aussi pour savoir pourquoi il avait le nez plongé dans les archives des familles Serpentard et Gaunt, il faut revenir un peu en arrière : Quatre jours en arrière pour être exact.

Alors, si Harry était aussi remonté et noyé sous une montagne de parchemins et de livres, c'était par la faute de Brutus Malfoy. Tout avait commencé après qu'un sorcier avait déclaré qu'Harry était l'envoyé de Magie et que cette dernière l'avait marqué de son signe. Signe qui s'était avéré être la cicatrice que lui avait laissé Voldemort le soir où il avait tenté de le tuer. Ironique, vraiment ironique, s'était dit Harry lorsqu'il avait compris ce qu'était la fameuse marque que Magie lui aurait faite. On pouvait dire qu'elle avait un drôle d'humour la mère Magie. Mais passons, après que Magie eut tout fait pour attirer l'attention sur lui, Harry s'était senti si abattu par les évènements qu'il s'était un peu coupé de la réalité. Heureusement pour lui, cela n'avait pas duré très longtemps.

Oui, Harry n'était pas du genre à se laisser abattre aussi facilement. De ce fait, il avait pris une grande respiration avant de relever fièrement la tête pour affronter les regards curieux et parfois remplis d'espoir. Il avait ensuite posé sa main sur l'épaule de Tom qui s'était un peu tendue suite à sa petite baisse de morale. L'enfant avait levé les yeux vers lui et lui avait mimé un : « Tu vas bien ? » Harry avait hoché la tête en souriant. Tom l'avait regardé d'un œil critique avant de lui rendre son sourire. Son fils rassuré et son humeur revenue un peu au beau fixe, Harry s'était tourné en direction des Lords Malfoy et Black qui s'étaient frayé un chemin parmi les sorciers qui s'agglutinaient autour d'Harry et de sa petite famille.

_ Non seulement vous êtes amusant et téméraire, mais on dirait aussi que vous avez la manie d'attirer les regards et de réaliser l'inattendu où que vous alliez, lui avait dit Lord Black en esquissant un sourire mi-ironique mi-amusé.

_ Pardon, mais de quoi parlez-vous ? avait demandé Harry qui avait un instant craint que son secret eut été mis à jour.

_ Il se trouve, Lord… Serpentard, avait commencé Lord Black, que nous avons entendu parler de vos prouesses sur un balai. Randolph Keitch est l'un de nos plus proches amis, et depuis quelque temps, il n'a que votre nom à la bouche. À vrai dire, depuis votre rencontre, toutes ses phrases commencent par : « le jeune Mr Smith. ». Ce qui devient lassant.

_ Donc, vous saviez qui j'étais à mon arrivée, avait accusé Harry un tantinet énervé.

_ Bien entendu, avait répondu Lord Malfoy tout sourire. Tous les sorciers qui s'intéressent un tant soit peu au Quidditch savent qui est Harry Smith, le sorcier intrépide aux exploits incroyables et inimaginables sur un balai. De plus, depuis peu, il circule une rumeur dans les hautes sphères de la noblesse. Cette rumeur prétend qu'un jeune étranger possédant une fortune pouvant égaler et même surpasser celles des Malfoy et des Black réunis avait élu domicile dans notre beau pays.

_ Ah bon ! fut tout ce qu'avait pu dire Harry très surpris d'apprendre cela.

Effectivement, il n'avait pas réalisé qu'il était déjà sujet aux commérages. Maudite chance légendaire ! avait-il grogné intérieurement. Il espérait que sa « superbe » chance n'affecterait pas Tom. Du moins, pas trop, car l'enfant avait autant que lui-même une propension étonnante à s'attirer les problèmes. En effet, depuis qu'il était devenu le père du petit sorcier, Harry s'était aperçu que Tom et lui avaient beaucoup en commun ; et cela commençait par leur agaçante manie à s'attirer toutes les merdes du monde. Sauf que contrairement à lui qui fonçait toujours la tête la première, le petit sorcier prenait les choses un peu plus calmement et réfléchissait un minimum avant d'agir.

_ Et non seulement la rumeur dit que vous êtes extrêmement riche, mais que vous êtes aussi à l'origine d'une nouvelle mesure que les Gobelins vont très prochainement mettre en place. Une mesure très juteuse qui devrait remplir un peu plus leurs coffres.

_ Tiens donc, je ne savais pas que les Gobelins étaient aussi bavards, avait dit Harry sarcastiquement.

_ Rassurez-vous, ils ne le sont pas. Les Gobelins sont dignes de confiance, avait détrompé Malfoy.

La réplique de ce dernier surprit Harry, car tous les Malfoy qu'il avait connus avaient toujours été très dédaigneux envers les gobelins.

_ Si cette information ne vous vient pas d'eux, d'où vous vient-elle ?

_ J'ai mes sources, s'était contenté de répondre Brutus en souriant mystérieusement.

Cette fois, la phrase et le ton employé par le sorcier étaient bien Malfoyniene. Harry avait même eu l'impression de faire face à Lucius Malfoy en personne tant le ton et l'expression faciale de Brutus étaient semblables. Les Malfoy étaient-ils tous sortis du même moule ? S'était demandé Harry en fixant le Lord.

_ Je vois que la réputation de votre famille n'est pas surfaite, avait fini par dire Harry. Donc, dois-je en déduire que vous êtes les seuls à être au courant de cela ? avait ensuite demandé Harry.

_ Vous déduisez bien, avait répondu Brutus.

_ Sinon, avait repris Harry en changeant de sujet, l'un de vous deux voudrait-il bien m'expliquer ce qu'est cette histoire de prophétie et de marque ?

_ Nous le pourrions…, avait dit Brutus avant que Cygnus Black ne puisse répondre.

_ Mais, avait questionné Harry en se doutant que la réponse à sa question n'allait certainement pas être facile.

_ Nous ne vous le dirons pas.

L'enfoiré ! C'est bien un Malfoy, il n'y avait plus aucun doute là-dessus, avait pensé intérieurement Harry en essayant de garder un visage neutre.

_ Puis-je en connaître la raison ?

_ Bien entendu, avait dit l'enfoiré sans plus d'explication.

_ Et cette raison est…, avait demandé Harry qui avait de plus en plus de mal à se retenir de lancer un sortilège sur l'arrogant sang pur.

_ Eh bien, voyez-vous, Lord Serpentard, avait commencé à expliquer Brutus en accentuant fortement sur le titre d'Harry, je suis un homme qui ne croit qu'aux prouesses des gens, pas à de mystérieux mots écrits sur un vieux parchemin datant d'on ne sait quand, même si cet homme a été marqué par la Magie elle-même. Avant de miser sur quelqu'un, je m'assure d'abord que cette personne en vaut la peine.

_ Je vois, avait dit Harry en soupirant. En d'autres mots, je dois faire mes preuves.

_ Exactement, avait approuvé Brutus.

_ Donc, je dois découvrir par moi-même ce qu'est cette prophétie afin de vous prouver ma valeur, avait déclaré ensuite Harry.

_ Pas votre valeur parce qu'il faut bien plus que ça, mais cela y aidera un peu.

_ Et pourquoi devrais-je vous prouver quelque chose ? avait demandé Harry un peu hargneux. Je ne vous dois rien. Je ne vous connais même pas. De plus, je n'ai rien demandé.

_ Que vous l'ayez demandé ou pas, vous portez la marque de la Magie. Ce qui fait que vous avez en vous l'espoir d'un avenir meilleur pour les familles qui suivent encore les vieilles traditions de la Magie. De ce fait, vos désirs et vos espérances n'ont pas de place ici. Cependant, avait poursuivi Brutus en coupant Harry qui allait prendre la parole, votre marque n'a pour moi aucune importance tant que je ne me serai pas assuré que vous la méritez. Et c'est seulement après l'avoir méritée que je consentirai à vous suivre.

Harry avait dû faire un effort hors norme pour ne pas exploser, mais il y était parvenu. Tom quant à lui, avait suivi l'échange entre les deux adultes avec attention. Il n'avait pas tout compris, mais suffisamment pour se rendre compte que son père se trouvait dans une situation qu'il ne désirait pas, et que le sorcier avec qui il discutait était sur le point de le faire sortir de ses gonds. Tom avait immédiatement pris Brutus en grippe.

_ En ce qui concerne la marque, était intervenu Lord Black, qui avait voulu calmer le jeu, ayant vu qu'Harry était sur le point d'exploser, il s'agit de la cicatrice en forme d'éclair qui se trouve sur votre front.

_ Ma cicatrice ! s'était exclamé Harry en explosant de rage. Vous vous foutez de moi ! avait-il ajouté en ayant oublié toutes les leçons de bonne manière que le Comte lui avait si patiemment et parfois douloureusement apprises en prévision de la prise en charge de son titre de Lord Potter.

Harry voulait bien faire des efforts pour ne pas se faire mettre au ban de la société pour Tom, car tous ses actes présents et futurs auraient un impact sur l'avenir de Tom. Et le sorcier ne voulait rien faire qui puisse ruiner l'avenir de celui-ci ou l'embarrasser. Mais là, cela en était trop. Trop, c'était trop. Il avait passé toute son enfance et son adolescence à vivre pour les autres, pour le bien des autres à cause d'une maudite prophétie. Et maintenant qu'il avait pensé pouvoir enfin vivre pour lui, pour son fils, on allait encore lui coller les espérances des sorciers sur les épaules. On allait encore lui coller une autre maudite prophétie au cul ! Alors, oui, cela en était trop. De plus, comme si ce n'était pas tout, il fallait en plus qu'il prouve à un Malfoy qu'il était digne de confiance, d'être suivi ! Vraiment, quelqu'un lui en voulait personnellement, parce qu'il faut réellement être super malchanceux ou avoir fait une chose horrible à quelqu'un pour attirer autant la poisse.

L'éclat de voix d'Harry avait attiré tous les regards dans leur direction. Les sorciers qui s'étaient éloignés un peu lorsque Brutus et Cygnus avaient approché Harry pour leur permettre de discuter tranquillement, s'étaient tous retournés dans leur direction en se demandant les raisons de ce soudain éclat. Qu'avait encore pu dire Lord Malfoy pour obtenir une telle réaction de leur jeune élu ? Alors que tous se posaient cette question, certains ne purent s'empêcher de prier la magie pour que, quels qu'eussent pu être les propos du Lord, ces derniers n'incitent pas le jeune sorcier à retourner dans son pays d'origine en les abandonnant à leur triste sort.

En effet, le Brutus Malfoy était bien connu avec son franc-parler et son manque de tact. Et c'était si connu, que les mauvaises langues avaient l'habitude de chuchoter que le Choixpeau l'avait mal réparti, car Lord Malfoy aurait eu bien plus sa place à Gryffondor qu'à Serpentard. Avec sa manière parfois très Gryffondorienne d'agir, celui-ci était très loin du parfait petit serpent. Depuis qu'il avait pris le titre de Lord Malfoy, et même avant cela, Brutus était parvenu à se mettre à dos plusieurs familles de sang pur et quelques hauts dignitaires étrangers. Pourtant, paradoxalement, les vieilles familles et ceux qui suivaient les traditions avaient une confiance aveugle en lui. Brutus était officieusement le leader des familles qui suivaient les rites anciens, et Black son second. C'est pourquoi ils s'étaient avancés ensemble en direction d'Harry et sa famille, à leur arrivée et c'était aussi pour cela que personne ne s'était encore jeté sur Harry pour le noyer de questions ou le palper.

Alors que tous les regards étaient posés sur son père et que la magie de ce dernier commencait à crépiter dangereusement autour de lui, Tom avait jeté un regard mauvais en direction de Brutus avant de prendre la main d'Harry et de lui dire avec tout le sérieux dont pouvait faire preuve un enfant de cet âge-là :

_ Tout va bien papa, je suis là. Je ne laisserai personne te faire de mal. Et s'il continue à dire n'importe quoi, avait-il ajouté en pointant Brutus du doigt, je le transformerai en rat et le donnerai à manger au chat du directeur de mon école qui aime manger les rats. Je peux le faire, tu sais. Même que je l'ai déjà fait à Vincent quand il a voulu me prendre mon livre de mythologie.

La déclaration de Tom avait d'abord stupéfait Harry avant que ce dernier n'explose de rire. Lorsqu'il était finalement parvenu à se remettre de son fou rire, il s'était accroupi devant l'enfant et l'avait serré dans ses bras avant de poser un tendre baiser sur son front.

_ Tu es adorable, Tom. J'ai beaucoup de chance de t'avoir avec moi.

Tom qui s'était d'abord renfrogné devant le rire d'Harry, avait bombé le torse de joie, alors que ses joues s'étaient colorées de manière adorable.

_ Je ne te le fais pas dire, avait ensuite soufflé le petit en rendant son étreinte à son père. Alors, je peux le transformer en rat ? avait-il ensuite demandé sérieusement.

_ Je dois dire que c'est très tentant, avait commencé Harry avec un air sérieux sur le visage…, mais je pense qu'il ne vaut mieux pas, avait-il rapidement ajouté devant le regard indigné et menaçant de Brutus.

C'était que ces petites bestioles aussi communément appelées : "Malfoy'' étaient des créatures très vindicatives et vicieuses. Et Harry ne voulait pas que ce dernier ne s'en prenne à son enfant pour une petite blague de rien du tout. Après un dernier câlin à Tom, Harry s'était redressé et s'était adressé à Brutus et à Cygnus :

_ Très bien, puisqu'il semblerait que je n'ai pas vraiment le choix, je vais faire mes preuves en découvrant par moi-même ce qu'est cette prophétie. Ensuite, pour le bien de Tom, et même si je ne suis pas très emballé par tout ça, nous travaillerons sur un programme destiné à faire revivre les rites anciens, parce qu'il est hors de question que je me tape tout le boulot tout seul.

Brutus l'avait regardé intensément avant de hocher la tête. Puis, il avait tendu la main à Harry qui l'avait saisie après un temps d'hésitation. Il n'y avait pas à dire, ce Malfoy n'était pas vraiment pas commun, s'était dit Harry. Après Brutus, Cygnus lui avait tendu la main à son tour. Harry l'avait prise en notant une fois de plus la troublante ressemblance qu'il y avait entre ce dernier et son parrain Sirius Black, mais aussi avec Marius Black, le directeur de l'école de Tom. Le moldu serait-il par hasard lié aux Black ? Se pourrait-il qu'il soit un de ces enfants reniés par leur famille et chassés de leur maison parce qu'ils étaient des Cracmols ? C'était à étudier, s'était dit Harry. Quand les sorciers virent l'échange de poignées de mains, plusieurs avaient soupiré de soulagement. Leur sauveur n'allait pas les abandonner après tout.

Après cela, Brutus avait présenté Harry à tout le monde. Le jeune papa avait été noyé sous une tonne de questions sur tout et n'importe quoi. Et parmi cette avalanche de questions, une d'elles était récurrente : « Qui était l'heureuse Lady Serpentard ? » Devant les regards avides que certaines mères et filles posaient sur lui en la posant, Harry avait hésité à leur mentir en s'inventant une femme, mais ayant trop peur que la magie s'amuse à la rendre réelle, il avait pris le parti de dire la vérité. C'est-à-dire, qu'il était père célibataire. Le jeune papa avait immédiatement regretté sa décision lorsque les mères et parfois même les pères de jeunes filles à marier s'étaient donné pour mission de vanter toutes les qualités et les avantages de leurs enfants. Il y en avait même qui avaient demandé si Tom était déjà fiancé.

Il va sans dire qu'Harry avait passé un très mauvais moment à tenter de fuir les jeunes femmes qui lui étaient littéralement jetées dans les bras. Brutus et Cygnus avaient observé avec amusement et de loin, les tentatives pathétiques d'Harry de sortir du guêpier dans lequel il était tombé sans le vouloir. Pendant qu'Harry essayait de se soustraire aux bras tentaculaires des jeunes femmes et même parfois de femmes qui auraient pu être sa mère, Tom quant à lui, s'était joint, sous l'insistance d'Harry, aux enfants présents à la soirée. Il avait ainsi fait la connaissance de plusieurs héritiers de familles de sang pur qui, comme leurs parents, avaient tourné autour de Tom tels des mouches devant du miel. Tom avait trouvé leur comportement ridicule et amusant à la fois, car il avait à peu près compris les raisons de leur empressement à devenir ami avec lui. Cela avait un rapport avec cette histoire de prophétie qui avait mis son père en colère.

Cependant, tous les enfants ne s'étaient pas conduits auprès de Tom comme des groupies devant une vedette de la musique ou du cinéma. Non, parmi la quinzaine de jeunes enfants qui s'étaient rués sur lui, il y en avait trois qui s'étaient démarqués des autres. Ces trois enfants s'avéraient être ceux de Brutus Malfoy et de Cygnus Black. Il y avait d'abord un petit garçon du même âge que Tom, Abraxas Malfoy, puis un autre petit sorcier qui avait un an de plus qu'eux, Pollux Black et pour finir, Cassiopeia Black une petite fille du même âge que Tom et Abraxas. Les quatre enfants s'étaient immédiatement entendus. Tom s'était surpris plus d'une fois à rire avec eux, ce qui était étonnant dans la mesure où il ne riait presque jamais. Les seules fois où cela lui arrivait, c'était suite à une idiotie de son père ou bien lorsque son Apophis, son serpent, se mettait à raconter une de ses histoires improbables. Et mis à part avec eux deux, Tom ne souriait presque jamais, même avec ses nouveaux camarades de classe.

Bon, c'est vrai que cela était difficile de rire avec ces derniers étant donné qu'il refusait de s'approcher d'eux et encore plus de leur adresser la parole. Mais cela c'était parce qu'il n'arrivait pas à oublier la manière dont il avait été traité par les enfants de l'orphelinat et de son ancienne école. Le petit sorcier avait peur que ça se reproduise dans sa nouvelle école. Et pour éviter de souffrir, Tom préférerait rester seul dans son coin. Il n'avait pas besoin de se faire des amis. Il n'avait besoin de personne. En fait, il n'avait besoin de personne d'autre que de son père, d'Apophis et de Dobby. L'enfant n'avait besoin de rien d'autre. Il était convaincu de cela et faisait tout pour décourager tous ceux qui tentaient de s'approcher de lui. Tom savait que son père voulait qu'il s'ouvre aux autres, qu'il se lie avec d'autres, mais il ne pouvait pas. Il avait trop peur du rejet et de la douleur que cela engendre pour s'y résoudre, pour prendre le risque.

De ce fait, il était vraiment étonné de la manière si naturelle et rapide avec laquelle il était parvenu à communiquer et même à rire avec les trois autres enfants. Le rapprochement des quatre petits sorciers s'était fait à la suite d'une remarque d'Abraxas. Ce dernier avait fait une réflexion désobligeante à un adolescent qui n'arrêtait pas de vanter auprès de Tom les mérites de sa famille et les siens plus particulièrement,. Il se vantait plus précisément de sa GRANDE intelligence ainsi que de son EXTRAORDINAIRE beauté. Une beauté qui, selon le jeune sorcier, avait poussé plus d'une personne à tenter de mettre fin à sa vie afin d'attirer son attention. Tom devrait être très reconnaissant qu'il s'abaisse à lui porter autant d'attention. Il devrait se sentir très chanceux, avait dit l'adolescent sur un ton très pompeux à un moment donné.

Tom avait été si halluciné par les propos de l'adolescent, qu'il était resté sans voix. Ce qui n'avait pas été le cas d'Abraxas qui se trouvait non de l'endroit où étaient Tom et l'arrogant fils à papa vantard. L'héritier Malfoy qui n'avait pas encore approché le nouvel héritier de la maison Serpentard se trouvait en compagnie de ses deux amis, Pollux et Cassiopeia Black quand son oreille avait été attirée par les propos ridicules du vantard. Ce dernier, en digne héritier de son père, s'était mêlé à la conversation sans y avoir été invité et avait lancé sur ton sans réplique et si Malfoyniene :

_ Si nous devions compter sur des sorciers ayant votre GRANDE intelligence pour changer les lois en notre faveur, il ne resterait plus une seule goutte de magie dans ce monde. Et en ce qui concerne votre EXTRAORDINAIRE beauté, laissez-moi vous dire que si vous veniez un jour à participer à un concours de beauté où l'un des concurrents s'avèrerait être un elfe de maison, je n'hésiterais pas une seule seconde : « Mon vote irait à l'elfe de maison. ». Et pour finir, si vous voulez mon humble avis, si des gens ont tenté de se suicider après vous avoir rencontré, ce n'est certainement pas pour attirer votre attention sur leur personne, mais pour ne plus avoir à écouter vos délirantes idioties.

Tom avait ouvert la bouche durant quelques secondes en clignant frénétiquement des yeux, avant d'exploser de rire. En fait, la couleur écarlate qui s'était étalée sur toute la surface de peau visible du petit vantard ainsi que l'air outragé qui s'était affiché sur son visage, avaient beaucoup aidé. Le rire de Tom avait été si communicatif, que les deux Black s'étaient joints à lui. Abraxas quant à lui, était resté stoïque, le regard dardé sur le pauvre vantard. La seule chose qu'il avait faite quand l'adolescent l'avait fixé méchamment avant de tourner les talons en pestant dans sa barbe inexistante, avait été de relever la tête, menton fièrement mis en avant en lui rendant son mauvais regard. Il avait ensuite soufflé avec exaspération.

_ Merlin ! Ce Lockhart aurait besoin de leçons de bonnes manières.

Le rire de Tom avait doublé à la suite de cette dernière pique. Quand le fou rire des enfants s'était finalement calmé, Pollux avait fait les présentations. Les quatre petits sorciers avaient passé le reste de la soirée ensemble. Une soirée qui s'était terminée aux premiers rayons de soleil. Lorsqu'Harry avait entendu le rire de Tom, celui-ci avait tourné la tête pour en connaître la raison. Un sourire immense avait pris naissance sur ses lèvres quand il l'avait vu tendre la main à un mini Brutus Malfoy, un reste de sourire sur le visage. Finalement, s'était-il dit, cette soirée était une très bonne chose même s'il aurait souhaité que cette histoire de prophétie n'ait jamais existé. Harry et sa petite famille avaient pris congé aux premières lueurs du jour. Et après une journée entière passée au lit et avoir ouvert les cadeaux qu'ils avaient laissés sous le sapin de Noël avant leur départ pour la Forêt Interdite (même s'il fêtait Sol au lieu de Noël, Harry avait tenu à faire des cadeaux à Tom et ce dernier aussi), Harry s'était lancé dans la recherche d'informations sur la fameuse prophétie.

Voilà pourquoi il avait le nez plongé dans les vieux livres des familles Serpentard et Gaunt. Mais depuis le début de ses recherches, il n'avait toujours rien trouvé. Harry passa encore une heure à fouiller dans les archives et livres de sa famille avant d'abandonner pour la journée. Il se leva et quitta son bureau à la recherche de son fils. Il avait besoin de se ressourcer pour diminuer sa frustration, et Tom avait le don de le calmer et de lui redonner de l'énergie. Harry trouva sans surprise son fils dans sa salle de jeux du côté de la petite bibliothèque qu'il avait commencé à se constituer. Un sourire aux lèvres, il s'approcha en silence de ce dernier. Arrivé à sa hauteur, il se jeta sur lui pour lui faire des chatouilles. Tom explosa de rire et se retourna pour lui rendre la pareille.

Harry se laissa faire en se souvenant de la première fois qu'il avait approché Tom de cette façon, et de la manière dont il avait été accueilli par ce dernier. Le sorcier se souvint surtout du vol plané qu'il avait fait quand la magie de Tom qui avait cru à une agression l'avait fait valser à l'autre bout de la pièce. Tom la peur au ventre d'avoir blessé involontairement son père et craignant que ce dernier ne le renvoie à l'orphelinat, s'était longuement excusé après cela. Harry, malgré la douleur qu'il avait ressentie lorsque son dos avait rencontré durement le mur, s'était appliqué à lui faire comprendre que ce n'était rien et qu'il allait bien. Il s'était même forcé à rire pour calmer le petit garçon. Et comme cela n'avait pas suffi, il s'était jeté sur lui et l'avait noyé sous une montagne de chatouilles. D'abord stoïque, Tom avait fini par exploser de rire. Depuis, Harry ne manquait pas une occasion de chatouiller le petit sorcier. Après une dizaine de minutes passées à rire, Harry mit fin à la bataille de chatouilles, puis demanda à Tom.

_ Tu as pensé à envoyer les invitations à tes amis ?

_ Je t'ai déjà dit que ce ne sont pas mes amis, râla Tom au lieu de répondre.

_ D'accord ! Alors, as-tu pensé à envoyer les invitations aux trois petits sorciers qui ne sont pas tes amis, mais avec qui tu échanges régulièrement du courrier depuis la nuit de Sol ? reformula Harry avec amusement.

_ En effet, répondit Tom sur un ton bourru. Mais je ne vois vraiment pas pourquoi tu insistes pour que je les invite à la maison, ajouta l'enfant en faisant la moue.

_ Tu sais que tu es adorable quand tu fais ça, mon petit chat sauvage ?

_ Et tu sais que tu es vraiment étrange quand tu utilises ce surnom tout aussi ridicule ? lui rétorqua Tom à son tour.

La réplique de l'enfant fit sourire encore plus Harry et lui fit chaud au cœur, parce que cela montrait que le petit sorcier commencait à se sentir suffisamment à l'aise avec lui pour lui lancer des piques sans avoir peur qu'il ne le renvoie à l'orphelinat ou qu'il ne se fâche contre lui ; ce qui était un grand pas dans leur relation. Harry espérait qu'un jour l'enfant lui ferait entièrement confiance, car même s'ils s'entendaient bien maintenant et qu'ils rigolaient beaucoup ensemble, il restait encore énormément de méfiance et d'insécurité en Tom. Harry savait que ce dernier s'attendait à tout moment à être renvoyé d'où il venait. De ce fait, il restait toujours sur ses gardes, même quand il souriait. Harry comprenait parfaitement les réactions de Tom. Ce que le petit garçon avait vécu l'avait marqué durement et il allait falloir du temps et beaucoup de patience pour le mettre complètement en confiance.

_ Et puis, pourquoi est-ce que c'est moi qui dois leur envoyer les invitations puisque c'est toi qui les as faites ? bouda encore l'enfant.

_ Parce que, mon cher fils, ce sont tes non-amis et non les miens, lui dit Harry tout sourire. De plus, si je ne l'avais pas fait, tu ne l'aurais pas fait, n'est-ce pas ?

Tom ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma. Ensuite, il croisa ses bras sur sa poitrine en tirant la langue à Harry. Le jeune papa lui ébouriffa les cheveux avant de lui demander ce qu'il voulait manger pour le dîner. Tom lui demanda s'il restait encore des frites et du steak. Harry acquiesça.

_ Donc, ce sera frite, steak et salade aux fruits pour ce soir, dit Harry en quittant la salle de jeux. Dobby viendra te chercher quand tout sera prêt, sauf si tu veux venir nous donner un coup de main en cuisine, ajouta Harry devant la porte.

Tom secoua vigoureusement la tête en se souvenant de ce qui était arrivé la dernière fois qu'il avait tenté d'aider son père et Dobby. L'enfant avait manqué de mettre le feu à la maison. Le pire, c'était qu'il ne savait même pas comment il s'y était pris puisqu'Harry lui avait interdit de s'approcher du feu. Harry sourit de la réponse de Tom puis s'en alla. Alors qu'il se dirigeait vers la cuisine, Harry ne put s'empêcher de sourire d'impatience à l'idée de la petite surprise qu'il réservait à Tom. En effet, l'anniversaire de ce dernier était prévu pour dans trois jours et Harry comptait le fêter comme il se devait. À la base, le sorcier avait songé à le fêter en famille, cependant, il avait changé d'avis après la fête de Sol, encouragé par la correspondance qu'entretenaient Tom et les enfants Black et Malfoy. Harry pensait et avec raison, que Tom ne s'attendait certainement pas à ce que l'on fête son anniversaire. Et c'était pourquoi il était impatient de voir la tête que ferait le petit garçon le 31 décembre. Oui, Harry était impatient de voir sa tête ce jour-là.