Chapitre 9
Liverpool Mai 1985
« Le désir est une source de trouble et de souffrance »
Alexandra David-Néel
Bella
Les choses changent…
Le parfum d'Edward chatouille mes narines juste avant que son souffle ne caresse mon visage et ses lèvres se posent délicatement sur mon front. C'est tellement doux que je pourrais même penser l'avoir imaginé, être encore endormie, mais je sens la couverture remonter sur moi et couvrir mes épaules. J'avais froid, il a bien fait. Je souris sans pouvoir ouvrir les yeux.
-Bonne journée Bella. Chuchote-t-il et sa voix fait son travail sur moi, elle me détend et m'enveloppe de bien être.
Quand je me réveille quelques heures plus tard, j'ai la sensation qu'il est toujours là mais comme la chambre est déserte et baignée de lumière, j'imagine qu'il est parti depuis longtemps. Mais je sens encore ses lèvres contre la peau de mon front, et je passe mes doigts dessus comme pour vérifier que c'était bien ici.
Le petit réveil blanc campé sur ses trois pieds dorés m'indique qu'il est presque huit heures et je saute du lit rapidement. Mon petit pote me fait une fête mémorable et il a une forme incroyable. Visiblement manger correctement et dormir au chaud lui réussit.
Une note sur la table avec des clés attire mon attention.
« Bella, fait come chez toi et ferme bien la porte en partent, bone journé, Edward »
Je souris, visiblement, l'écriture n'est pas son truc alors j'apprécie d'autant plus l'effort.
Je prends une douche rapide, j'utilise le savon d'Edward pour emmener un petit peu de lui avec moi. J'enfile mon uniforme et mange une tartine de pain en promenant le petit chien jusqu'à Emmerson Park. Il me suit sagement tout le temps que j'ai à manger dans la main alors je garde un petit bout pour qu'il me suive jusqu'à chez Edward. J'ai un peu peur qu'il fasse des bêtises en mon absence et qu'Edward le jette dehors en revenant. Ça me rendrait vraiment triste mais c'est un risque à prendre.
Je rassemble mes affaires dans ma sacoche et caresse mon petit pote.
-Tu te tiens bien hein ? Faut que tu sois sage !
Je croise les doigts et comme Edward me l'a demandé, je verrouille bien la porte. Le petit chien pleure de l'autre côté et ça me fait quelque chose mais même s'il est enfermé, il est en sécurité et au chaud, il a à boire et à manger.
Je file au lycée, sachant que les premières journées seront difficiles mais il s'habituera et moi aussi je pense. Peut-être qu'un certain ordre va s'installer comme ça, après tout je ne peux pas en vouloir à Edward et je suis soulagée de ne pas avoir eu à affronter Charly pour ma colle. Le papier n'est pas signé mais je le ferai, j'envisage d'imiter sa signature, je sais que c'est mal, mais je n'ai pas vraiment le choix. Je ne me vois pas aller demander à mon père de le faire et Edward serait furieux si j'y allais seule et je ne peux pas lui demander de m'accompagner.
Cependant je sais qu'il faudra que j'appelle Maggy, que je lui dise que je vais bien et qu'elle ne s'inquiète pas pour moi. Si Charly n'a pas appelé la police, j'aimerai bien savoir ce qu'il lui a dit. Sait-elle d'ailleurs que j'ai quitté la maison de mon père ? Ça fait vraiment bizarre de se dire ça. « Je ne vis plus chez mon père » ça sonne tellement étrange. Mais c'est ce que je voulais, d'ailleurs je ne pensais pas si tôt et peut-être que j'espérais que papa change et qu'il ne me pousse pas à faire ça mais finalement n'était-ce pas simplement une excuse pour ne pas être courageuse et ne pas partir ? Edward a raison, peut-être qu'un jour, il m'aurait grièvement blessée.
Je m'installe en classe tranquillement, Edward est dans un coin de ma tête, mon ventre frissonne quand je pense que je vais le voir ce soir. C'est tellement bizarre de savoir qu'il sera là, que je vais le voir tout le temps maintenant. Ça me fait sourire en fait, j'aime cette idée. J'essaie de me convaincre qu'avec le temps, je ressentirai plus ce trouble qui m'habite quand je suis près de lui.
Peut-être qu'à force mon corps me trahira moins et que j'aurai moins envie qu'il me touche, qu'il m'embrasse et qu'il me serre contre lui jusqu'à l'étouffement. Peut-être que mon cœur s'emballera moins chaque fois qu'il me regarde droit dans les yeux. Peut-être que mon souffle ne se hachera plus quand il me touchera. J'aimerai que ça arrive parce que c'est absolument insupportable de le sentir si loin de moi, c'est éprouvant de se retenir tout le temps et j'aimerai être insensible à ses charmes. Chacun de ses gestes m'obsède et c'est ridicule, est-ce normal d'aimer la façon qu'il a d'amener sa cigarette à sa bouche ? La manière dont il ouvre ses bières ou bien comment il éclate de rire ? Je dois probablement avoir un sérieux problème psychologique. Il me fait me sentir névrosée maintenant. Je secoue la tête en riant.
Je me presse sur le trottoir devant le lycée, pour la première fois, je ne prends pas Carisbrook, mais je traverse la rue en direction de Speelow. Beaucoup plus d'élèves empruntent ce chemin et je suis contente parce que Black doit me chercher partout. Finalement, la journée a été bonne et je suis contente de retourner chez Edward. Je n'ai pas besoin de me presser et je sais que je n'ai aucun risque de me faire hurler dessus en rentrant. Je me sens sereine, même si j'ai beaucoup à faire.
Je suis un peu déçue de ne pas trouver Edward en rentrant dans son appartement, mais le petit chien m'offre un super câlin en compensation surtout qu'il n'a fait aucune bêtise. Je le promène un petit moment pour qu'il fasse ses besoins. Je pense qu'il faudrait que je lui achète une laisse. De retour, j'attrape le téléphone, dans le but d'appeler Maggy, j'espère qu'Edward ne m'en voudra pas. Les sonneries se multiplient avant qu'elle ne réponde.
-Allo ? Maggy ?
-Oui ?
-C'est Bella.
-Bella ! Hurle-t-elle hystérique, mon dieu Bella où es-tu ? Ça va ?
-Oui, oui, ça va, je suis chez Edward.
-Bon sang ! Charly a dit que tu étais partie ! Il a dit que tu avais fugué! Bella ? Qu'est ce qui t'a pris ? Ce n'est pas raisonnable, tu es trop jeune !
-Maggy ! Stop ! Crie-je pour me faire entendre. Mais elle ne me laisse pas en placer une.
-Bella ton père s'est fait agresser ! Il est à l'hôpital !
-Je sais Maggy !
-Quoi ? Tu sais quoi ? Bella ! Je ne comprends rien ! Hurle-t-elle. Je prends une grande inspiration avant de me lancer dans une explication mais je n'ai même pas le temps de dire un seul mot.
-Ton père m'a dit de ne pas te chercher, que tu allais revenir bientôt, Bella il a refusé d'aller à la police, si tu sais quelque chose tu dois me le dire.
-A propos ?
-Eh bien, sur les agresseurs de ton père ! Ils étaient plusieurs ! Bella dis-moi si tu sais quelque chose. Charly m'a dit que tu n'étais pas là, mais est-ce vrai ?
-Maggy… pitié, calme-toi ! Je vais bien ! Dis-moi comment va papa.
-Il a plusieurs fractures, aux côtes, aux bras et aux jambes, Bella il faut que tu rentres.
-Je ne peux pas Maggy, je suis désolée.
-Bon sang ! Dis-moi ce qui se passe Bella ! Est-ce que Charly est en danger ?
-Non, il n'est pas en danger, du moins, tant que je reste loin de lui. Écoute Maggy, ne t'inquiète pas pour moi, ni pour Charly d'ailleurs, il ne risque rien.
-Bella explique-moi ce qui se passe, je m'inquiète tellement !
-C'est pas la peine Maggy je te jure, je vais très bien.
-Alors pourquoi tu ne rentres pas ? Qu'est ce qui se passe avec cet Edward ?
-Rien, ça n'a rien à voir avec lui, juste que … je préfère rester chez lui pour le moment.
-Est-ce qu'il t'y oblige ? Bella je sais quand tu mens !
-Non, il ne m'y oblige pas, Maggy ça serait trop long à tout t'expliquer mais ça va, je te jure ça va ! Crois-moi s'il te plait !
-Je n'aime pas ça Bella, tu peux le comprendre.
-Je sais, est-ce que tu as besoin de moi pour Samedi ? Je tente d'éluder et de passer à autre chose.
-Oui, et viens plus tôt, tu m'expliqueras.
-D'accord, mais ne dis pas à Charly que je viens, dis-lui que je vais bien s'il demande.
-Bella, tu peux venir ici si tu veux, la maison est ouverte si tu as besoin de quoi que ce soit !
-Merci Maggy, arrête de t'en faire ok ? Je vais bien. Le bruit de la porte derrière moi me fait sursauter et je me retourne vivement vers Edward.
-Maggy, je dois te laisser, on se voit samedi d'accord ?
-D'accord mais Bella…
-A samedi.
Je raccroche avant qu'elle n'ait pu finir sa phrase et j'ai du mal à relever les yeux vers Edward, j'ai peur qu'il m'en veuille d'avoir utilisé son téléphone.
-Qui était-ce ? Demande-t-il doucement en marchant vers moi après avoir caressé le chien et déposé sa veste en cuir sur le dossier du canapé.
-Maggy , dis-je un peu fébrilement, j'ai l'impression d'avoir fait une bêtise.
-Et qui est Maggy ? Sourit-il en se plantant devant moi, je ne devine que son sweat-shirt face à moi car je n'arrive pas à lever les yeux. Je vois sa main monter le long de mon bras pour enlever la mienne de ma bouche et je suis obligée d'arrêter de mâchouiller mon ongle.
-Qui est Maggy Bella ?
-Ma voisine, une amie. Je l'ai appelé parce que j'avais peur qu'elle s'inquiète pour moi.
-Et tu l'as rassurée? Souffle-t-il tout près de mon visage et je sens la chaleur de son corps envahir le mien et mon sang se met à s'agiter en moi.
-Je crois oui. Ses lèvres se posent délicatement sur ma joue et il m'attire à lui alors je me laisse aller dans ses bras.
-Qu'est ce qui se passe Bella ? Chuchote-t-il contre ma tempe en me berçant contre lui.
-Rien ça va.
-Tu as l'air terrorisée, est-ce qu'elle a dit quelque chose ?
-Non, tu ne m'en veux pas pour le téléphone ?
-Le téléphone ? Demande-t-il l'air de ne pas comprendre. Tu peux appeler qui tu veux, ça ne me dérange pas. Je me détends pour de bon et resserre mes bras autour de sa taille pour nicher un peu plus mon nez dans son torse. Je prends une grande bouffée de lui, de son odeur particulière, je sais qu'il a certainement beaucoup transpiré au boulot mais je crois que ça me plaît. Aussi sale que ça puisse paraître, j'aime l'odeur virile qu'il dégage.
-ça s'est bien passé aujourd'hui ? Dit-il en se détachant petit à petit de moi.
-Une journée de plus, renvoie-je laconiquement pas vraiment désireuse de lui raconter ma journée de cours. Et toi ?
-Oui beaucoup de boulot, je suis bien claqué. Je vais aller me doucher.
-D'accord. Je le laisse quitter mes bras et il m'offre un grand sourire. Je vais faire mes devoirs moi.
-Ok !
Il s'éloigne vers la salle de bain, mon petit pote sur les talons et ça m'amuse de le voir le suivre.
-Ce chien m'aime bien je crois ! Lance-t-il amusé. Va falloir que tu lui trouves un nom Bella, le chien c'est nul !
-C'est vrai. Tu as des idées ?
-Je vais y penser ! Allez pousse-toi ! Il empêche le chien de le suivre dans la salle de bain et quand la porte se ferme, le pauvre petit chien se couche devant et regarde tristement la cloison.
-Il prend juste sa douche, il va revenir t'en fais pas ! Ris-je. Mais il m'ignore et continue de fixer le bois de la porte.
J'attrape ma sacoche et sors mon manuel de math et mon cahier d'exercices. J'ai du mal à me concentrer parce que j'imagine Edward sous la douche. J'ai des pensées complètement obscènes qui me traversent l'esprit et j'ai l'impression d'être détraquée. Je ne veux pas penser à ça, mais c'est plus fort que moi, dans ma tête je le vois dans toute sa gloire, musclé et mouillé. Je visualise parfaitement l'écusson d'Everton qu'il a tatoué entre les omoplates, je vois même les gouttes d'eau couler dessus, rouler le long de sa colonne vertébrale se perdre dans le creux de ses reins. Je mords fort mon crayon, jusqu'à ce que l'eau cesse de couler de l'autre côté de la cloison.
Pendant plusieurs minutes, il n'y a aucun bruit et de nouveau le chauffe-eau se met en route. Je me demande bien pourquoi il prend deux douches. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre emportant avec elle une épaisse vapeur et le corps d'Edward enroulé dans une serviette un peu petite pour couvrir autre chose que ses hanches et le haut de ses cuisses.
-Désolé, oublié de prendre mes habits ! Il trottine jusqu'au couloir et ma tête se penche en arrière pour le suivre du regard jusqu'à la chambre. Il est vraiment parfait et tout mon corps me fait mal tellement je voudrais pouvoir le toucher. J'ai envie de me lever, de traverser la chambre, lui enlever sa serviette et fondre sur sa peau. Si seulement j'avais le courage de le faire. Je l'aurais surement si je ne risquais pas de me faire jeter. Je me fustige de penser à ça, je sais qu'il me repoussera alors pourquoi me faire du mal avec ça ? Ma conscience m'insulte littéralement en me disant que je suis bête et stupide.
-Tu fais quoi ? Edward se laisse tomber dans le canapé et allonge ses jambes sur la table. Il a enfilé un pantalon large en toile beige et un tee-shirt blanc. Du bout du bras il attrape le cendrier et sort son paquet de cigarettes de la poche de sa veste derrière lui.
-Bella ? Tu fais quoi ? Répète-t-il encore comme je ne réponds pas, perdue dans sa contemplation.
-Des maths, pourquoi ? Je le regarde fascinée pendant qu'il allume sa clope, le nuage de fumée bleu l'entoure et il agite sa main pour le chasser.
-Je ne sais pas, comme ça, t'aime bien ?
-Non, c'est chiant et j'comprends pas vraiment grand-chose.
-C'est quoi ta matière préférée ?
-La biologie et toi ? T'aimais quoi à l'école ?
-Rien. Je détestais l'école. Je ris un peu en le voyant se tendre.
-Houlà, des mauvais souvenirs ?
-Pire que ça oui. Dit-il très sérieusement. Et je lâche mon crayon sur la table, me lève et vais vers lui. Il tourne son visage vers moi quand je m'assois près de lui et j'ai rarement vu son regard aussi sombre, son visage aussi torturé.
-Qu'est ce qui s'est passé ? Je sais que ma curiosité est très mal placée mais je veux comprendre ce qu'il a bien pu vivre pour que son visage prenne cette froideur.
-J'étais nul rien de plus, je détestais ça, ce n'est vraiment pas un bon souvenir.
-T'es allé jusqu'au où ?
-J'ai même pas fini le deuxième cycle, crache-t-il comme si c'était une insulte et je le regarde horrifiée.
-Mais tu avais quoi ? Douze ans ?
-Quatorze, j'avais déjà redoublé deux fois.
-Comment ça se fait ?
-J'étais nul c'est tout !
-Donc tu es allé travailler ?
-Pas tout de suite, mais oui, après j'ai travaillé.
-Et tu ne regrettes pas ?
Edward réfléchit un petit moment avant de me répondre.
-Non, parce que je ne suis pas vraiment fait pour apprendre des trucs tu vois, ça rentre, ça ressort je ne suis pas très intelligent tu sais !
-Bien sûr que si tu l'es ris-je en frappant son bras. Il me sourit visiblement content de me faire rire.
-Toi je suis sûr que tu t'en sors bien à l'école, je suis certain que tu es très appliquée. Cette fois je ris pour de bon.
-Tu te trompes complètement ! La plupart du temps je pense à autre chose et je mets des heures à comprendre ou apprendre quelque chose. J'ai rarement de très bonnes notes.
-T'es dans la moyenne ?
-Oui c'est ça, la moyenne. J'essaie de faire bien mais c'est tellement ennuyeux parfois.
-Je te crois sur parole ! Mais tu n'en as plus pour très longtemps !
-Non, trois semaines tout au plus, j'espère avoir mon examen, c'est tout.
-Et bien travaille au lieu de discuter !
-T'as raison ! Je quitte le canapé pour retourner m'asseoir face à la table du living, devant mes exercices de mathématique.
-ça te dérange si je mets la télé Bella ?
-Bien sûr que non, t'es chez toi, tu fais ce que tu veux !
-Je ne voudrais pas te déconcentrer.
Je ris à sa remarque, sa simple présence me déconcentre mais je ne peux pas lui demander de sortir. Je pourrais aller dans la chambre, sur le lit mais j'ai des figures de géométrie à tracer et il me faut un support dur. Je me demande ce que mon père aurait fait de moi si je n'avais pas été en second cycle. Je secoue la tête et morte de curiosité je demande.
-Ils ont dit quoi tes parents quand t'as pas fini l'école ? Je me mords la lèvre dès que c'est sorti. Il ne parle jamais de ses parents.
-Rien, ils n'étaient pas là pour dire quoi que ce soit.
-Edward ? Qu'es- ce qu'il leur est arrivé ?
-A qui ?
-A tes parents !
-Bah rien pourquoi ?
-Tu n'en parles jamais.
-Parce que je n'ai rien à dire à leur propos, je ne les connais pas.
-Tu ne connais pas tes parents ?
-Non.
-Mais ? Tu as été abandonné ?
-Ouep ! Il se lève et s'éloigne vers la cuisine, j'entends la porte du réfrigérateur s'ouvrir et se fermer. Il revient armé d'une bouteille de bière.
-Tu n'as jamais eu de famille ?
-Enfant non, maintenant ouais.
-Je ne comprends pas.
-Cherche pas à comprendre, c'est sordide ! J'ai vécu chez une femme jusqu'à quatorze ans et après je suis parti.
-Elle t'a chassé ?
-Non, je suis parti.
-Pourquoi ?
-Bella ! Arrête avec tes questions et travaille !
-Mais…
-Non ! Arrête ! C'est chiant, sérieusement !
-Pardon. Dis-je doucement en plongeant mon nez dans mon cahier, douchée par sa réaction. Je n'aime pas quand il me parle comme ça. Ça me fait me sentir nulle et probablement que je le suis, qu'est ce qui m'a pris aussi de poser toutes ces questions ? Il a été abandonné, ça doit être trop dur d'en parler. Il a dû se sentir très seul et rejeté. Et moi comme une idiote, je le harcèle de questions, je lui tire les vers du nez. J'ai envie de pleurer tellement je me sens bête.
Le bruit de la bouteille sur la table me fait jeter un petit coup d'œil vers lui et je le vois se lever et venir vers moi. Une seconde plus tard ses grandes paumes sont sur mes épaules et les pressent. Son visage se pose près du mien et il murmure.
-Désolé, je voulais pas mal te parler, murmure-t-il avant de poser un baiser sur ma joue. Mon passé n'est pas un sujet que j'aime aborder Bella. Ce n'est pas intéressant et c'est minable, je n'ai pas eu de famille Bella mais j'en ai une aujourd'hui et c'est ça le plus important.
-Excuse-moi d'avoir été indiscrète. Et est-ce que tu voudrais me parler de ta famille ? Celle de maintenant ?
-Ouais bien sûr, sourit-il en attrapant une chaise, les pieds griffent la moquette et il la place tout près de la mienne avant de se laisser tomber contre le dossier. Il pose son coude sur la table et sa tête vient se loger dans le creux de sa paume. Il semble réfléchir un petit moment pendant lequel je détaille son profil parfait. Je voudrais me lasser de le regarder mais il est bien trop beau pour ça.
-D'abord il y a Carlisle. Je ne sais pas si tu te souviens de lui, la première fois qu'on s'est vu, c'est lui qui m'a dit de t'emmener à l'hôpital.
Je n'ai qu'un vague souvenir de ce jour là, tout est trouble dans ma mémoire, mais je me rappelle d'un homme plus âgé qui m'avait fait les premiers soins.
-Blond ? Un peu plus vieux ?
-C'est ça, sourit Edward, et bien Carlisle c'est comme mon père. C'est lui qui m'a trouvé quand je suis parti de chez la vieille. Il m'a hébergé pendant un temps et m'a aidé à trouver un job. Il y a Emmet et Jasper, eux ils sont comme des frères. Ils ont l'air bêtes comme ça mais c'est des gars supers.
-Je ne connais pas vraiment Jasper mais Emmet est vraiment gentil oui.
-je peux toujours compter sur eux, et ils sont normaux, ils ne se prennent pas pour des caïds comme ces abrutis de Punk qui tapent sur les paki, tu vois ils sont corrects dans le genre. Ils n'ont pas des idées tordues sur la politique, ils ne sont pas à te prendre la tête pour des conneries. Bref, et puis il y a Alice aussi, qui travaille au Oak, la serveuse. Elle est un peu comme ma sœur elle aussi. On a habité pendant quatre ans ensemble avec Ben aussi. Tu ne connais pas Ben ?
-Non, je ne crois pas.
-Il est super lui aussi enfin voilà, j'ai des gens cool autour de moi et je te parle pas de tous les autres gars qui sont comme des cousins si on peut dire.
Je peux m'empêcher de sourire, il y a une telle tendresse et une telle douceur quand il parle d'eux. Je me sens idiote d'avoir pensé qu'il était seul. Il l'est beaucoup moins que moi qui n'ai que mon père. Mon front se pose sur son épaule et ses doigts caressent ma joue.
-Hé Bella ? Ça va ? S'inquiète-t-il immédiatement.
-Oui, ça va, tu as de la chance d'avoir tout ces gens autour de toi.
-Je sais, sourit-il. Est-ce que tu vas travailler maintenant ?
-Je ne crois pas que je pourrais y arriver, je n'arrive pas à me concentrer.
-C'est moi qui t'embête ?
-Non, pas du tout, juste que je préfère parler avec toi que de me prendre la tête avec cet exercice.
-Ok ! Tu sais quoi ? Je vais aller chercher de quoi dîner, je vais aller à l'épicerie en bas de la rue, l'autre va me raconter sa vie pendant deux heures, quand je reviens, tu as fini ok et on pourra parler toute la soirée, d'accord ?
-ça marche ! Souris-je bêtement heureuse. Edward enfile déjà un sweat et sa veste et j'aime la manière dont le gris de la capuche de son sweat qui dépasse tranche sur le noir de son cuir.
-Je vais emmener le chien, ça lui fera une balade. Est-ce que tu lui as trouvé un nom alors ?
-J'ai pas eu le temps d'y penser.
-Ok on en parlera tout à l'heure. Travaille bien.
-Merci ! Je lui souris une dernière fois quand il est près de la porte et qu'il hèle le chien.
-Allez viens petit pote ! Dit-il et ça me fait vraiment rire parce que moi aussi je l'appelle comme ça. Je trouve que ça lui va bien encore plus quand c'est Edward qui l'appelle ainsi. Mais ce n'est pas vraiment un nom et en même temps je ne vois pas comment l'appeler autrement.
Edward
Comment se fait-il que la routine que tu peux exécrer de tout ton être peut te manquer le jour où elle est cassée? Comme si les amarres s'étaient subitement rompues, ton bateau part à la dérive et tu fais l'équilibriste pour rester debout et tu pries pour revoir le port et t'accrocher de nouveau. Je pourrais dériver des jours, peut-être couler, voir carrément me noyer, mais même si la sécurité du rivage me manque, je n'ai pas peur tant qu'elle est là. Comme l'adrénaline, elle me fait me sentir plus fort.
Comme tous les matins, je dépose un baiser sur son front, je caresse sa joue et je remonte la couverture sur elle. Je quitte l'appartement discrètement, je ferme bien ma veste, les mâtinées sont encore fraîches et l'humidité désagréable. Je prends mon service au port, comme chaque matin après avoir bu un grand gobelet de café et fumé une cigarette devant l'entrepôt.
Il est cinq heures quinze quand j'attaque mon premier container. Perché sur la grue j'empile comme des cubes les palettes veillant à ne pas mélanger les cargaisons. Les mouettes volent au dessus de ma tête, ça sent la fin de semaine, elles sont toujours plus nombreuses et leurs cris aigus et agaçants me font sourire, ça veut dire que le match approche. Toute la journée je regarde les bateaux de pêche qui rentrent passer le long des quais ramenant avec eux les oiseux blancs. Ils repartiront tous ensemble dès lundi quand il faudra de nouveau patienter.
C'est une journée de plus et pourtant, je me sens pas aussi blasé que d'habitude. J'ai juste hâte que cette semaine se termine, qu'on soit samedi, bourrés et énervés, attelés à vociférer sur les paysans de Fulham. Une semaine comme une autre qui me parait encore plus longue que d'habitude et je ne sais pas si c'est parce que la fin de saison approche ou si c'est parce que je suis frustré depuis cinq jours, que je dors mal sur ce putain de canapé et que la fille qui vit chez moi me rend dingue. J'ai passé chaque heure de la semaine à fantasmer à propos d'elle, à m'imaginer en train de lui enlever sa petite chemisette, à soulever sa jupe, à voir son corps nu se tordre de plaisir sous l'assaut de ma bite qui est en constante excitation à tel point que je sais plus comment faire pour me soulager. J'ai hâte d'aller coller une raclée à quelques gars et me défouler, oublier cette semaine longue et merdique et prendre enfin mon pied.
Mais avant ça, il y a encore Bella à la maison ce soir, avec le petit chien sangsue, officiellement prénommé « Petit Pote ». C'est stupide mais ça nous plaît et ça lui va bien et il se reconnaît, ce qui en soit est le plus important.
Je trépigne d'impatience quand James arrive, je fume une clope avec lui, on parle du week-end, pour lui c'est encore loin, il a encore toute la soirée à tirer, pour moi c'est dans deux heures et j'ai hâte de rentrer, de retrouver Bella. D'habitude, comme je finis plus tôt le vendredi je passe prendre Emmet et Jasper et on va traîner en ville, mais pour une fois, je fais entorse à la règle et je cavale pratiquement sur le parking pour rejoindre ma voiture. Je ne vais pas directement au Oak, je me gare dans la rue qui mène au lycée d'Everton et j'attends que les gosses sortent et que ma petite colocataire sexy se pointe. Je ne sais même pas pourquoi je me tente ainsi, je dois être maso probablement.
Elle est dans les premières à remonter la rue et je dois klaxonner pour qu'elle me remarque. Elle m'offre un grand sourire en traversant la chaussée. Ses cheveux flottent dans l'air et sa jupe aussi et elle est carrément belle à pleurer. Je n'en peux plus de la désirer.
-Hé salut ! S'exclame-t-elle. Elle contourne rapidement le capot de la Vauxhall et se laisse tomber près de moi. Elle se penche entre les sièges pour poser un baiser sur ma joue et j'aime quand elle fait ça.
-Passé une bonne journée ? Demande-je en prenant la route. Tandis qu'elle se tortille sur le siège pour se débarrasser de sa sacoche.
-Oui très bien, merci d'être passé me prendre, comment ça va ?
-Super, enfin en week-end, ça fait du bien.
-Oui c'est trop bien ! Tu as des projets ?
-Ouais, match ma petite ! Match !
-Tiens c'est étonnant lance-t-elle ironiquement. Fulham c'est ça ?
-Tu t'intéresses au foot maintenant ? Elle rit de bon cœur et elle est splendide, à couper le souffle.
-Tu en as parlé toute la semaine ! Faudrait que je sois idiote pour ne pas être au courant. Et donc ? Ça s'annonce comment ? Ils sont bons ?
-C'est des brelles ! On va les exploser !
-Cool ! Moi je vais garder les enfants de Maggy demain, son mari travaille et elle aussi. Je me tends et mes doigts se resserrent sur le volant.
-Tu vas aller voir ton père ? J'ai parlé plus durement que je l'aurai voulu.
-Je ne sais pas, est-ce que tu vas m'en vouloir si j'y vais ? Sa voix se brise à la fin et je n'aime pas ça.
-Non, mais je préférerais que tu n'y ailles pas, j'ai peur pour toi. Dis-je très honnêtement.
-Je sais, dit-elle en descendant de la voiture, mais j'ai des questions à lui poser, c'est important.
Je grogne de frustration, elle m'énerve à toujours répondre à demi-mots. Je suis obligé de la questionner à propos de tout sinon elle ne dit rien.
-Des questions sur quoi ? Je passe mon bras par-dessus son épaule quand je la rejoins sur le trottoir et son contact me détend instantanément.
-Sur ma tante, je veux savoir s'il a son adresse ou au moins son nom. Elle doit sûrement porter le nom de son mari et je ne suis pas fichue de m'en souvenir. J'ai potassé l'annuaire téléphonique du Berkshire au déjeuner, mais impossible de me rappeler même le nom du village.
-Tu penses qu'il te renseignera ?
-Je l'espère, sinon, ça sera bien compliqué de la retrouver, j'espère qu'elle est toujours de ce monde.
-Je suis sûr qu'elle l'est dis-je avec assurance en lui ouvrant la porte. Elle m'offre un sourire rassuré. Et moi je lève les yeux au ciel, espérant sincèrement qu'elle la retrouvera et qu'elle ne la rejettera pas.
Petit Pote est tout excité de nous voir quand on rentre et Bella rit aux éclats quand il lui saute dessus, réclamant des caresses encore et encore. J'enlève ma veste et mes chaussures pendant qu'elle le grattouille de partout, il roule sur lui-même et jappe comme un fou. Mon ventre se serre quand elle s'agenouille, sa jupe remonte sur ses cuisses et la peau pâle de ses sublimes jambes me fait perdre la tête. Je déglutis difficilement, reluquant son corps comme un pervers. C'est de plus en plus dur de faire abstraction de sa taille fine et de sa petite poitrine qui pointe sous son chemisier bleu clair.
Elle se redresse et passe tout près de moi pour se rendre dans la cuisine. Mon cœur s'emballe quand elle se penche pour ramasser la boite qui fait office de gamelle d'eau pour le chien. Je ne peux pas détacher mes yeux du haut de ses cuisses et j'ai furieusement envie de poser mes mains sur ses hanches et d'enfouir mon nez dans ses cheveux.
-Edward ? Qu'est ce que tu fais ? Chuchote-t-elle quand je m'enivre de l'odeur de sa douce chevelure et que je caresse son ventre. Je ne réponds rien, je ne sais pas vraiment ce que je fais. Je sens juste toute la tension s'accumuler dans ma tête et je dégage ses cheveux et tire sur son col et quand mes hanches touchent ses fesses, ma bouche se colle à la peau de sa nuque. C'est trop bon de sentir sa chaleur contre moi et j'aspire un peu plus sa peau, son goût s'infiltrant un peu plus dans mon esprit. Je prends un pied d'enfer, comme si j'étanchais enfin ma soif après des semaines de désert.
-Edward… souffle-t-elle et je sens le bien-être qui émane d'elle. Elle a autant besoin de moi que j'ai besoin d'elle. Et je voudrais toucher son corps parfait pendant des heures et des heures. J'aime beaucoup trop son corps et la toucher me fait sentir tellement bien.
La sonnerie stridente du téléphone me fait grogner de frustration contre la peau de son cou. Je m'arrache d'elle à regret quand elle soupire.
Je décroche le combiné, je ne lui jette pas un regard, je me sens trop bête d'avoir craqué comme ça et trop en colère d'être dérangé.
-Allo ? Crie-je sur les nerfs.
-Ouais mec ! Tu fais quoi ? La voix d'Emmet est difficile à saisir au-dessus du bruit des automobiles, j'imagine qu'il est dans une cabine téléphonique.
- Rien, je suis chez moi, pourquoi ?
-Les gars sont chauds ! Il y a des mecs de Fulham qui sont déjà là, au moins une cinquantaine ! Ils sont au pub dans le centre, ramène ton cul ! On t'attend !
-Oh ok ! Je sens tous mes muscles se tendre et le fourmillement dans mes tempes. Un immense sourire se dessine sur mes lèvres, la colère m'envahit un peu plus.
-J'arrive !
Je claque le téléphone à une vitesse folle. Je me précipite dans la chambre, je mets mes chaussures de sécurité et je passe un sweat à capuche, histoire d'être plus discret au cas où. J'enfile ma veste, ma chevalière, je fais mes poches, couteau, lacrymo, sait-on jamais.
-Bella ? Je dois y aller ! Crie-je à travers l'appartement. Comme elle ne répond pas je la rejoins dans la cuisine. Elle est toujours face à l'évier. Comme si elle était pétrifiée, prostrée. Je m'approche pour être sûr qu'elle m'écoute.
-Sors pas ce soir, il va y avoir du grabuge.
Rien que le dire me fait me sentir plus raide, comme si mes muscles devenaient plus rigides et j'aime cette sensation. Bella me regarde tristement.
-Tu vas partir longtemps ? Chuchote-t-elle et j'ai presque l'impression qu'elle va pleurer.
-Je ne sais pas, mais ne t'inquiète pas, ok ?
-Oui d'accord. J'embrasse son front et déguerpis aussi vite que je peux. Ça serait bête de louper la fête.
Les gars m'attendent devant le Oak et je serre des mains, comme on est qu'une dizaine je demande où sont les autres mais beaucoup sont encore au boulot. Je compte bien sur Alice pour nous les envoyer quand ils se pointeront. On boit quelques bières pour se chauffer et attendre quelques mecs.
On se sépare en deux groupes pour aller dans le centre, il ne faut pas attirer l'attention. Une patrouille pourrait nous suivre. La plupart des rues sont parallèles alors on est jamais bien loin les uns des autres. J'entends les gars derrière chanter, comme si le match allait déjà commencer, on se sent comme un samedi.
On se retrouve devant le pub où ils ont été repérés. Les gars de Fulham ne mettent pas longtemps à remarquer notre présence, ni à deviner qui on est et ce qu'on veut. Quelques-uns sortent. Je reconnais le bras droit du chef, un putain de rital de merde, je ne sais pas son nom, mais je n'aime pas ce mec, c'est viscéral, il porte les couleurs de Fulham.
-Putain Cullen espèce de fiotte t'as ramené tes gamins ! Je suis surpris qu'il connaisse mon nom.
-Fils de pute ! Traverse la rue, viens le dire ici ! Il sautille comme un grillon, du coin de l'œil je vois Emmet prêt à y aller alors je mets mon bras devant lui. Faut laisser chauffer et je déteste les gueules de ces mecs et leurs foutues écharpes noires et blanches que j'ai envie de leur faire bouffer.
Ça commence à gueuler de chaque côté du trottoir et un des tabourets du bar se retrouve au milieu de la route. Les voitures s'arrêtent mais tout le monde s'en fout. Une brique vole au-dessus de la rue. Je pense à Jasper, les projectiles c'est son trip, je suis déçu qu'il ne soit pas là, c'est toujours cool de se battre avec lui. Les insultes fusent par-dessus la chaussée mais personne ne franchit la barrière invisible. Les gars en face sont de plus en plus nombreux, on dirait qu'il en sort sans cesse du bar. Mais les mecs de chez nous aussi arrivent, les anciens ont eu vent de notre incartade pré-rencontre et je reconnais les potes de Carlisle. Ils ne sont plus aussi véloces qu'il y a dix ans mais quand ils cognent, c'est du lourd et ils ne font pas dans la dentelle, ce sont des gros gabarits, de l'ancienne école, avec eux, pas de couteau ni de batte, juste les poings et à un contre un.
-Hé chef ? Ils sont beaucoup plus !
-Ferme ta gueule, t'es avec nous ou tu t'arraches. Dis-je sans même savoir à qui je m'adresse. Le bâtard d'Italien en face me fait signe de sucer sa bite et c'est la goutte d'eau.
-On ne recule pas et on leur défonce la face ! Allez les gars ! EFC ! EFC ! EFC !
Je me sens poussé en avant, c'est comme si j'avais lâché des chiens enragés et une meute de mecs tarés traversent la route.
Je suis au premier rang et je fonce droit sur la tête de bite gominée. J'évite son premier coup, je l'enchaîne direct, il est KO en trois secondes. Un petit coup de savate au passage et je pète le nez de son collègue. Je prends un coup de latte dans le dos, ça me coupe le souffle mais je m'en fous. Je fracasse le type face à moi, je mets un coup de boule à un autre Italien. Je me prends une droite, méchante, la voix d'Emmet résonne dans ma tête.
-Les flics ! Les flics ! Je me sens tiré en arrière alors je me débats. La prise sur ma gorge se resserre, je donne des coups de coude en vain, on dirait que mes yeux vont sortir de mes orbites. Kyle me libère en envoyant son poing à ras de mon oreille, ça la fait siffler. Le type m'entraîne dans sa chute, mon pote tend sa main pour me relever. Je ne frappe pas le gars à terre, ça ne se fait j'attrape un tabouret et je l'éclate contre le dos d'un gars qui est en train de frapper Ben. Il s'effondre aussi et on n'a pas le temps de dire « ouf » que d'autres gars sont sur nous. Ça ne s'arrête plus, ça tape dans tous les sens et je me sens fort, puissant, grand. Plus il y a de mecs à terre, plus j'exulte, si j'avais le temps, probablement que je m'arrêterais pour regarder la scène et me marrer, mais je balance des coups, pas beaucoup, mais précis, ils font mal, je le sais.
Petit à petit il y a moins en moins de gars et la foule est moins dense, les gestes sont plus amples. Emmet est aux prises avec trois gars et je vais l'aider parce que je pense que peut-être il ne va pas s'en sortir mais le temps que j'arrive jusqu'à lui, je suis pris d'assaut par un gars vraiment costaud, plus grand, alors je le laisse venir, bien près, je vois qu'il arme son bras, son poing est énorme mais le mien plus rapide, mon uppercut explose son menton avant même qu'il ait pu m'atteindre, une seconde plus tard, ma chevalière est imprimée dans sa tempe et il est sonné, à genoux.
-On se casse les flics ! Je balance mon poing dans la mâchoire d'un grand brun qui est là, pas loin, un peu hagard et je quitte la zone quand je commence à voir les matraques pleuvoir.
-A droite ! Crie Ben et Emmet et moi le suivons, avant de tourner dans la petite rue, je regarde en arrière, un beau bazar, la rue est en pagaille, des voitures en travers, des mecs partout et les flics qui essaient d'attraper ceux qui tiennent encore debout. Il y a beaucoup de gars à terre, je pense qu'on a gagné. Les rangers qui claquent derrière moi ce n'est pas bon signe alors je suis obligé de tailler et ça m'emmerde parce que j'adore voir l'étendue des dégâts, demain ça sera dans la tête de tous les gars qui fouleront les trottoirs d'Everton mais faut que je sois là pour le voir donc il s'agit maintenant de ne pas se faire chopper par les poulets.
Je n'ai pu de souffle et mes jambes me brûlent, je ne sais pas comment c'est possible mais j'accélère encore l'allure. On tourne à gauche, puis encore à droite, on traverse un square et on prend à l'opposé des Docks. Tout le monde passe par le port pour semer les flics, nous on a une autre technique. Quand on se retrouve vers Stanley Park on sait que c'est bon, je suis le premier à rentrer dans le cimetière d'Anfield et je m'effondre contre un grand tombeau en pierre blanche. Emmet se laisse presque tomber sur moi, il est mort de rire. Moi aussi et même si je sais que je vais avoir bien mal partout demain, je ne peux pas m'empêcher de me sentir bien.
-Putain ! Elle était bonne ! Ben aussi a du mal à reprendre son souffle. Je regarde leurs gueules, ils sont pas du tout amochés, contrairement à moi, je sens le sang qui coule de ma pommette.
-Hé ? Faut des points ? Emmet jette un coup d'œil à ma tronche.
-Non, c'est rien du tout ! Gros porc t'as du sang partout !
-Je jure ce n'est pas le mien. Ris-je en secouant mon sweat, putain encore un qui est bon à jeter !
- C'était quoi ça au fait Edward ? Sérieux mec, faut que t'arrête de te branler, tu t'es battu comme une fille.
-Oh va te faire foutre ! J'avais six gars sur moi.
-Ouais c'est vrai Em', il leur a botté le cul quand même !
-Je t'ai vu te faire défoncer par un mec il faisait la taille de ma sœur.
-Eh ta sœur fait de la natation en Allemagne de l'Est, c'était un gros morceau.
-Salope !
-Bon ? On se bouge ? Ou on attend de baigner dans le jus des morts ? Il va flotter.
-Ouais on se tire ! Je jette un coup d'œil au ciel en disant ça et en effet, des gros nuages noirs s'approchent. Je passe ma capuche par-dessus ma tête et on traverse le cimetière. On escalade le mur à hauteur du stade et on descend rapidement la rue. Je fais une halte à mon appart', parce que c'est sur la route du Oak ; pour me changer et les gars me suivent.
-Bella ? Crie-je en rentrant et elle sort de la chambre tranquillement, vêtue de son pantalon de pyjama et d'un petit tee-shirt blanc sans manche.
-Mince ! Qu'est ce qui s'est passé ! Hurle-t-elle en venant vers moi.
-Hé j'ai la même à la maison rit Emmet dans l'entrée.
Pitié non ! Je ne veux pas d'une Rosalie bis moi.
-Rien, t'inquiète, juste quelques rencontres amicales. Je passais juste me changer.
-Mais, tu as vu ta tête !
-Non, pas vraiment, ce n'est pas douloureux Bella, ça doit pas être si moche. J'enlève ma veste et mon sweat en allant vers la salle de bain. Bella est sur mes talons et rentre avec moi, elle regarde mon reflet dans le miroir et ses yeux m'attirent plus que la coupure de ma pommette.
-Est-ce que ça te fait mal ?
- Non, t'inquiète ça va. J'attrape du désinfectant et du coton dans l'armoire.
-Tu veux que je t'aide.
-Merci, c'est bon, j'ai l'habitude ! Je désinfecte rapidement et je balance le tout dans la poubelle. Je me lave les mains et je passe un peu d'eau sur ma tête. Je fais sauter mon tee-shirt, je crève de chaud maintenant.
-Mince je prendrais bien une douche, mais les gars m'attendent.
-Tu veux que je leurs offre à boire pour les faire patienter pendant que tu te laves ?
-Bonne idée. Je me tourne pour mettre l'eau à couler et Bella hurle pratiquement derrière moi.
-Edward ? Mon dieu ! Tu as vu ton dos ?
-Quoi ? Je me tourne pour essayer de voir mais je n'ai pas le cou qui tourne à 360 degrés comme dans le stupide film de Friedkin.
-Tu es tout rouge là ! Les petits doigts froids de Bella effleurent ma peau et je sens que ça me tire mais rien d'insupportable. Je me tourne vers elle et j'attrape ses poignets tremblants.
-Je vais bien Bella ok ? On s'est un peu battu, j'ai pris quelques coups mais ça va d'accord ?
Elle hoche la tête et je pose un baiser sur sa joue. Elle s'éloigne sans dire un mot de plus. Ça n'a pourtant rien d'extraordinaire, surtout que vu le nombre qu'ils étaient, on s'en est vraiment bien sorti. Ça ne sera pas le même cinéma demain. Ils seront encore plus nombreux, nous aussi remarque, et les Reds vont sûrement s'en mêler et une chose est sûre, ils ne seront pas de notre coté. On va se marrer.
Je ferme la porte de la salle de bain et je fais un bon quand je vois un truc bouger dans le coin.
-Putain le chien ! Barre-toi ! Je rouvre la porte et il se carapate à toute allure. Toujours dans mes pattes il m'énerve.
Quand je regagne mon living, Ben et Bella sont assis dans le canapé, elle a enfilé un de mes pulls, Emmet est vautré dans son fauteuil, il regarde les nouvelles du soir, moi je n'ai même pas envie de savoir ce qui se passe dans le monde, ça me déprime trop.
-Bon on bouge les mecs ?
-Ouep ! Merci Bella pour la bière ! Sourit Emmet en posant sa bouteille vide sur la table. Ben fait de même et je lui fais un petit signe de main en fourrant ma veste sous mon bras.
-Salut les gars, bonne soirée.
Je claque la porte en pensant qu'il n'y a aucune raison qu'elle ne soit pas bonne. On arrive au Oak quelques minutes plus tard et c'est l'effervescence dans le bar, tout le monde est encore chaud de la baston, tous les mecs du EFC chantent et sautent, même les vieux. On me félicite pour ça, je n'ai pas l'impression d'avoir fait grand-chose mais je prends quand même les compliments.
Je tombe sur la banquette, les gars ramènent une farandole de verres pleins à ras bord et je bois des grandes gorgées. J'observe et écoute ce qui se passe autour. Les gars qui étaient à la bagarre racontent leurs exploits, ceux qui n'y étaient pas comme Jasper veulent tous les détails.
James nous rejoint en fin de soirée, il est fou furieux de ne pas avoir été là. Il jure de se rattraper demain et parole de James, je sais qu'il le fera. Après qu'on se soit mis d'accord sur le lieu de rendez-vous du lendemain, alors que je me rends aux chiottes pour vidanger je me fais percuter par une grande brune, elle tombe pratiquement dans mes bras, et j'ai du mal à la retenir. Mon dos heurte le bar et ça fait un mal de chien, elle pue l'alcool et ses énormes nibards bougent comme de la Jelly. Elle a le physique d'une lanceuse de poids, c'est flippant. Elle me fait un grand sourire, je sais ce qu'elle veut mais je ne suis pas sûr d'avoir envie là tout de suite, faut que je pisse. Je la remets sur ses pieds évitant de trop toucher, ça déborde de partout c'est écœurant.
-Tu m'offres un verre ? Demande-t-elle en papillonnant des yeux.
-Je ne crois pas non ! Ris-je en la poussant un peu avec mon coude.
-Connard ! Grogne le bulldog et je l'ignore, je veux juste passer une bonne soirée et le cul de Jessica c'est vachement plus attrayant. Je glisse derrière elle, la conversation qu'elle entretient avec ses amies cesse et elle se tourne contre moi, frottant délibérément ses fesses contre ma bite. Celle-ci tressaute et j'ai toujours autant envie de pisser et en plus je pense à Bella. J'ai envie d'elle putain ! J'ai juste envie de rentrer et de lui faire l'amour. Les bras de Jessica sont autour de mon cou et elle me dit des trucs à l'oreille mais je ne l'écoute pas, je cherche le cendrier derrière elle pour écraser mon mégot qui traîne au coin de ma bouche depuis tellement longtemps que j'ai l'impression d'avoir bouffer le contenu du cendar.
-Ah pardon mademoiselle ! Je dois aller au pipiroom.
J'ai un mini-orgasme en vidant ma vessie, Emmet rentre derrière moi quand je remballe mon bazar. Je me lave les mains, je soupire, j'ai la gaule et envie de baiser et je suis bourré. Je me sens tout flottant dans mon corps et Emmet ne le rate pas.
-T'es sec mon grand ! Rit-il et je hoche bêtement la tête.
-Tu devrais rentrer, demain faut que tu sois en forme !
-Ouais, je devrais. Dis-je laconiquement, pensant qu'il va me falloir beaucoup de force pour ne pas sauter sur Bella.
-Et alors quoi ? Emmet me pousse pour attraper de l'essuie-main.
-Bah il y a Bella chez moi.
-Et quoi ? T'as peur qu'elle t'engueule ? T'inquiète, les premières fois sont les plus compliquées, après on s'habitue !
-Non, rien à voir avec ça ! Bella ne gueule pas de toute façon, ce n'est pas une poissonnière comme ta blonde.
-Et oh ! Rosalie n'a rien d'une poissonnière, elle parle fort c'est tout !
J'éclate de rire, essayant de comprendre comment un mec aussi sympa que lui a pu se récupérer une nana hystérique comme elle. Ils sont à l'opposé.
-Bon et alors ? C'est quoi le problème avec Bella ? Tu sais Ed', tu ferais bien de faire gaffe, elle est mignonne et gentille et je ne pense pas qu'une femme comme elle, ça court les rues de nos jours. Mec tu commences à vieillir et si tu ne te trouves pas une femme potable et vite, tu vas finir comme le vieux Bill, gras et chauve avec ta main droite.
-Ta gueule, plutôt crever !
-T'as déjà les tatouages et la garçonnière ! Bientôt t'y ramènera des putes, je te le dis ! Tu crois que tu vas encore baiser des minettes pendant dix ans ? T'as déjà l'air d'un pervers, mec c'est Bella ou le gros Bill !
Quand il ouvre la porte, la musique, la fumée et la chaleur du pub me parviennent, je n'ai pas envie de rester là, c'est Bella ou finir comme le gros Bill. Je préfère profiter de Bella avant d'avoir ma main droite pour seule compagne.
Un shooter de scotch est dans ma main avant que j'aie pu atteindre la porte et Carlisle m'agrippe par l'épaule. Je me laisse entraîner vers la gauche, le coin des vieux, des anciens. Tant pis, Bella attendra quelques heures. Elle doit dormir de toute façon.
Un peu plus tard, j'ai environ six pintes et une dizaine de shooters dans le ventre. L'alcool, me fait tanguer et heureusement qu'il y a le mur pour m'aider à monter les marches. Je balance toutes mes fringues au travers de la pièce parce que je crève de chaud. J'ouvre la fenêtre du living, je n'ai plus de cigarette, je regarde le cendrier, pas moyen de récupérer une moitié de clope, Bella a dû passer par là. Je caresse un petit moment Petit Pote en regardant distraitement le poste de télévision qui rediffuse une émission de variété, pourquoi il passe toujours de la merde la nuit ? La porte de la chambre couine et je vois ma jolie brune approcher.
-Salut ! Chuchote-t-elle en peignant ses cheveux vers l'arrière avec sa main. Je regarde fasciné ses mèches filer entre ses doigts.
-Salut, ma voix est rauque, j'ai trop fumé, trop bu et trop gueulé. Tu ne dors pas ?
-Non, j'ai soif. Elle se dirige vers l'évier et je me lève pour la suivre, je boirais bien un verre d'eau moi aussi. Ses bras fins dénudés m'attirent inexorablement et sans même que j'ai vraiment compris mes mains les caressent. Sa peau est trop douce et une fois encore, mon nez glisse dans ses cheveux et je m'enivre de son délicieux parfum. Elle pose le verre dans le fond de l'évier et ses doigts s'agrippent au bord. Elle inspire profondément quand sa tête part en arrière se posant sur mon épaule et m'offrant son cou, j'embrasse sa peau fine.
Ses mains lâchent les bords de l'évier et se posent sur les miennes qui arpentent son ventre plat. Ses petits doigts se mélangent aux miens et elle guide mes mains jusqu'à sa poitrine. Je l'entends gémir de contentement. Je la sens se cambrer quand mes paumes épousent parfaitement l'arrondi de ses sublimes seins. Mon souffle se perd et je ne réagis pas quand elle me repousse pour se retourner dans mes bras et que sa bouche se plaque sur la mienne.
Je ne touche plus terre, mon sang bat dans mes tempes et ça fait comme un bourdonnement dans mes oreilles. Mon cœur résonne sourdement et j'adore cette sensation. Je me sens ivre d'elle et tout devient flou autour de moi il n'y a plus que son corps frêle et chaud contre le mien, sa bouche fraîche et humide qui suce ma langue me faisant frissonner de la tête aux pieds.
Mes mains passent sur ses fesses puis j'attrape ses cuisses. Une seconde plus tard elle est dans mes bras, à sa place alors je la pose sur la table, l'obligeant à se coucher dessus quand ses jambes s'enroulent autour de mes fesses.
-Putain, ce que t'es belle !
J'ai envie de crier, de cogner, de l'étouffer. Écroulé sur elle, j'embrasse tout ce qui passe sous ma bouche et je remonte son tee-shirt avec une dextérité déconcertante. Elle m'aide en levant les bras, son corps apparaît devant moi et il n'y a rien de plus sexy, désirable et magnifique qu'elle. Ses mains grattent l'arrière de ma tête quand je fonds sur ses seins, les parsemant de baisers et j'ai mal dans tout mon corps alors quand elle s'agite contre moi et que l'intérieur de ses cuisses frottent mon érection je cesse de respirer, priant pour qu'un soulagement vienne et vite. J'ai l'impression que je vais exploser et même si c'est douloureux c'est grisant. Et je sais au fond que c'est mal mais je ne peux plus résister. J'ai trop besoin d'elle.
-Edward ! Putain Edward ! Miaule-t-elle comme si elle aussi était torturée et je suis vraiment soulagé qu'elle me désire tout autant. Je pousse mes hanches contre les siennes, écartelant ses cuisses sur la table tandis que je suis toujours vautré sur elle et que je comble de douceur ses adorables seins. Mes doigts se faufilent sous son pantalon en coton et passent sur le tissu de sa petite culotte et je la sens toute humide et ça me rend encore plus fou de savoir qu'elle me désire ainsi. Je la regarde droit dans les yeux quand je pousse l'élastique de son sous-vêtement et que la pulpe de mon index glisse sur sa fente douce. Ses yeux sont brûlants, torturés et ses joues sont rouges, sa bouche entrouverte, elle est magnifique, une pure déesse offerte à moi et je veux la faire hurler de bonheur.
Je veux qu'elle me supplie de lui faire du bien, je veux l'achever, la voir se perdre dans le plaisir que je lui procure alors je pousse doucement mon doigt dans son intérieur étroit. C'est tout chaud et j'aime sentir son plaisir couler, ses yeux bruns roulent de bien-être et ça me fait me sentir fort alors je fais de doux va-et-vienten elle.
Elle suffoque, se tortille et je l'ai complètement à ma merci, le moindre centimètre de mon doigt qui bouge dans son intérieur étriqué la fait couiner et même si mes mouvements sont délicats pour ne pas lui faire mal je comble l'espace restreint ce qui la fait s'étouffer de plaisir. Mon pouce vient faire des larges cercles sur son petit bouton nerveux et elle se crispe de plaisir. Mon prénom tombe une nouvelle fois de sa bouche quand elle plante ses ongles dans ma nuque pour me rapprocher d'elle et que je l'embrasse. A l'inverse de son intimité je rentre brutalement et amplement dans sa bouche, ma langue prend ses quartiers contre la sienne et j'ai envie d'éjaculer maintenant, je n'ai jamais été aussi excité et je sais pas si c'est d'être en elle, de l'embrasser ou juste de la voir les cuisses écartées mais je n'ai jamais autant désiré une femme qu'elle. N'y tenant plus, ma main libre cherche l'élastique de mon sous-vêtement voulant libérer mon érection beaucoup trop douloureuse.
-Edward oui ! oui plus fort ! oh mon dieu ! Crie-t-elle en mordant ma mâchoire, son bras s'enroule autour de ma nuque et elle se redresse d'un coup, plaquant son corps à mon torse brûlant. Je lâche ma bite pour la retenir contre moi et je sens son intérieur bouillant palpiter et je comprends qu'elle est en train de jouir. Je regrette de ne pas pouvoir voir son visage enfoui dans mon cou à ce moment là mais je la sens se tordre de plaisir contre mon corps et c'est largement suffisant pour me combler de bonheur. Son souffle est complètement saccadé contre mon oreille et elle tremble c'est merveilleux, je me sens puissant et doué, vraiment doué.
Je devine que le plaisir reflue de son être quand sa prise sur ma nuque se desserre. Je quitte à regret sa minette humide mais je ne veux pas lui faire mal. Elle cherche ma bouche et ses mains caressent doucement mes pectoraux, je l'embrasse encore, ne pouvant me lasser de son goût. Elle effleure mes abdominaux et très vite, elle trouve l'entrée de mon caleçon, sa petite main s'y glisse sans mal et je sens ma bite se presser d'elle-même contre sa main. Je grogne dans sa bouche quand ses doigts s'enroulent autour de mon gland.
-Oh putain ouais ! Je m'étouffe de soulagement. Oh ouais… Bella… ouais…ouais, ouais !
Mon front tombe sur son épaule et je la laisse s'occuper de moi, mes yeux clignant, mes jambes tremblantes et mes mains se crispant par intermittence sur sa taille. Sa main libre caresse le bas de mon visage et j'embrasse sa paume de temps en temps, quand je ne suis pas submergé par le plaisir de sentir sa peau sur la mienne. Elle me branle avec beaucoup de délicatesse et même si je suis frustré qu'elle n'y aille pas plus violemment, ce qu'elle me fait est divin, vraiment, alors je me retiens de me laisser aller, je repousse le moment de la libération juste pour m'enivrer encore d'elle. Mais même si je fais tous les efforts que je peux pour me contrôler mes hanches poussent d'elles-mêmes alors Bella doit percevoir que je veux plus. Elle accélère, me mettant littéralement au supplice, délicieux supplice qui finit dans un grognement bestial étouffé par sa bouche qui se colle à la mienne. Je jouis en longues giclées salvatrices dans sa main et c'est juste comme un raz-de-maréede soulagement. Comme une chape de plomb qui te tombe dessus, t'assommant de bien être.
Nos bouches se dessoudent en même temps que la main de Bella s'extrait de mon caleçon. Ses yeux croisent les miens une seconde et ils pétillent de malice. Elle est fière d'elle et amusée de m'avoir mis dans cet état, je peux le voir dans son petit sourire.
-T'es fière de toi hein ? Je la taquine en caressant ses joues, posant mon front moite contre le sien. Elle se pince les lèvres pour étouffer son rire et ses yeux brillent magnifiquement, elle n'a jamais été si jolie. Je pose plusieurs petits baisers sur sa bouche.
-T'es trop beau souffle-t-elle sur ma bouche en reprenant son sérieux et ça gonfle mon cœur de joie de l'entendre.
-T'es belle toi aussi, magnifique, merveilleuse, encore plus quand tu jouis mon bébé. Je la repousse sur la table et elle m'entraîne d'une main dans ma nuque avec elle. Elle éclate de rire dans mon cou et son souffle me chatouille. Je redresse un peu la tête pour comprendre ce qui l'amuse et ses yeux sont braqués sur quelque chose au dessus de moi. Alors je me désarticule la nuque pour voir de quoi il s'agit et je devine son autre main, suspendue dans les airs, couverte de mon plaisir.
-Oh merde ! Ris-je en m'écartant de son corps, je passe une main dans son dos pour l'aider à se remettre debout veillant à éviter sa main sale et je la pousse vers l'évier. J'ouvre l'eau et m'écarte pour qu'elle s'approche. Elle rince rapidement sa main en riant de plus belle.
-Mince ça colle ! S'esclaffe-t-elle comme une gamine et je ne peux pas m'empêcher de rire moi aussi, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, on a l'air de deux gosses qui découvrent que le sexe c'est dégueulasse. Je me place derrière elle et attrape le petit bloc de savon. Mes mains rejoignent les siennes sous l'eau et je caresse ses doigts avec la pierre de savon.
Bella
Eveille-toi, ouvre les yeux, comprends qui tu es vraiment, aime-toi et danse sur le monde. Ouvre grand tes ailes et sois la plus belle, la plus forte parce que tu as ce que personne n'a, son amour.
-Putain, ton cul est parfait !
Les mots d'Edward m'excitent encore plus que je ne le suis déjà, ses paumes chaudes palpent mes globes fessiers avec un mélange de force et de douceur absolument magique. Je pense vraiment avoir les fesses les plus magnifiques de la planète, il ne peut pas en être autrement à entendre l'émerveillement dans sa voix. J'enfouis ma tête dans l'oreiller et j'essaie juste de profiter de ce qu'il me fait. Son visage caresse le creux de mes reins et ses mains pétrissent mes fesses depuis plusieurs minutes maintenant, ses lèvres aspirent ma peau et je sais qu'il est en train de me faire des marques, mais je m'en moque j'adore ça.
-Oh ouais, cambre-toi ! T'es trop belle Bella ! J'aime ton corps, j'aime trop ton corps, t'es trop belle.
Il n'arrête pas de dire ça et me fait me sentir vraiment belle alors quand ses mains saisissent mes hanches pour me redresser je me laisse faire, désireuse de lui offrir tout ce qu'il veut parce qu'il me fait me sentir bien. Les sensations qu'il me procure sont indescriptibles tellement c'est puissant, j'ai l'impression que c'est la tempête dans mon corps. Je sens son sexe dur passer contre mes fesses quand je me retrouve à genoux devant lui.
-Putain ! Bébé ! t'es trop chaude, merde Bella, j'aime trop ton cul ! Ses mains viennent ponctuer sa phrase en empaumant complètement mes fesses ça m'oblige à me cambrer encore. Mais je lui tourne le dos et je n'aime pas ça, je voudrais le voir, voir le désir dans ses yeux, je voudrais lui faire plaisir. Alors comme il est complètement ivre, je me dis que c'est le moment d'en profiter, peut-être qu'il ne s'en souviendra que vaguement demain. Je me tourne vers lui et j'attrape son bras pour qu'il s'allonge. Il comprend ce que je veux et se laisse tomber sur le dos, sa main glissant sur ma taille. Je grimpe sur lui et je caresse son torse, j'embrasse chacun de ses muscles. Je sens son sexe palpiter contre mon ventre et je veux le toucher encore, il devient fou quand je le touche. Je descends un peu sur lui et j'embrasse ses abdominaux, je caresse ses hanches qui vont et viennent d'avant en arrière offrant à son épais pénis un frottement contre mon sternum. En baissant la tête pour observer son membre, je comprends qu'il est en train de se frotter entre mes seins et comme il est à bout de souffle, j'imagine qu'il apprécie. Ma main passe sur l'objet de mes désirs et je suis toujours surprise par sa dureté et sa douceur. C'est plus fort que moi je descends encore un peu et je l'embrasse.
-Oh Bella, suce-moi bébé, s'il te plaît ! Ses doigts s'enfoncent dans mes cheveux et me caressent doucement la tête alors j'embrasse encore son sexe et à nouveau il étouffe un gémissement. Ça me plaît de le sentir se tendre et perdre son souffle. Ma langue passe lentement contre sa peau tendue.
-Ouais, Bella, ouais. Comme il m'encourage je le lèche un peu plus franchement et j'ai envie de le mordre tellement je veux qu'il prenne du plaisir, je l'aspire dans ma bouche et il n'arrête pas de dire que c'est bon alors je l'embrasse, le lèche et le suce comme si ma vie en dépendait, je veux lui faire du bien et je sais que ça marche parce que ses doigts se crispent dans ma nuque et son dos s'arque à chaque assaut de ma bouche.
-Bella ! Putain, bébé, je vais jouir, retire toi ! Il s'enlève de ma bouche d'un coup, me frustrant littéralement alors je me redresse sur mes genoux et sa main vient brutalement empoigner sa verge, il fait des grands mouvements de va-et-vient, tellement fort qu'on dirait bien qu'il va se l'arracher mais contre toute attente il se répand sur son ventre et à ce moment-là, tous ses muscles sont tendus, sa peau brillante de sueur, ses yeux mi-clos et sa bouche entrouverte il est beau à tomber et j'en reste bouche-bée. C'est lui qui la ferme en posant ses lèvres sur les miennes. Il m'embrasse profondément, longtemps, comme pour me remercier et ses mains ne semblent plus vouloir quitter mon corps. Ma main repose sur ses pectoraux et je sens son cœur battre la chamade sous sa peau. Un sourire s'inscrit sur mon visage parce que je sais que je lui ai fait du bien, son cœur ne peut pas mentir ainsi, ça me fait pareil quand il me fait avoir un orgasme, mon cœur bat à tout rompre. Il s'essuie rapidement le ventre avec son sous-vêtement quand je dois quitter sa bouche humide pour respirer. Je pars à la recherche de mon pyjama moi aussi.
- Je crois que mes vêtements sont restés dans la cuisine, au pied de l'évier. Edward m'enveloppe de son bras et m'attire contre lui.
-Pas besoin, je vais te tenir chaud. Le diable en moi se réjouit d'entendre ça et je me colle un peu plus à lui. Il attrape la couverture et la passe par-dessus nous. Il ne dit rien, je sens juste son pouce glisser dans le creux de ma taille, ça me chatouille mais je ne bouge pas, je me sens beaucoup trop bien, mon dos contre son torse bouillant comme en sécurité contre lui. J'ai peur que tout ça ne soit qu'un rêve quand je me réveillerai, ou pire, qu'il regrette encore. Je ne sais pas si j'arriverai à encaisser encore qu'il me repousse, pas encore, pas après ça. De toute façon s'il fait ça, la prochaine fois qu'il est ivre, je le repousse. Comme si j'en étais capable. Mon cœur se serre douloureusement, je suis dans un tel dilemme, je me damnerai pour ses bras et lui ne le voit même pas.
Je pense qu'il s'est endormi alors je suis surprise quand il murmure dans mon oreille.
-Bébé ? Tu pleures ?
-Non, je mens en enfouissant mon nez dans l'oreiller pour étouffer mes reniflements. Les lèvres d'Edward se posent sur mon épaule avec une infinie douceur et ça me fait sentir comme la pire des nunuches à gâcher ce moment.
-Bella ? Qu'est ce qu'il y a ? Sa voix douce et sa paume qui caresse mon dos me tendent plus qu'elles ne me détendent. Je devrais garder pour moi ce qui me ronge, je devrais profiter du moment mais je n'y arriverai pas tant que je ne l'aurai pas dit, tant qu'il ne m'aura pas dit.
-Demain, tu feras comme s'il ne s'est rien passé ou tu me diras que c'était une erreur ?
- Ni l'un ni l'autre Bella. Soupire-t-il lentement et j'ai du mal à le croire.
-Alors quoi ? Je chuchote en retour.
-Je ne sais pas… on verra demain, mais je ne pense pas être encore capable de rester loin de toi… Je ne tiendrais pas … la voix d'Edward s'éteint et son souffle chaud résonne dans mon oreille. Je cale ma respiration sur la sienne et j'essaie de prendre la douceur qu'il me donne.
Je m'endors au creux de son corps un peu rassurée mais surtout épuisée, on verra demain.
