Parents prévenants
Pétunia Dursley née Evans avait reçu un cadeau particulier à Noël.
Une lettre, oui, mais d'une morte.
Une lettre de Lily Potter, née Evans. Assassinée deux mois plus tôt avec son époux. Seul son fils avait réchappé au massacre, enfant du même âge que son propre fils qu'elle avait recueilli le lendemain du meurtre, déposé comme un vulgaire paquet sur le pas de sa porte.
Alors qu'elle vérifiait que toutes les lumières étaient éteintes au rez-de-chaussée, Pétunia avait aperçu du coin de l'œil une faible lueur et s'était approchée du sapin où se trouvait une enveloppe avec son nom de jeune fille inscrit dessus. Le papier était ancien de toute évidence et elle avait parfaitement reconnu ce que sa sœur utilisait pour écrire ses devoirs. Sa première réaction avait été de la jeter à la poubelle et d'aller se coucher mais moins de deux heures plus tard, alors que son mari ronflait comme un sonneur, elle était redescendue pour la récupérer et là, sur la table du salon, elle était en train de la fixer, ne sachant pas si elle devait l'ouvrir.
Après vingt bonnes minutes de tergiversions, elle se décida à la lire.
Pétunia,
J'imagine parfaitement que tu ne t'attendais pas à recevoir une lettre de ma part, surtout après ma disparition. Et non, cette lettre n'est pas apparue par magie, il s'agit d'un service de la poste Sorcière. Si courant décembre, je ne les prévenais pas que je ne voulais pas qu'elle envoie cette lettre, alors elle le ferait à la condition qu'elle te soit livrée qu'une fois que tu serais seule à partir du jour de Noël.
Cela fait un nombre conséquent d'années que nous nous sommes disputées, encore plus que nous ne nous entendions plus, principalement parce que j'étais une Sorcière et toi non. Tu étais jalouse de mon don et moi je l'étais que tu puisses rester avec nos parents pendant que je passais dix mois sur douze de l'autre côté du pays. Mais même malgré nos différends, jamais nous ne nous sommes oubliées, que ce soit pour nos anniversaires respectifs, ceux de nos parents et bien sûr, ceux de nos fils.
C'est d'ailleurs à leur propos que je t'écris.
J'ai pleinement conscience que si je venais à mourir avec mon mari, on te confierait en toute illégalité mon fils.
Non, les mots ne sont pas trop forts.
Le monde Sorcier a des règles différentes du monde normal, je ne t'apprends rien, mais sache que la noblesse et l'aristocratie Sorcière, que j'ai intégré en me mariant, se ressemble étonnamment sur de nombreux points, dont l'un est que les enfants doivent vivre dans leur monde.
En clair, Harry ne devrait pas vivre avec toi.
Comment je pourrais être sûre qu'une fois morte, ce serait le cas ? Ce serait trop long à t'expliquer dans une simple lettre. Mais ce n'est pas le problème pour le moment.
Tu as dû remarquer que mon fils était un Sorcier, n'est-ce pas ? Je dois malheureusement t'avouer qu'il y a de très grandes chances pour que le tien le soit également. Nous n'en serons certaines que quand il fera ses premiers éclats de magie accidentelle mais comme j'ai fait des recherches sur nos ancêtres, il s'avère que nous descendons toutes les deux d'enfants nés de Sorciers qui n'avaient pas de pouvoirs et que Vernon également.
Et oui, la magie t'entoure …
Malgré cela, tu es en très grand danger.
Cela vient avec la certitude que tu recueilleras mon fils alors que ça n'aurait jamais dû être le cas.
Le Sorcier qui t'a laissé mon fils a des projets malsains pour lui. J'ai appris par hasard qu'il comptait le guider dans le monde Sorcier selon ses convictions qui sont très loin d'être les miennes ou celles de James. Pour cela, il n'a pas l'intention d'éduquer Harry avant qu'il n'ait l'âge d'entrer à Poudlard, ce qui représenterait pour lui un immense désavantage, surtout quand on sait qu'à sa majorité, il devrait reprendre le titre de lord Potter.
C'est pour cela que James et moi avons pris des dispositions dans le plus grand secret, qui commence avec cette lettre.
Quand tu as décidé de t'installer dans cette maison après ton mariage, je suis venue sans que tu ne le saches pour poser des protections magiques dessus. Ces protections m'ont alerté que d'autres sorts ont été lancés toujours dans ton dos peu après la naissance de mon fils. J'ai eu l'occasion de les étudier et ils devaient, dès qu'Harry aurait eu ses premiers éclats de magie, modifier radicalement votre comportement pour que vous en veniez à le maltraiter sévèrement. Je n'ai pas réussi à les annuler, tout au plus à modifier à la hausse le niveau de magie minimum auquel les sorts se déclencheront.
Maintenant que cette lettre t'est parvenue, une autre est arrivée à l'avocat de la famille Potter qui se chargera de mettre au courant les personnes concernées que tu rencontreras rapidement si tu acceptes le plan que nous avons mis en place pour protéger ta famille et toi.
Pour cela, rient de plus simple, il suffit que tu piques ton doigt en étant certaine de ton choix.
Lily
Pétunia était perturbée, il n'y avait pas d'autres mots. Sa sœur et elle étaient bornées, elle ne pouvait le nier, mais elles détestaient toutes les deux les personnes qui voulaient les manipuler pour leur propre bénéfice. Or, ce que lui révélait Lily, c'était qu'on comptait se servir d'elle pour maltraiter son neveu. Même si elle avait vu d'un mauvais œil l'arrivée de cet enfant Sorcier, elle avait pris exemple sur sa mère et n'avait fait aucune différence de traitement entre les deux enfants. Vernon, mis au courant des capacités de sa sœur et donc, de l'enfant qu'ils avaient recueilli, avait réagi positivement et le considérait quand même comme un véritable membre de la famille.
Mais ce que Lily venait de lui révéler post-mortem …
Ce n'était pas une décision qu'elle pouvait prendre seule.
§§§§§
-Bonjour, je peux vous aider ?
-Oui, je suis Albus Dumbledore et je suis à la recherche des Dursley, sourit le vieil homme.
L'homme regarda de haut en bas son interlocuteur vêtu d'une robe ample à manches bouffantes d'un jaune canari qui donnait mal aux yeux avant de se décider à répondre.
-Cela fait des années que je vis ici avec ma femme, mon fils et mon neveu, déclara l'homme qui avait ouvert la porte. Et nous ne portons pas le nom de Dursley.
-Il est vrai que mes informations datent d'une dizaine d'années, reconnut Albus sans se démonter. Ce sont donc les anciens locataires, alors. Auriez-vous une adresse où je pourrais les retrouver ?
-Les propriétaires qui vivaient là ne portent pas ce nom, assura l'homme.
-Vous êtes sûr ? demanda Albus
-Certain, répondit l'homme. Je sais encore quel nom est inscrit sur mon bail. Maintenant, si vous voulez bien, je vous souhaite une bonne journée.
La porte claqua au nez du Sorcier. Heureusement, il avait eu le temps de vérifier sa mémoire et il avait dit la vérité.
Alors qu'il quittait le quartier Moldu, Albus Dumbledore pesta. Il était clair que si Harry Potter n'avait pas toucher l'une des enveloppes concernant son inscription à Poudlard, c'était parce qu'il ne vivait plus ici. Or, il avait placé un espion pour que ce genre de choses ne puisse pas arriver sans qu'il ne le sache. Il se rendit donc au coin de la rue et frappa à la porte d'Arabella Figg. La vieille Cracmol lui ouvrit la porte et l'accueillit avec les plus grands des égards. La laissant babiller, il ne s'encombra pas de scrupules et vérifia lui-même pourquoi elle ne l'avait pas prévenu du déménagement des Dursley. Mais il se rendit rapidement compte qu'il avait joué de malchance. En effet, la vieille femme ne s'était installée dans le quartier qu'après la nouvelle année suivant la mort des Potter et elle n'avait jamais connu le nom de jeune fille de Pétunia Dursley. Elle avait donc tout naturellement pensé que le mari avait repris le nom de sa femme, bien que ce ne soit pas courant.
Rageur, le Sorcier quitta brusquement la maison sans même un au revoir et regagna l'école de magie. En prévision de l'arrivée du Survivant à la prochaine rentrée scolaire, il avait multiplié les insinuations et les sous-entendus pour rappeler qu'il avait l'intention de le prendre officiellement sous son aile, comme quand il l'avait fait pour le protéger des nostalgiques de Voldemort. Mais voilà, avec son absence, sa réputation allait en prendre un sérieux coup. Il lui restait donc qu'un seul petit mois pour remettre la main sur le gamin et permettre à tous ses plans de se réaliser sans anicroches.
§§§§§
-Hadrian James Potter, lord Potter, sourit le jeune homme qui venait de se lever. Juste avant cette séance, j'ai porté plainte contre le président de cette assemblée. Selon les lois en vigueur, il est suspendu de cette noble fonction.
L'hémicycle explosa en imprécations et beaucoup s'insurgèrent de cet outrage. Hadrian les laissa piailler pendant quelques minutes avant de lancer une petite balle dans les airs. L'instant suivant, une immense détonation retentit, calmant tout le monde immédiatement.
-Ah, on s'entend penser, sourit Hadrian. Peu importe que vous pensiez que j'ai tort ou non, le fait est que la plainte est validée. Si vous ne me croyez pas, je vous en prie, monsieur Dumbledore, prenez place. J'ai hâte de voir comment ça va se passer.
Albus Dumbledore, blême depuis qu'il avait reconnu le jeune homme qui venait de se lever, ne bougea pourtant pas d'un cil. Il avait déjà senti les dysfonctionnements avec son lien de président du Magenmagot et nul doute que s'il faisait mine de prendre place, il se ferait faire éjecter de sa place.
Le sourire d'Hadrian s'agrandit lorsque le président du Magenmagot s'éloigna de sa place pour prendre celle de directeur de Poudlard, à la plus grande consternation de l'assemblée et à la rage de l'intéressé. Car depuis cette place, il n'avait plus qu'un rôle consultatif, ce que beaucoup avaient oublié car quand on parlait d'éducation, la seule personne qui avait autorité était le directeur du Département de l'Enfance et de l'Education qu'il avait soigneusement écarté de toute décision depuis qu'il avait pris la tête de l'école.
Or, devant lui, Aaron Selwyn, qui avait le poste depuis qu'il était directeur, se trouvait devant lui alors que ses invitations à siéger étaient automatiquement perdues. Albus n'aurait pas son mot à dire et c'était un nouveau coup dur.
-Mais comment la séance peut commencer sans président ? se plaint un bureaucrate
-Sachant que normalement, le Magenmagot n'a pas de président fixe, ça ne sera pas gênant, ricana presque Hadrian. Cette ineptie n'existe que depuis une cinquantaine d'années, il me semble. Si les Langues de Plomb peuvent lever le sort fixant le président de cette assemblée à présent …
Immédiatement, deux Langues de Plomb firent leur apparition et approchèrent du siège du président, baguettes brandies. Ils écartèrent soigneusement toutes les personnes autour avant de se mettre à travailler.
-Ce n'est pas … protesta Albus.
-Veuillez rester à votre place, claqua Aaron, agacé. Vous n'êtes pas président en ce moment donc il est temps que ce que vous avez mis en place pour votre propre gloire soit démantelé.
Albus serra les dents. Il se souvenait maintenant pourquoi il faisait en sorte de ne pas l'avoir dans les pattes, outre le fait qu'il appartienne à une famille de magie noire : Selwyn n'avait jamais été l'un de ses admirateurs et il le lui faisait bien comprendre.
Cinq minutes plus tard, les Langues de Plomb se retirèrent et un rayon de lumière partit du siège pour indiquer Gerald Greengrass. Aux faits de la conduite à tenir dans ce cas-là, le chef du clan Greengrass se leva et prit place dans le fauteuil.
-Moi, Gerald Greengrass, titulaire du siège des Greengrass, accepte la fonction de président du Magenmagot. La séance est ouverte !
Devant cette parole rituelle, tout le monde cessa de s'agiter et concentra son attention vers la raison de leur présence. Gerald avisa le greffier de l'assemblée et se fit remettre avec bonheur les dossiers devant être étudiés pendant la séance puis les parcourut rapidement. Ce n'était un secret pour personne que si les dossiers n'étaient pas présentés par l'association de trois membres de l'assemblée sans l'aval du président, alors seuls ceux personnellement sélectionnés par Albus Dumbledore seraient arrivés dans l'hémicycle. Mais comme ce dernier venait de se faire retirer le rôle, alors les choses allaient enfin se dérouler normalement.
Gerald avait plusieurs dossiers sous les yeux : l'ouverture d'une école pour les Sorciers pour les moins de onze ans, la renégociation des conditions d'importations avec les pays d'Europe, la révision des programmes de Poudlard et la régulation des accès des places Sorcières. Si lord Potter ne s'était pas manifesté, nul doute que le seul dossier ouvertement discuté serait sur la régulation des places Sorcières et où le vieux Sorcier aurait fait en sorte que l'assemblée se prononce défavorablement concernant les trois autres dossiers. En parcourant plus attentivement le dossier, il reconnut la patte de Dolores Ombrage, sous-secrétaire du ministre de la magie mais également xénophobe convaincue haïe par les Sang Pur car coupable d'outrage à la Magie.
Le nouveau président se secoua. Il serait toujours temps plus tard de réfléchir aux manquements de son prédécesseur. Les heures suivantes furent riches en discussion et pour la première fois depuis près de cinquante ans, personne ne s'ennuya car tous pouvaient avoir la parole, les débats furent intenses mais pleins de respect.
Mais alors que la séance se terminait, Elphias Doge, grand ami de Dumbledore, demanda la parole. Avec reluctance, Gerald Greengrass la lui accorda.
-Il me semblait que le fils du dernier lord Potter était porté disparu, fit Elphias.
Tous se tournèrent vers Hadrian Potter qui arbora un sourire malicieux.
-Vous voulez dire, alors qu'il devait être sous la responsabilité officieuse d'Albus Dumbledore ? répondit Hadrian. Cela fait partie de l'action en justice que j'ai intenté. Donc, pour préserver le secret de l'instruction, je ne peux rien vous dire. Ce n'est pas comme si nous n'alliez pas être au courant d'ici peu.
-La séance est levée ! décréta Gerald. Merci de votre présence et je vous dis à la semaine prochaine.
-Mais les séances du Magenmagot n'ont lieu qu'une fois par mois ! s'étonna Elphias
-C'était parce que l'ancien président avait trop de choses à gérer avec une école sur les bras, sachant parfaitement qu'il en laissait habituellement la gestion complète à la directrice adjointe, railla Gerald. Or, je pressens qu'Albus Dumbledore n'est pas prêt de récupérer son fameux poste.
L'assemblée éclata de rire alors que le concerné se retenait de ne pas exploser. La foule commença à quitter la pièce et le directeur de l'école tenta d'intercepter lord Potter et lui demander des explications quant à sa présence. Mais quand il sortit à son tour, le jeune homme avait disparu
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Le bal de la rentrée était un événement que peu de Sang Pur manquaient. La soirée était d'autant plus attendue puisqu'il y avait un nouveau venu sur la scène politique. Comme Harry Potter n'était pas entré à Poudlard à ses onze ans et donc, porté disparu par le directeur de l'école, sans oublier la ressemblance troublante du Sorcier qui avait délogé le président du Magenmagot de son siège avec le dernier lord Potter, tous voulaient connaître le fin mot de l'histoire.
-Hadrian Potter, lord Potter, annonça-t-on.
Tous les regards se tournèrent vers l'entrée et virent le sosie de James Potter avancer dans la salle. Il saluait toutes les personnes qui l'interpellaient mais ne s'arrêta devant aucune d'elle.
Enfin … jusqu'à ce qu'il arrive devant lord Neville Longbottom et lord Théodore III Nott et qu'il s'entoure d'une Bulle d'Intimité.
-Tiens donc, monseigneur est enfin là, railla Théo après les salutations d'usage.
-Il fallait bien que je soigne mon entrée, sourit Hadrian. Alors, dites-moi ce qui se dit en ce moment.
-Comme tu t'en doutais, tout le monde se demande qui est-ce que tu es exactement, renifla Neville. Pour eux, en sachant que James était fils unique et qu'Harry est porté disparu, tu ne peux pas être un Potter par le sang.
-Tu es en train de me dire que personne n'a pensé que je puisse être Harry ? s'étonna Hadrian
-Tu es connu sous le nom d'Harry Potter, rappela Théo. Personne n'a pensé que ça puisse être un diminutif.
-Stupide, soupira Hadrian. Quoi d'autre ?
-Les alliés de Dumbledore se demandent pourquoi tu n'as pas été scolarisé à Poudlard, répondit Neville.
-Et être diplômé de l'une des pires écoles du monde ? ricana Harry. Salem m'a parfaitement convenu.
Les deux jeunes hommes hochèrent la tête. Tous les Sang Pur en connaissaient le niveau catastrophique depuis qu'Albus Dumbledore avait pris la tête de l'école du pays. Pour y pallier, seuls les héritiers – et encore – faisaient leurs études là-bas mais ils suivaient en parallèle le programme scolaire des différentes écoles du monde Sorcier par correspondance et ils passaient leurs examens la première semaine des vacances d'été.
-Que comptes-tu faire ? demanda Théo. Revenir ici ?
-Pas encore, répondit Hadrian. Je veux en finir avec Dumbledore avant de m'amuser un peu. Au fait, où se trouve Draco ?
-Il essaie de se débarrasser de Parkinson, renifla Théo.
-Je croyais que ses fiançailles avec elle n'étaient qu'une rumeur, fronça des sourcils Hadrian.
-Jusqu'à ce qu'on apprenne que sur le conseil « avisé » de Dumbledore, le ministre les a validées, grommela Neville.
-Ils se prennent pour qui ? siffla Hadrian
-Pour les maîtres du pays, intervint une nouvelle voix.
-Tiens, quand on parle du loup, sourit Théo.
Draco Malfoy venait de les rejoindre.
-Où se trouve ta fiancée ? railla Hadrian
-Je pense qu'elle est en train de se débarrasser de la malédiction que la magie familiale lui a lancée, sourit machiavéliquement Draco.
-Raconte, il n'y a pas que toi qui ait le droit de rire, fit Neville.
-Vous n'ignorez pas que depuis qu'on a découvert que les fiançailles étaient légales, Parkinson me harcèle pour que le mariage soit célébré au plus vite, répondit Draco. Père et Mère étaient comme moi, ils refusaient qu'elle appartienne à la famille Malfoy. Alors Père a décidé de la soumettre aux rituels de fiançailles de la famille.
-Je pensais qu'on ne les réalisait plus depuis des siècles, s'étonna Neville.
-Dans leur entièreté, confirma Draco. Mère s'est soumise à quelques-uns par tradition. Mais j'ai titillé Parkinson pour qu'elle accepte de son plein gré de tous les faire. Quel dommage que son but principal ait été de dilapider toutes les fortunes du clan Malfoy au lieu d'œuvrer pour sa prospérité. Elle a échoué dès le premier rituel.
-Bien fait pour elle, ricana Théo. Elle m'agaçait à crier sur tous les toits qu'elle serait la prochaine lady Malfoy. Enfin, elle va pouvoir faire place nette à la véritable future lady Malfoy.
-Je serais le dernier au courant ? haussa un sourcil Harry
-Il y a conflit d'intérêt, fit Draco, un peu gêné.
Hadrian ne mit que quelques instants à comprendre qu'il comptait se lier à Ginevra Weasley, qui était, selon les rumeurs, sa propre fiancée.
-De toute façon, nous en discuterons le week-end prochain, fit Hadrian.
Les trois autres comprirent rapidement la manœuvre. Ce n'était ni le lieu ni le moment d'en discuter.
-Bref, fit Draco. Comment se déroule ton projet ?
-Bien, sourit Hadrian. Mais je ne veux pas vous gâcher la surprise.
-J'imagine qu'on aura tous les détails que quand tu auras réglé tes comptes avec Dumbledore, bougonna Théo.
-Exact, fit Hadrian.
-Que pouvons-nous faire pour t'aider ? demanda Neville
-Confirmer que je suis bien le fils de James Potter, déclara Hadrian.
-Et s'ils nous demandent pourquoi tu ne t'appelles pas Harry, on leur rappellera qu'Harry est le diminutif d'Hadrian, ricana Draco.
-Et en attendant, qu'est-ce que tu vas faire ? pointa Neville
-Je vais me présenter officiellement aux alliés des Potter, répondit Hadrian.
-Même Dumbledore ? s'étonna Neville
-Il n'a jamais été l'un de nos alliés, assura Hadrian. J'ai soigneusement vérifié, vous imaginez bien.
-Bien, fit Théo. Nous avons nos plans pour la soirée. Il est temps de se mettre au travail.
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-Bonsoir, grinça Albus Dumbledore depuis la table des professeurs. Puis-je savoir qui vous êtes ?
-Kenneth Warrington, répondit l'invité. Vous avez dû avoir mon cousin Cassius en tant qu'élève de Serpentard il y a quelques années.
Albus serra les dents. Même si la majorité des héritiers Sang Pur faisaient leurs études à Poudlard, il avait noté que depuis un certain temps, les héritiers ne se proclamaient comme tels qu'une fois leur scolarité terminée et il découvrait ainsi qu'une partie des futurs lords du pays ne passaient pas entre ses mains. Le cas de Kenneth Warrington était encore pire. Même si l'individu qui se tenait devant lui n'était pas l'héritier en titre de sa famille, il avait en revanche l'essentiel de sa fortune entre ses mains qu'il ne pouvait pas lui retirer en l'accusant d'être un Mangemort puisqu'il ne vivait même pas en Grande Bretagne et avait toujours montré son dégoût pour cette idéologie.
-Que pouvons-nous faire pour vous ? demanda sèchement Albus
-Je suis venu remettre ceci en personne, comme c'est la tradition, sourit Kenneth.
Il traversa la Grande Salle et remit à chaque directeur de maison ainsi qu'à Selena Sinistra, Irma Prince et Poppy Pomfrey une enveloppe finement travaillée. Il passa ensuite à chaque table pour remettre une enveloppe identique à certains élèves, notamment Neville Longbottom, Théo Nott et Draco Malfoy. Quand Kenneth s'immobilisa, tous dans un bel ensemble ouvrit son enveloppe et découvrirent son contenu.
Severus Snape fut le premier à se lever et à s'incliner profondément.
-Ce sera un honneur d'assister à cet événement, déclara le directeur de Serpentard.
Tous les invités imitèrent le Sorcier et répétèrent en chœur la formule rituelle. Kenneth eut un grand sourire et salua la salle avant de quitter les lieux. Albus ne put retenir sa curiosité.
-Quel est donc cet événement ? demanda Albus
-Voyez par vous-même, sourit Minerva en lui tendant le pli.
Albus crut faire un malaise en prenant connaissance de l'invitation.
Kenneth Warrington et Hadrian Potter sont heureux de vous convier à leur union …
§§§§§
Albus maugréait dans sa barbe alors qu'il se rendait au ministère. Il sortait du Terrier, la maison de Molly et d'Arthur Weasley, pour discuter avec la matrone. Quand il avait appris la grossesse de Lily Potter, il avait déjà décidé qu'il lui voudrait absolument le plein contrôle de la future épouse de l'enfant à naitre. Même s'il y avait des dizaines et des dizaines de familles qui étaient passées par Poudlard, il lui avait fallu choisir soigneusement celle qui allait devenir la future lady Potter. Il avait porté son dévolu sur les Prewett, car durant la première guerre, Molly Prewett était perpétuellement enceinte mais surtout complètement ruinée. Alléchée par la possibilité d'appartenir à une riche famille Sang Pur, Molly avait accepté de mener une nouvelle grossesse à terme, malgré les mises en garde de son époux qui ne pouvait honnêtement pas prendre en charge l'éducation d'un septième enfant. Dumbledore s'était assuré que l'enfant à venir serait bien une fille et à sa naissance, il avait réussi à convaincre Molly de l'éduquer comme il l'entendait. Toutefois, peu après la mort des Potter, Molly avait espacé ses contacts avec lui et elle ne lui avait plus parlé de l'éducation de Ginevra. Quand Harry n'avait finalement pas fait sa rentrée à Poudlard, il avait renoncé à l'idée de faire appel aux femmes Weasley.
Mais maintenant qu'il était de retour, il comptait bien utiliser la dernière des Weasley pour convaincre Potter d'abandonner cette ineptie de vouloir se marier avec un Warrington.
Seulement voilà, quand il était allé voir Molly pour savoir si elle avait quand même bien suivi ses instructions, il s'était retrouvé devant Arthur Weasley qui, une fois n'est pas coutume, avait pris la pleine mesure de son titre d'Héritier Sang Pur et qui lui avait froidement indiqué que ses enfants – tous ses enfants, avait-il cru bon de préciser – avaient été éduqués selon les us et coutumes du clan auquel ils appartenaient et qu'il n'était pas de près ou de loin un membre dudit clan dont ils étaient obligés d'écouter les conseils. Enfin, pas en ses termes mais ce qu'Albus avait compris, c'était qu'il n'avait jamais eu son mot à dire dans l'éducation des enfants Weasley. Il avait bien tenté de parler seul à seul avec Molly mais il s'était avéré qu'elle soutenait totalement son mari.
Quelle ingrate quand on savait que c'était grâce à lui qu'elle avait eu sa fille tant adorée …
Comprenant une fin de non-recevoir quand il en voyait un, Albus Dumbledore avait donc quitté le Terrier pour se rendre au Ministère. La plainte de lord Potter était une épine dans son pied, pour ne pas être plus vulgaire, et après son poste de président de Magenmagot, on l'avait ouvertement écarté de toutes les affaires qui s'y déroulaient. Après les premières fois où Elphias Dodge le renseignait, sans en référer à qui que ce soit, le Magenmagot avait rapidement exigé sans qu'il n'ait pu l'en empêcher qu'il soit soumis au Strict Besoin de Savoir, ce qui faisait qu'il avait été ensorcelé par le Département des Mystères pour qu'il ne sache que ce qui le concernait directement. Pour un curieux invétéré comme lui, ça avait été un coup extrêmement dur. Et pour récupérer son « omniscience », il lui fallait attendre la fin de la procédure engagée par lord Potter dont étonnement, il ne connaissait toujours pas le contenu.
-Albus ?
Le vieux Sorcier sortit de ses pensées et tomba nez à nez avec Alastor Maugrey et Kingsley Shacklebolt.
-Bonjour, sourit Albus. Que puis-je pour vous ?
-Suis-nous, grommela Alastor. On ne peut pas rester ici.
Ce fut la dernière fois qu'on vit Albus Dumbledore.
Du moins, libre.
§§§§§
Gellert Grindelwald eut un sourire railleur en lisant le document qu'on lui avait aimablement transmis. Pour le plaisir, il relut encore une fois la lettre qui l'accompagnait.
Monsieur Grindelwald,
Normalement, cette lettre devrait vous trouver libre de toutes les rumeurs qu'a lancé Albus Dumbledore sur votre compte avec comme compensation toutes les richesses que s'était illégalement approprié ce Sorcier depuis qu'il a commencé son projet « Pour le Plus Grand Bien ». Si ce n'est pas le cas, cela ne devrait plus tarder.
Je me présente, je suis lord Hadrian Potter, mieux connu sous le nom d'Harry Potter, le Survivant. J'aimerai vous résumer la situation avant que vous preniez connaissance du document que je vous envoie.
Connaissant l'ego de Dumbledore, vous avez dû être mis au courant de ce qui se passait dans le monde durant votre emprisonnement. Vous n'ignorez donc pas la mort de mes parents et la fable qui se racontait en Grande Bretagne comme quoi j'aurais survécu au sortilège de mort.
Le pouvoir des mots et des rumeurs m'étonnera toujours, pas vous ?
Malheureusement pour Dumbledore, il s'avère que mes parents n'avaient jamais eu confiance en lui pour les protéger et me protéger, c'est pour cela qu'ils avaient prévu bon nombre de procédures qui s'enclencheraient à leur mort. Je vais vous révéler que deux d'entre elles, celles qui nous amènent à la situation actuelle.
La première a été de protéger la famille de ma mère à qui j'avais été confié illégalement. Il s'était avéré que Dumbledore, dès la mort de mes parents, avait scellé la magie de mon cousin, également Sorcier et l'avait ensorcelé ainsi que ses parents pour que je sois gravement maltraité les années suivantes. Heureusement, cela a pu être évité.
La seconde a été d'activer un contrat de mariage avec les Warrington.
Dumbledore avait décrédibilisé les mariages arrangés depuis qu'il était professeur et il avait dû croire dans sa grande arrogance que mes parents s'en passeraient définitivement parce qu'il avait montré sa désapprobation à cette pratique qu'il trouvait barbare. Malheureusement pour lui, mes parents ne l'avaient pas mis au courant qu'ils comptaient bien me fiancer dès mon plus jeune âge pour le protéger de lui. Leur choix s'est porté sur la famille Warrington car mis à part une brebis galeuse qui avait été rapidement tuée sous les ordres de la marionnette mégalomane de Dumbledore, elle restait suffisamment puissante pour se passer efficacement des bons conseils de ce dernier. Concernant Kenneth … Eh bien, je ne m'en plains pas le moins du monde !
Quelques semaines après mon arrivée dans son foyer, ma tante maternelle a accepté la protection posthume du clan Potter et après une remise à niveau, elle en est devenue la Première Dame, malgré le fait qu'elle soit Moldue. Elle a appris les circonstances de mon placement chez elle et a accepté l'activation du contrat de fiançailles, en négociant avec les Warrington que si Kenneth et moi nous ne nous plaisions plus quand j'aurais atteint ma majorité, tout soit annulé. Avec leur concours, ma tante s'est aperçue que le nom de Dumbledore revenait un peu trop souvent dans de nombreuses décisions me concernant de près ou de loin et elle a fait mener de nombreuses enquêtes. Les Warrington, ou du moins les parents de Kenneth, sont entrés en jeu et ont fait jouer leurs relations pour connaître les méfaits de Dumbledore.
Et nous en venons à la conséquence directe, la plainte contre lui dès le moment où je me suis présenté au Magenmagot en tant que lord Potter.
Heureusement pour moi, les Aurors Internationaux n'ont pas leur pareil pour enquêter et il s'avère que Dumbledore avait déjà attiré leur attention, notamment à cause du niveau toujours plus bas de l'école qu'il dirigeait ainsi que son omniprésence toujours plus grande dans la politique du pays et l'accumulation de ses responsabilités.
Je n'ai fait que mettre le point final à près de trente ans d'enquête.
Quand les Aurors ont perquisitionné le domicile de Dumbledore, ils y ont trouvé des preuves de ses méfaits mais également de votre innocence des crimes dont on vous accusait. Une chose en entraînant une autre, il s'avère qu'on a découvert que votre emprisonnement ressemblait étrangement à celui de l'Héritier Black dont il avait caché la mort de ses parents ainsi que sa possibilité de récupérer la garde de son filleul uniquement s'il se présentait au Ministère et qu'il se soumettait à un rituel spécifique pour prouver qu'il n'était pas le Gardien du Secret des Potter, chose que Dumbledore aurait pu confirmer puisque c'est lui qui a installé ledit Gardien. Mais je m'éloigne du sujet …
J'espère que vous allez enfin pouvoir profiter de votre vie de Sorcier libre et profiter de ce qu'a accumulé Dumbledore dans sa vie de criminel.
Bien à vous,
Lord Hadrian Potter
Gellert ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. Albus allait longtemps regretter d'avoir voulu faire cavalier seul.
Il était temps qu'il conquiert le monde à son tour et à ses conditions.
Son arrière-petit-fils Hadrian allait parfaitement l'aider dans cette tâche, comme il l'avait fait pour le sortir de prison.
FIN
