Chapitre 10

Bonjour !

Merci pour vos lectures et vos reviews :)

De Marechal Rattus :

mangakadu14 : XD Contente que tu aies apprécié ce chapitre :p Oui, le démon semble transi, parfois au grand daim de son contractant^^'

My Sweety Angel : Oui, leur relation a l'air plus sérieuse et Ciel semble s'attendrir (du moins en apparence).

S-Lay L : En effet mais bon, un peu de douceur voyons :p Quand même pas sans arrêt du viol^^ XD ouaip, même si le terme d'homme n'est pas trop approprié (quoique... un démon mâle, ça revient au même...).

Réponses d'araneide pour le chapitre 8 :

Bocchan-chan: Il se fait beaucoup d'illusion sur Ciel. Il prend tout pour une invitation. Il ne cherche pas à comprendre. Oui Sébastian est un peu schizophrène sur les bords. Le majordome n'aide pas beaucoup Ciel dans cette pratique. Il se fait trop impatient devant Ciel.

Tsukiko: Merci de tes encouragements. Je suis pour plus d'encouragements ^^

Lula: Comme beaucoup de lectrices

mangakadu14: Doucement mais surement

S-Lay L: Sébastian un ange... pourquoi pas

Pour le chapitre 9 :

S-Lay L: Le démon se repent des manières qu'il a mais parfois il ne lui reste plus que les actes pour se faire comprendre.

Mangakadu14: Sébastian commence à comprendre son Bo-Chan. Il se dévoile beaucoup plus pour lui.

PS : désolée pour les fautes, j'ai pas trop le temps de relire^^'

Bonne lecture :)


POV's Ciel

Les rues de Londres, surtout dans Whitechapel, me paraissent toujours autant sales et infréquentables. Lui et moi longeons les rues avec des détritus par-ci, par-là avec une foule impressionnante.

J'ai revêtu mon habit de ville qui se constitue d'un bermuda beige, des chaussures montantes à l'allure usée avec des chaussettes hautes d'un blanc sale. J'ai une chemise trop grande et un manteau en laine par-dessus. Mes cheveux gris bleus sont retenus en partie sous un béret et mon œil droit est caché par un bandage cette fois-ci, comme si j'avais été blessé. Sous mon manteau, je sens mon pistolet qui frappe contre ma peau.

Je déteste sortir en ces lieux sans mon arme bien que Sebastian soit près de moi. Par ailleurs, ce dernier est vêtu d'un pantalon trop grand en tweed, faisant des pliures grossières au niveau de ses chaussures de minier. Un manteau gris le recouvre complètement avec quelques traces de suie ici et là. Même son visage en est pourvu.

Je me demande toujours comment il fait pour trouver pareil chose. Ma foi, cela nous aide lors de ces affaires.

Je sors un papier de ma poche et regarde les adresses que j'ai indiquées.

Nous nous trouvons devant l'un des lieux où on a aperçu le deuxième porté disparu. Je regarde vivement, puis, je partage un regard avec Sebastian. Il hoche la tête.

C'est quasiment la même configuration que les autres. Comme l'a dit le démon plus tôt, ces rues sont voisines avec des ruelles sombres aux nombreux passages.

Nous restons encore ici, essayant de déceler un quelconque indice mais Sebastian ne repère rien et nous nous dirigeons alors vers ce fameux bar. Comme convenu, mon majordome me laisse distancer, afin de ne pas attirer les regards. Mais je sais qu'il me surveille au cas où.

Après plusieurs mètres et des tournants, j'arrive enfin devant le bar. Il est ouvert.

Je pénètre dedans et je remarque tout de suite l'ambiance étrange.

Il y a peu de femmes et le peu qu'il y en a, elles sont masculinisées. Très vite, de nombreux hommes me fixent. Certains sourient, d'autres hochent la tête et retournent à leur boisson.

Je décide de m'installer au comptoir.

Je me demande si Sebastian est rentré lui aussi.

_ Tu veux quoi mon petit ?

Je lève la tête vers le tavernier. Il est mince, le visage amaigri avec de longs cheveux roux. Il me dévore littéralement du regard.

_ Une bière, marmonné-je.

Il hoche la tête et s'en va.

Je sors quelques pièces de ma bourse accrochée à mon bermuda et les met sur la table en bois rongée par les termites.

Une chope se pose et le tavernier s'empare de la monnaie.

Je bois une gorgée, puis, je regarde l'endroit où je suis.

Le bar est grand, sombre, avec de nombreuses tables. Certaines sont d'anciens tonneaux de vin entourées de tabouret. Avec le peu de luminosité, j'aperçois des représentations de peintures assez… étranges.

J'entends quelqu'un qui s'éclaircit la gorge. Je me retourne et c'est en fait le tavernier.

_ Oui ?

_ Tu es nouveau toi ?

J'hoche la tête.

_ Ouais. Je traine dans les rues pour essayer d'me faire d'l'argent et mendier un peu.

_ Pour le dépenser dans de la bière ?

Il sourit. Je le lui rends.

_ Il faut bien s'réchauffer, fis-je de but en blanc.

Il rigole presque de bon cœur.

_ Fais attention. Les jeunes garçons sont la proie de nombreux pervers.

_ Je sais bien mais je sais me défendre.

_ Ah ouais ? En tout cas, je peux te dire que tu peux te faire de l'argent facile ici.

Je tique.

_ Serait-ce une proposition d'embauche ?

_ Non. Mais tu n'as pas l'air de savoir où tu te trouves.

_ Un bar.

Il rigole de nouveau et il fait signe à une de ces femmes.

_ Mets un peu plus de lumière. Je dois instruire notre jeune ami !

_ Ça marche ! Répond une voix.

Quelques secondes après, il y a un peu plus de lumière et je me retourne. Le lustre est illuminé de grosses bougies montrant les tableaux que je n'arrivais pas très bien à visualiser.

Je déglutis et grimace. Pour cacher mon embarras, je bois une autre gorgée. Le tavernier me regarde avec un sourire victorieux.

_ Je vois que tu as compris.

_ C'est pas tous les jours qu'on voit ça ! Lancé-je.

_ C'est sur. En tout cas, comme je te dis, il y a de l'argent facile ici.

_ C'est-à-dire ?

Il se penche vers moi, comme pour me dire un secret.

_ Mon enseigne accueille des hommes aux penchants particuliers comme tu peux le voir. Il y a de tout ! Des mendiants comme toi. Des gens qui s'en sortent. Des bourgeois et même des gens respectables, si tu vois ce que je veux dire.

Il me fait un clin d'œil.

_ Quoi ? Fis-je. Des nobles ? Sérieux ?

_ Oh oui ! Et plus qu'on ne le croit mais c'est un secret bien gardé ici. En tout cas, certains prennent soin des jeunes mendiants. Si tu veux, j'en connais qui sont même devenus leur domestique. Nourri, blanchi et payé ! En échange de quelques concessions.

Je rougis.

_ Mais tu as l'air trop innocent pour ça.

J'hoche les épaules.

_ Si c'est juste pour me faire péter l'fion, pourquoi pas !

Diantre, où a-je appris à parler ainsi ?

_ Surtout si on me sort de cette misère ! Car le pain rassis et la bière en guise de feu, ça va bien un moment !

Il rigole de nouveau.

_ A qui le dis-tu ! Eh bien, si tu veux tenter ta chance, tu peux revenir les soirs à partir de vingt heures. L'ambiance est tout autre, pire que là ! Et ne sois pas choqué si tu vois certains quelques peu dénudés.

Il me fait un nouveau clin d'œil.

_ C'est l'orgie ici ? Fis-je.

_ Oh non, mais certains aiment montrer leurs attributs. Après, ils sortent et font bien ce qu'ils veulent ! En plus, il fait chaud ici. Alors, si tu as ce qu'il faut ce soir pour te payer une bière, tu peux rester jusqu'à la fermeture et qui sait, tu risques de trouver ton prince charmant qui va te péter l'fion comme tu dis si bien !

Il rigole et je me mets aussi à rire. Un rire forcé bien sur.

_ Ouais ! Je reviendrai ce soir dans ce cas ! Affirmé-je en faisant un clin d'œil.

_ Tu es un bon petit. Et avec ta gueule d'ange, tu risques de faire des envieux. Tu vas déchaîner les passions même !

Je bois encore ma bière, me dépêchant afin de vite sortir de ce trou à rat, de rejoindre Sebastian et de me préparer psychologiquement à ce soir.


POV's Sebastian

La séance vestimentaire a été des plus délicates aujourd'hui. Mon Bocchan est obligé de porter des tenues des plus horribles. Il a passé un bon moment à râler devant cela, mais en tant que Chien de Garde de la Reine, il se doit à quelques sacrifices pour accomplir à bien sa mission et sauver l'Angleterre. Du reste, le voir autant hésiter et râler m'amuse beaucoup, je vois mon Bocchan d'une manière un peu différente. Il me parait ici très matérialiste ou tout du moins très on-dit. En fin de compte, nous sommes arrivés à un accord sur la tenue. Il porte un bermuda beige, des chaussettes hautes dont le blanc est plus que douteux chaussées par des souliers montants. Son haut est aussi déconcertant que son bas. Il est affublé d'une chemise beaucoup trop grande pour lui et d'un manteau en laine parsemé de trous ici et là. Même si mon Bocchan sait que je reste près de lui, il n'a pas pu s'empêcher de prendre une arme avec lui. Cette utilisation d'arme primitive me déshonore mais je sais qu'il a encore du mal à m'accorder toute sa confiance. Heureusement pour moi, cela n'a rien à avoir avec l'évènement de la prostituée. Sa confiance envers moi est restée la , voir est peut-être un peu remontée avec la nuit que nous avons passé tous les deux. Tout ce que je souhaite maintenant, c'est qu'il ait bien compris les sentiments que j'ai à son égard et que jamais je ne lui voudrai du mal. C'est pourquoi la prochaine fois, j'insisterai pour qu'il se sépare de ce pistolet qui représente une insulte envers ma personne et à mes émotions.

Néanmoins, pour le moment, je ne peux rien dire. Il y a un temps pour tout et je me dois de rester concentrer. Nous allons nous aventurer dans les bas-fonds de Londres. Nous passons forte heureusement inaperçus. Nous avons eu la bonne idée de venir communément avec des habits de mauvais goûts. Cependant, contrairement à lui, cela ne m'affecte guère d'être vêtu ainsi. Ce n'est qu'une considération humaine dont un démon tel que moi fait fi. J'ai déjà des émotions que nul démon ne devrait avoir, je ne peux pas m'infliger en plus ce parjure du matérialisme.

Toujours est-il que nous nous trouvions devant l'un des lieux où l'on avait aperçu la deuxième personne portée disparue. Je remarque tout comme mon Bocchan que la configuration est la même que les autres lieux du crime. Il y a des ruelles sombres un peu partout autour du bar, et ces ruelles semblent s'ouvrir en leur sein en de nombreux passages encore plus sombres. Il semble ne pas sortir d'une zone précise. Il peut aller d'un bar à un autre en quelques minutes et se cacher aisément. Ces informations sont primordiales pour moi qui me dois de garantir la sécurité de mon Bocchan. Je suis agréablement surpris de constater que mon contractant et moi sommes arrivés à la même conclusion. En effet, nos regards se sont croisés pour conclure par un hochement de tête montrant que nous avions ensemble compris. Lui qui d'habitude s'énerve de mes grandes capacités de réactions au contraire des siennes, le voilà maintenant à mon niveau. Cette connexion de pensées et de regards m'a fait également froid dans le dos. Comme s'il pouvait désormais rentrer dans mon esprit. Je l'accueille avec plaisir si c'est cela. Mais, je dois encore vite me débarrasser de ces pensées car mon Bocchan attend de moi ce soir la plus grande vigilance.

Je reprends le rôle qui m'est dû en observant aux alentours la moindre forme menaçante, la moindre personne avec des mauvaises intentions ou des armes pouvant faire courir un risque à mon Bocchan. Je ne repère rien. Cet endroit me semble étrangement sécurisant, bien que cela soit difficile à admettre pour mon Bocchan comme pour moi. Je le laisse me distancer afin qu'il aille glaner plus aisément des informations dans le bar. Il sait cependant que je reste aux alentours et que je l'observe, prêt à intervenir à la moindre occasion. Je le vois partir au loin tandis que je louvoie entre les gens tachant de me faire le plus discret possible. Il entre dans le bar tandis que des personnes le suivent du regard. Je sais que nous sommes au bon endroit et que nous aurons ici plein d'informations. Mon Bocchan semble des plus intrigué par cet endroit.

Il y a de quoi. Même pour un démon tel que moi, ce lieu me semble étrange. La gente féminine est ici sous représentée. Des hommes de manière habile ou plus souvent plus habile tentent de palier à ce sou-nombre en arborant des tenues féminines ou en ayant des poses ou des attitudes du sexe opposé. Cependant, la démonstration reste souvent navrante. Mon Bocchan supporte difficilement les avances de ces êtres mi-homme, mi-femme. Une fois posé au comptoir, le voilà fort heureusement sauvé par le tavernier. Enfin, sauvé, c'est un bien grand mot. Assis sur une chaise, dans un coin sombre du bar, j'observe la scène. J'ai sur de rendre ma présence indétectable aux yeux des mortels. Me voilà donc prêt à intervenir si je vois que la situation dégénère. Le tavernier semble analyser sous toutes les coutures mon Bocchan. Je pense avec un certain humour que j'ai pu avoir le plaisir de l'analyser un peu plus que le simple commun des mortels et j'espère bien continuer à l'analyser encore plus en profondeur.

Le tavernier, un homme mince aux cheveux longs et roux, lui sert une bière sans pour autant quitter du regard mon Bocchan. Autour de lui, des clients se séduisent, rigolent. Les tables sont en fait pour la plupart des tonneaux de vin. Etant donné la décoration du lieu, je ne pouvais que me douter que les gens venaient ici pour se rencontrer plutôt que discuter cachet. Je profite à distance de chaque bride de la conversation entre mon Bocchan et du tavernier. Le plan a l'air de bien fonctionné. Il a réussi à se faire inviter à des parties fines durant la nuit. Ceci va nous permettre de mieux attirer le criminel. Malgré tout mon sérieux, j'ai été fort surpris lorsque que j'ai entendu mon Bocchan sortir l'expression « péter le fion ». Serait-ce un acte manqué de sa part ou se prendrait-il vraiment au jeu ? Toujours est-il que j'ai beau être à son service et indirectement au service de la Reine, je ne laisserai personne l'approcher comme moi j'ai pu le faire. Il reste mon Bocchan, ma nourriture, mon âme à déguster. J'interdirai quiconque à le dépraver et lui faire du mal. Sa petite gueule d'ange n'est qu'à moi. Certes, je suis content que l'enquête avance et que tout se déroule comme il faut, cependant, je fulmine de rage et me contiens difficilement. Voyant mon Bocchan partir, je le suis toujours dans la pénombre et retourne à la même place où il m'avait laissé. Je ne veux pas qu'il se doute que j'ai tout entendu. Ma jalousie pourrait être un frein à l'avancée de l'enquête.


A suivre...