Hello !

Je ne sais comment vous remercier pour vos commentaires, ça représente beaucoup pour moi. Surtout que ce n'est pas très rose comme fiction ^^.

Blablabla… (*Baisse le son avec une télécommande)

Disclaimer : J'espère que Stephenie Meyer a trouvé de l'inspiration face à l'océan, ça serais bien si elle sort un autre livre.

Bonne Lecture ! =D


Chapitre 10: Birthday

Craig Armstrong This Love

Face au miroir, je m'analysai. Des talons jusqu'à la pointe des cheveux. Je n'avais pas l'habitude de me voir habiller comme ça. Ça ne voulait pas dire que je portais des vêtements de garçon à longueur de journée. La preuve, je m'étais préparée toute seule. Sauf que la nouvelle moi que reflétait ma glace, avec cette robe noire super sexy, me surprenait. Je paraissais…jolie. Sans aller jusqu'à me confondre avec des filles comme Lauren. La robe dos nu sombre m'allait comme un gant, exposant légèrement mon décolleté. Pour le maquillage, j'avais fait discret. Un peu de gloss, petit trait d'Eye liner sous les yeux et du mascara. Et pour finaliser, une touche de parfum, senteur freesia.

Mon portable sur mon lit m'alerta d'un nouveau message. Je m'en saisis pour le lire, faisant rebondir mes cheveux fraîchement bouclés sur mes épaules dans le mouvement. Je soupirais, c'était un message de Jessica…

« Bells, tu as intérêt de te manier les fesses avant que je ne vienne te chercher par les cheveux. Et je suis sérieuse. Tu dois venir, pour le principe. Tu es ma meilleure amie et je veux que tu sois présente à ma fête. Alors pas la peine de te cacher, je viendrais dans 1h pour te kidnapper si je vois que tu n'es pas encore là. Je m'en fiche de laisser les autres seuls chez moi. Aie pitié de moi, merde ! Tu sais ce que c'est un Mike bourré ? J'ai besoin de ton soutien! Alors bisous et A TOUTE SUITE ! » Jess.

Je grognai, j'étais même prête à regarder le match avec Emmett pour échapper à cette fête. Mais bon, il semblait que je n'avais pas trop le choix. De toute façon, ce n'était que pour quelques heures. Alors autant jouer les bonnes amies.

Je descendis avec précaution les marches des escaliers, perchée sur mes chaussures de bimbo. J'allais prendre mon sac dans le salon lorsqu'Emmett déboula dans la pièce.

- Où tu vas comme ça ? Me demanda-t-il en jetant 3 popcorns à sa bouche.

Il s'installa sur le canapé en fronçant les sourcils tandis que je glissais mon portable dans mon sac. Il me pointa du doigt, choqué.

- Tu as un rencard ! M'accusa-t-il.

J'haussai les épaules, juste pour l'embêter, en regardant son pot de popcorn avec envie. Il le protégea de ses bras.

- N'y pense même pas, grosse…

Je ne lui laissai même pas le temps de finir que ma main était déjà partie frapper l'arrière de sa tête.

- Je ne suis pas grosse ! M'écriai-je.

Je caressais mon ventre plat. Pff, n'importe quoi ! D'une main, il attrapa la télécommande pour mettre la chaîne sportive, et de l'autre, il se frotta le crâne, le popcorn entre les jambes.

- Je connais cette personne ? Râla toujours Emmett, les yeux sur l'écran.

- Bien sûr, dis-je avec un regard mystérieux.

- Qui ?

- Jessica…

Emmett s'étrangla et je crus un instant qu'il allait mourir étouffé à cause d'un misérable grain de maïs soufflé. Je me mordais la joue pour m'empêcher de rire. Il reprit la parole après avoir repris son souffle.

- Tu…tu es…, hein ? Bégaya-t-il.

- Mais non, abruti ! Je vais à la fête de Jessica, me moquai-je.

- Ah… Ok…

Il parût soulagé.

- As-tu quelque chose contre les gays ? Lui demandai-je.

- Non ! J'ai juste étais surpris… J'ai cru que… Laisse tomber ! Balbutia-t-il.

Je levai les yeux au ciel.

- Emmett, Jessica n'est pas lesbienne ! Elle a Mike, rigolai-je.

- Je sais…

- Depuis quand ai-je des rendez vous ? Tu me connais, j'évite ça !

- Ouais…

J'approchai doucement ma main du pot à mesure que je lui parlais. Il n'avait rien remarqué, ses yeux étant perdus dans le match de basket. Mes doigts avaient à peine effleuré ma gourmandise que mon frère me saisissait mon poignet. Il tourna la tête pour me fusiller du regard.

- Pas touche, me menaça-t-il.

Je regardai la télé, en écarquillant les yeux.

- Non mais, regarde-moi cette pom-pom-girl ! Criai-je faussement choquée.

- Où ?

Dès que son attention eut été détournée, je pris une grosse poignée de pop corn avant de m'enfuir. Je priais tous les saints pour ne pas me fracasser contre le sol avec mes talons. J'entendis Emmett grogner quelque chose d'incompréhensible.

- Désolé Emmy, j'y vais ! Dis-je en mettant une des boules sucrées à ma bouche.

- Bells, tu me dois 1 dollars maintenant ! C'est ma bouffe merde, hurla-t-il depuis le salon.

Je récupérai mon gilet blanc sur le porte manteau en secouant la tête.

- Pff, y'en a même pas pour 50 cents, sérieux…

- Je m'en fous ! 1 dollars, demain matin.

Où avais-je foutu mes clés ?

- Emmy, t'as pas vu les clés de ma camionnette ?

Il surgit subitement derrière moi. Je sursautai, la main au cœur.

- Imbécile, tu m'as fait peur !

- Tiens, me disait-il en me tendant l'objet en question. Au fait, maman sait que tu sors ?

- Ouais elle sait. Et Charlie aussi, merci, fis-je en récupérant mes clés.

- Faut que je vienne te chercher après ou pas ?

Je fronçai les sourcils.

- Pas la peine, j'ai ma voiture. Et de toute façon je ne vais pas boire, alors…

- Tu as intérêt, me coupait-il en me faisant les gros yeux. Fais attention à toi, quand même.

- Depuis quand joues-tu le grand frère protecteur ! Rigolai-je.

- Depuis que tu me dois 1 dollars.

Il était sérieux en plus ?

- Je ne rentrerai pas tard. Et puis c'est juste une fête, que veux-tu qu'il m'arrive ?

Emmett croisa les bras en me jetant son regard « ne fait pas la fille innocente alors que tu sais parfaitement ce qui peut se passer ». Je soupirais.

- Oui enfin je veux dire, ce n'est pas comme si j'allais disparaitre, fis-je en haussant les épaules.

- Fais attention Bells, me répéta-t-il, je connais ce genre de fête.

- Tu ne me fais pas confiance ? Souris-je.

- Ce n'est pas ça ! Toi je te connais, c'est des autres dont je me méfie. Tu sais l'alcool, les garçons…

- Stop Emmy ! Tu te fais des films, dis-je en roulant des yeux. Je vais chez Jess, il y aura ses parents !

Enfin je crois…, quoique non s'il y a des boissons…

- Ouais… Bon ben, passe une bonne soirée. Et fait en sorte de gratter 1 dollars…

Je lui fis un clin d'œil complice.

- Ne t'inquiète pas ! Les parents reviennent à quelle heure du resto ?

- Euh… 23h00 je crois, mais je pense qu'ils vont faire un tour après.

- Ok. Moi je rentrerais vers 1h00, je ne compte pas rester longtemps.

- Bien ! Bon, ce n'est pas que tu me fais chier, mais j'ai un match à finir et un pop corn aussi, me dit-il en tournant les talons.

- Bye Emmy ! Ris-je en ouvrant la porte pour sortir.

- Bye Bells, et ne te perds pas en route !

Si j'avais su…

Cela faisait 5 fois que je me levai pour regarder par la fenêtre. Edward n'était toujours pas revenu et honnêtement, je n'aimais pas ça. Etre seule, je voulais dire. J'étais consciente que ce qu'il se passait entre moi et mon ravisseur n'était pas logique. Je devrais le détester pour ce qu'il m'avait fait c'était le premier homme à avoir abusé de moi. Mais c'était aussi le seul qui m'avait protégée et j'étais fatiguée de lutter. Où ça m'avait mené, hein ? Je revenais toujours à la case départ, encore plus recouverte de bleus, et toujours plus folle. Rester enfermée dans une pièce 24h/24h n'arrangeait rien en plus. Et je m'ennuyais…quand Edward n'était pas là.

Ce qui me blessait, c'était que malgré le temps passé avec lui, j'avais toujours la sensation qu'il se méfiait encore de moi. Déjà, s'il avait ne serait-ce qu'un tout petit peu confiance en moi, il m'aurait laissée la porte de la chambre ouverte. Au moins…

Moi, je lui faisais confiance ! Sinon, ça ferait longtemps que je lui aurais envoyé mon genou entre les jambes. Ce rapprochement avec mon kidnappeur, me faisait terriblement peur aussi.

Chaque jour, il disait quelque chose pour me faire rire. Chaque jour, il s'amusait à me faire enrager en m'appelant Bee. Chaque jour, il me prenait dans ses bras pour me faire rougir. Chaque jour, il m'embrassait la joue pour s'excuser. Et chaque nuit, je lui demandais de rester avec moi…

Je n'arrêtais pas de faire des cauchemars depuis mon agression. La dernière fois, ce n'était pas de ma conscience dont j'avais rêvé, mais de Félix me poursuivant avec ses yeux dans la main. L'autre nuit, c'était James avec son sourire sadique. Et heureusement, Edward était là. Je ne pensais pas pouvoir gérer mes crises d'angoisse seule. Le pauvre… Il avait bien compris qu'il devait se protéger quand je me battais toute seule dans mon rêve.

Je vidais tant de larmes dans ses bras quand je me réveillais. Instinctivement quand j'ouvrais les yeux, paniquée, je le cherchais. Mais même ses paroles rassurantes me faisaient pleurer. Il ne comprenait rien.

Pourtant, c'était plus des larmes de rage qu'autre chose. J'étais en colère, contre moi. Je m'en voulais de me comporter comme une fille perdue. Je touchais carrément le fond pour me faire consoler ainsi par mon ravisseur, non ? Cependant, plus le temps défilait et plus je m'accrochais à Edward comme une désespérée. Oui, c'était le mot. J'étais désespérée. Je redoutais tellement le « après »… Combien de temps me restait-il avant que l'on m'achète ? A présent, je n'avais plus de doute à ce sujet. J'étais belle et bien dans un trafic tordu. Pas la peine d'aller chercher loin de toute façon, c'était évident.

Quelque chose me déconcentra de ma contemplation du manteau vert qui entourait la maison où j'étais prisonnière. C'était la poignée de la porte. Je me figeais automatiquement, j'avais toujours peur que des inconnus pervers débarquent dans la chambre. Mais Edward m'avait promis de ne pas quitter les lieux…

J'eus à peine le réflexe de me retourner de ma réflexion rassurante que je me trouvais nez à nez avec mon ravisseur diaboliquement charmant. Je bondis en arrière, ma tête rencontrant la vitre de la fenêtre.

- Ouille ! T'es malade ou quoi ? M'écriai-je en le poussant. Tu m'as fait peur !

- Qu'est ce que tu observais ? Me demanda tranquillement Edward en regardant lui aussi par la fenêtre.

Je l'ignorai. Je le contournai pour m'asseoir sur le lit. Les yeux baissés, je fixai mes mains. Une bandée, et l'autre valide. Combien de temps cela allait-il durer ? Et mes parents ? Comment vivaient-ils tout ça ? Et… Emmett ? Ils me manquaient terriblement…

Je sursautai de nouveau lorsque sa main se posa sur mon genou, m'arrêtant dans mes réflexions.

- Hey…, ça va ?

J'acquiesçais, même si à l'intérieur, je pleurais. Je sentis Edward me relever le visage.

- A quoi penses-tu ?

Il me regardait, toujours avec cette foutue anxiété collée à la figure.

- Tu sais que tu peux tout me dire, pas vrai Bella ?

Encore une fois, je lui fis oui sans l'usage de ma langue. Je l'entendis soupirer et le lit s'affaissa à coté de moi. Une minute s'écoula. Je remarquai que mes jambes étaient blanches, presque transparentes. Putain, et dire que je devais passer l'été en Floride avec ma famille !

- Ecoute, Bee…

Je relevai directement la tête, alarmée par ce surnom stupide. Je lui jetai un regard qui devait envoyer des éclairs, et il me sourit, fier de m'avoir fait réagir.

- Oh…, aurais-je dis quelque chose ?

Je lui fis un doigt d'honneur. De sa main, il baissa mon majeur, refermant mes doigts en un poing. Je fronçai les sourcils, mécontente. De mon autre main, je lui refis un doigt, et même malgré le bandage, je réussis.

- Je trouve que tu as de très jolis doigts, Bella, mais ce que tu en fais, n'est pas très élégant pour une fille, me reprocha-t-il même si son sourire ne disparaissait pas de son visage.

- Je n'ai rien d'une fille normale, lui répondis-je en fixant la façon dont sa main épousait mon poing valide.

- Ça, je ne peux pas le nier…

Je me crispai. Savoir qu'il pensait que j'étais bizarre et que je ne ressemblais pas aux autres filles me blessa. Pourtant je ne le devrais pas… Il m'avait déjà traité de cinglée, de folle…et je commençais sérieusement à l'être, ces temps-ci. Mais le fait qu'il approuvait mes dires sans réfléchir, refroidissait mon cœur…

Il prit ma main bandée et commença lentement à la défaire. Je le laissai faire, incapable de récupérer mes membres.

- Tu es vraiment différente…

Différente ? En bien ou en mal, enfoiré !

- Unique…, continua-t-il doucement.

Ma main se dénuda petit à petit, et je ne pus m'empêcher de trouver son toucher délicat à chaque fois qu'il effleurait ma peau.

- Et…

Ses doigts balayèrent la petite cicatrice que j'avais sur le dos de la main. Je frissonnai.

- Ça te rend spéciale, murmura-t-il si bas que j'avais du mal entendre.

Mon cœur froid retrouva un peu de chaleur. Je me retins de sourire bêtement.

Hey, tu es spéciale… Non mais franchement, à quoi joue-t-il là ? Il te sort les grands mots, non mais je rêve…

Je me mordis furieusement la langue avant de laisser l'autre moi prendre le dessus. Ma foi, faites-vous enlever par erreur et dite-moi si vous ne pétez pas les plombs à la fin !

- Qu'est ce qui ce passe dans ta petite tête, Bella ? Me demanda Edward.

Oh seigneur, non ! Ne demande surtout pas ça…

- Tu veux vraiment savoir ? L'agressai-je sans le faire exprès.

Faut croire que mes humeurs changeaient radicalement ces derniers jours. Pourtant j'avais déjà dépassé le cap des règles…

Edward a des sautes d'humeurs ce n'est pas pour autant qu'il est indisposé, lui aussi !

J'essayai de reprendre mes esprits. Il ne fallait surtout pas que je commence à délirer.

Non mais, regarde-le-moi en train de te fixer comme…un morceau de viande !

Je louchai sur les yeux verts de mon kidnappeur. Il n'y avait rien de menaçant. Pourtant, quelque chose clochait. Et je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.

- Tu as l'air ailleurs, tu ne veux toujours pas me dire ?

Je soupirai, vaincue. De toute façon ça changeait quoi que je pleure mon malheur, encore, dans ses bras. Il avait l'habitude et je me demande toujours comment il faisait pour ne pas partir en courant.

Pauvre fille…, pff !

Edward me tenait toujours la main.

- Ma famille me manque…

Il ne me répondit pas, ce qui m'encouragea à continuer. J'évitai soigneusement ses yeux.

- Et je me disais, que je donnerais tout pour la revoir… Juste une dernière fois…

Ma voix trembla légèrement. Je pensais fondre en larme, pour ne pas changer, mais apparemment mon corps commençait peu à peu à accepter ma condition. Dire ce que j'avais sur le cœur me soulageait dans un sens. Même si c'était, quasiment, le même blabla…

Edward ne semblait ni agacé, ni ennuyé, ni rien du tout en fait… Ce que j'appréciais chez lui, c'est qu'il savait écouter. Et j'avais terriblement besoin de parler à une personne vivante, et non aux murs blancs qui m'entouraient quotidiennement. Mon ravisseur retira sa main, et s'agita un peu. Je le regardai, curieuse. Il fouilla dans sa poche. Un minuscule espoir s'installa en moi, me disant qu'il cherchait, peut-être, son portable pour me le tendre.

Ouais, et tu tueras le temps en jouant à Tetris… Ne sois pas si stupide !

Impossible. Mais je ne pus m'empêcher de m'imaginer en train de saisir l'appareil pour appeler les autorités « Allô, c'est Isabella Swan. Oui, la fille disparue depuis X temps. Où suis-je ? Eh bien, je suis dans une maison de fous plantée dans les bois au milieu de nulle part ! Oui, vous avez bien entendu. AU MILIEU DE NULLE PART ! Faite vite, des tarés de psychopathes veulent me vendre comme une vulgaire marchandise. Oui, bon au lieu de m'harceler de questions, bougez votre cul pour me repérer avec vos bidules machin chouette et venez me chercher avec vos foutus bergers allemands ! »

D'ailleurs, je me demandais ce que faisaient ces bons à rien. Tout en continuant de chercher, je ne savais quoi, Edward brisa le silence et par la même occasion, mon monologue mental.

- Peut être que tu vas trouver ça déplacé venant de moi, mais… Je me suis absenté, pour toi. Enfin, je veux dire que j'ai pensé à toi…

Là, il m'intriguait vraiment. Edward ne cherchait jamais ses mots, et il était si tendu…que cela en était bizarre. Je ne comprenais pas pour quelle raison il avait besoin de s'absenter pour moi. J'ignorais pourquoi, mais j'étais flattée en fait.

Il avait finalement tiré un morceau de tissu de velours bleu roi à l'arrière de son jean.

- Ferme les yeux, me demanda-t-il soudainement, une réelle tension dans la voix.

Je fronçai les sourcils.

- Pourquoi ? Dis-je en essayant de voir ce que c'était.

Ce traitre le cachait derrière lui.

- Ferme les yeux, me répéta-t-il avec un petit sourire.

J'hésitai quand même… Le connaissant, il allait faire un truc pas net. Je fermai un œil. Il leva les yeux au ciel, mimique que je lui empruntais de temps en temps.

- Ferme-les ! M'intima t il.

- Ok, fis-je vaincue.

Je ne voyais rien du tout maintenant, mais je sentais Edward bouger derrière moi. J'entendais même un petit bruit métallique. La main de mon ravisseur balaya mes cheveux d'un coté et je frissonnais au contact de l'air sur ma nuque exposée. Lentement, quelque chose de froid s'enroula autour de mon cou. Ma main chercha automatiquement à toucher la chose qui pendait au milieu. C'était minuscule.

- C'est quoi ?

- Chut.

Je me sentis rougir de plus en plus en réalisant que c'était un collier. Je n'aimais pas trop les cadeaux… Attends, pourquoi m'offrait-il ça ?

Un petit clic me fit ouvrir les yeux. J'essayai de voir ce qu'il m'avait accrochée autour du cou. Edward replaça mes cheveux correctement et se mit en face de moi, sans doute pour juger ma réaction.

A ce moment, je n'en avais aucune. Je me forçai à ne pas paraitre choquée. J'admirai le pendentif suspendu à une chaîne légère en or. Il était si petit

Ça ressemblait à…une abeille, en vérité. La tête était en or blanc et son corps était représenté par une pierre, couleur miel. Ses ailes dorées étaient incrustées de diamants. Je n'avais jamais vu quelque chose d'aussi beau et mignon en même temps. Je n'étais pas fan de tout ce qui était bijou et tout le tralala féminin. Mais…, cette chose était différente, presque intime.

Je ne savais foutrement rien de la tête que je faisais à ce moment. Mais Edward semblait embarrassé maintenant.

- Désolé…, tu n'aimes pas… Je n'aurais pas dû…

Je repris vie brusquement. Pourquoi croyait-il que je n'aimais pas ? D'habitude, quand je n'aimais pas un truc (je ne supportais pas que l'on m'offre quoi que ce soit parce que j'avais la sensation d'être redevable), je râlais et piquais même une crise. Ou pire, je boudais dans un coin…

- Tu dis n'importe quoi, m'écriai-je.

Je caressai le pendentif. J'étais si confuse que je n'osais plus le regarder dans les yeux.

- Mais… Pourquoi ? Continuai-je avant qu'il ne parle.

Je ne comprenais toujours pas. Ça devait coûter une fortune !

Edward lâcha un petit rire nerveux en passant sa main dans sa tignasse cuivrée.

- Peut être qu'il te portera chance !

Chance. C'est la meilleur celle là ! Il te manipule Bella, rend le lui.

J'ignorai ma conscience bruyante.

Je voyais à son regard qu'il hésitait. Une hésitation que je ne compris pas encore.

- C'est ridicule. Pourquoi m'offres-tu une chose pareille, lui criais-je presque.

Mes yeux me piquèrent, parce que je détestai être frustrée ainsi.

- Pardon, Bella… Je ne voulais pas te faire de la peine, je pensais te faire plaisir…

Il semblait blessé et je m'en voulus aussitôt. Il essaya de reprendre son présent, mais je cachais le pendentif de ma main.

- Non. Dis-moi, pourquoi ce cadeau ?

- Parce que… Parce que c'est ton anniversaire, souffla-t-il.

Je me figeai, alors que quelques larmes silencieuses faisaient leurs courses sur mes joues. Avant que mon cerveau ne se remette en marche, Edward attrapa mon autre main.

- Tu as 17 ans aujourd'hui. Nous sommes le 13 Septembre, me dit-il doucement.

- Comment… Comment as-tu su ? Lui demandai-je en essayant de contrôler les tremolos de ma voix.

- Je le sais, c'est tout…

J'étais toujours sous le choc de cette révélation. Cela faisait donc environ 3 mois que je m'étais faite enlevée. 3 putains de mois que j'étais enfermée ici. Sans aucune nouvelle de mes proches.

- Bella, continua Edward un peu gêné, si je t'ai offert ça… Je ne sais même pas pourquoi en vérité…, mais quand je l'ai vu, j'ai…hum…, j'ai eu une petite pensée pour toi…

Je remarquai un très léger rougissement de sa part. Pour moi ce genre de chose était un mythe : jamais je n'aurais cru voir un garçon rougir devant moi. Je pensais être la seule à m'empourprer à la vitesse de la lumière pour des sottises. A l'exception de cette fille dans un épisode de Grey's Anatomy, où ça devenait carrément un handicap pour elle. La pauvre… Ses émotions étaient scotchées à son visage à chaque passage du sexy Dr. Shepherd… Dieu merci, je n'avais pas ce genre de problème !

Bref, c'était la première fois que je voyais clairement qu'il était embarrassé. Même si, là maintenant, j'étais d'une humeur déprimante à cause de cette fichue date d'anniversaire, une partie de moi s'amusait de le voir comme ça. Chacun son tour, mon chou…

- L'as-tu volé ? Dis-je niaisement parce que je ne savais pas quoi dire de plus.

Et ben quoi ? Ne me regarde pas avec ces yeux là, Edward… On a tous des tendances cleptomanes…

- Quoi ? Non ! Argh Bella, bredouilla-t-il en enfouissant son visage dans ses mains.

Je le fixai, en essayant de déchiffrer son étrange comportement… Je l'avais certainement rendu cinglé. Oui, c'est ça. Il n'y a pas d'autre explication. Je l'avais contaminé…

Mes joues se refroidissaient de plus en plus à cause de mes larmes traitresses qui ruisselaient toujours sans aucune raison. Devant mon mutisme, Edward se redressa en dégageant ses mains. Il ne me regardait pas directement, toujours cette jolie petite couleur rose qui parsemait ses pommettes. Puis soudain, il s'esclaffa.

Mon Dieu, il est fou !

- C'est vraiment nul, hein ? Commença Edward. Je voulais te voir sourire, et voilà que je te rends triste. Décidément, je fais tout de travers… Je suis conscient que tu aurais préféré passer cette journée avec tes amis ou… ta famille…

Mes lèvres tremblèrent, et je dus les mordre pour les maitriser.

- Je… Je voulais juste te faire oublier un peu tout ça, même pour quelques minutes. Je sais que c'est dur, Bella…

Il soupira.

- La distance… entre les personnes qui te sont chères, je l'ai vécu aussi… Depuis 2 ans. Et…

Il s'arrêta en passant, encore, nerveusement sa main dans sa tignasse cuivré.

- Et toi, tu fais partie des rares personne avec qui je traine le plus souvent ces temps ci. Alors, il est normal pour moi de t'offrir un truc sympa pour ton anniversaire. Mais je vois bien que c'était une erreur…

Une erreur ? Quelle erreur ? Je ne vois pas pourquoi il voulait le reprendre son fichu cadeau !

- Pourquoi ? M'exclamai-je en fronçant les sourcils.

- Mais…, parce que tu pleures, me répondit-il tout aussi perdu que moi.

- Et alors ? Tout le monde pleure, non ? Reniflai-je alors que je versais inconsciemment des litres et des litres d'eau salée.

Ma vue voilée par le chagrin m'empêcha de distinguer correctement Edward. Cependant, je sentis ses doigts électriques effleurer ma joue souillée de tristesse. Je relevai les yeux, et soudain je craquais. Je m'effondrai dans ses bras, parce que l'air qui m'entourait devenait glacial, et que j'avais désespérément besoin de lui pour me réchauffer. Je réagis si violemment qu'Edward partit un peu en arrière. Fort heureusement, il garda l'équilibre, ce qui nous évita une belle galipette hors du lit.

- Si longtemps, sanglotai-je contre sa chemise.

- Chut… De quoi Bella ?

Il me caressait délicatement les cheveux en me parlant doucement au creux de l'oreille. 3 maudits mois. Je venais de le réaliser et je n'en pouvais plus. C'était trop dur à accepter. Si mes parents ne m'avaient toujours pas retrouvé, c'est que j'étais vraiment fichue. Et je n'avais que 17 ans.

- Ils…doivent croire…que…que je suis…morte, hoquetai-je entre mes pleurs qui semblaient inquiéter de plus en plus Edward.

- Oh Bee…, me dit-il en me serrant plus fort.

Je me blottis contre lui, en essayant de me calmer, enfouissant mon visage au creux de son épaule.

- C'est faux…, continua Edward.

- Qu'est ce que tu en sais, hein ? Ça fait 3 fichus mois que j'ai disparu ! Ils doivent sûrement s'attendre à retrouver mon cadavre plutôt que de continuer à me chercher.

- Mais non, ils sont toujours optimistes…

Je ne le croyais pas. Et il semblait le remarquer car je n'arrêtais pas de sangloter. Il approcha de nouveau sa bouche à mon oreille.

- Je te le jure Bella, c'est vrai… On entend parler que de toi en ce moment, me murmura-t-il.

Je respirai son parfum viril un peu Bad boy qui m'apaisait souvent. Disait-il la vérité ? Ou était-ce une façon à lui de me dire « c'est bon, arrête de couiner comme une souris, tu me fatigues ! ».

- Et j'espère qu'ils réussiront à te mettre la main dessus, sincèrement.

Comment pouvait-il dire ça alors que ma vie était entre ses mains ? J'allais lui poser la question, mais il me devança comme toujours.

- Tu savais que tu étais drôlement mignonne à 4 ans ? Me dit soudainement Edward.

Je me retirai vivement de lui en écarquillant mes yeux humides de surprise.

- De quoi tu parles ? Lui demandai-je avec horreur.

Il me sourit tendrement.

- Et c'est quoi ce sourire d'abruti ?

Son sourire s'élargit un peu plus, et il me pinça doucement la joue comme une grand mère l'aurait fait avec ses petits enfants.

- Mignonne petite Bella, me dit-il d'une voix attendrie.

J'étais clairement choquée maintenant.

- Quand tu dis… qu'on entend parler que de moi… C'est…, qu'est-ce que tu insinues ? Lui demandai-je de ma voix encore enrouée.

Il ne me répondit pas, il s'occupait plus à me nettoyer les joues de ses doigts magiques. Je saisis ses poignets. Même si j'appréciais son toucher, je n'aimais pas parler dans le vent. Edward fit un geste compliqué, réussissant à dégager ses mains en les tortillant d'une façon élégante.

- Pourquoi dis-tu que j'étais drôlement mignonne à 4 ans ?

J'insistai sur le drôlement. Il avait dit ça comme si…, comme s'il avait vu ma vie défiler. J'étais si transparente que ça ? A moins que…

- Non ! M'écriais-je soudain en comprenant.

Ce n'est pas vrai !

- Oui ?

- Ils…, oh non ! Ne me dis pas qu'ils ont passé un genre de maudit reportage sur les filles disparues…

- Biensûr que non, - il fit une petite pause théâtrale -, seulement sur toi…

- Non, non, non !

Je me cachai le visage, vraiment embarrassée. Oh mon dieu…, la honte !

- Mais c'est bien Bee, tu passes à la télé… Tu as eu 20 minutes de gloire !

Je secouai la tête. Je détestai être la bête de foire. Et dire que tout Forks, voire tout le pays, avait pu découvrir certaines photos de moi, argh ! Connaissant Renée, elle avait sans doute donné carrément l'album en entier aux journalistes.

- Si je n'ai pas de compte Facebook c'est pour une bonne raison, Edward…, marmonnai-je.

Il retira mes mains et je sursautai à sa proximité. Il était si proche que j'aurais pu l'embrasser en me redressant.

Non mais, ça ne va pas Bella ? Tu perds la tête…

Biensûr !

- Parce que tu es une fille qui déteste étaler sa vie aux yeux des autres ? Me dit Edward avec un petit sourire tordu.

J'acquiesçai, déconcertée devant ce sourire séduisant. Mon cœur s'affola brusquement en voyant ses lèvres s'approcher. J'étais pétrifiée. Je réussis cependant à fermer les yeux. J'arrêtai même de respirer.

Une douce petite pression sur le museau me fit ouvrir les paupières. Edward m'avait embrassé le bout du nez. Et comme à mon habitude, je ressemblais à une bouche à incendie lorsqu'il posait ses lèvres sur moi.

- Ça va mieux ? Me demanda-t-il en me caressant les joues.

Je ne comprenais toujours pas le comportement d'Edward vis-à-vis de moi. Un jour, il se transformait en nounours géant foutrement charmant, et puis le lendemain il devenait le pire des imbéciles. Il était vraiment complexe. Au lieu de commencer mon enquête sur le dossier « Edward : le taré de psychopathe foutrement dérangé », je préférais renifler. Juste pour casser la glace.

- Oui…, ça fait du bien…de pleurer un bon coup…, dis-je en frottant mes yeux pleins de larmes.

- Mmmh…

Il regardait le pendentif.

- Tu comptes le garder ? Me demanda-t-il ensuite d'une petite voix.

J'observai aussi le petit bijou qui scintillait comme une étoile. J'étais certaine qu'il me porterait chance.

- Peut être…

Puis me vint un petit détail.

- Une abeille, constatai-je en le regardant de travers.

Il se retint de rire. Je voyais ses traits joueurs s'installer sur son visage. Il haussa les épaules.

- Il te va bien !

- Ouais, je comprends mieux le « j'ai pensé à toi ». Mais…, merci quand même. C'est gentil…, et c'est très joli aussi.

J'essayais de lui faire le sourire le plus authentique de mon existence. Je pensais avoir échoué lamentablement. Mais les yeux de mon ravisseur me rassurèrent du contraire, son regard s'illuminant enfin.

Edward partit ensuite. Il me laissa quelques minutes seule, et je profitai de cette solitude pour méditer. La voix qui résonnait de plus en plus dans ma tête m'agaçait. Ma conscience devenait insupportable depuis que je portais le présent de mon kidnappeur.

Il se moque de toi !

Si mon acheteur n'est pas un bon psychiatre, j'exigerai le remboursement !

Je veux seulement t'aider !

Je repoussais cette maudite voix qui m'harcelait depuis un moment. J'avais trouvé un petit moyen pour la faire fuir. Il fallait tout simplement que je pense à lui…d'une certaine manière que je n'avouerai jamais…

Par exemple…, argh ! C'est si gênant…

Je faisais une fixette sur le derrière de mon kidnappeur quand il quitta la chambre. Et je vous jure que c'était involontaire ! Il était devant moi avec son foutu jeans sombre et…, pff !

Ma conscience se tut à l' instant où je commençai à mater Edward. Et depuis, je ne cessais de penser à son corps scandaleusement sculpté pour la faire fuir… Elle me lança un « Bella, tu te pervertis ! », avant de disparaitre au fond de ma tête, étouffée par les images salaces que j'imaginais. Et je m'appuyais sur le peu d'expérience que j'avais pour rendre les choses réalistes.

Alors non, je ne…hum… Ouais, je ne me touchais pas…

Je parlais d'expérience sensorielle. Je pouvais très bien savoir ce que les doigts d'Edward savaient faire. Ou sa langue. Et même s'il n'avait pas retenté la pratique, je n'avais pas oublié la façon dont mon ventre avait fait des saltos arrière.

Alors oui, je fantasmais sur mon ravisseur, mais c'était pour mon propre bien. Mental, biensûr.

- BELLA !

Je bondis à la voix d'Edward. Je n'avais pas remarqué qu'il était revenu. Il fronçait les sourcils, en me regardant bizarrement.

- Tu es un peu sur les nerfs ? Me demanda-t-il en me fourrant un bol dans les mains. Tu fais des sauts comme une sauterelle à chaque fois que je te parle.

Biensûr que je suis sur les nerfs, je viens d'avoir des pensées pas très catholique sur ton compte.

- Et tu ressembles à un camion de pompier ! Se moqua Edward. Tu vas bien ?

Je baissais les yeux et ce que je vis me fis crisper les doigts sur ce bol rempli de douceurs. C'était la dernière chose que j'avais dégusté chez moi, avant de disparaitre dans la nature.

- Tu n'aimes pas ? Me demanda Edward en me piquant une boule sucrée.

Je secouai la tête en lui tendant le pop corn. Au moins, Edward ne s'intéressait plus à mes joues rouges tomate.

- Si…, mais… Pas faim.

- Tu n'as pas faim ?

- Non.

- Non, tu n'as pas faim ou non tu as faim ? Dit mon ravisseur en levant les yeux au ciel.

Il m'énerve.

- Pas faim.

- Sujet, verbe…, tu connais ?

- Haha, très drôle ! Je suis morte de rire. Tu m'as comprise…

- J'ai bien peur que…non.

Il prit une boule pour la plaquer sur mes lèvres.

- Ouvre.

Je lui fis non de la tête. Et c'était vrai en plus, je n'avais pas envie de grignoter. J'avais l'estomac en vrac depuis un moment. Je voulais éviter le stade du vomissement. Autant prendre des précautions. Edward souffla.

- Allez, il faut que tu te nourrisses un peu.

- Je ne suis pas une poule qu'il faut engrosser, Edward. Si j'ai envie de virer à l'anorexie, je le ferais, dis-je en dégageant sa main.

Je savais que je l'agaçais. Ce n'était pas la première fois que je lui tenais tête. Mais je cédais souvent, par peur qu'il pète les plombs. Je m'entendais si bien avec lui que je craignais de le pousser à bout. Mais là, il était question de la vie de sa chemise. Et moi je l'aimais bien…sa chemise.

- Non sérieusement, ne me force pas. Je vais tout dégobiller sinon…

Je grimaçai pour appuyer mes propos. Il reprit ma gourmandise en la glissant entre ses lèvres. Savait-il que ce fichu pop corn avait effleuré les miennes ?

- Tant pis !

Il posa le bol au sol et se saisit aussitôt de MA bouteille d'eau. Il me regarda dangereusement. Je me méfiai soudain, en alerte du moindre geste suspect.

- Tu n'as peut-être pas envie de prendre un encas, mais as-tu soif ?

Il me l'avait demandé si innocemment…, que je lui jetais un regard qui voulait dire « ne tente rien ou tu me le paieras ».

- Je ne suis plus une enfant, si j'ai envie de…

Je n'avais pas finis ma phrase qu'il renversa l'eau sur moi. Je n'avais pas capté qu'il avait retiré le bouchon avant sa tentative meurtrière.

- Tu parles trop Bee…, soupira Edward faussement blasé.

J'avais juste eu le temps de fermer les paupières. L'eau un peu tiède se déversa sur ma tête, dégoulinant sur mes cheveux et caressant mon cou. Le flot n'était pas important, je n'étais pas trempée, mais ça n'excusait rien.

Les paupières toujours closes, je m'avançais sur le lit à l'aveugle pour l'attraper. Ma main saisit la bouteille en plastique vide à présent pour assommer mon kidnappeur. C'était un jeu, il n'y avait rien de méchant. Et j'avais besoin de ça à cet instant : me changer les idées en me chamaillant avec lui.

- Viens te battre, si t'es un homme ! Criai-je alors que l'excitation affluait dans mon sang.

J'ouvris les yeux pour découvrir l'expression amusé d'Edward. D'une vitesse affolante, il m'arracha mon arme pour la balancer contre le mur. Et toujours dans le mouvement, il attrapa mon poignet pour me le tordre gentiment, m'obligeant à lui tourner le dos. J'eu le souffle coupé.

- Mmmh, tellement facile…, me chuchota-t-il à l'oreille.

Je sentis la chaleur de son corps alors que de son autre bras m'entourait pour que je ne bouge plus. J'haletai brusquement lorsque sa bouche se posa sur mon cou sensible. Instinctivement, je plaquai plus mon dos contre lui et jetai ma tête en arrière pour exposer le plus de chair. Edward se tendit soudain, sans doute surpris par mon comportement. Puis il nicha son visage dans le creux de mon épaule, inspirant profondément.

- Tu sens si bon, ronronna-t-il dans mon cou un peu mouillé.

Mon rythme cardiaque se mit en transe, et je savais désormais mon corps fiévreux. Il desserra petit à petit sa poigne de mon bras. Il fallait que je réagisse, sinon je n'aurais aucune chance de m'échapper après.

Je me retirai de son étreinte et lui fis volte face. Il cligna plusieurs fois des yeux, un peu égaré. Je profitai de ce moment de faiblesse pour me jeter sur lui. De toutes mes pauvres forces, je l'écrasai sur le matelas. Il se laissa faire, car il ne montra aucun signe d'opposition. Il semblait perdu dans ses pensées.

- Je t'ai eu ! Déclarai-je légèrement essoufflée.

Il remarqua que j'étais sur lui, car il me fit un petit sourire.

- Je ne crois pas.

Puis il me poussa sur le coté, et je me trouvais à sa place. Je lâchai un petit gloussement mais fus stoppé net, quand il bloqua mes poignets au dessus de ma tête d'une seule main.

- Je t'ai eu, chantonna-t-il.

Je secouai la tête.

- Non ! Râlai-je.

J'enroulai inconsciemment mes jambes autour de lui et il se figea encore, l'air absent. Alors, je me rendis compte de ma bêtise. Je laissai glisser mes jambes en rougissant comme une idiote. Edward reprit vie brusquement, me regardant avec intensité. Une confrontation intérieure semblait danser dans ses prunelles. Ensuite, il se pencha, libérant doucement mes mains au passage. Je déglutis discrètement, en m'enfonçant de plus en plus dans le lit. Ses mains descendirent lentement jusqu'à ma taille et je frissonnai lorsque son torse rencontra le mien. J'étais certaine qu'il ressentait les battements fous de mon cœur. Puis sans que je m'y attende, il enfouit sa tête dans ma poitrine, comme pour chercher une consolation secrète.

Et moi dans l'histoire ? Rien. Je l'observai attentivement, essayant malgré tout de contrôler mon pouls. J'étais un peu sonnée par ses gestes : ils étaient d'une telle douceur…

- Me pardonneras-tu un jour Bella ? Me demanda soudainement Edward contre moi.

Je ne lui répondis pas. Je ne pouvais lui dire ni oui ni non. Je n'en avais pas la force pour l'instant. Il bougea un peu entre mes jambes, évitant de mettre tous son poids sur moi, puis remonta un peu pour coller sa joue contre la mienne, soufflant des braises d'incendie dans mes cheveux.

- Tu es si douce…, susurra-t-il en faufilant ses doigts divins sous mon haut pour caresser mon ventre.

Je me contractai à son toucher. On dépassait les limites. Pas seulement Edward. Moi aussi. J'aurais du dire stop, mais je n'avais plus l'esprit à ça. J'avais le cœur sur un nuage. Et je ne voulais qu'une chose : profiter au maximum du moment présent. Car je savais que d'ici peu de temps, il n'y aurait qu'angoisse et souffrance. Ou même la mort. Je n'aurais pas de happy end. Alors doit-on me blâmer de vivre des instants câlins avec un garçon que je ne reverrai jamais?

- Si innocente...

Il embrassa ma joue en feu, et j'enroulai mes bras autour de son cou pour faire danser mes doigts dans ses cheveux de bronze. Je m'émerveillai encore de leur texture. Je sentis ses mains glisser sous mon corps pour caresser mon dos nu. Et son étreinte se fit plus forte, empreignant son parfum merveilleux sur moi.

- Pourquoi suis-je le seul à parler ? Soupira-t-il ensuite.

Je ris franchement contre lui.

- Peut être parce que tu es un taré de psychopathe foutrement dérangé ?

Je le sentis sourire contre ma joue. Et même cette sensation me donna une chair de poule agréable. Il me pinça gentiment la taille.

- Peut être bien, oui…

Je tournai mon visage vers lui, en le poussant un peu par les épaules pour mettre un peu de distance. Mini la distance, quand même…

- Le reconnaître est un bon début, monsieur…

Je m'arrêtai dans ma lancée. Je ne connaissais pas son nom de famille. Edward libéra une de ses mains pour poser un doigt sur ma bouche.

- Je n'ai pas besoin de psy.

Il avait raison : un psy ne se concentrerait pas sur la blancheur de ses dents parfaites. Ni sur son sourire en coin qui n'existait que dans ces foutus contes de fées. Et encore moins sur ses yeux verts expressifs.

Son doigt dessina la courbe de ma lèvre inférieure, pour ensuite traverser ma joue, laissant des flammes au passage. Il se pencha pour de nouveau poser un doux baiser sur ma joue.

- Je n'ai besoin de personne, d'ailleurs…

Je me figeai lorsqu'il déplaça sa bouche jusqu'à la commissure de mes lèvres. Savait-il ce qu'il faisait ? Devrais-je l'arrêter ?

Argh, fichue conscience qui ne se manifeste pas quand j'ai besoin d'elle !

- A part peut être…

Il embrassa le coin de ma bouche et j'haletai de surprise. Ses mains remontèrent jusqu'à mon visage plus rouge que la normale. De ses pouces, il essaya d'apaiser l'incendie qui ravageait mes joues. Je posai mes mains sur les siennes, ne sachant que faire. J'étais littéralement hypnotisée par ses perles vertes.

- De toi, me souffla-t-il alors que son nez caressait le mien.

Je ne pipai mot. Il était dangereusement proche de moi. Alors, je fermai les yeux, appréhendant la suite. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine lorsqu'il effleura mes lèvres légèrement. Le seul bruit qui nous entourait était nos respirations irrégulières et bruyantes.

Je n'avais jamais embrassé un garçon. Et il le savait. Je lui avais récemment avoué que ma vie sentimentale ne se résumait qu'à mon Ipod. Inutile de dire que j'étais embarrassée.

Il frotta de nouveau son nez avant de survoler ma bouche entrouverte. J'allai goûter ses lèvres, pour la première fois…

Mais quelque chose brisa la magie qui nous enveloppait. Edward stoppa tout mouvement, avant de grogner de frustration. Il se retira vivement, et le froid s'abattit sur moi. Les étoiles disparurent derrières mes paupières et l'horrible lumière de la chambre m'agressa lorsque je les ouvris. Je me redressai, légèrement dans les vapes et sûrement les cheveux en bataille.

Edward se fouillait les poches, à la recherche de son portable qui vibrait comme un objet de sorcellerie.

Je poussai un long soupir, moi aussi frustrée. J'observai Edward s'agiter dans tout les sens, agacé. Il réussit cependant à le sortir, et s'asseoir correctement pour répondre.

- Oui ! Dit sombrement mon ravisseur.

- …

- Oui, soupira-t-il en se frottant le visage de l'autre main.

- …

Edward sursauta brusquement et mon cœur fit un bond.

- Je… Quoi ? Mais…, déjà ? Bredouilla-t-il.

- …

- Non ! Enfin non, tu ne peux pas décider à sa place, s'énerva Edward en se levant. Aro n'est toujours pas revenu ?

- …

Il se retourna vers moi, confus et irrité.

- Donc, il a décidé ?

- …

- Je… Oui, ok…

- …

Sa mâchoire se crispa et ses prunelles me firent froid dans le dos à cet instant.

- Non.

- …

- Je comprends parfaitement.

- …

Un rictus mauvais étira ses lèvres.

- Fais ce qu'on t'a dit de faire Dimitri, je n'ai pas mon mot à dire de toute façon. Non ?

- …

- Demain ? Vous êtes pressés ou quoi ? Cracha Edward, la haine noir d'encre dans les yeux.

- …

- Mais…, argh putain ! Fils de…, Cria-t-il en éteignant son portable.

Je conclus qu'il lui avait raccroché au nez. Edward me regarda, les yeux vides d'expression. Je n'étais pas stupide.

Je n'avais pas besoin qu'il me le dise, j'avais compris.

Je venais d'être achetée.


J'avais promis un peu de tendresse pour nos deux protagonistes. Bah voila… (*rougis)

Mais les choses sérieuses commenceront au prochain chapitre, et je pense que ceux qui vont suivre aussi vont vous tuer ! Mouhahaha !

Je vous dis à très bientôt =D !

Prenez soin de vous !

Bisous bisous !

Pisha.