Chapitre 9 les amis !

Très honnêtement, je ne sais pas combien de chapitres cette histoire va durer. J'en ai plusieurs d'avance et ai effectué le synopsis entier. Mais vu que j'écris beaucoup trop, cette histoire prend des détours parfois inutiles. C'est du grand n'importe quoi ! M'enfin, en espérant tout de même qu'elle ne perde pas son intérêt au fur et à mesure. Seul le temps nous le dira mais bon…

Bref, bonne lecture !

Chapitre 9 : Le fils de la reine

« Hey Moana ! Regarde ça, j'ai piqué du chocolat au château ce matin ! Goûte, tu vas aimer ! »

L'élue de l'Océan regarda d'un œil morne le petit aliment marron que lui tendait Kristoff. Elle le prit dans la main en soupirant.

Trois jours depuis leur arrivée à Arendelle. Trois jours que son peuple ne pouvait plus rien faire librement sans être surveillé. Cela la tuait. Les soldats de la reine n'étaient pas méchants à proprement parler…Au contraire ils étaient plutôt aimables. Pour des gens qui ne parlaient jamais et qui se baladaient toute la journée avec des armes plus grosses qu'eux. Ils étaient ce qu'ils étaient en fait : l'ombre des Motunuis. Avec des types armés jusqu'aux dents constamment derrière eux, les Motunuis étaient regardés comme des bêtes de foire par les habitants d'Arendelle. Résultat, impossible pour eux de se balader dans les rues du royaume sans ressentir une intense gêne. A part Tui et Sina, ils avaient tous abandonnés l'idée d'explorer cette nouvelle terre et attendaient patiemment sur la flotte que le chef déclare leur départ.

Ils étaient prisonniers au sein de leurs propres bateaux. Alors qu'ils avaient été si impatients de retourner sur la terre ferme après tant de temps passé à parcourir la mer…Et le plus ironique dans toute cette histoire était qu'aucun d'eux ne se plaignait. Lorsque Tui avait expliqué ce qu'il était ressorti de son entretien avec la reine, tous avaient accepté la situation sans broncher. Même Taui. Moana ne comprenait vraiment pas ce qu'il se passait dans la tête de son peuple.

« Bon Moana, aujourd'hui, j'aimerais bien que tu viennes avec moi visiter un peu le quartier du marché. C'est sympa tu verras, je te montrerais une boutique de luges fantastique ! »

Moana ne répondit pas. Elle ne savait pas ce qu'était une luge mais s'en moquait éperdument. L'héritière avait décidé de faire comme son peuple et de rester ici. Par solidarité. Et aussi par ce qu'elle ne décolérait pas. Kristoff n'avait cessé, durant ces trois jours, d'essayer de lui faire faire des activités autre que bouder dans son coin. Mais elle s'était montrée particulièrement têtue. Et lui aussi d'ailleurs. Pas un seul instant il ne l'avait lâché d'une semelle. C'était ennuyeux vraiment.

« Bon aujourd'hui tu vas pas me faire le coup du roi du silence, je t'emmène que tu le veuilles ou non ! »

Moana n'eut pas le temps de réfléchir à ces paroles que ses pieds quittèrent le sol. Kristoff la plaça sur ses épaules et commença à se diriger vers la sortie du bateau.

« Hey Kristoff lâche-moi tu es fou ou quoi ?!

_ J'en ai marre de rester avec une loque toute la journée moi. Alors si la reine a fait de moi ton baby sitter, autant que je remplisse bien ce rôle et te fasse découvrir un peu notre royaume. Et arrête de bouger comme ça ! J'en ai porté des plus coriaces que toi. »

Moana ne cessa de gesticuler sous les yeux interloqués des Motunuis qui la voyaient se faire porter par celui qu'ils avaient baptisé le « blanc bec ». En voyant le sourire narquois de Taui, elle hurla.

« Bon Kristoff lâche-moi tout de suite ! C'est un ordre !

_ Ouais ouais c'est ça. Mange ton chocolat et tais-toi.

_ Je suis Moana de Motunui et je te préviens que ça va pas se passer comme ça !

_ Si tu me promets d'arrêter de bouder et de me suivre aujourd'hui, je te lâche. »

Elle grogna et murmura son accord. Satisfait, Kristoff sourit et la replaça sur le sol. Lui jetant un regard noir, l'élue de l'Océan bomba le torse et passa devant lui. En se dirigeant vers les rues bondées d'Arendelle, elle mit le fameux chocolat dans sa bouche. Elle eut son premier sourire depuis plusieurs jours. Ce n'était pas mauvais ce truc.

-o-

« Merci pour votre achat et bonne journée ! »

La porte d'Oaken commerce et sauna se referma. Le gérant sourit à Créo, satisfait.

« Tu t'es bien appropriée les codes de mon commerce. Ta période d'essai est pour le moment plutôt satisfaisante ya. »

Créo eut un fin sourire. Trois jours pour apprendre les bases de la vente avaient été justes mais suffisants. Elle avait une assez bonne mémoire. Donc retenir les produits et leurs prix n'avait pas posé de problème particulier. Bon au niveau de la relation client, il y avait encore du travail certes. Olaf avait sous-entendu que son sourire commercial faisait froid dans le dos. Mais Créo n'y pouvait rien si elle ressemblait à une sorcière! Dans son pays natal, son sourire commercial n'avait jamais posé de problème en plus…Bon, il était vrai qu'un orphelinat et une échoppe étaient deux mondes totalement différents…Mais tout de même !

« Tu te joindras à nous pour le dîner de ce soir ya ? Mon fiston veut absolument te montrer un dessin qu'il a fait hier. Une véritable œuvre d'art !

_ Oui euh…D'accord. Pour Nohr je veux bien faire l'effort. »

Oaken lui mit une grande tape dans le dos, semblant heureux de la réponse.

Pour être honnête, Créo ne savait pas vraiment quoi faire de toute la gentillesse dont elle était victime depuis son arrivée chez Oaken commerce. Le dîner du premier soir s'était bien déroulé. La famille de son patron l'avait accueilli à bras ouverts, ce qui n'avait cessé de la faire se raidir. Elle avait fait goûter tous ses plats au bonhomme de neige pour s'assurer qu'ils n'étaient pas empoisonnés. Ce ne fut qu'à la fin de la soirée, lorsque les enfants s'étaient mis à lui parler, qu'elle s'était détendue. D'instinct, Créo faisait confiance aux enfants. Elle connaissait la manière dont ils fonctionnaient. Et étrangement, son air peu avenant ne les dérangeait jamais. Ils s'amusaient bien avec elle. Ainsi, le fait qu'Oaken ait des enfants avait grandement aidé à Créo à se détendre. Enfin détendre était un bien grand mot. Elle s'attendait à tout moment à être mise à la porte ou être menacée par une arme la nuit. Mais au moins, elle savait que personne ne l'empoisonnerait devant les enfants. Car personne n'oserait faire mourir quelqu'un devant la petite bouille adorable du petit Nohr. Personne.

« Créo j'ai une question très importante maintenant ! »

Elle se retourna vers son patron avec méfiance. Cette expression sur son visage n'annonçait rien de bon.

« Alors à ton avis, comme nouveau nom de boutique, il vaudrait mieux celui-là ou celui-là ? »

Oaken lui tendit deux pancartes. Sur la première était marquée : « Oaken, domaine du coquinou, commerce et sauna ». Tandis que sur la seconde il y avait : « Oaken, coq choupinet, commerce merveilleux et sauna qui réchauffe le cœur ».

« Vous voulez vraiment que je sois honnête ou vous voulez juste tester mes capacités à faire face à de la stupidité ? »

Il baissa la tête d'un air abattu.

« Ce n'est pas très gentil ça ya… »

Elle roula des yeux.

« Non mais Le domaine du coquinou ? Sérieusement ?

_ Oh oh j'aime bien moi ! »

Le visage d'Oaken s'éclaircit tandis que celui de Créo se renfrogna.

« On t'a rien demandé à toi, retourne jouer avec Poulet débile.

_ Mais je joue avec Hei Hei là ! Je lui ai appris des tours, tu veux voir ? »

Si Créo voulait voir un bonhomme de neige faire faire des tours à son poulet de compagnie ? Non pas vraiment.

« Oh oui je veux bien ! »

Elle se retourna vers son patron avec un air courroucé. Il n'avait pas des pancartes à préparer lui ?

Olaf guida alors Hei Hei vers les deux adultes. Une fois à leur niveau, il se retourna vers le poulet avec sérieux. Il le toisa avec raideur et leva un bras en bois que l'animal suivit du regard. D'une voix forte, le bonhomme de neige ordonna :

« Hei Hei, assis ! »

Le poulet fit un tour sur lui-même.

« Hei Hei, couché ! »

Le poulet se frappa la tête contre le sol trois fois.

« Hei Hei, fais le beau ! »

Le poulet poussa un cri strident.

Oaken applaudit avec force.

« Magnifique, magnifique Olaf ! Vous faites une super équipe tous les deux ! Peut-être que l'on pourrait penser à organiser des spectacles un jour…Si on bouge le comptoir par-là… »

Le gérant se perdit dans ses pensées sous les yeux dégoûtés de Créo qui se massa les tempes. Il allait la rendre folle un jour.

Le bonhomme de neige lui tapota timidement la jambe. Avec un fin sourire, il demanda :

« Et toi Créo, tu as aimé ?

_ Disons que tu as toujours l'espoir de faire ressortir quelque chose de Poulet débile. C'est admirable. En quelques sortes.

_ Tu le penses vraiment ? »

Oh non pas l'expression pleine d'espoir et le petit sourire naïf…

Créo décida de changer de sujet.

« Tu ne rentres jamais chez toi ? Pas que j'aime pas ta compagnie mais j'ai l'impression que tu passes ton temps ici… »

L'expression d'Olaf devint triste. Etrange de la part d'un rayon de soleil comme lui. Avec gêne, il répondit.

« Anna et Elsa n'ont plus trop le temps de jouer…Enfin Anna a Kristoff et elle est tout le temps en train de se balader dehors. Et Elsa travaille beaucoup…Et personne d'autre au château ne s'intéresse vraiment à moi tu vois ? »

Anna…Elsa…Château ?

« Et…Et donc je passe un peu mon temps tout seul en général. Ou avec Sven. Mais il n'est pas très bavard… »

Il se gratta la tête avec son bras en bois et soupira.

« Et ici, tout le monde est gentil. Monsieur Oaken me parle comme si j'étais son égal et pas…Un bonhomme de neige. Alors j'aime bien rester ici de temps en temps. Et puis maintenant que toi et Hei Hei êtes là, j'espérais devenir ami avec vous…Je vous aime bien tous les deux, vous êtes gentils…Créo ? Tu m'écoutes ? »

Sortie de ses réflexions, la femme le regarda un instant dans les yeux. Elle le prit alors et le plaça sur le comptoir. Elle s'assit ensuite sur une chaise en face de lui. Tous deux désormais au même niveau, Créo hésita un instant avant de relancer la discussion.

« Tu…Tu as bien dit château ? Tu habites dans un château ? Avec une Elsa et une Anna ? »

Olaf ne comprenait pas où elle voulait en venir.

« Oui ? Oui j'ai été créé par les pouvoirs d'Elsa. Et depuis son couronnement, j'habite avec elle, Anna et Kristoff au château…Pourquoi ? »

Créo se frappa plusieurs fois la tête contre le comptoir. Comment avait-elle pu être aussi idiote. Elle aurait dû y songer avant…Dire qu'elle voyait Olaf tous les jours. Pas une seule fois elle ne lui avait demandé qui l'avait créé. C'était pourtant évident.

« La reine t'a créé…

_ Oui ?

_ Tu es donc…Son fils en quelques sortes.

_ Je suppose ? »

Créo grogna. Lorsque Hei Hei vint picorer ses chaussures, elle le prit dans ses bras et enfouit son visage dans ses plumes. Ne comprenant pas vraiment, Olaf décida de lui aussi participer au câlin collectif et reposa son corps sur le sommet du crâne de la brune.

Oaken les trouva toujours dans la même position quelques minutes plus tard mais décida de ne rien dire. Cet amour débordant était si mignon.

Il aimait bien Créo. Même si elle avait encore ses preuves à faire, avec un peu d'entraînement, elle deviendrait certainement une bonne commerçante. Il devinait bien que son mauvais caractère n'était pas anodin. Il en avait vu passer des clients s'arrêtant pour utiliser son sauna. Des clients de toutes sortes. Les personnes comme Créo : renfermées, cyniques et mal-à-l'aise face à la gentillesse, il savait ce que cela voulait dire. Mère-grand s'était certainement aperçue de la souffrance de cette femme en l'envoyant jusqu'ici. Elle avait toujours eu un bon cœur. Et même si au début il avait fait tout ça pour Coquinou, pour s'assurer que ce pauvre animal ne vivrait pas dans la précarité avec quelqu'un d'instable, désormais il le faisait aussi pour la femme au chaperon. Et puis Nohr l'aimait. Comment pourrait-il ne pas veiller sur une personne que son fils aimait ?

« Patron… »

Peut-être qu'un jour elle lui ferait confiance et reprendrait goût à la vie. Grâce à lui et aux merveilleux pouvoirs de son sauna…

« Oui petite Créo ?

_ Vous saviez qu'Olaf avait été créé par la reine pas vrai ? »

Ce n'était pas vraiment une question.

« Tout le monde le sait. Qui d'autre aurait… »

Elle l'interrompit.

« Ses pouvoirs...Ses pouvoirs sont surpuissants pas vrai ? »

Cette fois, ce fut Olaf qui répondit, se détachant de Créo afin de lui permettre de relever la tête toujours enfouie dans le plumage de son poulet.

« Oui surpuissants et super classes aussi ! Elle a créé tout un château de glace et elle m'a donné un frère aussi ! Un petit frère qui est là-bas ! Je te le présenterai si tu veux. Il n'est pas très commode mais il est très grand ! Et c'est rigolo parce que moi je suis le plus vieux mais je suis tout petit et mignon alors que lui c'est le plus jeune mais il est gros et pas beau ! »

Créer un château entier et donner la vie… Créo n'avait jamais entendu parler d'une magie pouvant donner la vie, comment la reine pouvait-elle faire ça ? Elsa d'Arendelle n'était pas un problème uniquement parce qu'elle était le monarque du royaume. Elle était aussi un problème à cause de ses pouvoirs. Bon sang et cela n'inquiétait personne ? Qu'un seul individu possède autant de puissance à lui seul ? Il suffisait d'une seconde. Une seconde pour qu'elle détruise un pays. Les relations internationales avec cette femme étaient faussées depuis son arrivée au pouvoir. Si elle le voulait, elle pourrait…Conquérir le monde. Il lui suffisait d'une pensée malsaine, d'une réflexion déplacée pour transformer son propre pays en dictature. Créo fuyait les hautes sphères comme la peste. C'était à cause de ces dernières que sa vie était devenue un enfer. Et là elle apprenait qu'elle avait déménagé dans un pays où se trouvait possiblement la pire d'entre elles ? Et qu'en ce moment-même, elle copinait avec l'une de ses créations ? Avec son fils bonhomme de neige ? Dans quelle folie Créo s'était encore fourrée…

« Olaf…Je crois qu'il faut que tu retournes voir la reine…C'est…C'est chez toi là-bas, tu vas lui manquer. »

Obstiné, Olaf répondit par la négative.

« Non…Non je ne veux pas ! Je suis invisible maintenant. Personne ne me fait de câlin ni ne veut jouer avec moi ! Je veux exister…

_ Mais tu n'existes pas que par les câlins et le jeu…

_ Si justement ! »

Oaken et Créo échangèrent un regard surpris.

« Si justement…On m'a créé pour ça tu comprends ? Pour réchauffer les cœurs…Mais là, plus personne ne veut de moi…Et je comprends, je comprends mais…Mais je ne peux pas vraiment fondre parce qu'Elsa m'a créé un nuage personnel qui vient me refroidir avec de la neige quand il fait trop chaud autour de moi. »

Ah oui elle s'était demandé d'où ça sortait ce truc.

« Alors tu vois, je ne peux pas vraiment…Disparaître. »

Que le si joyeux Olaf ait un jour pensé disparaître jeta un silence de mort au sein de l'échoppe. Oaken implora Créo du regard afin qu'elle fasse quelque chose. Mais elle ne savait pas s'y prendre pour remonter le moral des bonhommes de neige enfin !

Elle posa alors Hei Hei sur la table, à côté d'Olaf.

« Tiens…Tiens Olaf ! Tu vois Hei Hei, il est très doux. Caresse-le et tu te sentiras mieux. Et tu ne penseras plus à disparaître. C'est triste de disparaître. Donc voilà. Caresse Hei Hei. »

Oaken pouffa. Oui, sa petite protégée avait encore un long chemin à faire…Olaf obéit néanmoins. Ce fut au moment où il commença à toucher les plumes du poulet que le gérant intervint.

« Olaf, tu es quelqu'un de bien. Tu n'as pas besoin d'être celui pour lequel on t'a créé. On t'aime pour ce que tu es. Mais si tu te sens rejeté, alors parfait ! Nous, nous sommes avec toi. Tu peux rester ici tant que tu le souhaites, tu es le petit rayon de soleil de mon commerce ! »

Olaf offrit à Oaken un sourire éclatant et enlaça Hei Hei. Il était heureux que quelqu'un ait besoin de lui.

-o-

Fin du chapitre 9!

C'était un chapitre concentré sur le quatuor des guignols. Comme je l'ai dit, ce sont mes bébés, ils sont adorables. Même si, effectivement, il n'est pas anodin qu'Olaf reste constamment auprès d'Oaken. Pauvre bébé...Et oui dans sa tête, il reste encore un enfant en constante demande d'attention!

Sur ce, je vous laisse et vous souhaite une bonne journée!

N'oubliez surtout pas de vénérer Victor Hugo, parce que franchement, qu'est-ce qu'il a la classe celui-là!