Harry Potter
« Hi Professor ! » saluais-je. Mc Gonagall semblait d'humeur joyeuse. Aussi ne prêta-elle pas attention à ma familiarité. Charlie venait d'arriver au Terrier avec un sourire jusqu'aux oreilles. Il avait visiblement reçu une invitation pour assister Hagrid dans ses cours, et avait décidé d'accepter, s'il avait adoré la Roumanie, travailler avec les dragons était devenu trop dangereux et fatigant.
De plus, il semblait penser qu'il était resté trop longtemps loin de sa famille puisqu'il collait Molly et Arthur comme s'il avait de nouveau six ans. Je soupirai : quand il était arrivé, brusquement, avec ses cheveux en bataille et ses vêtements fripés, on aurait dit un petit enfant revenant d'une de ses aventures dans le jardin de la maison. C'était le seul de la famille à avoir gardé une certaine naïveté et sa venue était un véritable rayon de soleil dans nos quotidiens devenus bien mornes.
En revenant de Poudlard hier, j'avais été surpris de trouver Ginny assise sur le lit, semblant m'attendre. En voyant son regard dur et ses traits crispés j'avais aussitôt compris que j'aurais droit à un savon pour m'être absenté sans la prévenir. Au bout d'une heure de discussion (durant laquelle elle avait plutôt crié que parlé par ailleurs..), j'avais fini par comprendre qu'elle était inquiète vis-à-vis de mon installation à l'école.
La dispute s'était close quand je lui avais dit que mes appartements seraient sans aucun doute suffisamment grands pour nous accueillir tous les trois et qu'il ne serai pas trop difficile de faire coïncider nos emplois du temps , sans oublier de terminer ma tirade par un langoureux baiser qui fit que nous restèrent éveillés tard, très tard…
Quand j'y repense maintenant, je me dis que j'ai une fiancée en or. Elle me supporte depuis quelques années déjà, elle a toujours été présente pour moi et je ne la remercierai sans doute jamais assez pour son courage et sa loyauté. Un vraie Gryfondor sans aucun doute !
Je souriais en pensant à la réaction de Ron quand je lui avais annoncé LA nouvelle. Il m'avait regardé avec ce regard qui lui avait valu tant de moqueries des Serpentards. Avec ses yeux ronds comme des soucoupes, son visage constellé de taches de rousseur ne m'avait jamais paru aussi drôle et je n'avais pu m'empêcher d'éclater de rire une fois sorti de sa chambre.
Si sa réaction avait été hilarante, elle l'était beaucoup moins que celle de Malfoy quand il m'avait vu. Il s'était redressé d'un bon, la bouche ouverte comme s'il voulait dire quelque chose mais ne savait pas quoi. J'avais été surpris de le voir si… différent de lors de notre septième année... Il semblait plus... Humain.
Son masque impassible et hautain d'aristocrate coincé avait visiblement été fêlé par les pertes dues à la guerre. Et il m'observa bouche-bée d'un regard empli d'haurissement, de surprise, d'agacement (il avait probablement déjà compris ce que je faisais là) et… serait-ce une étincelle d'amusement ?
Je savais qu'il exerçait une position plutôt bien placée au sein de gouvernement français, alors j'avais bien entendu été tout aussi stupéfait d'apprendre qu'il allait être le nouveau professeur de potions de Poudlard que de le voir se tenir devant moi. Je voyais déjà les surnoms qu'on allait lui donner : La nouvelle terreur des cachots, l'héritier de la Chauve-Souris Graisseuse…
