Dans sa dernière review, So Mizu s'étonne : "Ben Ichigo, ça ne t'a pas plu de voir ces deux-la se bécoter xD ?"
Ichigo rétorque : "Qu'est-ce que tu crois ! A la différence de vous, fans à l'esprit perverti, je suis une âme innocente et pure..."
Et donc, savourez la suite :
Chapitre 10
Le nouveau cauchemar d'Ichigo
Ichigo se sentait bien et réalisait confusément qu'il s'éveillait d'un sommeil pour une fois sans rêve. Sa conscience se fit plus claire et il allait s'étirer de satisfaction et soulager ainsi ses membres fourbus lorsqu'un bruissement d'origine inconnue attira son regard.
En un éclair, il se souvint qu'il avait été traîné de force dans le bureau de Byakuya, et la demi-seconde d'après il s'était assis et contemplait estomaqué le tendre baiser auquel se livraient nos deux tourtereaux.
Désespérément, il essayait de faire coïncider l'image qu'il avait de l'imperturbable Byakuya au reiatsu si terrifiant et aux manières si strictes avec la scène qu'il avait sous les yeux, qui dégageait une atmosphère si romantique qu'il se serait bien cru en plein conte de fée. Il échouait lamentablement. Et ce qui ne l'aidait pas était la présence de Shûhei Hisagi, homme dont il connaissait les exploits guerriers, et qui semblait fondre de plaisir à l'attention dont il était l'objet. Attention que normalement un homme dispense à une femme, dans l'esprit si simple d'Ichigo. « Enfin..., se disait-il, comme ils étaient concubins lui avait appris Rukia... forcément... ils devaient... Euh... Euh... STOP ! ».
Les pensées d'Ichigo s'étaient engagées sur une voie désagréable.
Son visage, qui avait pris la couleur du fruit dont il porte le nom lorsqu'il est mûr, entama une régression vers l'état de ce fruit lorsqu'il n'est pas encore à maturité : il devint verdâtre.
Un urgent besoin d'air frais le fit se mettre sur ses pieds et s'enfuir dare-dare en marmonnant d'inaudibles excuses, loin des mœurs trop exotiques du noble pour sa jeune vie encore innocente.
Byakuya avait rompu le baiser et s'était redressé lorsqu'Ichigo s'était levé. Shûhei et lui remarquèrent sa mine défaite et assistèrent à sa sortie rapide.
« Un cauchemar ? avança Shûhei d'un ton peu amène, dépité par cette interruption.
— Je ne le crois pas, réfuta Byakuya, fort de son expérience récente avec l'adolescent au sommeil perturbé.
— Oï ! s'exclama Shûhei en se levant, tu ne penses tout de même pas qu'il serait candide à ce point ? »
Tous les deux se regardèrent. Byakuya hocha la tête.
« Cet humain est une source constante d'étonnement et de perturbations, je te l'avais dis. Désolé, Shûhei, il semble que notre... conversation doive être remise à plus tard. Cela te pose-t-il un problème ? »
Shûhei haussa les épaules :
« De toute façon, quelque soit je ce que j'en pense, tu iras le voir.
— Non, si tu as besoin de moi à tes côtés, je le laisse se débrouiller » déclara Byakuya en s'approchant de son amant et en lui prenant la taille.
Shûhei avait posé les mains et la tête sur le torse de l'aristocrate, collant une oreille sur son cœur. Les pulsations rapides, qui témoignaient de l'émoi naissant de ce dernier, s'apaisaient :
« Il faut s'assurer qu'il va bien. Nous nous verrons plus tard, n'est-ce pas ? soupira-t-il en crispant ses poings.
— Oui, à tout à l'heure, Shûhei » fit Byakuya.
Il s'était saisi des mains sur sa poitrine et avait écarté de lui le visage aimé, dont les marques et les tatouages accentuaient l'air renfrogné. Il incrusta son pouce dans les paumes fermées et les caressa, et d'un baiser sur le front envahi d'épis d'un noir corbeau, il effaça les dernières traces d'amertume présentes dans le regard de son chéri, à la foi ange et démon.
Ayant rassuré son concubin, Dieu seul savait pour combien de temps, le capitaine de la sixième division s'en fut trouver l'adolescent dont il se sentait responsable puisqu'il vivait temporairement sous son toit.
Chemin faisant, son exaspération grandissait. Dire qu'il venait d'arranger les choses avec Shûhei, et voilà maintenant que c'était au tour de l'humain de tourner les talons, confronté à ce que vraisemblablement il n'était pas préparé à voir. Par tous les esprits du Seireitei, qu'avait-il donc fait pour mériter cela ? Il ne manquait plus que le regard humide de Rukia fixé sur lui, face à une requête qu'elle n'osait formuler par peur de le fâcher, ou une des maladresses de Renji dont la confiance sans borne semblait lui faire croire que son capitaine pouvait réaliser des miracles et effacer toutes ses bourdes. Finalement, tout ce petit monde était en train de le faire tourner en bourrique, lui, le chef de la Famille Kuchiki, l'une parmi les quatre des plus nobles familles de la Haute Aristocratie du Seireitei, connu pour son insensibilité et craint pour son sang froid à toute épreuve !
Et c'est avec son habituel air fermé que Byakuya se présenta devant Ichigo, lequel s'était réfugié au plus profond du jardin, son reiatsu chamboulé suintant de lui comme un parfum trop musqué. Il se tenait avachi, assis en tailleur sur un banc de bois à l'assise de pierre, à l'ombre d'un grand arbre.
La soudaine présence qui irradiait de tension contenue amena Ichigo à relever la tête :
« OUAH ! hurla-t-il en sautant sur ses pieds et en se mettant hors de portée de l'aristocrate, grâce à un bond digne d'une puce effarouchée.
— Qu'est-ce qui te prend, Kurosaki Ichigo ? Je ne vais pas te sauter dessus. Et pour ce qui s'est passé tout à l'heure, ne savais-tu pas que Shûhei est mon amant légitime ?
— Rukia me l'a dit, mais...
— Ton inexpérience en la matière est flagrante, pourtant j'aurai tendance à croire que tu savais au moins ce qu'être en couple induit. Ce qui ne m'explique pas ta gêne.
— Oui, mais... mais... mais...
— Arrête de bêler et viens en au fait.
— C'est à dire... Je n'y avais jamais pensé comme ça... » Ichigo peinait à exprimer les questions et les images qu'il avait en tête depuis qu'il avait été témoin du baiser. Il croisa les bras sur la poitrine et détourna le regard. « Vous... vous... vous faites vraiment... ? Deux hommes... ? Comment ? C'est pas... Enfin... Qui ? Et-
— Il suffit ! » tonna Byakuya d'un ton cinglant, coupant comme du cristal.
Si Byakuya n'avait pas été Byakuya, il aurait été amusé par l'ingénuité d'Ichigo, mais avant tout il était Byakuya, et il s'irritait de la confusion du jeune homme comme de ses questions qui dépassaient largement l'indiscrétion. Sa voix avait retenti comme un couperet et interrompu la tentative malheureuse d'Ichigo pour traduire son malaise. Ce dernier avait tressailli violemment et enfoncé ses ongles dans ses bras, heureusement protégés par le tissu de sa veste de kimono, et il se mordait les lèvres, le menton baissé sur la poitrine.
Puis, parce qu'il était Ichigo et qu'une bonne claque, même verbale, lui avait toujours remis les idées en place, il se redressa les sourcils froncés et d'une main se gratta la nuque :
« Je suppose que l'important c'est que cela vous plaise et que vous soyez heureux, dit-il finalement en plongeant ses yeux d'ambre dans ceux presque sombres de Byakuya, d'un air interrogateur.
— Comme à ton habitude, tu parles avec ton cœur, Kurosaki Ichigo, répondit Byakuya d'un ton adouci, nous sommes heureux ensemble, je te remercie, mais ne compte pas sur moi pour faire plus avant ton éducation.
— Je ne peux pas dire que je ne suis pas curieux quand même. Vous êtes le premier couple homosexuel que je connaisse... Oh ! Dis, Byakuya, l'homosexualité n'est pas tabou chez les nobles ? Ou alors tu as encore transgressé les lois de ton clan ? s'écria imprudemment Ichigo, rasséréné et pour le coup ayant retrouvé son aplomb et sa désinvolture.
— Shire, Senbonzakura.
— OUAH ! »
Et Ichigo s'enfuit à toutes jambes, persuadé que sa dernière heure était venue.
Resté seul, Byakuya sentit une intense satisfaction l'envahir après avoir accompli sa petite vengeance sur la personne à l'origine des incidents des jours derniers, même si elle était un peu mesquine. « C'est qu'ils étaient si faciles à impressionner, ces fragiles jouvenceaux » pensa-t-il, en portant la main à la hanche, là où aurait dû se trouver son fidèle zanpakutô et dont la présence était inutile dans la sécurité de sa demeure.
Revenant sur ses pas, ses pensées se firent plus sérieuses et il se demanda s'il n'avait pas exagéré. S'il avait aggravé l'état du jeune Kurosaki et accentué ses cauchemars, son séjour dans sa maison en serait rallongé. « Tout cela, c'était la faute de Shihôin Yoruichi et de ses espiègleries » soupira-t-il en se remémorant ses jeunes années d'entraînement. Elle s'était alors bien trop amusée à jouer avec sa fierté et à attiser sa colère. Et depuis sa rencontre avec Shûhei, il voyait trop souvent à son goût resurgir un comportement impétueux qu'il pensait avoir depuis longtemps maîtrisé.
fin du chapitre 10
Prochain chapitre : Jalousie, quand tu nous tiens
