La lune projetait ses ombres fantasmagoriques sur la silouhette agile qui se glissait entre les arcades...Les semelles de cuir de ses sandales battaient les dalles glacée en cadence tandis qu'elle filait vers le Colisée. Les hauts remparts se profilèrent enfin à travers la brume nocturne... La jeune femme rabattit alors le pan de son manteau sur ses épaules et étudia avec discrétion les allez et venues des gardes en faction.

Il fallait qu'elle sâche...Il fallait qu'elle voit...qu'elle "le" voit...

Sortant lestement une dague de sa toge, elle se glissa en silence dans les pas d'une des sentinelles. Les dernières heures de garde et les quelques litre d'alcool en trop avaient sans doute contribué à le rendre moins attentif. Il eut tout juste le temps de deviner la présence étrangère dans son dos avant que la lame aigue ne lui tranche la gorge... Un gargouilli amer s'échappa de la blessure mortelle et le sang entâcha le sable blanc qui maculait déjà le sol aux alentours de l'enceinte "sacrée". Sans attendre, que l'alerte soit donnée, elle tira le corp derrière les arches et se délesta de son manteau dont elle le recouvrit. Elle portait le péplos blanc des vestales et ses long cheveux chatains étaient relevés derrière un bandeau de soie blanche, accentuant la paleur de son visage et le noir de ses yeux. Son regard déterminé se posa sur l'entrée du labyrinthe du colosse de pierre.

Trouver la cellule...Trouver son chemin dans le coeur du colosse...

Elle empoigna une torche d'une main ferme et se guida à la lumière vacillante de la flamme. En plein jour, le Colisée était une fournaise fourmillant de fauves affamés, de mercenaires brutaux et de riches patriciens avides de sensations fortes...De nuit, il était une carcasse vide, encore chaude du sang des combats, toujours vibrante des cris de la plèbe, pansant ses plaies avant les nouveaux crimes du lendemain...Elle avançait, respectant le repos du guerrier, s'appliquant à un silence religieux.

Tourner à droite...Passer les deux coursives suivantes...Respirer...Esquiver la sentinelle en faction...Descendre la galerie...

Son coeur tambourina dans sa poitrine au moment où elle devina enfin la silouhette timide d'un corps étendu dans une des alcôves des bas-fonds de l'arène...


Kikoo !

La suite avec beaucoup beaucoup beaucoup de retard...mais en fait j'ai eu une reprise très sauvage après les vacances de février...Pas le temps d'updater donc...De plus, ce chapitre ne sera pas agrémenté des habituelles remarques de ma bêta adorée...et oui...elle aussi ses profs veulent sa peau... Non mais je vous jure, où va le monde, on se le demande !

Tout ça pour vous remercier encore et toujours de votre gentillesse et de vos encouragements qui me vont droit au coeur...Merci à Mme Hermione Malfoy, Latitelfmagik, Naca Malefoy, Vamala, Poupoux, Saracroche,Aeryn et Marine...Je suis désolée si je ne vous ai pas répondu et remerciée personellement...Soit je n'ai pas votre adresse, soit j'ai eu des beugues...dans les deux cas, je m'engage à vous répondre dès le prochain chapitre: )

Je tenais aussi à vous dire que ma prépa me prenant énormément de temps, je n'avance plus du tout dans la rédaction de ma fic... J'espère ne pas avoir à vous faire attendre trop...Mais je ne compte absolument pas abandonner VAE VICTIS donc...patience ;)

Voici la fin des premières joutes...enfin un chapitre avec une vraie fin :

ça se rapproche,

ça se cherche,

ça se trouve,

ça se fait mal...

Que du bonheur...On prend les même et on continue...Rien que pour vos yeux... Je ne poursuis pas plus longtemps mes élucubrations :

Bonne lecture !


oOo 9. Je te hais…Moi non plus oOo

Tentant le tout pour le tout, Drago tendit galamment l'éprouvette à la jeune fille. Elle le foudroya du regard et repoussa tranquillement le récipient vers lui. Il lui envoya un sourire ironique et en avala le contenue d'un bleu limpide, en une lampée.

La scène n'échappa pas à Harry qui envoya un coup de coude entendu dans les côtes de Ron alors qu'il louchait d'un air écœuré sur la mixture verdâtre de leur propre chaudron. Il lui indiqua du menton le blond qui déglutissait difficilement avec une grimace dégoutté.

- Ce truc est infect Granger…A charge de revanche.

- Si les pulsions refoulées de ton âme se limitent à des remarques aussi foutument géniales, je crois que la potion est diablement réussie Malefoy.

- Merci pour cette réflexion d'une utilité à toute épreuve. Pose moi une question…soupira-t-il en levant les yeux au ciel.

Une agréable sensation de chaleur commença à se répandre dans tout son corps tandis que sa tête se plombait progressivement. Rapidement, il commença à se sentir nauséeux. Le goût entêtant de la potion persistait dans sa bouche et dans sa gorge, et il secoua la tête pour chasser l'impression planante qui le gagnait. Son esprit s'embruma lentement et il se sentit partir dans les vapes. La potion faisait effet. Il posa la tête sur la table, incapable de maîtriser la désagréable sensation de perte de contrôle qui s'insinuait en lui.

- Ca va Malefoy ? s'enquit la jeune fille.

Elle se souvenait que les effets de l'Animus nudare étaient fulgurant quand la préparation était convenablement effectuée. Le préfet leva vers elle un regard embrumé :

- Le paradis, Granger…souffla-t-il à mi-voix avec cynisme.

- Si tu as encore la force d'user de ton habituel humour pince sans rire, c'est que tu n'es pas encore agonisant…plaisanta la préfète.

Le duo de Gryffondor situé à la table de derrière ne perdait pas une miette du spectacle captivant. L'état second dans lequel était plongé le blond donna soudain une idée machiavélique à Harry.

+ Alors comme cela je suis l'héritier du Bien…Personne ne verra donc d'objection à ce que je tire à boulet rouge sur l'héritier du Mal… Après tout c'est dans l'ordre des choses. + pensa-t-il un sourire amusé sur les lèvres. L'occasion était trop belle pour la laissé passer sans la saisir.

Hermione devait concéder que la situation était particulièrement ironique. Drago était totalement à sa merci. Pour une fois, c'était à elle que revenait le privilège de jouer à Dieu. Le malaise du jeune homme lui fit cependant regretté son empressement à abuser des évènements.

Mon bon cœur me perdra. Bon voyons…Trouvons une question sans conséquence. L'objectif n'est pas de me mettre à dos la cabale des Serpentards.

A l'instant où elle ouvrait la bouche, Harry la prit de court en chuchotant d'une voix acide :

- Hé Malefoy ! Raconte nous quel effet ça fait de tomber de son balais, la tête dans la pelouse ?

La préfète intercepta le regard machiavélique de son ami et redouta instantanément la suite des évènements. Harry allait user et abuser de la potion pour régler ses comptes avec le blond.

- Harry… siffla-t-elle agacée pour lui intimer de se taire.

- Allez Hermione, laisse-le répondre…

Le blond grimaça en se retournant vers le survivant. Sa tête raisonnait comme une cathédrale et la sensation de nausée ne diminuait pas. Les mots franchirent ses lèvres sans qu'il puisse objecter quoi que ce soit :

- Humiliation absolue, Potter, échec cuisant et honte fulgurante. L'ego démesuré des Malefoy en a pris un coup…

Ron s'extasia de l'humilité du Serpentard et envoya un sourire charmeur à Hermione. La situation n'avait rien de dramatique.

- …mais joie sans borne quand on constate que tu as subi le même sort. Tu es minable, Potter, et médiocre… La célébrité te monte à la tête et tu te prends pour la huitième merveille du monde mais je te hais… Je te hais parce que tu es tout ce que je ne suis pas, à commencer par naïf, sans le sou et dépourvu de famille.

Drago se serait gifler quand il constata ce qu'il venait de cracher avec insolence au visage du brun. Il n'avait même pas l'excuse de la colère pour se répandre en invective contre le jeune homme. Véritablement, il le haïssait…Il l'avait toujours haït et à présent…ce n'était plus un secret pour personne.

Hermione avait entendu avec horreur les dernier mots sortirent de la bouche du préfet désinhibé. Harry avait brutalement pâli et ses mâchoires s'étaient serrées. Blessé dans son orgueil, il posa un regard meurtrier sur le blond qui se tenait la tête à deux mains en fixant désespérément la table. Le jeune Serpentard devait demander à Rogue de sortir avant que le petit jeu de Potter ne tourne au drame. Sa tête tournait désespérément et il sentit le sol se dérober sous ses pieds lorsqu'il esquissa un mouvement pour se lever. Il retomba lourdement sur sa chaise et posa un regard de naufragé sur la lionne qui le regardait, impuissante.

Harry sentit la rage se frayer un chemin au milieu du tourbillon de sentiments équivoques qui se déchaînait dans sa tête. La peine lui tordit l'estomac.

+ Naïf, sans le sou et dépourvu de famille…La faute à qui, minable…+

La lionne réalisa en un éclair que la situation allait déraper à cet instant précis.

Elle revit en quelques secondes, la scène de la veille et le désarroi du blond vint résonner à ses oreilles.

« Marche ou crève… »

C'est terrifiant… ! Pour un gosse de cinq ans comme pour un garçon de dix-sept…

Tu te plaints de ta vie…regarde donc la mienne !

Ca me dévore depuis que je suis un gamin…

Le gris noyé des yeux du préfet. Le vert flamboyant de ceux de Harry.

- Harry… intervint-elle timidement.

« Marche ou crève… »

- C'est vrai que tu es irréprochable Malefoy, siffla Harry, venimeux.

- Harry…

Regarde donc la mienne !

- Ma famille a le mérite de ne pas devoir son statu à la mort de celle des autres…

- Harry, s'il te plaît…poursuivit-elle, suppliante.

Tout ça parce que le nom des Malefoy est marqué sur mon état civil…

- Mangemort ! riposta-t-il avec amertume.

Le blond se retourna d'un bloc vers son interlocuteur, prêt à lui cracher son venin au visage, mais sa gorge se serra. Le nœud des émotions qu'il cherchait à contenir lui remonta dans l'estomac et ses lèvres tremblèrent.

- Allez Malefoy, soit franc… Quel effet ça fait d'appartenir…

- Harry, la ferme…chuchota-t-elle, tendue, pendant qu'elle posait une main sur l'épaule du blond pour lui intimer de ne pas se lever.

- …à la famille la plus prisée de la jet-set du monde sorcier ?

Plutôt la mort que le déshonneur…

Le préfet retomba brutalement sur sa chaise, fracassé. Hermione anticipa la crise qui allait se produire. Malefoy ne lui pardonnerait pas d'avoir laissé Potter abaisser ses barrières une à une. Le jeune sorcier semblait parfaitement déboussolé et incapable de maîtriser ses émotions. Il respirait avec difficulté et les larmes amères trop longtemps retenues menaçaient sérieusement de s'épancher.

- A défaut de faire preuve d'honneur…

- Harry ! ordonna-t-elle en élevant suffisamment la voix pour attirer l'attention de tous les élèves de la salle qui ignorait encore l'altercation des deux jeunes sorciers

- …fais au moins preuve de franchise…

- Harry ! Bon Sang La Ferme !

La préfète était debout, les mains sur les épaules du Gryffondor hors de lui. Elle avait tout bonnement hurler ces derniers mots, intimant le silence à toute la salle encore parcourue par un brouhaha incessant quelques secondes auparavant. La tension était extrême. Les deux amis, face à face prirent soudain conscience du spectacle qu'ils offraient à leurs camarades. Rogue, quant à lui, observait la scène avec stupéfaction. Son meilleur élève était effondré sur sa table et la préfète en chef, affolée, venait de bondir au cou du survivant. Pour parachever ce tableau surnaturel, les trois élèves semblaient au bord des larmes.

Trop de paramètres insolubles pour permettre au maître de potion de saisir l'ampleur de la catastrophe qui venait d'avoir lieu. Il ne trouva aucune remarque acide à lancer à l'élève réfractaire dont l'attitude le laissa pantois.

Troisième miracle de la journée…pensa Hermione, tandis qu'un sourire douloureux crispait son visage.

La fin du cour sonna.

Au milieu du silence gêné des cachots, Malefoy se redressa et se dirigea d'un pas mal assuré vers la sortie, en titubant entre les tables. Les septièmes années le regardèrent sortir en s'interrogeant du regard. La tornade blonde avait l'air d'avoir été balayé par l'ouragan Potter et l'ambiance chaleureuse était instantanément retombée.

Hermione repoussa son ami en lui lançant un regard dur.

- Tu me déçois.

Elle se retourna rapidement vers sa table et empoigna ses affaires ainsi que celles abandonnées par le préfet. L'air buté, elle se dirigea rapidement vers la sortie sans un regard pour quiconque. Sa cape lui battait les flanc et les mèches de ses cheveux vinrent lui cingler le visage, ses prunelles orageuses fixant un point imaginaire droit devant elles. Au bout de quelques seconde, la porte claqua derrière elle en faisant sursauter les derniers rangs.

Rogue, parfaitement dépassé par la situation, intima aux jeunes sorciers d'une voix qui se voulait autoritaire et sans appel :

- Sortez… et je ne veux entendre aucun commentaire.

Ces mots prononcés, Harry se leva et entreprit de ranger ses livres en les faisant claquer sur la table. Sa mauvaise humeur transparaissait sur son visage tendu. L'attitude de son amie le blessait profondément. Autours de lui, personne ne semblait décidé à bouger, attentifs au moindre de ses gestes de rage.

- Et merde… lâcha-t-il en retenant des larmes de rage. Saisissant son sac et il se rua vers la sortie, après avoir rejeté avec violence sa chaise contre la table.

Après que quelques secondes eurent passé, les autres sorciers consentirent enfin à plier bagages et à se diriger vers la sortie. Personne n'osa piper mot de se qui venait d'avoir lieu dans les sous-sols du château.

Les derniers, Kalia et Ron prirent le chemin de la sortie non sans s'être longuement observé depuis leur place. La situation avait dérapé bien trop vite pour qu'ils aient réellement conscience de ce qui s'était passé sous leurs yeux. Ce qui était certain :

- Cela laisse augurer une charmante séance d'explications entre Mione et Harry…souffla Ron en cédant le passage à la brune.

Kalia acquiesça silencieusement. Si les héritiers commençaient à se tirer dans les jambes, la situation allait de venir intenable et la pauvre Hermione allait y perdre la tête.

o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

La journée s'acheva comme elle avait commencé…Mal.

Le professeur Mc Gonagall les surchargea de devoir sur les métamorphoses animales en les invitant à lui remettre une composition relatant les étapes d'une métamorphose réussie d'un peigne en souris. Les cours de soins au créatures magiques se révélèrent d'un ennui mortel. Hagrid leur exposa l'importance de nourrir des Scorbelots trois fois par jours, en prenant bien soins de ne leur offrir que de la viande de première qualité. Quand on observait ces mystérieuse créature à six pattes et dépourvues d'œil, on se demandait se que la sélection naturelle avait en tête lorsqu'elle avait décidé de les épargner. Question à laquelle Hagrid s'empressa de répondre en criant bien haut que tout l'intérêt des scorbelots était justement qu'il ne servait…à Rien !

Les repas se déroulèrent sous le signe du mutisme absolu. Hermione renonça à se justifier auprès de Harry. Elle se contenta de lui envoyer un regard froid lui signifiant qu'il lui faudrait bien vingt-quatre heures avant de consentir à lui adresser la parole. Harry ne chercha pas plus qu'elle à renouer le contact et il s'appliqua à engrainer la situation en la maudissant dans son fort intérieur. Kalia, quant à elle, choisit le replis stratégique et invita Ron à suivre sa démarche s'il tenait à garder la vie sauve.

Le dîner achevé, la préfète se retira dans sa chambre, pressée de pouvoir passer ses nerfs tendus sur son traversin. Son humeur oscillait désespérément entre la dépression nerveuse et la colère volcanique. Elle ne parvenait pas à s'expliquer sa réaction en cour de potion.

Harry n'avait pas à attaquer Malefoy de cette manière conclut-elle en avançant d'un pas rapide, entre les tableaux. Brusquement, l'absurdité de ses propos l'arrêta au milieu du couloir et une expression stupéfaite se peignit sur son visage.

Merlin, Mione ! On parle de Malefoy…Tu n'avais pas à prendre sa défense !

Incapable de raisonner la situation avec objectivité, elle leva les yeux au ciel et reprit son chemin.

Que Kalia soit ravie, cela va sans doute arranger mes relations avec son cher héritier…

Bon sang, j'ai enfoncé Harry devant les Serpentards, il ne va jamais me le pardonner ! Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre violemment.

La journée avait été très mauvaise.

Exaspérée, elle parvint devant l'amazone lunatique qui pour une fois consentit à lui céder le passage sans ciller. Mais soudainement, Hermione fut prise d'une rage incontrôlable et elle déversa sa mauvaise humeur sur la toile impassible. Les noms d'oiseaux fusèrent instantanément tandis que la guerrière corsetée tempêtait et jurait, promettant d'aller se plaindre à qui de droit quant à l'attitude navrante des préfets de cette année. La lionne réprima la pulsion qui l'incitait à fracasser la toile contre le sol avant de sauter à pied joints sur le cadre et de la percer à coups de genoux. Un élève passa à cet instant précis dans le couloir et il regarda médusé, la jeune fille d'ordinaire si calme promettre une mort atroce à une furie sur toile. La lionne croisa son regard inquiet et elle rougit du spectacle qu'elle venait de donner au jeune garçon. Timidement, il lui demanda si elle se sentait bien, tout en conservant ses distances avec la préfète. Elle se passa une main sur le front et hocha la tête, épuisée. Voilà au moins un élève qui allait respecter son autorité à l'avenir. Elle articula d'une voix faible qu'il n'y a avait aucun problème et que le Serdaigle pouvait passer son chemin. Sans demander son reste, le sorcier s'éloigna dans les couloires. Hermione sourit en le voyant détaller comme un lapin.

- Il aura au moins eu le mérite de me faire rire, soupira-t-elle en pénétrant dans la salle commune, dédaignant l'amazone vociférante.

Une bonne nuit de repos s'impose au plus vite.

Elle jeta un regard distrait sur le plis que Drago lui avait indiqué la veille, mais renonça à s'attabler à l'ouvrage. Elle n'avait pas le moral à planifier un bal autrement qu'avec un thème morbide tel que la « Mise à mort ».

Jugeant l'idée assez peu adéquate, elle remit la préparation d'Halloween au lendemain et regagna sa chambre en traînant les pieds.

o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Les élèves furent exempts des cours de la matinée du mercredi vingt-huit octobre, pour leur permettre d'effectuer les achats nécessaires au bal du samedi. Hermione en profita pour effectuer une grasse matinée des plus mérités, destinée à pacifier son caractère rendu intraitable par la fatigue et les tensions.

Lorsqu'elle consentit enfin à émerger il était presque midi. La jeune fille se prépara rapidement et décida d'aller déjeuner avec ses « amis ». Au dernier moment, elle renonça à mettre sa robe de sorcier et se contenta de passer un jean blanc et un pull rouge, laissant ses cheveux retomber simplement sur ses épaules.

L'esprit tranquille et reposé pour la première fois depuis le début de la semaine, elle prit le chemin de la grande salle. L'amazone l'accueillit avec un sifflement effarouché qui la fit sourire. Au moins lui épargnerait-elle ses jérémiades à n'en plus finir sur le devoir des préfets. Vraisemblablement, les menaces de la veille avait fait leur petit effet et elle devrait avoir la paix pour un long moment.

- Vae victis, ajouta-t-elle malicieusement en tirant la langue à la toile.

Ma pauvre Hermione, tu es vraiment puérile…s'efforça-t-elle de se raisonner, tandis qu'elle riait du trait d'esprit dont elle venait de gratifier leur matrone. Elle parcourut rapidement les couloires et descendit les escaliers le cœur léger.

Il faut absolument que j'arrange les choses avec Harry…J'ai déjà l'héritier du Mal à séduire… ce n'est pas pour me mettre celui du Bien à dos.

La jeune fille dû convenir en son fort intérieur que sa dispute avec le Gryffondor la déchirait. Harry comptait beaucoup pour elle et elle supportait mal l'idée de l'avoir blessé ou humilié. Elle lui vouait une confiance sans borne depuis six ans…un petit freluquet peroxydée n'allait pas se permettre de tout gâcher.

Surtout quand on sait que ce freluquet s'appelle Malefoy et qu'il s'est promis de nous faire la vie dure depuis qu'il nous a rencontré. Ce type n'est pas un ange, il est diabolique…Diabolique et manipulateur.

Comme toi…lui chuchota une petite voix dans la tête.

Va au diable…

Elle haussa les épaules, résignée.

Une odeur appétissante vint lui chatouiller les narines tandis qu'elle pénétrait dans la Grande Salle, enveloppée du brouhaha joyeux des sorciers déjà installés. Le bal était sur toutes les lèvres et même les Serpantards qui se faisaient d'ordinaire un plaisir de jouer les troubles fêtes, semblaient gagner par l'euphorie de la future soirée. Il n'était plus question que des robes que les jeunes filles avaient, ou allaient, acheter. On polémiquait sur la couleur des chaussures, la longueur de la tenue, la coiffure à adopter et les bijoux à assortir. Les garçons rongeaient leurs freins, désespérant de trouver une cavalière ou se vantant d'être accompagné de la plus jolie fille de leur maison. Les querelles Gryffondors-Serpentards semblaient même avoir été oubliées et la bonne humeur était de mise. Au milieu de tout cet étalage d'émerveillements, les préfets tenaient lieu de héros nationaux, détenteurs des clefs du futurs bal.

Merlin…Tant de fébrilité pour si peu de chose, c'est stupéfiant. L'aptitude d'un adolescent à se déconnecter de ses problèmes dès qu'il est question de boire et de faire la bringue est surnaturelle. Si ils savaient que le projet est encore à un stade embryonnaire… acheva la lionne, un sourire amusé sur les lèvres.

En quelques pas, elle rejoignit Kalia qui déjeunait seule, le nez plongé dans un manuel en araméen. La brune leva le nez à l'arrivée de la jeune fille. L'espace d'un instant, elle demeura hésitante quant à l'attitude à adopter vis à vis de son amie. Cependant, la mine réjouie de la préfète la rassura rapidement et elle lui adressa un sourire radieux.

- Salut à toi Ô grande préfète, singea-t-elle en prenant des airs mystiques qui firent rire l'arrivante.

Hermione jeta un coup d'œil intéressé à l'ouvrage déplié sur la table. Il était appréciable de ne plus être la seule de leur petit groupe à considérer la culture comme un divertissement. Le seul centre d'intérêt de Ron et Harry, si l'on excluait bien sur la « dévotion » toute particulière qu'ils consacraient à leurs études, demeurait les performances de l'équipe des Canons de Chudley…En d'autre terme : rien de suffisamment palpitant pour passionner la jeune fille.

Les caractères indéchiffrables laissèrent cependant la préfète perplexe et elle reporta son attention sur la déesse visiblement décidée à faire le pitre.

- Tu invoques le dieu de l'Enfer Kal' ? Avec une langue pareille on ne pourrait rêver mieux…

La brune prit un air faussement outré et elle ramena le manuscrit vers sa poitrine dans un geste protecteur des plus dramatiques.

- Ignare. C'est de l'araméen… Tout ce que tu ne connais pas n'est pas forcément plongé dans les ténèbres de l'obscurantisme infernal, ma chère. Des attitudes comme la tienne on provoqué des massacres comme ceux de Salem…entonna-t-elle d'une voix théâtrale.

…enfin c'est ce que dit ce bouquin…acheva-t-elle en tournant fébrilement les pages à la recherche d'une confirmation de ses dires.

Hermione secoua la tête en riant.

- Kal' Kal' Kal'… Laisse les sorcières sur leurs bûchers, tu veux. Où sont Ron et Harry ? demanda-t-elle en tourna fébrilement la tête dans toutes les directions.

La brune la fixa, embarrassée :

- Ils sont partis il y a dix minutes. Ils avaient un entraînement de Quidditch, ou quelque chose comme ça, et ils ont dû manger plus tôt…Enfin je crois, finit-elle dubitative.

- Je vois, souffla la lionne, déçue. Tant pis je les verrai ce soir, poursuivit-elle d'un ton plus enjoué.

La brune acquiesça et tendit le plat de gratin à la préfète. Elle avala une bouchée de viande et poursuivit la bouche pleine :

- Alors, de quelle couleur ? articula-t-elle laborieusement tandis que du jus de viande lui coulait le long du menton.

Hermione hocha la tête d'un air réprobateur :

- Kalia, surveille tes manières…On est pas à Olympie ici.

La brune s'essuya le menton en s'excusant, l'air gêné.

- Bon et alors, quelle couleur ?

- Quoi quelle couleur ?

Kalia le va les yeux au ciel comme s'il se fut agit de la chose la plus évidente du monde :

- Par Jupiter…Mais la robe, voyons !

Cette fois ce fut au tour d'Hermione de pousser un soupir exaspéré :

- Ne me dis pas que toi aussi tu es obnubilée par ce bal, Kal' !

- Attends, voyons voir… Mon premier bal chez les mortels ?…Un peu que je ne pense qu'à ça ! C'est au moins la chose la plus excitante depuis la fois où j'ai reçu mon premier labrys.

- Ton premier quoi ? faillit s'étouffer Hermione, une bouchée de gratin dans la bouche.

- Heu…rien. Un truc sans importance. Une hache sacrée à double tranchant… déclara-t-elle avec un geste évasif.

- Et bien, Merlin ! C'est que la vie d'un dieu de l'Olympe à l'air passionnante, se moqua sarcastiquement la lionne.

La brune lui tira la lange.

- Bon et puis après… Quelle couleur ?

- Merlin ! On ne t'as jamais dit que tu étais fatigante Kalia ! la taquina l'autre. Je n'ai pas acheté de robe… Je ne compte pas aller à ce bal.

-Pourquoi ? s'inquiéta l'autre comme si la préfète venait de lui annoncer l'apocalypse.

Hermione haussa les épaules, amusée :

- Et bien déjà, parce que rien n'est encore certain, si tu veux tout savoir. D'autant que tu devrait commencer à saisir qu'avec Malefoy rien n'est simple, siffla-t-elle avec un haussement de sourcil désabusé.

- Négociations musclées ? s'enquit la déesse.

Hermione eut un geste évasif qui n'eut pas l'air de satisfaire la curiosité de la brune. Elle posa sur elle un regard insistant tout en se servant un verre de jus de citrouille.

- En fait on n'a pas encore commencé à en parler pour tout te dire…acheva Hermione les yeux plongés dans son assiette. On joue un peu au chat et à la souris ces derniers temps.

La brune se retint de faire une remarque cynique sur l'épisode de la veille en cours de potion et elle ajouta d'un ton mélodramatique :

- Ô par Hécate ! Quelle lourde tâche vous incombe à vous, les préfets ! Le poids d'Halloween sur de si frêles épaules…Puissent les dieux vous porter secours ! psalmodia-t-elle en portant une main à son front pâle dans une inspiration de tragédienne grecque.

Hermione resta muette de surprise face à la réplique dramatique de la brune. Soudain, elle éclata d'un rire de gorge qui fit se retourner les Serdaigles les plus proches, troublés face à ses deux sorcières oscillants entre le rire et les larmes, affalées sur leur table. Une carafe de jus de citrouille se renversa, inondant les genoux d'un innocent première année qui tentait vainement de déjeuner à deux pas d'elles, et faisant redoubler les cascades cristallines des deux amies.

Le déjeuner se transforma en festival de bonne humeur. Kalia entama un monologue rhétorique des plus persuasifs pour tenter de faire comprendre à son amie l'importance capitale de ce bal dans l'issue de leur année scolaire. Hermione, bon public, se prêta gentiment à l'exercice et écouta religieusement la brune, en feignant de se sentir diablement concernée par l'événement.

- …Tout ça pour te dire, que ce sera rouge !

La préfète leva un sourcil perplexe. Même en suivant l'argumentation de la jeune fille, il lui sembla avoir manqué un maillon du raisonnement. Elle secoua la tête, dubitative.

- Rouge ?

o La robe ! o

- Ah oui, c'est vrai…

Hermione semblait définitivement perplexe.

- Non ! Pas rouge ! Je déteste le rouge ! De toute façon je n'irai pas à ce bal je t'ai dis… Je le prépare c'est déjà un grand sacrifice auquel je consens. Au delà…

La brune sembla perdre patience et elle adopta une attitude boudeuse. Brusquement, un éclair de génie lui traversa l'esprit :

- Pourtant je croyais avoir entendu dire que les préfets se devaient d'être présents à ce bal…ensemble, enchaîna-t-elle avec aplomb, en prenant un air innocent.

- Ne parle pas de malheur…siffla l'autre.

- Histoire de Poudlard, chapitre 28, « Célébrations et traditions », récita-t-elle avec emphase. Je croyais que tu l'avais lu celui-là.

- Je ne lis jamais les petits caractères en bas des page, ragea la lionne entre ses dents.

Stupide tradition…

Ravie de sa dernière répartie, la brune se leva et ramassa sa robe de sorcier, négligemment posée sur le banc à côté d'elle. Elle envoya un sourire triomphant à la préfète et lui dédia une révérence provocatrice, à laquelle la jeune fille répondit en tirant la langue.

- Bien, ce sera rouge alors…

- Où tu vas ? s'enquit la lionne en ignorant la dernière réplique de son amie.

- J'ai deux robes à acheter, et si je ne m'abuse, tu as du travail… Je te préviens, ce bal à intérêt à être bouclé quand je rentre, la menaça-t-elle gentiment.

Hermione regarda son amie quitter la salle commune en hochant la tête, amusée.

Et « ça » c'est une déesse de l'Olympe. Parfois je me demande si on ne s'est pas fais abuser quelque part. Je crois que j'ai une très mauvaise influence sur cette fille. Merlin me pardonne !

Bon, c'est pas tout…Trouvons la motivation nécessaire et…au boulot !

o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Quelques heures plus tard, la jeune fille étendue sur son lit cherchait toujours la motivation de s'attaquer au projet du bal d'Halloween. Une douce torpeur la gagnait délicieusement et elle se pelotonna sur les draps pourpres, la tête lovée dans l'oreiller moelleux. Kalia lui tirerait sérieusement les oreilles en rentrant. Tant pis, elle aviserait sur le moment. Alors que le sommeil la gagnait tranquillement, trois coup nets furent toqués à la porte. Elle se redressa en appuis sur ses coudes et se frotta les yeux en baillant comme un fauve. On avait donc pas de respect pour la sieste des gens dans cette école ?

Elle se laissa maladroitement glisser du lit et jeta un coup d'œil furtif à sa tenue dans le miroir. Elle grimaça à la vue de sa crinière plus déchaînée que jamais et renonça à entamer une lutte perdue d'avance avec les boucles rebelles.

Sans se presser, elle alla finalement ouvrir la porte.

Malefoy, nonchalamment appuyé dans la niche de la porte, lui tendit un épais rouleau de parchemin avec son habituel sourire énigmatique cloué sur le visage. Déroutée, la préfète s'en empara, surprise de la bonne volonté avec laquelle le Serpentard se présentait à elle après les derniers évènements. Le blond jeta un regard amusé à la mine déconfite de la jeune fille :

- Un marché est un marché Granger. Je suis un Serpentard, mais je sais tenir mes paroles.

- Je n'en doutais pas, murmura la lionne en comprenant enfin de quoi il était question. Elle jeta un coup d'œil rapide à l'écriture serrée noircissant le vélin et apprécia la qualité des recherches effectuées.

- Tu es plein de surprise Malefoy, susurra-t-elle en reprenant l'expression favorite du jeune homme.

Le blond lui envoya un sourire suffisant et il alla s'assoire dans le canapé en saisissant une enveloppe au passage.

- Bon, si on passait aux choses sérieuse maintenant. Je crois qu'on a des truc à tirer au clair tous les deux…

Hermione sentit son cœur manquer un battement. Les mises au point avec Drago Malefoy se terminaient rarement en bons termes. Si le jeune homme voulait parler de la veille, il allait être déçu, la préfète éluderait soigneusement le sujet. Voyant le malaise de sa collègue, le préfet cessa de jouer et il lâcha d'une voix traînante sans cacher sa lassitude :

- Le bal…Granger. Je parlais du bal…

La jeune fille se gifla mentalement pour son manque de logique.

Pourquoi suis-je incapable de réfléchir de manière cohérente dès que les mots sortent de la bouche de ce…Elle jeta un coup d'œil appréciateur à la tenu du jeune homme. Il portait un jean noir qui mettait en valeur sa taille fine et un pull sombre qui faisait ressortir la carnation claire de sa peau. …mec canon avec un cul à damner tous les saints du ciel…Elle poussa un profond soupir et se laissa retomber contre le chambranle de la porte.

Hermione, je te jure que tu ne vas pas passer le mois de novembre…Je te laisse deux semaines pour intégrer Sainte Mangouste…pensa-t-elle avec tout le fatalisme dont elle se sentait capable.

- Le bal… murmura-t-elle pour se convaincre. Ah oui, c'est vrai…le bal.

- Et oui Granger…Le bal. Tu te souviens : l'autre clause du contrat ¤qui m'a si bien réussi, soit dit en passant ¤

A l'évocation du marché, la jeune fille grimaça.

Bien évitons soigneusement les sujets qui fâchent…Sujet numéro un : coup de théâtre malheureux en cour de potion…

Toute à ses bonnes résolutions, elle rejoignit le jeune homme et saisit le plis du professeur Mc Gonagall, d'un air absent. Le regard pénétrant du blond la ramena à la réalité. Elle esquissa un sourire navré et se plongea dans le déchiffrage de l'écriture serrée de la professeur de Métamorphose. Au bout de quelques minutes, elle reposa le message sur la table, une expression de profond désœuvrement peinte sur le visage. L'expression dépitée de la lionne provoqua le rire franc du Serpentard. Hermione se surprit à trouver le son agréable. Il n'était pas dans les habitude du jeune homme, de rire de cette manière.

- Ta motivation fait peur à voir, Granger… lâcha-t-il au bout de quelques secondes.

- T'ai-je dis que je détestais les bals ? siffla-t-elle en se frottant les yeux entre le pouce et l'index.

- Pourtant si je me souviens bien tu faisais partie des festivités en quatrième année…

- …Pour Krum, grimaça-t-elle. Et puis pour rabattre le caquet à Ron et Harry.

Le blond ne sembla pas convaincu outre mesure par l'argument de la jeune fille.

- Bon, passons les formules de politesse Malefoy. Toi comme moi savons pertinemment que nous voulons nous débarrasser de cette corvée, alors au Boulot.

Le jeune homme obtempéra et saisit docilement une plume et un morceau de parchemin. Ils établirent la liste des choses qui leur incombaient et se plongèrent dans une mise au point qui allait s'avérer laborieuse.

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Deux heures plus tard ,et avec beaucoup de difficultés, les deux préfets avaient fini par se mettre d'accord sur un certain nombre de points. Etrangement, les négociations avaient été diablement musclées, ce qui permettait de douter du prétendu désintérêt des deux sorciers pour le dit bal. Hermione, à grand renfort d'argument choisis, parvint à arracher à Drago que l'alcool se limite à plusieurs caisses de bières au beurre. Le jeune homme siffla pendant quelques minutes que les sorciers qui se sentaient incapables de tenir le whisky Pur feu n'avait qu'à rester dans leur dortoir. Pour apaiser les passions, la jeune fille l'amadoua en le laissant convenir seul de la musique qui serait passée. Paradoxalement, si elle doutait du bon sens du blond dans un certain nombre de domaine et notamment en matière de magie, elle faisait entièrement confiance à ses goûts musicaux. Du moins espérait-elle ne pas se tromper. Concernant le thème du bal, les deux préfets établirent, d'un commun accord, qu'il était plus sage de se limiter à une règle simple : tenue moldue correct exigée. La lionne fut même surprise de l'empressement de son collègue à accepter, quant on connaissait sa haine inconditionnelle des moldues. Elle n'insista pas, trop heureuse de ne pas avoir à argumenter un point. Une liste de la nourriture à servir fut établie et transmise au bastion des elfes de maison, s'afférant en cuisine. Finalement, Hermione batailla pendant de longue minute et obtient du jeune homme que la Salle du Bal soit re-décorée pour l'occasion. Le blond pesta contre la future mièvrerie dont il soupçonnait la Gryffondor de vouloir enrichir la salle. Butée, elle haussa les épaules et emporta finalement la partie sur un abandon du jeune homme, qui renonça à polémiquer plus longtemps.

- Malheur au vaincu…siffla-t-elle, sarcastique en ajoutant ses notes en bas du parchemin de Drago. Décidément, je crois que je vais en faire ma devise de ce mot de passe…s'amusa-t-elle à mi-voix.

- D'ailleurs puisqu'on parle de vaincu…commença l'autre d'un ton sourd qui plomba instantanément l'ambiance.

La jeune fille décela immédiatement la rancœur dans la voix du jeune homme et elle releva la tête pour venir rencontrer son visage de nouveau emprunt du masque amer qu'elle ne lui connaissait que trop bien. Un mauvais pressentiment la prit à la gorge et elle guetta avec appréhension les mots qui allaient suivre.

- A propos d'hier…

- Je ne veux pas parler d'hier Malefoy ! attaqua-t-elle instantanément avec nervosité. Te voir dans cet état là n'est pas un spectacle que j'affectionne particulièrement.

- Justement, je trouve que tu me vois un peu trop dans cet état en ce moment, siffla-t-il avec une amertume mal contenue.

- Je ne vois pas où j'ai ma part de responsabilité la dedans.

- Ah vraiment ? Tu veux que je te la montre peut-être ? lâcha-t-il menaçant.

Le ton monta dangereusement tandis que les préfets s'affrontaient du regard par dessus la table.

- Ton empressement à me lancer mon palmarès familial au visage était touchant l'autre soir. Tu n'y a pas été de main morte pour me planter un couteau dans le dos Granger, alors ton numéro de l'innocence incarnée tu le garde pour une autre occasion.

Les joues de la préfète s'empourprèrent :

- Ilfaut reconnaître que tu as été nettement plus tendre avec moi, Malefoy. Ma « sang impur » de mère en témoignera volontiers, siffla-t-elle avec un sarcasme à peine dissimulé.

Ta vocation de martyre n'est pas non plus de circonstance. Concernant le couteau planté dans le dos, il me semblait avoir été suffisamment directe pour récolter les fruits de mon labeur en personne.

- Tu n'as pas non plus fait grand chose pour empêcher ton cher Potty de profiter de la situation d'hier, « miss Perfection »…grinça le blond avec animosité.

La lionne encaissa l'attaque et se tendit instantanément. La mauvaise volonté du préfet la mettait hors d'elle et elle serra les poings en s'obligeant à contrôler ses pulsions meurtrières. Ses prunelles flamboyante vinrent heurter la contenance glacée du blond et elle articula, frémissante :

- Je te trouve culotté Malefoy d'oser me sortir un truc pareil. D'abord, je te signalerai, au cas où cela aurait échappé à ta mémoire foutument sélective, que j'ai tenu tête à mon meilleur ami face à une trentaine d'élève et que j'ai certainement provoqué ce qui sera la rupture de l'année. Ensuite…

Tu es qui pour me reprocher de ne pas avoir pris ta défense ?

Malefoy, tu n'es ni un Gryffondor, ni une victime, ni mon ami, ni mon petit-ami, ni quoi que ce soit qui justifie que j'ai à prendre ta défense ! Tu es Drago Malefoy, le garçon qui s'évertue à me pourrir la vie depuis six longues années et qui semble bien parti pour me plomber la vie pendant une année de plus. Tu me méprise…Je te méprise… Ce n'est un secret pour personne. Tes confidences de l'autre soir ne font pas de toi le nouvel ange de Poudlard et il y a bien longtemps que j'ai renoncé à l'illusion d'avoir une relation honorablement pacifique avec toi !

Tu es un serpent Malefoy. Tu crache le venin dès que quelqu'un t'approche et soulève la pierre sous laquelle tu te caches. Tes grands principes ne m'impressionne plus j'ai vu ce qu'il y a derrière.

J'ai sincèrement pensé qu'un accord tacite aurait pu tenir entre nous. Quand j'assiste à un retour au source comme l'autre soir, Malefoy, je me giflerais de ma naïveté déconcertante.

Alors non ! Je n'ai pas envie de prendre ta défense… J'ai plutôt envie de foutre des claques…Drago !

Debout, les joues en feu, Hermione venait d'achever ses invectives contre le blond, désespérément stoïque sur sa chaise. Seul le tremblement de ses mains trahissait l'état dans lequel l'avait plongé le discours de la lionne. Hors d'elle, la jeune fille amorça une sortie précipitée vers le couloir.

- Alors tu vas me fuir…constata le blond de sa voix traînante rendu lugubre par les circonstances.

- Plutôt te fuir que te haïr…lâcha-t-elle sans retenir les mots qui sortirent de sa bouche.


SeveruSSSSSSSSSSSSSSSsssssssssssssssssssssssssss ! Voilà ça c'est fait...Spéciale pour toi Prosy !

Bon alors, on a fait un grand pas en avant vous avouerez...Mione se lâcherait-elle ?

D'autre part: la robe sera-t-elle rouge ? Malfoy se changera-t-il en vipère ? Hermione pourra-t-elle finir sa sieste ? Les scorbelots ont-ils une utilité?Quelle est votre maison préférée ? Autant de questions qui, je l'espère, trouverontdes réponses dans le prochain chapitre (niark niarkniark...comme si je le savais pas...)

Reviewsssssssssssssssssssssssssss ! svp...

Venez saluez le courage de l'auteuze qui s'enlise dans une histoire dont elle a du mal à imaginer le dernier mot...Tiens d'ailleurs...que voudriez vous comme dernier mot de mon histoire ?

Carpe diem

Jo