Le chapeau était plein et Croyance le tenait dans ses bras comme un petit trésor. Il n'était pas particulièrement ouvert aux autres mais depuis que Newt lui avait dit qu'il pourrait donner les pièces au Niffler, il avait envie d'essayer. Il savait qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps. Bientôt, tout ça serait effacé de sa mémoire et il serait de nouveau dans sa vie monotone ou tout ce qu'il pouvait encore faire, c'était protéger sa sœur.

Il ne pourrait rien garder de tout ça mais il voulait profiter de nouvelles choses. De choses qui ne demeureraient jamais dans son cerveau mais qui aurait peut-être une toute petite place dans son cœur. Il voulait faire tout ça. Il était terrifié mais il oublierait.

Il grimpa le perron à la suite de Newt et s'infiltra dans la maison à sa suite. Ils avancèrent dans la maison, Dougal tenant la main de Croyance qui agitait légèrement les doigts. Il lui semblait qu'un tas d'or était plus grand que tout à l'heure.

- Clay ?

- Oui !

Alors, il ne s'était pas trompé !

Croyance était beaucoup trop heureux de cette dernière chose. Peut-être parce qu'il ne voulait pas quitter la magie ? Pas maintenant qu'il la découvrait vraiment. Et il voulait tellement que Modestie puisse en profiter aussi.

- Croyance a quelque chose pour toi ! Lança-t-il.

Le concerné se sentit terrifier et dépasser mais il s'avança avec le chapeau. Il suivit Newt jusque dans le salon. Croyance s'approcha de l'immense créature qui n'avait pas manqué de remarquer les pièces scintillantes dans le chapeau du garçon. Il ressemblait maintenant à un espèce d'animal qui aurait été affamé pendant plusieurs jours. Il reniflait à tout va comme s'il allait enfin le nourrir.

Ce qui amusait l'adolescent, quoique l'effrayait quelque peu aussi, c'était que le Niffler était entouré de trésors qui brillaient bien plus que tout ce qu'il avait dans le chapeau.

Croyance ignorait juste s'il devait lancer les pièces en une pluie étincelante ou s'il lui donnait tout sans faire le moindre chichi. Une partie de lui, celle qui n'avait jamais eu d'animaux tout en désirant du plus profond de son cœur, avait envie de les jeter pour voir Clay courir partir comme un chat fou. Mais une part plus intelligente lui rappelait la taille, et le poids, qu'avaient cette bête.

Ce serait du suicide !

Aussi, il finit par seulement tendre le chapeau en avant, un sourire gêné aux lèvres.

Le Niffler lui arracha le haut-de-forme et commença à fourrager en poussant des gloussements ravis.

Newt ne put retenir un petit rire et il prit Croyance par les épaules juste deux secondes avant de s'éloigner vers les cuisines.

- Je crois qu'un Elfe de Maison nous rend visite ! Annonça-t-il. Viens nous rejoindre quand tu veux.

- Oui !

Croyance gardait ses yeux rivés sur le Niffler. Ses yeux ne brillaient pas autant que ceux de Newt mais ils avaient tout de même des airs de joyaux alors qu'il observait les pièces voler d'une patte à l'autre, qu'il reniflait ou enfonçait cet argent dans l'étrange poche ventrale. Des fois, il en ressortait des choses pour les installer sur les tas déjà imposants, ou les accrocher aux lustres et chambranles, mais ce n'était en rien ce qu'il avait enfoncé quelques instants plus tôt.

Tant de mystères !

Tant de questions qu'il avait envie de poser à Newt en se précipitant auprès de lui.

µµµ

Dès qu'on entra dans la cuisine, Huck se tourna. Il se pencha profondément puis se précipita auprès de Newt pour s'incliner.

- Compagnon du Maître !

- Bonjour, Huck. C'est gentil d'être venu nous voir.

- Le Maître a dit que vous étiez trois Humains ce soir ?

- C'est exact. Comment vas-tu ?

Comme toujours, la question était éludée ou on ne lui répondait que par un murmure à peine perceptible. Newt n'y prêtait pas attention. Il savait que sa question avait l'art de dérangé les Elfes de Maison mais il ne pouvait rien faire contre cette politesse. Son père était un homme d'une vieille époque et sa mère si stricte…

- Et comment va Percival ?

- Le Maître va très bien ! Je vous prépare un gratin de pomme de terre, du steak pour le Maître et votre invité et des épinards. J'espère que ça vous convient ?

- Bien sûr.

Newt s'était déjà déplacé vers la table, aidant Dougal à s'installer avant d'aller vers le frigo pour y récupérer quelques fruits qui feraient la joie du Demiguise. Il lui jeta une pomme bien froide qui fut de toute évidence rattrapé. Mais le magizoologiste n'en doutait pas.

- Je me suis occupé du ménage et de nourrir vos créatures selon les demandes du Maître. Vous aurez le temps de vous occuper de votre livre.

- Ah ! Le livre ! Rit Newt.

Ce n'était pas qu'il l'oubliait, au contraire, il ne pensait qu'à ça. Mais il avait si peu le temps.

- Même Joachim ? Le Licheur. Spécifia-t-il.

- Oui. Mais je crois qu'il était encore affamé.

- Je m'en chargerai.

En plus, il devait aussi aller se charger lui-même des Limaces de Feu…

- Le Maître rentrera un peu plus tard.

Huck vint poser une part de tarte à la pomme devant la place de Newt et une autre pour Croyance.

- Il a une affaire au village de la Forêt de Dean.

- Quelle affaire ?

- C'est cette histoire de clan. Votre sœur l'appelle « la Confrérie du Mal ».

- Oh…

Newt ne savait que penser de toute cette histoire. Il prit un morceau de tarte mais comme elle était trop chaude, il le reposa et alla chercher un raisin qu'il donna à Pickett, lequel mordit dedans et noya la peau tachée de brun de jus.

- Croyance ?

Le Sorcier partit vers la porte du salon.

- Le goûter est servi.

Il trouva l'adolescent, se tenant devant le Niffler, qui pleurait à chaude larmes…

µµµ

Lassé, rompu par les efforts et les recherches qui ne semblaient jamais en finir, Percival poussa un grognement avant de jeter le papier qu'il lisait. Il se passa les mains sur le visage. Il en avait pour encore un moment et ce n'était pas le café que les Elfes de Maison lui servaient sans cesse qui le ferait tenir. Bien sûr, il s'occupait de la fameuse « Confrérie du Mal » mais ce n'était pas tout ! Il lui restait toutes les autres tâches à faire. Valider les constructions d'annexes, s'assurer que la ville ne tomberait en pénurie de rien car elle ne se suffisait pas à elle-même, se présenter auprès de ses concitoyens pour régler les problèmes s'il y avait…

La première fois que Newt avait assisté à une journée de travail de son compagnon, il avait été surpris. Venant d'une ville comme Londres, et qui était emplie de moldus, il ne s'était pas attendu à ce travail acharné pour un élu public. Il avait sincèrement cru que son homme passait davantage son temps à se tourner les pouces.

Percival se leva et s'étira, regardant les parchemins quelque peu aspergé de café que les Elfes de Maison venaient ranger dès qu'ils le pouvaient. Grâce à Jacob, il avait maintenant une liste presqu'assurée du nombre de personne qu'il y avait dans cette confrérie et il avait pu noter ce qu'ils faisaient, en quoi ils seraient utiles à ladite confrérie… Il n'en avait pas la moindre idée pour sa part.

Il devait trouver un but.

Le même que celui de son père ?

Il devait s'en assurer mais ce n'était pas demain la veille que Jacob l'en informerait. Il devait d'abord se les mettre dans la poche et ça demanderait du temps. Il était maintenant convaincu que c'était une très mauvaise idée d'avoir envoyé un moldu là-bas. Au moins, il était sûr qu'il n'aurait pas cette mort sur la conscience.

Il espérait seulement que ce genre de secret n'arriverait jamais aux oreilles de Newt…

Il partit à l'étage pour fouiller dans les bibliothèques diverses et achever ses informations. Le problème était que Jedusor était nouveau dans le village et qu'il avait peu de données à son sujet.

- Islander ! Appela-t-il.

L'Elfe de Maison se précipita auprès de lui.

- Oui, Maître ?

- Envoie une lettre à Madame le Premier Ministre, Seraphine Picquery. Donne-lui mes salutations les plus distinguées, dis-lui que Newt lui enverra sous peu un rapport, en n'oubliant pas qu'il est une femme pour elle, puis demande-lui des informations sur Thomas Jedusor Junior.

- Bien, Maître !

Islander disparut rapidement pour écrire la lettre en question de sa plus belle écriture. Percival demanda à Hozaille de ranger les livres dont il n'avait plus besoin puis il retourna à son bureau qui était déjà impeccable, n'ayant plus que quelques parchemins. Il roula celui qui contenait toutes les preuves de ses recherches et il le mit dans un tiroir qu'il verrouilla magiquement.

- Je vais faire une dernière ronde, je veux que la lettre soit finie pour mon retour, Islander.

- Bien, Maître !

Percival sortit de la Mairie et utilisa un Lumos pour être sûr d'avoir une lumière décente. Laquelle lui permit de se déplacer dans les rues qui étaient principalement vides à cette heure-ci. Et c'était sans doute pour ça qu'il cherchait d'autant plus les capuches noires, s'attendant à surprendre des réunions de Clan.

Il n'y avait rien.

Après quinze minutes de ronde scrupuleuse, il put rentrer à la Mairie où Islander avait eu le temps de faire trois lettres. Il choisit alors celle qu'il préférait, et qui était la plus cajoleuse vis-à-vis de Seraphine, avant de demander qu'on la fasse envoyer.

Il devrait avoir une réponse demain si l'hibou volait bien. Après-demain au pire…

Tout cela fait, Percival put enfin rentrer chez lui, deux heures trente après l'heure où il le faisait habituellement. Il espérait que Newt ne lui en voudrait pas, ce dont il doutait, et qu'il ne serait pas déjà allé se coucher, ce qui était plus que probable…

Il arriva dans le salon qui était déjà éteint. Les seules sources de lumières venaient de la lumière se réverbérait dans les pièces et jetaient un million de petites lumières magnifiques et surprenantes. Une ambiance qui pouvait être très romantique… S'il n'y avait pas un énorme Niffler de plusieurs centaines de kilos qui se trouvaient là.

Percival passa dans la cuisine qui était également éteinte mais où son repas l'attentait. Il était bien tenté de l'engloutir, surtout que la quantité de café qu'il avait bu l'empêcherait de fermer l'œil avant un bon moment, mais décida de grimper les escaliers. Il n'était peut-être pas trop tard pour retrouver son compagnon bien qu'il était si tard pour lui qui travaillait toujours d'arrache-pied…

Il frappa à la porte de leur chambre et rentra après en avoir reçu l'autorisation. Ce qui aurait pu sembler bizarre voir de trop en temps normal mais qui n'était que respect et politesse. Toutefois, cette fois, ça avait son sens. Newt avait Croyance dans ses bras et lui caressait les cheveux, l'air soucieux.

- Bonsoir ? Fit Percival.

- Bonsoir.

- Que se passe-t-il ?

Il remarqua que l'adolescent pleurait. Newt eut le regard étrangement fuyant pendant quelques secondes avant de revenir vers son amant et de lever le visage en sa direction.

- Croyance est triste parce qu'il sera complètement guéri, d'ici un jour ou deux, nous devrons lui effacer la mémoire. Et il ne souhaite pas perdre tout ça. Expliqua le magizoologiste.

Newt ne chercha pas à voir l'expression de son partenaire parce qu'il avait tous les droits au monde de lui en vouloir. Il lui avait dit combien de fois de ne pas trop montrer de choses à Croyance ? Il voulait lui faire découvrir des merveilles alors qu'au final, il ne faisait que le faire souffrir.

Bien sûr, il pouvait se dire que cette souffrance, elle disparaîtrait lorsqu'il l'aurait oublietter mais il ne pourrait pas oublier, lui, qu'il l'avait fait souffrir à ce point. Par pure bêtise.

Ou gentillesse.

Quoique les deux se valaient.

- Vraiment ?

Percival s'approcha de l'enfant.

- Tu souffres réellement ? Questionna-t-il.

Newt fronça les sourcils, surpris par cette façon de lui parler. Pourquoi est-ce qu'il voulait vérifier ainsi qu'il souffrait ?

- Ma question est légitime. Dit Graves en voyant les yeux bleus se braquer sur lui.

- Oui, Monsieur. La magie c'est tellement… mieux. J'aimerais ne garder jamais que ça. Murmura-t-il.

Il renifla tristement.

Il ne voulait vraiment pas que les choses changent. Si ce n'était que Modestie profite de tout ça avec lui. Pourquoi elle n'était pas là ? Il ne pouvait pas demander ça même s'il en mourrait d'envie. Ça ne se faisait pas… Surtout pas alors qu'il s'épanchait déjà sur Newt et qu'il était persuadé qu'il mettait en danger leur couple…

- Ta sœur, elle n'est pas de ton sang ? Questionna-t-il.

- Non.

Percival fronça ses épais sourcils puis se mâchonna la lèvre inférieure alors qu'il avisait l'adolescent puis son compagnon. Celui-ci continuait de caresser les cheveux noirs du garçon qui appuyait sa tête contre son épaule.

- C'est un Cracmol. Dit-il. Je l'ai senti dès que je l'ai vu. Mais je ne pensais pas qu'il resterait avec nous. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

À cette information, le magizoologiste ne put s'empêcher de froncer les sourcils et même d'écarquiller les yeux. Si Croyance était un Cracmol, ça voulait techniquement le droit de pouvoir demeurer auprès de la magie… Mais il savait aussi que normalement, c'était surtout parce qu'ils étaient dans des familles magiques et qu'ils avaient le droit d'en connaître plus…

Le problème étant que si Croyance était un Cracmol, ce n'était pas le cas de Modestie. Et ils ne pouvaient pas les séparer !

- On ne peut pas retrouver sa sœur et les garder tous les deux ? Questionna Newt.

Croyance tourna la tête vers Graves, espérant.