Bonjour tout le monde!

Désolée pour le léger retard de ce chapitre, mais je l'ai relu au moins une bonne centaine de fois pour être sûre de vous offrir un final potable ~ Et, en fait, je ne suis toujours pas sûre de mon coup :-/ J'ai très très peur à cet instant précis...

En espérant que ce sera une agréable lecture pour vous ~


Quand l'oiseau rose et l'homme masqué sont devenus autre chose

Se faire face, ce n'est plus aussi évident qu'auparavant.

Avant, c'était la guerre, c'était le désespoir, c'était la crainte de mourir à tout instant. C'était le moment où on pensait ne plus avoir de temps à perdre, plus assez de temps pour s'embarrasser de réflexions inutiles, plus de temps non plus pour calculer ses moindre mouvements. Avant, ils pouvaient marcher à l'instinct sans se poser de questions. Maintenant, ils doivent s'en poser. Ils doivent trouver des réponses. Et surtout, ils doivent faire une mise au point.

Sakura sait qu'elle doit faire face à Obito maintenant. Mais cette perspective ne lui a jamais autant paru être une corvée – aussi agaçante que gênante.

Elle est partie loin la kunoichi courageuse et réfléchie – elle a fui aux confins de son esprit, là où Sakura ne peut plus faire appel à elle. Il n'y a plus de petit oiseau intrépide. Il ne demeure plus que la femme, fragile et débordante d'émotions, qui a su maintes fois prouvés par le passé qu'elle ne savait définitivement pas faire face à ce genre de situations. Ou du moins, pas sans avoir droit à la clef à un flot intarissable de larmes après avoir déblatéré des paroles trop candides et vides de sens.

Obito n'est pas Sasuke. Sakura en a pris conscience. Non, en réalité, Obito la ménagera sûrement. Il sera gentil et patient.

Pas forcément amoureux pour autant.

Car Sakura reste une banale gamine de dix-huit ans face à cet homme de dix ans son aîné. Une kunoichi à la maturité adulte, certes, mais qui a souvent tendance à replonger dans l'enfance au contact de son soleil blond, ou à se laisser porter par l'adolescence quand il s'agit de relations. Elle n'est encore qu'une jeune femme dictée par ses sentiments – et ses hormones.

En ce sens, et après y avoir franchement réfléchi durant la semaine qui s'est écoulée, elle est presque sûre d'être amoureuse d'Obito Uchiha.

C'est avec cette quasi-certitude et toutes les appréhensions qui l'accompagnent que Sakura a franchi la distance qui sépare son appartement du logement provisoire d'Obito.

Situé en retrait du village, les premières habitations environnantes n'apparaissent que cent mètres plus loin. Derrière la petite maison se dresse un pan du mur d'enceinte qui encercle le village, gris, dur et froid.

Sakura frappe à la porte, sachant qu'Obito ne peut la sentir avec ces perturbateurs de chakra collés aux poignets. Elle a la boule au ventre. Cela fait une semaine qu'ils ne se sont pas vus outre au tribunal. Une semaine qu'ils n'ont pas échangé un seul mot, juste un ou deux regards tout au plus, les autres ayant été à sens unique le reste du temps. Manque d'harmonie. La situation est trop différente de tout ce qu'ils ont connu jusqu'à présent. Cette confrontation sera une expérience inédite pour eux.

La porte s'ouvre, et le cœur de Sakura avec. Elle sent comme un trop-plein d'émotions qui s'écoule petit à petit de son organe vital pour partager avec le reste de son corps. Alors qu'elle regarde Obito, inchangé depuis la guerre – si ce n'est le fait qu'il porte enfin un t-shirt -, et qu'il la regarde avec tout autant d'intensité, elle sent cette énergie affluer dans ses membres pour en prendre le contrôle. Avant même qu'elle ne s'en rende réellement compte ou qu'elle ait juste eu le temps d'y penser, elle vient de fondre sur lui.

Il a juste le temps d'écarter les bras pour l'intercepter.


La maison est petite, plutôt sombre, mais fonctionnelle. Il n'y a pas beaucoup de meubles, juste de quoi vivre décemment. Parmi eux, un canapé, largement dépassé et peu confortable, sur lequel Sakura ne cesse de gigoter. Mal à l'aise, elle ne tient pas en place. Elle n'a pas vraiment brillé par sa grâce et son esprit quand elle a littéralement sauté sur Obito un peu plus tôt.

L'homme, d'ailleurs, apparait depuis la cuisine, plateau en main. Il dépose deux tasses délavées sur la table basse, ainsi qu'une théière fumante dégageant un délicieux arome de pêche et une légère note de citron. L'ambiance générale devient un peu plus conviviale, et la rose parvient à se détendre quelque peu, bercée par le bruit du liquide versé. Quand elle porte la tasse de thé chaude à ses lèvres, son corps achève de se détendre. La boisson réchauffe agréablement ses entrailles et son esprit. Elle l'embrume juste ce qu'il faut pour oser prendre la parole.

« Alors, tu arrives à te faire à cette nouvelle vie ? » demande-t-elle à Obito, assis à même le sol de l'autre côté de la table.

« Ça ne fait que quelques jours, mais la routine commence déjà à s'installer » répond-il avec un sourire entre l'amertume et la résignation. « Je n'ai pas trop à me plaindre, de toute façon », finit-il par souffler après quelques secondes.

Sakura hoche la tête en reprenant une gorgée.

« Et… » débute-t-elle.

« Je suis désolé, Sakura » l'interrompt Obito, « mais je n'ai pas très envie de parler de la pluie et du beau temps avec toi. Toi non plus, je me trompe ? »

La rose lâche un soupir, se recroquevillant au fond du canapé.

« Je ne sais pas vraiment quoi dire, en fait » avoue-t-elle.

« Ca fait une semaine qu'on ne s'est pas vus, hormis au procès. »

Il a presque l'air déçu quand il prononce ces mots.

« Tu étais en détention avant et j'ai pensé qu'il valait mieux te laisser prendre tes marques avant de venir te voir. »

« Et peut-être aussi que tu aurais pu rester avec moi pour m'aider ? »

« Je ne pouvais pas savoir que tu aurais voulu que je sois là. »

« Vraiment ? »

« J'avais encore quelques mises au point à faire. »

« Oui, bien sûr » soupire-t-il.

Le silence retombe après cela tandis que chacun termine sa boisson, plongé dans ses pensées.

« Est-ce que… est-ce qu'on a besoin d'une mise au point tous les deux ? » interroge Sakura d'une petite voix.

Obito plante presque immédiatement ses prunelles dans les siennes, comme si elle posait enfin la bonne question.

« Est-ce que tu crois qu'il y a des choses à éclaircir ? » demande-t-il en retour.

« Je suis incapable de deviner à quoi tu penses » élude la rose en détournant le regard.

« Moi non plus. Je n'ai aucune idée de ce qui peut bien te passer par la tête. »

« On est bien avancés, alors » ricane la jeune femme.

Obito la fixe un moment, avant de soupirer encore et de poser sa tasse sur la table. Se levant, il va se placer aux côtés de Sakura sur le canapé.

« Commençons avec des choses plus simples, alors » chuchote-t-il d'une voix douce. « Est-ce que tu te remets de la mort de Kakashi ? »

« Je suppose que j'aurais encore souvent droit à cette question » marmonne la jeune femme, ennuyée.

« Je suis désolé » fait Obito en élevant la voix, clairement agacé. « Mais je suis assigné à résidence jusqu'à nouvel ordre hormis pour les travaux d'intérêt général qu'on m'a collé. Alors, oui, excuse-moi si j'essaie de me tenir au courant ou si d'autres ont déjà posé la question avant moi. Mais je n'ai aucun moyen de savoir comment tu vas ici, puisque tu n'étais apparemment pas décidée à venir me voir plus tôt! »

La rose se mordille la lèvre inférieure, embarrassée. Obito rejette la tête en arrière face à son manque de réaction, et s'appuie de tout son poids sur le dossier du canapé, épuisé.

Elle sait bien qu'il doit se sentir seul et rejeté, même s'il sait qu'il mérite cette punition – déjà bien allégée par rapport à ce qu'il aurait pu subir s'il n'avait pas été qualifié de héros de guerre. Mais Sakura n'a jamais été femme à être à l'aise avec le sexe opposé, et seul le contexte de guerre et son atmosphère empressée l'avait assez enivrée pour ainsi prendre les devants dans sa relation avec Obito. Maintenant que le climat a complètement changé, elle est incapable d'agir comme avant. Les rôles sont échangés, et ce n'est plus la rose qui désire Obito plus que tout, c'est Obito qui désire Sakura comme jamais.

La guerre l'a désinhibée, et la paix l'a faite redevenir la sage kunoichi que tout le monde connait. A son exact contraire, la guerre a freiné Obito dans ses désirs, tandis que la paix revenue lui a permis de réaliser à quel point en réalité il a besoin d'elle et, surtout, à quel point il la veut.

Oui, définitivement, c'est un manque d'harmonie qui règne entre eux et parasite l'air environnant. Aux antipodes l'un de l'autre quelle que soit la situation, ils ne parviennent pas à s'accorder. Peut-être parce que Sakura n'y met pas assez du sien.

« Je vais bien. »

Obito glisse son regard sur elle, toujours adossé.

« A propos de Kakashi » explique-t-elle en tortillant une longue mèche de sa frange rose. « J'ai été très secouée sur le moment, mais je crois que j'ai réussi à faire mon deuil, maintenant. J'ai toujours mal mais je l'accepte. »

Le regard du ténébreux est impénétrable.

« Donc, ça va » conclut Sakura, sans oser lever les yeux.

« Je t'aime. »

La rose entoure ses jambes fuselées de ses bras finement musclés, et pourtant, ainsi recroquevillée, elle a l'air plus fragile que jamais.

« C'est ce qu'il a dit juste avant de mourir, Sakura. »

« Je sais » chuchote-t-elle d'une voix aigüe, piquante de larmes retenues.

« Pourquoi est-ce qu'il a dit ça ? »

Sakura garde le silence. Elle-même n'en connait pas la raison, et elle ne sait pas quoi répondre à ce reproche voilé.

« Pourquoi ? » insiste Obito en se redressant brusquement et en relevant le visage de Sakura afin de planter son regard dans le sien.

Ses prunelles vert d'eau tremblotantes, ses yeux rougis mouillés de larmes mal contenues ont presque raison de lui. Il se sent flancher, mais il garde ses résolutions. Il a besoin d'être sûr que Sakura ne se leurre pas depuis le début.

« Je ne sais pas » répond faiblement la rose, les mots hachés par la douloureuse boule de nerfs qui enserre sa gorge.

Obito darde ses pupilles dans les siennes, cherchant à lire le mensonge dans ses jumelles.

« Obito, je ne sais vraiment pas ! » craque la jeune femme dans une pluie de larmes.

Elle tombe dans les bras masculins, enfouissant son nez dans son cou et agrippant le t-shirt au niveau de son torse. Elle serre fort le tissu dans ses poings.

« Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle il a dit ça ! Il n'a jamais fait attention à moi. Il a toujours préféré Sasuke et Naruto, et j'ai toujours été persuadée que je n'étais pas assez digne de sa puissance pour qu'il daigne m'entrainer correctement. Quand Tsunade-sama a accepté d'être mon maître et m'a montré tout mon potentiel, j'ai révisé mon jugement et j'ai haï Kakashi de ne pas avoir voulu le voir sous prétexte que je n'avais aucun pouvoir particulier. Mes sentiments ont évolué avec le temps, et j'ai juste gardé de la rancœur envers lui tout en lui témoignant le respect qu'il continuait de m'inspirer malgré tout. On s'est battu ensemble pendant la guerre, et c'était plutôt rassurant de le savoir dans la même unité que moi. Mais à aucun moment il n'y a eu de… de rapprochement entre lui et moi. »

Elle renifle et expire profondément pour se redonner contenance avant de continuer plus posément.

« Je ne comprends pas pourquoi il a dit ça, ni pourquoi dans un moment pareil alors qu'il savait pertinemment pour nous deux. Peut-être pour ne pas avoir de regrets, ou peut-être juste comme une ultime vengeance sur toi. On ne le saura jamais. Mais je te jure que je n'ai rien fait pour ça. »

Attendri malgré lui, les résistances d'Obito éclatent en même temps que les sanglots de Sakura reprennent. Elle pleure pour Kakashi, elle pleure pour les autres morts, elle pleure pour la guerre, elle pleure pour eux deux. Il sait tout ça. Il sait qu'elle a besoin de vider son sac malgré la force et la ténacité dont elle a fait preuve dans l'action. Maintenant est venu le temps de rejeter tout le mal qui s'est insinué en eux pour remettre le compteur à zéro et pouvoir prétendre à entrevoir l'avenir avec davantage de sérénité.

Alors, il consent à enrouler ses bras autour d'elle, une main posée dans le bas de son dos et l'autre dans ses cheveux, pour l'apaiser un peu et se rassurer lui-même.


La rosée matinale laisse une douce sensation de fraicheur sur sa peau tandis qu'elle sillonne à petites foulées les rues en éveil du village.

« Avant j'étais juste l'oiseau, toi l'homme masqué, entouré de mystères et donc diablement tentant. Maintenant, je ne sais plus ce qu'on est. »

Sakura accélère la cadence. Elle se maudit d'avoir eu l'air si faible et fragile hier devant Obito.

« Les choses n'ont jamais été aussi simples entre nous ! Nous sommes sortis vivants du plus grand combat de l'Histoire, nous sommes au tout début d'une ère de paix qui s'annonce longue, tu as retrouvé ton village et tes amis, j'ai été acquitté en échappant à la peine de mort. Tu es Sakura Haruno, et je suis Obito Uchiha. Juste ça. Juste toi et moi. Il faut vraiment que tu arrêtes de te prendre la tête. Parce que tout pourrait vraiment être simple entre nous. »

Surtout qu'elle a bien conscience que c'est lui qui a raison sur toute la ligne. Elle ne sait pas ce qui lui a pris, sans doute un gros coup de mou, mais elle a raconté n'importe quoi et a recommencé à pleurer comme une madeleine.

« Et comment est-ce que tu fais pour être aussi sûr de ça ? Pourquoi est-ce que toi tu ne te prends pas la tête ? Je crois que c'est une réaction tout à fait normale. »

De quoi faire fuir n'importe qui. Un ninja qui se pose autant de questions n'est en réalité pas un vrai shinobi. Tous ces efforts pour rien. Sa capacité émotionnelle n'a pas évolué d'un iota du début de sa vie jusqu'à aujourd'hui.

« Ce n'est pas toi, la Sakura que j'ai connu pendant la guerre et à qui j'ai confié mon destin. C'est elle que je veux, pas une autre. »

Encore une fois, Obito a visé tellement juste que ça en a fait mal comme jamais. Comme une déchirure dans le cœur, qui suinte lentement et approche de la mort tout aussi doucement. Une agonie longue de son myocarde, immuable et à la saveur cruellement éternelle.

« Et si c'est celle que tu as en face de toi, la vraie Sakura ? Si c'est l'autre, l'imposteur ? »

Une dernière tentative pour justifier un comportement qu'on sait pitoyable et inadapté à la situation.

« Alors je me suis trompé sur ton compte, et tu peux t'en aller quand tu veux, je ne te retiendrais pas. Mais je sais que c'est faux. Je sais que tu te caches et je ne comprends pas de qui tu peux bien avoir si peur. Est-ce que les réactions des gens du village t'inquiètent à ce point si on nous savait ensemble ? Je croyais que tu avais pourtant fait des « mises au point ». »

Bien sûr qu'elle en a fait. Tsunade et Naruto sont prêts à accepter une relation avec Obito au nom de leur affection pour elle. Ino ne cherche de toute façon qu'à la caser, alors en plus si c'est avec un supposé mauvais garçon Uchiha, plus âgé qu'elle de surcroit, elle en sera hystérique. Les personnes qui comptent pour elles sont peu nombreuses et toutes en accord avec ses choix. Elle n'a pas peur de ça, c'est juste une façade.

« Ecoute, j'ai vraiment douté de nous pendant la guerre. J'étais incapable de savoir ce qui allait advenir de nous, et j'étais à ce moment-là presque sûr d'y laisser la vie. Je ne pensais pas pouvoir t'offrir d'avenir. Aujourd'hui, je n'ai jamais été plus sûr de notre relation. Il n'y a plus rien pour nous retenir ! »

Parce qu'elle est incapable de lire l'avenir et qu'elle a une peur bleue des embuches qui pourraient encore semer leur route. Elle a tellement de mal à se dire que tout est bien fini et qu'elle peut enfin vivre comme elle l'entend.

« Réfléchis-y, s'il te plait »

Et là, elle a compris qu'il était temps de prendre congés de lui.

« Quoi que tu décides de faire après ça, ma porte reste ouverte » il lui a dit juste avant qu'elle ne franchisse le seuil de la maison.

Une chance qu'Obito veuille toujours d'elle après cet épisode catastrophique. Sakura n'est définitivement pas douée pour faire face à ce genre de situations. Elle ira le voir dans l'après-midi. Et elle se rattrapera pour sûr.

Sakura augmente encore son allure et sprinte jusqu'au terrain d'entrainement. La sensation de liberté que l'adrénaline fait couler dans ses veines embrouille son esprit et l'empêche de réfléchir davantage. C'est juste ce dont elle a besoin. Arrêter de réfléchir. De penser à l'avenir. De vivre au jour le jour. Comme un vrai shinobi. Comme la kunoichi qu'elle a eu tant de mal à devenir.

Elle veut Obito, et c'est tout.


« Je crois que je me suis violemment perdue, hier. »

« Je crois aussi. »

Elle est là, devant sa porte ouverte, lui de l'autre côté du seuil qui les sépare.

L'atmosphère est toute différente du jour précédent. Obito voit bien que le regard de Sakura a changé. Plus franc, plus assuré, où percent une note d'excuses désarmantes de sincérité et une pointe d'embarras. Il se noie dans ce regard.

« Tu m'as fait peur pendant un moment. J'ai bien cru que tu ne reviendrais pas. »

« C'est toi qui es beaucoup trop gentil » rit nerveusement Sakura. « Tu aurais pu me claquer la porte au nez et décider de ne plus jamais avoir affaire avec moi. »

Il tend le bras pour caresser la joue couleur de pêche.

« J'ai vraiment été nulle » elle souffle en détournant les yeux.

« N'en parlons plus » chuchote Obito en l'attirant dans ses bras.

« Tu ne me confonds plus avec Rin, hein ? »

C'est le dernier bribe de doute qu'il lui reste.

« Elle a été mon premier amour, comme Sasuke a été le tien. Et elle restera toujours dans mes souvenirs. Mais je ne te confonds pas avec elle. Plus maintenant. C'est promis. »

« Je n'aime plus du tout Sasuke non plus » affirme Sakura, ses yeux ayant retrouvés leur malice levés vers Obito.

« Alors tout est parfait » sourit ce dernier en refermant la porte derrière eux.


Ils sont dans le canapé comme hier, mais tous les deux adossés avec le sourire, une nouvelle tasse de thé chaude entre les mains, indubitablement détendus et plus heureux.

Ils n'ont plus autant de mal à se parler, et c'est naturellement que les conversations et les silences s'enchainent entre eux sans laisser place à la gêne à aucun moment. Ils parlent de Konoha, du monde extérieur, et un peu d'eux aussi. Ils parlent avec aisance et détachement, comme s'ils avaient l'habitude d'échanger depuis la nuit des temps. Ils sont tantôt sérieux, tantôt légers, et ils rient beaucoup.

« Tu sais, cette technique du Harem inversé que tu as utilisé contre Kaguya » amorce Obito avec un sourire en coin.

« Oui » hasarde Sakura en trempant ses lèvres dans la boisson aromatisée, l'air de rien.

« Déjà, je tiens à dire qu'elle était géniale. Très réussite. Je n'avais pas eu le temps de te féliciter sur le moment. »

« Ah, ne te moque pas de moi ! » rit la rose en donnant un petit coup d'épaule à son homologue. « C'est Naruto qui me l'a apprise. »

« Oui, je m'en doute bien » sourit Obito avec espièglerie. « N'empêche, je suis vraiment admiratif. Ils étaient plus vrais que nature. »

Le sous-entendu est à peine voilé.

« Je suis médecin » se justifie Sakura sans ciller. « C'est mon devoir de connaitre l'anatomie par cœur. »

« Hum hum » approuve l'Uchiha en feignant l'indifférence. « Je me disais juste… je suis pratiquement sûr que l'un de ces clones me ressemblait. »

« Ah bon ? » fait la jeune femme, soudainement moins assurée, buvant son thé pour masquer son visage coloré. « Je n'avais pas remarqué. »

« Non, bien sûr. »

« Vraiment. »

« Tu pensais trop à moi, en fait. »

« Non mais qu'est-ce que tu vas croire ? C'était une situation sérieuse ! »

« Très sérieuse. »

« Je ne pensais pas à toi ! »

« Je te crois. »

« Tu n'es pas le centre du monde ! »

« Pas du grand monde. Mais du tien, si. »

« Alors là, tu es bien loin du compte » ricane Sakura. « Tu aurais quelques personnes à éliminer avant de pouvoir prétendre à cette place. »

« Ah bon ? » fait Obito, feignant la jalousie. « Qui d'autre y a-t-il en plus de moi ? »

« Sache qu'en tête de liste, il y a d'abord Naruto. »

« En tête de liste ? Pourquoi pas. Ça ne me surprend pas. Je n'ai rien à craindre de lui, de toute façon. »

« Après, je dirais qu'il y a Ino, ma meilleure amie. »

« Et moi, je suis où ? »

« Ensuite, il y a Tsunade-sama. »

« Je suis carrément hors-classement, en fait, c'est ça ? »

« Et puis, Sasuke a tendance à devenir un peu plus sociable alors je le classerais en quatrième position. »

« Oui, je suis définitivement au-dessus du commun des mortels. »

« Et en dernier, il y a toi. »

« Après Sasuke ? » s'insurge Obito.

« Bien sûr » répond calmement Sakura en terminant sa boisson. « Je le connais depuis beaucoup plus longtemps que toi, après tout. »

« Mais Sasuke » insiste-t-il.

« Oui, Sasuke » répète la rose, blasée.

Obito agrippe Sakura par la taille avant de la coller contre l'accoudoir du canapé. Avec malice, il chatouille les côtes de la jeune femme en guise de vengeance.

« Tu n'as pas le droit de me classer derrière un abruti pareil ! »

Trop occupée à rire comme elle ne l'a plus fait depuis longtemps, la rose ne parvient pas à articuler de réponse intelligible.

« Je retire ce que j'ai dit ! » s'exclame-t-elle tout de même après quelques secondes, à bout de souffle.

« Et ? »

« Je refuse de faire un vrai classement. »

Les yeux humides d'avoir trop ri, les joues rougies et les cheveux emmêlés, Sakura est bien trop belle pour qu'il puisse décemment continuer à la taquiner sur le sujet. Il appuie alors ses lèvres sur le front dégagé avant de reprendre sa place initiale. Sakura se redresse également pour remettre de l'ordre dans sa tenue. Ses yeux pétillent de bonheur.

« En fait » commence Obito pour reprendre la conversation, « il y a un anbu qui vient régulièrement me surveiller et qui s'est présenté comme étant un ami à toi. Il s'appelle Sai. »

« Oui, c'était un membre de mon équipe » confirme Sakura avec un brin de nostalgie.

« Il vient étonnamment assez souvent parler avec moi. Je crois qu'il fait ça pour toi. »

« C'est gentil de sa part » sourit Sakura en repensant à l'homme dénué de sentiments qu'elle a connu au tout début de leur partenariat. « Vous avez parlé de choses intéressantes ? »

« Pas vraiment, non. Juste deux trois choses histoire de faire passer le temps. Mais en fait, c'est pour une autre raison que je t'en parle » il avoue avec un sourire en coin à la consonance mesquine.

« Je ne sais pas encore ce que c'est, mais tu as l'air un peu sadique, avec cet air-là » lâche la rose, interloquée.

« Eh bien » explique Obito en s'asseyant correctement sur le canapé, presque comme Ino le fait quand elle est prête à raconter un ragot des plus palpitants, « j'ai pris l'habitude d'observer la ville ces derniers temps, depuis que je ne peux plus utiliser mon chakra correctement. Que ce soit depuis le toit ou par la fenêtre, j'essaie un peu de m'occuper l'esprit. Et figure toi que j'ai découvert quelque chose au sujet de Sasuke. »

« Sasuke ? T'as vraiment un problème avec lui, toi » rit Sakura.

« Laisse-moi raconter » lui intime Obito avec un geste de la main négligeant envers sa remarque. « Tu verras que ça vaut le coup. »

Sakura hoche alors la tête pour l'inviter à continuer, amusée de voir l'homme sous cette facette inédite.

« Quand Sai a changé son tour de garde avec un autre anbu, je l'ai vu s'en aller par la fenêtre. J'ai beau ne plus pouvoir utiliser mon chakra, j'ai encore l'œil affuté. Et devine un peu avec qui je l'ai vu sur le toit de la maison d'en face ? »

« Sasuke ? » s'exclame Sakura, ébahie.

« Exactement » confirme Obito, fier de son effet. « Et pas qu'une fois. Ils ont l'air de se voir souvent, tous les deux. »

« Mais, ils ne s'étaient jamais parlés avant qu'on ne retourne au village ! »

« Je sais. »

« Et Sasuke n'est absolument pas du genre à nouer une amitié en l'espace d'une semaine. Sai encore moins. »

Obito hausse les épaules.

« Je ne fais que rapporter ce que j'ai vu. »

« Oh mon dieu, il faudra que j'aille leur parler à ces deux-là ! Déjà que Naruto me cache des choses, à croire que plus personne ne veut rien me confier » boude la rose en croisant les bras sur sa poitrine.

L'Uchiha est secoué d'un petit rire en voyant la mine renfrognée de sa – désormais il pouvait se le dire – petite amie.

« Oh, il y a autre chose de plus réjouissant » dit alors Obito.

« Quoi donc ? » grogne la rose, concentrée sur les mille et une façons qui se présentent à elle pour punir ses « amis ».

« Sai m'a également soufflé que c'était ton anniversaire, cette semaine » il répond avec un air doux.

« Oh, oui » lâche Sakura dans un murmure, gênée. « Mais l'ambiance n'était pas vraiment au beau fixe. »

« Oui, je sais que c'était pendant la cérémonie funéraire et que personne n'avait la tête à ça. C'est pour cette raison que j'ai décidé qu'on pourrait le fêter aujourd'hui. »

« Et qu'est-ce que tu as en tête ? » demande malicieusement la rose en se rapprochant de lui.

« Eh bien déjà, joyeux anniversaire » chuchote Obito avant de déposer un tendre baiser sur les lèvres rosées qui semblaient n'attendre que lui.

« Merci » susurre la rose contre les lamelles de chair de son amant, comblée par cette initiative. « Est-ce que j'ai en plus le droit à un cadeau » demande-t-elle ensuite, taquine.

« Eh bien, j'aurais pu t'acheter quelque chose. Mais je n'ai pas le droit de bouger d'ici sans une bonne raison, et, je suis désolé, mais les anbus ne considèrent pas le fait d'acheter un cadeau d'anniversaire pour sa petite amie comme une raison valable. »

Sakura rougit légèrement sous l'appellation. C'est si bon quand c'est dit à haute voix.

« Et puis, » continue-t-il ses explications « je ne suis pas vraiment du genre à offrir des choses sans intérêt. Je ne suis pas très matérialiste. Désolé si tu voulais un bijou ou autre chose. »

« Je n'ai pas vraiment la tête à ça, en ce moment. Ça ne m'aurait pas vraiment fait plaisir » avoue la jeune femme.

« C'est ce que je me suis dit. Et c'est pour ça que j'ai décidé de te laisser choisir la suite. »

« La suite ? » interroge Sakura, pas sûre de comprendre.

« Le reste de cette journée t'es consacrée. A toi de voir ce que tu veux en faire. »

« Je peux faire ou demander tout ce que je veux ? » insiste la rose.

« Absolument tout. Je suis ton obligé » sourit Obito.

Comme lors de leur première entrevue en tête à tête, c'est une envie folle que Sakura a dans l'instant. Folle, mais si délicieuse.

Elle se hisse timidement sur ses genoux. Il l'encourage d'un sourire.

Elle plonge alors ses prunelles émeraude dans les onyx en face d'elle, tandis qu'elle caresse du poucela chère fine de sa bouche. Ses yeux sont du velours, et ses lèvres de la soie.

Elle l'embrasse.

Sur le champ de bataille, elle n'a pas vraiment eu le temps de songer proprement aux sensations qu'elle découvrait pourtant. La sensation était délicieuse, indescriptiblement délicieuse. Mais elle l'embrassait, point. Qu'importe la manière, c'était une série d'élans presque insoutenables qui la faisaient se sentir bien – mieux durant la guerre. Obito agissait comme un soutien, une bouée de sauvetage avec une petite dose de romantisme en plus. Maintenant que les choses sont claires entre eux, tout semble avoir changé.

Elle a déjà embrassé des garçons de son âge – davantage par curiosité que par réelle attirance. Mais elle n'a encore jamais eu la sensation d'embrasser un homme comme maintenant. Un homme fort, sûr de lui, qui sait ce qu'il veut et comment l'obtenir.

Obito cesse le baiser, et colle son front à celui de sa partenaire. Il approche ses lèvres pour effleurer ses jumelles qui le taquinent. Caresse le nez de sa belle du sien. Admire les nuances rosées de sa peau et de ses lèvres vues de si près. Dépose un baiser fin comme une plume sur la bouche délicieuse. Trop délicieuse pour qu'il continue ainsi à jouer. Il reprend possession des lèvres avec passion, mélange de douceur et de fureur à la fois. Il lui dit qu'il l'aime tout contre ses lèvres, et elle répond par ces mêmes trois mots magnifiques. Et ils s'embrassent. Encore. Encore. Et encore. De longs baisers entrecoupés par leurs souffles erratiques.

Il passe un bras sous chacune des cuisses de la rose et agrippe la chair en se relevant. Les jambes nouées autour de sa taille, Sakura ne le quitte pas une seule seconde du regard tandis qu'il évolue dans la maison.

Obito joue habilement du coude pour abaisser la poignée d'une porte, s'engouffre dans la chambre qui se révèle sans qu'il ne voit autre chose que du vert et du rose à n'en plus finir, avant de pousser le battant de bois du pied et de le faire claquer sur ses gonds.


« Bonjour, Sasuke » salue Sakura avec détachement comme si elle ne s'attendait pas à le voir, alors qu'elle sait pertinemment la raison de sa venue.

Elle a passé deux jours entiers dans les bras d'Obito – pour fêter dignement son anniversaire au souvenir jusqu'alors si morose. Elle ne peut pas dire qu'il reste encore beaucoup d'amertume dans le vingt-huit mars de cette année. Elle sourit à cette pensée. Elle a failli manquer un tel bonheur avec ses idioties.

Mais au bout de deux jours, elle s'est quand même décidée à rentrer chez elle, sans compter qu'Obito ne peut pas se permettre de se tourner les pouces. La Godaime lui a fait remettre un emploi du temps détaillé – et vraisemblablement très chargé – des tâches qu'il aurait à effectuer pendant le mois. Tout un programme qui ne leur laisserait sans doute pas l'occasion de beaucoup se voir prochainement.

Heureusement qu'ils en ont assez profité, se dit-elle avec espièglerie.

C'est en rentrant chez elle qu'elle a aperçu Sasuke qui l'attendait de pied ferme devant son logement.

Ce dernier hoche la tête pour lui rendre son salut.

« Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » demande Sakura, l'air de rien.

« Tu m'avais dit de revenir te voir, tu te souviens ou tu es trop bête pour ça ? » assène Sasuke, sachant lui pertinemment qu'elle se moque impunément.

« Pas de méchancetés, Sasuke » le sermonne la rose en secouant l'index devant son visage, plus par moquerie que par réelle conviction. « Je te signale que je t'ai ouvert les yeux. »

L'Uchiha pousse un long soupir.

« Ouais, plus ou moins » avoue-t-il en contemplant le bout de ses chaussures.

« Et ? »

Sasuke hésite, semble chercher ses mots.

« Le truc, c'est… c'est que tu as visé en plein dans le mille, en fait » il raille, pas très heureux de mettre ainsi sa fierté de côté. « Tu m'as plus compris que n'importe qui d'autre. Plus que Naruto, même. Et je voudrais… je voudrais vraiment m'excuser pour ce qu'ai pu dire ou faire pendant la guerre. Je sais que j'ai été… »

« Une véritable ordure » lâche Sakura, catégorique.

« Oui, je suppose qu'on peut dire ça comme ça » souffle le jeune homme, plus touché qu'il ne veuille bien le laisser paraître.

Sakura ne peut s'empêcher de sourire à la vue d'un Sasuke Uchiha aussi démuni.

« Excuses acceptées » dit-elle gentiment.

Le noiraud daigne lever les yeux vers la rose et hoche la tête avec reconnaissance. Il est éminemment plus sympathique ainsi. Sakura s'autorise même une petite embrassade amicale. Elle passe ses bras autour du cou de celui avec qui elle a le sentiment d'être enfin devenue amie après toutes ces années. D'abord surpris, le garçon rougit presque imperceptiblement, peu habitué à ce genre d'émois. Mais pour ne pas perdre la face, Sasuke préfère garder ses mains bien enfoncées dans ses poches et se contente de savourer la courte étreinte.

« En fait, tu en es où dans la recherche du partenaire idéal ? » chantonne la rose en le relâchant.

« Je ne recherche pas » répond Sasuke, ayant retrouvé son impassibilité habituelle.

« Non, bien sûr que non. Puisque tu l'as déjà trouvé » affirme Sakura avec un clin d'œil mutin.

Sasuke hausse un sourcil hautain, attendant la suite.

« J'ai entendu parler de Sai et d'un subtil rapprochement avec toi… Il parait que vous vous voyez assez souvent ces derniers temps » taquine Sakura d'une voix pleine de sous-entendus.

« J'aurais dû laisser Obito moisir en prison. »

La rose part dans un grand éclat de rire.

« Juste une chose et après j'arrête de t'embêter » dit Sakura en essuyant une larme qui menace de couler de ses yeux rieurs. « Comment ça se fait ? Je veux dire, c'est super que tu te fasses un nouvel ami – qui peut-être deviendra plus… »

Sasuke claque la langue à cette phrase, irrité et un brin gêné.

« …mais pourquoi Sai ? Vous ne vous êtes jamais adressé la parole ! »

« L'appartement dans lequel j'ai été relogé se situe dans le même immeuble que le sien. »

« Et c'est tout? » demande Sakura, blasée par le pauvre contenu de son explication.

Il détourne la tête, fier.

La rose soupire d'exaspération.

« Tu sais que la fille avec qui Naruto sort s'appelle Karui ? » lâche Sasuke pour faire la conversation - et changer de sujet. « Je crois que tu la connais. »

« C'est Sai qui te l'a dit ? » demande Sakura avec un haussement de sourcils suggestif, ravie de justement pouvoir garder le sujet ouvert.

Sasuke lui assène une petite tape sur le haut de la tête. Sakura lui présente une langue enfantine.

« Mais Karui, ce serait pas la fille qui l'a une fois tabassé ? » s'exclame-t-elle soudain, ahurie.

« Il parait. »

« Waouh, je ne savais pas Narto comme ça. Enfin je veux dire, avec des tendances un peu maso…»

Sasuke s'autorise un discret sourire à cette remarque.

« Hey, Sakura-chan, Sasuke ! » crie justement Naruto depuis le bout de la rue.

« Naruto ? » fait la rose en feignant la joie. « Tu tombes bien ! Viens par-là, s'il te plait. On a deux-trois trucs à se dire tous les deux. »

Mais Naruto flaire vite l'entourloupe. Il ralentit progressivement l'allure en même temps que son air enjoué se ratatine. Quand Sakura s'avance dangereusement vers lui, il déglutit bruyamment et prend ses jambes à son cou.

« Comment ça va avec Karui-chan? » demande innocemment la jeune femme en faisant craquer ses phalanges.

« C'est pas ce que tu crois, Sakura-chan. J'allais t'en parler, je te le jure ! »


« Rapport » ordonne Tsunade sans relever le nez de la paperasse.

« R.A.S » répond Sai, bien droit face au bureau. « Le comportement d'Obito Uchiha est exemplaire. »

« Bien. Est ce qu'il a pris connaissance de son emploi du temps? »

« Oui, il est prêt. »

« Parfait. Rien à redire, donc ? »

Sai semble hésiter quelque peu.

« Je ne pense pas que cette information soit d'une importance capitale, mais j'ai pu constater un net rapprochement entre Obito Uchiha et Sakura Haruno. »

Tsunade roule des yeux à l'expression utilisée, non sans un sourire en coin.

« Tu l'as consigné dans ton rapport écrit? »

« Non, Hokage-sama. »

« Très bien, garde-le pour toi. Chaque chose en son temps. »

Elle s'adosse pensivement contre son fauteuil.

« Jusqu'où ? » demande-t-elle tout de même avec curiosité.

« Jusqu'au lit » déclare Sai avec neutralité.

La Godaime ricane en faisant pivoter son siège vers la baie vitrée qui délimite son office. Elle prend un petit cahier noir entre ses mains. D'un geste négligé, elle arrache la feuille au nom de Tobi du Bingo Book. Elle froisse le bout de papier avant de le jeter dans la corbeille à ses pieds.

« Tu feras passer l'information aux autres villages. »

Sai hoche la tête avec professionnalisme avant de s'éclipser.

Tsunade se lève alors et avance vers la vitre. Elle pose une main à plat sur le matériau tiédit par les rayons du soleil couchant et contemple au dehors. Le village de la feuille est en effervescence en cette fin de soirée, prêt à fêter comme il se doit autour du souvenir de feu Hashirama Senju et du jour où il a posé la première pierre du futur Konoha.

Le souvenir de la guerre est encore frais dans les mémoires, mais il est temps de faire son deuil et d'avancer. Il n'y qu'ainsi que chacun pourra honorer ses morts.

En continuant à vivre.


...

Je ne sais pas quoi dire, l'émotion m'étreint :') C'est un point final que je mets à cette fanfiction ~

J'espère que ce dénouement vous a plu, vraiment. Peut-être que vous êtes déçus, peut-être que non, mais sachez que je ne peux imaginer de suite. Le reste appartient à Obito, à Sakura et aux autres. Il est temps que je les laisse tranquille...

Je tiens à tous vous remercier d'avoir suivi cette fanfiction, de l'avoir aimée, de l'avoir commentée. C'est la première fois que j'arrive à mener un projet plus ou moins long à son terme. Dix chapitres en tout, 63 644 mots pour 134 pages Word. Je sais qu'il existe des fanfictions beaucoup plus longues que ça, mais c'est une première et j'en suis toute retournée :')

Ca m'encourage à persévérer pour la suite. A ce sujet, j'ai mis sur mon profil les différentes idées de projets qui me trottent dans la tête, et je vous invite cordialement à aller les voir et à me laisser votre avis en commentaire ou en message privé pour m'indiquer par quel projet vous aimeriez que je commence ~

Aussi, si durant cette fanfiction vous imaginiez un passage entre Obito et Sakura que je n'ai pas écrit et que vous auriez voulu voir, n'hésitez pas à me le dire et peut-être que je prendrais le temps d'écrire un ou deux bonus sur cette fiction.

Bref, j'ai du mal à finir, là...

Sachez que je vous aime tous et que je vous remercie encore du plus profond de mon cœur. Il est temps que je mette cette fanfiction en "Complete".

J'espère vous revoir lors d'un nouveau projet ~