Bonjour tout le monde,

Je vous poste les 4 prochains chapitres et il en sera ainsi jusqu'à la fin… j'espère que cela vous plaira et je suis désolée de l'attente…

Vous avez été nombreux à m'envoyer des reviews et je vous en remercie… Bonne Lecture et merci à ma beta Ninie et mes premières lectrices Magicvanille, So', Vinou et Jess'…

Chapitre 8 : Première apparition…

Et me voici donc dans une gondole en direction des festivités. Je me suis affublée d'une robe de couleur rouge, accentuant ma féminité au maximum. Mes cheveux sont relevés en un chignon élégant, quelques anglaises sortant et augmentant le côté délicat et fragile de ma nuque et gorge. Mes yeux sont soulignés par un trait fait au charbon de bois, mes lèvres de couleur carmin rehaussent le tout.

Je vais rentrer dans le monde des courtisanes. Mon cœur bat si vite que j'ai peur qu'il me lâche. Ma respiration ne vaut pas mieux et mon estomac se contracte tant je me sens nauséeuse. Bien évidemment ma mère Renée m'accompagne pour me faire rentrer come il se doit dans ce monde d'apparences, de passion et de désir. Sa présence me rassure quelque peu, qu'est-ce que mon angoisse sera lorsqu'elle me laissera seule aux yeux de tous ?

La gondole arrive bien assez vite sur la place où ont lieu les festivités assez privés. Ma mère a eu une invitation pour présenter sa fille, je ne le sais comment. Une autre gondole nous croise et je vois le regard horrifié de ma meilleure amie Alice… Je me sens encore plus mal de la suite de la nuit qui m'attend. Je viens de perdre mon seul appui externe même si depuis ses noces, nous ne nous sommes point revues… Est-ce que notre amitié est réellement finie ? Je l'ignore et cela me fait encore plus mal au ventre…

Nous sommes enfin arrivées à destination. Si je le peux, j'aurai pu danser sur mon rythme cardiaque tant ses battements sont assourdissants. Quand je pose un pied hors de l'embarcation, tous les bruits se taisent. Le nœud de mon estomac s'intensifie. Dans quoi me suis-je embarquée ? Les femmes me regardent dédaigneusement, je suis une rivale pour elles. Quant aux hommes, ils sont subjugués si je puis dire…

Un homme s'avança vers nous. Il est grand, brun, des yeux bruns me toisant avec gourmandise, il est très beau, une peau légèrement tannée et une musculature que je devinais à travers ses vêtements. Si mon cœur n'avait pas été pris, j'aurai sûrement pu tomber amoureuse de lui. Il s'approche non sans me gratifier d'un sourire et prend ma main pour me faire un baise main. Mon cœur s'emballe tout seul. Il me sourit d'autant plus, il a dû sentir mon trouble. Il fallait que je me reprenne et que je sois Vénus. Je lui fais mon plus beau sourire charmeur, plus rien ne compte à part lui en ce moment.

-Ministre …, j'aimerai vous présenter ma fille Isabella.

-Tout le plaisir est pour moi.

Ses yeux ancrés dans les miens, je lui fis un sourire d'autant plus charmeur ainsi que mes yeux de biche. Je le vis rougir quelque peu, je viens de le troubler. Il se recule et me laisse quelques temps en arrière le temps que ma mère me donne les dernières recommandations.

-Bella, aime l'amour mais surtout ne tombe pas amoureuse ou tu seras en leur pouvoir. Bonne chance.

Elle part le sourire au visage. Le ministre vient me rejoindre et me propose son bras. Il m'accompagne à une table de jeu et me donne des pièces pour que je mise pour lui.

-Hum je joue pour la toute première fois.

-Vraiment ? Il ajoute des pièces en plus. J'en suis flatté, me dit-il dans un sourire.

Il se glisse derrière moi, une main sur ma hanche tandis que l'autre me caresse mon bras. J'en frissonne alors qu'une légère chaleur embrase mon bas ventre. Cette douce sensation disparait quand il se recule et se mets devant alors qu'une cohorte d'hommes en habits noirs viennent vers nous. Des fanatiques.

-Repentez-vous ! crient-ils avec ferveur.

Un homme se détache du lot et vient dans notre direction. Il a une mâchoire pointue, de longs cheveux blond clairs, des yeux gris d'acier et un nez long et fin.

-Mon Seigneur, trainer avec une jeune fille perdue ne vous aidera pas à passer les portes du paradis. Jeune demoiselle, si vous avez un semblant de conscience, repentez-vous car cela n'est pas raisonnable de vendre son corps, cadeau charnel qui vous a été don de notre Seigneur Dieu le Père.

-Vous n'êtes pas une bonne compagnie pour cette délicieuse dame. Veuillez partir. Gronde-t-il.

Il n'en faut pas plus au fanatique pour partir, légèrement apeuré. Mon compagnon me conduit alors vers ce que je présume être la grande salle de réception et de balle. Les murs de marbre blancs sont recouverts de tapisseries du Moyen-âge, de multiples cheminées sont allumées et leur lumière ambrée illumine quelque peu la pièce. Des chandeliers sont disposés un peu partout dans la pièce éclairant comme au grand jour l'immense réception. De nombreuses courtisanes sont présentes, peut-être celles de Venise y sont toutes. Une multitude d'hommes sont en leur compagnie. Au centre de la pièce, une assemblée entoure, non ce ne peut être lui, Jacob. S'il est là alors cela veut dire que… Saperlipopette je dois être maudite pour croiser Edward pour ma première sortie !

-Désirez-vous à boire ? me demande le ministre en se penchant vers mon oreille, sa voix suave amplifie la chaleur présente dans mon bas ventre.

-Oui Monsieur. Dis-je dans un sourire.

-Appelle-moi Paul.

Il se penche et me fait un baise main alors qu'il se recule et se congédie. Mon attention se porte alors sur l'assemblée autour de Jacob. Un homme d'un certain âge a demandé un poème sur notre ville de Venise.

-Nait glorieuse,

Joie de la Vierge, belle et puissante Venise qui sur la mer règne

Pucelle orgueilleuse,

Elle est l'île souveraine

Mon regard croise alors celui émeraude de mon ange. Il m'a repéré et me regarde avec étonnement. Une foule de sentiments passent sur son visage, d'abord l'effarement, puis la stupeur, la colère,… je ne sais quoi vous dire pour la dernière émotion, le désir (?).

-Chaste déesse,

Surgit de l'écume, elle reste voix royale entre laisse

Terre de liberté

Je dois être maudite. Edward se lève et s'approche de moi. Je dois m'éloigner et mettre de la distance entre lui et moi. Je me dirige vers la table de buffet.

-Isabella… Isabella. Me dit-il avec une joie et une stupéfaction feinte.

-Modérez votre surprise Seigneur Cullen, vous frisez l'insolence.

-Seigneur Cullen, mais c'est ridicule ! S'exclame-t-il en riant.

Il me poursuit et essaie de me prendre dans ses bras, je m'échappe de lui en faisant le tour de la table. Je sens la colère montée en moi alors que ses paroles font leur chemin dans mon esprit. Je me retourne vers lui, lui fait mon plus beau sourire. Je vis la surprise se peindre sur son visage, je souris intérieurement.

-Je ne suis pas ridicule, je ne fais que vous traitez avec l'indifférence que vous avez eue pour moi.

-Tu confonds indifférence et honnêteté. Me dit-il avec sérieux.

Ma rage bouille dans mon fort intérieur. Mon plus beau sourire est de sortie, je me mets à jouer de mes émotions comme Renée me l'a appris et joue ma carte de l'amusement.

-Vous confondez honnêteté et vénalité Monseigneur.

-Tu pense que je suis vénale ? Me demande-t-il surpris.

-Vous êtes vénale et lâche…

Il se stoppe et me regarde avec effarement, voire même de la déception. Il ne peut me répondre, Paul est de retour et se trouve dans son dos, m'offrant son plus beau sourire. Ce dernier s'obscurcit légèrement quand il a vu mon compagnon.

-Bonsoir Edward, vous désirez quelque chose ? Lui dit-il proche de lui.

Je me tourne alors vers Paul et le regarde avec ma carte du ravissement. Edward se tend devant moi et je me surpris à sourire d'autant plus. Il l'a bien mérité me dit ma raison alors que mon cœur lui se crispe dans ma poitrine. Le ministre me tend le bras et je passe sans un regard devant mon ange. Nous nous sommes avancés alors au sein de l'assemblée toujours attentive aux vers de Jacob.

-Sa beauté, son esprit, sa richesse,

Font d'elle la porte de l'est et de l'ouest.

Mère de la liberté, fille de l'honneur,

Cœur et terre d'accueil, abri des hommes de valeur.

Edward est retourné à sa place et me regarde. Je sens la chaleur de son regard sur ma peau. Paul me raconte une blague que je n'entends à peine et je ris pourtant avec lui. Les applaudissements fusent à la fin du poème. Ils sont interrompus car mon ange a pris la parole.

-Mais peut-être cette belle demoiselle fera-t-elle mieux.

Il me désigne en m'offrant son sourire en coin. Je ne sais où me mettre, tous les regards se portent sur moi. Paul me caresse le creux de mes reins en de larges cercles apaisants. Jacob lui me fait face un grand sourire aux lèvres et m'attend au centre de l'assemblée.

-Un duel, dit l'homme qui a demandé le poème sur Venise.

Je rejoins alors le compagnon d'Edward et lui fait face. Je me tourne devant l'assemblée et salue les grands seigneurs assis dans des fauteuils, mon ange bien sûr en fait partie. Je tire ma révérence vers eux notamment envers le doge de Venise. Je prends une grande inspiration et me lance.

-Vénus, mère, vierge et déesse,

Etre tout à la fois, divine, origine,

Si le désir des femmes perdît

Jadis l'Eden, leur faiblesse

Elle répare en offrant cœur, terre d'accueil, abri

Tendre pour chaque pine.

J'insiste bien sur ce dernier mot en regardant Jacob notamment son entrejambe. Ce dernier est stupéfait la main sur la bouche, alors que l'assemblée rit et m'applaudit. Le poète se mit alors à réfléchir.

-Douce lagune qui procure une vie de rêve. Me dit-il

-Tu es gourmande, marchande, forasse, querellance entre elles.

Je fais signe à Jacob de s'avancer et lui fait un doux sourire.

-Dame Venise de babioles se couvre et se donne

-D'un habit de Lune elle rayonne…

Le doux charmeur, je me mets à applaudir suivi de peu par l'assemblée. Pourtant il ne me laisse en suspens.

-Sa sagesse, sa sagesse éblouit plus qu'un matin d'été…

Je me mets alors à penser à mon amie Alice et alors les mots sortent de bon cœur faisant ainsi un clin d'œil à notre rupture à Edward et moi, mettant au clair mes sentiments le concernant.

-Les jeunes épousés tels un butin y sont mis sous clé…

Les acclamations, applaudissements fusent alors que le vieil homme répète « Brava, brava… », alors que j'entends les questions fuser sur mon identité. Je regarde dans la direction d'Edward et de le voir stupéfait et émerveillé me fait sourire. J'ai gagné la première manche…

Chapitre 9 : Devenir Femme.

Je suis avec Paul dans ma chambre alors transformée pour recevoir les hommes qui me paient. Cela me fait une étrange impression de me dire qu'ils me paient pour… Enfin vous voyez ce que je veux dire. Quelques chandelles sont allumées mettant ainsi en place une atmosphère assez intimiste. J'en allume encore une ou deux pour voir plus clair mais mes doigts tremblent tellement que j'ai du mal à les allumer. Paul me regarde faire, un sourire se dessinant sur ses lèvres pleines.

Je me sens idiote et mal à l'aise, je n'ose le regarder et baisse donc mon visage. Je sens des rougeurs colorées mes joues.

-Ne cachez plus ce visage… Jamais.

Il prend alors mon visage en coupe et me le redresse, ses yeux alors bruns se sont assombris et il me fait encore son magnifique sourire. Il s'approche de moi, pose ses lèvres sur mes joues, mon nez puis tel un papillon qui butine sur ma bouche. La chaleur présente dans mon ventre se fait plus intense. Je sais bien que je n'aime pas cet homme et donc je prends sur moi pour continuer. Paul n'est pas désagréable, c'est juste que ce n'est pas… Saperlipopette, même dans des instants intimes, il est toujours dans mon esprit.

Sa bouche picore ma peau, la mordille et descend dans mon cou où il se met à la suçoter et à la dévorer. Des frissons parcourent mon épiderme alors que la boule grandissante dans mon bas ventre grossie et enflamme mon corps. Il remonte son visage vers le mien, ses mains m'agrippent aux niveaux de mes hanches et me plaquent contre lui. Je sens son désir contre moi et je ne peux retenir plus le soupir qui alors franchit mes lèvres.

Je sens Paul sourire contre moi. Il me regarde un instant avec de plonger de nouveau sur ma bouche. Sa langue vient alors caresser mes lèvres gonflées et elle demande l'accès. Je le lui donne et elle vient s'étreindre doucement avec la mienne. Il la suçote, la caresse. Un gémissement lui échappe et son bassin se met à se mouvoir contre le mien. Son désir est plus qu'évident et cela me fait sourire.

A bout de souffle, nous nous reculons. Je m'approche alors du lit et je commence à enlever les lacets situés au devant de ma robe. Je suis si excitée que mes doigts dérapent et je n'arrive pas à ouvrir ma robe. Paul me regarde combattre l'ouverture de la robe et se mets à ricaner doucement. Je lève mes yeux et de le voir sourire de la sorte me fait rire de moi-même. Il se rapproche de moi et se charge des lacets récalcitrants. Il ouvre les pans de ma robe et les fait glisser sur mes bras. Mon corps est parcouru de violents frissons et une chair de poule apparaît sur ma peau. Il sourit de nouveau et se penche sur moi, m'allongeant sur le lit. Il tire ma robe et la fait tomber au sol, je me retrouve alors en chemise et bas devant lui.

Il se recule et ses yeux parcourent mon corps avec délectation et envie. Il pose alors ses lèvres de nouveau sur les miennes, tout en douceur. Je me sens comme vénérée. Mes mains se posent sur sa poitrine et commence à enlever les boutons de son apparat. Mes doigts suivent le chemin des boutons et caressent la peau à peine découverte. Des frissons s'emparent de mon amant et des gémissements sortent de sa poitrine. Je renverse la situation et me retrouve au dessus de lui. Il ouvre les yeux et me regarde le déshabiller. Je me sens quelque peu intimider et je rougis de nouveau. Je le vois sourire devant mon embarras. Ses mains glissent sur ma chemise et prennent l'ourlet et le soulève jusqu'à la faire passer au dessus de ma tête. Je me retrouve alors nue de haut et seuls mes bas sont encore sur mon corps. Je le vois se lécher les lèvres par anticipation et cela m'excite un peu plus.

Je prends sa chemise et sa blouse et les ouvre caressant de la pointe de mes doigts sa peau dénudé. Des frissons apparaissent sur son épiderme et un grognement sort de sa poitrine. Je fais glisser les pans le long de ses bras, il se soulève et m'aide à se dénuder. Il ne lui reste que son pantalon, tendu vers l'avant de par son besoin. Il s'empare de mes lèvres de nouveau et aspire ma lèvre inférieure avec délectation et gourmandise, je me mets à gémir. Ses mains descendent vers mon bas ventre caressant au passage mes seins qui pointent vers lui et mon ventre. Mon corps se cambre contre lui et mon bassin se met à se balancer contre le sien. Un grondement sourd sort de nouveau de sa poitrine. Il donne un coup de reins pour rebasculer la situation.

Ses mains se logent sur l'ourlet de mes bas et il les fait descendre tout en les accompagnant. Sa bouche se pose alors avec douceur sur mes pointes durcies, sur mon ventre, mes cuisses, mes mollets et quand il remonte, il la pose sur mon sexe. Je me sens brûler de l'intérieur et un gémissement franchit la barrière de ma bouche. Je me retrouve nue et en culotte devant lui. Il prend le dernier rempart à ma nudité et la fait descendre avec ses dents, caressant au passage mon bas ventre et mes jambes. Mon corps veut plus de contact et mon dos s'arque vers lui.

Il remonte vers moi, un sourire immense sur les lèvres. Mes mains agrippent ses épaules alors que mes jambes l'entourent, je le renverse sur le lit. Il joue avec mon désir, je peux jouer moi aussi. Je me retrouve à califourchon sur lui, mon sexe sur le sien. Je me mets alors à onduler sur lui et des sons incohérents sortent de ses lèvres. Je descends ma bouche le long de sa mâchoire, de son cou, de sa poitrine. Je joue un instant avec ma langue et mes dents sur ses tétons sensibles et ses gémissements et grondements deviennent plus intenses. Mes mains le caressent, accompagnant ma bouche gourmande et vorace.

Je dessine de la pointe de ma langue le tracé des muscles de son ventre. Je les vois se contracter sur mon passage et je me délecte de cette vue. Je descends au niveau de son nombril et joue savamment avec pendant que mes mains impatientes s'attaquent à son pantalon. Il ne me résiste pas longtemps et finis rapidement sur ses chevilles. Je me retrouve alors face à face avec son désir. Je sens le regard de mon amant sur ma réaction et mes gestes. Je souris et m'approche de son sexe. Je pose mes lèvres tendrement sur son bout et je le sens s'arquer sous la sensation. C'est le moment de mettre en action mon apprentissage…

Je passe mes lèvres sur toute sa longueur avant que ma langue ne s'attaque à ma l'entends souffler et soupirer. Son corps devient incontrôlable et s'arque de plus en plus contre ma bouche. je mets mes lèvres sur son bout avant de faire glisser sa longueur jusqu'au plus profond de ma gorge. Sa réaction ne se fait pas attendre, il tend son bassin vers moi pour que je le prenne un peu plus. Ce que je ne peux mettre dans ma bouche, je le prends en main et applique une légère pression sur sa base. Je fais alors coulisser en rythme ma bouche et ma main. Paul agrippe alors ma chevelure pour me donner le tempo dont il a besoin. Je le sens gonfler dans ma bouche mais bien trop tôt, il prend mes cheveux et me demande de me retirer.

Je remonte alors vers sa bouche. Il la prend d'assaut avec besoin alors qu'ils nous renversent de nouveau. Il descend à son tour sur mon corps, l'embrasse, le caresse, le torture, le lèche,… Je me sens m'embraser. Il remonte alors et me regarde avec intensité, il se mets sur moi et attend comme un accord. Je lui fais un léger sourire et il doit l'avoir pris positivement.

Il remonte ma jambe et la fait s'entourer autour de sa hanche. Je sens le bout de son sexe à mon entrée. Je me tends quelque peu par appréhension. Il m'embrasse dans mon cou pour me détendre et avec douceur il me pénètre lentement. Je sens une barrière dans sa progression et je ne sais ce qu'il se passe quand il donne un coup de rein et la rompt. Je me sens tiraillée et cela me fait mal. J'ai le souffle coupé et mon cœur tambourine violement contre ma poitrine. Je sens ses baisers dans mon cou mais cela ne fait pas passer la douleur.

Il se redresse et me regarde intensément. Je ne peux le voir tant j'ai détourne les yeux et il m'embrasse les joues, mon front pour se faire pardonner. La boule au niveau de mon ventre est toujours présente et je la sens grossir un peu plus à chaque seconde. Je regarde Paul, mes mains agrippent ses fesses et je lui inculque une pression pour qu'il se mette en mouvement. Il doit avoir compris car il me fait un sourire, son visage se loge contre mon cou et il commence un lent va et viens. La douleur s'atténue alors que de nouvelles sensations prennent possession de mon être.

Il m'embrasse de temps en temps alors que des grognements sortent de sa poitrine, je me mets à agripper ses épaules pour accentuer les sensations qui me possèdent. De légers gémissements sortent de manière incohérente de mon être. La boule dans mon bas ventre grossit jusqu'à devenir insupportable tant je veux me libérer. Paul descend une main entre nous et je ne sais ce qu'il se passe mais tout devient trop… Des étoiles se forment devant mes yeux alors que mes orteils se crispent et qu'un plaisir immense m'envahit me faisant crier et gémir. Paul dans un dernier mouvement grogne puissamment et je sens sa libération dans mon ventre.

Il se repose alors sur ses deux bras et s'enlève de notre étreinte. Je sens comme un vide quand il sort de mon corps. Je m'allonge sur le côté et Paul m'encercle de ses bras avant de poser des baisers sur mes joues et on front. Il me fait un sourire immense avant de reprendre mes lèvres avec douceur. Il prend les couvertures et me recouvre alors qu'il sort du lit. Je le vois se rhabiller, son corps est luisant de sueur, donnant un aspect irréel de sa personne.

Il laisse une bourse sur la table de chevet et vient m'embrasser de nouveau avant de sortir de ma chambre.

Je me suis endormie peu de temps après le départ de Paul. Je me sens fatiguée et pourtant si vivante. Je n'ai jamais pensé que l'acte de l'amour est si libérateur et si plaisant. Je me sens si bien.

Je me réveille, quelques courbatures me lancent un peu de partout sur mon corps mais je me sens bien. J'ai même l'impression que quelque chose a changé chez moi et pourtant je ne suis que moi.

Ma mère rentre dans ma chambre, un plateau à la main. Elle le pose sur ma table de chevet, elle prend la bourse et la soupèse. Elle arbore un immense sourire. Je me redresse sur ma couche, elle me tend un verra avec une décoction verte assez étrange. Je la bois et un goût âpre et amer emplit ma bouche. Elle me tend rapidement une fraise pour le faire passer et je me mets à gémir du goût sucré du fruit.

-Les enfants ma chère, sont à éviter…

Je la regarde un instant avant de lui sourire.

-Alors, me dit-elle en voyant mon sourire.

-Vous ne m'aviez pas tout dit ?

-Le fallait-il ?

Mon sourire s'agrandit à sa remarque. Non, il ne fallait pas tout me dire cela aurait brisé la magie du moment. Le fait que je sois surprise a amplifié mes sensations et je souris encore de l'extase que j'ai ressentie alors. Ma mère se sourit grandement et palpe la bourse, une lueur de fierté dans son regard.

-Ils ne sont pas tous comme le ministre Ateara…

Je me tourne vers elle, mon sourire incrusté sur mon visage. Je me mets sur mon ventre alors que je pioche dans la coupe de fraises. Ma mère me regarde toujours avec son sourire.

-Qui est le prochain ?

Ma matinée passe alors à me faire séduire par les hommes de la cour, je me trouve sur mon balcon et un cortège de prétendants passe sous ma fenêtre. Ce sont les laquets qui m'envoient les présents de leur maître, de nombreux troubadours me chantent la sérénade alors que fleurs, chocolats, parfums me sont offerts.

Je me sens désirer et cela me fait le plus grand bien. Pourtant un homme de la cour manque à l'appel. Edward…

Chapitre 10 : Seconde Manche…

Quelques jours plus tôt…

Dans la lueur sombre de la rue, simplement éclairé par la lueur de la Lune, un homme pleure…

POV Edward

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans cette situation. Je sens mon cœur se briser à mesure que je voie mon amour s'enfuir au loin. Elle m'en veut, jamais je ne la reverrai. J'ai bien sûr l'espoir de la revoir mais je ne sais pas si elle le voudra ou si elle me sera accessible alors. Je sais que cela peut paraître arrogant alors que je ne pourrai jamais me marier avec elle mais je l'aime et je veux l'avoir, la posséder, la voir dans sa jouissance.

Les jours se suivent et je ressemble à une âme en peine, mes parents sont navrés, ma sœur ne comprend rien, elle est bien trop occupé par son mari et le début de sa vie conjugal. Jacob est mon seul confident et il me dit de me noyer dans les femmes et dans l'alcool, que je verrai de nouveau la vie du bon côté.

J'ai suivi ses conseils concernant les femmes, je choisis les courtisanes aux extrêmes opposés de mon Isabella. Mais à chaque libération, c'est son nom qui franchit la barrière de mes lèvres. Je n'embrasse pas ses femmes, je ne veux point de cela, tout me rappelle mon amour et je ne peux me résoudre d'embrasser une autre femme alors que j'ai goûté ses lèvres sucrées. Je ne sens même plus les caresses que ses catins me dispensent, il me suffit de penser à Bella et mon corps régit instantanément. L'aurai-je un jour ?

Je viens de voir entrer dans la salle Isabella. Que vient-elle faire ici ? Ce n'est pas sa place, à moins que… Elle ne peut avoir fait ce choix. Impossible ! Et pourtant son apparence me prouve le contraire.

Elle est si belle, parée de cette robe rouge, son visage maquillé légèrement mais si sensuellement, ses cheveux relevés montrant sa nuque délicate. Elle est devenue courtisane. Mais pourquoi ?

Je m'approche d'elle mais elle me fuie. Sa réaction est tout à fait approprié en connaissant la situation mais cela me fait mal. Je l'approche pourtant et un jeu du chat et de la souris commence alors que nous nous cherchons autour de la table de buffet. Quand je l'entends me vouvoyer et m'appeler Seigneur Cullen, je ne sais vous dire ce que j'ai ressenti. Une gêne peut-être mais surtout une souffrance sans nom. C'est comme si elle me rejette et cela fait d'autant plus mal. Pourtant je ne laisse rien paraître, je le prend sur le ton de l'amusement. Puis quand elle me dit que je suis vénale, je ne sais comment le prendre. Je ne le suis pas, j'ai été honnête avec elle et elle le sait. Puis elle surenchérie en me traitant de lâche et je ne sais plus quoi dire. Oui je suis lâche, j'ai joué avec elle mais nous avons perdu tous les deux. Elle n'est pas la seule qui souffre…

Quand je l'ai vu avec le ministre Paul Ateara, je vois rouge. Il ne peut pas la toucher, elle est à moi. Il ne peut pas l'avoir, elle m'aime enfin je pense qu'elle m'aime. Pourtant je vois son regard et cela me fait mal. Elle semble… non amoureuse ou en tout cas réceptive à son charme. Pourtant il est comme moi, un collectionneur de femmes et de le voir si proche de mon amour, cela me fait mal.

-Bonsoir Edward, vous désirez quelque chose ?

Il m'a dit cela d'un air cordial alors que la colère transparaît dans sa voix. Je veux le tuer… Pourtant je ne dis rien et il part avec mon Isabella à son bras. Elle, elle est passée sans un regard sur ma personne. Je me sens à l'agonie, comment peut-elle faire cela ? Ne comptai-je pas à ses yeux ? Je ne peux vous dire la douleur dans ma poitrine, mon cœur se morfond et se brise, je suffoque très certainement.

Je joue pourtant le jeu et vais comme si je ne suis pas touché à ma place d'alors, auprès de mon oncle Eleazar qui a demandé un poème à mon ami Jacob. Je la vois dans l'assistance en train de rire aux histoires drôles d'Ateara. Je ne l'aime pas ce type…

Jacob semble avoir terminé mais une idée me vient. Il me faut les éloigner et je viens de trouver la parade parfaite pour cela. Je propose à Isabella de venir nous dire quelques mots devant l'assistance. Mon oncle et le public sont en accord et désirent ardemment ce duel. Je vois alors ma douce embarrasser et je vois ses rougeurs qui m'ont été destinées jadis. Je ne la trouve que plus belle et désirable et je m'en veux un peu plus de ne pas pouvoir vivre encore notre idylle.

Quand je la vois s'avancer, je sens mon cœur explosé. Je l'aime tellement… Elle a une grâce sans nom, une beauté naturelle et la voir avec tous ces artifices, j'aimerai les lui enlever et lui faire l'amour aux yeux de tous, la montrant ainsi comme mienne. Il me faut la posséder, je ferai tout à l'avenir pour l'avoir, pour l'aimer. Je la veux, je l'aime…

Ces vers ont un effet saisissant, toute en douceur et en humour en parfaite cohésion avec l'âme de ma belle. Je me surprends même en aimant les piques qu'elle lance envers la gente masculine. Habituellement disons que je n'aime pas particulièrement que l'on soit critiqué mais quand cela vient de mon Isabella, je ne sais vous dire… peut-être est-ce l'amour qui rend plus indulgent, plus apte à la critique ? Ne dit-on pas l'amour rend aveugle ? Je me rends compte qu'avec ma douce, ce proverbe se confirme.

Puis tout devient noir quand je la vois retourner vers Paul et qu'elle part avec lui. Elle va se donner à lui…

POV Bella

Cette après-midi je vais dans les jardins du palais. Les gentils hommes s'y retrouvent et je vais les séduire et les divertir. Je me suis parée d'une robe d'un bleu très clair, presque blanc, quelques bijoux, un peu de parfum et seul un baume sur mes lèvres de couleur rose complète mon apparence.

Alors que j'arrive près d'une fontaine, deux hommes viennent à ma rencontrer. L'un a un visage poupin, un regard bleu ciel et un sourire d'enfant alors que le second a un visage fin avec des pommettes saillantes et un côté ténébreux assez attirant, deux pupilles de couleur bleus-gris qui vous font perdre pied complètent le tout.

-Faites nous le plaisir d'un poème Signora Isabella, dit l'homme ténébreux.

Je ne me sens pas vraiment à l'aise et ne veux pas me tourner en ridicule alors je lui réponds avec mon air timide et joueur.

-Je me rendrai ridicule devant un parterre d'esprit comme le votre.

-Faites nous rire comme vous le fîtes l'autre jour. Dit l'homme au visage poupin.

-Peut-être que si je suis sotte, je vous ferai pleurer la prochaine fois.

Une main m'agrippe avec douceur mon bras. L'odeur de mon amant m'assaille et je sens son souffle sur ma nuque.

-Vous me ferez pleurer si je ne vous revois pas, me dit-il d'une voix sensuelle.

-Jeudi ?

-Tous les jeudis, me demande-t-il avec espoir.

Je lui joue la carte du ravissement et lui fait mon plus beau sourire.

-Je compterai les heures d'une semaine à l'autre…

Il me fait un baise main et prend congé. Alors que je détourne les yeux alors qu'il s'éloigne, je croise le regard vert émeraude d'Edward. Son sourire en coin illumine son visage. Il s'approche de moi et se glisse derrière mon dos, m'effleurant. Si je ne me maitrisais pas, des frissons seraient apparus sur mon épiderme. Il le fait exprès. J'avance sans lui montrer ma faiblesse. Il glisse sa main sur ma hanche et me colle à lui, je sens son sourire contre ma joue alors que son souffle est dans mes cheveux. Je m'empêche de lui montrer la réaction de mon corps et pour cela j'essaie de ne pas penser à la douceur de son souffle, à l'envie que j'ai de l'embrasser à perdre haleine, de me perdre dans ses bras…

Il se recule après un moment et reste à mes côtés.

-Gratte encore plus bas avec ces abrutis et tes chaussures te serviront de boucles d'oreilles…

Cela me fait bien rire, Monsieur est jaloux. Il n'a qu'à s'en prendre à lui-même. Je me mets à rire de ses paroles.

-Et bien Edward Cullen, il semblerait bien que vous êtes jaloux…

-On ne peut être jaloux que de ce qu'on ne peut pas avoir… me dit-il triomphalement avec son sourire en coin

Ne crie pas trop vite victoire mon mignon !

-Et vous ne pouvez pas m'avoir… dis-je dans un sourire.

-Il n'est pas une femme à Venise que je ne puisse avoir. Dit-il avec sérieux, son sourire disparaissant à mesure que mes paroles font leur chemin dans sa tête.

Pourtant son arrogance transparait dans ses paroles et je veux lui donner une leçon. Je me retourne face à lui et joue la carte de la séduction.

-Il n'est pas un homme à Venise que je ne puisse avoir, dis-je en reprenant mot à mot ses paroles.

Je le vois se tendre et sa mâchoire se contracte sur mes paroles…

POV Edward

Oui je suis jaloux et même trop. Je la veux, je la désire et je l'aurai. Je ne suis pas Edward Cullen pour rien… Je sais qu'elle m'aime et qu'elle se joue de moi. Enfin je l'espère… Je me sens coupable de l'avoir contrainte à cette vie car c'est ce que j'ai fait. Elle vend maintenant son si beau corps à tous les hommes de la cour et je suis impuissant… Je me sens mal car je me suis puni moi-même. Je veux la protéger, je voudrai tant l'enfermer pour qu'elle ne soit qu'à moi et plus qu'aucun homme la touche…

Il me faut jouer ma dernière carte, je lui fais le sourire qu'elle aime tant, que toutes les femmes aiment. Je me rapproche d'elle et tente de la prendre dans mes bras mais elle esquive. Je sens bien le regard de mon ami Jacob sur nous et je sens que si je ne réussis pas je serai victime de ses blagues douteuses…

-Nous nous ressemblons tant toi et moi. Nous savons que l'amour est inopportun sinon impossible alors pourquoi ne pas profiter de ce qui nous est permis tous les deux ?

Je la vois se rapprocher d'une démarche presque féline. Sa bouche pulpeuse à quelques centimètres de la mienne. Ses yeux intenses accrochés aux miens. Je sens son souffle s'écraser sur ma bouche, je sens presque son goût sur ma langue. Elle me fait son sourire séducteur. J'ai du mal à déglutir et mon sexe commence à se sentir à l'étroit dans mon pantalon.

-Je n'ai plus une seule journée de libre, en prononçant ses mots sur mes lèvres.

Elle fait volte face et s'éloigne. Je me sens perdu et je suis stupéfait de l'audace qu'elle a fait preuve à l'instant. J'y ai tellement cru un instant. J'aurai voulu sentir ses lèvres sur moi et elle a joué avec ma faiblesse pour se jouer de moi. Je me sens blessé.

Ma rage outrepasse ma déception. Toute la semaine d'autres hommes vont la toucher, je ne le veux pas. Cela me rend malade…

Je m'éloigne du lieu où je viens de me faire humilier. Car c'est ce que je suis, humilié. Elle ne fait que me repousser et mon désir et mon amour n'en sont que plus attiser…

Jacob vient me rejoindre, un léger sourire sur ses lèvres. Je me sens anéanti et je ne veux lui dire ma blessure, ma déception et ma déchéance. Je sais pourtant que la curiosité l'attise et qu'il ne va pas en rester là.

-Alors ?

Ma colère veut sortir, mon humeur est devenue morose. Je la veux tellement que tout cela me terrasse.

-Alors quoi, grogne-je.

Il se met à regarder dans la direction de ma douce. Je ne peux m'empêcher de l'observer, de regarder et analyser tous ses gestes. Je suis hypnotisé et malade d'amour pour cette femme et elle se joue de moi. Il fait la navette plusieurs fois entre Isabella et moi, puis une lueur de compréhension se fait dans son regard et un sourire moqueur se forme sur ces lèvres. Je sers les poings pour ne pas exploser de rage.

-Ah… soupire-t-il

Chapitre 11 : Eleazar

Je m'avance vers l'assemblée et le vieil homme de la veille m'interpelle. Il a des cheveux sombres, légèrement gris sur ses tempes. De petits yeux attentifs de couleur grise et un bouc sur son menton. Il est assis sur un fauteuil roulant que je n'ai pas remarqué la veille. Un grand manteau rouge l'enroule du haut de sa poitrine à ses pieds. On m'a dit que c'est le Seigneur Denali. Si je me souviens bien, Alice m'en a parlé comme étant son oncle.

-Je vois que vous vous amusez bien…

Je me sens quelque peu intimidé par l'oncle d'Edward. Sa voix posée et douce pourtant me met en confiance. Je lui tourne un sourire poli qu'il me rend.

-Oui assez, merci Monseigneur Denali…

-Eleazar. Sinon je vais me sentir bien vieux…

Il prend une coupe à son côté. Elle doit être remplie de vin aromatisé. Je sais que l'on s'en sert pour désinfecter des plaies. Il essaie de se baisser vers ses jambes. Je me penche avec lui, m'agenouille et lui prend la coupe des mains.

- Laissez-moi-vous aider…

-Non. Dit-il gêné. Ce n'est pas un spectacle pour de si beaux yeux…

Je redresse mon regard alors que j'ouvre les pans de son manteau au niveau de ses jambes. Il me regarde intensément, un air gêné et intrigué sur son visage, sa main soutenant son menton. Je détourne mes yeux et regarde ses jambes. Elles sont à moitié bandées, des crevasses assez profondes percent sa peau et quelques plaies saignent librement. Je prend un bout de tissu qui traîne sur un plateau, le met dans le vin et tamponne les blessures qui doivent le faire souffrir.

-Vous ne devriez pas être avec moi mais plutôt avec un homme comme mon neveu en train de le faire tomber dans votre piège de la séduction…

Je redresse mon regard tout en continuant ma tâche. Nous nous regardons avec attention, il arbore le même sourire en coin qu'Edward mais son air gêné persiste toujours…

-Vous êtes bien trop belle pour vous occuper d'un vieillard infirme comme moi…

-Je n'ai nullement peur de la chair Monseigneur…

Je retourne mon attention sur ses jambes meurtries et continue à lui prodiguer des soins. Je sens la chaleur de son regard sur ma nuque et bientôt son souffle contre mon oreille. Je me demande ce qu'il a en tête…

-L'homme qui vous a demandé un poème est Demetri Volturi, ariral de notre flotte.

Il me désigne alors l'homme au visage ténébreux. Ce dernier croise mon regard et me fait un sourire. Il met sa main sur le cœur et me fais une révérence. Quand il se redresse il me fait un clin d'œil et je me mets à rougir. Ce qui fait sourire Eleazar.

Il me montre un homme situé un peu plus loin dans les jardins. Il a une carrure d'ours, des cheveux noirs assez courts avec de légères boucles aux pointes. Il a une mâchoire assez carrée et cela rajoute à son côté imposant et menaçant.

-Emmet Mac Carty, quoique vous fassiez ne le mettez jamais en colère. Venez, nous allons nous promener.

Je me redresse alors après avoir bandé de nouveau ses jambes et fermé son manteau. Je me mets derrière lui et me mets à pousser son fauteuil. Il me montre alors un homme d'un certain âge avancé. Il a de longs cheveux bruns bouclés, une certaine bedaine et il porte une soutane rose fuchsia. Il est en train de pousser une balançoire sur laquelle est assise la courtisane Leah, la même qui le jour de la Saint Marc a embrassé Edward.

-Evêque Marcus, on dit que sa collection de tableaux n'a d'égal que sa collection de femmes…

Les hommes d'Eglise ne doivent-ils pas faire vœux de chasteté, cela me surprend. De plus, je sais que le clergé apprécie beaucoup l'art et la remarque de mon protecteur du jour me montre l'étendue de l'hypocrisie de l'Eglise ecclésiastique.

-C'est à ce point là. Dis-je avec un sourire dans la voix.

-Sa réputation est biblique. Rit-il en se tournant vers moi.

Il me montre Paul alors qui m'observe avec attention et tendresse. Il a le même regard que lorsque nous nous sommes embrassés pour la première fois ou lorsqu'il m'a pénétré avec tendresse. Je ne sais comment vous décrire l'émotion qui transparait dans son regard. Il me fait un sourire que je lui réponds.

-Mon Seigneur Paul Ateara, ministre de la défense. Je vous le dis tout de suite, il est amoureux de vous.

Je me mets à m'arrêter de le pousser quelques temps, le temps de reprendre mon souffle et mon esprit. Eleazar se tourne vers moi et me sourit.

-Vous semblez être surprise mon enfant. Avec votre beauté, il ne peut en être autrement…

-Ce n'est point cela, c'est juste qu'on dirait que vous décrivez le sentiment amoureux comme une maladie…

-Il est une maladie dans le sens où l'amour nous rend aveugle et que nous vivons que pour lui… Mais c'est la plus douce souffrance qu'un cœur humain peut supporter.

Eleazar me scrute avec attention alors qu'un de ses sourires dont a le secret son neveu apparaît sur son visage sage. La même lueur d'amusement dans le regard.

-Vous pensez peut-être que je veux vous avoir pour moi

-Je n'aurai nullement cette présomption…

-Dommage, dit-il dans un cri du cœur. Cela aurait pu me flatter que vous ayez cet espoir compte tenu des circonstances…

Sur ces mots, il me fait signe vers ses jambes. Je lui souris et commencer à le pousser de nouveau.

-Je m'occuperai de vous avec joie en toutes circonstances…

Il se retourne de nouveau vers moi, un sourire immense sur ses lèvres. Il éclate de rire et continue ses babillages sur les hommes de la cour. Il ressemble en beaucoup à sa nièce Alice…

Les heures passent. De nombreux hommes frappent à ma porte et je n'ai plus aucun jour de libre avant longtemps. Beaucoup même m'avoir encore eu dans leur lit me demande pour devenir une de leurs favorites. Ainsi le lundi est le jour où je suis réservé à l'Amiral. Demetri en privé. C'est un homme qui selon les apparences peut paraître froid mais dans l'ambiance intime d'une chambre, doit cacher un homme doux enfin je l'espère. J'aimerai vivre l'expérience de l'amour avec lui, comme avec Paul, que je me sens vivante, exceptionnelle et belle dans ses bras.

Il arrive légèrement en avance par rapport à notre heure de rendez-vous. Heureusement je m'apprête toujours plus tôt pour être parfaite. J'ai laissé mes cheveux lâchés et je ne mets aucun maquillage, je me sens rougir comme au premier jour quand je le vois me regarder comme une déesse alors qu'il entre. Il est tout de noir vêtu, faisant ressortir ainsi ses yeux et sa superbe. Il me sourit et vient me rejoindre au milieu de la pièce. Je ne sais comment réagir avec lui, ce n'est plus ma première fois et donc je dois prendre les devants et ne plus être timide.

-Tu es encore plus belle chaque jour, me souffle-t-il.

Il se penche alors vers moi, prend mon visage en coupe et m'embrasse avec dévotion. Je ne m'habituerai jamais à tant de plaisir. La chaleur de mon bas ventre, familière, maintenant grandit et possède tout mon être. La langue de mon avant vient quémander l'accès à ma bouche. Je le lui donne sans difficulté et il m'emmène alors vers des plaisirs insoupçonnés et cela que par ses baisers. Ses mains se promènent sur ma nuque pour descendre au devant, sur mon cou et ma poitrine. Je le sens prendre les lacets de ma robe et il les défait avec lenteur. Je me sens déjà excitée alors qu'il quitte mes lèvres et couvre ma gorge de baisers jusqu'à sur mes seins qu'il embrasse par-dessus ma robe. Ses doigts qui délassent mon habit caressent ma peau à peine découverte.

Je me sens soupirer et son sourire se former contre ma peau réceptive à ses milles et une merveilles. Il caresse ma peau tout en ouvrant les pans de ma robe. Je me retrouve en tunique et en bas devant lui. Le regard qu'il me lance semble appréciateur. Je prends alors son visage en coupe et lui donne un baiser intense et langoureux. Son désir est bien évident dans son pantalon. Et une de mes mains descend vers son besoin et je le caresse au dessus du tissu. Son bassin se presse contre celle-ci et des grognements se font entendre contre ma bouche, me faisant sourire à mon tour.

Il me pousse en arrière, sur ce que je pense être mon lit. Mes genoux cognent bientôt contre une texture moelleuse. Et comme il me pousse encore en arrière, je me retrouve assise au bord de mon lit. Son désir se trouvant au niveau de mon visage, je relève mon visage vers lui et le regarde d'un air taquin. Je le vois déglutir avec difficulté…

Il s'assoit à mes côtés et commence à défaire les lacets de ma chemise, frôlant la peau de mes seins au passage. De violents frissons parcourent mon épiderme et un léger gémissement passe la barrière de mes lèvres, le faisant sourire un peu plus grandement.

Un grand fracas se fait dans la maison et mes servantes entrent sans invitation, poursuivant un paon. Je me lève pour les aider, Demetri me regardant avec amusement mais aussi avec une frustration non dissimulée. Nous l'avons attrapé finalement et une carte est attaché à son cou. Je lis les mots :

« Les plus grandes courtisanes en ont toutes une »

Une de mes servantes me dit alors que le Seigneur Cullen demande à être entendu. Hum, cherche-t-il une troisième manche ? Je me mets à sourire et j'arrache une plume de la queue majestueuse de cet oiseau. Je me dirige vers le balcon en souriant à Demetri.

J'ouvre la fenêtre et je trouve Edward et Jacob dans une gondole au beau milieu du canal. Mon ange est debout au centre de la barque, m'éblouissant de son sourire. Son regard brille et je ne sais ce à quoi il pense mais je vis son expression brûlée alors que je me penche sur mon balcon. Je me mets à me regarder et vois que je suis en chemise. J'en fais fis. Je prends la plume et la penche sur la balustrade. Edward me regarde surpris de l'objet que j'ai dans les mains. Je lui fais mon plus beau sourire et tend la plume au dessus du vide.

-Un héritage doit comporter autre chose qu'un paon…

Sur ces mots, je lâche la plume qui atterrit juste devant lui. Je me sens de nouveau libre quand je vois la tête qu'Edward fait. Jacob à ses côtés rit à gorge déployée. Demetri appuyé contre la chambranle de ma fenêtre n'a rien manqué de la scène et rit discrètement. Quant à moi, je souris de mon air vainqueur. Je vois la mine dépitée de mon ange devenir sinistre et un air déçu passe sur son visage. Croit-il que ma reconquête serait aussi simple qu'un cadeau ?

Sur cette note de gaieté, je me retire dans ma chambre et prend la main de mon amant…

POV Edward

Je ne sais quoi vous dire sur les sentiments qui m'assaillent. Jacob et moi sommes allés sous la fenêtre de ma douce et je lui ai apportés un présent : un paon. Toute grande courtisane en a un. J'ai fait courir ses servantes pour qu'elle ait mon cadeau et pour que je puisse voir sa réaction.

Vous dire que j'ai eu grand espoir est un euphémisme. Quand j'ai vu ouvrir la fenêtre de son balcon, je n'ai pensé qu'elle serait occupée. Je la vois alors sortir en chemise et en bas. Elle est encore plus belle et plus désirable. Je la veux, encore et toujours plus… Puis elle s'est accoudée à la balustrade, j'ai vu le haut de sa poitrine que j'imagine parfaite. Sa peau blanche et duveteuse promettant mille merveilles. Je l'aime tant que mon cœur me fait mal de ne battre que pour elle. Je ne peux dormir, dès que je ferme mes paupières je la vois. Cette femme me hante et me possède. Je l'aime tous les jours, toujours plus fort.

Elle engendre ma fin quand elle lâche la plume de paon et en me narguant sur mon héritage. Quel idiot, elle vient de me sortir mes mots de ce fameux soir, le soir de notre fin… Je me sens mal, je me sens coupable, je me sens dégouté d'être responsable de tout cela. Je me mets à haïr ma condition… Je me sens humilié, je me sens vaincu et pourtant je n'abandonnerai pas.

Chapitre 12 : Quatrième manche et Excuses…

Les jours passent et chaque nuit, je la passe dans les bras d'un gentil homme de la cour. Des habitués même frappent à ma porte notamment l'Amiral Demetri et le ministre Paul. J'ai eu l'expérience de son éminence Marcus et cela m'a quelque peu perturbé, j'ai dû même occulter sa profession pour aller jusqu'au bout et me comporter comme je le dois avec mes clients.

Les banquets et les fêtes se succèdent, on me demande alors mes poèmes. Edward est souvent là et ne tente aucune approche. Cela me soulage un peu mais cela me blesse aussi. Je ne peux vous le dire… Suis-je égoïste ?

Le fait de le savoir si proche de moi et de ne pas pouvoir le toucher me tue mais cela est nécessaire. Je ne peux me permettre de l'aimer, cela me détruirait si tout doit se finir comme pour la première fois. Je le sens bien sûr me regarder avec insistance mais il ne fait plus aucun pas en ma direction. Peut-être mon côté amer et rancunier l'a refroidi… Cela me torture de lui avoir fait du mal mais je réclame vengeance pour le mal qu'il m'a fait subir… Suis-je un monstre ? Et pourtant après tout cela, il me manque. Chaque jour un peu plus et je m'imagine dans ses bras chaque soir. Je ne me permets pas de murmurer son prénom quand je suis au lit avec un de mes amants, cela signerait ma fin… Je fais alors l'amour avec lui par le biais de la pensée.

Les seigneurs de Venise sont de fervents chasseurs et ils emmènent les courtisanes avec eux pour les amuser. Notre retirement se fait dans un château situé sur le continent et appartenant au Doge Jasper Whitlock. Je sais qu'il est un homme puissant et que c'est un ami de surcroit d'Edward. C'est un homme assez grand, blond, avec une certaine prestance et de grands yeux bleus. Je ne l'ai jamais eu comme amant et je n'ai pas la présomption pour aller le courtiser. De plus, Edward se trouve toujours auprès de lui, il doit vraiment lui être proche et je ne peux aller le séduire devant mon ange.

Les journées de chasse sont excitantes et tellement enivrantes. Je n'aime pas bien sûr les mises à mort ou autre, je me contente de suivre ces seigneurs et de galoper au gré du vent. Je me sens libre et sauvage quand je lance au grand galop ma monture. Mes amants même me suivent et rient de bon cœur avec moi en me voyant si vivante. Je le suis presqu'autant que lorsque je suis dans leurs bras…

Les retraites au château se font dans des ambiances tantôt festives, tantôt intimistes. Souvent nous nous retrouvons dans la grande salle simplement illuminée de quelques chandeliers et une cheminée. De nombreux jeux, démonstrations de chant et de danse se succèdent.

Leah se trouve à l'instant même au milieu de la pièce, devant la cheminée. Elle danse à moitié nue devant tous les hommes et courtisanes présents. Elle est un symbole de grâce et une certaine forme de beauté ressort de ses mouvements.

Je sens une présence à mes côtés. Je tourne la tête et Jacob me sourit d'un de ses immenses sourires. Ses yeux brillent d'une lueur particulière et je ne sais pas comment réagir. Je me sens toujours mal à l'aise avec lui et ce malgré nos duels assez fréquents.

-Charmant spectacle, me dit-il en me montrant Leah.

Je dois avouer Leah est douée mais avec la certaine expérience de la danse que j'ai avec mes cours, plus rien ne m'impressionne. Si j'avais été novice, je n'aurai pas tenu le même discours cependant.

-J'ai vu mieux que cela, dis-je en toute franchise.

Je le vois regarder autour de nous et la lueur dans ses yeux s'amplifie. Je ne sais vraiment pas à quoi il pense et cela me mets encore plus mal à l'aise. Il se tourne vers moi, son sourire toujours sur son visage.

-Cela ne doit pas manquer d'intérêt d'être dans une pièce pleine d'hommes que vous avez tous vu le pantalon sur les pieds.

Où veut-il en venir ? Je reste méfiante avec lui. Je dois admettre pourtant que c'est vrai que la situation ne manque pas d'intérêt…

-C'est voir la situation sous un angle bien particulier. Hum pourquoi cette question soudaine ? Désirez-vous avoir aussi ma vision de la salle ? Ris-je.

-Non, bien sûr que non. Rit-il avec moi.

Son rire ne semble pas sincère à mes oreilles. Quelque chose se prépare… Mais quoi ?

-Je me demandai si…

-Et bien continuez… lui dis-je avec un sourire que je veux confiant.

Il me scrute un moment de son regard, un sourire timide sur sa bouche.

-Je me demandai cela me ferait plaisir que nous puissions échanger quelques vers une nuit, Isabella…

Vient-il vraiment de me demander d'être son amante ? Je crois bien que oui, vu l'appréhension qui ternit son visage et l'assombrit. Nous ne pouvons pas nous permettre cela, lui comme moi sommes courtisans…

-Je regrette mais nous ne pouvons nous offrir cela Jacob. Nous sommes tous deux des courtisans et nous louons notre talent pour gagner notre pain. Nous ne pouvons nous permettre cela…

-Oui naturellement. Dit-il avec un sourire qui cache mal sa déception et son amertume.

Je me lève de mon fauteuil, loin de cet homme blessé et me rapproche du coin du feu et m'assoie sur un long canapé. Je sens le regard brûlant d'Edward dans mon dos et bientôt je sens son odeur m'assaillir. Le matelas du sofa s'affaisse à mes côtés et je sais qu'il est là…

-Alors mon ami Jacob te parlait… un sourire dans la voix.

Quelle étrange manière de commencer une conversation mais c'est Edward et cela change tout. Je me tourne vers lui, ce que je n'aurai pas dû. Ses yeux vert, dans l'intimité de la lueur du feu de cheminée, sont d'autant plus hypnotisants qu'à l'habituel. Je ne peux lui parler de la proposition de son ami bien que l'envie de me venger de nouveau en le blessant soit alléchante. Mon cœur pourtant se bat contre cette optique.

-Oui, nous avons conversé des plaisirs de la poésie.

Je le vois me regarder avec plus d'attention alors qu'un air surpris et quelques peu sombre passe sur son visage. Vient-il de découvrir ce que je lui cache derrière mes mots ? Je le vois un instant tourner le regard vers son ami pour revenir à moi. L'air sombre toujours sur son visage d'ange. Une main passe dans ses cheveux en désordre, c'est un signe de nervosité chez lui. Pour quelle raison est-il dans cet état nerveux ?

-As-tu apprécié la chasse ?

-Je dirai que la chasse possède une cruelle beauté.

Et elle l'est. Elle est un combat entre l'homme et l'animal. Le plus souvent l'homme gagne mais il se peut qu'il y ait des exceptions. La mise à mort est un spectacle affreux et pourtant captivant. Je ne sais comment vous la décrire…

-Tout comme la tienne. Me dit-il avec un demi sourire.

Ses yeux ont une lueur attentive et intense. Je me sens déstabilisée et pourtant je me dois de reprendre raison et d'ignorer ma faiblesse. Je me mets à rire, croit-il vraiment que ma beauté est cruelle ?

-Ma beauté est cruelle ?

-Je pense qu'elle l'est, oui. Pour les hommes que tu rejette, elle est cruelle.

Son sourire s'est effacé de son visage et je vois alors sa façade se dissoudre. Un air blessé alors apparaît et cela me transperce le cœur. Mais à qui la faute cette situation ? Tout, tout est de sa faute… Je sais bien que nous ne nous serions jamais marier mais nous aurions pu au moins nous aimer en secret… Je me sens monstrueuse de penser à cela mais je suis amoureuse et je ne peux rien changer. Il ne m'a pas laissé le choix…

Son ego de mâle doit prendre un coup à chacun de mes refus et il se permet la flatterie pour me faire tomber dans son piège. Me croit-il si naïve ?

-C'est uniquement mon refus qui attise votre désir Monseigneur… dis-je d'un ton ferme, mes yeux accrochés dans les siens.

-Tu ne crois pas assez en toi Isabella, me dit-il avec fermeté et sérieux.

-Flatteries ! M'exclame-je en levant les yeux sur ses faux compliments.

Je le vois se pencher vers moi. Je redescends mon regard et je le vois me contempler avec dévotion (?). Je ne sais vous dire ce que je ressens… De l'exaltation, de l'émerveillement, de la joie, de l'amour fou,… Mon cœur bat à tout rompre, ma respiration ne vaut pas mieux et il est à quelques centimètres de moi et pourtant cela n'est pas assez. J'ai chaud, terriblement chaud… Je dois prendre sur moi, je me compose ma façade de nouveau et lui fais face.

-Faisons un essai Isabella… me dit-il sur le ton d'une supplique.

Je sens mon cœur me tirailler de l'intérieur alors que ma raison, elle, me crie de résister. Que tout serait trop simple de la laisser m'amadouer. Je le vois me transpercer de son regard intense. Il prend une de mes mains dans les siennes et me la caresse. Il me fait son sourire tordu. Il veut ma mort !

-Dis oui… souffle-t-il. Et tu verras alors si tu es débarrassée de moi, ajoute-t-il de son air de conquérant.

Je me mets à rire, il croit vraiment qu'il a gagné… Je fais fis de mon cœur une nouvelle fois, bien que celle-ci soit considérablement dure…

-Attendez, si c'est moi qui vois juste alors vous vous fatiguerez de moi…

En effet, si je lui donne l'envie de moi qui le tiraille et qu'il ne me désire comme je le suppose alors oui, il va se fatiguer de moi. Ce que je ne veux pas égoïstement.

-… Et si c'est vous qui voyez juste, alors je me fatiguerai de vous. Continue-je alors que mon cœur et ma raison crient à l'unisson au mensonge. Peut-être devrions-nous laisser les choses telles qu'elles sont. Finis-je le cœur en miette.

Je vois Edward grimacer sur mes derniers mots. Une lueur alors de colère assombrit ses yeux, sa mâchoire se contracte, je le vois se pincer le nez et passer sa main dans les cheveux. Je ne peux continuer à le voir ainsi, je vais me lever pour me congédier quand je sens sa poigne autour de mon bras. Je me retourne vers lui et la détresse dans son regard me fait mal. Je me rassois alors à ses côtés. Sa main est toujours autour de mon poignet et ses yeux me transpercent de nouveau de par sa souffrance et de la tendresse sous jacente. Je le vois respirer avec difficulté et cela me fait mal.

-Je regrette beaucoup la blessure que je t'aie causé Bella…

Que dois-je dire ? Que je regrette aussi mes rejets, que je regrette de l'aimer tellement que j'ai fait ce choix, que je regrette ce jeu entre nous, que je regrette tout… Je me sens perdue, si seulement tout cela avait été plus simple… Je me sens de nouveau comme au premier jour, blessée, à l'agonie et tout cela parce que je l'aime…

Je le vois me regarder intensément, il doit voir mon vrai visage, mon visage de femme blessée. Je le vois grimacer devant le constat des conséquences de ses paroles et il n'aime pas cela. Il me transperce de nouveau de sa chaleur. Il pose ma main sur son cœur. Son sourire en coin de nouveau sur son visage alors qu'une lueur d'espoir fait son apparition dans ses prunelles vertes.

Ce n'est pas possible, même lors d'instants où il me présente des excuses il se croit vainqueur et qu'il aura ce qu'il veut… Une colère vive prend possession de mon corps, je me mets de la main toujours sur son cœur à caresser son torse. Sa prise alors sur mon poignet se libère et je me mets à le caresser avec tendresse. Je l'entends soupirer d'aise. Une flamme brûle intensément dans son regard et son sourire se fait plus grand. Mes yeux toujours accrochés au sien, je me mets à descendre ma main jusqu'à son entrejambe…

-Le cœur se situe plus haut Monseigneur Cullen, dis-je d'une voix glaciale.

Je me lève et m'en vais sans un regard pour lui…

POV Edward

Je ne sais plus quoi faire, je suis perdu. Je me sens au plus mal, détruit et rejeté par mon amour. Comment je peux lui faire comprendre mes sentiments, j'ai l'impression de tout faire de travers ou sinon qu'elle ne comprend pas ce que je veux lui faire passer par mes sourires, mes regards,… Peut-être que tout cela change justement parce que mon cœur lui appartient. Je ne sais quoi faire maintenant,…

Le moindre petit espoir que j'ai eu avant cette conversation vient de s'envoler. A jamais ? Je ne le pense pas, l'espoir est toujours vivant quelque part…

Je la vois partir loin de moi une nouvelle fois. Pourtant j'y ai vraiment cru. Je l'ai vu lutter, j'ai même vu le visage brisé qui se cache derrière sa façade de courtisane. Je regrette tant que nous en soyons arrivés là… Il me faut pourtant continuer, jamais je ne la laisserai partir loin de moi à jamais…

Alors votre avis ?

Je suis désolée mais à partir de ce poste, je vous posterai la version originale puisque je n'ai pas le temps de faire des modifs entre mes exams, mes études et ma nouvelle fiction… J'espère que vous ne m'en tiendrai pas compte

Votre.

Potine.