Chapitre 10 : Endoloris
Il ne restait plus que trois semaines avant la fin de l'année scolaire et personne ne les avait découverts. Il faut dire qu'ils se faisaient très discrets. James prenait toujours sa cape d'invisibilité, allait passer du temps dans la chambre de la préfète-en-chef et rejoignait ensuite ses propres appartements. Ils faisaient l'amour, et ils parlaient aussi. Souvent pendant des heures. Et ils riaient. Parfois il corrigeait des copies dans sa chambre, pendant qu'elle faisait ses devoirs. Cette relation n'était peut-être pas raisonnable, mais il était bien. Etudiant déjà, il avait pour habitude de ne pas suivre le règlement. Ce boulot n'était pas pour lui. Par contre, Lily, c'était comme si elle avait été faite pour lui. Elle était intelligente, lui tenait tête, le faisait rire et l'excitait.
Bientôt, le chapitre de Poudlard se terminerait pour tous les deux. Ils se reverraient à l'extérieur. Qui sait, peut-être se mettraient-ils en couple officiellement ? James était heureux. Elle lui plaisait vraiment et il baissait sa garde. Il pensait que cela devait se lire sur son visage, et chaque jour il était surpris de constater que personne ne se doutait de rien.
Leur départ imminent et la confiance qu'il ressentait après des mois d'aventure lui firent prendre un risque. Ce jour-là, il avait pris le premier prétexte venu pour coller Lily. Il savait qu'elle serait énervée, mais il fantasmait de la prendre dans ce contexte, sur son bureau, et il ne restait que peu de temps pour le faire.
_ Professeur ?
Lily se tenait devant la porte ouverte. James lâcha son magazine et se leva. Elle ferma la porte et se dirigea lentement vers lui, balayant la pièce du regard.
_ Que cherchez-vous, Miss ?
_ Une brosse à dent, répondit-elle en le regardant dans les yeux.
James se souvint de la première retenue qu'il avait passé avec elle. Des souvenirs où la jeune fille se trouvait à terre devant lui revinrent à l'esprit. Il se rappelait avoir longtemps pu observer la peau de ses cuisses, et s'être demandé si elle était vraiment aussi douce qu'elle y paraissait. Depuis le temps, il avait eu l'occasion de la caresser plus d'une fois, et il avait eu confirmation. James hésita à faire apparaître une brosse à dent pour lui faire récurer le plancher. Il était tenté de la revoir dans cette position, dans son uniforme. Mais sans cette foutue cravate verte et argent. Elle se tenait toujours devant lui, insolente, croyant avoir gagné une manche imaginaire en le rendant ainsi pensif.
James se rapprocha d'elle et l'agrippa par la taille, la collant ainsi contre lui. Il approcha ses lèvres des siennes et l'embrassa. Très vite, il jouait avec elle, lui caressant la langue, la suçant, avec toute la passion qu'il ressentait. Plus le baiser s'intensifiait, plus il collait ses hanches aux siennes. Elle passa ses mains dans ses cheveux pour le rapprocher encore plus. Il ne put s'empêcher de sourire tout en continuant de l'embrasser. Ils furent obligés de se séparer pour respirer, trop tôt à son goût, mais aucun ne lâcha l'autre.
_ Je vais abuser de mon autorité, murmura James à l'oreille de la jeune fille.
_ Si ça peut te rassurer, répondit-elle en lui grignotant le lobe de l'oreille, tu n'en as jamais eu.
Ce fut le commencement du carnage. Il prit ses cuisses et les fit s'enrouler autour de ses propres hanches. Il la souleva tant bien que mal jusqu'au bureau, renversant au passage quelques pupitres, tandis qu'elle lui dévorait la bouche comme si sa vie en dépendait. C'était loin de déplaire à James qui en profita pour passer ses mains sous sa jupe, caressant fermement ses cuisses. Il était déjà impatient de les écarter et d'ôter la culotte qui contrecarrait ses plans. Il ne se fit pas prier : à peine Lily l'eût-elle lâché quelques secondes pour reprendre son souffle qu'il lui retira le sous-vêtement gênant sans autre forme de cérémonie. Puis il la fit se retourner et se cambrer contre son bureau. Elle était accoudée à la table et James se tenait derrière, lui caressant les cuisses, lui caressant le sexe. Elle commençait à être assez mouillée. Il allait descendre sa braguette mais il aimait ce petit jeu. Il se demandait comment faire durer le plaisir lorsqu'il vit sa baguette posée sur le bureau. Il n'hésita qu'un instant avant de s'en saisir et d'effleurer avec les cuisses de Lily. Elle réagit de façon plus excitée que surprise, il se montra donc plus sûr de lui et lui caressa le sexe avec la baguette, la faisant glisser entre ses lèvres. Malgré les gémissements de plaisir et les tremblements d'impatience de la jeune fille, il demanda tout de même sa permission :
_ Tu veux ?
_ Oui.
Mais alors qu'il approchait le bout de sa baguette contre l'entrée du sexe de Lily, il fut surpris par une voix qu'il connaissait bien et interrompit son geste :
_ Et bien et bien, si ce n'est pas le professeur de défense contre les forces du mal et la préfète-en-chef…
Rodmilla se tenait dans l'encadrement de la porte, le visage fermé et le regard froid.
_ Rhabille-toi et va-t'en. Je m'en occupe, lança James à Lily.
La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et remit son sous-vêtement. Elle se dirigea vers la sortie sous le regard lourd de Rodmila, qui s'écarta légèrement pour la laisser passer et referma la porte derrière elle.
_ Je présume que ça dure depuis des mois. Pas avant notre rupture, j'espère.
_ C'est ça, répondit James.
Un silence s'installa entre eux. James voulait que ce moment se termine au plus vite, comme un pansement qu'on arrache. Il alla donc droit au but :
_ Qu'est-ce que tu vas faire ?
_ Je devrais te dénoncer.
_ Oui, tu devrais. Pourquoi pas ?
_ Pour te récupérer.
James rit jaune. Il ne s'attendait pas à une telle réponse. Il la pensait plus stable que ça. Il réalisa que ses goûts en matière de femmes lui portaient souvent préjudice. Les aimer avec un petit grain de folie rendait les choses plus amusantes, mais les ruptures étaient bien difficiles. Ca ne présageait rien de bon en cas de séparation avec Lily. Raison de plus pour la garder.
_ Je n'ai pas l'intention de rompre avec Lily, ni de retourner avec toi. Va voir Dumbledore, qu'on en finisse.
_ C'est sérieux donc. Plus que du sexe. Tu tiens à elle.
Elle marqua un instant de silence. Il se demanda si elle attendait une réponse de sa part.
_ C'est une question ?
_ Non, pas la peine. J'ai ma réponse.
Elle se mit à marcher dans la classe, autour des tables, tripotant les plumes et autres effets des élèves qui avaient été oubliés sur les bureaux.
_ J'ai bien remarqué qu'elle n'était pas très populaire auprès de sa maison, cette petite préfète. Je suis sûre que Dumbledore te renverrait et ferait taire l'affaire. Aucune conséquence pour elle. Et tu la retrouverais bientôt à la sortie. Par contre, si certains Serpentards venaient à apprendre que la demoiselle aux bonnes notes se fait prendre en levrette par les professeurs dans les salles de classe, elle risquerait de passer un très mauvais quart d'heure. Qui sait ce qui pourrait lui arriver ? Peut-être voudraient-ils même avoir leur part du gâteau.
Fou de rage, James saisit sa baguette et la menaça.
_ Réfléchis bien. Tu n'as pas envie de me jeter un sort, ça n'en vaut pas les conséquences.
_ Qu'est-ce que tu veux pour fermer ta bouche ? Demanda-t-il, tremblant de rage, les dents serrées.
_ On se remet ensemble. Avec une belle officialisation en prime, comme des fiançailles.
_ Des fiançailles ? Tu as conscience que je te quitterai le moment où elle en aura fini avec Poudlard et où je pourrais la protéger ?
_ Il me reste encore trois semaines pour te faire changer d'avis. Tu devras passer du temps avec moi, comme avant. Je suis sûre que tu réaliseras ton erreur et que c'est toi qui me demanderas de rester. J'ai tellement plus à offrir qu'une gamine de 18 ans.
James se pinça l'arête du nez et inspira un bon coup. De toute façon il n'avait pas le choix. Il s'était mis lui-même dans cette situation pas possible.
_ Donc je joue à ton fiancé jusqu'à la fin du mois, et tu te tais ?
_ Parole de sorcière, répondit-il en souriant.
Le lendemain soir, Lily faisait sa ronde dans les couloirs. Toute la journée, elle s'était attendue à être convoquée au bureau de Dumbledore, mais ce n'était pas arrivé. Elle n'avait aucune nouvelle de James. Il ne l'avait pas rejointe la veille au soir et elle ne savait pas ce qui se tramait.
Elle fut sortie de ses pensées au détour d'un couloir : deux Serpentards, qu'elle savait être des Mangemorts, l'attendaient de pieds fermes.
_ Tu as entendu la rumeur du jour ? Demanda sarcastiquement le premier à son camarade.
_ Hum, fit-il mine de réfléchir. Evans couche avec Potter ? Elle lui soutire des informations sur l'oreiller, et ça lui plaît parce que c'est une traînée de sang-de-bourbe ?
_ Non ! Rien de tout ça. Potter est fiancé au professeur Pool. Apparemment ils sont ensemble depuis un moment, pas de nuage à l'horizon.
_ Vraiment ? Fit semblant de s'étonner le deuxième Serpentard. Quelle honte ! La sang-de-bourbe n'aurait pas mené à bien sa mission ? Malgré la généreuse opportunité qui lui était donnée ?
_ Tu as tout compris. Et qu'est-ce qu'on fait aux ingrates qui se moquent des Mangemorts ?
Le second Serpentard cessa de sourire et pointa sa baguette vers Lily :
_ Endoloris.
