Beta : Zephineange, merci !

Note : Voilà, je suis de retour de mon stage ! Désolée pour cette longue longue attente ! Mais la première chose que je fais, c'est poster, alors voilà, ne m'en voulez pas trop ! J'espère que vous avez tous passé de bonnes vacances ! Comme d'habitude, je remercie tous les reviewers ! Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre cette histoire, ça fait plaisir ! Sur ce, bonne lecture !


Propositions


– Severus Rogue –

Severus fixait le bois de la porte sans comprendre. Pourquoi était-il là, à frapper à la chambre de Potter ? Pourtant c'était bien ce qu'il faisait. Ses longs doigts repliés avaient effectué trois coups secs et il attendait maintenant que l'autre homme vienne lui ouvrir.

Deux jours. Il avait tenu deux jours. Deux jours à ressasser les évènements, deux jours complets à ne penser à rien d'autre qu'à ce foutu Potter. Il était obsédé, incapable de porter son attention sur quoi que ce soit d'autre.

Patientant toujours devant la porte, il porta brièvement sa main à sa mâchoire. Les stigmates de son passage à tabac avaient déjà disparu, en apparence tout au moins. La douleur était encore vaguement présente. Étrangement, il n'arrivait pas à en vouloir à Potter. Le garçon paierait pour son affront, tôt ou tard, mais la haine était partie. Ce n'était pas comme s'il l'avait réellement blessé. Certes, l'intention y avait été. Et encore, ce n'était pas sûr. Non, décidément, il ne pouvait le détester. En réalité, il était bien trop fasciné.

Fasciné par un emmerdeur apparemment, car il ne semblait pas se décider à ouvrir la porte. Avait-il peur des représailles ? Il martela la porte une seconde fois.

« Ouvrez Potter, ou j'explose la porte. »

Comme seul le silence lui répondait, Severus sortit sa baguette. Qu'en savait-il, l'abruti était peut être mort étouffé dans son vomi. Il allait brandir son arme quand, enfin, la porte pivota, dévoilant Potter, la baguette à la main, le toisant d'un œil noir.

Les deux hommes restèrent quelques instants à se défier ainsi, immobiles. C'était au premier qui ferait un geste, au premier qui déclencherait l'affrontement. Mais Severus n'était pas venu pour cela.

« Je peux vous aider, Potter. »

Voilà ce qu'il avait voulu proposer la première fois. Voilà ce que les coups lui avaient empêché de dire. Il s'était fait tabasser, et pourtant il était là, et il n'allait poser aucune question. Pas tout de suite, d'abord il devait essayer de gagner sa confiance.

« Je ne vois pas en quoi, répliqua le jeune homme avec hargne.

- Ne soyez pas stupide, rétorqua Severus d'un ton sec. Je veux bien devenir Cracmol si vous comprenez un quart de vos lectures. J'ai des connaissances que même Dumbledore n'a pas.

- Vous parlez de Magie Noire, constata Potter avec une grimace dégoûtée.

- Entre autres, avança-t-il prudemment.

- Vous croyez vraiment que – »

Mais sa tirade fut interrompue par un raclement de gorge. Severus tourna la tête brusquement, comme un enfant prit en faute. Mais le couloir était vide. Une voix monta :

« Monsieur Rogue ? Ici. »

Cherchant l'origine du son, Severus posa son regard sur la petite silhouette peinte qui l'interpelait. C'était un homme sans âge, portant une robe d'une autre époque et on voyait que l'artiste avait représenté les rides de façon à souligner la sagesse. Le vieil homme à l'allure respectable avait l'air incongru ici, tant dans ce tableau de chasse à courre que dans ce couloir où tous les portraits semblaient avoir déserté leur cadre.

« Le professeur Dumbledore vous demande, reprit le portrait voyant qu'il avait toute son attention.

- Bien, » lui répondit Severus, déstabilisé mais d'une voix qui se voulait assurée.

Un coup d'œil vers Potter lui apprit que celui-ci avait vivement caché sa baguette derrière son dos. Était-ce de la crainte qu'il lisait dans le regard du garçon ? Il remarqua à ce moment là qu'il avait instinctivement fait de même en entendant la voix.

« Nous n'en avons pas fini, Potter.

- Le directeur vous attend, » lui répondit-il d'un air sombre avant de claquer la porte.

Severus jeta un regard noir au bois avant de se diriger vers le bureau de Dumbledore. Il craignait une nouvelle confrontation avec le vieil homme. Peut être était-il revenu sur sa décision ? Néanmoins, lorsqu'il entra, le directeur lui offrit un chaleureux sourire. À son sens, cela n'avait rien de rassurant. Lorsque le Seigneur des Ténèbres souriait, cela annonçait en général que les punitions n'en seraient que plus longues et plus vicieuses. Il se garda de dire quoi que ce soit et s'assit.

Sur le mur, là où étaient alignés les portraits des anciens directeurs, il nota du coin de l'œil que celui qui était venu l'avertir était de retour dans son cadre, somnolant comme les autres dans son fauteuil rembourré. Dumbledore lui proposa du thé, comme cela semblait être son habitude, avant de parler.

« Severus, nous devons parler de votre avenir. »

L'ancien Mangemort ne dit rien. Ce n'était pas tout à fait le sujet auquel il s'attendait, mais le mage ne cessait de le surprendre. Dumbledore savait-il pour son passage à tabac ? Rien dans son regard ne l'indiquait. S'il l'ignorait, ce n'était pas lui qui le mettrait au courant. Une telle information ne risquait que de l'éloigner encore plus de Potter, ce qu'il ne voulait en aucun cas.

Il n'avait nullement pensé à son avenir. Depuis qu'il s'était éveillé, comme revenu à la vie, tout son esprit s'était concentré sur Potter. Mais cela ne pouvait durer éternellement, bientôt l'école rouvrirait et il faudrait faire quelque chose de lui. Au fond, il se préparait à tout. Il avait remit sa vie entre les mains du vieil homme et celui-ci pouvait en disposer comme il le désirait. Il s'attendait presque, après les évènements des derniers jours, à ce qu'il l'envoie loin de l'Angleterre, et par la même occasion, loin de Harry Potter.

« Avez-vous déjà pensé à l'enseignement ? »

Severus écarquilla les yeux légèrement avant de reprendre une expression neutre. Non, effectivement, il avait pensé à tout sauf à cela. Lui, donner des cours à des mômes ? C'était risible. Pourtant, il savait de source sûre que le précédent professeur de Défense contre les Forces du Mal avait été grièvement blessé quelques semaines avant la chute du Seigneur des Ténèbres, provoquant la fermeture momentanée des portes de Poudlard. Il s'imagina dispenser son enseignement sur les "forces du mal" comme ils les appelaient et pendant un instant il eut du mal à cacher son enthousiasme, ce qu'il parvint malgré tout. Il laissa le directeur poursuivre :

« Poudlard ne rouvrira pas avant la fin des vacances. Enfin, ce qui aurait dû être les vacances. Il reste moins de deux semaines avant la rentrée et le professeur Slughorn vient de me faire part de son désir de retrouver un peu de calme après les évènements récents. »

Severus fronça les sourcils. Quelque chose clochait, Slughorn enseignait l'art des Potions.

« Et si je me rappelle bien, continua Dumbledore, vous étiez l'un des meilleurs élèves de votre promotion en Potions. »

La fin de la phrase resta en suspens entre eux. Avec Lily Evans. Severus déglutit lentement, se retenant de fermer les yeux comme il faisait habituellement pour fuir ses souvenirs. Pas là, pas devant Dumbledore. Il s'était suffisamment laissé aller devant l'estimable sorcier.

« Vous voulez que je prenne sa suite ? demanda-t-il d'une voix qui trahissait à peine ses émotions.

- Et bien, si cela vous convient, je suis persuadé que vous ferez très bien l'affaire ! Vous avez un don, il faut en faire profiter.

- Monsieur le Directeur, commença-t-il de sa voix la plus polie, mes compétences seraient bien plus utiles si je devais enseigner la Défense contre les Forces du Mal.

- Oh, je ne pense pas Severus, dit Dumbledore d'une voix douce. Le poste est déjà pris en tous les cas. »

C'est à ce moment que le jeune homme comprit. Dumbledore ne lui demandait pas son avis. Il avait déjà décidé de quoi serait faite sa vie. Il se maudit pour sa naïveté. Il avait vraiment cru pendant quelques minutes que le vieil homme lui laissait le choix ! Quelques questions rhétoriques avait suffit à relâcher sa vigilance.

« Bien, » répondit-il simplement.

Car tout ce qu'il pouvait faire était d'accepter.

« Parfait, Severus. Pour les questions de salaire, vous pourrez en parler avec mon adjointe, le professeur McGonagall. Vous serez bien sûr logé et nourri durant toute l'année scolaire. Vous pouvez dès à présent emménager si vous le souhaitez. Nous avons quelques appartements libres, un au cinquième, un au cachot, un –

- Le cachot sera bien, » acquiesça Rogue, dans un besoin d'abréger l'entretien.

Ses pensées étaient déjà ailleurs. Dix minutes. Il avait tenu dix minutes depuis qu'il avait franchi le bureau du directeur, mais de nouveau Potter occupait tout son esprit. L'école rouvrirait bientôt ses portes. Potter resterait-il dans le château ou Dumbledore le cacherait-il ailleurs ? Cela lui laissait à peine deux semaines, et sa nouvelle charge ne lui facilitait pas la tâche. Qu'allait-il devoir préparer pour ses cours ? Il l'ignorait, tout comme il ignorait s'il arriverait à tenir une classe. Mais il refusa de s'inquiéter pour des problèmes aussi futiles. Potter était bien plus important.

Dumbledore le regardait et Severus se demanda si celui-ci lui avait posé une question qu'il n'avait pas entendue.

« Pardon ? demanda-t-il.

- Je vous demandais si vous aviez quelque chose à me dire. »

Son regard bienveillant mit Severus mal à l'aise. Devait-il révéler ce qui le préoccupait ? L'ancien Mangemort n'était pas familier avec la notion de confidence, encore moins avec celui qui était maintenant son supérieur, dans tous les sens du terme. Mais son instinct lui dit que la question était purement rhétorique et que Dumbledore savait déjà ce qui traversait son esprit. C'était une impression exécrable, pourtant il n'y pouvait rien. Alors il décida de parler avec franchise. Quel étrange mot !

« À propos de Mr Potter… »

Là encore il avait opté pour la politesse. Il choisit précautionneusement ses mots.

« Nous ne pouvons le laisser dans cette situation, nous – »

Mais Dumbledore le coupa avec fermeté, bien que sans agressivité.

« Je suis persuadé que vous pensez bien faire. » Severus se demanda s'il pensait vraiment ses mots. « Mais il est préférable pour tout le monde que vous n'interfériez pas dans cette affaire. J'ai bien entendu ce que vous m'avez dit la dernière fois, et loin de moi l'idée de vouloir vous effacer la mémoire, mais gardez tout cela pour vous. Il n'en va pas seulement de la survie du Monde Sorcier, du combat entre Voldemort (Severus tressaillit) et nous. » En entendant être inclus dans ce "nous", le jeune sorcier sentit au fond de lui quelque chose remuer étrangement. « Ce qui se déroule là vous dépasse Severus, nous dépasse tous.

- Puis-je au moins demander ce que vous avez l'intention de faire pour lui ? »

Mais le regard de Dumbledore s'assombrit et son visage se referma. La discussion était close pour lui. Pas pour Severus. Il sentit une colère monter des profondeurs de son être. Une colère qu'il avait refoulée depuis qu'il avait appris l'horrible injustice du monde, une colère qu'il n'avait pu diriger contre personne car une fois avoir tué celle qu'il aimait, le Seigneur des Ténèbres avait lui aussi disparu. Une colère qui lui fit oublier devant qui il était. Il se leva, posa ses deux mains sur le bureau et se pencha en avant, dominant le vieil homme de toute sa hauteur :

« Vous m'avez sorti d'Azkaban pour continuer la lutte contre le Seigneur des Ténèbres, et j'ai dit oui. Vous m'avez demandé de protéger le fils de Lily et je donnerais ma vie pour cela. Et pourtant, pourtant, vous le laissez seul et sans aide alors qu'il a besoin plus que tout d'être guidé ! »

Severus se recula de quelques pas, surpris par la puissance de sa verve. Il s'enorgueillissait habituellement de ne jamais perdre son sang froid. Mais il avait perdu là toute maîtrise de lui. Il refusait pourtant de faire marche arrière son coup de sang retombé. Il avait pensé chacune de ses paroles, bien qu'il ne les eût pas prononcé dans une autre situation.

Dumbledore se leva et Severus darda son regard sur lui, le défiant silencieusement de ses yeux noirs. Mais le vieil homme se contenta de lui tourner le dos et de se poster devant la fenêtre. Les mains croisées derrière lui, il fixait le parc et, plus loin, la cime des arbres de la forêt interdite. Quelques rides supplémentaires apparurent sur son front alors qu'il se perdait en réflexion. Severus restait immobile, osant tout juste respirer.

Puis, le sorcier se retourna et son visage avait changé. Il semblait avoir pris une décision, et ses yeux bleus scintillaient. Il se rassit derrière son bureau et contempla Severus d'un œil tranquille, nullement impressionné. Enfin, il hocha lentement la tête. Qu'acceptait-il par ce mouvement ? À quoi donnait-il son accord ? C'est d'une voix profonde que Dumbledore s'exprima.

« Le passé doit rester le passé, et dans ce cas le futur sera le futur. Je crois que Mr Potter a compris cette règle dans la mesure du possible, mais il va sans dire qu'elle s'applique aussi à vous, à nous tous. Il ne faut absolument pas tenter de connaître le futur, d'aucune manière. Car nous voudrions le changer, c'est dans notre nature. Nous devons être là pour empêcher Mr Potter de le faire. Et trouver un moyen de le ramener en son temps.

- Que savons-nous là dessus ? »

Comme Dumbledore ne répondait pas tout de suite, Severus eut un doute.

« Vous l'avez interrogé sur ce sujet, non ? demanda-t-il. C'est nécessaire, afin de comprendre les causes pour renverser le processus, le renvoyer d'où il vient.

- Ce n'est pas si simple… Je… »

Et là, Severus assista à quelque chose d'à la fois fascinant et terrifiant. Dumbledore hésitait. Dumbledore doutait. Dumbledore, le plus puissant mage blanc de son époque, celui dont le Seigneur des Ténèbres craignait le nom, celui dont les conseils étaient écoutés par tous, bafouillait.

« Severus, reprit-il d'une voix basse, je vous le confie, mais méfiez-vous. »

L'ancien Mangemort ignorait contre quoi le mettait en garde le sorcier. La peau de sa nuque se hérissa. Il doutait que Potter puisse réellement le mettre en danger, mais il n'osa pas demander. Le Dumbledore qui se trouvait devant lui était quelque peu inquiétant. Son instinct l'avertissait qu'il y avait quelque chose de sombre tapi là, refoulé, qui attendait de s'exprimer. Et Severus Rogue était homme à se fier à son instinct. Alors il hocha simplement la tête.

- Harry Potter -

Harry avait besoin d'air. Il avait réussi à garder son calme devant Rogue, mais l'interruption du portrait avait été salutaire. Quelques minutes de plus et la conversation aurait pu prendre un tout autre tournant. Comme Dumbledore l'évitait toujours, il n'avait pu l'informer que Rogue lui tournait autour, mais il pouvait difficilement imaginer que le directeur ne soit pas au courant. Aussi espérait-il que ce dernier le remettrait à sa place.

En attendant, Harry était sorti. Les températures avaient de nouveau chuté et la neige qui avait un peu fondu s'était maintenant transformée en glace compacte. Il manqua plus d'une fois de glisser et de tomber, mais par un quelconque miracle, il évita à chaque fois la chute. Ses pas l'avaient conduit par automatisme à la chaumière de Hagrid. Comparé aux façades du château, c'était le bâtiment qui avait le plus changé. Elle ne semblait pas plus récente, car elle était rafistolée de toutes parts. Pourtant, elle était dans un meilleur état, chose difficile à croire lorsque l'on voyait les planches grossières clouées aux volets et le ciment qui s'effritait. Mais force lui était de constater que la maison du géant allait subir de nombreux aléas et que son propriétaire la réparerait comme il le pourrait, sans l'aide de la magie. Plus ou moins.

Il contourna la chaumière en se retenant de jeter un coup d'œil à la fenêtre. Il savait que ce qu'il y verrait ne lui ferait que plus de mal, constatant une normalité qui ne ferait que lui rappeler ce qu'il avait perdu. Il longea le potager, laissé en jachère. Là, il s'adossa à la barrière, goûtant à la quiétude de la forêt qui s'étendait devant lui.

Le calme ne dura pas. Un bruissement de feuilles. Des pas sur la glace. La créature sortit si soudainement du couvert des arbres que Harry fut persuadé qu'elle était là dès le début. Le jeune homme se demanda si elle l'attendait, sans savoir comment cela pouvait être possible.

Il était toujours aussi impressionnant de se retrouver face à un centaure. Il se souvenait que, lorsqu'il était âgé de onze ans, sa tête atteignait à peine le garrot de ces créatures. Il avait grandi depuis cette époque, pourtant il devait toujours pencher la tête en arrière afin de fixer dans les yeux l'être mi-homme, mi-cheval.

Il se déplaçait avec grâce, ses sabots foulant sans bruit le sol gelé entre la lisière de la forêt et lui. Son torse musclé ne semblait pas être affecté par le froid et ses cheveux blonds, si blonds que l'on aurait pu les croire blancs, tombaient sur ses épaules nues. La partie animale de son corps était d'un brun clair, et malgré la lumière terne de l'hiver, sa robe paraissait dorée.

C'est lorsque le centaure s'approcha suffisamment pour que Harry puisse distinguer ses yeux d'un bleu limpide qu'il le reconnut enfin. Firenze. Il n'avait guère changé en dix ans, seuls ses souvenirs défaillants étaient la cause de son temps de réaction.

Ils se regardèrent un long moment, sans rien dire. Harry avait l'impression d'être passé au crible, analysé dans ses moindres détails. Il savait qu'il devrait partir mais il se sentait paralysé devant ces yeux scrutateurs. Les centaures étaient d'étranges créatures et parmi eux, Firenze apparaissait comme un marginal, un extravagant. Comme il n'y tenait plus, il lança :

« Que voulez-vous ? »

Le centaure secoua la tête, heurtant le sol d'un de ses sabots et la réaction rappela à Harry celle d'un cheval piaffant.

« Juste voir celui qui est au centre de toutes les discussions.

- Pardon ? demanda Harry avec la désagréable impression de ne rien comprendre.

- Concentrer en un même homme tant de changements… murmura la créature d'un ton songeur. Le destin est bien joueur.

- Expliquez vous. » exigea-t-il.

Les centaures gardaient jalousement leurs secrets et en posant cette question, Harry ne s'attendait pas vraiment à une réponse claire. Ni même à une réponse. Pourtant, Firenze s'exécuta, comme s'il n'attendait que cela.

« Nous autres les centaures, nous observons les grands changements, les périodes de calme alternant avec celles de trouble.

- Vous parlez du règne de Voldemort et de sa chute.

- Oh, ça. Petit incident insignifiant, en marge de nos observations. Qu'est ce que cela représente ? Une poignée de quelques millions de personnes ? » Harry voulut protester mais se retint. « Non, nous avons vu l'immense perturbation au sein même de la magie, qui a bouleversé la course des astres, changé en profondeur l'essence des choses. Nous avons brûlé du saule et du buis. Nous avons été surpris lorsque la fumée nous a clairement indiqué que la cause était humaine et proche de nous. Lorsque nous t'avons vu dans la forêt, nous avons tout de suite compris. Je dois avouer être assez fasciné de me retrouver face à l'épicentre de tout ceci... »

Harry s'agita, mal à l'aise devant son regard transperçant. Il avait toujours bien aimé Firenze, il était étrange mais à ses yeux, moins que les autres centaures. Et il lui avait sauvé la vie. Mais là, il était plutôt effrayé.

« Le troupeau a beaucoup réfléchi à ce sujet. À ton sujet. Comme nous étions les plus proches de l'évènement (Harry avait l'impression qu'il butait sur ce mot), il a semblé à certains qu'il était de notre devoir d'agir.

- Je croyais que les centaures ne s'occupaient pas des affaires des sorciers…

- Dans ce cas, cela dépasse le cadre des simples humains. C'est la magie elle même qui s'est distordue, cela concerne toutes les créatures magiques, et peut-être même les autres. Néanmoins, c'est en effet selon ce principe que les centaures ont finalement décidé de ne pas agir, surtout lorsque tout a repris sa place quelques temps après…

- Comment ça, "quelques temps" ? »

Connaissant les centaures, cela pouvait être des semaines comme des mois. Merlin savait si ce n'était pas des années. Firenze éluda la question d'un haussement d'épaules. Harry n'essaya même pas de demander ce qu'il voulait dire par "tout" et secoua la tête, irrité. Il essaya de chasser de son esprit l'impression d'avoir mené le monde au bord du gouffre – merde ce n'était pas sa faute ! – et revint sur ce que Firenze avait dit.

« Des millions de gens, c'est important. Chaque vie est importante. Un million de vie, c'est un million d'importance ! Et si je pouvais faire ou savait quelque chose pour les aider, je le ferais. »

Et c'est ce qu'il faisait en réalité. Le centaure le regarda avec interrogation, comme s'il ne comprenait pas ce dont Harry parlait.

« Ce n'est pas ainsi que marchent les centaures, dit-il en croisant les bras sur sa poitrine, sur la défensive.

- Selon quoi ? Selon quelle règle ? C'est ridicule. Il ne tient qu'à chacun de faire ce qu'il juge juste ! »

Au fond de lui, Harry sentait grandir le besoin pressant de convaincre Firenze. Il allait le sauver dans une dizaine d'année, bafouant tous les principes des centaures. Pour lui. Ou contre Voldemort, il ne savait pas. Il allait même se faire bannir pour avoir aidé Dumbledore, pour avoir accepté le poste de professeur qu'il lui proposait. Il fallait qu'il le fasse.

« Voldemort est mauvais, pour les moldus, pour les sorciers mais aussi pour les centaures! Et pour toutes les autres créatures ! Il voudra contrôler les centaures, leur imposer sa force ! Mais quand il le fera, ça sera trop tard !

- Les centaures sont supérieurs aux humains ! Ils ne seront jamais dominés ! » s'exclama l'être hybride en se cabrant légèrement.

Harry secoua la tête, presque avec tristesse.

« Les centaures ne sont pas supérieurs… dit-il d'une voix basse, avant de continuer précipitamment avant que l'homme-cheval ne le coupe. Ils sont différents des sorciers, sur de nombreux points, mais ils ne sont ni inférieurs, ni supérieurs. Juste… différents… »

Firenze s'était calmé et le regardait maintenant avec une extrême curiosité. Il s'était approché de quelques pas, comme si le voir de plus près augmenterait sa compréhension.

« Vous me faites penser à Hagrid… » dit-il d'une voix pensive.

Harry écarquilla les yeux et esquissa un sourire. Il ignorait si de telles idées égalitaires lui venaient du demi-géant. Il en doutait, Hermione avait fait un travail bien plus efficace là dessus, même si la détermination du garde-chasse à considérer toute créature comme un être adorable plein de bonne volonté l'avait peut être influencé d'une certaine manière.

« Tu as peut-être raison, Harry Potter. »

Harry s'étrangla. Merde, le centaure connaissait vraiment qui il était. Il savait qu'il était Celui-qui-a-survécu et non juste le-type-qui-avait-failli-détruire-le-monde-en-voyageant-dans-le-temps. Il ignorait si la divination pouvait lui avoir révélé son identité exacte. Firenze lui même lui avait appris, lorsqu'il avait été son professeur à Poudlard, que les sciences divinatoires permettaient rarement de savoir ce que l'on voulait, et jamais avec précision. Le centaure détourna le regard.

« Nous nous reverrons, » dit-il d'une voix détachée.

Harry aurait été incapable de dire si c'était une affirmation ou une question, aussi hocha-t-il la tête. Bien sûr que Firenze le reverrait, dans cette même forêt, dans dix ans, il le savait. Firenze le regardait maintenant avec attention. Il sourit lentement, l'air satisfait. Qu'avait-il pu lire sur son visage ?

« Tant mieux. » dit-il.

C'était une question. Définitivement, c'en était une et Harry lui avait répondu, sans le vouloir. Firenze l'avait piégé. Ce dernier fit un tour sur lui même, jetant un coup d'œil à la forêt, un autre au château, avant de se remettre face à Harry, le fixant de ses yeux limpides, et le jeune homme sut que la prochaine phrase qu'il allait prononcer allait être mystérieuse et incompréhensible.

« Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis, dit-il d'une voix grave.

- C'est une citation moldue ça, remarqua-t-il, préférant ne pas chercher à comprendre ce que la phrase pouvait réellement signifier.

- Réfléchis-y, Harry Potter. »

Et sur ces paroles, le centaure fit demi-tour et partit au galop, soulevant des volutes de glace.

Harry donna un coup de pied dans la barrière. Dicton à la con, qui avait pu sortir une telle connerie ? Il ne savait même plus où il l'avait entendue. Ni comment le centaure avait pu en prendre connaissance. Et merde, il était maintenant incapable de penser à autre chose. Car il n'y avait qu'un seul ennemi en présence, un seul qui lui posait problème à l'instant en tout cas. Rogue lui pourrissait la vie et Dumbledore n'avait guère fait quoique ce soit pour mettre une fin à cela. Peut être le vieil homme ne le voulait-il pas ? Et si Rogue agissait sur les ordres de ce dernier ?

Il essaya d'oublier sa colère pendant quelques instants, et de considérer la situation avec pragmatisme. Ce n'était pas une chose aisée, mais il y parvint. Il était vrai que Rogue devait posséder certains… savoirs que Dumbledore ignorait. Peut être la solution était-elle vraiment dans la magie noire ? Le diadème, transformé en Horcruxe, en était imprégné, assurément. Pendant une fraction de seconde, Harry grogna contre Dumbledore et sa grandeur d'âme qui l'empêchait de s'approcher de cette magie interdite. Mais, de toutes les récriminations qu'il pouvait faire contre le vieil homme, c'était sûrement la plus injuste alors il la chassa de son esprit.

Ce constat fait, son cœur se gonfla. Après son passage dans la Salle sur Demande, il avait perdu tout espoir. Il croyait avant être déjà au fond du gouffre, mais il s'était enfoncé encore plus profondément dans le désespoir. Ce n'était que maintenant qu'une lueur d'espoir s'allumait de nouveau qu'il remarquait à quel point il avait été plongé dans le noir. Qu'il soit maudit s'il accordait de nouveau sa confiance à Rogue, mais peut être existait-il réellement un moyen de revenir à son époque. Il s'était presque résigné à vivre ici, mais Dumbledore avait apparemment réussi à forcer le Mangemort à les aider.

Il lui suffisait de faire attention.

D'un pas décidé, il retourna au château.

- Severus Rogue –

Severus cherchait Potter depuis quelques heures. Il avait fait le tour du château : sa chambre, la cuisine, la bibliothèque, la plupart des couloirs. Rien.

Il avait abandonné et retournait aux cachots lorsqu'il vit les hautes portes de la Grande Salle entrouvertes. Il les avait toujours vues closes depuis qu'il était arrivé au château. Poussé par la curiosité, il s'approcha silencieusement. L'immense salle était fidèle à ses souvenirs d'adolescent : les bannières des maisons accrochés aux murs, les quatre immenses tables installés sur toute la longueur, la cinquième qui dominait les autres sur l'estrade – il avait du mal à se dire qu'il siégerait là prochainement -, le plafond qui commençait à s'assombrir, le soleil déclinant.

Et là, il y avait Potter. Dans cette salle où tout avait des proportions gigantesques, il semblait minuscule, ainsi assis au coin d'une table, coincé entre deux piles de livres et une mer de parchemins. Severus remarqua avec un pincement de lèvres que le jeune homme s'était installé à la table traditionnellement attribuée aux Gryffondors. Il s'éclaircit la gorge puis entra d'un pas déterminé dans la grande salle, le bruit de ses chaussures résonant étrangement dans le silence.

Potter ne leva pas les yeux du grimoire qu'il lisait, mais Severus savait que le garçon l'avait entendu. Sa posture était légèrement plus crispée et il était persuadé que derrière les mèches noires, ses yeux s'étaient figés. Il s'assit en face de lui, et le jeune homme concéda enfin à le regarder. Son visage se voulait sûrement neutre mais Severus pouvait y lire de l'inquiétude et une expression fugace de colère réprimée.

Potter détourna le regard et sans un mot lui désigna trois livres empilés. Severus ne fit rien pour s'en emparer.

« Je croyais que vous m'aviez proposé votre aide, » dit le garçon aux cheveux ébouriffés.

Severus laissa le silence planer pendant quelques instants, avant de prendre sa voix la plus froide.

« Vous me devez des explications, Potter. J'accepte de travailler avec vous (Severus éprouva une certaine satisfaction en le voyant grimacer à cela) et même de passer sur ce qui est arrivé, mais je veux savoir. »

Potter lui lança un regard de colère contenue.

« Vous êtes un connard. »

Severus eut un rictus. Cela avait le mérite d'être clair mais il n'était pas sûr que cela explique quoi que ce soit.

« Je vois que votre niveau intellectuel est aussi élevé que celui de votre père. Ne vous a-t-on pas appris que cela ne vous autorise pas à humilier qui vous voulez ?

- Ne parlez pas de ce que vous ne savez pas, » répliqua-t-il.

L'injonction coupa court à tout ce que Severus voulait dire et il vit une lueur de triomphe au fond de ses insupportables yeux verts.

« Contentez-vous de m'expliquer ce que je ne comprends pas, continua-t-il.

- Cela risque de prendre un certain temps, alors. »

Mais le jeune homme ne releva pas la pique et se contenta de pousser vers lui l'un des livres, l'ouvrant à une page marquée.

« Je ne comprends pas ce paragraphe. »

Les mots avaient été prononcés d'une voix neutre mais avec difficulté, comme s'il se détestait pour admettre cela devant lui. Parfait, il allait pouvoir le remettre à sa place avec ses connaissances.

Mais pour comprendre, il dut débuter sa lecture quelques pages avant. Puis, comme cela ne suffisait pas, il lut à partir du début du chapitre. Il passa de longues minutes à déchiffrer le langage abscons dans lequel le livre était rédigé, les sourcils froncés, un pli barrant son front. L'ouvrage parlait des Retourneurs de Temps et le chapitre spéculait sur la quantité de magie impliquée dans le processus. Les calculs étaient compliqués et il dut faire appel à ses souvenirs des cours de Sortilège de sa dernière année afin d'expliquer à Potter le complexe principe d'unité magique. Tâche d'autant plus difficile que lui même maîtrisait peu la question.

« Chaque sort, chaque action magique demande une certaine quantité de magie, plus ou moins élevée. » Potter le regarda avec une expression que Severus déchiffra comment étant "sans blague". Petit arrogant, grinça-t-il intérieurement. « Les Retourneurs de Temps utilise une très grande quantité de magie, et ce de manière exponentielle selon le nombre d'heures que l'on 'retourne'. Ainsi, la plupart des Retourneurs ne peuvent aller plus loin qu'une dizaine d'heures. Apparemment, les plus puissants construits ne dépassent pas la trentaine. Cette formule est purement théorique mais elle permet de calculer approximativement combien de puissance il faudrait selon le nombre d'heures. »

Il prit un parchemin et Potter lui tendit sa plume. Il recopia rapidement l'équation, remplaçant les inconnues par les chiffres voulus. De sa baguette, il effectua les calculs complexes.

« Même pour une semaine, cent soixante-huit heures, les résultats sont très élevés. Pour un mois, c'est encore pire. Aucun sorcier ne peut déployer une telle quantité de magie. Même les plus puissants Sorciers de l'Histoire n'arrive pas à la moitié de cela !

- Et avec de la Magie Noire ? » demanda son vis à vis. Toute trace d'animosité avait disparu de sa voix. Il voulait juste savoir.

« Cela paraît peu probable. Le sacrifice serait bien trop grand. »

Il bénit le fait que le garçon ne pose aucune question là-dessus. Il ne se sentait pas suffisamment en forme pour lui expliquer le principe des sacrifices dans la Magie Noire.

« Et un objet magique ?

- C'est théoriquement possible, mais si un objet avait une telle puissance, il serait plus connu et convoité. » Le regarde de Potter se fit fuyant. C'était donc cela. « Néanmoins, accumuler beaucoup de magie dans un seul objet altère les fondements de cet objet. Prenons l'exemple du Choixpeau magique, les fondateurs l'ont investi d'une telle puissance qu'il a acquis une identité propre, une personnalité presque vivante. Et plus la magie sera élevée, plus l'objet sera instable…

- Vous pensez qu'il est possible de puiser dans la magie d'un objet, de lui faire faire ce que l'on veut ?

- Tout dépend de l'objet en question, Mr Potter… »

Mais ce dernier secoua la tête, refusant de dire quoique ce soit. Severus se pinça l'arrête du nez en se retenant de l'insulter.

« Potter, si vous ne me donnez que la moitié des informations, je ne peux pas vous aider. »

Le jeune homme semblait hésiter, et pendant quelques instants Severus crut qu'il allait lui dévoiler de quoi il retournait, mais encore une fois il se déroba :

« Qu'est ce qui me dit que vous n'essayerez pas de prendre l'objet pour vous ?

- Oui, bien sûr, car je suis un Mangemort assoiffé de pouvoir, c'est cela ? » dit-il en roulant des yeux.

Une lueur fugace de quelque chose passa dans les yeux du garçon devant lui. Severus se demanda si c'était ainsi qu'il le voyait. Jouait-il si bien son rôle d'espion dans le futur que même son propre camp voyait en lui un ennemi ? Cela expliquait-il la haine de Potter ? Il chassa ces pensées, il ne voulait pas penser à cela, car cela signifiait le retour de Voldemort.

« Par Merlin, Potter, dites moi au moins si l'objet a fait le voyage avec vous ! »

Potter écarquilla les yeux, sûrement surpris par la pertinence de la question.

« Non, répondit-il. Mais je sais où est l'objet à cette époque. » Il sembla quelques instants confus avant de reprendre. « Je l'ai touché et… il a refusé de me ramener dans le présent. »

Alors l'objet avait bel et bien une conscience. Et puis soudain, la réalité le rattrapa :

« Vous êtes complètement inconscient ! s'exclama-t-il avec colère. Qui vous dit qu'il ne vous aurait pas envoyé encore plus loin dans le passé !

- Ou ramené à mon époque ! répliqua Potter avec force.

- Et bien je remarque par votre présence que ce n'est pas ce qu'il s'est passé !

- Vous remarquez par ma présence qu'il ne m'a pas envoyé une nouvelle fois dans le passé non plus ! » cria le jeune homme.

Sans qu'ils ne le remarquent, les deux hommes avaient haussé le ton jusqu'à se retrouver debout, seule la table massive maintenait un semblant de barrière entre eux. Severus se reprit le premier en s'asseyant.

« Écoutez Potter, reprenons tous depuis le début. »

Harry Potter –

Harry se rassit. C'était étonnant comme cette dispute l'avait revigoré. Il se sentait plein d'énergie, mais cette fois-ci, il ne ressentait pas le besoin d'enfoncer son poing dans la figure de Rogue. Quel progrès ! songea-t-il avec ironie. Pourtant, il n'avait pas à se réprimer car cela lui faisait tellement de bien de parler et de crier sur quelqu'un. Et c'était étrange car Rogue paraissait presque inquiet pour lui. Le concept était surréaliste. Mais il l'accepta.

Il prit une inspiration et se lança dans son récit. Il désignait toujours le diadème par l'objet, mais il lui révéla fidèlement ce qui s'était passé. Il y avait peu de chose à dire, il avait mis le diadème et c'était tout. Alors il se concentra sur ses perceptions, sur ce qu'il avait ressenti, peut-être que cela aurait une signification pour Rogue. Son impression de flou. Sa perte de conscience. Son réveil. Il cacha le lieu et la date exacte, mais lui précisa qu'il était arrivé au même endroit et le même jour, que seule l'année avait changé. Il expliqua qu'il soupçonnait l'objet être imprégné de Magie Noire et Harry fut étonné de voir comme de l'irritation passer sur le visage de Rogue.

La version jeune de son ancien professeur de Potions était tellement plus émotive que son alter-ego âgé. Pour n'importe qui, le jeune homme devait être inexpressif, mais pour Harry qui pouvait comparer les deux, la différence était marquante. C'était vraiment perturbant, et il redoutait à tout instant de baisser sa garde à cause de cela.

Lorsqu'ils eurent fini, il était tard. Au dessus d'eux, le plafond dévoilait les constellations d'hiver et un mince croissant de lune illuminait faiblement la salle. Harry s'était tu, la voix sèche d'avoir tant parlé. Rogue n'avait rien ajouté, perdu dans ses pensées.

« Alors ? » demanda le Gryffondor, et il fit en sorte que sa voix ne soit pas trop suppliante.

« Je ne sais pas, » répondit l'autre homme. Harry fut surpris par tant de sincérité. « C'est complexe, je vais avoir besoin de temps pour y réfléchir. »

Harry hocha la tête et lui présenta les deux livres qu'il avait mis de côté pour lui, tous deux traitant de la Magie Noire. Rogue les prit, sembla hésiter, puis se leva. Il lui jeta un dernier regard :

« On va trouver une solution. »

Sa voix était ferme. Est-ce qu'il essayait de le réconforter ? Merde, qu'il soit pendu si c'était le cas. Rogue se retourna, sa robe ondulant doucement derrière son passage.

« Et arrêtez d'essayer de m'éviter ! » s'exclama-t-il avant de disparaître derrière les deux grandes portes.


À suivre…


La suite, la semaine prochaine ! : ) À bientôt, laissez un petit mot pour que je sache ce que vous avez aimé, ce qui vous a moins plu, ce qui vous répugne !