Bonjour voici un nouveau chapitre dans notre histoire !

Un peu plus court que les autres...je suis pas complètement satisfaite de ce chapitre...mais je ne trouve pas à l'améliorer! Alors soyez indulgents (es) ! Je travaille déjà sur les prochains chapitres et je suis à les peaufiner...

Reviews toujours bienvenues!

Merci Arius et Calixte pour vos encouragements !

Merci aux Followers !


-Je suis un peu déçu de vous, Colonel, je dois vous le dire. Fit Darcy alors qu'il chevauchait tous deux

-Expliquez-vous?

-Je croyais que vous seriez tout près à me réprimander concernant mon « attachement » à cette demoiselle

-Pourquoi serai-je en désaccord? Elle est charmante, intelligente et jolie…

-C'est alors sa famille que j'aurais dû vous présenter. Vous auriez toute suite compris!

-Qu'avez-vous contre elle?

-Absolument tout! Ils sont ridicules

-Bah…ceci n'est pas un argument valable. Une fois mariés, vous les verrez qu'une ou deux fois par année.

-Et ils sont très pauvres!

-Et vous êtes très riches! Qu'avez besoin de plus?

-Vous êtes étonnant, colonel, je ne vous reconnais plus! Vous m'incitez à la prendre pour maitresse et…m'encouragez à épouser une femme indigne de moi…Moi qui pensais que vous m'auriez poussé à l'oublier! En fait…j'avais besoin que vous me secouiez ! Que vous me ramenez à la raison!

Darcy rit puis continua

-Imaginez la tête de tante Catherine si j'épousais une si basse fréquentation!

Le Colonel rit encore plus fort

-Cette vieille est totalement folle!

-Colonel! Réprimanda Darcy en riant

-Je vous le dis! Continua le Colonel. Partout où je vais, on se moque d'elle! Avez-vous entendu parler de son nouveau protégé? Un certain Mr Collins. Semble-t-il plusieurs vont le voir pour se faire absoudre par lui, mais il ne s'agit que d'un prétexte pour rire de lui!

-Pauvre homme! Continua Darcy en riant. J'ai peine à départager si j'ai pitié de lui à cause de ses sarcasmes ou parce qu'il doit subir Tante Catherine!

Après un moment, Darcy revint plus sérieusement

-Je suis sérieux, cousin. La famille ne l'acceptera jamais. Je serai la honte de la famille Darcy. Si mon père vivait, il me déshériterait sur-le-champ.

Le colonel arrêta son cheval subitement et se tourna vers lui.

-Si je puis le dire, vous cherchez un prétexte pour vous éloigner de cette demoiselle, Darcy. Pourquoi ne vous pliez-vous pas au mariage, une fois pour toute? Vous cherchez des défauts à une demoiselle tout à fait convenable!

Darcy surprit de son intervention, réfléchit quelques instants puis osa

-Je crois que tout ceci est effrayant.

-J'ai vu les horreurs de la guerre, Darcy. Des hommes démembrés hurlant jusqu'à se donner leur propre mort. Je vous le dis, abandonner votre cœur aux mains d'une charmante demoiselle est loin d'être effrayant! Mais il est déjà trop tard, cousin. Vous y êtes déjà attaché et vous l'aimez! L'amour est puissant et irrésistible. Nul ne peut s'y soustraire. Elle sera pour vous une aide et un réconfort aux temps opportuns. Elle vous donnera des héritiers et vous en serez fiers

-Mais, je crains que les sentiments ne soient pas réciproques…

-C'est possible, absolument possible. Il suffira de la convaincre que vous serez bon pour elle. Elle vous acceptera.

-Vous la connaissez mal. Elle est, tout comme Georgiana, à la recherche de cette utopie à la dernière mode : « le grand amour ». Même Bingley y a succombé!

Le colonel hésita quelques instants

-Soyez son « grand amour »

-Mais c'est un fantasme irréalisable! Elle désire un homme qui n'existe pas! L'idée qui me hante est plutôt l'inverse! Si je ne le suis pas! Si elle me refusait? Quelle humiliation!

-Personne ne vous refuse rien

-C'est bien là le problème! Je la connais tout à fait capable de me refuser.

-Eh bien, mon ami, vous n'avez d'autres choix que de vous lancer. Conclut sérieusement le Colonel. Et bien même elle vous repousserait, rien est irrévocable.

Les deux hommes chevauchèrent un moment silencieusement puis le colonel éclata de nouveau

-Elle est parfaite! Hahaha! Parfaite! Qui aurait cru qu'une jeune femme déstabiliserait un homme si assuré! HAHA!

oOoOo

-Mon frère! Cria Georgiana en entrant subitement dans le bureau où son frère se trouvait. Quand sortiras-tu de tes quartiers? La journée est magnifique!

Darcy se précipita au bureau et empila rapidement des livres, sur ce qui semblait être un papier chiffonné.

Georgiana resta immobile quelques instants devant son frère qui était désormais assis devant ce bureau, mine coupable.

-Que caches-tu sous ce livre?

-Rien du tout

Rapidement, elle souleva le livre et empoigna le coin de la feuille qui dépassait dans un mouvement si rapide que Darcy n'eut aucune chance de l'en empêcher.

-Miss Élizabeth! S'exclama-t-elle soudain

- J'ai trouvé ce croquis d'une femme sous le fauteuil dans le salon à Pemberly! Se défendit-il rapidement

-Tu sais parfaitement qu'il s'agit du portrait de miss Élizabeth! S'élança Georgiana totalement surprise

Darcy serra les lèvres ne voulant pas répondre

- C'est Miss Élizabeth, la femme qui te hante? Celle qui te fait voguer dans tes pensées ? Celle qui t'a transformé! Lança Georgiana comme prise d'une révélation

-Georgiana! Se contenta-t-il de dire en essayant de récupérer le portrait.

-Je te redonne ce portrait si tu me racontes tout! fit-elle espiègle

-Il n'y a rien à raconter! Redonne-moi cela toute suite! Si quelqu'un t'entendait…cela pourrait faire scandale!

-Je te fais remarquer que c'est toi qui a apporté ce portrait dans ta valise! Tu as pris d'énorme risque en l'apportant ici! Et bien! J'attends des explications

Georgiana avait une moue charmante quand elle essayait de faire la grande sœur.

Darcy mimait rester calme.

-Les petites filles comme toi, aime bien s'imaginer des histoires!

Georgiana rouspéta, insultée devant son frère au sourire malicieux.

Georgiana et Darcy se calmèrent et Georgiana commença plus sérieusement

-J'ai le portrait final dans ma chambre, je comptais l'offrir à Miss Élizabeth aujourd'hui…voudrais-tu le voir ?

-Bien sûr! Fit-il enthousiaste

Elle lui montra le portrait, transposé sur une toile couleur à la peinture à l'huile.

-Il est magnifique, chère sœur, souffla Darcy en admiration devant l'œuvre

-Est-il ressemblant?

- Oh oui, tout à fait, soupira-t-il en regardant plus attentivement ses yeux. Tu as même reproduit cet éclat dans ses yeux quand elle sourit. Cet air espiègle et intelligent à la fois.

-Comme tu parles bien…mon frère, si elle était présente, elle serait certainement embarrassée!

Darcy rougit lui-même

-Alors, elle te plait, c'est cela? Questionna-t-elle doucement

Darcy fit quelques pas lent, pour se rendre près de la fenêtre, où il appuya les deux mains sur son pourtour, laissant tomber sa tête en signe de découragement.

-Oh…Georgiana, c'est bien pire que cela… elle m'a envouté…jour et nuit…je n'arrive plus à penser…. Grogna-t-il –Quand elle est là…je suis un idiot …Quand elle n'y est pas…je la vois partout…je passe des heures à regarder son portrait…sans aucun soulagement…Georgiana…je suis un homme perdu…

-Alors, tu es amoureux d'elle?

-Je suis malade, Georgiana, ou peut-être fou

-Quand as-tu compris ce que tu ressentais?

-Petit à petit…dire que j'ai failli la perdre aux mains de Mr Martin. Cet imbécile n'a pas su reconnaître le trésor qui était tout près de lui…

-Que feras-tu?

-Tout le problème est là, chère sœur-enchaina Darcy sur le même souffle. Il est tout à fait illogique de laisser voguer ces sentiments. Je préfère donc être son ami…Mais si mes sentiments ne pouvaient s'atténuer… Je ne trouve ni les mots ni le courage…Si elle me repoussait? Georgiana, ce serait une catastrophe! Si au moins elle m'encourageait!…je ne sais jamais si elle me déteste ou m'apprécie…Elle se met en colère contre moi pour le moindre petit rien! Elle me rend fou!

Darcy se retourna promptement visiblement embarrassé par cette discussion et le combat ridicule qu'il venait d'avouer.

-Je crains que tu ne sois irrémédiablement épris, William. Tu auras été imprudent…

Darcy n'entendit pas le dernier commentaire de sa sœur et préféra clore la discussion.

-Bon, c'est assez parlé… c'est une discussion inutile puisqu'elle n'est pas de mon rang et un mariage avec cette famille ne serait pas acceptable. Fit-il froidement

Mais avant de partir il se retourna

-Georgiana…ne parle surtout pas de ceci à personne…tu comprends ? fit-il en fronçant les sourcils. Certainement, cette…inclination se dissipera bientôt. Je retrouverai la raison.

Georgiana acquiesça timidement, mais soucieuse

-William, je dois te dire quelque chose d'absolument impératif : Ne veux-tu pas mon opinion?

Darcy hocha la tête

-Elle…elle m'a déjà confié que tu ne lui plaisais pas du tout…

Darcy fronça les sourcils sous l'intensité du nœud qui lui serrait maintenant l'estomac.

Quelle douleur sa sœur venait de lui prescrire! …N'avait-elle pas comprise quel malheur elle venait de lui affliger en lui avouant un tel secret…

Darcy hésita quelques instants perdu dans ses pensées. Il retomba soudainement encore plus sérieux

-Quel idiot que je suis! Je suis épris de la seule femme qui ne veule pas de moi! Et maintenant que je sais qu'elle ne m'aime pas…je crois qu'elle me plait encore plus…

-Et il n'y a pas que cela…j'ai peut-être une raison de refroidir tes enchantements…As-tu bien réfléchis à une implication avec cette famille? N'es-tu pas inquiet de t'être fait manipuler? N'est-ce pas toi qui me ressassait sans cesse qu'il fallait être prudent? En vérité, nous la connaissons à peine…

-Tu n'es pas d'accord avec mon inclination?

Darcy fronça les sourcils sévèrement et continua

-Crois-tu qu'elle ait manigancé?

-Je n'ai pas de preuve…hésita Georgiana…mais je crois que tu ne devrais pas te hâter…

- T'a-t-elle donné des raisons de me méfier? Questionna Darcy insistant

-Hummm …elle est toujours très prudente…

Darcy se redressa. Il n'avait jamais pensé que sa sœur pouvait être en désaccord avec lui. Comment sa sœur pouvait-elle en arriver en soupçonner sa propre meilleure amie? Avait-il été piégé? Quelle horrible idée!

- C'est une question que je dois seul éprouver…De plus… Je sais fort bien qu'Élizabeth cherche le « grand amour » et c'est une illusion dont je ne puis me conformer…

Toujours sur un ton pessimiste il ajouta

-Je croyais que tu serais heureuse de mes sentiments…fit-il en caressant la joue de sa sœur, Je croyais que tu la voudrais comme sœur… Mais…Tu as raison, petite sœur, il s'en est valu de peu que je me laisse capturer... Je vais enquêter plus raisonnablement.

Il replia nonchalamment le portrait et l'inséra dans la poche intérieure de son veston.

-Allez viens, allons prendre l'air pur dehors!

L'inquiétude que Georgiana entretenait prenait une toute nouvelle intensité. Il venait de lui déclarer l'ampleur des sentiments qu'il éprouvait pour Miss Élizabeth. Mais…si Caroline avait raison et qu'Élizabeth les avait manipulé? Elle se convainc qu'elle enquêterait elle-même sur Élizabeth.

OoOoO

-Élizabeth… une malheureuse rumeur est parvenue à mes oreilles…il est de mon devoir je crois, de vous en parler.

-Je vous écoute, Georgiana

-Eh bien, il semble que les mauvaises langues racontent que vous…(Georgiana racla sa gorge et hésita un moment) Miss Élizabeth…êtes-vous honnête avec moi?

-Tout à fait! Je le suis! De quoi êtes-vous inquiète?

-J'ai peur que vous ne nous utilisiez à votre propre profit

Élizabeth resta muette devant cette déclaration.

-Ces mauvaises langues m'ont rapporté que vous m'utilisez afin de conquérir mon frère…continua Georgiana

-Croyez-vous cela? Souffla Élizabeth insultée

-Je vous le demande, Élizabeth. Convoitez-vous mon frère? Vous servez-vous de moi pour le conquérir? Recueillez-vous des informations afin de le capturer ? Plusieurs ont déjà entendu votre mère préparer des arrangements et…

-Ai-je déjà donné cette impression? Lança Élizabeth la gorge serrée.

Georgiana visiblement embarrassée regardait le sol.

Il n'était pas question de lui révéler que son frère était épris d'elle.

-Je crois déjà avoir prouvé mon amitié, miss Darcy. Si vous désirez plus de certitude, je ne pourrai vous contenter.

Elle salua Georgiana et quitta subitement retournant à Longbourn à pied.

À son arrivée, Mme Bennet discerna rapidement l'état d'Élizabeth et vint l'entretenir.

-Dites-moi tout, mon enfant

-Il y a d'horribles rumeurs sur moi!

- Quelles genres de rumeurs? Se scandalisa Mme Bennet

-Que je serais … amie avec Georgiana afin de conquérir Mr Darcy!

-Qui donc a lancé des vilaines rumeurs? Elles sont ridicules!

Élizabeth qui pleurait dorénavant à chaudes larmes ne pouvait à présent plus parler. Mme Bennet qui commençait à sentir ses spasmes s'alerter, hurla

-Quelle horreur! Quelle tragédie! Notre famille sera ridiculisée! Raillée! Méprisée! Mes pauvres filles seront délaissées et dédaignées! Juste ciel! Maudit soit la famille Darcy qui nous cause tout ce tourment! Maudit soit les langues perverses qui trahissent le nom des Bennet!

Mais encore, elle n'avait pas terminé sa crise qu'elle continua :

-Élizabeth, tu dois t'éloigner de cette maudite famille quelques temps. Quelque soit leur richesses et leur prestige, Mr Darcy ne pourra pas épouser mes cinq filles en même temps! Calamités! Si Mr Bingley apprenait de telles rumeurs, il pourrait bien annuler ses fiançailles avec mon angélique Jane!

-Mais maman! Ne pas se défendre pourrait sembler leur donner raison!

-Qu'il y a –t-il à ajouter, Élizabeth? Rien! Rien du tout! C'est un maigre sacrifice que je te demande, ma fille. Tu déteste déjà Mr Darcy,…quant à Miss Darcy, elle ne t'a rien apporté jusqu'à maintenant! Même pas la présentation d'un gentilhomme!

Quel bonheur que son père n'ait pas partagé toute l'histoire de Mr Martin à sa mère. Sa mère l'aurait certainement obligée à l'accepter. La nonchalance de son père quant à la communication avec sa femme, lui servait bien, cette fois-ci.

Elle n'avait pas envie de s'éloigner de Georgiana. Comment des rumeurs pouvaient-ils influencer à ce point des fréquentations? Elle était comme une sœur pour elle, une sincère amie.

Mais quelque chose la tracassait davantage. Qui pouvait bien penser qu'elle essayait de conquérir Mr Darcy? Ce pourrait-il que ce soit Mr Darcy lui-même qui croie qu'elle essayait de le capturer? Elle avait éprouvé, certes, plus de plaisir en sa compagnie dans les derniers temps. Mais elle n'avait pas souvenir de l'avoir encouragé ni même de le séduire ?

Peut-être s'était-elle trop immiscée dans leur vie privée en soumettant son hypothèse « Darcy amoureux» à Georgiana?

Elle ne reverrait plus Mr Darcy. Leur nouvelle amitié était trop dangereuse pour elle et sa famille.

-Élizabeth! Hurla de nouveau Mme Bennet. M'avez-vous entendu? Vous devez rompre toute communication avec cette famille!

- Je mettrai un terme à notre amitié. Conclut Élizabeth placidement, poussée à cet aveu par sa mère en état de choc.

-Georgiana, que dirais-tu d'aller retrouver Miss Élizabeth pour une promenade? Bingley viendra aussi pour voir Jane. Il fait si beau et l'air confortable.

-Tu peux y aller sans moi, William

-Je ne comprends pas, ne veux-tu pas retrouver Miss Élizabeth? Serais-tu souffrante?

-Nous sommes…en froid, si je puis le dire.

-Vous vous êtes disputés? Je suis étonné! Sur quel sujet?

-Un sujet féminin, sans importance. Peut-être pourras-tu la raisonner maintenant que vous êtes amis…fit-elle un peu sèchement. Maintenant qu'elle t'a conquis …je préfère vous laisser seuls.

-Georgiana…je ne comprends pas! Serais-tu jalouse de mon affection envers ton amie?

-Je t'ai déjà partagé mes inquiétudes, William. Je ne puis rien à ajouter. Si tes sentiments sont plus forts que la prudence…cours à ta perte, va la rejoindre

Darcy troublé par le comportement de sa sœur entreprit de se rendre à Longbourn pour en savoir plus. Il ne pouvait pas réfuter la promesse qu'il avait faite à Charles d'être leur chaperon.

Lui et Bingley vinrent chercher Élizabeth et Jane pour marcher près de la falaise. Élizabeth demanda promptement à ce que Mary les accompagne.

Rapidement, comme anticipé par Élizabeth, Jane et Charles s'éloignèrent d'eux. À une distance convenable mais tout de même plus intime.

-C'est une belle journée, commença Darcy

-Tout à fait, répondit Élizabeth placidement

Un lourd silence suivit

-C'est un merveilleux temps de l'année, ne trouvez-vous pas? continua Darcy inquiet de ce long silence

-Vous avez raison, Monsieur. Se contenta Lizzy

-Vous portez- vous bien?

-Parfaitement je vous remercie.

Mary qui se tenait près d'eux trouvait cette scène absolument accablante. Quels sujets insipides! Elle devait certainement ajouter du contenu à cette conversation.

-Avez-vous entendu les derniers dénouements des guerres des pays voisins, Mr Darcy? Questionna Mary

-Un petit peu. Le colonel me raconte quelques évènements, mais il reste plutôt délicat sur le sujet.

Mary se lança dans un discours pour le moins ennuyant concernant ses lectures sur les politiques et la gouvernance des pays voisins, des guerres et des famines…

Darcy et Élizabeth la laissèrent discourir aussi longtemps qu'elle le pouvait, l'écoutant à mi-oreille mais savourant qu'aucun silence assourdissant ne vienne perturber l'ambiance.

Soudainement, Mary changea de sujet

-Oh Lizzy, nous sommes tout près de la maison de Miss Willys. Puis-je la saluer un instant?

-Bien sûr, fit elle hésitante, mais dépêchez-vous!

Mary gambada jusque vers la demeure des Willys. À peine fut-elle éloignée que Darcy se tourna vers Élizabeth

-Que se passe-t-il, Miss Élizabeth? Ma sœur m'a dit que vous vous étiez disputé? Quand je lui ai offert de venir avec nous, elle a sèchement refusée…m'obligeant à vous demander les détails de votre mésentente.

-Ce serait plutôt à elle que vous devriez poser la question, Monsieur. Moi je vais très bien. Le brava-t-elle

-Vous mentez! Qu'ai-je fait pour mériter un accueil aussi glacial? La questionna-t-il plus sévèrement

Les yeux de Lizzy s'embuèrent avant qu'elle ne détourne les regards rapidement.

Pourquoi n'était-il pas l'être insensible et désagréable comme à leur première rencontre? Pourquoi était-il devenu amical et intéressant? Tout ceci aurait certainement été plus facile s'il n'était pas devenu aussi généreux. Elle avait tant aimé quand il posait son regard sur elle…dorénavant, être à ses côtés devenait un supplice.

-Monsieur, commença-t-elle avant de faire une longue pause, pour contenir ses yeux humides

Elle continua finalement :

-Notre amitié fut certainement une mauvaise idée

Darcy se dressa de surprise.

-Je ne comprends pas

-Il y a des …mauvaises langues…des rumeurs…qui m'accusent…

Darcy qui écoutait Élizabeth, secouait la tête d'incompréhension, ne désirant pas l'interrompre la laissa parler

-Ces rumeurs n'ont jamais été aussi éloignées de la vérité Monsieur…

-Quelles rumeurs?

-Même si elles ne sont pas encore parvenues a vos oreilles, elles ne sauraient tarder…J'espère seulement que vous vous souviendrez que je ne suis pas trompeuse ni menteuse…Mes sentiments… envers Georgiana (précisa-t-elle)… sont sincères…

Darcy écoutait toujours en cherchant quelque chose à dire d'édifiant, mais Lizzy continua mine abattue

-Monsieur…je n'ai pas le luxe…de risquer ma réputation…il ne s'agit pas que de moi…ma famille est en péril si une fausse réputation s'élevait contre moi…vous comprenez? Vous devriez en parler à Georgiana…

-Expliquez-vous, je vous en prie.

-Notre amitié met ma réputation en péril, monsieur. La mienne ainsi que celle de mes jeunes sœurs. Cette réponse devra vous suffire. Répondit-elle froidement

-Vous me repoussez? Moi et ma sœur? Vous rompez nos liens ? Bégaya-t-il

-Oui, fit Lizzy aussi impassiblement et froidement qu'elle le pouvait.

Mary arriva en trompe toute excitée de sa visite chez son amie.

-Nous pouvons continuer notre marche maintenant!

-Je préfèrerais rentrer à la maison, Mary. J'ai la migraine. Se contenta Lizzy

Mary continua un vil discours tout au long du chemin.

À la maison, Élizabeth salua Mr Darcy, sans le regarder, évitant de lui montrer ses yeux mouillés. Darcy retourna à Netherfield, complètement battu.

Il fit appeler Georgiana

-Georgiana : as-tu entendu des …rumeurs…concernant miss Élizabeth?

Georgiana blanchit

-L'expression de ton visage répond à votre place. N'as-tu pas trouvé bon de me les partager? Cela m'aurait bien évité de me faire confronter par Miss Élizabeth!

-J'ai bien essayé de te mettre en garde, mais tes sentiments semblaient déjà affirmés…

-Que disent ces rumeurs?

-Que Miss Élizabeth avait manigancé pour se lier d'amitié avec moi afin de se faire accepter par toi…Quand tu m'as révélé ton inclination…j'ai su alors que c'était vrai…Elle a réussi…William ! Elle m'a utilisé!

Darcy s'appuya sur la fenêtre.

-Ne t'ai-je pas dis que je voulais moi-même enquêter sur cette affaire?

-Tu es aveuglé! Comment pourrais-tu croire que Miss Élizabeth t'ait trompé?

-De qui as-tu entendu ses rumeurs?

-De Meryton, (niant l'implication de Caroline)

Il la questionna des sourcils

-Deux femmes discutaient à Meryton, vantant les plans et le talent de Mme Bennet pour arranger des mariages avantageux.

-Et puis après?

-Il semble que Mme Bennet aurait des complices qui acquièrent des informations afin de bien tisser sa toile. Je suis, de toute évidence, une de ces complices, bien malgré moi. J'ai évidemment donné les informations pertinentes à Élizabeth afin qu'elle te séduise.

D'un geste sec, Darcy plaqua son verre de Whisky sur le bureau. Georgiana sursauta devant son geste inattendu et inhabituel.

-Laisse-moi seul. Conclut-il

OoOoO

Darcy épuisé par ses pensées, appela son valet pour prendre le lit tôt.

-Monsieur. Que dois-je faire de ce bout de papier? Questionna Mr Cook, le valet de chambre de Darcy en lui tendant le papier désormais chiffonné et plié en quatre.

Darcy blanchit à la vue du portrait d'Élizabeth, il avait oublié de le retirer de son veston avant que son Valet ne le trouve.

Darcy lui tendit la main, mimant ignorer ce que c'était.

-C'est un très beau portrait de Miss Élizabeth Bennet, monsieur. Miss Darcy a un talent extraordinaire. Si je puis vous formuler mon opinion.

Darcy observa Mr Cook attentivement.

Mr Cook l'avait vu grandir depuis sa naissance et il avait, auparavant été le Valet de Feu Mr Darcy. Il était fort probablement le plus discret et le meilleur employé de Pemberly. Le sourire en coin qu'il arborait malgré tous ses efforts pour le contenir, fit tout comprendre à Darcy

-Mr Cook, dites ce que vous avez peine à retenir je vous en prie, demanda Darcy

-Je trouvais Monsieur, que vous aviez très bon goût.

Darcy gloussa devant l'honnêteté de son domestique.

-Il semble que je n'ai rien à ajouter, Mr Cook. Vous me connaissez bien. Je pourrais peut-être ajouter que j'aimerais que ceci reste entre nous?

-Bien sûr Monsieur.

Avant de quitter la chambre, Mr Cook se retourna en raclant sa gorge.

-Il nous faudra un certain afin de rénover les appartements de Mme Darcy…Il faudrait prévoir plusieurs semaines…Il ne faudrait pas tarder à ordonner la …

-Non! interrompit Darcy sous la surprise…Non! se reprit-il plus doucement. C'est beaucoup trop prématuré…voir même inutile…Ce que vous croyez…Miss Élizabeth…n'est pas…(il hésita un instant puis conclut ) Ce bout de papier…dit-il en lui montrant, je ne suis pas prêt à m'en départir aujourd'hui, mais je devrai le faire bientôt… Ce n'est pas la peine d'en reparler, Mr Cook.

Mr Cook fronça les sourcils en voyant son jeune maître souffrir autant.