Bonjour les amis, j'ai mis plus de temps à écrire ce chapitre que les précédents, mais ceux qui me suivent depuis le début savent que ce laps de temps n'est rien comparé aux premiers chapitres que je publiais... Pour me justifier, sachez que je passais mes examens et que j'ai du chercher un nouvel appart donc pas trop le temps d'écrire :/ Pardonnez-moi.
J'espère que vous allez bien, ce chapitre est un peu long mais je ne voulais vraiment pas le couper en deux... J'espère qu'il vous plaira, on se retrouve en bas.
Je rappelle qu'on doit toujours s'assurer que son/sa partenaire est consentant dans le fait d'être malmené hein. D'accord des fois une fessée c'est vite parti, mais quand même, on s'assure que les deux (trois ou plus que sais-je) parties soient d'accord.
La montagne était silencieuse cette nuit-là, il entendait parfois le hululement d'une chouette ou quelques bruissements dans les arbres. Il n'y avait pas de lune dans le ciel et les étoiles éclairaient paresseusement la forêt. Kidd était assis sur la petite marche de sa terrasse, l'extrémité de sa cigarette entre ses lèvres rougeoyait dans l'obscurité et seule la lumière du porche était allumée. Il inspirait doucement, la nuit le calmait. A l'intérieur de la baraque dormait toujours Trafalgar Law, profondément inconscient, il ne semblait pas près de se réveiller. La cendre virevolta dans l'air glacé de la montagne et Kidd leva les yeux vers la petite lampe qui attirait les papillons de nuit et les insectes. Insectes qui finissaient invariablement par mourir brûlés par la chaleur incandescente. Lui n'était pas si différent d'eux. Il finirait aussi carbonisé d'avoir côtoyé un éclat trop puissant.
Il écrasa son mégot et rentra dans la bicoque où Trafalgar n'avait pas bougé. La cheminé faisait danser des ombres sur son visage et la sueur de la fièvre luisait sur sa peau étonnamment pâle. Kidd s'interrogeait vraiment sur sa santé maintenant qu'il avait eu le temps de souffler. Il avait besoin de soins, mais Tusk était mort, Kidd n'était pas qualifié, et Trafalgar pouvait à peine parler lorsqu'il était conscient. La pendule indiquait trois heures du matin, tout le monde devait dormir au village. Kidd secoua le corps de Law qui ne réagit pas tout de suite, il recommença avec plus de vigueur. Law ouvrit péniblement des yeux dilatés, il sentait son sang battre beaucoup trop vite dans ses veines et la fièvre le faisait douter de la réalité. Le pâle visage de Kidd se pencha au-dessus de lui d'un air inquiet. Law respirait rapidement et haletait.
« Hey Trafalgar, y'a pas moyen que je te descende à l'hosto maintenant et Tusk est mort, ça va aller ? » Kidd n'était pas médecin, il ne pouvait pas savoir que les symptômes de Law étaient susceptibles de le mener tout droit vers la mort en à peine quelques heures. Néanmoins il avait bien vu que les coupures de Law étaient infectées et l'alcool n'avait pas suffi à les nettoyer.
Law mit quelques secondes avant de répondre d'une voix hachée. Toujours nu dans les couvertures il essaya de parler.
« Me faut… » commença-t-il entre deux halètements, « Me faut de la pénicilline… maintenant » Le chasseur observait toujours le visage contracté du jeune homme. Il se foutait de lui ? Comme si Kidd avait de la pénicilline chez lui, il ne savait même pas ce que c'était.
« Où… Où j'trouve ça moi ? ça ressemble à quoi ? » répondit Kidd en secouant le jeune homme qui repartait dans l'inconscience.
Law fit un effort pour réussir à formuler sa pensée alors que ses yeux nse fermaient tout seul. « Tusk » dit-il « Chez Tusk… Et une seringue. » Il sombra de nouveau totalement alors que les battements du cœur de Kidd s'accéléraient sous l'effet de l'angoisse. Il allait vraiment y passer, Kidd en était sûr. Il se saisit de son blouson en cuir et de sa lampe torche avant de se précipiter vers son range-rover. Le véhicule s'enfonça dans les profondeurs de la forêt et Kidd pria pour ne pas retrouver un cadavre à son retour. Le chemin jusqu'au cabinet de Tusk se fit rapidement bien qu'il faillit percuter un blaireau nocturne. Une fois arrivé à l'orée du village, Kidd coupa les phares et gara la voiture un peu en retrait pour ne pas attirer l'attention. Au loin les étoiles se reflétaient sur le Lac Blanc d'apparence surnaturelle ce qui fit frissonner Kidd. Lorsqu'il força la serrure et enfonça la porte, le chasseur crut qu'une alarme allait se déclencher mais ce ne fut pas le cas, il n'y eut aucun son et il pénétra dans la bâtisse, espérant n'avoir réveillé personne. Dans le bureau il ne trouva que des papiers qu'il renversa dans la précipitation mais un dossier attira son attention. Sur la couverture il lut « Rapports d'autopsie » et il décida de l'emmener. Enfin il trouva l'entrée de la réserve et il enfonça la porte verrouillée qui céda après quelques coups.
Devant lui étaient entreposés des centaines et des centaines de fioles en tout genre pleine de sérum ou de comprimés. L'immensité de la tâche le découragea presque mais il se reprit et commença ses recherches avec vitesse et efficacité. Des noms barbares défilaient sous ses yeux mais il n'était attentif qu'à un seul d'entre eux. Enfin après un temps infini à soulever et déplacer les médicaments il trouva une fiole où l'étiquette jaunie indiquait « pénicilline G sodium ». Dans un tiroir il trouva une seringue emballée hermétiquement et il reprit le chemin de sa voiture, ne prenant pas la peine de fermer ni d'éteindre les lumières. En repartant il décida tout de même de rentrer dans la maison de Tusk, après tout, Trafalgar s'était peut-être trompé et Tusk pouvait encore être en vie. Il trouva la porte ouverte et la lumière de la cuisine allumée. Alors qu'il marchait le long du couloir il vit la trappe de la cave et éclaira l'intérieur de sa lampe torche. Son sang se glaça dans ses veines Tusk était bien mort, raide et le visage figé dans un dernier rictus monstrueux. Kidd retint un haut le cœur en voyant deux rats dévorer le visage cireux du médecin et les insectes paresseusement posés dans ses orbites anormalement enfoncées.
« Putain ! » grogna-t-il en remontant le plus rapidement qu'il put jusqu'à sa voiture. Il avait les mains moites et son cœur battait toujours à tout rompre, demain matin quand le village allait se réveiller, ils allaient trouver Tusk et ils voudraient lyncher Trafalgar. Non pas seulement le citadin, lui aussi ils le lyncheraient s'ils découvraient sa complicité. Une crainte nouvelle s'insinua dans son cœur alors que la voiture atteignait sa maison où brillait toujours la lueur du porche. Ils les massacreraient tous les deux.
« Trafalgar réveille-toi » cria Kidd en pénétrant dans la pièce principale mais Law avait disparu. Le canapé était vide, aucune trace du jeune homme.
« Trafalgar ! » appela le chasseur une pointe d'angoisse dans les veines. « Fais pas le con reviens-là ! » continua-t-il d'une voix peu assurée. Kidd observa la pièce quelques instants, survolant du regard les nombreuses affaires qui s'y trouvaient et son attention fut captée par une couverture sur le sol près de la salle de bain. Un éclair de lucidité se fit jour dans son esprit et il se précipita dans la pièce. Le corps de Law était là, affalé sur le carrelage après avoir vomis dans les toilettes. Il traîna de nouveau le corps sur le canapé et infligea des gifles successives au jeune homme afin de le réveiller, sans succès. Sa peau brûlante transpirait tant que le canapé en était détrempé. Kidd sentit que le temps pressait, désormais le pouls du jeune homme s'était considérablement ralenti. Sa peau nue luisait encore plus à cause de la cheminée et ses tatouages se couvraient de chaire de poule. Kidd avala sa salive.
Dans des gestes tremblants il se saisit de la seringue et la remplit du sérum translucide mais il ne savait quelle dose il devait injecter. Un sous-dosage n'enrayerait pas l'infection, quant à un surdosage, il ne savait pas. Risquait-il la mort par overdose ? L'incertitude le pétrifiait sur place alors que la seringue restait suspendue au-dessus du bras tatoué de Law que faire ?
Kidd prit une décision, d'une main mal assurée il retourna le bras du jeune médecin radié et chercha ses veines qu'il n'eut pas de mal à trouver. L'infection rendait sa peau très pâle si bien que les veines bleuâtres ressortaient par contraste comme de longs serpents sillonnant son épiderme. Le chasseur tremblait. Tuer ? Il savait faire. Soigner ? Il n'avait jamais essayé. Il prit de longues inspirations et se força à cesser de trembler avant d'enfoncer d'un geste sûr l'aiguille dans la chaire de Law. Il fit lentement coulisser le haut de la seringue et observa avec une certaine fascination le liquide transparent disparaître dans le bras du jeune homme inconscient. Il vida la seringue en entier en prenant garde à ne pas lui injecter de bulle d'air dans le corps, puis il retira l'aiguille et appuya une compresse de gaze contre la petite blessure. Il se laissa glisser sur le sol près du canapé alors que le bras de Trafalgar pendait inerte, ses tatouages trop sombres ressortant avec contraste sur sa peau trop blanche.
Il attendit, l'adrénaline dans son corps refluait lentement et le tic-tac de l'horloge l'endormait. Il ne voulait pas penser à ce qui arriverait à l'aube, il ne voulait pas penser à l'inévitable qui se présentait à lui. Il jeta un regard circulaire sur sa maison : délabrée, sale, bizarrement penchée par le vent mais toujours debout. A son image. Il ne voulait pas. Non il ne voulait pas. Il s'endormit doucement, s'accordant quelques minutes de repos. Ce fut un sommeil noir comme de l'encre qu'aucun rêve ne vint troubler. Ce qui le réveilla une heure plus tard fut la température froide du sol sur lequel il s'était assoupi et le cri d'un animal provenant de l'extérieur. Il sursauta et se mit debout en se frottant le visage.
Law était toujours inconscient mais il semblait avoir repris des couleurs et son pouls battait avec plus de régularité. Dehors Kidd commençait à deviner une lueur pâle se lever derrière les arbres. Le poids de l'inquiétude dans son ventre grossissait.
Ce furent les derniers hululements d'une chouette qui le décidèrent enfin à agir. Comme s'éveillant d'un long comma il rassembla en quelques minutes les affaires dont il aurait besoin : nourriture, habits, carabine à plombs, bidon d'essence et il se passa de l'eau sur le visage. Il se pencha sur Law dont le visage était plus détendu et l'attrapa sans douceur pour le jeter pêle-mêle à l'arrière de son véhicule mais il prit soin d'enrouler son corps nu dans une couverture épaisse. Il roula jusqu'au chalet que le légiste avait occupé et récupéra au hasard ses effets personnels, ses dossiers et même son chat qui lui lacéra les bras lorsqu'il l'installa dans le coffre du range-rover boueux.
Décidé, il s'engagea sur la route escarpée qui menait à la vallée. C'était une question de temps désormais. Dans moins d'une heure les premiers riverains allaient s'éveiller, sortir de chez eux et découvrir l'horreur du massacre chez Tusk, ils ne manqueraient pas de faire le lien avec Law et crieraient au lynchage public. Le véhiculait subissait vaillamment les cahots de la route et longeait pour le moment le Lac Blanc dont la surface se ridait par instant. Bientôt ils s'enfonceraient plus avant dans la forêt et Kidd espérait avoir atteint la vallée avant l'après-midi mais le verglas et la neige rendaient le chemin presque impraticable et la voiture avançait au pas.
Kidd jura. A ce train-là ils n'auraient pas fait la moitié du chemin avant la tombée de la nuit et ils seraient obligés de dormir dans le refuge du totem. Ses craintes se confirmèrent. Arrivés à un virage en épingle la neige se dressait comme un mur devant eux si bien que Kidd dut déblayer lui-même le chemin, ce qui lui prit presque une heure. Il espérait que personne ne partirait à leur recherche.
Kidd roula, roula, roula et Law était ballotté de tout coté à chaque escarpe de la route et à chaque tournant. Midi passa, puis quinze heures puis dix-sept heures et le chasseur savait maintenant qu'ils n'auraient d'autre choix que de dormir au refuge. Les jointures de ses mains se contractèrent alors qu'il apercevait se dessiner au loin l'orée de la forêt et le refuge en question. Ils seraient pris au piège si jamais le maire décidait d'envoyer les gars de White Lakes les chercher. Il n'avait cependant plus le choix, et le fait que Law n'ait repris conscience que deux ou trois fois de tout le trajet le confortait dans l'idée de s'arrêter pour la nuit. La première chose qu'il fit en se garant près du chalet miteux fut de faire sortir le chat du coffre qui commençait sérieusement à perdre patiente et qui faillit l'éborgner au passage. Puis il ouvrit les portes du refuge et traîna Law à l'intérieur, il l'installa près de la cheminée où ne chauffait aucun feu pour le moment et le couvrit de son manteau avant de partir rassembler des bûches pour passer la nuit. Le froid s'intensifiait et il ne voulait pas perdre de temps.
Maintenant le feu crépitait dans le foyer de la cheminée et Law avait ouvert des yeux incertains qui fixaient les flammes. Le chat avait trouvé refuge sur les couverture mises à disposition dans le chalet, il dormait paisiblement.
« Bah alors Trafalgar on se réveille enfin ? »
« La ferme j'ai l'impression qu'on m'a broyé la cervelle… »
Kidd grogna, toujours aussi aimable le citadin.
« Faut que t'ailles à l'hosto ou pas ? » demanda-t-il pour changer de sujet.
Law se releva avec précaution et s'assit maladroitement. Il n'avait toujours aucun vêtement sur lui, ce qui facilita sa tâche. Ses tatouages avaient l'air de prendre vie avec les ombres des flammes. Il observa attentivement chacune des blessures qu'il pouvait voir pour juger de leur gravité. La pénicilline avait retardé l'infection mais il savait qu'il devait prodiguait les soins nécessaires à leur guérison. Une vilaine couleur verdâtre s'échappait des entailles bandées à la hâte et une légère odeur à mi-chemin entre la moisissure et un animal mort se faisait sentir.
« J'ai besoin de sutures pour certaines plaies qui ne guériront pas seules. Apporte-moi de l'eau pour que je nettoie. » Ordonna Law sans jeter un regard à son vis-à-vis qui commençait à perdre patiente.
« Ecoute moi bien p'tit con, si j'étais toi j'ferais preuve d'un peu plus de reconnaissance parce que si ton p'tit cul de citadin est en relative sécurité cette nuit c'est parce que j'ai bougé le mien pour t'amener jusque-là, et que je peux encore très bien te laisser pourrir ici et me barrer. »
« Encore des menaces. » constata Law avec une certaine indifférence, mais il leva ses yeux gris vers le visage de Kidd.
« Tu vas me laisser crever maintenant ? J'y crois pas tu sais. » commença-t-il d'une voix neutre. « Comment un type comme toi pourrait me laisser ici ? Maintenant Eustass-ya, toi et moi nous ressemblons plus que tu ne veux l'admettre. »
«J'ai rien à voir avec toi, me baratine pas. » Siffla Kidd entre ses lèvres pincées en se souvenant de l'état du corps de Tusk.
« Hn » répliqua le brun en essayant de se lever pour aller lui-même chercher l'eau et le tissu dont il avait besoin. Il préféra ne rien dire d'autre sur le moment car un vertige puissant l'assaillit alors qu'il se mettait debout. Il porta ses doigts tatoués devants ses yeux pour les protéger de la luminosité pourtant faible. Les flammes creusaient des ombres sur la peau dorée et les muscles du jeune homme et Kidd laissa courir son regard sur son corps. Ici un bleu, là une entaille, là la courbure d'un muscle, là son sexe et ses poils sombres.
« Tss » répondit Kidd et Law se dit que leur communication était à améliorer. Il se nettoyait le visage, passait de l'eau sur ses plaies et tentait de décongestionner certains de ses hématomes lorsque Kidd reprit la parole.
« Où que je t'emmène Trafalgar, j'imagine que tu veux éviter l'hôpital public. »
« A une journée de route d'ici y'a un village, c'est un endroit paumé, presque autant que White Lakes, y'a aussi un lac d'ailleurs, c'est un village assez calme, les gens ne sont pas aussi fouineurs qu'ici et j'ai une petite maison dans une clairière. Emmène-moi là-bas, je connais des gens qui pourront m'aider. » Law inspira doucement alors qu'il arrachait un bandage d'une des plaies suintantes.
Kidd l'observait du coin de l'œil. Alors ça allait se passer comme ça. Il l'emmènerait dans son patelin, et ils se sépareraient ils n'entendraient plus jamais parler l'un de l'autre et le seul endroit où ils se reverraient peut-être serait l'enfer où leur âme salie aurait fini par échouer au crépuscule de leur vie. La pensée qu'ils se retrouveraient en enfer le fit sourire quelques instants, elle lui plaisait.
« Je suis heureux de voir que t'as retrouvé l'usage de la parole Trafalgar. J'ai cru que t'allais crever dans mon canapé. »
Law se tourna vers Kidd dont la moitié du visage était dissimulée dans l'ombre des flammes. Ce type lui avait sauvé la vie, sa fierté lui dictait de le faire disparaître pour ne plus avoir de dette, après tout il ne s'était jamais vanté d'être un homme d'honneur. Les valeurs ? Ce village venait de lui prouver que les hommes les oubliaient aussi vite qu'un vieux atteint d'Alzheimer. Il n'avait pas la prétention de se croire différent. Lui aussi pouvait jouer au rat.
« Tu sais quoi Eustass, demain toi et moi on se reverra plus, que t'acceptes de me conduire chez moi ou non, je trouverai le moyen de me barrer, alors on peut dire que cette soirée, c'est l'ultime soirée. »
Kidd leva son sourcil visible en l'air et s'allongea sur le sol froid et poussiéreux du refuge en se passant une main dans ses cheveux.
« Ce que je veux dire Eustass-ya… » continua Law d'une voix monocorde « Ce que je veux dire c'est que tu devrais me baiser autant que tu le peux parce que mon petit cul de citadin, comme t'aimes bien l'appeler, tu risques pas de le revoir de sitôt, et on sait tous les deux que je suis le meilleur coup que t'aies jamais connu. »
Kidd crut avoir mal entendu, Law avait toujours une façon arrogante d'aborder les choses qui le faisait douter de la réalité.
« Tu peux prendre ça comme une faveur pour service rendu. » conclut Law en levant finalement ses prunelles grises sur celles du chasseur, légèrement écarquillées. Le brun avait fini de panser ses blessures, il observait maintenant le visage du rouquin où ses propos salaces faisaient leur chemin. Ils soulevaient le coin des lèvres pâles, rosissaient un peu les pommettes et si la lumière n'avait pas été si faible, Law aurait juré voir les pupilles de Kidd se dilater.
Law s'approcha de la démarche la plus assurée qu'il pouvait avoir jusque-là où le chasseur reposait. Une main soutenant sa tête, l'autre posée contre son flanc, Kidd commençait à comprendre le petit manège du légiste. Et son petit manège l'excitait, il sentait gonfler son sexe contre le tissu rêche de son jean tandis que son souffle s'accélérait un peu. Law se tenait maintenant debout devant Kidd qui pouvait admirer d'en bas le corps du brun. Les pieds où des coupures et une vilaine morsure de rat s'étalaient, les muscles des jambes, son sexe qu'il désirait de plus en plus, son ventre où il aurait voulu passer ses lèvres, son torse où ses tétons rosissaient, son visage à moitié caché par les ombres. Kidd ne bougea pas, il attendit dans une demi-transe ce qui allait arriver.
Law passa l'une de ses jambes par-dessus le corps du rouquin et s'accroupit avec une lenteur démesurée pour finalement s'asseoir sur le bassin de Kidd, le bout de sa verge endormie entrant en contact avec son jean. Il ne manqua pas de sentir la dureté de celle du chasseur à travers son pantalon et fit pression dessus. Ainsi à genoux, il commença à déboutonner la chemise du rouquin pour dévoiler son torse blanc, musclé qui se soulevait à caque respiration et qui luisait d'une légère pellicule de sueur. Le légiste ne souriait pas, ses cernes rendaient son visage grave. Lui non plus ne souriait pas, il avait les yeux fixés sur les mains du médecin. Il ne s'était jamais senti aussi passif. Il n'aimait pas ça. Alors une de ses mains se souleva et se posa contre la hanche de Law, ferme et osseuse. Ses doigts descendirent sur son ventre et retracèrent le tatouage en forme de cœur en finissant par le bas du dessin. Il sentait sous ses doigts les pulsations de Law s'accélérer légèrement. Il continua, son pouce caressait la peau avec lenteur, retraçait les muscles des abdominaux et bientôt il descendit jusqu'à la ligne de poils sombres qui reliait son nombril à son bassin. Là, l'autre main de il vint rejoindre la première et elles effleurèrent les poils du pubis de Law, se rapprochant avec une lenteur désespérante de la verge du jeune homme. Le chasseur observait maintenant le visage du médecin dont le souffle était moins régulier. Ses doigts finirent par daigner effleurer la chaire de son sexe qui frémit.
Ses doigts frôlèrent ainsi un moment dans la longueur la peau fine de sa virilité qui durcissait petit à petit. Une pression sur son propre sexe, comme une demande pressante d'aller plus loin, poussa Kidd à enrouler sa main en entier autour de celui de Law qui poussa un soupir de contentement. Sa main monta et descendit le long de la virilité d'où un liquide visqueux s'échappait parfois et que son pouce étalait sur le membre lorsqu'il passait sur le gland. Sa sensualité l'excitait et le brun, emporté par le désir, appuyait ses hanches contre le bassin de Kidd dans un mouvement imitant l'acte sexuel. A chaque fois que Kidd sentait le corps du légiste faire pression sur son sexe il appuyait de sa main valide plus fortement sur la hanche de Law. Il délaissa soudain la verge dressée fièrement vers le plafond du jeune homme pour venir forcer ses doigts dans la bouche du brun. Sa langue s'enroula autour et la salive coula le long de sa mâchoire.
« Crache » ordonna Kidd en tendant la main, ce que fit le plus bronzé. Sa main retourna sur la verge où il sentit le sang pulser et reprit son massage maintenant qu'elle était lubrifiée. Le jeune médecin soufflait de plus en plus fort alors qu'il rejetait la tête en arrière, découvrant l'ecchymose noire laissée par Tusk autour de son cou. La main de Kidd allait de plus en plus vite, lui-même accélérant la cadence de ses hanches sur le bassin du roux. Soudain Kidd cessa ses caresses, ce qui fit grogner de frustration son compagnon donc les mèches brunes collaient maintenant au front à cause de la sueur. Il fit remonter ses mains le long du torse tatoués de Law et vint les caler contre le cou de celui-ci enserrant ainsi sa tête entre ses paumes moites
« Maintenant je vais te baisser tellement fort que jamais aucun des mecs qui passeront après moi ne pourront combler l'abîme de plaisir que je vais laisser dans ta chaire. Compris ? » expliqua Kidd en soulevant son bassin contre celui de Law qui répondit un « hn » amusé en fixant ses yeux couleur orage dans ceux du rouquin.
Kidd se releva d'un mouvement et retourna le corps moite du légiste en passant son bras sous son ventre musclé. Law se trouvait à présent à plat ventre sur le sol crasseux et froid du refuge, le poids du plus grand installé sur son dos qui appuyait sur ses blessures. Il serra les dents. Le chasseur se mit à genoux au-dessus de lui et passa le plat de sa main le long de sa colonne vertébrale, il frissonna. La lueur tremblante des flammes dansait sur sa peau sombre et son tatouage dorsale représentant un sourire. Il enfonça aussi ses doigts dans les cheveux noirs et en bataille du jeune homme dans une caresse étonnamment suave qui fit souffler Law. Ensuite, il le força à relever le bassin et profita de la vision qui s'offrait à lui. Un sentiment de puissance toute virile affluait dans ses veines et la main qui était toujours perdue dans ses cheveux sombres appuya sur le sommet de son crâne pour forcer encore plus le jeune homme contre le sol. Sa joue mal rasée se tassa par terre alors que Law résistait mais Kidd mit plus de force dans son geste et le légiste émit un bruit de langue contrarié.
« J'aime beaucoup tes penchants maso Trafalgar » susurra Kidd en se penchant vers l'oreille de Law. « Ils me donnent envie d'encore plus te faire mal. »
« Hm, t'as pas l'impression que je suis assez amoché comme ça Kidd ? » répondit Law d'une voix plus sereine que sa position ne semblait lui permettre.
« Tchh » laissa échapper l'autre alors qu'il se redressait et ouvrait sa braguette d'un mouvement rapide. Il libéra son sexe dur et sensible à cause de la pression de son jean. Il le décalotta et imprima lui-même quelques caresses dessus alors que de son autre main il écartait les fesses de Law dans un geste indécent. Son pouce commença à s'enfoncer à l'intérieur de son corps qui émit une protestation dans un cri étouffé.
«Tu vas pas m'enculer à sec, t'arriveras pas à rentrer… et tu vas te faire autant mal qu'à moi. »
« Tchh » répéta Kidd alors qu'il portait sa main à sa bouche pour y cracher et pour enduire son sexe de salive avant de se pencher et de venir plaquer sa main contre la bouche de Law, le forçant à se redresser légèrement.
« Toi aussi. » demanda Kidd en enfonçant ses doigts dans la bouche du jeune homme qui laissa couler sa salive entre les doigts épais du chasseur et enroula sa langue tout autour. Enfin le rouquin se releva et enfonça ses doigts dans les chaires de Law qui contracta la mâchoire. Quand il jugea qu'il s'était assez amusé il positionna son sexe dans le bon angle et s'enfonça lentement dans ce corps brûlant. Il laissa échapper un grognement de contentement et attrapa les hanches du médecin de ses deux mains. Il commença à bouger son corps et à s'enfoncer toujours plus profondément en Law dont le corps se trouvait à chaque fois un peu plus plaqué au sol. Ses doigts raclaient le plancher tandis que ses coudes le heurtaient et chaque fois qu'il sentait le gland de Kidd glisser le long de sa prostate, il manquait crier son plaisir seul un résidu de fierté maintenait ses lèvres aussi closes que possible.
C'était un sentiment indescriptible que de sentir aller et venir en lui un autre homme, que de sentir sa verge le remplir complètement. Kidd, lui, essayait tant bien que mal de se maîtriser ; il prenait plaisir à s'enfoncer d'un seul mouvement rapide dans Law puis à se retirer presque entièrement avec le plus de lenteur possible. Il sentait sous lui le corps plein de frustration du brun qui accompagnait le rythme. C'était étourdissant, ce plaisir que le chasseur avait à sentir se resserrer autour de son sexe la chaire malmenée du médecin. Il était le maître du monde, il faisait enfin taire l'arrogance de son compagnon. Il le noyait dans le plaisir. Chaque nouveau coup de reins lui donnait la sensation que Law lui appartenait un peu plus. A la fin il le posséderait complètement. Cette idée l'excitait tellement qu'il ne put faire autrement que d'accélérer le mouvement, il s'enfonçait chaque fois plus vite et il entendait claquer toujours plus fort ses bourses contre la peau meurtrie de Law qui n'arrivait pas à retenir ses gémissements. Il délaissa une des hanches du légiste pour venir saisir l'érection du brun, calquant ses mouvements sur ceux de ses hanches. Le médecin laissa échapper un grognement différent des autres alors qu'il passait l'un de ses bras sous son visage. C'était bon. C'était tellement bon qu'il aurait pu en crever. Il allait jouir.
« Je vais… » essaya-t-il d'articuler mais un nouveau coup de reins lui fit voir des étoiles et des tâches sombres.
« Attend encore un peu … » grogna Kidd entre ses dents.
« Hmmm… » fut la seule réponse qu'il obtint alors qu'il sentait la chaire de Law se resserrer beaucoup trop autour de son sexe. Il se pencha en avant et vint placer sa tête dans le creux de la nuque de Law, ses mouvements de hanches pouvaient aller encore plus profondément dans cette position.
« J'vais te faire jouir Trafalgar… » Law étouffa un gémissement mêlé à un fou-rire qui ne passa pas inaperçu à Kidd. Ce dernier frappa plus fort et le médecin dut se mordre le bras pour ne pas crier.
« Jouis pour moi maintenant… » ordonna le rouquin alors qu'il accélérait encore une dernière fois le rythme.
« Hmmm » émit Law dans un souffle chaud, il n'en pouvait plus cette fois.
Alors qu'il relevait la tête pour répliquer un coup de reins plus puissant que les précédents et la main de du chasseur sur sa verge le firent enfin jouir et Kidd sentit un liquide poisseux et collant se répandre entre ses doigts par à-coups successifs. Il essuya sa main sur la hanche de Law et lui-même, n'y tenant plus à cause de la pression, donna trois puis quatre violents coups de reins avant de se libérer dans le ventre humide du médecin qui s'écroula complètement sur le ventre, bientôt suivi de Kidd qui se retira de son corps et laissa échapper sa semence épaisse et blanchâtre entre les cuisses du brun qui reprenait son souffle.
Tous deux avaient leur respiration erratique et le corps couvert de sueur. Le sexe de Kidd qui avait débandé, reposait inerte contre les cuisses rougies du légiste. Cinq minutes passèrent, puis dix et enfin Law poussa avec peu de douceur le corps du chasseur pour se mettre debout. Il se saisit de la chemise de Kidd qui traînait dans un coin et essuya avec un rictus de dégoût ses jambes où coulait le sperme de Kidd. Il s'aspergea ensuite le visage et le corps d'eau fraîche. Toujours nu, il ouvrit la porte du chalet et sortit en lâchant un simple « J'vais pisser ».
Kidd se leva lui aussi, il se sentait bien, il ne pensait plus à la menace qui pesait sur eux, à l'angoisse d'avoir découvert Tusk bouffé par les rats, ni à son futur incertain. Il attrapa la couverture molletonnée dans laquelle Law avait fait le voyage jusqu'au refuge et se coucha dessus. Rassuré par le feu dans la cheminée il ferma les yeux. Les mains derrière la nuque, il s'endormit sans vraiment s'en rendre compte. Ce fut à peine s'il sentit le corps de Law s'allonger lui aussi.
Et bien voilà ! Que pensez-vous du yaoi, est-ce que vous le trouvez trop vulgaire ? Je vous avoue que je ne sais jamais quelle est la limite :/
Ton avis compte lecteur, exprime toi, laisse parvenir ta douce voix jusqu'à mes oreilles ! Si tu as des conseils, des critiques, des suggestions, des réactions, dis-moi !
Votre humble serviteur,
Karnage.
