ACTE QUATRE


Les habitants du Sanctuaire ressentent ce matin-là une perturbation immense par leur cosmos. En un instant, une masse d'énergie apparaît devant le palais popal. L'air est chargé d'électricité, la température augmente rapidement. Un éclair aveuglant fait fermer les yeux de tous ceux qui s'y étaient réunis.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - s'inquiète Jabu.

- Préparez-vous ! Si jamais c'est une attaque ! - Shina se positionne en défense. Tous ses compagnons l'imitent.

La lumière faiblit et ils aperçoivent des silhouettes debout.

- C'est… c'est ?

- Les Chevaliers de Bronze ! Ils sont vivants !

En effet, tous reconnaissent Hyoga, Ikki soutenant les épaules de Shun, et derrière eux, Shiryu. Shiryu portant dans ses bras un corps.

- Oh non ! Seiya ? - Les spectateurs s'élancent.

- Oh Déesse ! Il est mort ? - demande Shina.

Shiryu baisse la tête pour laisser couler quelques larmes : - Oui. Tué par Hadès

- C'est affreux ! Et notre Déesse ? Où est Athéna ? - hurle Jabu.

- Elle …elle est morte aussi

- Quoi ?

- Saori s'est sacrifiée. Elle a donné aux Dieux de l'Olympe sa vie pour les libérer

- Non… non !

- Libérer qui ? - demande Shina.

- Eux !

Shiryu se décale, pour leur laisser voir derrière lui d'autres hommes assis par terre, comme hébétés d'être ici.

- Les Chevaliers d'Ors ! Ils sont eux-aussi vivants !

- Athéna a renoncé à sa réincarnation actuelle pour les délivrer du royaume d'Hadès. C'est à nous de veiller sur le sanctuaire, de le rebâtir et de protéger la Terre jusqu'à son prochain retour. Dans 200 ans. - explique Hyoga.

Puis il va aider les Ors à se relever. Shun et Ikki font de même. Shiryu pose à terre le corps de Seiya : - Tu as fait ton devoir Chevalier. Repose en paix. Ton acte a sauvé le monde. Nous saurons t'en être reconnaissants et digne de ton sacrifice.

Les habitants du sanctuaire, remis de leur émotion et surprise, se ruent sur les nouveaux apparus pour les aider et les enlacer. Shina pose un genou à terre devant le corps de Seiya pour lui rendre un dernier hommage. Quand elle se retourne, elle voit Aiolia derrière elle. Bien qu'émue, elle ne laisse rien transparaître de sa joie de revoir vivant son amant. Aiolia, par contre, se jette sur elle pour l'enlacer avec passion. Il lui embrasse le cou sans se soucier des quelques voisins. Shina y répond en passant ses mains le long du cou de son homme. Milo, tout excité de sa nouvelle vie ne peut s'empêcher de commenter, tout fort :

- Eh ben ! Tu vas pas la dévorer quand même !

Tous les regards se tournent sur eux.

- Moi aussi, je voudrai bien des câlins de bienvenu !

- N'abuse pas Scorpion ! Pose pas tes sales pattes sur elle !

- Quoi ? C'est ta chasse gardée, peut-être ?

- Oui !

- Ah bon ! Dernière nouvelle, je savais pas !

- Maintenant tu sais ! Du balai !

- C'est quoi cette histoire ? Depuis quand vous fricotez tous les deux ? - s'indigne Shura.

- Ça te regarde pas, toi !

- C'est interdit ! C'est même une honte ! Vous vous devez de donner un bon exemple ! Vous des Chevaliers de hauts rangs !

- Va t'astiquer devant ta statue et fous-nous la paix !

- Comment oses-tu ? - s'emporte Shura. Il se jette sur le Lion. Aldébaran les sépare.

- Ça suffit maintenant ! Nous sommes tous de nouveau en vie ! Faisons honneur à notre Déesse en arrêtant nos chamailleries

- Dis ça à ce débauché ! - continue Shura. - Nous devons nous montrer digne d'Athéna, en restant purs et chastes. Nous devons nous dévouer à Elle seule, à notre devoir et c'est tout ! Courir les filles est un déshonneur !

- Foutaises ! - réplique le Lion.

- Il a raison. La pureté de la Chevalerie exige des sacrifices. Et l'amour physique en est un. Nous devons donner toute notre âme, et notre corps à notre mission sacrée - ajoute Shaka.

- Vous êtes ridicules - réplique Milo.

- Nous sommes honorables. La débauche et la luxure doivent être exclues du Sanctuaire. Le crime est d'autant plus grave que tu entraîne dans ton sillage une de nos combattantes ! Honte à toi qui cherche à détourner les femmes-chevaliers de leur devoir !- ajoute Camus en accusant Aiolia.

Un clan se forme autour de Shura, Shaka et Camus qui soutiennent la position sacrée de leur tâche. Ayoros les rejoint : - Si nous nous comportons comme les plus vulgaires des humains, nous ne serons plus dignes de faire partie de la Garde Sacrée de notre grande Déesse !

- Toi aussi mon frère ?

Ayoros pose la main sur l'épaule de son cadet.

- Aiolia, tu as grandi sans exemple, comme je le regrette. Notre sacrifice doit être de tous les instants, nous ne devons pas nous laisser détourner de notre devoir par les faiblesses humaines : les sentiments de l'amour, les désirs physiques, les rêves de famille…. Tout cela pollue notre âme

- Comment ça, la famille pollue notre âme ?

- Nous devons nous consacrer tout entier à la Déesse

- En quoi avoir une famille gène notre devoir ? Je te gênais moi ?

- Aiolia… Tu étais un excellent élève, mais je n'ai pas eu le temps de t'apprendre à oublier tes sentiments

- Un élève ? C'est tout ce que j'étais pour toi, un élève ? Un apprenti comme un autre, c'est ça ? Bon sang, Ayoros, je suis ton frère !

- Ça ne change rien. Tu es un Chevalier, je t'ai élevé pour cela

- Tu veux dire que ?...Tu ne m'as pas recueilli par amour fraternel ? Tu n'as vu en moi, ton petit frère orphelin, qu'un apprenti ? Que de la chair à canon ?

- Aiolia ! C'est un honneur !

- Mais moi je t'aimais ! Tu étais mon grand frère !

- Tu aurais dû m'aimer comme un Maître

- Oh Dieux !

De nombreux regards se posent sur Ayoros : cette révélation choque beaucoup de monde.

- Nous avons tous dû renoncer à des êtres chers, nos familles… pour devenir chevaliers. Ce sacrifice ne s'arrête pas à l'entrée au sanctuaire, il continue éternellement. Ce sacrifice nous définit. - expose Camus.

- C'est en effet l'enseignement que vous avez essayé de m'imposer. Mais jamais je n'ai renoncé à mes sentiments ! Ces sentiments qui font de nous des humains ! - répond Hyoga à son maître.

- Camus et Ayoros ont raison ! - Disent Deathmask et Saga.

- Non ! C'est le contraire - s'offusque Ikki. - C'est l'amour qui doit nous guider ! L'amour pour Athéna certes, mais aussi pour les autres. Nos amis, nos familles. Nous devons laisser nos cœurs nous élever plus haut !

- C'est toi qui dis ça ?

- Oui moi ! J'ai longtemps cru que l'amour, la fraternité, la famille nous affaiblissaient ! Erreur ! C'est en me rapprochant de mon frère, et en redécouvrant l'amitié que j'ai vaincu le mal qui me rongeait. C'est l'amour entre nous qui nous a fait gagner tous ces combats !

- C'est vrai ! - font ses compagnons de bronze.

Un autre clan se forme derrière Aiolia et Shina, composé des Bronzes, Aldébaran, Milo… La tension est palpable entre les deux groupes opposés. Aiolia serre Shina dans ses bras et lui demande soudain où se trouve Marine.

- Euh… Aiolia…

- Où est-elle ? Je meurs d'envie de la revoir elle aussi ! - Il se concentre un instant - Je la sens ! Elle est dans le palais. - Il lâche sa maitresse pour courir vers le palais.

- Attends Aiolia ! N'y vas pas comme ça !

Mais Aiolia n'écoute pas, il court en criant - Marine ? Marine ?

Jabu en l'entendant s'égosiller, l'avertit : - C'est inutile. Elle n'est pas au sanctuaire

- Que dis-tu ? - s'arrête Aiolia à cette phrase

- Tu cherche bien Marine ? Elle est en mission de recrutement depuis des mois. Elle n'est pas dans l'enceinte du Sanctuaire. Ça m'étonnerait même qu'elle soit en Grèce

- Pourtant je sens sa présence ici ! Pourquoi cherchez-vous à la cacher ?

Furieux, Aiolia entre dans le palais et trouve facilement Marine dans une pièce à l'écart. Foudroyé par la vision, il en reste immobile.

Les autres, intrigués par le départ au pas de course du Lion, l'ont suivis et découvrent eux aussi stupéfaits, et même plus, une Marine enceinte de 9 mois.

Remis de sa surprise, Aiolia se jette aux genoux de sa compagne pour poser sa tête contre le ventre et serrer son amante.

- Oh ma Chérie… Un enfant ! Nous allons avoir un enfant

- Aiolia… c'était vrai, ta présence que j'ai sentie… tu es vivant…

Elle lui caressait les cheveux en pleurant, et oubliant les témoins de leur scène de retrouvailles.


Désolée d'avoir mis tant de temps, mais les idées sur le retour des Ors étaient en vacances!