Titre : Moi vouloir Toi.

Chapitre : Demain est un autre jour.

Pairing : Ichigo X Kensei

Rating : M

Résumé : Comment construire une relation amoureuse lorsque l'on se connaît depuis toujours? Pour Kensei, Ichigo était le fils qu'il n'avait jamais eu. Mais le jeune homme qu'il avait toujours pensé sage et raisonnable va s'avouer ne pas l'être du tout. Et si, en plus de cela, l'amour s'en mêlait?

Personnages utilisés : Kurosaki Ichigo, Muguruma Kensei, Kurosaki Isshin, Kuchiki Rukia, Hisagi Shuuhei, Abaraï Renji, Kuchiki Byakuya, Shiba Kaien et certainement d'autres, dans des moindres rôles ^^

Disclaimer : Le manga et les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo. Je les emprunte pour écrire du yaoi et de la romance ^^


Chapitre 9. Demain est un autre jour.

_Votre correspondant n'est actuellement pas disponible...

_Je sais espèce de grosse truiiiiiiiiiiiie!!!!!

Voilà ce que l'on pouvait entendre ce soir-là dans la maison Kurosaki. Un cri sauvage de jeune homme dont les hormones commençaient à surchauffer dangereusement.

Depuis maintenant deux heures, le roux tentait de joindre Muguruma-san qui avait quitté la ville pour Hokkaido. Et sans rien lui dire en plus! Et alors qu'il l'avait embrassé!

_Ça pue..., soupira-t-il en tombant allongé sur le canapé.

En effet la situation n'était pas au beau fixe.

Le jeune homme ne ferma pas l'œil de la nuit, ressassant encore et encore ce geste lourd de conséquence qu'il avait eu l'audace de faire. Pourtant, ça avait été si tentant, tellement plaisant de l'embrasser... Le roux jeta un œil à son réveil : 23h35.

_Bordel...

Il ne parvenait pas du tout à dormir... comme la nuit précédente. Cette insomnie le rendait dingue d'autant plus qu'une culpabilité virulente l'assommait. Et cette culpabilité laissa peu à peu la place à un goût d'inachevé franchement amer : et si Kensei ne revenait jamais? Et s'il ne lui parlait plus jamais?

Toutes ces pensées le faisaient paniquer. Qu'est-ce que Kensei pensait donc de lui?

Le roux passa la nuit à se tourner et à se retourner dans son lit, sans pouvoir trouver le sommeil. Les mots qu'il avait dit à Muguruma-san lui revenaient sans cesse en tête, et il regrettait tout ce qu'il avait fait et dit.

Pourquoi lui avait-il dit d'oublier ce qu'il s'était passé? Il ne le souhaitait pas... En réalité il éprouvait une peur sans limite à l'idée de ne plus jamais le revoir, de ne plus jamais l'entendre...

Sa nuit fut ainsi rythmée de mille et une questions, et il ne trouva pas le sommeil avant le petit matin, exténué par un mal de tête tenace.

S'extirpant des draps, il jeta enfin un œil à son réveil qui indiquait 7h30. Dans 30 minutes, il devrait se lever pour aller en cours mais il n'en avait pas le courage. Aussi, pour la première fois depuis son entrée à l'université, le jeune étudiant modèle décida de sécher les cours. Après tout, il était dans un piteux état et puis... il se considérait lui-même comme « malade ». Malade d'amour certes, mais ça comptait quand même!

Il descendit les escaliers de la maison et se rendit dans la cuisine. Il but quelques gorgées d'eau et laissa son regard flâner sur le jardin tout juste éclairé par la faible lumière du soleil levant. Il soupira, ses épaules s'affaissant.

_Bon sang, marmonna-t-il en se frottant le front.

Il se sentait idiot. Si seulement il avait pu retourner en arrière et effacer cette effroyable chose qu'il avait faite! Mais c'était impossible et il devrait désormais vivre avec, c'était le prix à payer pour sa stupidité!

Il ressassa encore et encore ses pensées jusqu'à ce que 8h sonnent puis il disparut sous la douche pendant un bon quart d'heure. Il voulait laver ses erreurs et la nervosité qui s'était emparée de lui depuis la veille.

Seulement, lorsque le téléphone de la maison sonna une demi-heure plus tard, il attrapa le combiné s'attendant à avoir son père au bout du fil :

_Allô?

_... Ichigo?

Son cœur fit un bon immense dans sa pauvre petite poitrine bien mise à mal depuis la veille. C'était lui... enfin en tout cas c'était sa voix! Le roux pensa qu'il devait sans doute rêver encore un peu... c'était trop beau qu'il l'appelle de lui-même après ce qu'il s'était passé!

_Kensei? Demanda-t-il d'une voix tremblante.

_Ouais... c'est moi.

Il sentait clairement la gêne de son interlocuteur à l'autre bout du fil et c'était tout naturel. Lui aussi était nerveux, ses joues s'étaient d'ailleurs empourprées de honte. Comme si entendre la voix de Muguruma-san le confrontait violemment à sa culpabilité.

Ichigo ignorait la raison de son appel matinal, mais il savait qu'il devait absolument s'excuser tant qu'il en était encore temps :

_Je... je suis tellement désolé, si tu savais! Débuta-t-il alors en plissant les yeux comme pour se donner plus de courage. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je sais que je t'ai choqué et que... que tu m'en veux mais...

_Ichi, écoute-moi deux minutes.

La voix grave et quelque peu inquiète de son interlocuteur le fit rouvrir les yeux. Sa gorge se noua et il fut bien incapable de parler à nouveau. Tout ce qu'il espérait à présent, c'était que Kensei n'allait pas lui faire tous les reproches du monde...

Il sentit son cœur accélérer dans sa poitrine, alors qu'un soupir particulièrement poussé se fit entendre à l'autre bout de la ligne.

_Je suis à Hokkaido depuis hier soir. J'ai été demandé sur une enquête très importante, je ne veux pas que tu penses que je t'évite ou quoique ce soit. Je n'ai pas pu faire autrement, ni te prévenir à temps, crois-moi, j'ai essayé mais tu ne m'as pas répondu... Bref, ça n'a pas d'importance. Je devrais rentrer d'ici deux ou trois jours et à mon retour toi et moi nous aurons une discussion sérieuse, tu m'entends?

Ichigo déglutit très difficilement. Il ne pouvait pas... Il ne voulait pas... attendre :

_Deux ou trois jours? Répéta-t-il dans un souffle. Je...

_Je vais en profiter pour penser avec détachement à ce qui a bien pu se produire pour que tu...

_Non! Le coupa le roux tout à coup angoissé. Ne te prends pas la tête à cause de moi s'il te plait!

Un souffle agacé retentit du coté de Muguruma et l'orangé ne pouvait plus tenir sur ses jambes. Il décida de s'asseoir sur le carrelage froid de l'entrée de la maison. Le combiné qu'il serait dans sa main était déjà moite. Ses mains transpiraient de nervosité et son front également. Bon sang, il n'avait jamais été aussi faible de sa vie! Il ne s'était jamais mis dans des états pareils pour quiconque auparavant!

_Ichi, dis-moi... Est-ce que... Est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'a laissé croire que je voulais ça? Si... si c'est ma faute je suis prêt à assumer et à m'excuser, je suis dé...

_Non!! le coupa à nouveau Kurosaki. Ne dis pas ça! C'est ma faute, la mienne! Ma faute!

_Mais je ne comprends pas... Explique-moi.

Le jeune homme ignorait si c'était une bonne idée.

Ce n'était pas du tout ainsi qu'il s'était imaginé avouer ses sentiments à Muguruma-san. Lui dire qu'il était amoureux de lui au téléphone, non, il ne pouvait pas faire ça. Mais il fallait qu'il soit honnête :

_C'est moi qui suis désolé, Kensei. Je me suis... un peu monté la tête. Je me sens seul depuis un moment, j'avais tellement envie d'avoir... quelqu'un. Tous mes amis ont des petites-amies je voulais juste pouvoir moi aussi faire ce que tous les jeunes de mon âge font, même si... si je suis différent. Et je me suis mis à imaginer des choses avec toi, c'est ridicule, n'est-ce pas?

Kurosaki eut un rire nerveux mais le silence qui régnait à l'autre bout du fil refroidit ses plus violentes ardeurs.

_Je comprends..., souffla alors Muguruma-san, mal à l'aise.

_V... vraiment?

_Mmm, affirma-t-il.

Le jeune homme essuya les quelques gouttes de sueur qui perlaient à son front :

_Alors, s'il te plait, ne culpabilise pas à cause de moi. Je suis le seul à blâmer! J'ai cru que... enfin tu vois? Et c'était déplacé et je suis un imbécile et maintenant tu me détestes...

_Arrête de dire n'importe quoi, trancha la voix autoritaire. Je savais que tu avais changé ces derniers temps, tout ce qu'il s'est passé avec Hisagi et Kuchiki, tout ça... Ça t'a retourné la tête ou je ne sais quoi...

_Kensei, je te jure que ce qu'il a eu entre Hisagi et moi n'était rien du tout... J'ai juste voulu m'amuser et c'était stupide parce que... je n'aurais pas dû faire ça...

Un court silence suivit ses paroles. Est-ce qu'il allait le croire au moins? Après tous les mensonges qu'il avait dit, à son propos, à propos de Shuuhei, c'était peu probable...

_Tu veux dire que... que tu t'es amusé avec Hisagi par dépit?

_Plus ou moins.

_A... à cause de moi?

_....

_Oh bordel de merde!

Ichigo ferma les yeux, il ne voulait surtout pas entendre ça! Il s'attendait d'ailleurs à ce que bientôt seule la tonalité du téléphone résonne à ses oreilles, lui signifiant par là que Kensei avait raccroché et l'avait définitivement rayé de sa vie. Il venait de comprendre tout en quelques secondes!

Mais son interlocuteur semblait bien trop remué pour raccrocher :

_Je ne savais pas que... que tu étais... enfin, que c'était moi qui...

_Je suis désolé, Kensei. Mais ce genre de choses ne se contrôlent pas. J'ai essayé d'aller contre mes sentiments mais... c'était impossible.

Il entendit l'autre pousser plusieurs soupirs bruyants. Il pouvait l'imaginer clairement, en train de piétiner dans tous les sens, ses yeux balayant l'espace vivement et ne tenant pas en place. Il le connaissait tellement bien...

_Très bien. Je crois que je sais à quoi m'en tenir maintenant, c'est euh... un peu...

_Choquant? Tu peux le dire, je crois que c'est le mot, non?

_Mph... Je ne sais pas, je suis surpris, avoua le policier d'une voix plus douce. Je croyais que tu devenais cinglé à cause... à cause de quelqu'un d'autre et je craignais que... enfin que tu ne te sois entiché de quelqu'un de pas fréquentable. Finalement, je suis plutôt soulagé que ce soit... enfin que ce soit moi, je veux dire...

Kensei s'emmêlait les pinceaux, mais Ichigo ne pouvait s'empêcher de comprendre ses mots au tout premier degré. Il s'imaginait maintenant que sa déclaration allait avoir l'effet escompté sur l'ami de de la famille, mais il se faisait des idées, il en était certain.

Comment pouvait-il croire que Kensei allait tomber dans ses bras après avoir entendu quelque chose d'aussi stupide?

_Je crois que je ferais mieux d'arrêter de parler, conclut alors le plus âgé qui ne savait manifestement plus quoi dire ni penser.

_Tu vois, je t'ai choqué et maintenant tu ne sais même plus quoi dire... Mais... qu'est-ce qui cloche chez moi? S'interrogea le jeune homme en plongeant sa tête entre ses genoux repliés sur sa poitrine.

_Rien ne cloche chez toi, Ichi, le rassura-t-il. Je crois que tu as besoin, toi aussi, de reprendre tes esprits. Il vaut peut-être mieux que je reste à Hokkaido trois jours ou plus pour que nous ayons le temps de bien faire le point sur ce qu'il s'est passé. Surtout toi.

_Je sais... Je suis désolé.

Ichigo sentit son estomac de contracter. Il avait tellement envie de le voir, même si toute la honte du monde le submergeait, il voulait simplement le voir... C'était uen envie tellement immense qu'il aurait été prêt à sacrifier beaucoup de choses rien que pour le voir là maintenant et même... le serrer dans ses bras.

_Ne sois pas trop dur avec toi-même, Ichi, lorsque tu penseras à tout ça, reprit le policier. Je ne veux pas que tu te morfondes dans une culpabilité que tu ne dois pas éprouver. Et puis ton père et tes sœurs rentrent dans peu de temps...

Le roux soupira. Il sentait venir la fin de cette conversation et ne voulait pas raccrocher. En fait, il ne voulait surtout pas rester seul. Pas après avoir discuté ainsi avec Kensei...

_Est-ce que ça va aller? Reprit Muguruma-san.

_Je... Je ne sais pas si je tiendrais tout ce temps sans te voir.

La réponse franche sembla désarçonner Kensei qui resta muet. Ichigo se pinça les lèvres, il creusait sa propre tombe! S'il continuait ainsi, Muguruma-san perdrait son sang-froid et finirait par lui dire que son petit jeu n'avait que trop duré et qu'il ne voulait plus le voir...

_Je suis sûr que tu sauras faire sans moi, répondit-il enfin. Sors, vois tes amis, hein?

_Oui, mais... Tu comprends, tu... tu as toujours été là pour nous, pour moi et depuis j'avoue que je t'ai idéalisé, un peu trop certainement. Pour moi tu es le seul homme qui vaille la peine de se faire du mal... J'ai toujours pensé qu'un jour, je voudrais être avec quelqu'un qui te ressemble. Et peu à peu ça s'est transformé en : « je veux être avec toi... ». Et je n'arrive pas à faire marche arrière et... Je ne sais pas pourquoi je te raconte toutes ces conneries, je perds la boule...

_S'il te plait, Ichigo, arrête, le coupa le plus âgé. Tu dois te calmer.

Un nouveau silence gêné occupa la ligne. Kurosaki soupira, attendant qu'il reprenne la parole :

_Je suis touché que tu me dises tout ça mais c'est un peu trop, tu ne crois pas? Je ferais mieux de te laisser avant que tu ne dises d'autres bêtises...

_Non, attends!

L'orangé sursauta, s'accrochant de plus bel au combiné :

_Désolé, s'excusa l'autre, on en reparlera lorsque tu seras calme et que nous aurons laissé coulé un peu de temps, hein?

_Kensei, ne raccroche pas!

_Prends soin de toi.

_Attends! Je t'aime!

Trop tard.

Il avait raccroché avant d'entendre ses mots. Il lui avait pratiquement raccroché au nez!

_Merde...

Le roux laissa sa tête reposer contre le mur derrière lui. Il laissa tomber le combiné par terre et plissa les yeux plus fort encore qu'à l'accoutumée. Il avait tout fichu par terre encore une fois alors que Kensei avait fait le premier pas vers lui...

Allait-il continuer encore longtemps à tout foirer comme ça?

Il avait la poisse, c'était certain! Quand arriverait-il à se sortir d'une situation compliquée correctement?

Au moins il savait une chose maintenant : la balle était dans le camp de Kensei. Il connaissait ses sentiments et devait choisir de les accepter ou non.

Le roux ne se faisait cependant pas d'illusions : Muguruma n'était pas de ce bord-là. De plus, il était le meilleur ami de son père, et il semblait beaucoup lui en vouloir. Aucun espoir à avoir sur la suite de cette relation à sens unique...

* * *

Ichigo avait finalement décidé de suivre le conseil de Muguruma-san et de voir ses amis. Keigo, Mizuiro, Chad et Uryuu s'étaient réunis devant chez lui, dans la voiture de Keigo et étaient prêts à faire la fête.

La journée avait passé trop lentement et le roux s'était occupé comme il avait pu, prétextant à ses amis des problèmes de famille le préoccupant un peu trop ces derniers temps. Ce qui n'était d'ailleurs, pas totalement faux.

Kurosaki grimpa à l'arrière du véhicule en arborant un sourire forcé :

_Salut! Lança-t-il d'une voix faussement enjouée.

_Hey! Ichigooo!!! s'écria Keigo joyeusement en se tournant sur lui depuis le siège conducteur. Comment ça va?

_Pourrait aller mieux!

_Ah? Qu'est-ce qui se passe? Demanda Chad de sa grosse voix sans ton.

_Rien, répondit l'orangé en lui jetant un regard.

Chad tourna son profil vers lui, alors qu'il était assis sur le siège passager, et un silence suivit. Visiblement, il ne semblait pas le croire lorsqu'il disait qu'il n'y avait "rien".

_T'as l'air tout pâle pourtant, conclut Uryuu assis à ses côtés, alors que la voiture démarrait.

_Mais non! Tout va bien!!

Kurosaki se trouvait dans cette voiture tout à fait à contre cœur. Il avait horreur des sorties en boîte où ailleurs, et redoutait plus que tout Keigo au volant... Mais là, c'était vraiment la seule solution pour le sortir de sa torpeur et pour se changer les idées.

_Arg! C'est ce soir qu'on va mourir ou quoi?! Lança Mizuiro de sa voix aigüe. Pitié Keigo je ne veux pas mourir vierge!!!

Ichigo étira enfin un sourire sincère, même s'il était lui-même franchement nerveux.

Keigo haussa les épaules en zigzaguant entre plusieurs voitures alors qu'ils approchaient du centre de la ville.

_Je suis d'avis que tu lèves le pieds, Keigo, fit remarquer Uryuu en enfonçant ses lunettes sur son nez.

_Ouais, moi aussi! Lança Ichigo.

_Vous inquiétez pas! Lança le conducteur. Chad fera airbag au pire. Hein, Chad!

Il posa une main sur son épaule amicalement.

_Retire ta main et concentre-toi, lança le passager de sa voix réfrigérante.

Keigo n'osa plus rien dire jusqu'à ce qu'ils furent garés et qu'ils descendirent enfin du véhicule.

Ichigo -quelque peu soulagé d'être arrivé vivant - suivit ses amis dans le silence jusqu'à une boîte de nuit toute proche dont il ignorait jusqu'au nom. Il se laissa conduire à l'intérieur et accepta un verre de vodka orange gracieusement offert par Mizuiro qui – pour une fois – avait décidé de ne pas faire son radin.

Alors qu'entre Keigo et Mizuiro la conversation s'orientait sur les filles « potables » de la salle, Chad et Uryuu se penchèrent d'un même mouvement en direction de leur ami :

_Tu as l'air préoccupé, Kurosaki, lui fit remarquer Ishida.

_Ah oui?

Chad haussa un sourcil :

_On sait que tu n'aimes pas ce genre d'endroit, alors pourquoi as-tu accepté de venir?

Ichigo avala son troisième verre d'une seule traite et fit claquer la surface vide contre la petite table devant lui.

Les deux autres le regardèrent avec effarement :

_Et depuis quand tu bois autant? Questionna Uryuu en l'observant par-dessus ses lunettes.

_T'inquiète, j'sais ce que c'est une cuite et je connais ma limite! Décréta le jeune homme en se versant un nouveau verre.

_Ichigo...., commença Chad en tentant de stopper son geste.

_Hé!

Mais le roux envoya valser sa main et se versa un autre verre contre l'avis de ses deux meilleurs amis.

Keigo et Mizuiro avaient quitté leurs sièges, naviguant déjà entre plusieurs groupes de jeunes filles plus ou moins réceptives.

L'ambiance allait franchement tourner au glauque, surtout que Kurosaki avait déjà vidé la bouteille à lui tout seul...

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_Hé toi!! Un aut'!!

L'orangé tapa du poing sur le bar, brandissant son verre vide au barman exaspéré. Uryuu attrapa alors le bras du jeune homme :

_Ichigo, tu devrais arrêter là...

_Nan!!! ragea l'autre en se détachant de lui. Hé!! Aut' verreuuuuuh!!!

Mais le barman fit la sourde oreille et Ichigo s'affala sur le bar, ne faisant pas attention aux regards qui se posaient sur lui. Il savait qu'il était pathétique, mais il s'en moquait.

Tout de suite, il se sentait un peu plus léger. Tellement plus léger qu'il avait envie de tout laisser aller, de tout laisser sortir jusqu'à ses sentiments les plus intimes. Il avait juste envie de pleurer, pour résumer! Ces gens qui l'observaient, que savaient-ils de lui?

Est-ce qu'ils avaient déjà au moins vécu un chagrin d'amour comme il était en train de le vivre?

Peut-être n'avaient-ils même pas été amoureux...

_Pfff... connards... marmonna-t-il en se redressant lentement.

Il fit un pas en arrière, un instant déséquilibré par l'alcool qui coulait à flot dans ses veines. Il buta alors sur quelqu'un, une personne qu'il pensa être Uryuu ou Chad, mais ses deux amis étaient à côté de lui, l'observant avec inquiétude.

_Oups... pardon... bredouilla-t-il à l'attention de la personne qu'il venait de piétiner.

Uryuu et Chad le rattrapèrent avant qu'il ne perde l'équilibre à nouveau et Ichigo donna l'impression d'être définitivement à sa limite d'alcoolémie.

_On ferait mieux de le ramener, décréta Ishida avec un signe de tête.

Chad acquiesça et s'éloigna pour demander les clefs de la voiture de Keigo. Quelques minutes plus tard, le roux avait été placé à l'arrière du véhicule qui roulait en direction de chez lui.

Chad avait convenu avec leur ami qu'ils ramenaient Ichigo chez lui et qu'ils reviendraient ensuite. Ils n'allaient tout de même pas piquer sa voiture à ce pauvre Keigo!

_Fais gaffe Ichi, t'es complètement bourré! Tu ne vas pas vomir, hein? questionna Uryuu.

Sur la banquette arrière, le roux gigotait dans tous les sens, à la plus grande exaspération de ses meilleurs amis.

_Naaaan..., gémit-il.

_Quoi? Tu ne veux pas rentrer? Demanda Ishida, s'engageant dans une rue étroite.

Ichigo se pencha vivement en avant, attrapant le haut du siège devant lui, et s'y accrochant pour rester droit :

_Il me déteste, hein? Je sais qu'il me déteste, c'est pas vrai les gars?

Chad se tourna rapidement en direction d'Uryuu qui haussa les épaule en signe d'incompréhension.

_De qui tu parles, Kurosaki? Questionna le brun à lunettes.

Ichigo se laissa tomber lourdement sur la banquette arrière à nouveau :

_J'le sais..., marmonna-t-il. M'déteste... Faut que j'l'appelle...

Il fouilla dans sa poche pour trouver son portable mais Chad le lui brandit bientôt sous le nez :

_C'est moi qui l'ai ramassé, expliqua-t-il. Tu l'as laissé tomber tout à l'heure et tu ne t'en es même pas rendu compte.

_Donne...

Chad le lui tendit et le roux remarqua qu'il pouvait à peine voir les touches sur lesquelles il appuyait.

_Oh bordel..., gémit-il, se rendant compte également qu'il était vraiment dans un sale état.

_Tu avais quelques appels en absence, reprit Chad, un certain Muguruma Kensei.

Les yeux ambrés s'écarquillèrent tout à coup. Il oublia aussitôt son portable et se pencha de nouveau en avant :

_Qui?! S'écria-t-il.

_Muguruma Kensei, enfin je crois...

_Combien?! Quand?!! Pourquoi tu l'as pas dit!!! se mit-il à hurler en secouant le siège du passager dans tous les sens.

_Bon sang, mais t'es déchainé! S'écria à son tour Ishida plus qu'étonné par le comportement de son ami.

Le roux se calma soudain et plaqua son front contre le siège passager :

_Dis-moi quand...

_Je n'ai pas vu l'heure mais j'ai vu qu'il y avait quatre appels de ce type.

_Pourquoi tu l'as pas dit?

_T'étais bourré...

_Regarde maintenant.

Il lui tendit à nouveau son portable et Chad s'exécuta à contre cœur, cherchant rapidement dans l'appareil :

_Voilà : dernier appel en absence à 23h48. Muguruma Kensei.

_Oh merdeuh...., se lamenta alors l'orangé en secouant la tête.

Même si son esprit était encore englué par l'alcool, il comprenait clairement qu'il avait manqué plusieurs appels de Kensei. Pourquoi? Pourquoi avait-il appelé et quatre fois en plus?

Se faisait-il du soucis pour lui?

_Faut que j'le rappelle!

_Pas dans ton état! Objecta Ishida en se saisissant du portable.

_Pourquoi? Couina Kurosaki.

_Muguruma Kensei, c'est bien l'ami de ton père, non? Tu crois que ça lui ferait plaisir que tu l'appelles à une heure pareille, complètement ivre? Il le rapporterait certainement à ton père...

_Tu sais pas qui est Kensei alors ferme-la!

Ishida et Chad échangèrent un regard exaspéré. Vivement qu'ils arrivent chez le roux, que celui-ci aille se coucher et qu'ils n'en parlent plus.

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Le véhicule stoppa enfin devant l'entrée de la demeure des Kurosaki, vide et calme. Chad descendit pour aider le jeune homme à sortir sans s'effondrer lamentablement sur le trottoir.

_Hé! Couche-le dans son lit qu'on soit sûr qu'il ne fasse pas de conneries! Lança Ishida par la fenêtre.

_Et tu veux pas que je lui chante une berceuse non plus? Répliqua le colosse en soutenant le roux par la taille.

_Ahah! Ricana Uryuu, pas très amusé.

_Merde! S'écria alors Kurosaki s'étant enfin immobilisé sur ses deux jambes branlantes.

Chad remarqua que son ami avait les yeux braqués sur quelque chose derrière lui. Il remarqua alors une voiture garée devant le garage de la grande maison et l'orangé semblait connaître le véhicule :

_Quoi? Demanda Chad, inquiet.

Ichigo avança d'un pas, examinant de plus bel le véhicule face à lui, voulant être certain de ne pas rêver :

_Tu... dis-moi que j'rêve! Que cette voiture n'est pas là!

_Quoi?! Questionna le brun. Nan, elle est bien là, t'as fumé un truc ou quoi?

Le roux plaqua une main devant sa bouche violemment. C'est pas vrai, il était rentré... Il allait le tuer!!!

Il se précipita dans l'entrée, sans faire attention à son état - donc sans faire attention à ses zigzagues dangereux - et sortit ses clefs nerveusement pour les introduire dans la serrure de la porte d'entrée.

_Hé! Qu'est-ce qui se passe? Demanda Chad en arrivant derrière lui, les sourcils froncés.

Mais l'orangé ne lui répondit pas et ouvrit la porte à la volée.

Là au milieu de l'entrée, une silhouette sombre et massive attendait.

Assise sur les escaliers, la tête baissées entre ses genoux, la silhouette sembla s'animer et releva son regard sur les deux arrivants.

_Qu'est-ce que....? demanda Ichigo.

Chad chercha de la main un quelconque interrupteur et la lumière envahit tout à coup la pièce.

Deux yeux gris mais emplis de colère se posèrent sur les deux jeunes hommes plantés au milieu de l'entrée.

_Il est deux heures et demi du matin. Ça va faire quatre heures que je t'attends ici et tu rentres puant l'alcool?!

Ichigo sentit son cœur faire un saut périlleux, le plus grand de son existence :

_Kensei...., marmonna-t-il, sonné. Mais qu'est-ce que... tu fais là?

_Merci Chad, mais je vais m'occuper de lui maintenant, lança alors le policier en direction de l'ami du roux.

_Bien, répondit ce dernier. Bonne chance... Il a beaucoup bu.

Et sur ces mots, le jeune homme massif ne tarda pas. Il tourna les talons, laissant Ichigo entre de bonnes mains et referma la porte d'entrée sans un bruit. Quelques secondes plus tard, la voiture démarra et s'éloigna dans la rue.

Le silence avait pris place entre les deux hommes. Le roux toujours estomaqué se demandait pourquoi Kensei était là maintenant? L'avait-il appelé pour lui signifier son retour?

_Qu'est-ce que tu fais ici? Demanda-t-il.

Un long silence gêné s'installa, et ils étaient tous les deux aussi gênés l'un que l'autre. Ichigo n'osait pas lever les yeux sur lui, il ne voulait pas croiser ses yeux perçants, il ne voulait pas le voir en colère. Mais il voulait tellement savoir pourquoi il était ici...

_Je me suis dit que c'était une mauvaise idée de te laisser seul après mon coup de fil. Je... j'avais envie de te voir alors je suis rentré par le premier avion.

Le roux plissa les yeux et se retourna enfin en direction de son visiteur.

« Envie de le voir? » Pourquoi lui dire ce genre de choses?

_Comment ça?

_Quoi « comment ça »? répéta-t-il en haussant les épaules. J'avais juste envie... ne me demande pas pourquoi, je ne comprends pas! Je ne sais pas! Je me suis senti coupable et... je sais que j'ai été dur avec toi et tout ce que tu m'as dit ça m'a... ça m'a retourné, voilà!

Ichigo secoua la tête et recula d'un pas :

_Je ne veux pas entendre ça... Je ne veux pas encore me faire des films. Je veux que tu t'en ailles... j'me sens pas bien...

Il posa une main sur son ventre et tourna les talons pour se diriger vers la salle de bains mais Kensei l'en empêcha. Il quitta sa place sur les escaliers et saisit le poignet du jeune homme dans le but de stopper sa marche. Les deux hommes se firent alors face :

_Tu n'as pas l'air de comprendre...

_Comprendre quoi?

_Ce que je te dis!

_Si, je comprends très bien!

Il soupira, sentant une migraine gagner rapidement son pauvre petit cerveau brassé dans tous les sens :

_Est-ce qu'on ne pourrait pas faire simple pour ce soir? Demanda-t-il en posant une main sur son front. Je... j'en ai assez de tourner en rond avec toi, de tourner en rond avec tout le monde! J'aimerais juste que pour une fois ça soit simple. Je veux que tu me comprennes et je... je veux qu'on arrête de tourner en rond alors dis-moi simplement ce que tu veux, ce que tu penses, avec des mots simples, pas en passant par des phrases longues et sans intérêt! On n'est même pas obligé de faire des phrases si tu veux!

_Comme tu veux.

Ichigo ferma les yeux un instant. Finalement, tout l'alcool qu'il avait ingurgité n'était peut-être pas une mauvaise chose. Non, car il allait lui permettre de faire quelque chose qu'il n'aurait sans doute jamais fait en état de sobriété :

_Je vais te le dire sans tourner en rond alors, souffla-t-il. Juste trois mots. Et si tu les comprends pas... alors ça veut dire que t'es vraiment bouché!

_Je croyais que tu avais dit : pas de longues phrases sans intérêt?

Les yeux ambrés captèrent à nouveau le gris des yeux de Kensei. Le jeune homme réunit tout l'alcool qu'il restait dans ses veines, et tout le courage dont il était capable. Faire simple...

_Moi vouloir toi.

C'était comme si tout à coup les deux hommes s'étaient enfermés dans une bulle, une bulle qu'eux seuls pouvaient pénétrer. Ils étaient comme seuls au monde, face au souhait - et à la déclaration - du jeune homme. Toute la sincérité du monde se reflétait dans ses opales ambrées et Kensei comprit combien il était sincère. Depuis que Ichigo lui avait donné un baiser, ils n'avaient jamais été si proches. Et cette proximité faisait à nouveau tourner la tête du plus jeune qui, cette fois-ci, comprit aisément qu'il ne s'agissait pas de l'alcool.

Ichigo avait l'impression d'avoir poussé toutes les barrières du monde. Mais cette fois-ci, il ne ferait pas deux fois la même erreur. Il n'embrasserait pas Kensei, il ne voulait pas le choquer plus que de raison.

Trois petits mots, trois petits mots avaient réussi à pousser les barrières de l'âge, de la sexualité, de tout ce qui restait encore à surmonter entre eux. Ça avait été tellement simple, trop simple peut-être?

_Kensei...

Mais il avait oublié que l'homme face à lui pensait peut-être différemment. Ces trois mots ne pouvaient pas l'atteindre, il en était certain.... Aussi, le jeune Kurosaki ne comprit absolument rien lorsque la bouche de Kensei se posa sur la sienne, pressant ses lèvres contre les siennes.

_Mph...

Le jeune homme étouffa un cri de surprise contre la bouche de son vis-à-vis qui l'observait toujours de ses pupilles grises.

Les yeux dans les yeux, leurs bouches collées, plusieurs secondes s'écoulèrent sans qu'ils n'osent bouger pour se détacher. Ichigo vit un million de choses défiler devant ses yeux, un tas de possibilités toutes plus folles les unes que les autres mais avant qu'il ne puisse réagir, la bouche de Muguruma-san se pressa de plus belle contre la sienne et les yeux gris disparurent derrière les paupières du policier.

Un immense frisson traversa le corps du rouquin, des pieds à la tête, et ses poils se dressèrent partout sur son corps. Il sentit la volonté un peu plus pressante de l'homme qui l'embrassait et ferma lui aussi ses yeux à son tour.

Un élan de bonheur et de plénitude total le poussa à enrouler ses bras autour du cou de Kensei et à apprécier le baiser qu'il lui donnait.

C'était encore mieux que dans ses rêves, c'était vraiment mieux que tout ce qu'il avait pu s'imaginer! Il se laissa conduire par son aîné et se retrouva bientôt plaqué contre le mur de l'entrée. Il ignorait s'il était encore en train de penser des choses folles parce qu'il était ivre, ou bien s'il s'était endormit dans la voiture...

Mais surtout, il ne voulait pas se réveiller, c'était tellement bon...

Chaque parcelle de son corps ressentait avec délectation toute la passion qui filtrait à travers les lèvres de Kensei. Jamais personne n'avait eu l'audace de l'embrasser comme ça, et jamais il n'avait ressentit une telle plénitude. Ce baiser entre eux, était bien à la hauteur de ses espérances et certainement, les dépassait.

La langue de son partenaire s'insinua lentement dans sa bouche, le surprenant quelque peu. Cependant, il se laissa faire et entrouvrit ses lèvres pour lécher doucement la langue de son partenaire. Il n'aurait jamais imaginé être excité à un tel point, juste en frottant le bout de sa langue contre la sienne. Et lorsqu'elles s'enroulèrent l'une autour de l'autre, il crut que ses jambes allaient fléchir sous le poids de l'émotion. Mais les bras puissants de Muguruma enserrèrent sa taille et l'empêchèrent de s'effondrer. Il sentit son cœur sortir littéralement de sa poitrine, son estomac faisait de tels sauts périlleux qu'il lui donna la nausée. Mais il savait parfaitement tout le plaisir qu'il en retirait.

Kensei avait un goût de tabac, pourtant très appréciable. Aussi loin qu'il se souvienne, Muguruma n'avait jamais fumé... Peut-être fumait-il lors de certaines occasions? Comme lorsqu'il connaissait un grand état de nervosité?

Dans l'entrée de la maison Kurosaki, ce ne furent bientôt plus que des soupirs excités s'échappant de la bouche du roux qu'on pouvait entendre. Le frottement du tissu également, l'orangé laissant sa main caresser les épaules de son partenaire et sa nuque. Il sentait par moment, une main passer furtivement sur ses fesses et ça ne le rendait que plus fou encore. Il voulait lui appartenir totalement et dès ce soir s'il en avait envie! S'il le voulait, il était prêt à s'offrir à lui de n'importe quelle manière...

Les minutes s'écoulèrent sans qu'aucun des deux hommes ne désire mettre un terme à l'échange passionné. Pourtant, au bout d'un moment, la langue de Kensei fit marche arrière et leurs bouches se décollèrent doucement.

Ichigo garda les yeux fermés, se blottissant contre le torse puissant de son vis-à-vis.

_Je le savais, chuchota-t-il, je le savais...

_De quoi? Demanda Muguruma.

_Que ça valait le coup de me torturer et d'attendre aussi longtemps...

_Chuut... Ne complique pas plus la situation s'il te plait.

Les yeux ambrés se levèrent sur le visage carré. Ce dernier ne reflétait aucune inquiétude, seulement un sourire timide :

_Pourquoi tu m'as embrassé? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

_J'en sais rien. J'avais juste... envie?

_Si tu as d'autres envies comme celle-ci n'hésite surtout pas à m'en faire part, d'accord?

Kensei étira un sourire et posa son menton sur l'épaule du roux :

_Je ne sais pas ce qui m'a pris... Mais pourtant, je... je n'ai pas l'impression que c'est mal, tu vois?

_Oui, je sais.

Le policier soupira et se redressa. Il posa une main sur la joue du rouquin et chassa de son esprit la foule de questions qui s'y pressait :

_Et si on laissait les interrogations et les explications pour plus tard. Là... j'ai pas vraiment envie de penser aux conséquences. Et crois-moi c'est pas mon genre de dire ça!

Le roux baissa les yeux un instant, échappant un petit rire :

_Moi non plus j'ai pas envie d'y penser.

Il avait plutôt envie de continuer ça jusqu'à la fin de sa vie! Si c'était un rêve, qu'il ne se réveille jamais!

_Je ne me suis jamais sentit aussi bien avec quelqu'un..., avoua alors Muguruma dans un souffle.

Un doigt se posa sur ses lèvres, l'empêchant de poursuivre sa phrase, et Ichigo lui adressa un sourire sincère :

_Les explications pour demain...

Et il se pencha vers lui et l'embrassa à nouveau.

« Demain est un autre jour... » pensa-t-il.