Bonjour tout le monde !
Oui, je l'avoue, c'est un chapitre qui a près de deux mois de retard mais bon… il me semble que je vous ai prévenus, non ? Quoique je me rappelle plus trop.
Ma chère bêta-reader Zod'a seulement n'a malheureusement pas eu le temps de corriger ce chapitre et comme j'ai la flemme de le relire encore une fois, eh bien je ne vous promets rien !
J'espère que vous avez passé de bonnes vacances, je vous souhaite une bonne rentrée scolaire ( pour ceux qui ne travaillent pas déjà hihihi ) et surtout, surtout, une très bonne lecture !
Je remercie pour leurs reviews Electro, Zod'a seulement, IMystie et Nightel.
IX) Gilberte la brosse disparue
Je pense que je vais laisser tomber les citations.
De toute façon je prenais un mot au hasard et je prenais la première qui me plaisait.
Alors que l'heure du premier cours de la journée approchait dangereusement, Morgane fouillait encore le dortoir de fond en combles à la recherche de sa brosse à cheveux, qu'elle avait perdue. Lily, en bonne amie, cherchait avec elle malgré une faim grandissante.
« Gilberte, où es-tu ? », gémit théâtralement Morgane en tombant sur les genoux, les yeux levés vers le ciel.
Oui, elle avait donné un nom à sa brosse. Et quel nom !
« Je peux te prêter la mienne, proposa Lily en levant les yeux au ciel.
- Non, je ne trahirai pas Gilberte ! », se récria Morgane, outrée.
Et c'est ainsi que Morgane descendit manger dans la Grande Salle les cheveux décoiffés. Elle essaya tant bien que mal de les lisser un peu en glissant ses doigts dedans mais elle n'obtint pas de résultat concluant. Dès qu'elle eut passé les portes de la Grande Salle, tous les regards convergèrent sur elle. Faisant fi de l'ébahissement qu'elle suscitait, elle se dirigea à pas rapides vers la place que lui avaient réservée ses amies déjà attablées.
« Tu as l'air d'un épouvantail, fit simplement remarquer Katarina avec sa diplomatie habituelle.
- Et toi tu as l'air d'une trainée ! », rétorqua Morgane, boudeuse.
Loin d'être vexée, Katarina éclata de son rire cristallin qui faisait tomber les hommes comme des mouches devant l'insecticide.
« J'ai une brosse dans mon sac, si tu veux, la prévint gentiment Mary en fouillant dans sa besace.
- Non, je resterai fidèle à Gilberte ! répéta Morgane, butée.
- Qui ? s'étonnèrent Mary et Katarina en chœur.
- Oh, toi aussi tu as une amie imaginaire ? s'enthousiasma Ruth, ravie. La mienne s'appelle Margareth ! On pourrait peut-être les faire discuter un peu, non ? Margareth adore le thé au jasmin et les gâteaux à la carotte ! Et Gilberte, elle aime quoi ? »
Les quatre filles lui lancèrent un regard désabusé, habituées qu'elles étaient à ses divagations.
« Gilberte, c'est ma brosse », explicita Morgane.
Elle ne manqua pas le visage déçu de Ruth, qui s'en remit cependant très rapidement. Du coin de l'œil, Morgane la vit renverser un bol de fromage blanc sur la tête de Nathaniel Smith qui venait de lui faire une remarque désobligeante. Allan, son jumeau, leva les yeux au ciel en souriant discrètement.
Morgane avala le reste de son croissant en une bouchée et, très dignement, se leva, profondément agacée par les regards posés sur elle. Ses amies – exceptée Ruth qui venait d'être aspergée de jus de goyave sous le regard fier de Nathaniel – levèrent les yeux au ciel et se levèrent à sa suite.
Durant toute la journée, Morgane sentit d'innombrables paires d'yeux la fixer, l'air étonné.
« On croirait qu'ils n'ont jamais vu des cheveux décoiffés, maugréait-elle par conséquent sous l'œil blasé de ses amies.
- Il faut les comprendre, objectait chaque fois Lily avec bon sens. Tu as toujours les cheveux lisses et impeccables, d'habitude.
- Oui, mais c'est seulement grâce à Gilberte ! », répondait Morgane avec conviction.
Le pire, c'était tout de même les petits curieux qui osaient lui toucher les cheveux pour vérifier par eux-mêmes qu'ils étaient bien décoiffés. Tous ceux qui avaient osé se retrouvaient à l'infirmerie cinq minutes plus tard. Morgane avait horreur qu'on touche à sa chevelure !
Comble de malchance, c'est cette journée en particulier que choisit Sirius Black pour lui lancer un sortilège destiné à lui emmêler davantage les cheveux. Pour se venger, elle lui colora la figure en vert et envoya Ruth à ses trousses, mais le mal était fait. Lorsqu'elle rentra au dortoir, ce soir-là, Morgane Swanson avait la coiffure de Marie-Antoinette. En allant dans la salle de bain, résignée à trahir Gilberte, elle eut la surprise de trouver sa brosse à cheveux sur le rebord du lavabo. Quoique confuse, elle ne s'en préoccupa guère et la saisit avec bonheur, la brandissant devant elle comme un trophée. Aussitôt, elle commença à brosser sa tignasse brune, grimaçant de douleur et tirant comme une forcenée pour défaire un peu ses nœuds.
« C'est quoi ces gémissements ? s'étonna Lily en faisant irruption dans la pièce.
- J'ai retrouvé la brosse juste là, expliqua Morgane en désignant de sa main libre le lavabo.
- Elle n'était pourtant pas là ce matin, affirma Lily en fronçant les sourcils.
- Peu importe, aide-moi s'il-te-plaît ! », supplia Morgane en lui tendant la brosse.
Et Lily, en soupirant, s'affaira à rendre à la chevelure de Morgane une forme un peu plus habituelle.
oOoOoOo
« Nous sommes tombés bien bas, incroyable inspecteur Sirius Black ! fit remarquer James, mi-figue mi-raisin.
- Tu as une meilleure idée peut-être ? », rétorqua Sirius en haussant les sourcils.
James ne répondit rien et Sirius retourna à sa besogne avec satisfaction.
« Tu verras, ça va marcher, affirma-t-il à James, autant pour l'en persuader que pour se convaincre lui-même. Quel est l'objet indispensable pour une fille ? Une brosse !
- Oui, peut-être, concéda James, mais de là à lui créer des nœuds et à ensorceler sa brosse… il y a trois fleuves, deux planètes et quatre champs de mimosa.
- Chut ! ordonna Sirius. Je crois que j'entends sa voix. »
Leur plan était très simple, quoique remarquablement stupide, selon James. Sous sa forme d'animagus, Sirius était entré dans le dortoir des filles de septième année pendant la nuit pour voler la brosse de Morgane. Comme prévu, celle-ci était descendue décoiffée, fidèle qu'elle était à sa Gilberte adorée. Pendant ce temps, en possession de la brosse, Sirius et James avaient pu formuler une incantation pour qu'elle soit reliée à une radio sorcière de premier prix qu'ils avaient achetée à cet effet. Puis Sirius avait lancé un sortilège pour décoiffer encore davantage Morgane, rallongeant de ce fait son contact avec Gilberte. Ils avaient ensuite replacé la brosse en évidence dans le dortoir des filles de septième année et s'étaient précipités dans leur dortoir. Désormais, pendant qu'elle se coifferait, Sirius et James pourraient entendre toutes ses pensées, et donc en apprendre davantage sur ses secrets.
« Moi, je n'entends rien du tout, rétorqua James avec exaspération.
- Mais tais-toi ! s'écria Sirius, très attentif.
- Gnagnagna ! », grommela James en obéissant tout de même.
Quelques minutes plus tard, la voix de Morgane les fit sursauter, et ils s'approchèrent instinctivement de la radio.
« Bordel de nœuds de mes deux ! Je n'ai jamais eu si peu de problèmes que lorsque j'ai été chauve ! Est-ce que ça vaudrait le coup que je retente l'expérience ? Aïe ! Merlin, je vais éventrer Black et je vais donner son intestin grêle en pâture à une meute de Doxys zombifiés ! Aïe ! »
James se permit de lever les yeux vers son meilleur ami, un grand sourire moqueur étirant ses lèvres.
« Ça paraît logique qu'elle pense à ses cheveux quand elle se coiffe, rit-il franchement aux dépens de Sirius.
- Tu n'avais pas de meilleure idée non plus, je te rappelle, grogna l'intéressé, vraiment déçu.
- Non mais j'ai suffisamment d'intelligence pour savoir quand un plan est voué à l'échec ! déclara pompeusement James.
- Pfff ! », souffla Sirius.
Et il se reconcentra sur la voix de Morgane, au cas où une pensée malheureuse lui échapperait.
« Groumf, gneuh ! Hiiiii ! Aïe ! Dire que je n''ai coiffé qu'une petite mèche ! Je vais tous vous tuer bande de traîtres de cheveux ! Graoouuuu ! »
James, au bord de la crise de rire, roula sur le dos, les larmes aux yeux, cherchant désespérément à respirer. Il s'étrangla avec son propre rire lorsqu'il reconnut la voix de Lily.
« Ah ! Ah ! Elle n'a jamais aussi bien eu sa place à Gryffondor que maintenant ! Quelle lionne ! Rhaaaa ! C'est quoi ces nœuds ? Black, si je te trouve, je te renverse un pot de miel sur la tête et on verra qui aura plus de difficultés à coiffer ses cheveux ! Quoique ce serait probablement James qui serait obligé de s'occuper de lui et que… bon… il est quand même moins idiot que Black ! »
James s'étouffa avec sa salive puis, lorsque sa gorge ne fut plus obstruée, il esquissa un sourire tellement énorme qu'il faisait trois fois le tour de sa tête.
« Lily pense à moi ! Lily-jolie pense à moi ! scanda-t-il gaiement sous l'œil blasé de Sirius.
- Je ne vois pas en quoi c'est flatteur… », voulut-il objecter.
« En fait, il a beaucoup changé cette année. C'est assez inespéré, je dois dire. Et puis bon, depuis qu'il ne fait pas semblant de vouloir sortir avec moi, c'est vrai qu'il est nettement plus attirant. »
« Hiiiiii ! s'écria James comme une fille à qui on aurait acheté un parfum Coco Chanel pour la Saint Valentin.
- Bon, OK, c'est flatteur, concéda Sirius avec mauvaise foi.
- Hiiiiiiii ! », répondit seulement James.
« Oh Merlin ! Elle doit bien avoir perdu la moitié de ses cheveux, la pauvre ! Mais bon, une potion pour les faire repousser et on n'y verra que du feu. Voilà ! J'ai fini ! »
Et, alors que Lily reposait la brosse, la communication fut rompue. Depuis la salle de bain de leur dortoir, les filles entendirent vaguement deux sons distincts qui provenaient du dortoir des garçons de septième année. Un « Hiiiiiii ! » interminable et un bougonnement ininterrompu. Quoique surprises, elles n'y prêtèrent qu'une attention minime et partirent acheter une potion pour faire repousser les cheveux de Morgane au marché noir de l'école.
OoOoO
Katarina Davies était toujours arrivée à bout de chaque garçon qu'elle avait voulu séduire. Sa réputation, pourtant, ne jouait pas en sa faveur. Sa plus longue relation n'avait pas duré plus d'un mois. Et elle n'avait alors que dix ans. Elle avait peur de s'attacher à qui que ce soit, et passait de ce fait pour une traînée. Pourtant, cette étiquette qui lui collait à la peau ne l'embêtait pas le moins du monde, car elle admettait cet état de fait sans rechigner. Et elle n'avait jamais menti, n'avait jamais promis monts et merveilles à ses conquêtes. Ils savaient dès le début à quoi s'attendre avec elle. Si ils acceptaient malgré tout, c'était à leurs dépens.
Pourtant, depuis quelques mois, elle s'escrimait à séduire Andrew Ross, le préfet-en-chef de Serdaigle. En vain. Non seulement celui-ci était déjà en couple avec une fille détestable, mais il ne semblait pas le moins du monde intéressé. Ennuyée d'essuyer des refus, et malgré son orgueil de séductrice, elle s'était résolue à passer à autre chose, profitant des opportunités et ne se souciant plus de cet être trop coincé qui l'humiliait. Aussi fut-elle surprise de le voir s'avancer vers elle d'un pas précipité au détour d'un couloir, un air sérieux peint sur le visage.
« Andrew ? », l'appela Katarina avec circonspection.
Ils étaient seuls dans un couloir très peu fréquenté. Katarina s'étonnait d'ailleurs qu'il l'ait trouvé si facilement, elle qui voulait s'isoler un peu.
« C'était qui ce garçon avec lequel tu dansais au Nouvel An ? lâcha le préfet-en-chef sans cérémonie.
- Eh bien euh… c'était mon frère ! », mentit-elle avec aplomb.
Il haussa un sourcil profondément sceptique et elle leva les mains en l'air en signe de reddition.
« Bon, OK, je ne sais pas comment il s'appelle ! avoua-t-elle avec force. Oh, et ne fais pas cette tête-là, hein ! Excuse-moi d'avoir une vie sexuelle active ! Moi, j'ai des besoins et tu n'as pas l'air de vouloir les satisfaire alors je ne vais quand même pas me frustrer ! »
Elle ne put empêcher ses joues de rougir légèrement devant l'intensité du regard posé sur elle. Pour se donner une contenance, elle décida de poursuivre son monologue.
« Et puis t'es mal placé pour me faire une crise de jalousie, hein ! A moins que ta pétasse et toi vous soyez le couple le plus coincé que je connaisse, ça m'étonnerait que vous passiez vos soirées à jouer aux fléchettes !
- On n'est plus ensemble, Sharon et moi, lança simplement le jeune homme.
- Comment ça ? s'étonna Katarina, arrêtée brutalement dans son élan.
- Je l'ai quittée. J'ai appris ce qu'elle faisait aux filles qui m'approchaient… expliqua-t-il avec une grimace.
- Elle a fait du mal à Mary, cracha Katarina avec dégoût.
- Pourquoi ? s'étonna Andrew.
- Eh bien euh… »
Andrew esquissa un sourire moqueur et s'approcha de Katarina, jusqu'à n'être plus séparé d'elle que par quelques centimètres.
« Tu m'as pris pour une proie mais tu n'es pas la seule à savoir jouer, tu sais ? », chuchota-t-il à son oreille.
Puis, doucement, il lui embrassa la joue avant de s'en aller nonchalamment, sans un regard en arrière, laissant derrière lui une Katarina aussi chancelante que troublée.
« Oh ! C'est trop mignon ! s'enthousiasma Mary en joignant les mains sous son menton, les yeux brillants.
- So kitsch, ma chérie, railla Morgane avec un rictus moqueur. Attends voir… ce ne serait pas de la guimauve qui sort de tes oreilles ?
- C'est super pour toi ! s'exclama simplement Lily.
- Tu aurais dû lui sauter dessus », affirma Ruth en hochant la tête, s'approuvant par ce geste.
Pourquoi, par Merlin, avait-elle pensé que tout raconter à ses camarades de dortoir serait constructif ?
OoOoO
Nul autre que Sirius ne sut expliquer le sourire banane qu'afficha James de longues journées durant. Même lors des entraînements de Quidditch, il était détendu et à l'écoute, au plus grand étonnement de ses camarades. Toutes sortes de rumeurs circulaient à ce propos. Avait-il inhalé une trop grosse quantité de dentifrice ? Etait-il sous l'emprise d'un filtre d'amour ? Avait-il perdu son dernier neurone ? Avait-il été lobotomisé ? Etait-il amoureux, tout simplement ?
Au fond, peu importait. De l'avis général, le bonheur lui allait bien. Et, parce qu'elle souhaitait qu'il soit plus heureux encore, et donc plus agréable sur le terrain de Quidditch, Morgane s'était décidée à confronter Lily. Elle était le centre du monde de James Potter et ça, Morgane en avait parfaitement conscience. Son bonheur de grand niais dépendait d'elle et seulement d'elle. C'était le deuxième samedi depuis la rentrée, et elle sortait tout juste d'un entraînement qui s'était parfaitement bien déroulé. Elle entraîna Lily dans un coin isolé du château et elles commencèrent à parler.
« Il est temps que tu ouvres les yeux, Lily, commença solennellement Morgane. Tu dois arrêter de te voiler la face !
- Hein ? s'exclama Lily, ahurie.
- Potter et toi, vous êtes comme un service à thé, commença Morgane sans se départir de son air sérieux.
- Quoi ? s'étonna Lily, complètement perdue.
- Toi, tu es la coupelle, et lui, c'est la tasse, explicita Morgane avec un ton condescendant. Ou l'inverse, peu importe, ajouta-t-elle avec un geste nonchalant de la main.
- Euh… d'accord, concéda prudemment Lily.
- Enfin bref, vous êtes faits pour être ensembles ! conclut Morgane.
- Dans un service à thé, il y a plusieurs tasses et plusieurs coupelles, objecta Lily en reprenant ses esprits. Sans compter la théière !
- Admettons que la détentrice de ce service, Georgette, soit très maladroite et qu'elle ait tout cassé… rétorqua Morgane. Et puis la théière ! Tu n'as donc aucune estime de toi ? s'offusqua-t-elle. La théière c'est un peu comme… Slughorn ! Ou McGonagall !
- Tu racontes n'importe quoi, soupira Lily, agacée.
- Mais pas du tout ! s'insurgea la brunette avec conviction.
- C'est comme si je te disais que tu étais un chat et que Black était une croquette, en admettant que le propriétaire, Bernard, n'en ait versé qu'une seule parce qu'il a oublié d'acheter un nouveau sachet et que la supérette la plus proche se trouve à plus de quinze kilomètres de sa maison isolée en pleine campagne et que sa voiture a un problème technique alors que son vélo a un pneu dégonflé, que son skateboard s'est fendu en deux et que Bernard souffre de rhumatismes, ironisa Lily. Sans oublier le fait que les voisins soient tous partis en vacances exactement ce jour-là et que Bernard n'ait ni téléphone, ni ordinateur. Tu vois, ça fait beaucoup de conditions !
- La seule différence entre nous, Lily, c'est que si j'étais un chat et que Black était une croquette, eh bien j'aurais grand plaisir à le dévorer, répliqua Morgane avec un grand sourire.
- C'est bon, je renonce ! s'écria Lily en levant les mains en l'air.
- Gentille fille, la flatta Morgane en lui ébouriffant les cheveux. Maintenant, tu vas aller voir ta tasse en lui disant que tu veux être sa coupelle jusqu'à la fin de vos jours ! lui ordonna-t-elle.
- Mais tu es complètement folle ma parole ! s'exclama Lily, les yeux écarquillés.
- Allez, on y va ! », l'enjoignit Morgane.
Sur ces mots, elle saisit le bras de Lily et l'entraîna à travers tous les couloirs malgré la résistance farouche de la rouquine. Enfin, elles trouvèrent les Maraudeurs au grand complet et Morgane leur fit de grands signes de main ravis.
« Salut Peter, salut les autres ! les accosta la brune, comme à son habitude.
- Salut Morgane, répondirent Peter et Remus.
- Salut Lily, salut l'autre, salua James.
- Salut la chose, dit Sirius.
- Potter ! appela-t-elle avec enthousiasme sans plus faire attention aux trois autres.
- Oui ? répondit l'intéressé, l'air surpris qu'elle s'adresse à lui.
- Lily veut bien être ta coupelle ! », s'exclama-t-elle en mettant la concernée devant elle.
Lily s'apprêtait à excuser les paroles de Morgane en disant qu'elle avait dû avaler de l'herbe à chat mais elle fut coupée dans son élan par la réponse de James.
« C'est vrai ? interrogea-t-il, les yeux ronds. »
Il avait l'air d'avoir compris l'allusion, et ce fut au tour de Lily d'ouvrir de grands yeux surpris. Puis, voyant qu'on attendait une réponse de sa part, elle rougit violemment et songea un instant à partir en courant comme une hystérique. Cependant, les yeux de James brillaient d'un espoir difficilement contenu et elle ne put se résoudre à le décevoir. Elle réfléchit quelques secondes durant, secondes qui semblèrent interminables à James, et trouva enfin une porte de sortie. Morgane qui, penchée sur elle – au sens figuré puisqu'elle faisait bien une tête de moins –, scrutait chaque expression de son visage afin de deviner le sinueux chemin de ses pensées, fut brusquement enlevée de là, entraînée par un Sirius Black goguenard. Lily le remercia d'un signe de tête et, bientôt, Potter et elle furent seuls dans ce couloir. Il la regardait toujours, mais ses yeux devenaient moins brillants à mesure que le temps passait et le coin de ses lèvres s'ourlait insensiblement, tant il était sûr de s'être trompé.
« Eh bien, euh… », balbutia Lily.
Et c'est à ce moment précis qu'elle décida qu'il lui fallait tuer Morgane. Elle ne savait pas encore où ni comment, mais c'était pour elle une nécessitée.
« J'aimerais qu'on… apprenne… à se connaître un peu… avant », bégaya difficilement Lily.
L'étincelle dans les yeux de James se raviva, ses prunelles s'embrasèrent d'une telle lueur de félicité qu'elle sut qu'elle avait fait le bon choix. Le poison. Oui, elle allait empoisonner Morgane, c'était le plan parfait. Un peu de cyanure dans sa tasse de thé Darjeeling et le tour serait joué.
« Comme tu voudras », accepta celui-ci avec ferveur.
Il lui fit un sourire éblouissant et se détourna pour s'en aller d'un pas aérien. C'était amusant de le voir presque sautiller, et Lily sourit à son tour.
« Aloooooooors ? s'exclama Morgane en revenant vers elle, toute émoustillée.
- Je vais te tuer », la prévint Lily avec un air sérieux.
Morgane se contenta de balayer cette menace du revers de la main, guère impressionnée. Du coin de l'œil, Lily vit James se faire poursuivre par un Sirius en quête de réponses. Elles commencèrent à marcher lentement dans les couloirs. Enfin, Lily essayait de semer Morgane et cette dernière s'agrippait désespérément à son bras en courant presque.
« Alors, t'as répondu quoi ? répéta-t-elle, curieuse.
- Ça ne te regarde pas, espèce de grosse commère ! se fâcha faussement Lily, trop habituée aux excentricités de Morgane pour prendre la mouche.
- Ben si quand même ! », affirma la plus petite des deux filles.
Elles se turent cependant, comme foudroyées, lorsqu'elles virent une scène des plus atypiques devant elles. Ruth, une bombonne de mousse dans la main et un rasoir dans l'autre, s'affairait avec application à raser… le mur.
« Fallait le dire si la décoration te paraissait trop poilue, se ressaisit finalement Morgane.
- Chuuuuut ! chuchota Ruth en fronçant les sourcils.
- Tu fais quoi au juste ? s'enquit Lily avec curiosité.
- Mais fais pas l'idiote, c'est évident ! s'insurgea Ruth en retournant à sa curieuse besogne. Je mène mon enquête !
- Hein ? s'étonnèrent les deux autres filles, interloquées.
- Mais vous êtes bêtes ou quoi ? Cette technique est super connue ! Les plus grands détectives rasent le mur pour espionner discrètement ! expliqua Ruth avec agacement. Maintenant, partez ! Je vais me faire repérer sinon !
- Tu espionnes qui au juste ? l'interrogea Lily avec curiosité.
- Je soupçonne mon bichon de voir une fille en cachette, leur confia-t-elle avec inquiétude.
- Je peux espionner avec toi ? demanda un garçon de deuxième année qui passait par là.
- Bien sûr, prends un rasoir », l'enjoignit Ruth.
Les deux filles partirent, stupéfaites, ahuries et en accord sur la question : un jour, il faudrait faire interner Ruth ou la placer dans un cirque. En temps que créature à dompter.
« Comment tu t'appelles ? l'entendirent-elles pépier à l'intention du jeune élève de Poufsouffle.
- Appelles-moi Marylin, répondit le jeune garçon.
- D'accord », accepta simplement Ruth, pas le moins du monde étonnée.
Morgane et Lily échangèrent un regard entendu. Ruth avait trouvé un ami qui lui ressemblait beaucoup. Peut-être même trop. Elles soupirèrent de concert, prévoyant déjà les dégâts que ces deux-la allaient causer.
La première fois que Lily dut parler à James, elle fut gênée et balbutiante. Elle aurait tout donné pour pouvoir partir en courant dans une direction quelconque. Cependant, lorsqu'elle remarqua qu'il était aussi hésitant qu'elle, elle fut attendrie et ils commencèrent à parler un peu. Au début, ce ne furent que des conversations impersonnelles et quelques peu idiotes, telles que :
« Il fait beau aujourd'hui.
- C'est vrai, la pluie est un peu plus chaude que d'habitude. »
Puis une minute s'écoulait avant que l'un ou l'autre ne reprenne :
« Il fait beau aujourd'hui. »
Ou alors Lily écoutait James déblatérer à propos du Quidditch sans n'y rien comprendre. Heureusement, il s'était rapidement rendu compte de son désintérêt à ce sujet et ils n'en avaient plus reparlé. Puis, à mesure que le temps passait, ils abordèrent des sujets plus personnels et leur gêne s'effaça quelque peu. Ils lièrent des liens tout d'abord amicaux sans jamais rien tenter pour aller plus loin.
Ainsi, il fut de plus en plus fréquent de voir Lily et James parler ensembles, seule à seul, l'air intéressés et gênés. Et il n'était pas rare non plus de voir Morgane et Sirius, cachés dans un placard à balai non loin, une oreille collée contre la porte, rapprochés par la même curiosité maladive. Cependant, comme leur entente n'était chaque fois que de courte durée, leurs voyages à l'infirmerie se firent plus nombreux, plus rapprochés, tant et si bien qu'ils commencèrent à sympathiser avec Madame Pomfresh, qui les gardait pour prendre le thé. On avait tendance à l'ignorer, mais Poppy était une pipelette invétérée, et Sirius et Morgane apprenaient de nombreux ragots lorsqu'ils allaient la voir.
« Il n'est pas rare de voir cette voleuse de Clara Young dans ma réserve ! se fâchait-elle. Je la soupçonne fortement de chercher de l'amortencia ! Après tout, tout le monde connait son béguin pour un des jumeaux Smith. Je n'arrive jamais à les différencier ces deux-la ! Comme si j'allais garder cette potion dans ma trousse à pharmacie ! Elle n'a qu'à aller au marché noir, comme tout le monde. »
Et ils repartaient tous deux avec des informations croustillantes dont ils discutaient, parfois. Et, à mesure que le temps passait, ils prirent l'habitude de se rendre à l'infirmerie tous les mardis soirs pour tenir compagnie à l'infirmière.
Comme le chapitre 10 est déjà écrit, je peux vous le décrire dans les grandes lignes, hihi ! Il y aura :
*La découverte d'un vieux couple très atypique dont je ne vous donnerai pas les détails parce que c'est à vous de deviner pourquoi je m'y intéresse,
*Un petit aperçu du surréalisme vu par Ruth,
*Une Saint-Valentin très kitsch,
*Un roulage de pelle dans les règles de l'art ( toujours pas consenti celui-là ! ( voyez-vous de qui il s'agit ? )),
*Un cervidé lumieux,
*Et un combat de coqs !
J'espère ne vous en avoir pas trop dit mais je ne sais pas modérer mon enthousiasme ! Le prochain chapitre est probablement le plus long que j'ai écrit pour cette fiction. Ça ne veut pas dire qu'il est intéressant :)
Bisous !
