Traducteur : Neko Suke
Note de la trad de ce chapitre : Long chapitre que mon premier… Mais bon, l'histoire est si bien qu'on fait volontiers l'effort de longues prises de têtes sur plusieurs pages du chapitre ! Pis on est content quand ça se termine ! u_u
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Hello Everybody ! Everybody... Hello !
Voici venu le temps que beaucoup de monde attendent... enfin, normalement...
Le temps où, on a 1 journée d'avance pour poster, n'est-ce pas merveilleux ? *ok, je sors*
Non mais sans rire, on a pas des masses d'avance donc on peut pas poster plus vite malgré le fait que la fiction soit complétement traduite. Je sais que c'est frustrant, mais on essaye de faire au mieux pour que vous puissiez avoir une lecture quasi régulière mois par mois en attendant que la correction avance vraiment. Comme je l'ais dit et redit, dès que cette fiction atteindra les chapitres 25/26 corrigés, nous posterons plus rapidement. Nous n'en sommes qu'au 20, il faut alors compter encore 2 ou 3 mois, c'est long, mais je vous le promet...
QU'EST CE QUE CE SERA BON !
Dans un autre registre, j'ai normalement répondu à tous les enregistrés via "réponse à la reviews".
Préférez vous ce système ou vous en fichez vous de recevoir une réponse personnalisée à chaque fois ? C'est juste une question hein ;)
Pour les anonymes, navrée de ne pas détailler mais merci à Drayy et à adenoide (tu vas voir, les machinations de Dumby vont très loin parfois).
Si j'en ai oublié, vous avez le droit de vous manifester pour me disputer.
Bonne lecture !
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Chapitre Dix
Une Trêve ?
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Le Manoir des Malfoy offrait un imposant spectacle quand il était entouré de ténèbres et du brouillard dense de fin de soirée. L'été était toujours la saison du brouillard, en particulier celui planant au-dessus du sol, et étant si épais qu'il était impossible de voir au-delà de ses genoux. Une nouvelle lune suspendue au-dessus de la tour de l'aile ouest, projetait une légère lumière sur le monde en dessous. Les fenêtres, cependant, luisaient de la lumière des lampes et des torches, évitant au manoir de pierre grise de paraître complètement en ruine, en générant une lueur jaune dans le brouillard l'englobant.
Dans le manoir, les Mangemorts étaient occupés à divers projets donnés par Voldemort. Il voulait que ses partisans lui trouvent de nouveaux moyens d'obtenir plus de soutien et plus de pouvoir au cœur du Ministère. Il faisait ça parce que c'était la méthode de Dumbledore, et Voldemort voulait sa revanche sur le vieux sorcier. Il avait appris qu'il avait fait partie du plan de Dumbledore depuis le début de ses études à Poudlard, alors qu'il était encore appelé Tom Riddle. Grâce à cette information, il avait conclu qu'il chassait le mauvais sorcier. Harry Potter n'était pas celui qu'il devait craindre pour le moment. De plus, Voldemort savait que Potter était le neveu de Snape et ne serait pas loyal envers Dumbledore plus longtemps. Cela inonda l'esprit de Voldemort d'une pléthore d'idées. Peut-être que, dans les bonnes circonstances et pour les bonnes raisons, Potter pourrait rejoindre ses rangs. Voldemort concéda que c'était une chance que Draco Malfoy ne se soit pas éteint sous la malédiction de mort qu'il lui avait lancé dans l'esprit de Potter. Cet incident en particulier avait prouvé à Voldemort combien les deux jeunes sorciers pouvaient être puissants.
« Lucius. Tu as vu ton fils aujourd'hui. » énonça doucement Voldemort, Sa voix semblait étrangement plus humaine que jamais. Il s'assit sur une chaise pourvue d'un grand dossier faisant face à une grande cheminée de marbre noir dans le bureau privé de Lucius, Nagini enroulée autour de sa chaise, sa tête paresseusement posée sur les genoux du Seigneur des Ténèbres. Lucius se tenait sur le côté, appuyé contre le bord de la cheminée.
« Oui, Mon Seigneur. Je l'ai rencontré plus tôt dans la soirée. Il était reconnaissant de votre… bienveillance. »
« Bienveillant ? » Si Voldemort avait des sourcils, il les aurait soulevés. « Je ne me serais jamais décrit comme ça. Peut-être qu'indulgent conviendrait mieux. Et seulement si ça sert mes propres objectifs. Ne crois pas que j'ai arrêté de le chasser parce que c'est ton fils, Lucius. »
« Bien sûr que non, Mon Seigneur. » Lucius savait parfaitement que le Seigneur des Ténèbres avait changé d'avis à cause de Harry Potter, et pour ça il était redevable au jeune homme plus qu'il ne pourrait jamais l'être. « Peut-être pourriez-vous tendre la main à Potter une nouvelle fois, vous vous êtes ouvert une large route dans ce sens en gardant mon fils en vie. »
« Oui, je viens de le réaliser. »
Voldemort devint silencieux pendant un certain temps, réfléchissant à ce que Dumbledore pourrait faire dans le futur quand il comprendrait que Voldemort était en train de changer de tactique. Une pensée lui vint alors, et sourit, d'un sourire calculateur. Peut-être devait-il plutôt attendre avant d'élaborer d'autres plans. Il devait attendre et voir sur quel chemin Harry Potter allait décider de s'orienter.
« Parkinson a-t-il eu un quelconque succès dans sa mission ? »
« Oui, Mon Seigneur. Depuis ce matin nous comptons des espions dans tous les départements du Ministère. »
« Tous ? » Voldemort sembla surpris. « Bien, c'est une bonne nouvelle. » Nagini siffla au plaisir ressenti par son maître. Voldemort leva sa baguette jusqu'à la Marque des Ténèbres sur son bras et fit venir Parkinson à lui. Ça ne prit que quelques instants avant que Parkinson n'entre dans le bureau. Lucius tenta de toutes ses forces de dissimuler son renfrognement. C'était son bureau privé. Pourquoi le Seigneur des Ténèbres devait-il diriger sa réunion ici, alors qu'il y avait près d'une centaine d'autres pièces, à choisir, qui pourraient convenir.
Parkinson avança à grandes enjambées et s'agenouilla devant Voldemort, embrassant l'ourlet de ses robes, tandis que Lucius se déplaçait pour se tenir à côté de la chaise du Seigneur des Ténèbres.
« Parkinson, est-ce vrai que ta fille et Draco Malfoy sont amis ? » demanda Voldemort, fixant la tête inclinée de Parkinson. Le père de Pansy tourna sa tête une fraction de seconde vers Lucius pour lui jeter un coup d'œil. Le sorcier blond hocha la tête.
« Oui, Mon Seigneur. Ils sont bons amis. »
« Bien. Je veux que ta fille contacte Draco. Veille à ce qu'elle renouvelle son amitié avec lui. Je veux qu'elle me rapporte ce que Potter et Malfoy prévoient de faire. »
« Mon Seigneur, Pansy acceptera avec joie vos ordres, mais Potter et Malfoy risquent de suspecter sa motivation… » Voldemort se pencha en avant, posant un doigt sur le haut du crâne de Parkinson. Le Mangemort tressaillit à la douleur explosant à l'intérieur de sa tête.
« Elle ne fait rien de plus qu'être une amie et récupérer des informations. Il n'y a pas de supercherie ici. Je veux que Potter sache que je le surveille. Je veux que ta fille transmette à Potter et Malfoy que je lui ai donné l'ordre de garder un œil sur eux pour moi. As-tu compris ? »
« Oui, Mon Seigneur. Je vais dire à ma fille d'envoyer un hibou à Draco dès que possible. »
« Bien. Tu devrais y aller. » Une fois Parkinson parti, Voldemort se mit debout et marcha jusqu'à Lucius. « À quoi penses-tu Lucius ? »
« Potter appréciera le geste. Je suis certain que peu de personnes ont été franches avec lui à propos de nombreuses choses. Il est habitué aux manipulations.»
« Et en faisant ça, je ne le manipule pas ? »
Lucius regarda fixement son Seigneur des Ténèbres, et réfléchit au meilleur moyen de répondre à la question. Les humeurs du Seigneur de Ténèbres pouvaient changer très rapidement, pour dire les choses gentiment. Parfois, Voldemort pouvait espérer une réponse honnête et accepterait ou serait d'accord avec l'opinion donnée, mais à d'autres moments, il pouvait être en colère si vous ne partagiez pas son point de vue. Voldemort était très bon pour cacher ses émotions, mais il n'était pas le meilleur, et Lucius était assez chanceux d'être capable de repérer les signes révélateurs.
« Vous pourriez, Mon Seigneur, mais Potter le devinerait. Il le verra. Mais vous l'avez fait de sorte que chacun de vous puissiez être dans le contrôle, et il va le réaliser aussi. Potter est assez intelligent, et s'il ne voit rien, mon fils le verra. Étant un Serpentard, il va se rendre compte à quel point c'est un avantage pour eux. C'est un changement très neutre, mais en même temps c'est une action directe. Potter va devoir réagir à son tour après ça. Ça va être intéressant de voir ce qu'il va faire ensuite. »
Le Seigneur de Ténèbres honora Lucius d'un fin sourire. « Oui.» Après cela, il se détourna. Viens Nagini, siffla-t-il en Fourchelangue. Retirons-nous pour la nuit.
Quand Voldemort fut parti, Lucius s'affala sur sa chaise à nouveau vacante, sa chaise préférée qui plus est, et fixa le feu. Il ne savait pas comment les choses allaient tourner, mais il avait le sentiment qu'il allait aimer les changements sur le point de se produire.
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Severus entra dans la chambre de Harry et ferma la porte. « Je commencerai en disant que je n'ai jamais été et ne serai jamais le co-président du club Je Hais Harry Potter. De plus, dix points de moins à Gryffondor pour m'avoir décrit comme un bâtard sarcastique, visqueux et gras. »
Harry, qui était appuyé contre le mur de manière découragée, pâlit soudainement. « Vous avez vu cette partie aussi ? » Severus hocha la tête durant son chemin jusqu'au bureau, duquel il tira la chaise pour s'y installer.
« Vous n'étiez pas censé voir ça ! »
« Je m'en doutais. » Severus s'assit et étudia son neveu.
Les cheveux de Harry étaient en bataille, comme d'ordinaire, mais leur aspect ne faisait que s'ajouter à son caractère maintenant qu'ils avaient presque poussé jusqu'à ses épaules. Severus suspecta que de nombreuses personnes avaient commencé à penser comme lui, parce que ça donnait à Harry une apparence fragile et séduisante. Ses épaules n'étaient pas larges, son corps était petit, sa taille était inférieure à la moyenne, mais c'était très certainement dû à la malnutrition qu'il avait subie tout au long des années. Mais malgré tout cela, on pouvait deviner son caractère fort, et bien qu'il soit un peu petit, il compensait avec ses muscles noueux, gagnés sans aucun doute en pratiquant le Quidditch.
Mais pour l'instant, Harry semblait tendu et confus, adossé là-bas contre le mur. En d'autres termes, il avait l'air renfrogné. Severus comprit cela à la vue des lignes plissant le front de Harry, à la manière dont ses yeux paraissaient assombris, et à ses mâchoires étroitement serrées.
Les yeux de Harry étaient la seule caractéristique physique qui rappelaient Lily à Severus. Ils partageaient cependant de nombreux traits de caractère, merci Merlin ! Au moins son neveu n'agissait qu'assez peu comme James Potter.
C'était étrange de regarder Potter maintenant, tout en pensant à lui en tant que Harry, et tout aussi étrange de continuer à regarder Harry tout en y voyant son neveu. Que savait-il de ce qui fait un oncle ? Severus connaissait les potions et le travail d'espion. Il s'entendait avec son filleul parce que Draco savait qu'il ne fallait rien attendre de sa part. Mais qu'espérait Harry ? Severus voulait essayer, mais il ne savait pas comment. Il savait comment terroriser ses élèves et la plupart des adultes quand il le voulait, mais comment était-il supposé se comporter en tant qu'oncle ? Il ne pouvait pas simplement accepter ce lien et ensuite le laisser. Il était le seul parent de sang vivant de Harry, qui était fragile pour le moment. Si Severus convenait, Harry aurait besoin de son appui et… son amour. Et puis, Severus savait qu'il n'abandonnerait pas ce lien qu'ils avaient trouvé.
Pendant que Severus était silencieusement en train de réfléchir à ses questions et de chercher les réponses dans sa tête, Harry commença à l'observer, tentant de trouver un indice sur ce que l'homme pensait. Severus semblait détendu, mais ses yeux cillaient de temps à autre d'incertitude. Honnêtement, Harry n'avait pas la moindre idée de ce dont Severus souhaitait lui parler. Ça pouvait être à propos de Dumbledore, ou il pouvait vouloir parler du journal ou bien encore du lien qu'il entretenait avec Draco.
Harry redressa ses épaules et s'éloigna du mur quand il réalisa que Severus était nerveux, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose, qu'il voulait discuter avec Harry de leur relation. Harry ferma les yeux et tenta de se décontracter. Il se remémora ce que sa mère lui avait dit. « … Severus va traverser des moments difficiles pour digérer ces informations. C'est un homme dur mais en dépit de ça, son cœur est très fragile… Et cela prendra du temps pour qu'il assume. Ce sera très dur pour lui, surtout après ce qu'il s'est passé la dernière fois que nous avons parlé. Je voudrais que tu me promettes que tu lui laisseras une chance, Harry.» Et il avait promis d'essayer. Harry soupira et ouvrit les yeux, déterminé à ce que rien ne soit dit avant qu'il ne commence.
« Je… Erm, je vous présente mes excuses pour vous avoir traité de bâtard sarcastique, visqueux et gras, Professeur. » Et il s'amusa de l'avoir dit une fois de plus. « J'étais sous le choc à ce moment-là, et je n'ai jamais cru que vous ayez un jour eu l'idée de fonder un club Je Hais Harry Potter. » Il y eut une petite et rapide mimique au coin de la bouche de Severus qui aurait pu être le début d'un sourire, avant qu'il ne le chasse. Cela importait peu, Harry fut rapide à le noter.
« Je suppose que nous pouvons être heureux qu'il ne m'ait jamais été proposé pareille tentation. Être membre d'un tel club aurait pu ruiner notre relation familiale. » fit Severus avec légèreté, et il fut content de voir le sourire furtif de Harry.
« Vous ne voulez pas oublier ce que vous savez ? » demanda Harry brusquement, ayant gagné un certain courage suite à cette plaisanterie amicale.
« Et toi ? » Severus savait que ce n'était pas très juste de lui retourner la question alors que Harry avait été le premier à l'interroger. Quiconque regardant Harry pouvait voir qu'il désespérait d'être accepté. Mais comme il l'avait dit plus tôt, Severus avait ses propres doutes, et il ne voulait pas montrer ces failles au jeune sorcier si Harry décidait d'oublier l'existence de Severus.
Les mains de Harry firent leur chemin jusqu'à ses cheveux, et comme à chaque fois qu'il était perdu dans ses pensées, Harry tirait sur ses mèches ou passait ses doigts dedans jusqu'à ce que ses cheveux noirs partent dans tous les sens. Lorsque ses mains redescendirent se poser à ses côtés, Severus retint sa respiration.
« Comment avez-vous pu penser ça, Professeur ? Vous êtes la seule personne du même sang que moi qu'il me reste ! Nous ne nous sommes jamais entendus, mais je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas y remédier maintenant. Vous ne devez pas être si mauvais si Draco vous apprécie, et vous pourriez m'apprendre tellement. »
« Je pense que… nous pourrions apprendre beaucoup l'un de l'autre. » répondit Severus doucement. Il se donna une tape mentale dans le dos pour son bon travail quand Harry lui adressa un sourire, rayonnant.
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Le lendemain matin, Draco, qui était levé et habillé depuis au moins une heure, s'introduisit dans la chambre de Harry, ouvrit les volets, répandant ainsi de la lumière dans la pièce, et arracha l'édredon de la forme endormie qu'était son âme sœur. Draco fronça les sourcils de déception quand il découvrit que Harry ne dormait pas nu. Oh, bien, au moins il put lorgner le dos dénudé de Harry pendant une minute. Son froncement s'accentua quand il porta son regard sur les ecchymoses en cours de guérison que Harry avait récupérées de Vernon Dursley. Draco s'assit sur le bord du lit, et fit courir ses doigts avec légèreté sur les bleus décolorés, souriant quand ils commencèrent à disparaître entièrement. Hourra pour le lien des âmes sœurs !
« Harry ! Debout ! Nous allons faire du shopping après avoir retrouvé Pansy aujourd'hui ! » Harry murmura quelque chose et se tourna sur le dos, enfonçant l'oreiller sur sa tête comme il l'avait fait plus tôt. « Harry, lève-toi ! Nous devons toujours aller à Sainte Mangouste avant de pouvoir faire du shopping. »
« V't-en. » La réponse marmonnée sortit de sous l'oreiller, rapidement suivie par un ronflement.
« Tu ne vas jamais réussir à le faire lever comme ça. » dit Hermione tout en entrant dans la chambre, elle-même était du genre lève-tôt.
« Comment suggères-tu que je fasse alors ? »
« Laisse-moi réfléchir… » Hermione tapota son menton tout en pensant aux différentes options qu'ils avaient. « Préfères-tu une réaction violente ou une réaction calme de Harry ? »
Draco eut immédiatement un large sourire, et se frotta les mains. «Une réaction violente devrait être amusante. » Il s'assit sur la chaise du bureau et se prépara à observer le spectacle. Il commença par regarder curieusement Hermione sourire narquoisement puis se diriger vers le bureau. Elle utilisa sa baguette pour faire léviter le bureau à ses côtés avant de grimper dessus.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Tu devrais te mettre à l'abri, Draco. » Hermione leva sa baguette et pointa la forme paisiblement endormie sur le lit.
« Pourquoi devrais-je me mettre à l'abri ? »
Hermione sourit et lança son sort. « Aguamenti. » Un jet d'eau froide fusa de la pointe de sa baguette, vola à travers la pièce et trempa Harry et ses draps. Immédiatement après avoir lancé le sort, Hermione se déroba, s'abritant derrière le bureau.
« Stupéfix ! » aboya Harry après s'être mis droit comme un piquet dans son lit, sa baguette étroitement agrippée dans sa main. Draco se jeta au sol juste à temps pour voir le sort lancé par Harry passer à l'endroit où se trouvait sa tête quelques secondes auparavant.
« Bordel, Hermione ! Tu aurais pu me prévenir ! » cria Draco depuis le sol. Hermione jeta un coup d'œil par-dessus le bord du bureau pour constater que Harry était toujours assis, mais que sa baguette était posée sur ses genoux, ses yeux troubles s'ouvrant et se fermant pour tenter d'en extirper le sommeil.
« Je l'ai fait ! Je t'ai dit de te mettre à l'abri ! » répliqua-t-elle après avoir remis le bureau à sa place.
« Tu aurais pu être plus précise ! »
« Fermez vos putains de gueules ! » brailla Harry, tout en se frottant les yeux avec le talon de ses mains.
« Ai-je mentionné que la méthode violente n'était généralement pas la meilleure parce que Harry se réveille de mauvaise humeur ? »
« Non, Granger. Tu as oublié de mentionner cette partie ! »
Harry se leva et gratta le derrière de sa tête. « Lé quel' heure ? »
« Il est presque neuf heures du matin, Harry ! Dépêche-toi de t'habiller pour que nous puissions partir ! »
« Qu'est-ce qui te rend si excité, Draco ? »
Il se dirigea vers la salle de bain, élevant ses bras au-dessus de sa tête pour les étirer autant qu'il le pouvait. Hermione grogna quand Draco, qui avait ouvert la bouche pour répondre, fut obligé de l'essuyer avec sa manche pour éviter que la salive ne lui dégouline sur le menton quand les muscles de Harry commencèrent à onduler alors qu'il s'étirait.
« Hum… Erm… » Draco resta sans voix jusqu'à ce qu'on lui ferme la porte de la salle de bain au nez.
« Le shopping ! Nous allons faire du shopping, Harry ! » La porte s'ouvrit à nouveau.
« Mais je ne veux pas faire du shopping. Je n'ai besoin de rien. » gémit-il.
« Vraiment, Harry » Draco secoua la tête comme s'il avait été déçu par un petit enfant. « Ne sois pas ridicule. Bien sûr que tu as besoin de choses. Tu as besoin d'une nouvelle garde-robe pour commencer, et un…»
« Je n'ai pas besoin d'une nouvelle garde-robe, Draco. » Harry était adossé contre le cadre de la porte et croisait les bras sur sa poitrine. Draco se lécha les lèvres à la vue du torse dénudé de Harry, et ses yeux voyagèrent vers là où le bas de son pyjama tenait, vraiment bas sur ses hanches…
Tu vois quelque chose qui te plaît ?
« Tu as besoin d'une nouvelle garde-robe, » continua Draco après avoir gratifié Harry d'une lourde caresse mentale, le faisant rougir. « Et je vais te dire pourquoi. Premièrement, tu es un sang pur, Harry. Tu dois t'habiller en tant que tel. Je ne vais pas faire de compromis à ce sujet. Et je me moque que tu penses que je ressemble à un snob… »
Harry commença à tousser. « Oui… Tu l'es ! » Il tenta de camoufler ses mots sous les toussotements, mais il pouvait être clairement entendu. Draco fit comme s'il ne l'avait pas entendu, pensant déjà à la manière dont il allait se venger pour ça.
« Si tu veux tout connaitre de notre monde, pour devenir un membre à part entière de la société magique, alors tu dois agir en tant que tel. Je ne te dis pas de te débarrasser de tes habits moldus, j'apprécie beaucoup ton cul dans tes jeans, mais si tu veux être pris au sérieux par les autres membres de la société, tu te dois d'en avoir l'apparence. Et je refuse de paraître en ta compagnie quand tu ressembles à un mendiant, Harry. »
Harry gloussa, « Très bien, Draco. Tu marques un point. J'ai besoin de nouvelles robes. » Il examina attentivement sa meilleure amie. « Toi aussi, Hermione. »
« Quoi ? » croassa-t-elle.
« Nous avons besoin de toi, Hermione. Tu es mon amie, et voyons les choses en face, mon cerveau. La majorité du temps, je ne serais pas passé en classe supérieure si tu n'avais pas été là. Draco et moi avons besoin de toi, nous allons devoir pénétrer la hiérarchie politique si nous voulons que notre entreprise mène quelque part. » Draco sourit radieusement à la logique de son âme sœur, et oublia le commentaire sur le fait que Harry pensait qu'il était snob.
« Je comprends ce que tu veux dire, vraiment. Mais comment espères-tu réunir des gens derrière toi quand l'un de tes conseillers est une Née-Moldue ? »
« Ooh, j'aime la manière dont tu réfléchis ! » loua Draco, illuminant Hermione de l'un de ses rares sourires.
« Membre du Conseil de Harry. J'adore ça ! Ça sonne tellement mieux que Mangemort. »
« Nous allons un peu vite en besogne, non, les gars ? » dit-il, amusé. « En plus, ça ne serait pas mon conseil, Draco. Si conseil il y a, ce qui semble un peu exagéré, ce serait notre conseil. Je te l'ai dit, nous y sommes ensemble. »
Hermione se sentait comme une voyeuse à se tenir là et à assister au regard le plus émouvant et affolant pour le cœur, entre Harry et Draco, qu'elle n'ait jamais vu. Toute cette colère et cette frustration qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre s'étaient transformées en un amour explosif et passionné lorsqu'ils étaient devenus des hommes et se devinait facilement à la façon dont ils se regardaient. Aussi intelligente qu'elle soit, Hermione ne pouvait pas croire qu'elle n'avait jamais réalisé avant que c'était cela qui les avait réunis à plusieurs reprises.
Hermione s'agita inconfortablement sous le poids d'un tel moment, et ses mouvements semblèrent ramener les deux sorciers au monde qui les entourait.
Draco s'éclaircit la gorge et fit doucement, « Et à propos du fait que tu sois une Née-Moldue, je ne m'inquiète pas trop à ce sujet. Les gens connaissent déjà Hermione Granger en tant que meilleure amie de Harry Potter. Ils savent pour ta naissance moldue, mais tu as déjà prouvé toi-même que tu étais digne d'être considérée comme une sorcière puissante. Ce serait stupide d'ignorer ta puissance juste parce que tes parents sont des moldus. »
« Draco, je… » Hermione semblait sur le point de s'évanouir. Un tel éloge de la part de Draco Malfoy était sans précédent. Quand elle l'observa, et remarqua qu'il avait un sourire rassurant, elle fondit en larmes et passa ses bras autour de lui.
« Tu ne sais pas à quel point ça compte de t'entendre dire ça, Draco. Je suis sans voix. »
« Je m'en doute. » marmonna Harry, puis il sourit avec espièglerie à Draco et ferma à nouveau la porte de la salle de bain, verrouillant la porte avant que Draco n'ait l'idée qu'il souhaitait de la compagnie.
Tu ne vas pas vraiment me laisser dehors avec Hermione dans cet état, n'est-ce pas ? C'est cruel, Harry. Je pensais que tu m'avais pardonné pour avoir été un connard avec toi toutes les fois précédentes. Ce n'est pas drôle, Harry !
Harry n'était pas vraiment en train d'ignorer Draco, mais il avait pensé que c'était drôle, et passa le plus clair de sa douche à rire sous l'eau chaude.
« Hermione, calme-toi. Je ne faisais que dire la vérité. En plus, tu es mon amie maintenant. Pourquoi ne pourrais-je pas dire ce genre de choses ? » Il pensa qu'elle s'était calmée mais, aussitôt qu'il l'eut dit, elle recommença à sangloter. Draco supposa que c'était toutes ses émotions réprimées qui se manifestaient après qu'elle ait quitté Weasley. Elle méritait mieux de toute façon, tant qu'elle pleurait sur cet homme là au lieu de lui.
Draco ne savait pas quoi dire, donc il serra maladroitement Hermione contre lui, et écouta ses reniflements. Il remercia toutes les étoiles du ciel quand Severus entra dans la chambre. Avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit, Draco transféra Hermione dans les bras de son parrain, rigolant du regard paniqué de Severus, et fuit hors de la chambre. Il ne ressentit pas la moindre culpabilité à jeter la sorcière Gryffondor sur son parrain, même s'il savait qu'il le paierait cher plus tard. Probablement des deux sorciers. Hermione devait sûrement être très embarrassée maintenant.
« Je suis désolée, Professeur. Je crois que je l'ai juste effrayé. » Hermione rougit et écarquilla rapidement les yeux quand elle réalisa qui était en train de l'étreindre. Étrangement, elle ne ressentait pas le moindre besoin urgent de s'éloigner du Maître des Potions.
« Cela semble arriver souvent, Miss Granger. » Severus se recula lentement. « Vous m'avez effrayé un bon nombre de fois. » Hermione haleta, et fit quelques pas en arrière.
« Professeur ! C'était une blague ! »
« Une malheureuse, mais oui, c'était une blague. »
Hermione était proche de la crise d'apoplexie. Elle venait juste de devenir amie avec Draco Malfoy, qui lui avait dit qu'elle était aussi douée qu'un Sang-Pur, et maintenant Severus Snape blaguait avec elle. Qu'était-elle supposée faire, hormis paniquer ?
« Avez-vous fini le journal, Miss Granger ? »
Hermione le fixa d'un regard vide pendant un moment son esprit essayait de comprendre le changement de sujet, alors qu'elle était toujours en train de penser aux univers alternatifs et leurs populations. « Oh oui ! Juste un moment. Je vais aller le chercher. » Hermione courut jusqu'à sa chambre pour récupérer le journal, et sur le chemin du retour, elle s'occupa de retrouver les pensées qu'elle avait eues en lisant le livre. Silencieusement, elle rendit le journal à Severus et rencontra son regard imperturbable.
« As-tu été convaincue par la tromperie de Dumbledore ? » lui chuchota sa voix en vagues douces. Hermione contrôla tout juste ses tremblements. Elle mâchonna sa lèvre inférieure pendant une minute, avant de hocher la tête tristement.
« Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse faire des choses pareilles. Et il y a pire, n'est-ce pas, Professeur ? Et vous ne l'avez pas encore dit à Harry. »
Severus hocha la tête, mais n'entra pas dans le vif du sujet car la douche avait arrêté de couler. Il ne voulait pas que Harry l'entende. « S'il vous plaît, dites-lui rapidement, Professeur. C'est sa confiance que nous avons besoin de reconstruire. Lui cacher des choses ne fera qu'empirer les choses. »
« Je suis conscient de ça. Je ne veux pas donner à mon neveu plus de raisons de se méfier de moi. »
« Merci, Professeur. » Hermione lui fit un sourire éclatant et il dut se retenir de lui toucher les cheveux.
« Miss Granger, à l'avenir, vous pouvez m'appeler Severus, tant que nous ne sommes pas à Poudlard. Cela vous ferait-il plaisir ? » Il ne savait pas pourquoi il avait demandé ça, ni pourquoi il voulait qu'elle l'appelle par son prénom, mais il fut content quand la jeune sorcière sembla enchantée par sa requête.
« J'adorerai ! » Il y eut un silence, tandis que le Maître des Potions et la sorcière de Gryffondor se regardaient avec incertitude.
« Faites en sorte que Draco et Harry évitent les ennuis pendant votre sortie aujourd'hui, Miss Granger. » Hermione acquiesça.
« Ils se comporteront correctement, ou sinon ils trouveront leur figure en face de ma baguette. » dit-elle sévèrement. Severus autorisa un petit sourire à faire son apparition. Il pouvait l'imaginer en action, il savait que Hermione pensait ce qu'elle venait d'affirmer.
« Bien. Nous nous reverrons plus tard, Miss Granger. » Serevus se tourna vers la porte.
« Oh hum… Severus ? » l'appela-t-elle d'une petite voix. Il se retourna vers elle, sa robe noire tourbillonna autour de lui dans une envolée gracieuse qui causa à Hermione un moment de jalousie. Elle voulait savoir comme faire pour que ses robes tournoient comme ça. Quand Severus la regarda avec ces yeux intenses couleur d'obsidienne, elle nota qu'elle n'arrivait pas à le regarder dans les yeux quand elle fit sa demande, donc à la place elle fixa fermement son épaule gauche.
« Je me demandais… Euh… C'est que… Vous pourriez m'appeler Hermione quand nous ne sommes pas à l'école. Mais seulement si vous le voulez… N'êtes pas obli… »
« Hermione. » ronronna-t-il, s'amusant du sursaut de surprise de la sorcière. Quand elle le regarda dans les yeux, il sourit et se tourna à nouveau pour partir. Hermione marcha jusqu'à la chaise du bureau et s'affala dessus, ses genoux tremblant frénétiquement.
« Qu'est-ce que c'était que tout ça, Hermione ? » demanda Draco sur le même ton trainant que Severus avait employé pour dire son prénom. Il eut un large sourire quand elle couvrit son visage brûlant de ses mains.
« Qu'est-ce que c'était que tout ça ? » renchérit Harry, sortant de la salle de bain, en train de sécher ses cheveux dégoulinants avec une serviette. Il en avait une autre nouée autour de ses hanches. Hermione roula des yeux. Honnêtement, le simple fait que ce mec était gay et qu'elle était sa meilleure amie, ne signifiait pas qu'elle était à l'aise avec le fait de le voir avec rien d'autre qu'une serviette. Mais Harry n'avait jamais eu honte de son corps, ce qui était miraculeux après tous les abus qu'il avait subis. Draco, d'un autre côté, appréciait grandement l'image que donnait Harry, et il avança vers Harry comme un tigre en chasse. Voyant cela, et remarquant combien Harry semblait en être inconscient, Hermione saisit le bras de Draco avant qu'il n'atteigne sa proie, et commença à tirer le Serpentard jusqu'à la porte.
« Laisse tomber, Harry. Habille-toi. Nous avons beaucoup à faire aujourd'hui. » Elle chassa Draco dans le couloir. « Nous t'attendrons en bas. »
« Bien, Hermione. J'arrive dans une minute. » lui lança-t-il au moment où elle fermait la porte.
« Maintenant, allons prendre le petit déjeuner Draco. »
« Parfait. » ronchonna Draco.
Ils descendirent et choisirent une table dans le fond de la taverne, commandant des petits déjeuners légers. La nourriture venait tout juste d'être servie quand Harry se glissa dans l'alcôve à côté de Draco et commença à beurrer un petit pain.
« Où est Gin' ? » s'enquit-il.
« Oh, les jumeaux sont venus la chercher la nuit dernière pour la ramener chez eux sur l'ordre de Mme Weasley. Ginny a supposé que Ron devait y être pour quelque chose. Il a sûrement inventé une histoire qu'il a racontée à sa mère. Les jumeaux ont dit qu'elle était sur le point de se faire attacher. »
« Si Ron lui a parlé, Mme Weasley doit croire que j'ai essayé de la sacrifier pour un quelconque objectif démoniaque. »
« Ne t'inquiète pas. Ginny lui montrera la vérité. »
« Oui, et avec un peu de chance, elle montrera la vérité à la Belette aussi. » grogna Draco. Harry posa sa main sur le bras de Draco, et le Serpentard oublia sa colère momentanée. À ce moment, il ressentit la soudaine appréhension de Harry.
« Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? »
« Hermione, nous retrouverons Pansy Parkinson après Sainte Mangouste. Est-ce que tu sauras t'entendre avec elle ? »
« Harry James Potter, est-ce que je ressemble à Ronald pour toi ? Bien sûr que je pourrai m'entendre avec Parkinson. Je peux sympathiser avec n'importe qui, une fois qu'il a entendu raison. J'aurai juste à lui faire entendre raison, d'une manière ou d'une autre. »
« Et Parkinson ? » demanda Harry à Draco. Le blond agita sa main dans l'air comme si c'était sans importance.
« Pansy me fait un peu penser à toi, Hermione. Je suis sûr que vous avez même bien trop en commun à mon goût. Et Pansy a toujours été neutre en ce qui concerne les nés-moldus. Elle n'est attachée qu'au pouvoir et aux capacités, comme la plupart des Serpentard, et à la façon dont ils peuvent être le plus utile pour elle. C'est une véritable Serpentard. Elle comprendra que devenir amie avec toi, Hermione, serait dans son plus grand intérêt. Mais comme Hermione l'a dit, Pansy aura besoin de s'en rendre compte en premier lieu. Elle aura besoin d'entendre raison. Je ne peux pas garantir son comportement avant que ça ne soit fait. Elle peut être un peu… autoritaire. »
« Je ne suis pas certaine de vouloir être amie avec quelqu'un qui me remarquera seulement pour ce que je peux faire et non pour ce que je suis. »
« Mais Hermione, avec toi, c'est tout en un. Tu es brillante sous tous les aspects. »
« Harry, s'il te plaît. Tu m'embarrasses. »
« Oui, Harry. Cesse ces louanges écœurantes et finis ton petit déjeuner. » fit Draco d'une voix traînante, avant de continuer à boire son thé.
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Depuis le Chaudron Baveur, tous trois usèrent de la poudre de Cheminette pour Sainte Mangouste. Après avoir dépoussiéré leurs vêtements, ils se dirigèrent directement vers la réception où une sorcière avec des nattes enroulées autour de sa tête comme des serpents était assise, lisant La Gazette du Sorcier.
« Excusez-moi, Mademoiselle ? » dit Harry une fois le bureau atteint. « Où dois-je aller pour que ma vue soit corrigée ? »
La sorcière le fixa curieusement, son regard voyageant sur son visage, et Harry se recroquevilla face à l'inévitable. Elle pointa sa cicatrice. « Oh ! Hum, laissez-moi regarder… » Elle abandonna son magazine et amena son long ongle rouge sur une liste écrite sur un parchemin fixé sur le bureau. « Là ! Quatrième étage, aile ouest. Inscrivez-vous auprès du Guérisseur du bureau et expliquez la raison de votre présence. »
« Merci. » répondit Harry. Juste quand il était en train de tourner, la sorcière se pencha au-dessus du meuble pour attraper son bras.
« Attendez, êtes-vous vraiment Harry Potter ? »
Harry fronça les sourcils à la vue de sa main, ressentant soudainement le besoin écrasant de lui demander ce qu'elle pensait faire en le touchant, et voulant retirer sa main aussi vite que possible.
La main pâle de Draco traversa son champ de vision, et il regarda, avec indifférence, Draco lui taper la main pour l'éjecter de son bras, puis avancer vers elle en se penchant sur le bureau. À ce moment, le grognement débuta, et il monta en puissance jusqu'à ce que toutes les personnes attendant dans la réception commencent à regarder vers le groupe au bureau, la plupart pensant certainement voir un animal sauvage se préparant à attaquer. « Oh ! » s'exclama Hermione, saisissant le problème. Elle s'élança en avant et tira Draco en arrière par le bras. « Oui, c'est lui. Bonne journée ! » Ceci fait, elle enroula son bras autour de la taille d'un Draco très tendu et le tira à l'écart de la réception, en direction des ascenseurs. Elle fut soulagée lorsque la porte de l'ascenseur s'ouvrit immédiatement, et ils furent seuls quand la porte se ferma en coulissant.
« Draco ? Qu'est-ce que c'était que ça ? On aurait dit que tu voulais l'égorger… Et les grondements qui sortaient de toi étaient féroces ! »
Draco sourit avec dédain. « Je suis une personne féroce, Hermione. »
Harry rit, attirant l'attention d'Hermione, elle avait noté son regard lointain alors qu'il fixait Draco. « Et toi, Harry. Pourquoi tu es resté debout comme ça ? Tu as obligatoirement vu comment Draco agissait. N'es-tu pas le moins du monde concerné ? »
« Pas autant que je devrais l'être. Je ne peux pas l'expliquer, mais Draco l'a déjà fait avant, devenir extrêmement protecteur, et tout ce que je peux faire c'est regarder. Je sens son besoin de me protéger, et je veux le laisser faire. Je ne fais rien parce qu'il m'a enveloppé dans un cocon de sécurité. J'y reste parce que c'est tellement mieux que le vrai monde ! » Harry était sur le point de crier au moment où il finit. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et ils en sortirent tous.
« L'explication m'échappe aussi. » Draco saisit la main de Harry, et calma le petit brun en entrelaçant leurs doigts ensemble. « Ça n'arrive que lorsque je suis vraiment en colère, ou si Harry est approché d'une mauvaise manière. Mon esprit est alors concentré sur une unique chose : protéger Harry quel qu'en soit le prix. »
Ils passèrent sous une voûte, où une plaque suspendue accueillait les visiteurs au quatrième étage de l'aile ouest.
« Tu ne te sens pas concerné ? »
« Bien sûr que si. N'importe qui se sentirait concerné s'il commençait à exhiber des traits ressemblant fortement à ceux d'animaux sauvages. »
Arrivés à destination, ils s'inscrivirent et Harry expliqua pourquoi il se trouvait là. Ils furent rapidement introduits dans une pièce dénuée de fenêtre avec un unique lit et un unique tabouret. On leur dit alors d'attendre le prochain Guérisseur disponible. Aussitôt Draco commença à arpenter la pièce. Plus il était inquiet, plus il parcourait la pièce.
« Draco, veux-tu, s'il te plaît, arrêter de faire les cents pas ? Tu me donnes mal au crâne. » Hermione s'assit sur le tabouret et massa ses tempes, essayant d'enrayer son mal de tête grandissant.
« Peut-être que tu devrais y réfléchir un peu plus longtemps. La procédure utilisée ne sera pas totalement dépourvue de danger. »
« Je me fait seulement corriger la vue, Draco. Cesse de t'inquiéter. »
Draco prit un air renfrogné en fixant la porte. « Est-ce qu'ils n'ont pas remarqué ton nom sur le parchemin d'inscription ? Pourquoi sommes-nous toujours en train d'attendre ? » Harry et Hermione levèrent les yeux au ciel.
« Bonjour ! » s'exclama une jeune femme au moment où elle entrait puis fermait la porte derrière elle. C'était une femme potelée, avec un gentil sourire et des yeux marron pétillants. Ses cheveux bruns étaient tirés en arrière dans un chignon sévère qui lui donnait un style trop vieux pour une femme de son âge. Souriante, elle approcha du lit avec un plateau flottant derrière elle.
« Bonjour ! » répondit Hermione, appréciant aussitôt la femme.
« 'Jour. » bredouilla Harry, devenant soudainement anxieux d'être dans un hôpital. Il n'était jamais allé volontairement à l'hôpital pour quelque chose, mais chaque fois qu'il avait eu besoin d'un Guérisseur c'était parce qu'il avait été impliqué dans certains accidents insensés. Ses nerfs le piquèrent quand il vit la sorcière sortir sa baguette. Draco se plaça à côté du lit, il posa une main chaude sur la nuque de Harry et lança un regard furieux et glacial à la sorcière.
« Bien, voyons voir ça. Je suis la Guérisseuse Bluemoon, et vous êtes… » La Guérisseuse regarda le parchemin dans sa main et en lut rapidement le contenu. « Harry Potter. Ici pour avoir la vision corrigée, c'est ça ? »
« Oui c'est bien ça. » répondit Harry. La Guérisseuse Bluemoon hocha la tête et se tourna vers le plateau où reposaient trois fioles de potion rouges. Elle souleva la première et commença à la secouer. Harry était soulagé que la guérisseuse ne soit pas devenue dingue en lisant son nom.
« Vous savez ce que vous faites, n'est-ce pas ? » fit Draco d'une voix trainante, faisant baisser les yeux à la Guérisseuse. Elle se tourna vers lui et lui sourit rapidement avant de se retourner vers le plateau et lever la seconde fiole pour la secouer.
« Bien sûr. J'ai réalisé cette procédure de nombreuses fois. Je suis le GEC, après tout.»
« GEC ? » s'enquit Harry.
« Le Guérisseur en chef, » expliqua Hermione.
« Oh. » Apparemment quelqu'un avait parlé de la présence de Harry Potter. Il ne pensait pas que c'était une coïncidence si on lui avait affecté le guérisseur en chef. Mais au moins, elle ne le flattait pas.
« Je veux juste être certain que vous avez bien lu le nom, et que vous comprenez sur qui vous êtes sur le point de pointer votre baguette. »
« Draco… » marmonna Harry.
« Quoi ? J'ai juste estimé que la Guérisseuse Pinkmoon devait être avertie des conséquences éventuelles au cas où quelque chose finirait mal… »
« Draco ! »
« Ce n'est pas Pinkmoon, Draco. Son nom est Bluemoon. » chuchota Hermione.
« Ne vous inquiétez pas pour ça, Monsieur Potter. Je suis certaine qu'il est seulement nerveux. » répondit Bluemoon en leur souriant. Elle semblait très amusée par les grimaces et les menaces silencieuses de Draco.
« Les Malfoy ne sont jamais nerveux… » Pendant que Draco le disait, Harry et Hermione se tournèrent l'un vers l'autre et mimèrent les mots en même temps que lui. Hermione rit sous cape quand Draco les regarda furieusement.
« Très bien Monsieur Potter. Prenez ceci et buvez-les dès que les lumières seront éteintes. Une fois que vous aurez bu les trois fioles, j'utiliserai ma baguette pour la seconde partie de la procédure. Ça ira ? » Harry prit la fiole de potion et la fixa. Au moins c'était de petites bouteilles, étant donné qu'il y en avait trois à boire.
« Heum, deux questions ? »
« Allez-y. Demandez. »
« Pourquoi allez-vous éteindre les lumières ? N'êtes-vous pas supposée voir ce que vous faites ? » dit-il. Draco et Hermione hochèrent la tête simultanément, vu qu'ils étaient eux aussi curieux de le savoir.
« C'est le sortilège. Le sortilège de soin ne peut être utilisé tant qu'il n'y a pas l'obscurité complète. Je suppose que vous pouvez l'imaginer comme lorsque les moldus vont dans une chambre noire pour développer leurs photos. Les images seraient détériorées si elles étaient exposées à la lumière pendant leur développement. Vous voyez ce que je veux dire ? »
Harry et Hermione acquiescèrent, tandis que Draco semblait perdu. Nous te l'expliqueront plus tard, Draco.
« Mais comment allez-vous voir ce que vous faites ? » voulut savoir Hermione.
« J'ai jeté un charme temporaire sur mes yeux pour voir dans le noir. Ça marche assez bien. Et quelle est votre autre question, Monsieur Potter ? »
« Est-ce que vous pouvez faire en sorte que mes yeux restent verts ? » Harry rougit quand la Guérisseuse lui sourit, faisant apparaître deux fossettes aux coins de sa bouche.
« Bien sûr que je peux. Croyez-moi, je ne voudrais pas être responsable de dommages faits à ces jolis yeux. Maintenant, êtes-vous prêt à boire ? » Harry hocha la tête et observa la Guérisseuse Bluemoon faire siffler sa baguette et éteindre les lumières. Harry engloutit la première fiole et frissonna face au goût exécrable d'ordures. Urg ! Bluemoon lui tendit l'autre fiole et il la prit, répétant l'action encore une fois après celle-là. « Restez immobile, je vais juste lancer le sortilège. » Harry ressentit le besoin d'échapper à la voix, mais il enfouit ses doigts dans le matelas pour s'empêcher de bouger. Il ne pouvait pas la voir du tout et ça le rendait nerveux.
Je peux la voir. C'est bon. Elle semble au moins savoir ce qu'elle fait. Reste immobile.
Comment es-tu capable de la voir ?
Je ne sais pas.
La Guérisseuse Bluemoon commença à psalmodier quelque chose à voix basse, et une douce lumière pourpre quitta le bout de sa baguette et voyagea jusqu'à encercler les yeux de Harry. « Relaxez-vous, Monsieur Potter. Ce sera fini dans une minute. »
« Je ne sens rien. »
« Rien du tout ? C'est bizarre. Vous devriez ressentir quelque chose, au plus une sensation de chatouillement. »
« Nope, rien. » La Guérisseuse Bluemoon ne dit rien jusqu'à ce que la lumière violette ait disparu.
« Très bien. C'est terminé. » Elle ralluma les lumières et recula. « Est-ce que vous voyez mieux ? » demanda-t-elle en souriant, espérant entendre qu'elle avait réussi.
Harry se mordit la lèvre pendant que ses yeux faisaient le tour de la pièce.
« Non. Je ne vois toujours pas clairement. »
« Mais c'est pourtant impossible ! Ça aurait dû marcher. Je vous assure Monsieur Potter, que j'ai fait ça des centaines de fois. »
« Retiens ta langue. » siffla Hermione à Draco quand elle le vit se préparer à assaillir verbalement la Guérisseuse confuse.
« Des tests vont être nécessaires. Allongez-vous Monsieur Potter, et nous allons voir quel est le problème. »
Harry fit comme il lui était demandé et la Guérisseuse Bluemoon réalisa ses tests. Hermione était la meilleure pour tenir Draco tranquille, remarqua Harry avec amusement. Elle lança délibérément Draco dans un débat qu'elle savait pouvoir alimenter toute la journée. Alors que la Guérisseuse avait fini, elle le regarda complètement perplexe.
« Ça n'était jamais arrivé avant. J'ai peur de ne pouvoir corriger votre vision. Quelque chose empêche le traitement. Une barrière magique protège votre corps pour empêcher qu'il soit trafiqué de quelque manière que ce soit. »
Harry quitta le lit, secouant sa tête. « Ce n'est rien. Merci quand même. »
« Je suis désolée de n'avoir pu vous aider, Monsieur Potter. »
« Ce n'est vraiment rien. J'ai le sentiment que le problème se résoudra de lui-même bientôt. » Il sourit pour lui assurer que ça ne le gênait pas car elle semblait vraiment déçue de ne pas pouvoir l'aider.
« Tu n'es vraiment pas contrarié, n'est-ce pas Harry ? » demanda Hermione durant la descente de l'ascenseur.
« Non. Ça prend tout son sens quand on se dit que c'est lié au lien. Je suppose que je vais devoir attendre et voir ce qui va se passer. »
« Vous devenez tous les deux terriblement désinvoltes à propos de cette histoire de lien. » Harry haussa les épaules.
« Je sais que Severus en sait plus qu'il ne veut bien le dire, et quand il sera prêt il nous le dira. Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui mette nos vies en danger, donc je ne vois pas de raison de nous en inquiéter pour le moment. D'ailleurs, nous avons prévu d'aller visiter la bibliothèque de Severus. » expliqua Draco, sachant que Harry ressentait la même chose. « J'espère juste que nous pourrons explorer la bibliothèque du Manoir des Malfoy. Je sais avec certitude que nous pourrions y trouver quelque chose contenant des informations utiles. »
« Pourquoi on ne pourrait pas ? »
« Je préfèrerais ne pas en parler ici en plein air. »
« Ah. » Donc c'était là que Voldemort aimait traîner. Harry sourit, une idée germant dans son esprit.
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Ils retournèrent au Chaudron Baveur pour y attendre l'arrivée de Pansy. Dans l'instant qui suivit, Harry apprit que Draco pouvait être énervant quand il attendait avant d'aller faire des folies dans les magasins. Il avait tant ennuyé Hermione qu'elle avait finalement craqué et lui avait lancé le sortilège de mutisme.
« Là, c'est mieux. » Elle sourit à un Draco la fusillant du regard et mit sa baguette en sécurité. Harry savait qu'il n'avait pas intérêt à lâcher qu'il en était reconnaissant à Hermione, il enferma donc ces pensées dans un coin de sa tête. Draco regarda furieusement son âme sœur quand il réalisa que Harry n'avait aucune intention de défaire le sort.
Tu es plus que mort, Potter !
Putain, je peux toujours t'entendre… Tu ferais mieux de ne pas commencer avec le shopping, Draco. Parkinson sera là dans très peu de temps et nous irons.
Sérieusement, Harry. Enlève ce sort tout de suite.
Harry défit le sort et endura pendant dix minutes le regard de mort de Draco avant que Hermione ne les distraie du silence gêné.
« Regardez, c'est Parkinson. Et… Est-ce que c'est Zabini ? »
« Blaise est ici aussi ? » demanda Draco, son humeur immédiatement illuminée par la perspective de voir ses deux meilleurs amis. Hermione observa Harry pour voir s'il était aussi inquiet qu'elle. Elle n'avait pas prévu qu'il y aurait deux Serpentard, et ne s'était préparée à faire face qu'à un seul. Quelle sorte de journée allaient-ils passer en compagnie de personnes qui étaient supposées les détester elle et Harry depuis des années.
Harry fronçait les sourcils, fixant furieusement Zabini quand le sorcier s'approcha de leur table. Sa bouche s'entrouvrit légèrement et Hermione aperçut furtivement deux pointes acérées sous sa lèvre supérieure, et elle réalisa qu'il montrait les dents comme une créature le ferait quand elle se sentait menacée ou quand elle voulait s'assurer que sa propriété reste sienne.
« Harry ! » chuchota-t-elle, secouant son bras. Il la regarda et le flou dans ses yeux commença à disparaître. « Ils sont juste amis, ne t'inquiète pas. » Les dents de Harry se rétrécirent jusqu'à retrouver leur taille originale, et il s'affala à nouveau sur sa chaise.
« Merci Hermione. » Elle sourit et tapota sa main. Draco s'était levé pour rencontrer ses amis qui étaient en train de faire le tour par le bar. Une fois que Pansy et Blaise remarquèrent leur ami qui s'approchait, ils s'arrêtèrent et le laissèrent venir à eux.
Draco nota leurs yeux plissés, leurs lèvres pincées et soupira. Ils étaient en colère. « Pansy, Blaise. » Il se stoppa devant eux et attendit. Blaise fronça les sourcils puis il jeta un œil en direction de la table de Harry avant de reporter son regard sur Draco, une lueur compréhensive dans les yeux. Draco lui sourit.
« Draco, comme c'est bon de te revoir. Parce qu'à un moment nous avons pensé que tu étais mort, tu sais. Oui, nous t'avons cru mort ! Et après on découvre que tu n'es pas mort, que tu n'es pas sur le point de mourir, et pire que tout, que tu t'es lié à Harry Potter. » Pansy prononça chacun des mots lentement, et c'était évidemment dit avec une gaieté forcée. Draco haussa un sourcil tout en regardant Blaise.
« Elle a travaillé sur la gestion de sa colère pendant l'été. Ça marche la plupart du temps. »
« Ah. Ça explique l'absence de Beuglante. »
« J'exige des explications, Draco ! » hurla Pansy, faisant reculer les deux garçons. « Tout de suite ! »
« Calme-toi, Pansy. Allons nous asseoir et peut-être que je répondrai à tes questions. »
« Tu vas répondre à mes questions. » insista-t-elle tandis que Blaise et elle suivaient leur ami.
« Oui, ma chère Pansy. » Il sourit d'un air affecté quand Pansy lui siffla dessus.
Tu ne m'avais pas dit que Zabini viendrait.
Harry, je ne le savais pas.
D'accord. Et il semblerait qu'ils ne savaient pas eux non plus qu'Hermione et moi serions là. Draco jeta un coup d'œil à ses amis qui étaient si surpris qu'on pouvait le voir sur leur visage. Et comme un seul homme, Pansy et Blaise tournèrent vers lui un regard furieux.
« Draco, pourquoi n'as-tu pas dit à Parkinson que nous serions là ? Ce n'est pas très juste envers eux. Nous au moins, nous savions que Parkinson serait là. » reprocha Harry à son âme sœur, et Draco haussa simplement les épaules. Les deux autres Serpentard regardaient maintenant Harry avec surprise. Blaise fut le premier à se reprendre.
« Heu… c'est bon, Potter. Nous savons qui blâmer, » répondit Blaise en faisant un clin d'œil à Hermione pendant qu'il s'asseyait à côté d'elle. Pansy prit le siège à côté de Draco et commença à tapoter sur la table avec ses doigts. Personne ne parlait et cela rendait Harry fou.
C'est gênant, Draco. Tu dois faire quelque chose !
Bien, si tu insistes.
J'insiste !
« Mon adorable homologue là-bas, » dit Draco, se levant et pointant Harry, « N'aime pas ce silence inconfortable et ne peut pas le supporter plus longtemps, donc maintenant je suggère que nous allions faire du shopping. »
« C'est une excellente idée, Draco ! Le shopping ! » Hermione rayonna, choquant les autres Serpentard une fois de plus avec son attitude familière avec Draco. Ils restèrent sans voix et regardèrent alors Draco tendre son bras à Hermione qui le prit, et ils marchèrent en ayant une discussion animée, jusqu'à la sortie au fond du Chaudron Baveur où était située l'entrée du Chemin de Traverse. Harry se leva doucement de table, observant son âme sœur et sa meilleure amie disparaître. Parkinson et Zabini se placèrent chacun de part et d'autre du Gryffondor et fixèrent eux aussi Draco.
« Je ne peux pas croire qu'il m'ait simplement laissé avec vous. » dit Harry.
« Je ne peux pas croire que Draco vient de partir avec Granger et qu'ils souriaient tous les deux… » fit Blaise admiratif.
« Eh bien, moi, je ne peux pas croire que notre Draco vient juste d'appeler Potter son adorable homologue ! Tout ça est faux, n'est-ce pas ? Ce qui a été dit à propos de vous deux qui seriez liés ? Ce n'est pas possible. Je pensais que mon père tentait d'être drôle ! » Elle semblait outrée, sa voix gagnant en volume à chaque seconde, comme si Harry était la pire chose qui pouvait arriver à Draco. « C'est tout bonnement ridicule ! Draco est habitué au meilleur. Pourquoi choisirait-il de se lier à… »
« Il m'aime » chuchota Harry.
Pansy eut un rire moqueur et cruel. « Oh, s'il te plaît ! Épargne-moi ça, Potter ! Il n'aimerait jamais quelqu'un comme toi ! Mon Draco chéri a des principes ! Tu n'es rien mais… »
« Pansy, arrête-ça. » dit Blaise d'un ton sec, gardant un œil sur Potter. Le Gryffondor était clairement affecté parce ce qu'elle était en train de dire. Blaise n'avait jamais vu Potter paraître aussi peu assuré ou aussi vulnérable qu'il l'était maintenant, et il semblait se tasser sur lui-même. Les yeux verts de Potter allaient et venaient de droite à gauche comme s'il voulait fuir, et quand Blaise leva une main, Potter recula.
« Hé, Potter ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Pansy, faisant un pas vers lui, qui à son tour commença à reculer.
« Dégage Pansy ! » lui siffla doucement Blaise. « Tu ne vois pas qu'il est effrayé ? » mais Pansy ne le voyait pas. Elle voyait seulement Harry Potter, Celui-Qui-A-Survécu, le type arrogant qui aimait médire sur les Serpentard. Elle ne pouvait pas imaginer que ses mots pourraient avoir un quelconque effet sur lui. Mais elle se trompait, il était affecté, parce que les mots venaient de la meilleure amie de Draco, et il en résultait que ses attaques touchaient suffisamment Harry pour le blesser. Et il se sentit soudainement très seul…
« Pansy, pas maintenant… »
Pansy se tourna vers son ami. « De quoi tu parles, Blaise ? »
Harry détala aussitôt, courut dans les escaliers et monta trois étages d'un coup. Quand il fut dans sa chambre, il claqua violemment la porte et la verrouilla. Il pressa son dos contre la porte et glissa jusqu'au sol. En bas, Blaise et Pansy entendirent une porte claquer.
« Putain, Pansy ! As-tu la moindre idée de combien Draco va être en colère ? Est-ce que tu as prêté attention à ton père ? Le Seigneur des Ténèbres a dit que Draco et Potter sont liés en tant qu'âmes sœurs… »
« Je pense que ce sont des conneries ! Je parie que Potter a toujours voulu Draco et qu'il lui a donné un philtre d'amour. »
« Pansy, d'habitude tu es plus intelligente que ça. Je pense que nous devrions aller trouver Potter et…» Blaise retrouva sa robe dans la poigne d'un Serpentard au regard argenté et hargneux.
« Mais putain, qu'est-ce que vous lui avez fait ? » demanda Draco. « Qu'est-ce que vous avez dit ? »
« Calme-toi, Draco. J'ai simplement dit la vérité à Potter. Tu ne peux pas réellement vouloir de quelqu'un comme lui… »
« Tu lui as dit quoi ? » dit Draco lentement, relâchant la robe de Blaise.
« Draco, pourquoi agis-tu si bizarrement ? Je pense que tu as besoin de te faire examiner par un Guérisseur. Potter t'a probablement donné un philtre d'amour. »
« Pansy… » prévint Blaise.
« Chut, Blaise ! Vraiment, Draco. C'est la seule possibilité que je vois… »
« Si tu lui as causé plus de mal encore, Pansy… Je te promets que je ne te le pardonnerai probablement pas. » Après ça, Draco se retourna et bondit dans les escaliers.
Blaise se tourna vers son amie. « Pansy, tu as vraiment réussi cette fois. J'ai reconnu les signes sur Potter. Tu lui as probablement vraiment fait du mal. »
« Signes ? Mal ? De quoi tu parles ? »
« Potter a été maltraité. »
Harry remonta ses genoux contre sa poitrine et posa son front contre eux. Il avait juste besoin de se calmer, c'était tout. C'était juste les mots dits par une Serpentard stupide. Elle ne savait rien. Draco le voulait. Harry le savait avec certitude. Mais là-bas, il s'était senti si seul, et il avait eu peur… Ça l'avait ramené aux cauchemars qu'il avait endurés pendant son coma magique. Seulement maintenant il y avait vraiment quelqu'un debout devant lui, à lui dire qu'il ne le valait pas. Son esprit s'était paralysé et il n'avait même pas pensé à appeler Draco au moyen de leur lien.
« Harry, c'est moi. Ouvre la porte. » Harry releva la tête et fronça les sourcils. Une autre raison pour laquelle il n'avait pas appelé Draco, c'était parce qu'il l'avait tout simplement laissé avec Zabini et Parkinson, et parce qu'il sentait qu'il avait réagi exagérément et qu'il était embarrassé.
« Harry, je suis désolé. Tu me laisses entrer ? » Harry soupira et se remit sur ses pieds, il passa ses doigts dans ses cheveux et respira une bonne fois pour se calmer avant d'ouvrir la porte. Aussitôt que Draco le vit, il eut Harry dans les bras, le serrant presque à l'étouffer.
« Je suis désolé. Je n'avais pas prévu de te laisser seul au milieu des loups. »
Le rire de Harry était un peu tremblant, mais c'était un rire quand même, et Draco fut rassuré de voir qu'il allait bien.
« Loups ? Comment peux-tu apprécier ça, Blaise ? Nous sommes des loups maintenant ! » chuchota Pansy à Blaise depuis leur point d'espionnage dans le couloir.
« Regarde-les, Pans'. » murmura Blaise sérieusement. « Je ne pense pas que ce soit un philtre d'amour. »
Draco tenait délicatement le visage de Harry entre ses mains, ses pouces caressant ses joues. C'était la lueur dans leurs yeux qui convainquit Blaise que c'était réel, quoi qu'il y ait entre les deux sorciers.
« Nous sommes deux idiots parfois, Draco. »
« Ouais, je trouve aussi. » Draco se pencha, embrassant Harry doucement, profondément, maintenant Harry étroitement serré dans ses bras. Pansy pressa sa main contre sa poitrine et prit une respiration tremblante.
« Par Merlin… Blaise, as-tu déjà vu Draco comme ça avant ? »
« Personne ne l'a jamais vu comme ça, je parie. »
« Parkinson, Zabini ? Je peux vous parler, s'il vous plaît ? » fit Hermione depuis l'endroit d'où elle se tenait en haut des escaliers. Après un dernier regard dans la chambre, les Serpentard surpris se tournèrent et marchèrent en direction d'Hermione.
« Écoutez, je veux que ce soit clair et je ne tiens pas à me répéter. Compris ? » claqua Hermione d'une voix dure, sur un ton ne laissant place à aucun argument. Les Serpentard hochèrent la tête, amusés.
« Harry et Draco sont des âmes sœurs, et ils partagent un lien d'âmes sœurs, ce qui signifie que leurs amis le veuillent ou non, ils sont ensemble. Par conséquent tous trois nous allons nous revoir assez souvent j'imagine, et j'estime que pour le bien de nos amis, nous devrions faire une trêve. » Hermione termina en tendant la main vers les Serpentard. Pansy plissa le nez devant la main tendue, mais Blaise haussa les épaules et était sur le point d'accepter l'offre de Hermione quand Pansy lui tapa sur la main.
« Pourquoi devrions-nous accepter, Granger ? En quoi est-ce que ça nous est utile ? » C'était une question raisonnable de la part d'un Serpentard, et Hermione l'avait attendue. Elle avança et sourit avec dédain au visage de Pansy.
« Je vais te dire en quoi ça vous est utile. À continuer à rester en bonne santé. »
« Est-ce que tu me menaces, Granger ? »
« Tout à fait, Parkinson. Très malin de ta part de l'avoir remarqué. Si tu blesses Harry d'une quelconque manière, sorte ou forme que ce soit, je te ferai subir tous les sorts induisant de la douleur que je connaisse. » conclut Hermione sur un ton sec et en lançant un regard furieux à la sorcière de Serpentard.
« Je suis convaincu. » dit Blaise en choppant la main de Hermione pour la serrer. « C'est Blaise, et toi Hermione. Enchanté de te rencontrer. » Hermione sourit, mais son regard ne quitta jamais Parkinson. La Serpentard ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, incapable tout d'abord, de réfléchir à quelque chose. Finalement, elle se redressa, ses yeux plissés brillant, et elle balaya quelques-uns de ses courts cheveux noirs hors de son visage.
« C'est une façon très Serpentard d'obtenir ce que tu veux. Peut-être que nous pouvons parler. » Hermione était choquée quand Parkinson se lança pour enfermer sa main dans la sienne et commença à faire redescendre la Gryffondor. « Viens, Hermione. On a du shopping à faire et on doit discuter de cette trêve nouvelle entre les Serpentard et les Gryffondor. »
Harry et Draco sortirent de la chambre juste à temps pour entendre la dernière partie, et voir depuis le haut la tête des filles disparaître à l'étage inférieur. Blaise se tourna pour regarder Draco et Harry.
« Je crois que je viens d'être vraiment surpris par un Gryffondor. Les Gryffis cachent bien leur jeu. »
« Non, juste les Gryffis de Harry. » Draco enroula un bras autour des épaules de Harry et ils se dirigèrent en bas pour retrouver les filles.
« Et en ce qui concerne Harry. » Blaise repéra le mouvement de surprise de Harry quand il prononça le nom de l'autre sorcier, et il se tourna pour faire un large sourire au Gryffondor.
« Ouais, en ce qui me concerne. Es-tu en train de dire qu'on ne doit pas se fier aux apparences ? »
« Évidement. Tu es plus Serpentard que n'importe qui… Quand tu n'es pas un idiot. » Harry sourit et se détendit sous le bras de Draco, à nouveau heureux, pour l'instant, en tout cas.
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Note de l'auteur : C'est donc la fin du chapitre dix. Le Chapitre 11 sera surement plus court. Je sais que je l'ai déjà dit pour un certain nombre de chapitre avant, mais je promets que la trame principale de l'histoire va bientôt commencer. Je n'avais juste pas réalisé combien de décors je voulais mettre en place avant de me lancer dans le scénario. Je suppose que ça signifie que Life Renovation va finir par être une longue histoire. Aussi pour les personnes qui ont supposé qu'ils se transformaient en Vélane à cause du lien, ce n'est pas ça. Ils ne vont pas devenir des Vélanes (veela). La nature de leur lien d'âme sœurs va être expliquée dans le prochain chapitre, je le promets ! J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Prenez soin de vous !
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Et voilà ! Le chapitre 10 est posté. Pour information, ce chapitre fait plus de 10 700 mots (22p donc). J'espère qu'il vous aura plus et n'hésitez pas à en nous en faire part. Le prochain chapitre sera postée dans environ 1 mois à compter de ce jour, peut être moins si je n'ai pas trop le temps le 23 ou 24 à cause de ma vie IRL.
Dans un contexte autre, nous avons terminée une autre petite fiction qui sera postée après celle-ci, mixée avec une autre. (et là, vous vous demandez c'est quoi mon charabia, vais expliquer...) Nous traduisons deux fictions actuellement, une DMHP et une SMASP. Il se trouve que ces eux fictions sont "mélée" dans un sens où les actions de l'une se répercutent parfois dans l'autre et inversement, pas une suite vu que ça se passe en même temps, mais intimement mélée. Vous les retrouverez donc après LR vu que je doute largement que LA soit terminée d'ici la fin du postage (surtout si on accélère).
D'ailleurs, si vous êtes interessé(e)s à traduire (ou corriger) avec nous des fictions HP, pensez à vous diriger sur le forum pour plus d'information, nous ne refusons jamais de l'aide.
Bye les gens !
