Souffrance : Fait de souffrir : douleur morale ou physique.
Ce mot '' souffrance '' me correspond parfaitement, je souffre. Terriblement.
D'une douleur physique mais aussi morale lié au harcèlement de mes parents et de mes camarades.
Mes camarades, je ne crois pas en avoir appelé un seul " mon ami ". Ce ne sont tous que des imbéciles qui croient toujours que la Terre est plate.
Tous ceux qui ne rentrent pas dans leurs critères sélectifs : Beauté, anorexie et ricanements pour les filles ; grand, sportif et bagarreur pour les garçons sont traités en parias, en marginaux.
Je suis l'un d'entre eux, je suis un paria. Cela peut paraître pathétique mais personne ne m'aime. Je ne suis pas spécialement moche et je me flatte d'avoir un minimum de conversation et de bon sens mais je suis ignoré et humilié.
Je pense avoir été tellement dénigré par mes parents depuis mon plus jeune âge que j'en ai perdu toute confiance à moi.
Mes parents. Autre point noir de ma vie. Je suis l'un des nombreux malchanceux à être naît dans une famille qui ne voulait pas d'enfant. Ils me l'ont bien fait comprendre au cours de mes dix-sept ans d'existence. Négligence, maltraitance, coups... Rien ne m'a été épargné.
J'ai souvent pensé que cela venait de moi, que s'était de ma faute si tout le monde me détestait mais je sais que ça ne l'ait pas. Il y a quelques semaines, l'une de mes camarades de classe que était la jeune fille la plus douce, la plus calme et la plus polie des jeunes filles que je n'ai jamais rencontré s'est suicidée. Son père la battait et nos pairs l'humiliait, elle ne l'a pas supportée et mit fin à ses jours.
J'ai peur d'en arriver à cette extrémité, de m'ôter la vie mais je me retiens en pensant à la joie que cela procurerait à mes parents et à mes détracteurs.
Moi, Matthew Baker, je ne leur donnerai pas cette satisfaction.
Jack, Teal'c et Daniel discutaient tranquillement autour du bière chez ce dernier. L'archéologue, qui n'avait pas encore ouvert sa canette de bière était en état de donner son avis, au grand damne de Jack.
« Vous n'auriez pas dû vous en mêler, Jack. » le réprimanda t-il.
« Vous auriez refusé, vous ? » se défendit le colonel.
« Je ne sais pas mais c'est le problème Sam et Cassie. »
« Franchement Daniel, vous avez déjà réussi à refuser quelque chose à Carter ? »
Daniel ne put que concéder.
« Cassie se sent coupable, Jack. Si seulement elle et Sam habitaient ensemble, elles pourraient se réconcilier. »
« Carter vient la voir deux fois par semaine et puis elle a méritée un peu de repos. »
« Je n'ai pas envie que Cassie fasse une bêtise, elle est fragile et l'éloignement de Sam n'améliore pas son état. »
« Je suis d'accord avec O'neill, Daniel Jackson. Le major Carter a besoin de repos. Quand elle sera prête, elle fera le premier pas. » dit Teal'c, la voix de la sagesse.
Comme d'habitude, Jack et Teal'c étaient du même avis. Voyant que leur réponse ne satisfaisait pas Daniel, Jack essaya de le raisonner.
« Écoutez Daniel, Carter fait cela pour le bien de Cassie. Elle ne se croit pas capable de s'occuper correctement d'elle, quand elle aura repris confiance, elle reprendra Cassie. »
« Ça fait déjà deux semaines qu'elle habite chez vous. »
« Daniel... » commença Jack.
Le docteur Jackson leva les mains en signe de reddition.
« Tu tiens le coup, Cass ? » demanda Victoria Cooper, sa meilleure amie.
« Je pète la forme ! Ça ne se voit pas ? » ironisa Cassandra Fraiser.
« Non. » répondit-elle candidement.
« C'était ironique, Vickie. » soupira Cassandra.
« Je sais mais au moins tu as arrêtée de l'être. » dit-elle avec un sourire triomphant.
Cassie détourna la tête pour ne pas sourire.
« Et avec Sam, Ca va ? » s'enquit-elle.
« Rien de neuf, nos brèves rencontres sont d'une maladresse désopilante. »
« Ça va s'arranger. »
« Anémie, fièvre, hypoglycémie, tu te souviens ? Sans oublier le coma. »
« Je suis sur qu'elle ne t'en veux pas. » dit Vick avec une grande assurance. « Elle est seulement mal à l'aise. Tu lui en a fait baver alors qu'elle essayait de t'aider. »
« Merci Vick, je me sens vachement mieux là. »
« Hé, les deux pipelettes au milieu, vous ne voulez pas du thé aussi ? »
« Seulement s'il y a des petits gâteaux avec. » répondit Victoria avec un sourire ravageur.
La classe se mit à rire, sauf un garçon. Il écoutait discrètement la conversation des deux jeunes filles devant lui et se disait que cette Cassandra était vraiment une sale peste. Lui aurait donner père et mère (au vrai sens du terme) pour avoir quelqu'un qui se souciait de lui comme cette Sam semblait le faire. Cassandra paraissait s'être rendue compte trop tard de l'immense chance qu'elle avait et le regretter amèrement.
Dès que le professeur eut le dos tourné, les deux amies se remirent à bavarder.
« Demande à Jack de t'aider. » proposa Vickie.
« Je crois qu'il est encore en colère contre moi. »
« Bien sur que non ! Il était sur le coup mais il ne l'est plus, j'en suis persuadée. »
Ces paroles réconfortèrent Cassie. Derrière elle, Matthew qui les avaient écoutés depuis le début de leur conversation observa sa façon envoutante de replacer une mèche de cheveux invisible derrière son oreille. Cette contemplation quasi-religieuse fût interrompu trop tôt par un jet de boulette de papier. Il se retourna pour tomber dans le regard empli de méchanceté et de perversion de Ben Bandit. En voilà un qui méritait parfaitement son nom, Bandit était une brute doublé d'un voyou qui se servait de ses muscles gonflaient à l'hélium pour brutaliser et intimider les plus faibles ainsi que pour impressionner les filles.
Tic Tac. mimaient les lèvres de la grosse brute.
De concert, il levèrent tous deux les yeux vers l'horloge murale suspendue au dessus du bureau du professeur. Elle indiquaient 17H55, soit cinq minutes avant la fin du cours. Matthew reporta son regard vers Ben qui souriait de façon bien trop innocente.
Les minutes s'égrenèrent et la sonnerie tant redoutée retentit.
Aïe, ça allait barder.
Après un passage à tabac plutôt sévère, Matthew alla se réfugier dans une salle de classe délabrée, là où il était sur de ne rencontrer personne. Son corps l'élançait douloureusement et il était pratiquement sur d'avoir une bosse de la taille d'une balle de Base Ball sur le crâne.
Il s'assit lentement sur le sol en prenant appui sur le mur et soupira de soulagement quans son postérieure rencontra la surface dure.
« Tu as l'air d'être passé sous un bus. » dit une voix cachée par la pénombre de la salle.
Il sursauta.
« Qui est-là ? » demanda t-il, méfiant même si la voix lui était vaguement familière.
« Cassandra Fraiser et toi ? »
« Matthew Baker. » répondit-il après un moment de silence.
Il l'entendit plus qu'il ne la vit se lever et au fur et à mesure de son avancée put distinguer sa silhouette. Elle s'agenouilla près de lui et à la lumière de son portable, évalua l'ampleur des dégâts. Elle toucha brièvement son épaule et retira rapidement sa main quand il tressaillit.
« Que t'est-il arrivé ? » demanda t-elle.
« Rien. » nia t-il.
Elle poussa un soupire exaspéré et leva les yeux au ciel.
« Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés de se cacher quand ils ne vont pas bien ? Nous savons déjà que les femmes sont le sexe fort donc arrête de faire le fier et déballe ton sac. »
« On ne se connaît pas. »
« Raison de plus. C'est bien plus facile, je ne t'ai jamais vue et toi non plus. »
« Je suis derrière toi en cours d'histoire. »
La boulette !
Ils gardèrent le silence jusqu'à que Cassandra reprenne la parole.
« Dis-moi qui t'a fais ça ? »
« Ça n'a aucune importance. »
« Évidemment que ça à de l'importance ! Et puis ma famille m'a toujours appris à aider les gens en difficultés. »
« De ce que j'ai entendu, la famille ce n'est plus aussi important pour toi. » cassa Matt.
Elle serra les dents mais encaissa. Plantant ses yeux assombris par la colère dans ceux de Matthew, elle fut tentée de l'abandonner là, dans cette salle de classe pourrie mais le fit pas car ce garçon empli de rancœur lui rappelait sa situation avec Sam. Le temps où elle essayait de blesser Sam pour qu'elle la laisse tranquille. Déterminée, elle croisa les bras sur sa poitrine et attendit.
Matt regarda Cassandra, étonné. Il l'avait vexée, normalement, elle devait lui une réplique virulente accompagnée d'un regard incendiaire, partir en courant et claquait la porte si fort que cela ferait trembler le lycée entier. Au lieu de cela, elle camper résolument devant lui. Il craqua.
« Cette sale brute de Bandit m'a tabasser, contente ? »
« Mais pourquoi t'es-tu laissé faire ? »
« Une grosse brute plus deux sbires, ça devient plutôt dur de se défendre. » dit-il, sarcastiquement.
« Désolé. Et dire que ce crétin veut sortir avec moi. »
Elle frissonna de dégoût et demanda :
« Tu veux que je te soigne ? »
Il secoua la tête.
« Allez. » l'encouragea t-elle. « Tu ne peux pas sortir comme ça ? Tu as un œil au beurre noir et la lèvre gonflée et ensanglantée. Même Buffy Summers partirait en courant. »
« Qu'est-ce que tu pourrais faire et de toute façon qui est Buffy Summun ? »
« Summers. » corrigea t-elle.
Il ne comprit pas mieux.
« Laisse tomber et laisse moi faire. »
Elle sortit une trousse à maquillage de son sac. Elle l'ouvrit et en extirpa un coton-tige. Ensuite, elle prit sa bouteille d'eau et renversa un peu d'eau sur le coton-tige et le tapota sur sa lèvre gonflée puis elle prit son blush et cacha son oeil au beurre noir du mieux qu'elle put, tout cela à la lumière de son portable. Tandis qu'elle le soignait, Matthew s'excusa pour avoir été grossier, elle balaya ses excuses d'un geste de la main impatient.
« Merci. »
« De rien. »
Il y eu un silence mal à l'aise, chacun ne sachant que dire pour relancer la conversation.
« Si elle t'aime sincèrement alors elle reviendra. »
« Pardon ? »
« J'ai entendu ta conversation avec Vickie Cooper tout à l'heure. Si cette Sam t'aime vraiment alors elle te reprendra. »
« Merci. J'essaie de mieux me comporter, je fais des efforts. »
Il essaya de sourire mais sa lèvre protesta. Elle regarda son portable et remarqua qu'il ne lui restait plus que sept minutes pour se rendre à sa séance de thérapie. Elle s'excusa.
« Je suis désolée, il faut que j'y aille. Tu vas rester ici ? »
« Oui, je suis toujours le dernier à partir dans ce bahut. »
« Tu m'expliqueras pourquoi demain, bye ! »
« Au revoir. »
Il vit une ombre se déplacer et entendit une fraction de seconde plus tard, la porte se refermer.
Quand Cassandra sortit de sa séance de thérapie, il faisait nuire noire. Elle venait de passer une heure intense à se remémorer des souvenirs déplaisants. Elle était vidée mais elle redoutée plus que tout la prochaine séance qui risquait d'être d'égale intensité.
En tournant quelques couloirs plus loin, elle percuta quelqu'un. Elle n'eut pas le temps de s'excuser qu'elle fut entraîner par Matt dans la salle la plus proche. Une fois qu'il se fut arrêté, elle se dégagea violemment de sa poigne.
« Mais qu'est-ce qui te prend ? »
« Il y a des gens dans le lycée, ils te recherchent et ils ont des armes étranges. Ils avaient une photo de toi. »
Elle pâlit.
« Décris-les moi. » ordonna t-elle.
« J'ai croisé quatre noirs assez baraqué, l'air pas commode. Ils étaient habillés façon année 80 et sur le front, ils avaient quelque chose, j'étais trop loin pour voir quoique ce soit. »
Cassandra chancela, horrifiée.
« Il faut qu'on se cache, vite ! »
