Chapitre 10

C'est le bruit d'un klaxon qui me sort de mes pensées. Je relève la tête et aperçois Raven au volant qui me fait coucou avec un grand sourire. Je me relève et ouvre la portière passager avant de m'asseoir sur le siège.

-Merci beaucoup Raven tu me sauves la vie.
-Je sais tu me l'as dit au téléphone.

J'attache ma ceinture et elle démarre.

-Bon alors qu'est-ce qui t'amène dans ce quartier ?
-J'étais allé parler à Lexa, ma patronne et amie.
-Mais comment es-tu venue jusqu'ici alors ?
-C'est Bellamy qui m'a déposée.

Elle ne répond pas et un silence s'installe dans la voiture. Mais ce n'est pas un silence gênant. Je sais que je voulais lui parler de ce que je vis mais je ne sais pas comment commencer.

-Alors, tu n'étais pas censée avoir besoin de parler aussi ?
-Si...

Je regarde distraitement par la fenêtre, et je lui raconte tout. Le fait que je sois fan, son séjour à Paris, nos retrouvailles ici au bar, ses nombreuses tentatives pour s'excuser, le baiser, sa scène d'hier, mon réveil à ses côtés ce matin et son cadeau d'anniversaire. Je me laisse aller et me confie à quelqu'un qui n'est pas la soeur de celui qui hante mes pensées. Quand j'ai terminé mon récit, le regard toujours en train de regarder l'extérieur, perdue dans mes pensées, Raven prend le temps de bien assimiler tout ce qu'elle vient d'apprendre avant de me répondre.

-En réalité quel est le problème ?
-Il m'a fait du mal, il s'est joué de moi. Et maintenant il met ça sur le dos de la protection.
-Je connais bien Bellamy et je sais que s'il dit avoir fait ça pour te protéger c'est qu'il le faisait vraiment.
-Bien sûr qu'il a voulu me protéger ! Il me voit comme une gamine fan de lui !
-Non Clarke. Tu sais, je le connais depuis longtemps, j'ai grandis en étant amie avec Octavia et je sais tout ce qu'ils ont vécu. Bellamy a passé sa vie à protéger sa soeur. Quand il est devenu acteur il a mit du temps à accepter qu'elle fasse parti de ce monde aussi. Il avait peur de ne pas pouvoir la protéger, malgré qu'elle ne soit plus une enfant il continue de la protéger. Car c'est comme ça qu'il fonctionne, il protège les gens qu'il aime, quelles que soient les répercutions et les risques.

Je reste silencieuse face à ses déclarations. Je vois Bellamy sous un nouveau jour, et c'est déstabilisant. Je pose ma tête contre la vitre froide et ferme les yeux, laissant l'image de cet acteur envahir mes pensées.

Je suis couchée sur le canapé, ma tête sur les jambes de Monty et mes jambes étendues sur celles de Jasper. Nous regardons un film, notre rituel du vendredi. Je profite de mes derniers instants avec eux avant un long moment. Je ferme les yeux, commençant à m'endormir quand la porte d'entrée claque. Octavia alias la tornade est de retour. Je l'entends s'approcher et nous trouver.

-Oh je suis désolée je ne voulais pas vous déranger.
-Tu nous déranges pas voyons ! répond Jasper sans détourner son regard de l'écran.
-Vous passez du temps ensemble, je vais vous laisser tranquilles, je vais dans ma chambre.
-Non non ! Tu restes avec nous.

Jasper lui attrape le poignet et la tire pour qu'elle reste avec nous. Seulement, il ne contrôle pas sa force et Octavia tombe sur nous, mais surtout sur moi. Je crie, partagée entre la douleur et les rires, quand soudain je me sens emportée et mes fesses taper le sol. Octavia avait perdu l'équilibre et nous avait entraînés dans sa chute. Nous explosons tous les quatre de rire. Nous rigolons tellement fort qu'aucun de nous n'entend la porte d'entrée se refermer une nouvelle fois.

-Et bien, je vois qu'on s'amuse ici !

Nous arrêtons soudainement de rire et tournons dans un même mouvement, notre tête face au nouveau venu. Il nous regarde avec un petit sourire qui montre qu'il se retient de rire. C'est vrai que dans la position dans laquelle nous sommes, tous entassés les uns sur les autres, nous avons l'air bêtes.

-Grand frère !

Octavia se lève sans manquer de nous écraser et se jette dans les bras de son frère qui recule d'un pas sous l'impact. Il la réceptionne et la serre contre lui. Ils ne se sont pas vus depuis mon anniversaire, ce qui ne fait que trois jours, mais ils ont l'air de mal supporter la séparation. Je souris face à leur complicité fraternelle, j'ai toujours rêvé d'avoir un grand frère pour veiller sur moi et me protéger.

-Qu'est-ce que tu fais là ? demande Octavia en s'éloignant de son frère.
-Je suis venu chercher Clarke, il se tourne vers moi, et je suis venu en avance car je savais qu'elle aurait oublié.

Je fronce les sourcils.

-Oublier quoi ?
-C'est le jour de l'exposition Princesse.
-J'avais complètement oublié !
-Ça j'avais remarqué.

Il ricane tandis que je commence à paniquer.

-Je ne serais jamais prête à temps !
-Bien sûr que si, il te reste encore deux heures avant qu'on parte.
-Je reviens !

Je cours dans ma chambre, et j'ouvre mon armoire en grand, qu'est-ce que je vais bien pouvoir mettre ? Je serai dans un endroit assez riche et populairen les personnes présentes seront raffinées, la robe est donc obligatoire. J'observe chacune de mes robes, prenant le temps de bien réfléchir. Je finis par choisir une robe noir, qui m'arrive mi-cuisse et avec une partie transparente sur les hanches. Je l'enfile avec des talons hauts et vais dans la salle de bains. Je me maquille légèrement, et remonte mes cheveux en un chignon travaillé, mais je laisse retomber deux mèches bouclées sur les côtés de mon visage. Parfait. Je retourne dans le salon où mes amis sont toujours assis sur le sol, Bellamy les ayant rejoint.

-Je suis prête.

Il relève la tête vers moi et m'observe longuement, son regard se promenant sur moi de haut en bas.

-Il est hors de question que tu ailles à cette soirée comme ça !
-Quoi ? Pourquoi ?
-Tu es beaucoup trop sexy là-dedans ! Je refuse qu'on te voit dans cette tenue !
-Tu n'es ni mon père, ni mon petit-ami alors tu n'as pas ton mot à dire. J'irai comme ça, et il n'y a aucun débat possible.

Il détourne le regard en soupirant, visiblement blessé par mes paroles, mais il ne répond pas. Puis il se lève.

-On va y aller, il faut qu'on ait une bonne place de parking.
-D'accord je te suis.

J'esquisse un petit sourire qu'il ne me rend pas et il dit au revoir à tout le monde. Je fais un signe d'au revoir à mes meilleurs amis puis je suis Bellamy à sa voiture.

Nous sommes arrivés et Bellamy a pu trouver une place de parking directement. Il est resté crispé sur le volant tout le long du trajet rendant ses articulations blanches, et il a tellement serré la mâchoire qu'il risque d'en avoir mal durant toute la soirée. Il s'apprête à sortir de la voiture sans un mot, il n'en a pas décrocher un seul depuis notre départ de l'appartement, mais je lui attrape la main pour l'en empêcher.

-Tu comptes faire la gueule durant toute la soirée ?
-Je ne voulais pas que tu y ailles avec cette robe. Tu sais le nombre de pervers qu'il y aura à cette exposition ?
-Je sais, mais tu seras là pour me protéger pas vrai ?

Il acquiesce, le regard perdu dans le vague, avant de répondre.

-Je ne laisserai personne te faire du mal Clarke.

Il plonge son regard dans le mien, me faisant perdre toute pensée cohérente.

-Je sais.
-Ah bon ? Tu ne dis plus que c'est parce que je te prends pour une gamine ?
-Quelqu'un a réussi à me faire comprendre la vérité.

Il est vrai que depuis ma conversation avec Raven j'ai beaucoup réfléchi et que j'ai décidé de laisser sa chance à Bellamy, en tant qu'ami.

-Quelle vérité ?
-Que tu voulais me protéger. Tu es pardonné Bellamy.
-Vraiment ?

Il a l'air étonné, et je le comprends.

-Oui. Alors souris, et fais moi passer une super soirée ici.
-Ça j'y compte bien Princesse !

Il retrouve son sourire et il sort de la voiture, faisant le tour pour venir m'ouvrir la portière.

-Quel gentleman ! je souris.
-Pour vous servir Madame.

Il me tend son bras, que j'accepte et je me laisse guider à l'intérieur de la salle d'exposition. Il tend nos billets à la personne se tenant à l'entrée puis nous avançons avant de nous faire de nouveau arrêtés par un garde. Il fouille Bellamy puis me fouille, semblant mettre plus de temps que nécessaire pour moi.

-Bon vous avez finis ? Enlevez vos sales pattes d'elle !

Le garde se recule et nous laisse entrer tandis que je me retiens de rire. Tout à coup, je vois le monde mais je ne m'en rends pas compte, mon regard étant blooqué sur l'immense tableau présent à l'entrée. Je m'arrête soudainement de marcher, complètement hypnotisée par ce qui se trouve face à moi. Je n'arrive pas à y croire, j'y suis, je suis à l'exposition la plus connue au monde.

-Clarke ? Ça va ?

Je sors brusquement de ma torpeur, la voix inquiète de Bellamy me ramenant à la réalité.

-Oh euh oui excuse moi, je réalise juste où nous sommes.

Je le vois sourire, content que son cadeau fasse son petit effet sur moi. Il enlève son bras du mien, et je m'apprête à protester quand il le passe sur mes épaules. Je lève ma main droite et entrelace mes doigts avec les siens. Un frisson me parcourt lorsqu'il me murmure au creux de l'oreille :

-Je vois que ce tableau te fais de l'effet, je n'imagine pas ce que mon corps peut te faire.

Je le frappe gentiment à l'épaule, un sourire aux lèvres. Je préfère tellement cette partie de Bellamy, heureux, et toujours le premier pour faire rire, plutôt que le Bellamy froid, distant et manipulateur. Je lui demande qu'on avance pour pouvoir observer chacun des tableaux. Chaque fois que je découvre un nouveau tableau, mes yeux s'aggrandissent un peu plus, et mon coeur se gonfle encore de joie. Je voudrais passer ma vie entière ici. Nous sommes environ à la moitié de l'exposition quand soudain je remarque quel tableau est présent. Mon préféré. Celui aux couleurs si vives qu'il ferait détourner le regard à n'importe qui. Mais moi, ça m'émerveille. Il y a tellement de sentiments représentés dans cette peinture, que j'en découvre de nouveaux à chaque fois que je la regarde. Bellamy regarde aussi l'oeuvre et quand je vois sa grimace je sais quel commentaire il va faire.

-Me dis pas que tu trouves ce truc beau ?
-Tais-toi et laisse moi profiter.
-D'accord.

Je ne détourne pas mon regard du tableau mais je sens Bellamy bouger, pour se mettre derrière moi et m'enlacer de ses bras. Je me laisse aller et appuie mon dos contre son trse, appréciant la chaleur de son corps. Nous restons indéfini, dans les bras l'un de l'autre, sans prononcer un mot, moi en train de regarder l'oeuvre, lui observant les gens autour de nous. Quand tout à coup je le sens se tendre et jurer dans mon dos. Je me retourne pour le regarder.

-Bellamy ? Qu'est-ce qui se passe ?
-Paparazzis.
-Je ne suis pas sûre de te suivre...

Son regard est noir.

-On vient d'être pris en photo Clarke.
-Oh...

Je ne sais pas quoi dire d'autre, je sais que nous serons dans les journaux demain.

-Rentrons.

Il prend ma main, avec douceur et fermeté à la fois, et m'entraîne hors de l'exposition à pas rapides et assurés.

-Bellamy calme-toi !
-Non on doit partir.

Quand nous sommes arrivés àla voiture, il m'ouvre la portière et je m'engouffre dans l'habitacle tandis qu'il fait le tour et monte côté conducteur. Il démarre puis part rapidement.

-Est-ce que c'est sir grave que ça ?

Il ne réponds pas et garde son regard concentré sur la route. Je soupire et pose ma tête sur la fenêtre avant de fermer les yeux . Quand nous sommes de retour à l'appartement, il doit me secouer légèrement pour me réveiller.

J'ouvre les yeux et l'observe, il est toujours aussi tendu et furieux. Je sors de la voiture et je l'entends me suivre. Quand nous pénétrons à l'intérieur de l'appartement, il n'a toujours pas prononcé un mot.

-Bon tu comptes te taire encore longtemps ?

Il se passe une main sur le visage, visiblement épuisé.

-Excuse moi Clarke. Oui c'est si grave que ça. Les journalistes vont faire des recherches sur toi et connaître ton existence.
-Et alors ?
-Je ne peux pas laisser faire ça ! Tu vas être suivie, prise en photo à ton insu ! Ce n'est pas une vie pour toi.
-Bellamy calme-toi. On va trouver une solution.
-Je n'aurais jamais dû t'emmener là-bas, dit-il en faisant les cent pas dans le salon.
-Tu rigoles ? J'ai passé la meilleure soirée de toute ma vie !

Il s'arrête tout à coup et me regarde.

-C'est vrai ?
Oui alors calme-toi, on trouvera une solution demain d'accord ?

Il soupire et je sais que j'ai gagné.

-Je vais y aller.
-Hors de question que tu conduises dans cet état ! Tu dors ici.
-Princesse, je n'ai aucune envie de dormir sur le canapé et je suis tout à fait capable de conduire.
-Tu dormiras avec moi alors.
-Ce n'est pas parce que j'ai réssi à me contrôler une fois que j'y arriverai une deuxième.
-Te contrôler pour quoi ?
-T'embrasser, te toucher, te posséder.

A ces mots, je sais que je ne devrais pas le faire, que ce n'est pas une bonne chose. Mais j'ai passé une super soirée avec lui et je ne veux pas m'arrêter là. Alors je m'approche de lui et pose mes lèvres sur les siennes.

Alors, voici le chapitre 10 qui a tardé à venir ! Qu'en avez-vous pensé ? C'est un chapitre que j'ai aimé écrire, puisque c'est un chapitre décisif dans leur relation. Mais profitez de ce calme, ça ne va pas durer ! Le calme avant la tempête comme on dit ;) Et puis, c'est le chapitre qui annonce que nous avons atteint la moitié de l'histoire. Puisque ma fiction devrait s'arrêter au chapitre 20 !

Par contre, j'ai de moins en mois de reviews... Je mets ça sur le compte des épreuves du bac, mais est-ce que c'est parce que l'histoire ne vous plaît plus ? J'attends un maximum de reviews pour ce chapitre, même des reproches tant qu'elles sont fondées ça me va, tout est bon à prendre pour s'améliorer !

Je ne sais pas si je pourrais publier mercredi, puisque je passe mon oral de français l'après-midi. Et si je le poste, ce sera donc dans la soirée comme aujourd'hui.

Pour les publications futures, j'ai décidé de poster le mercredi et le dimanche à partir de maintenant. Je trouve que c'est une bonne allure, ce qui me permettra de terminer cette fiction et d'avancer dans la prochaine.

Bonne soirée à tout le monde et n'oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre ! Les reviews sont motivantes pour l'auteur !