Bonjour tout le monde !
Le chapitre d'aujourd'hui est plus court que les précédents, mais on change un peu d'air et on quitte Polis pour voir ce qu'il se passe ailleurs.
Merci à tous pour vos follows, vos favs, et vos reviews ! Je suis super contente de voir de nouveaux lecteurs arriver chaque semaine et de voir ceux qui sont là depuis le début toujours fidèles au poste, pourvu que ça continue comme ça !
J'espère que ça vous plaira, bonne lecture :)
La pièce qui était auparavant son refuge lui apparaissait maintenant comme une prison. Il y a encore quelques semaines, elle pouvait passer des heures dans cet endroit à bricoler, réparer, fabriquer, mais maintenant elle ne supportait plus d'y être confinée de la sorte. Et pourtant c'était bien elle qui s'imposait cet isolement. On était en pleine journée et dehors le temps était magnifique, mais la pièce était plongée dans l'obscurité. Des toiles et des tissus de toutes sortes avaient été accrochés devant les fenêtres pour empêcher les rayons du soleil de pénétrer à l'intérieur. Elle supportait de moins en moins bien la lumière et faisait donc tout pour lui échapper, si bien qu'elle ne sortait quasiment plus, sauf quand il faisait nuit.
Assise sur un tabouret haut face à son plan de travail, Raven avait le regard perdu dans le vague. Ses yeux paraissaient vides. Toutes les pensées un tant soit peu ordonnées avaient déserté son esprit pour n'en laisser qu'une seule et unique, vicieuse et incisive, qui la hantait à chaque seconde : le précieux liquide rouge. Quand le produit commençait à ne plus faire effet et qu'elle était en manque comme à cet instant, les choses devenaient encore pires et tournaient à l'obsession. Sans s'en rendre compte, elle commença à se balancer doucement d'avant en arrière en se rongeant les ongles, le regard toujours égaré et l'air obnubilé.
Comme un animal sauvage, elle se redressa subitement et releva la tête en entendant des pas approcher. La porte s'ouvrit et elle vit alors Bellamy entrer. Le jeune homme la regarda avec un air grave, puis il déposa devant elle un plateau repas. Elle avait demandé à ce qu'on lui amène à manger directement à l'atelier, ainsi elle voyait le moins de monde possible et surtout elle n'avait pas à supporter la lumière qu'elle trouvait toujours trop vive. Elle ne savait pas exactement quand est-ce que cette crainte du soleil était apparue, ou plutôt elle ne le savait plus. Elle était encore tout à fait capable de remplir sa fonction de mécanicienne et de faire ce qu'on attendait d'elle, mais son esprit était embrouillé quand il s'agissait de ses émotions. C'était ce qu'elle voulait, cette perte de ressenti l'aidait. Elle se rappelait de ce qui avait causé tous ses malheurs mais elle ne souffrait plus, tous ses sentiments étaient devenus flous.
Bellamy l'observait depuis plusieurs minutes déjà, mais la brune n'en avait même pas conscience. Son esprit était déjà allé se perdre à nouveau on ne sait où et elle réalisait tout juste qu'elle n'était pas seule.
- Tu ne manges pas ? demanda son ami.
Raven le regarda, mais ses yeux étaient si inexpressifs qu'elle ne semblait même pas le voir.
- Quand est-ce qu'il va venir ?
- Tu devrais manger, on verra ça après. Tu n'as rien avalé depuis hier soir.
- Quand est-ce qu'il va venir ? répéta la mécanicienne d'une voix creuse.
- Raven, tu dois manger sinon-
- Dis-moi quand est-ce qu'il va venir !
Le cri avait surpris le brun, mais il ne sursauta pas pour autant. Il regarda la jeune fille un long moment avant de répondre :
- Ce soir.
- Dis-lui de venir avant.
- Tu sais que ce n'est que le soir.
- Mais j'en ai besoin maintenant, alors va lui dire de m'en apporter.
- Il ne voudra pas.
- Dis-lui de venir sinon il pourra aller se faire foutre pour que je lui fabrique ses saloperies !
A nouveau elle avait crié, mais plus fort encore que la première fois. Bellamy la fixa avec un air d'une tristesse déconcertante, mais elle n'y prêta même pas attention. Il sortit, et bien qu'il ait pris soin de refermer la porte avec précaution, le bruit exaspéra la jeune fille au plus haut point. Elle serra les poings, au bord de la crise de nerfs. Il lui fallut quelques instants pour retrouver son calme, et alors elle reprit son balancement tandis que ses yeux fixaient à nouveau une chose invisible.
Quand la porte s'ouvrit à nouveau, ce fut un homme chauve à la peau noire qui entra. Dès que Raven l'eut reconnu, son regard se porta sur lui et ne le quitta plus.
- Bellamy m'a dit que tu voulais une dose maintenant.
- Donnez-la-moi, dit la mécanicienne en tendant la main vers l'homme.
- Tu veux faire du chantage maintenant ?
- Donnez-la-moi !
- Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, Reyes. Ici c'est moi qui donne les ordres, pas toi.
- Vous avez besoin de moi pour fabriquer vos joujoux, fit-elle remarquer.
- Et tu as besoin de moi pour avoir ça.
Sur ces mots, l'homme leva au niveau de son visage ce qui ressemblait vaguement à un pistolet mais qui était en fait une seringue. A l'extrémité opposée à l'aiguille se trouvait un flacon rempli d'un liquide rouge sur lequel les yeux de Raven se fixèrent immédiatement.
- Je pense que tu as plus besoin de tes doses que je n'ai besoin de ce que tu appelles des joujoux.
La brune serra les dents et déglutit, les yeux toujours rivés sur le produit tant convoité.
- Je veux bien te donner cette dose avant ce soir, mais alors tu vas devoir me donner quelque chose en échange. Je pense que tu comprends ce que je veux dire.
La jeune fille se crispa et prit la parole :
- Pourquoi est-ce qu'il vous en faut autant ? Je vous en ai déjà fabriqué plusieurs.
- Ça ne te regarde pas. Maintenant si tu ne veux pas faire ce que je te demande c'est à toi de voir, dit-il en commençant à se diriger vers la porte.
- Attendez !
Aussitôt, l'homme s'arrêta.
- D'accord, je vais en faire une tout de suite. Donnez-moi la dose et je vous la fabriquerai tout de suite après.
Il se tourna face à elle, un rictus satisfait sur le visage.
- Je savais qu'on pourrait s'arranger.
Il fit quelques pas vers elle et posa la seringue sur l'établi. Raven avança la main pour la prendre, mais il ne la lâcha pas et la regarda droit dans les yeux.
- Si elle n'est pas prête quand je reviens ce soir, tu n'auras pas d'autre dose.
- Elle sera prête, répondit la brune, fébrile, de la sueur perlant sur son front.
L'homme hocha faiblement la tête et lâcha la seringue. Raven s'en empara immédiatement comme elle se serait ruée sur de l'eau après ne pas avoir bu pendant des jours. Les mains tremblantes, elle planta l'aiguille dans son cou et appuya sur la gâchette qui permettait d'injecter le produit. Le liquide disparut du flacon pour passer dans le sang de la jeune fille avec un léger bruit, et quelques secondes après, la brune se détendit subitement. Ses yeux vrillèrent dans ses orbites tandis que sa tête basculait à l'arrière.
Visiblement satisfait, l'homme au teint basané quitta la pièce. Il allait retourner à ses occupations, mais alors qu'il venait de fermer la porte, il fut pris par surprise en entendant une voix s'élever à tout juste quelques mètres de lui.
- Alors voilà pourquoi elle est si bizarre.
Il fit volte-face et tomba alors nez à nez avec la Chancelière qui était adossée à un mur, les bras croisés, et le regardait avec un air plein de méfiance. Il n'avait pas fermé la porte pendant sa conversation avec Raven, personne ne venait jamais dans cette partie de l'Arche, il avait pensé que c'était inutile. Mais visiblement il avait eu tort.
- J'avais bien remarqué qu'elle ne se comportait pas comme d'habitude et qu'elle s'isolait de plus en plus, mais je ne comprenais pas ce qui n'allait pas.
Abby se redressa et s'approcha de lui jusqu'à n'être plus qu'à un petit mètre, et alors elle planta ses yeux dans ceux de son interlocuteur comme si elle tentait de sonder son esprit pour découvrir la vérité.
- Vous la droguez, n'est-ce pas ? Depuis combien de temps ça dure ? Qu'est-ce que vous avez en échange ? Je suppose que vous ne faites pas ça sans raison.
- Je ne fais que l'aider. La perte de Wick l'a beaucoup affectée, ce que je lui donne l'aide à surmonter toutes les épreuves qu'elle a traversées.
- En la shootant ? Ne vous fichez pas de moi, Pike. Nous n'avons pas encore eu le temps d'analyser ce produit, mais peu importe ce qu'il contient, ça ne fait pas que lui faire oublier sa douleur pour quelques heures, ça la rend complètement amorphe et surtout dépendante. Qui vous a parlé de cette substance ?
- Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
- Peu de gens savent que nous avons ramené ce produit du Mont Weather, et ceux qui sont au courant ne vous en auraient jamais parlé, alors j'imagine que vos partisans épient les conversations et vous rapportent tout ce qu'ils entendent.
- J'ai plutôt tendance à appeler ces personnes mes amis.
- Dans une conspiration comme celle que vous organisez depuis des semaines, je les appelle des collaborateurs.
- Alors vous pensez que je tente de prendre le pouvoir ?
- Je ne sais pas, à vous de me le dire. Est-ce que quelqu'un qui fait assassiner des gens en déguisant les meurtres ou qui emprisonne ceux qui le gênent tentent de prendre le pouvoir d'après vous ?
- J'imagine que vous faites allusion à Kane. Vous ne devriez pas laisser vos sentiments à son égard troubler votre jugement. Je l'ai fait emprisonner parce qu'ils tentaient de convaincre nos concitoyens que les Natifs n'étaient pas un danger.
- Et il a raison.
- Vous vous trompez. Ce sont des sauvages qui n'hésiteront pas à nous massacrer dès que l'occasion se présentera. Ils ne nous attaquent pas pour que nous pensions qu'il n'y a plus de menace, et dès que nous aurons relâché notre vigilance ils en profiteront.
- Vous êtes complètement fou, Pike. Cette mascarade a assez duré, il est temps que vos agissements cessent.
- Cette mascarade a assez duré en effet, mais c'est plutôt vous qu'il faudrait arrêter.
- Je vous demande pardon ? lança Abby d'un ton sec en le fusillant du regard.
- Vous menez notre peuple à sa perte.
- En tant que Chancelière j'ai toujours fait ce qui était le mieux pour mon peuple, et jusque-là nous avons survécu. Je ne compte pas vous laisser réduire à néant le travail que chacun a accompli pour en arriver où nous sommes aujourd'hui. Garde ! appela-t-elle.
La dirigeante n'eut que quelques secondes à attendre pour qu'on réponde à son appel, et ce fut Bellamy qui apparut à l'angle du couloir.
- Vous avez besoin de moi ?
Abby s'apprêtait à parler, mais elle fut prise de vitesse par Pike :
- Blake, arrêtez-la.
Le jeune homme sembla pris au dépourvu et ne réagit pas.
- C'est un ordre, Blake !
- Bellamy, ne l'écoute pas. Emmène-le en cellule.
Le brun ne bougea toujours pas, son regard passant d'Abby à Pike.
- Je suis la Chancelière, c'est moi qui dirige et je-
- Plus maintenant.
Pike s'avança vers elle et saisit les menottes qui étaient accrochées à sa propre ceinture. Avant même qu'Abby ait pu tenter de s'enfuir ou de se défendre, il la saisit fermement par un bras et la plaqua face à un mur, puis il lui attacha les mains dans le dos.
- Abigail Griffin, vous êtes en état d'arrestation.
- Vous faites une grave erreur, Pike !
- Enferme-la avec les autres, ordonna l'homme à Bellamy sans prêter attention à ce que lui disait la Chancelière.
- Les citoyens ne vous laisseront pas faire !
Le brun saisit la femme par le bras mais ne bougea pas, hésitant.
- C'est un ordre.
Cette fois, le jeune homme obéit.
Quand ils sortirent de l'épave de l'Arche, tous les regards se tournèrent vers la Chancelière menottée qu'un garde emmenait vers la prison qui avait été aménagée dans une partie du camp quelques semaines plus tôt. Pike sortit à leur suite, et alors il s'adressa à tous ceux qui se trouvaient là :
- Citoyens de l'Arche ! J'ai le regret de vous annoncer que la Chancelière a dû être arrêtée.
L'intéressée se débattait du mieux qu'elle pouvait, mais Bellamy continuait à la faire avancer.
- Elle s'est rendue coupable de trahison.
- Ne l'écoutez pas, il ment ! cria l'accusée.
Tous les regards se tournèrent vers Abby. Chacun avait arrêté ce qu'il était en train de faire pour écouter ce que Pike avait à dire, et des murmures commençaient déjà à se propager parmi la foule.
- La Chancelière nous avait caché la vérité concernant la mort de Kyle Wick et de ceux qui l'accompagnaient dans leur expédition la semaine dernière. Ce sont des Natifs qui les ont tués.
- Il ment ! Il vous manipule !
Abby voulut continuer, mais Pike fit un signe à Bellamy et alors celui-ci plaqua une main sur sa bouche pour la faire taire et il la fit entrer dans la prison.
- Pour cette raison et pour d'autres, Abigail Griffin a été arrêtée et déchue de sa fonction. Je me propose comme candidat au poste de Chancelier. Soyez sûrs que si vous me choisissez, je veillerai à votre bien-être et votre sécurité. Il est temps que la vérité concernant les Natifs soit dévoilée. Ce sont des barbares sanguinaires, et pourtant Abigail Griffin fait visiblement confiance à ces individus, preuve de son manque de clairvoyance. Nous ne pouvons pas les laisser nous terroriser et nous massacrer plus longtemps, nous devons agir et nous défendre. Si vous me choisissez comme nouveau Chancelier, je prendrai les décisions qui s'imposent pour éliminer cette menace.
La rumeur se fit de plus en plus forte parmi l'auditoire et bientôt on entendit un peu partout des approbations à ce qui venait d'être dit.
- Si vous me choisissez, j'éliminerai les Natifs. Définitivement.
Ces quelques mots suffirent à convaincre ceux qui ne l'étaient pas encore. Tous les habitants présents levèrent le poing en l'air en criant, et bientôt le nom de Pike fut scandé par la foule.
L'homme afficha un léger sourire, satisfait : en voulant l'arrêter, la Chancelière venait de lui donner les pleins pouvoirs.
- Clexa -
Bellamy poussa Abby sans ménagement dans la cellule et referma brutalement la porte derrière elle. Tout juste à l'intérieur, l'ancienne Chancelière fit volte-face et donna un coup colérique dans la porte.
- Bellamy, qu'est-ce que tu fais ?
- Je ne fais qu'exécuter les ordres.
- Tes ordres viennent de moi, pas de Pike. Je te connais, je sais que tu ne penses pas comme lui. Pourquoi lui obéis-tu ?
- Vous ne me connaissez pas, répondit le brun d'une voix froide.
- Jaha t'a donné son pardon, ce n'est pas pour que tu gâches tout et que tu tournes le dos à notre peuple.
- Je ne lui tourne pas le dos, au contraire. Je fais ce qu'il y a de mieux pour nous et je pense à notre sécurité avant tout.
- Nous ne pouvons pas entrer en guerre contre les Natifs.
- Ce n'est plus à vous d'en décider.
- Pike est complètement fou, il nous mènera à notre perte. Tu es le mieux placé pour savoir que les Natifs peuvent faire des dégâts même s'ils n'ont pas notre technologie.
Le jeune homme sembla plus sensible à ces propos, mais il n'afficha son incertitude qu'une seconde avant de reprendre son air sérieux. Il n'ajouta rien et partit.
Il se dirigeait vers la sortie, mais quand il passa devant une cellule non loin de celle où il venait d'enfermer Abby, il sentit une main lui saisir le bras. Il se dégagea immédiatement et fit volte-face pour découvrir Marcus Kane qui le fixait avec un air soucieux.
- A quoi est-ce que tu joues ?
- J'exécute les ordres.
- Les ordres de Pike ? Ce n'est pas pour ça que tu es devenu garde.
- Non, en effet. A l'origine si je suis devenu garde c'était pour tenter de survivre au mieux à la loi impitoyable de l'Arche et pour protéger ma mère et ma sœur.
- Ne te fais pas passer pour plus bête que tu ne l'es, tu sais très bien que ce n'est pas ce que je veux dire. Tu n'as pas intégré la garde de Pike parce que tu adhérais à ses idées, n'est-ce pas ?
- Ça ne vous regarde pas, répliqua le jeune homme sur un ton agressif et en élevant quelque peu la voix.
- C'est vrai, tu as raison. Mais tâche seulement de ne pas oublier ce que je t'ai dit.
Bellamy regarda l'ancien Conseiller en fronçant les sourcils.
- La menace est à l'intérieur des murs du camp, pas à l'extérieur.
A ces mots, le garde se rappela de la conversation qu'il avait eue quelques temps auparavant avec Kane.
* Flash-back *
Bellamy venait juste d'aller déposer sa candidature pour rejoindre la garde de Camp Jaha, qui jouait également le rôle d'armée. En tant que chef des gardes, c'était Pike qui l'avait accueilli. Il avait déjà eu l'occasion de voir la force du jeune homme quand celui-ci avait aidé aux travaux manuels du camp et surtout quand il l'avait vu s'entraîner avec Lincoln. Certes le Natif avait le dessus sur lui grâce à une meilleure technique de combat, mais le brun se défendait bien. Pike n'avait pas hésité et l'avait immédiatement intégré à la garde sans même lui faire passer de tests, et Bellamy venait tout juste de récupérer son équipement quand il croisa Marcus.
- Tu as intégré la garde ?
- Oui, Pike m'a accepté sans problème et je viens de récupérer mon matériel.
- C'est bien, on a besoin de gens comme toi parmi nos soldats.
Le jeune homme répondit par un léger sourire.
- Reste tout de même prudent.
A ces mots, le brun fronça les sourcils. Il n'était pas sûr de comprendre ce que voulait dire Kane.
- Méfie-toi de Pike. Il fait partie de ces orateurs illuminés qui soulèvent les foules mais dont les intentions sont souvent douteuses.
- Il est dévoué à notre peuple.
- Je ne dis pas le contraire, mais il l'est justement peut-être un peu trop.
- Il ne cherche qu'à protéger le camp. Cette menace en dehors des murs est bien réelle et-
- La menace est réelle oui, mais elle vient de l'intérieur, Bellamy. Tu ne le vois pas ?
Bellamy eut un mouvement de recul et un air méfiant se peignit sur son visage. L'ancien Conseiller était-il en train d'insinuer que Pike pouvait être une menace ?
- Reste vigilant, c'est tout.
Sur ces mots, Kane partit, laissant le jeune homme seul avec ses doutes.
A peine quelques jours plus tard, Pike avait encore gagné en influence et suite à une altercation avec Marcus, il l'arrêtait pour trahison, sous le motif qu'il tenait des propos laissant penser qu'il voulait pactiser avec l'ennemi.
* Fin du flash-back *
Bellamy regarda le prisonnier droit dans les yeux avec une intensité particulière, et ce pendant un long moment. Marcus ne faiblissait pas, et alors le garde finit par détourner les yeux, incapables de soutenir son regard plus longtemps.
- Vous m'excuserez, j'ai à faire.
Kane resta silencieux et alors le jeune homme sortit de la prison et verrouilla la porte derrière lui.
Le calme retomba quand il fut parti, mais il ne dura pas longtemps.
- Docteur Griffin ?
C'était Sinclair qui venait de parler. Il occupait la même cellule que Marcus, tout comme Lincoln et d'autres, et venait de se lever pour venir aux barreaux.
Des pas se firent entendre, provenant de la cellule qui se trouvait au bout du couloir.
- Sinclair ?
- Oui, c'est moi.
- Qui d'autre est là ?
- Kane, Lincoln, et quelques autres.
- Vous allez bien ?
- Oui, ils ne nous ont rien fait, nous avons seulement été enfermés.
Aucun des deux interlocuteurs ne pouvait voir l'autre puisqu'ils ne pouvaient pas passer la tête hors de leur cellule respective, mais Sinclair entendit Abby pousser un soupir de soulagement.
- Pike trouvait toujours un moyen pour m'empêcher de venir vous voir, j'ai fini par croire qu'il vous avait fait du mal ou même qu'il vous avait tués.
- Tout le monde va bien, ne vous en faites pas.
- Pour l'instant.
Kane venait de parler d'un ton grave et paré d'anxiété.
- Marcus ?
- Abby, qu'est-ce que tu fais ici bon sang ? lança l'homme d'un ton sec. On était d'accord, tu devais faire profil bas et ne pas te faire remarquer, on avait besoin d'avoir au moins une personne qui puisse limiter les agissements de Pike.
- Je sais, et j'ai fait tout mon possible ! Mais ça fait plus de deux semaines qu'il t'a enfermé et que je m'oppose sans cesse à lui, il tolérait déjà mal mon autorité mais cette fois il a fini par ne plus supporter et il a saisi l'occasion de se débarrasser de moi quand elle s'est présentée.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé pour qu'il puisse t'arrêter sans que personne ne réagisse ? Il a beau avoir beaucoup de gens qui le soutiennent, une bonne partie du camp se méfie de lui et croit en toi.
- Il faut croire que même ceux-là ont fini par être convaincus par son discours, souffla Abby d'un ton las. J'ai découvert qu'il droguait Raven. Il se sert de cette drogue qui transformait les Natifs en Faucheurs, et j'imagine qu'il lui fait du chantage.
- Qu'est-ce qu'il attend d'elle ?
- Je ne sais pas, mais il lui fait sans doute fabriquer des armes.
- C'est pas vrai, soupira Kane. La situation empire chaque jour, et maintenant qu'il t'a mise sur la touche il va avoir les mains libres pour faire ce qu'il veut.
- Il va entrer en guerre avec les Natifs, c'est certain.
- Il reste encore de l'espoir.
Tous les occupants de la cellule se tournèrent vers celui qui venait de parler et Abby reconnut la voix de Lincoln. Il était assis sur une banquette, visiblement résigné mais serein.
- Lequel ? demanda Sinclair. Tous ceux qui pouvaient s'opposer à Pike sont enfermés ou morts, plus rien ne l'empêche de devenir le nouveau Chancelier et de déclencher une guerre. Bellamy était notre dernier espoir, mais visiblement lui aussi a fini par se faire avoir par ses beaux discours.
Kane, qui n'était pas aussi catégorique au sujet de Bellamy, regarda brièvement l'ingénieur, mais il ne fit aucun commentaire.
- Il reste encore Octavia, reprit le Natif à la peau mate. Si elle atteint Polis elle pourra rejoindre la Commandante et ils pourront stopper Pike.
- Comment ? Ils ne feront pas le poids face à nos armes, ils vont se faire massacrer. Et nous ne sommes même pas sûrs qu'elle soit encore en vie, ils ont très bien pu la tuer ou elle a pu être attaquée par un animal sauvage, il a pu lui arriver n'importe quoi.
- Elle est notre dernière chance, alors plutôt que de faire des hypothèses sur la façon dont elle pourrait mourir, priez pour qu'elle réussisse.
Le ton de Lincoln était particulièrement sec et cassant et donna naissance à un silence pesant. Plus personne n'osait parler et Sinclair avait préféré se taire et aller s'asseoir dans un coin de la cellule plutôt que d'entrer en conflit avec le guerrier.
Kane était toujours appuyés aux barreaux de la cellule, et il laissa sa tête retomber contre ceux-ci en poussant un profond soupir.
- Je suppose qu'il ne nous reste plus qu'à espérer que les Blake ne nous fassent pas défaut.
Alors, qu'avez-vous pensé de ce retour à Arkadia ? C'était l'occasion de prendre des nouvelles des personnages dont je n'avais pas encore parlés et de revoir ceux qui avaient été seulement aperçus dans les premiers chapitres, mais comme vous pouvez le voir, c'est loin d'être tout rose...
J'espère que ça vous aura plu, laissez-moi une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé :)
A bientôt :)
