Bonjour tout le monde,
Aujourd'hui, nous allons voir comment le professeur de potions considère l'attitude d'Hermione qui se met dans des aventures dangereuses avec Harry et Ron, , parvenant à établir une "amitié" avec eux. Nous verrons aussi les soucis de Severus, ses réflexions face à son attitude en tant qu'enseignant.
Bonne lecture,
Cordialement,
Mononoke-chan
Le professeur de potions n'était pas de bonne humeur ces derniers temps. Les élèves se demandaient même s'il connaissait le sens de cette expression. Il devenait en effet de plus en plus acariâtre à mesure que les jours du mois d'octobre passaient. Il avait de quoi se faire du souci, en effet.
Premièrement, il devait préparer ses cinquième année aux épreuves des BUSES comme chaque année, et cette tâche n'était pas de tout repos. Ses élèves n'étaient guère enchantés à l'idée de passer des examens qui détermineraient leur futur.
Ils devraient pourtant cravacher dur s'ils souhaitaient être autorisés à suivre ses cours de préparation aux ASPICS. Il n'admettait en effet dans sa classe de sixième année que des élèves ayant obtenu un "Optimal" à leur BUSE de potions. Inutile de préciser que seule une petite minorité parvenait à ce résultat, ce qui faisait que les effectifs de sixième année étaient réduits, en moyenne de dix à quinze élèves. "Des conditions optimales pour étudier", se disait avec amertume Severus, lorsqu'il voyait que le travail fourni par ses étudiants de sixième année n'était pas à la hauteur de ce qu'il attendait. "Ils ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'étudier dans un cadre aussi privilégié."
Les BUSES n'étaient pas son seul souci. Il devait en plus se charger des cours d'ASPICs que passaient les septième année. "La poignée de cerises" qui avait franchi le cap des BUSES en potion réussissait en principe les examens d'ASPICS de cette discipline. Mais on ne savait jamais. Un échec pouvait arriver, et Severus n'avait aucune envie qu'il se produise, et encore moins que ce soit l'un de ses serpents devenus grands qui lui fasse cette peine.
Il se demandait par moment s'il n'était pas en train de devenir trop familier avec eux dans ses pensées. Non, il les suivait depuis leur première année, il voulait tout simplement qu'il fassent honneur à leur maison, leur seconde famille.
Il lui arrivait souvent de pester contre Albus Dumbledore, pour lui avoir confié trop de responsabilités pour un salaire misérable de soixante-dix Gallions par mois. Ce dernier souhaitait sans doute faire des économies sur le personnel enseignant et avait catégoriquement refusé d'embaucher un autre professeur de potion, pour aider Severus à se concentrer sur certaines classes.
Ainsi, le professeur Snape devait dispenser vingt-huit heures de cours par semaine ( quatre par année) , préparer les cours, ( il les avait déjà préparés pendants ses vacances et c'était toujours la même chose, alors ce n'était pas le pire) , corriger les copies de ses élèves, assister aux conseils de classe deux fois par trimestre, présidés par Albus Dumbledore et , du moins en théorie, s'occuper de ses élèves de Serpentard, les aider dans leur évolution, communiquer avec leurs parents ou leurs tuteurs.
Il n'était donc pas étonnant qu'il soit devenu injuste, passant sa frustration sur les élèves de Gryffondor, surtout, ces petits morveux qui ne comprenaient pas la tâche ardue que représentait l'enseignement, ni les efforts que faisaient les adultes pour bâtir un monde meilleur. Ils allaient apprendre que rien dans la vie n'était servi sur un plateau d'argent. Ils allaient devoir mériter ce qu'ils gagneraient, avec lui, à la sueur de leur front. Ce n'était pas comme s'il restait sans rien faire pendant qu'ils effectuaient leurs potions. Il devait les surveiller, leur donner des conseils, leur rappeler leurs instructions, en quelque sorte, il faisait son travail, voilà tout.
Bref, il comprenait l'infirmière de Poudlard, Poppy Pomfresh quand elle disait que les professeurs de Poudlard étaient surmenés. Elle fournissait d'ailleurs Minerva McGonagall et Filius Flitwick en potions contre la dépression et la fatigue. Elle demandait à Severus de lui préparer ces potions, ce qu'il trouvait fastidieux car elles étaient longues et difficiles à faire. Mais d'un autre côté, il la remerciait secrètement car il pouvait en subtiliser quelques flacons afin de tenir lui-même face à cette pression. De même, elle pestait souvent contre le directeur, qui ne se souciait pas du bien être de ses collègues, ne pensant qu'à son confort personnel.
De plus, le professeur Snape avait d'autres soucis que son travail à Poudlard. Son hibou lui avait envoyé de très mauvaises nouvelles financières, à savoir le loyer et les factures de l'Impasse du Tisseur, qu'il devait régler, sans quoi il n'aurait nulle part où aller. Or, Severus tenait à son foyer, même si celui-ci n'était qu'une bâtisse misérable, il s'efforçait de le reconstruire, avec les maigres moyens dont il disposait.
Aucun autre endroit ne l'accepterait autant que celui-ci. Avec le temps, il avait fini par l'apprivoiser, tel le petit prince qui apprivoise le renard dans le roman de Saint-Exupéry. S'il avait fini par se sentir chez lui, c'était en partie grâce au parricide qu'il avait commis, et en partie grâce au souvenir de Lily. Et surtout, il restait à l'Impasse du Tisseur pendant les vacances, car il ne voulait surtout pas dépendre de Dumbledore, qui n'avait jamais mis les pieds à Carbone-les-Mines.
Celui-ci ne connaissait pas le quartier ouvrier de Carbone-les-Mines, et n'aurait de toute façon pas pu entrer dans la maison de Snape car celui-ci avait usé de tous les sortilèges anti-transplanage, anti-cheminette, anti-entrée de Portoloin. Il avait même jeté un sort visant à rendre cette maison incartable pour des sorciers. Bref, cette maison était devenue une vraie chasse gardée pour Snape. Il l'avait aménagée selon ses goûts, transformant l'ancienne chambre de ses parents en laboratoire de potions. Il pouvait s'amuser comme un fou pendant ses vacances à créer des potions, et quand Drago venait, il lui enseignait amoureusement cet art subtil. Le jeune garçon avait pris goût aux potions et avait fini par se rendre compte que la vie dans la maison de l'Impasse du Tisseur n'était pas si désagréable que ce qu'il pensait au début.
Pour résumer, Severus n'était pas content de voir son maigre salaire finir dans le paiement du loyer des des factures occasionnés par cette maison vétuste, qu'il avait même envisagé de demander une augmentation de salaire à Dumbledore l'année précédente. Ce dernier lui avait ri au nez, et avait demandé si Snape était toujours aussi amoureux de Lily, pour ne penser qu'à de basses considérations matérielles "Vous n'avez pas besoin de plus d'argent, c'est largement suffisant" lui avait-il dit d'un ton paternaliste que Severus exécrait tant. Il lui rappelait d'ailleurs l'ignominie de son propre père, qui était un menteur fieffé. Il aurait d'ailleurs fini aux travaux forcés si ce châtiment existait encore.
En plus de ces soucis matériels, le professeur Snape subissait d'autres frustrations, même s'il tentait d'ignorer celles-ci. Elles concernaient une élève de Gryffondor,et pas n'importe laquelle: Hermione Granger. Il avait lu dans ses pensées et avait vu des éléments qui l'avaient profondément indigné.
Cette jeune fille avait suivi Harry Potter,Ron Weasley et Neville Londubat le soir où ils allaient dans la salle des Trophées pour affronter en duel Drago Malefoy et ses acolytes. Or, ils avaient été surpris par Rusard et s'étaient enfuis, au point de se trouver devant la porte du couloir du troisième étage qui était expressément interdite, conformément aux instructions d'Albus Dumbledore. Ils avaient alors rencontré le chien à trois têtes, face auquel aucun élève ne devait se trouver.
Ainsi, bien qu'il n'approuvât pas du tout le fait qu'Hermione eût suivi les trois garçons dans cette aventure dangereuse, il éprouva un sentiment étrange de satisfaction lorsqu'il l'entendit dire à cet avorton de Potter "Alors , j'imagine que tu prends cela comme une récompense pour avoir violé le règlement." e voyant le balai flambant neuf qu'il avait reçu pour s'être envolé alors que Rolanda Bibine l'avait interdit.
Il en avait assez d'endurer des frustrations alors que les autres, qui ne respectaient pas les règles, s'en sortaient sans la moindre sanction sévère. La vie n'était pas juste, décidément. Comme si elle l'avait été pour lui, pensait-il avec une ironie amère.
Le soir d'Halloween, le professeur Quirrell était arrivé dans la Grande Salle en criant "Un troll dans les cachots" et s'était évanoui. En réalité, Snape avait compris qu'il s'agissait d'une mascarade pour faire diversion et entrer dans le couloir interdit. Il n'avait donc pas été surpris de voir Quirrell ouvrir la porte maudite et il avait tenté de l'en empêcher, au prix d'une morsure sanguinolente à la jambe.
Ensuite, ils avaient été rejoints par le professeur McGonagall, ce qui les avait empêchés de se disputer davantage. Minerva les avait entraînés vers les toilettes des filles, qui étaient détruites. Le troll gisait, étendu par terre, et devant eux se trouvaient deux garçons debout face à une fille dans la même posture, séparés par le corps du troll. Il s'agissait de Potter, Weasley et de Granger.
Ce qui lui avait déplu était le mensonge éhonté d'Hermione, qui avait dit qu'elle était partie à la recherche du troll. Non, la vérité était plus insidieuse que cela, elle avait été insultée par Ron Weasley après le cours de Sortilèges, où elle avait excellemment réussi le sortilège de Lévitation. Elle avait alors passé tout l'après-midi à pleurer dans les toilettes, à verser des larmes amères, à se reprocher ses défauts. Le professeur de potions ne l'avouerait jamais, mais lorsqu'il avait posé son regard sur la fillette, elle lui avait fait pitié. Elle était comme lui, au même âge, une fille sans amis, qui souffrait de l'ostracisme de la part de ses camarades parce qu'elle était bien plus douée qu'eux.
Hélas, une pensée désagréable le traversa lorsqu'il se rendit compte qu'à compter de ce jour, où ils avaient affronté le troll , Hermione Granger était devenue amie avec Harry Potter et Ronald Weasley. Il en éprouvait un terrible pincement au coeur, car cela voulait dire qu'elle ne s'entendrait plus avec les Serpentard, ni avec lui-même. Elle avait choisi son camp dans l'univers quasi-manichéen de Poudlard qu'il tentait de ne pas voir, mais qui lui apparaissait en face des yeux comme une évidence.
Il était déçu, terriblement déçu. La blessure que lui avait infligée Touffu n'était presque rien comparée à celle qu'il ressentait lorsqu'il voyait Hermione Granger marcher en compagnie de Potter et de Weasley, riant avec l'insouciance dont les enfants sont encore pourvus, pour la majorité d'entre eux, pensait-il amèrement.
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Cordialement.
