Drago s'approcha d'elle, et elle poussa un cri horrifié, il avait le visage tuméfié...
-Granger je crois que j'ai besoin d'aide, et il s'écroula dans le canapé en face de celui d'Hermione.
Celle-ci se leva d'un bon, les vapeurs d'alcool ayant totalement disparues, elle était vraiment choquée, Malefoy était méconnaissable, son œil gauche était d'une couleur noire/violacée, il avait la lèvre éclatée, son nez saigné et son arcade ouverte. Après un instant d'hébétude, elle laissa la panique s'extérioriser :
-Oh mon Dieu, Drago mais qu'est-ce qu'il s'est passé? Qui t'as fait ça? Et puis où d'ailleurs parce qu'il y avait forcément des professeurs, elle s'était mise à faire les cent pas et s'approcha vivement du blond, ça va? Tu n'as pas trop mal quand même? Comment je vais faire pour te soigner, je dois avoir de l'antiseptique et des pansements dans ma valise, dit-elle en se dirigeant précipitamment vers sa chambre.
-Bordel Granger! Tu es une sorcière alors sers toi de ta baguette, cracha t-il peu amène.
-Ah oui je suis bête, elle retourna vers lui en courant presque et sortit sa baguette, Episkey, Episkey, ohh je n'y arrive pas, dit t-elle en tremblant comme une feuille.
-Granger, prononça Drago avec force, Granger regarde moi, elle vrilla son regard dans le sien, tu es de loin la sorcière la plus douée que je connaisse, alors calme toi et aide moi, s'il te plaît, souffla t-il.
Hermione respira un grand coup, se concentra et prononça d'une voix claire :
-Episkey
Cette fois, la plaie à l'arcade de Drago cessa de saigner. Elle utilisa ce sort pour stopper le saignement de nez, de la lèvre et pour désenfler un peu son œil. Elle alla dans sa chambre, d'un pas plein d'assurance et revint avec un petit flacon. Elle l'ouvrit et en versa quelques gouttes sur chaque plaie de Drago, une fumée verdâtre s'élevait à chaque fois que la substance rentrait en contact avec la peau du Serpentard.
-C'est quoi ton truc?
-De l'essence de dictame, tes plaies ont l'air d'avoir plusieurs jours à présent, j'en ai toujours au cas où!
-Comme quoi ça m'a bien servi ce soir, déclara t-il visiblement en meilleure forme, euh...Merci!
-De rien Malefoy, dit-elle d'une voix beaucoup plus posée à présent.
-Tu m'as appelé Drago tout à l'heure, dit-il avec son éternel sourire moqueur.
-Quoi? Dit-elle en relevant précipitamment la tête, non c'est impossible
-Ah si, même dans mon semi-coma je t'ai entendue, répliqua t-il avec un sourire ravi
-D'une Malefoy tu étais à deux milles lieues d'être dans un semi coma, et de deux, si je l'ai dit c'est juste à cause de l'alcool et de la panique.
-Hum, alors tu as paniqué pour moi, en prenant un air songeur et nullement affecté par la remarque acerbe de sa camarade.
-Malefoy, susurra t-elle en le regardant dans les yeux, que cherches tu à faire là, maintenant?
-Euh...bah..balbutia t-il surpris du changement d'attitude de la lionne
-Je pense que, dit-elle en se rapprochant lentement de lui, que tu cherches vraiment à me mettre hors de moi, enchaîna t-elle, en se levant, et d'une voix nettement plus forte, tu débarques d'on ne sait où avec la tête de quelqu'un qui s'est fait marché dessus par un troll, tu ne me dit rien, je n'ai le doit à aucune explication et le pire c'est que juste après tu me taquine comme si de rien était, tu te payes ma tête Malefoy! Termina t-elle en élevant la voix au fur et à mesure de sa tirade.
Drago se leva, visiblement mécontent qu'on lui parle comme à un enfant de six ans. Il déclara d'une voix tranchante :
-Granger écoute moi bien, je ne suis pas un première année à qui tu pourrais faire une leçon de morale ou encore un de tes amis avec qui tu te permet peut être ce genre de discours. Si je suis venu te voir c'est parce que nous habitons dans le même appartement et qu'accessoirment tu es la meilleure élève de cette école. Je t'ai remercié, que veux tu de plus, une médaille, un trophée? Et je ne te dirais pas où j'étais ou ce qui m'est arrivé car tu n'es ni ma mère, ni une prof et encore moins ma copine? Et encore, même à ces personnes là je ne leur dirais rien, finit-il réellement énervé.
Hermione le regarda hébétée, elle était tellement en colère qu'elle ne trouvait plus ses mots, pour qui se prenait ce petit hypocrite profiteur? Comment avait elle pu croire qu'il pouvait changé? C'est là qu'elle se rendit compte qu'elle avait commencé à apprécier Drago Malefoy et qu'en une seule phrase il avait tout fichu par terre. Elle planta donc son regard dans le sien et lui dit avec tout le dégoût et le dédain qu'elle pouvait avoir :
-Tu es vraiment l'être le plus abject que cette Terre est portée Drago Malefoy, tu ne mérites pas que quelqu'un s'intéresse à toi, et de toute façon à quoi cela servirait-il puisque tu ne t'intéresses qu'à toi même?
Et elle tourna les talons pour aller dans sa chambre. A mi-chemin, elle entendit Drago crier qu'il était ravi de l'apprendre. Elle claqua la porte et s'effondra sur son lit pour pleurer longuement. Bien sûr qu'elle ne pensait pas un seul mot de ce qu'elle avait dit. Déjà, parce que Voldemort était mille fois plus abject que Drago, et parce qu'en plus, le Serpentard s'était intéressé à elle, ne serait-ce qu'au repas de ce soir où ils avaient parlé de livres et du programme de cette année, il était plus gentil, il ne l'insultait plus. C'est elle qui avait peur de cette amitié naissante, peur d'être jugée par ses amis, peur que la mission soit découverte, peur que tout le monde sache ce qu'ils savaient... elle s'endormit, éreintée par cette soirée trop longue.
Drago lui aussi était blessé, les mots d'Hermione lui faisait plus de mal que ce qu'il aurait cru. Il la trouvait injuste car il avait fait beaucoup d'efforts pour faire un pas vers elle et rendre cette mission plus agréable à vivre. Lui se fichait du caractère secret de celle-ci. Mais pour elle qui, avant cela, partageait tout avec ses amis, cela ne devait pas être facile. Il décida d'aller se coucher, la soirée avait été longue, bien trop longue. Étendu dans son lit, il pensa à Hermione et pensa pour la première fois de sa vie qu'il pourrait peut-être lui faire des excuses...avant de se retourner et de se dire que c'était hors de question.
Non loin de là, dans le Parc de Poudlard, Harry et Ginny discutaient de ce qu'ils avaient vu plusieurs dizaines de minutes auparavant. Leur étreinte avait été interrompue par des cris non loin du Saule Cogneur, ils s'étaient rapprochés et avaient vu Drago Malefoy se faire passer à tabac façon Moldu par une demi-douzaine de Serpentard. Ils n'avaient pas entendu ce que les agresseurs disaient, leurs voix couvertes par les cris de leur victime. Ils n'étaient pas intervenus, les Serpentards étant bien trop nombreux de toute façon ; mais ils se demandaient bien, en remontant vers le château le plus silencieusement possible, ce que pouvait avoir fait le Prince des Serpentards pour mériter une telle correction.
