Le bal du chaos
Lily Potter était dans son bureau au Département des Mystères. Les nombreuses feuilles recouvertes de runes diverses sur le bureau étaient abandonnées pour l'instant. Plongée dans ses pensées, la rousse ne savait plus quoi faire.
Cela faisait des années qu'elle se préparait à l'éventualité de quitter son mari, depuis un peu plus de deux ans. Mais les récents évènements lui avaient fait comprendre qu'il ne lui servait plus à rien de retarder l'échéance. Le contrat de mariage, qu'elle avait discrètement fait retirer du coffre des Potter, lui avait effectivement donné la clé de son départ. Avec l'aide des ouvrages du Département concernant les contrats magiques ainsi que les conseils de Sirius et d'Augusta, elle s'était préparée. L'appartement qu'elle avait utilisé pour ses études supérieures avant son mariage avait été agrémenté du Fidelitas modifié de son fils et de par ses connaissances, elle avait soigneusement protégé sa retraite. Professionnellement parlant, elle avait contacté son supérieur pour savoir et celui-ci lui avait assuré qu'il tenait à la garder et il y avait longtemps qu'elle était indépendante financièrement.
L'horloge dans le hall signala soudain la fin du travail. La femme sursauta et mit quelques instants à retrouver ses esprits. Comprenant ce qui se passait, elle rangea ses recherches et se dirigea vers la sortie.
Mais elle ne se rendit pas directement au Manoir Potter. Elle alla tout d'abord vers son appartement qu'elle finissait petit à petit d'aménager, récupéra un ouvrage oublié là avant de rejoindre son époux.
Devant l'agitation qui régnait dans le Manoir, Lily était sûre que ce qui l'attendait n'allait pas du tout lui plaire.
-Lula ? appela doucement Lily
-Oui, dame Lily ? répondit l'Elfe de maison
-Que se passe-t-il donc ?
-James Potter Maître a décidé d'organiser une fête en l'honneur d'Aurore Potter Maîtresse.
-Depuis quand ?
-Deux semaines, dame Lily.
-Et il n'a même pas songé à me prévenir. Je vais aller autre part, donc.
-Je suis désolée, dame Lily. Mais le maître a exigé votre présence.
-Je te demande pardon ?!
-Ce sont les ordres, dame Lily.
-Tu peux y aller, Lula.
L'elfe partit aussitôt.
La colère de la femme enfla drastiquement. Non content de ne pas la prévenir de la réception qui se déroulait sous leur toit, James s'octroyait le droit d'exiger sa présence ! Cela n'allait pas se passer comme ça !
D'un pas rageur, elle se rendit au bureau de son époux et ne s'embarrassa pas de scrupules.
La porte vola et James sursauta en voyant Lily dressée dans l'encadrement, vibrante de fureur.
-Lily ?!
-Puis-je savoir ce qui se passe dans ma propre maison ? gronda Lily
-Je reste encore le maître de cette maison ! rechigna James
-Et je reste ton épouse et je ne te suis pas soumise ! rugit-elle. Pourquoi ne suis-je pas prévenue de cette réception qui a lieu ce soir ?
-Je croyais qu'Aurore l'aurait fait, marmonna James.
-Tu es encore le maître de cette maison, ironisa Lily. J'aurais dû être mise au courant par toi. Mais de toute façon je ne tiens pas à y aller.
-Comment ?! bondit James. Mais Aurore veut que nous soyons là !
-Et je ne suis pas du tout à ses ordres ! claqua Lily
-Elle a une importante nouvelle à annoncer, déclara James.
-Et comme je suis sa mère, je dois l'apprendre en même temps que les autres, siffla Lily.
-Viens, tu seras tout à fait ravie … supplia presque James.
Lily réfléchit. Pour que même James la supplie, c'était que la nouvelle devait être de premier ordre.
-Qui est invité ? demanda finalement Lily
-Toutes les familles Sang Pur ainsi que les plus importants personnages du Ministère, répondit fièrement James.
Lily siffla intérieurement. Il venait littéralement d'inviter toutes les personnes qui comptaient en Angleterre ! Il allait donc y avoir un choc. Mais cela voulait dire …
-Harry sera donc là, en déduisit Lily.
-Je suis bien obligé, cracha James.
Lily cacha son sourire. Sirius, célibataire endurci, avait eu un éclair de génie. Quand James avait jeté dehors Harry, ce dernier avait fait valoir ses droits en tant que parrain et avait récupéré sa tutelle, contre l'avis de James. C'était d'ailleurs à cette époque que leur amitié si fusionnelle avait définitivement été détruite. Pour bien marquer qu'il ne s'inclinerait jamais devant la garce qu'était déjà devenue Aurore, il avait fait de Harry son héritier, titre que James n'avait pas caché vouloir pour sa fille. De ce fait, actuellement, Harry était l'un des plus riches partis d'Angleterre et avait une bonne place dans le monde. Et à chaque réception officielle, chaque Lord devait dans la mesure du possible emmener son héritier.
Donc Harry, le fils que James avait toujours méprisé, serait présent.
Revoir Harry était une raison suffisante.
-Très bien, capitula Lily. Je serais là.
-Parfait, fit James. Aurore t'a préparé une robe …
-Je sais encore m'habiller seule, siffla Lily. Je m'habillerais donc comme je l'entends.
Surtout que les goûts de sa fille étaient aux bas mots atroces.
-D'accord, capitula à son tour James, sachant qu'il n'aurait pas gain de cause.
Sans un mot, Lily quitta le bureau et partit dans ses appartements, faisant chambre à part depuis que son époux avait jeté dehors son propre fils. Elle remarqua la robe rouge suspendue sur son paravent et grimaça. En plus de jurer totalement avec sa couleur de cheveux, la coupe du vêtement la vieillissait outrageusement et était en même temps tout à fait impudique. En clair, parfaitement dans les goûts de sa fille.
Elle bannit la robe et entra dans son dressing. Comme elle allait un peu contre son gré, Lily n'allait pas du tout se conformer aux codes de son époux et de sa fille. Munie d'un escabeau, elle sortit une boîte qui se trouvait au plus profond de la pièce et l'ouvrit.
Parfait.
Sirius avait opté pour un style mélangeant Moldu et sorcier. Sa chemise bleu gris et son pantalon à pince noir se voyaient donc parfaitement sous la robe de sorcier ouverte. Son blason, sur la poitrine à gauche, était brillamment mis en valeur et personne ne pouvait ignorer qu'ils étaient en présence de Lord Black, l'une des plus grandes fortunes d'Angleterre.
Derrière lui, Harry traînait franchement des pieds. Pour preuve, sachant parfaitement que son géniteur haïssait totalement, il s'était entièrement habillé en Moldu. Son costume provenant des plus grands couturiers et sa chemise de soie sauvage attirait l'œil et cela ferait sans nul doute enrager sa jumelle qui détestait ne pas être le centre du monde.
Sirius avait été surpris de recevoir une invitation pour une réception au Manoir Potter. Et encore plus en voyant que son héritier était cordialement invité. Après renseignements pris auprès d'autres familles, il avait compris qu'il s'agissait d'une grande réunion protocolaire et donc qu'une grande nouvelle allait être annoncée. Vu le personnage, que la nouvelle soit que Aurore avait eu une bonne note ne l'aurait même pas étonné. En prenant toutes ses précautions tout de même, Sirius et Harry étaient donc venus. Comme d'habitude, ils étaient allés saluer tout le monde et ils avaient fini par arriver à la fin à leurs hôtes.
Harry dut se retenir d'hurler de rire en voyant les femmes de la famille et Sirius ne cacha pas son sourire un brin ironique.
Lily Potter était tout simplement sublime. Dans une robe verte qui rappelait subtilement la couleur de ses yeux et dans une coupe séduisante, elle n'accusait pas ses quarante ans passés.
Aurore Potter était quant à elle vulgaire, c'était ce qui la qualifiait de mieux. Vêtue d'une robe rouge jurant atrocement avec ses cheveux roux coiffés n'importe comment, au décolleté plus que plongeant pour mettre en valeur sa poitrine inexistante, fendue des deux côtés jusqu'au-dessus des hanches et perchée sur des talons aiguilles de quinze centimètres de haut minimum, sans compter le maquillage bien trop prononcé, la jeune fille ressemblait plus à une petite fille qui s'habillait avec les affaires de sa mère sans sa permission qu'à une vraie jeune fille.
Sirius salua de façon neutre James et Aurore avant de se tourner vers Lily et de s'incliner profondément, chose qu'il n'avait même pas accordé à Aurore.
-Lily, tu es magnifique, sourit Sirius.
-Merci, rosit Lily. Tu n'es pas mal non plus.
-Je demande une danse.
-Toutes celles que tu veux.
-Je prends note. T'ai-je présenté mon héritier ?
-Du tout.
-Voici Harry, notre fils, en quelque sorte.
Lily ne s'embarrassa pas de scrupules et serra son fils dans ses bras. Elle faillit ne pas retenir ses larmes mais un mouchoir savamment présenté lui permit de les camoufler efficacement.
-Tu vas bien, constata Lily.
-Bien mieux depuis que je suis auprès de toi, sourit Harry. Tu es tel un ange, maman.
-Vil flatteur, tu suis les pas de Sirius ! rit Lily. Allez, filez !
La manipulation n'avait échappé à quiconque dans la salle. Ce qui se passait dans la famille Potter était connu de tous. Rare voire inexistantes étaient les réceptions où l'héritier des Potter rencontrait Lord Potter. Celle-ci était donc une grande première.
Mais le mépris que montrait le tenant du titre ne gênait absolument pas l'héritier en titre. Cependant, la première dame du clan savait que le ressentiment du Lord, qui s'était transformé peu à peu en haine, pouvait plonger dans la violence, qu'il y ait des témoins ou non.
Le fait donc qu'Harry n'ait pas présenté ses hommages à James était totalement voulu par Lily. Elle ne voulait pas qu'un scandale éclate, elle préférait franchement que ce soit Aurore qui les déclenche pour qu'elle puisse se débrouiller toute seule, ou plutôt que son père se charge de ses problèmes à sa place. Mais tant qu'elle serait présente, jamais on ne toucherait à son fils si elle avait son mot à dire.
L'entrevue passée, tous profitèrent de la soirée. Les gens discutaient entre eux, posaient généralement des bases d'une future entente. Harry, après concertation avec Sirius, s'éloigna un peu pour rejoindre ses amis.
-Tu ne sais pas pourquoi nous sommes là ? fit Draco
-Pas du tout, soupira Harry. Et vu comment maman est habillée, elle non plus.
-Mais elle reste quand même lady Potter ! fronça des sourcils Théo
-Je prévois un coup en douce d'Aurore et James, avoua Harry …
Le brun se figea.
-Harry ? appela Blaise
Le jeune homme se dirigea vers le fond de la salle en entraînant ses amis. Là, ils découvrirent une silhouette vêtue de noir qu'ils reconnurent aussitôt.
-Severus ?!
-Bonsoir, jeunes gens, sourit Severus.
-Ta présence ici est encore plus improbable que la mienne, commenta Harry. Comment ça se fait ?
-Le Conseil des Clans s'est réuni la semaine dernière pour me donner le titre des Prince, révéla Severus. Et avant que l'un de vous ne hurle de ne pas avoir été mis au courant, le secret a été demandé.
-Pourquoi ? fit Théo en jetant un regard noir à son compagnon Blaise qui arborait un sourire penaud, ayant pris part à la décision
Severus fit un signe à Harry qui s'empressa de jeter un discret sort de silence autour d'eux avant de reprendre.
-Les Gobelins ont établi que le plus proche parent mâle des Prince était Potter, avoua Severus. Le titre lui serait donc revenu.
Aucun des quatre jeunes hommes n'ignorait qu'Eileen Prince avait été reniée de sa famille pour avoir épousé un Moldu, ce qui entravait franchement Severus pour récupérer son héritage.
-Je ne comprends pas pourquoi le Conseil a refusé de céder l'héritage des Prince à James, fronça des sourcils Harry. Il est dans son droit, que je sache.
-Tu n'as pas tort, répondit Blaise. Mais il se trouve que l'une des affaires en suspens au Conseil reste la succession du clan Potter.
-Je n'aime pas ce que tu insinues, fit Draco.
-Depuis que Harry et Aurore ont atteint leur majorité, la question est devenue importante, expliqua Severus.
-Ne faisant pas partie du Conseil, nous ne devrions pas être au courant, fit remarquer Théo. Alors pourquoi nous le dire ?
-Parce que James a déposé une demande pour changer d'héritier, annonça sombrement Blaise. Il y a dix jours.
Harry se tendit. Son géniteur passait à l'attaque bien plus tôt que prévu. Or, il savait qu'il n'avait pas encore d'avantage net.
-A-t-il avancé ses arguments ? demanda Harry
-Pas encore, répondit Blaise. Mais ça ne va pas tarder. L'examen a été repoussé.
-Pour quand ? demanda Draco
-Nous n'avons pas de date, répondit Severus.
-J'y pense, fit Harry. Comment ça se fait que James ne soit pas au courant que vous avez récupéré le titre des Prince ? On aurait dû l'entendre hurler depuis le temps.
-Comme l'héritage des Potter est remis en question, le Conseil a jugé bon de ne pas le mettre au courant de ce récent changement …
Le groupe se retourna pour découvrir que la personne qui avait répondu n'était autre que Lucius Malfoy. Derrière lui, Sirius souriait.
-Y aurait-il quelque chose que nous devrions savoir à propos du Conseil ? fit Draco
-Ce n'est pas une chose dont nous allons discuter en public, et encore plus dans une maison disons ennemie, déclara Lucius.
-Si nous sommes là, c'est pour vous prévenir que le ministre vous cherche pour que vous vous alliez à lui, fit Sirius.
-Il n'a pas dit ça comme ça, devina Harry.
-Cela était à peine sous-entendu, renifla Lucius.
-Je suis prêt à parier que c'est Dumbledore qui lui a demandé, réfléchit Sirius. Il semble évident qu'avec les maigres moyens que rassemble Aurore, il leur sera impossible de vaincre Voldemort.
-Nous en discuterons un autre jour, conseilla Théo. Ce n'est vraiment pas l'endroit.
Même si le sujet restait présent, tous concédèrent que le moment était mal choisi. Ils décidèrent donc de se mêler à nouveau à la foule. Ils rejoignirent rapidement Lily et Narcissa qui discutaient joyeusement.
-Severus ! s'exclama Lily. Comment ça se fait que tu sois là ?
-Je suis le nouveau Lord Prince, annonça Severus en l'embrassant tendrement.
-Toutes mes félicitations, sourit Lily.
-Est-ce que ça ne serait pas la robe que je t'ai offerte ? demanda Severus
-Tu l'as reconnue ? fit Lily
-Tu es magnifique, complimenta Severus.
-Quand l'as-tu eue, si ce n'est pas indiscret ? demanda Sirius
-C'est mon cadeau de mariage, avoua Lily.
-J'aurais cru qu'avec James, tu aurais dû t'en débarrasser, fit Sirius. Il abhorre tout ce qui rapporte à Slytherin, je ne t'apprends rien.
-Je l'ai toujours soigneusement cachée, avoua Lily. Je cherchais l'occasion parfaite pour la porter, et voilà !
-Qu'a fait Aurore ? soupira Harry
-Je ne suis au courant de cette réception que depuis deux heures, révéla Lily. Le pompon m'attendait dans ma chambre. Vous voyez la tenue d'Aurore ?
-On ne peut pas la manquer, grogna Blaise. Je n'ai jamais vu autant de vulgarité concentrée sur une seule personne.
-J'avais la même tenue qui m'attendait, soupira Lily.
-Aïe, résuma Harry.
-Sais-tu ce qu'on doit nous annoncer ? demanda Narcissa
-Pas le moindre du monde, répondit Lily. Même ça, malgré que cela concerne ma propre fille, je n'ai pas le droit de le savoir avant tout les autres.
-Une conduite étrange, fit Lucius.
-James n'est pas connu pour tenir sa langue, fit remarquer Sirius. Il n'a vraiment rien voulu te dire ?
-Pas un mot, confirma Lily. Tu sais parfaitement que depuis que tu as adopté Harry, il ne se confie qu'à Peter. D'ailleurs, où se trouve ce rat ?
-C'est un peu fort pour qualifier quelqu'un, se risqua Théo.
-Je n'ai jamais eu confiance en lui, qu'importe le lien qui avait uni les Maraudeurs, trancha Lily.
Draco et Blaise coulèrent un regard vers Harry pour obtenir plus d'information mais le visage peu avenant de leur ami les convainquit efficacement qu'ils ne sauraient rien pour l'instant. De plus, une cloche sonna, annonçant que le repas était servi.
De nombreuses personnes tiquèrent devant le placement de table mais rien ne fut dit vu qu'on connaissait les hôtes du soir. Tous s'installèrent, le groupe étant séparé contre toute convenance. Le repas fut bon, mais rien d'extraordinaire, mis à part la présence de nombreux plats sorciers plus vus sur les tables Sang Pur pour de nombreuses raisons dont leur goût atroce mais on y reconnaissait bien là la touche personnelle d'Aurore qui élevait les mauvais choix au rang d'art.
Lorsque le dessert fut pris, James prit enfin la parole.
-Mes chers amis, fit-il, si je vous ai réuni, c'est pour annoncer une excellente nouvelle. Mais je laisse la parole à ma fille chérie qui tient absolument à vous l'annoncer elle-même.
La jeune rousse ne s'embarrassa pas de scrupules et pour tous puissent admirer sa tenue, elle monta carrément sur la table pour que tout le monde la voie.
-Si je suis devant vous, c'est donc pour vous annoncer une nouvelle qui me rend heureuse et qui vous ravira …
-Tiens, elle a appris un nouveau mot, siffla Sirius.
-Je pense surtout que James lui a dit de mettre les formes, répondit Harry. Par contre, elle veut toujours croire que ce qu'elle fait intéresse tout le monde.
-James l'a élevée pour qu'elle se croie le centre du monde, affirma Sirius. Tu as du le remarquer.
-C'est vrai, concéda Harry. Ecoutons plutôt ce qu'elle a à nous dire.
- … je suis heureuse de vous annoncer mes fiançailles ! déclara Aurore
-Mais qui a accepté la folie de s'unir à elle ? ricana Draco
-Peu importe, commenta Lucius. Si tu mets de côté son caractère impossible, elle reste un parti très convoité, car elle reste une fille Potter. Sans compter la dot que va fournir James.
-Tu crois qu'il pourrait donner le titre des Potter et tout ce qui se rapporte à cette garce en dot pour qu'Harry n'ait rien ? fronça des sourcils Draco
-Heureusement que les lois des Sang Pur nous protègent de ce cas de figure, répondit Lucius. Mais il peut mettre Harry sur la paille en lui laissant uniquement le titre. Mais j'imagine qu'Harry a déjà assuré ses arrières.
-Ça serait bien son genre, sourit Draco.
-Dès aujourd'hui, je vous annonce mes fiançailles qui ont été bénies par le ministre de la magie lui-même … continua Aurore.
-Je le sens mal, fit Théo.
-Je suis comme toi, confirma Blaise. Mais je ne vois pas ce qui cloche.
-A part que le ministre n'entre jamais dans les unions Sang Pur ? ironisa Théo. Je crois qu'elle est allée à l'encontre de nos lois, ce qui ne m'étonnerait même pas.
-Mouais, soupira Blaise. Ecoutons-là, alors …
- … je vous présente mon fiancé, Draco Malfoy !
Et le chaos s'abattit.
Les vitres explosèrent, éteignant les chandelles allumées partout dans la salle. La magie du manoir s'adapta immédiatement et des sphères de lumière s'élevèrent dans la salle. La plupart des personnes se mirent en posture de combat, baguette en main tandis que d'autres rassuraient les enfants terrorisés. Il allait sans dire qu'Aurore, Ginny et Ron, les deux derniers sortis rapidement de l'infirmerie après l'attaque de leur maison et assis auprès de leur meilleure amie, s'étaient tout de suite jetés sous la table. Le groupe d'amis, quant à lui, se réunit aussitôt, vite rejoints par Sirius, Severus, Lucius, Narcissa et Lily.
-Nous avons une attaque de Death Eaters, annonça Harry en proie à un mal de tête énorme. Accompagné vraisemblablement de notre cher ami.
Nul n'ignorait dans le groupe que le jeune homme pouvait ressentir la présence de Voldemort, voire entrer dans son esprit. Cela avait conforté les plus âgés que Dumbledore se faisait vieux et qu'il s'était trompé de Survivant, ce qui était tout à leur avantage. C'était l'une des raisons de l'avance considérable des plus jeunes surtout dans les arts du combat.
-Que faisons-nous ? fit Théo. Il est sûr qu'il va y avoir une bataille mais nous ne pouvons pas dévoiler nos atouts aussi futilement, surtout pour les Potter qui le méritent le moins.
-Nous devons au moins nous protéger, jugea Lucius.
-Organisons la salle, suggéra Sirius. James est en train de consoler sa fille donc ce n'est pas la peine d'attendre de l'aide de sa part. Harry, il faut que tu reprennes ton rôle d'héritier des Potter.
Harry soupira. La situation ne permettait pas que l'inimité qui l'opposait à son géniteur ne s'immisce. Pas au détriment des invités.
Il hocha de la tête et enjoignit ses amis à le suivre. Bien vite, les anciens et actuels élèves de Hogwarts vinrent les voir, délaissant totalement le directeur qui tentait tant bien que mal de les rassembler autour de lui.
-Tu proposes quoi ? attaqua directement Neville. Le directeur a seulement signalé un petit souci dans les protections du manoir mais même moi j'ai pu voir qu'elles étaient extrêmement faibles par rapport à ce qu'on devrait s'attendre d'un manoir Sang Pur.
-Dumbledore veut organiser la résistance ? s'étonna Blaise
-Et mettre Aurore à sa tête pour bien prouver qu'elle est la seule à pouvoir vaincre Vous Savez Qui, renifla Susan Bones.
-Voldemort, corrigea distraitement Harry qui réfléchissait. Bon, vu que ceux qui devraient faire leur boulot ne sont pas là, il va falloir se débrouiller tout seul. Ne me demandez pas comment je le sais mais Voldemort est aux portes du manoir. J'ai également remarqué que les barrières étaient au plus bas donc la maison ne pourra guère nous aider. Elle va simplement cantonner les combats à cette pièce.
-On est donc coincé ? commenta Zacchariah Smith
-Jusqu'à ce que les Aurors se bougent, oui, soupira Harry. Voilà ce qu'on va faire. Il faut conduire les familles avec des jeunes enfants vers ce mur là-bas.
-Et pourquoi pas derrière la table principale ? fusa une voix
-Je ne sais pas ce que tu en penses mais je ne mettrais pas des enfants en première ligne pour qu'ils se prennent les sorts des Death Eaters, claque Harry. James et Aurore son assez stupides pour croire qu'on ne les attaquerait pas dans le dos, moi pas.
Quand on savait que la table principale avait été placée juste devant les fenêtres qui venaient d'exploser et qui donnaient sur le jardin où se trouvaient vraisemblablement les troupes ennemies pour permettre le soleil couchant d'illuminer jusqu'au bout Aurore, on pouvait aisément comprendre la décision d'Harry.
-Il faudra ensuite élever des boucliers autour d'eux, reprit Harry. En permanence. Donc ceux qui ne voudront pas se battre devront le faire. Et faites-vous aider. Plus il y a de monde, mieux c'est. En magie tout est possible, certes, mais vous faire tuer pour la gloire n'est pas dans nos objectifs. Pour ceux qui ont le niveau pour aller se battre, et je ne veux pas voir des imbéciles qui croient qu'avec un simple sort d'expulsion dans leurs connaissances ils peuvent tenir tête à des Death Eaters, il faudra vous poster juste derrière les boucliers et se préparer à lutter pour votre vie. Evitez la magie noire si vous la connaissez non pas parce que tout le monde croit que c'est mal, ce qui est absolument faux, mais parce que vu le ministre que nous avons et nos « hôtes », ils ne voudront jamais croire qu'on peut protéger avec cette magie en particulier. C'est compris ?
Un brouhaha d'approbation retentit et tous se dispersèrent. Alors que Draco, Blaise et Théo allaient rejoindre leur famille pour les tenir au courant avant d'effectuer leur mission, Harry se coula contre le mur qu'il avait désigné et commença à établir les protections. Il posa sa main contre le mur et entra en communication avec la maison. Mais ce qu'il découvrit lui fit écarquiller les yeux.
-Harry ?!
Le jeune homme se retourna.
-Maman, répondit-il.
-Les garçons m'ont expliqué que tu comptais placer des protections ici.
-Je voulais utiliser l'énergie utilisée par les barrières anti transplanage qui vient de sauter et j'ai vu quelque chose que je n'aurais jamais cru voir.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Maman. James a volontairement fait tomber les plus puissantes protections du manoir pour rediriger l'énergie vers une sorte de spectacle de son et lumière qui devait avoir lieu dans le jardin pour fêter les fiançailles d'Aurore et de Draco, fiançailles fictives, cela va sans dire.
-Je me disais aussi que Lucius n'aurait jamais accepté une union aussi désavantageuse pour lui. Tu dis que James a fait tomber les protections ? Mais quel imbécile !
-J'avais pensé à autre chose mais je ne voudrais pas te choquer.
-Pas d'esprit, fils. On peut faire quelque chose ?
-Remettre les protections ne serait pas superflu, comme ça on pourrait faire évacuer tout le monde. Mais seul le lord Potter peut le faire et là il est trop occupé à chouchouter sa fille qui pleurniche comme une gamine de cinq ans parce qu'elle a peur.
-Ta sœur mis à part, tu ne peux pas le faire ?
-Avec James présent et en pleine possession de ses moyens ? Aucune chance.
-Tu peux diriger les flux de magie ?
-Je peux essayer. Pourquoi ?
-Les sorts ne vont pas tenir pour une attaque en force. Je vais tracer des runes que tu vas faire alimenter à la fois par le manoir et par les personnes qui vont protéger les plus faibles.
-Ok.
Immédiatement, Harry reprit contact avec le manoir et lui communiqua ses intentions. Doté d'une conscience propre due à son ancienneté, il pouvait manipuler les flux de magie selon la nécessité mais il ne pouvait pas restaurer les protections car il lui fallait le chef des Potter. Rapidement, mère et fils établirent les protections nécessaires et les premières personnes se réfugièrent avec soulagement derrière les runes.
Alors que les doubles portes tremblaient sous l'assaut qui se tenait derrière, seuls ceux qui voulaient combattre, peu importait les raisons, étaient devant les boucliers. Aurore était toujours cachée sous la table et James tentait de la rassurer, imperméable à tout ce qui aurait pu se passer autour de lui. Dumbledore était quant à lui toujours en train de tenter de rassembler les élèves pour qu'ils se battent sous sa bannière et par extension celle d'Aurore mais sans succès puisque tous ceux qui avaient fait sa scolarité avec Aurore savaient parfaitement qu'elle ne serait jamais un leader pour qui que ce soit. Et il y avait bien longtemps qu'ils avaient perdu toute admiration et respect pour le soi-disant chef de la Lumière.
Pour les plus jeunes, Harry avait été clair : il n'en voulait aucun en première ligne directe. Ils étaient certes des adultes aux yeux de la loi, ou sur le point de l'être – il avait impitoyablement renvoyé toute personne n'ayant pas passé ses BUSES – mais ils n'avaient en aucun cas l'expérience nécessaire pour s'attaquer à des Death Eaters dont leur seul objectif était de faire le plus de victimes possibles. Leur mission était de maitriser et de délester de leurs baguettes les ennemis mis à terre par leurs aînés. Le sort de Stupefix, de désarmement et de lévitation étant largement dans leurs cordes, ils seraient moyennement exposés. La cellule temporaire qu'avait créée Lily en entendant le projet de son fils agrémenté d'une rune d'invisibilité sans compter la cache pour les baguettes et la seconde ligne de protection posée devait parfaitement les aider. Harry, Draco, Blaise et Théo avaient décidé de se placer avec les autres jeunes car ils ne voulaient pas que tous sachent qu'eux étaient totalement aptes à se battre contre les Death Eaters.
Soudain, les portes volèrent et une nuée de silhouettes en cape noire et en masque de mort se précipita dans la pièce. Les sorts volèrent dans la foulée et la bataille commença. Les aînés Sang Pur se défendirent avec brio et de nombreux Death Eaters furent capturés par les plus jeunes jusqu'à ce qu'on remarque leur disparition. Des adultes furent également fauchés mais relativement peu vu que les plus jeunes s'évertuaient à les protéger en lançant pour eux des boucliers.
Brusquement, une vague de froid se répandit dans la salle et une haute silhouette à visage découvert entra à son tour.
Lord Voldemort dans toute sa splendeur.
Le mage maléfique s'avança, détournant négligemment les sorts qui venaient vers lui. Dumbledore vint vers lui et un duel s'engagea. Mais très vite, le directeur accusa son âge et fut en difficulté devant lui. Celui-ci le délesta de sa baguette et se jeta un Sonorus tout en tenant en joue le vénérable directeur.
-Dumbledore est à ma merci, arrêtez les combats !
Sur ces mots de ralliement, les Death Eaters se rassemblèrent derrière leur maître. Les autres se positionnèrent devant les boucliers. James et Aurore, enfin sortis de leur bulle, se postèrent face à Voldemort, la jeune fille trébuchait à chaque pas vu qu'elle n'avait pas songé que ses talons pouvaient être un handicap pour tout combat.
-Libère-le, c'est moi que tu dois combattre ! s'écria Aurore
Harry, à l'écart, se retint de se cogner la tête contre un mur. Cette fille était encore plus arrogante qu'il ne le pensait. Incapable de tenir plus de trente secondes dans un duel, elle se permettait vraiment de défier un être qui avait plus de cinquante ans d'expérience dans la magie ?
Voldemort jeta un coup d'œil à la créature qui lui faisait face, à ce niveau ce n'était plus un être humain qui se tenait devant lui. Même avant de récupérer son corps de trente ans, son faciès de serpent ne pouvait rivaliser avec la vulgarité qui émanait de la jeune fille. Elle avait en plus peu de puissance magique. Et c'était elle que le vieux fou avait désigné comme Survivante ? Ridicule ! Mais très vite, un plan se forgea dans sa tête.
-Est-ce un défi ? susurra Voldemort en balançant vers le père et la fille le directeur et sa baguette
James retint tant bien que mal le vieil homme tandis que l'élan fit tomber Aurore sur les fesses alors qu'elle tentait de récupérer la baguette. Furieuse, elle se releva tant bien que mal avec évidemment l'aide de son père et avant que Dumbledore ne lui dise de s'arrêter, elle rugit :
-Oui, c'est un défi !
Un filet de magie s'échappa d'Aurore, de James mais aussi d'Harry. Voldemort sourit. Peter l'avait très bien renseigné sur le caractère de sa filleule. Elle ne savait pas réfléchir et en plus elle avait accepté un défi qui, lancé dans la demeure même des Potter, engageait toute la famille.
-Qu'il en soit ainsi, déclara Voldemort. Au solstice d'hiver sur les terres de Hogwarts ! Nous partons !
Comme un seul homme, tous les Death Eaters vidèrent les lieux. Alors que tous soufflaient de soulagement, les Aurors et les Médicomages arrivent enfin. Les premiers inspectèrent les dégâts tandis que les seconds donnaient les premiers soins. Alors que Dumbledore et James allaient donner en compagnie de Fudge leur version qui les aurait plus qu'avantagé, Lucius, Narcissa, Sirius, Augusta et bon nombres de Sang Pur arrivèrent. Scrigmeour, chef des Aurors, s'était déplacé en personne et commençait à prendre la déposition de James.
-J'imagine que vous devez être heureux que lord Potter ait pris les choses en main, fit Scrigmeour.
-Ça se saurait si Potter avait fait quoi que ce soit ce soir, siffla Augusta.
-Mais Augusta … protesta Dumbledore.
-Non, Albus, n'intervenez pas, coupa Augusta. Si Harry Potter n'avait pas organisé la résistance à l'arrière, nous aurions eu beaucoup plus de pertes et aucun prisonnier.
-Des prisonniers ? sursauta Scrigmeour. Comment est-ce possible ?
-Demandez aux personnes qui ont réellement agi et non à ceux qui se sont intéressés à leur nombril ! trancha Augusta
-Comment osez-vous ! rugit James
-J'ose, tout simplement, rétorqua Augusta.
-Excusez-nous, fit une voix.
Tous se tournèrent vers la Médicomage en chef.
-Il faudrait désactiver les champs de protection, déclara la femme. Nous ne pouvons pas venir en aide au reste des personnes.
-Je vais le faire, fit James.
Tous le suivirent et se rendirent au mur de protection. James brandit sa baguette et lança plusieurs sorts de désactivation mais rien ne marchait.
-N'est-ce pas vous qui avez établi ces protections, vu que vous avez tout pris en charge ? ironisa la Médicomage en chef
James rageait. Dumbledore tenta à son tour mais ne réussit pas non plus.
-Je suis sûre de réussir, moi !
Personne ne fut étonné de voir Aurore.
-Faites donc, ricana la Médicomage, si votre père et le grand Albus Dumbledore n'y arrivent pas, pourquoi pas vous ?
Il semblait clair que la femme n'était pas un fan des Potter père et fille. Cette dernière fit son essai qui alla faire exploser le mur non protégé.
-Il suffit, coupa la Médicomage à Aurore qui allait une nouvelle fois tenter sa chance. Nous ne voulons pas plus de blessés. Quelqu'un sait qui a placé ces protections ?
-Bien sûr, sourit Sirius. Il s'agit de lady Lily Potter. Quoi que, vu qu'elle accompagnait son fils, je pense qu'Harry a dû y mettre son grain de sel, comme disent les Moldus.
-Comment un Cracmol comme lui aurait-il pu établir des barrières aussi puissantes ? siffla James
-Le reste du monde n'est pas aussi aveugle que toi, Potter, rétorqua Sirius. Ce n'est pas parce que ta fille chérie et toi n'y arrivez pas que c'est le cas de tout le monde.
-Où se trouve-t-elle ? coupa la femme
-Vraisemblablement dans le laboratoire de Potions, haussa des épaules Narcissa. Elle doit aider Severus aux potions que vous avez demandées.
-Avec le maître Snape, comprit la Médicomage.
-Je n'ai jamais invité ce Death Eater ! rugit James
-Tu n'as pas invité le professeur Snape, soit, ricana Lucius, mais lord Prince si.
James ne prit guère de temps à comprendre.
-Ce titre devait me revenir ! gronda James
-L'heure n'est pas pour se disputer, coupa Augusta. Sirius, pourrais-tu aller chercher Lily ?
-J'ai plus rapide, sourit Sirius. Lula !
Un Elfe de Maison apparut aussitôt.
-Lord Sirius Black a appelé Lula ?
-Pourrais-tu dire à lady Potter que sa présence est demandée immédiatement dans la salle à manger ? C'est au sujet des protections.
-Bien, lord Sirius Black.
Moins de cinq minutes plus tard, Lily arriva avec derrière elle Severus, Harry, Draco, Blaise, Théo et Neville, tous les bras encombrés de fioles.
-Je suis là Sirius, sourit Lily.
-Médicomage Beynes, fit Severus. Heureusement que le laboratoire était parfaitement pourvu. Nous avons toutes les potions que vous vouliez.
-Merci, maître Snape, sourit Beynes. Lady Potter, vos protections nous empêchent d'atteindre toutes les personnes derrière les barrières.
-Ah bon ? fit Lily. Quelqu'un a essayé de les désactiver ?
-Ton époux, ta fille et Albus Dumbledore, répondit aimablement Sirius.
-Je vois, soupira Lily. Evanesco !
Les barrières tombèrent aussitôt. Tous la regardèrent avec de grands yeux.
-Evanesco ?! balbutia James. Tu fais tomber des boucliers avec un simple Evanesco ?
-C'est évident, siffla Lily. Surtout quand on sait que ce ne sont pas des sorts qui ont été lancés mais des runes qui ont été tracées. Ce qui est très facile à déterminer.
Tous accusèrent le coup, surtout James et Albus. Lily avait raison. Tous les deux avaient cru qu'il s'agissait de sorts et donc ils n'avaient fait aucune vérification préalable. Les plus jeunes haussèrent des épaules. Par l'intermédiaire d'Harry, Lily leur avait enseigné qu'en cas de protection, le mieux restait encore les runes, surtout qu'elles pouvaient être auto alimentées.
-Merci beaucoup, lady Potter, fit la Médicomage Beynes. Je vais m'occuper de mes patients.
-Désirez-vous une provision de chocolat ? proposa Lily
-Avec plaisir, sourit Beynes en partant.
-Lula ? appela Lily
-Maîtresse Lily Potter Madame ?
-Veuille à ce que la Médicomage Beynes ait une provision de chocolat à distribuer à ses patients après leur examen, demanda Lily.
-Oui, Maîtresse Lily Potter Madame.
-Bien, fit Lily en faisant un tour d'ensemble. Et si nous allions dans un salon où nous pourrions nous installer à notre aise ?
Tous la suivirent et la majorité des Sang Pur la louèrent pour être une si parfaite maîtresse de maison, malgré qu'elle soit Née Moldue. Parce que même James n'avait pas eu la présence d'esprit de faire sa déposition à l'écart pour ne pas ébruiter tout de suite les tenants et aboutissants de l'affaire.
Après qu'une tasse de thé soit placée dans les mains de tous, Scrigmeour s'éclaircit la voix.
-Lord Potter était en train de m'expliquer comment tout s'était passé, fit-il.
-C'est ce que nous avons cru comprendre, ricana presque Augusta. Je suis curieuse de savoir ce qu'il a dit.
-Qu'il a demandé à ce que toutes les personnes qui savaient se battre devait se joindre à lui, relut Scrigmeour.
-Oh, fit Sirius. Et comment s'est organisée la protection des personnes qui ne voulaient ou ne pouvaient pas se battre, Potter ?
-Euh … fit James.
-C'est normal que tu ne saches pas, asséna Sirius. Parce que quand nous organisions la défense, tu étais en train de t'occuper de ta fille. De même quand nous avions engagé le combat. C'est uniquement quand Voldemort s'est pointé que nous avons vu le grand James Potter !
-Sirius … tenta Dumbledore.
-Du calme Sirius, tempéra Augusta. Scrigmeour, prenez note. Nous allons vous raconter ce qui s'est vraiment passé. Et pas la version édulcorée qu'ils allaient vous donner.
James allait bondir mais la baguette de la matriarche fut pointée sur lui.
-Je n'ai pas la patience d'entendre vos simagrées, James Potter, gronda Augusta. Alors restez assis et taisez-vous, par Merlin !
Devant la menace plus que sérieuse, James choisit la prudence et obéit.
-Bien, fit Augusta. Nous avons tous été réuni ici pour une réception protocolaire dont vous ne saurez pas la raison. A la fin du repas, les barrières de protections sont tombées et les lumières se sont éteintes pour être remplacées par des lanternes de secours. Aurore Potter a pris peur et s'est cachée sous la table. James Potter a tenté de la convaincre de sortir de là. Voyant que le maître des lieux n'allait pas prendre les choses en mains, la majorité d'entre nous sommes réunis pour nous organiser. Car malgré ce qu'Albus nous ait dit qu'il ne s'agissait que d'un problème technique, nous nous doutions que quand les barrières d'une demeure telle que celle des Potter n'étaient plus, cela voulait dire qu'elle était attaquée en force. Nous allions nous pencher sur la protection des non combattants, il s'est avéré qu'Harry Potter avait pris les choses en main en nous assistant des personnes âgée entre seize et vingt ans pour notre protection et la capture des prisonniers de manière totalement sûre, mais aussi en établissant avec l'aide de sa mère des barrières de protections très efficaces pour les non combattants. Après avoir coordonnés nos efforts, nous étions prêts à nous battre. Je tiens à souligner le fait qu'à ce moment-là, nous n'avions toujours pas vu ni James Potter, ni Aurore Potter et encore moins notre cher ministre. Mais bref. Les portes se sont ouvertes et les Death Eaters sont entrés. Tout le monde s'est battu et ensuite Voldemort est entré.
-Vous Savez Qui ?! ne put s'empêcher Scrigmeour
-Oui, s'agaça Augusta. Aussitôt, Albus s'est opposé à lui mais malgré tout ce qu'on pense, il reste très âgé et il n'a pas tenu longtemps puisque quelques minutes plus tard j'ai entendu la voix de Voldemort nous dire qu'il tenait Albus. Les combats se sont tous arrêtés et chacun a rejoint son camp. C'est à ce moment-là que lord Potter et sa fille sont arrivés et ont voulu s'opposer à Voldemort. Et là, cette idiote a provoqué notre ennemi.
-Je ne suis pas une idiote ! hurla Aurore
-Si ! claqua violemment Augusta. Sinon, vous auriez su, comme tout héritier Sang Pur, que lancer un défi dans la demeure ancestrale d'une famille Sang Pur engageait toute votre famille ! Et comme vous n'avez aucune capacité en magie et que votre père a prouvé de nombreuses fois qu'il ne pouvait pas tenir tête à Voldemort, vous venez de condamner le nom des Potter à la disparition !
Aurore accusa le coup, de même que James qui n'avait pas fait le lien. Voyant qu'ils n'allaient plus rien dire, et satisfaite de leur avoir rabattu le caquet, Augusta reprit la parole.
-Vous avez votre déposition, Scrigmeour, déclara-t-elle. Je vous conseille de finir au plus vite votre enquête pour que nous puissions tous partir. Si vous avez toute autre question à nous poser, nous serons ravis de vous recevoir chez nous avec vos enquêteurs. Et tenez-le vous pour dit, je ne tiens pas à voir dans votre compte-rendu des éléments fantaisistes tels que James et Aurore Potter luttant héroïquement ou encore notre cher ministre ayant eu un comportement courageux.
Le chef des Aurors sut que la matriarche des Longbottom n'était vraiment pas à prendre avec des pincettes et préféra obéir plutôt que de résister. Il réfléchit rapidement et comprit que pour ne serait-ce que garder sa place, il lui faudrait faire honnêtement et avec droiture son boulot. Même les « suggestions » de Fudge ou encore les pots de vin, il ne fallait pas se leurrer, de Potter ne valaient rien par rapport au poids plus que considérable de Augusta Longbottom. Il était conscient que la femme était la seule qui pourrait réussir à réunir familles sombres et familles de la lumière pour le faire virer et faire de sa vie un enfer.
Fort de sa résolution, il salua tout le monde avant de quitter la pièce pour vérifier l'avancement de l'enquête. Heureusement, vu les nombreuses personnalités présentes, il s'était entouré des meilleurs éléments sous ses ordres. Ensemble, ils ne mirent donc guère plus d'une demi-heure avant de permettre aux invités de quitter les lieux. Les familles avec enfants ne se firent pas prier et partirent, suivies des autres invités. Bientôt, seul Dumbledore resta avec James et Aurore, restés figés dans le salon.
-James, Aurore, soupira Albus.
Tous les deux se réveillèrent et se tournèrent vers le vieil homme.
-Cette vieille s***** m'a traité d'idiote ! rugit Aurore
-Il suffit, Aurore ! tonna Albus
-Professeur … protesta James.
-Non, taisez-vous, tous les deux ! claqua Albus. J'imagine que vous ne savez pas dans quel pétrin nous sommes tous !
-Et alors ? se rebiffa Aurore. J'ai eu raison ! C'est à moi de vaincre de Voldemort !
-Certes, concéda Albus. Mais Augusta a également raison. Tu es très loin de pouvoir le faire !
-Nous l'entraînons depuis toute petite ! fit James
-Mais avez-vous vu des progrès réels ? contra Albus. Le niveau magique d'Aurore reste très au-dessous de la moyenne des élèves et ne parlons pas de sa maîtrise qui reste précaire ! Heureusement, Voldemort nous a laissé jusqu'au solstice d'hiver. Nous allons devoir nous préparer.
-Je vais devoir travailler ! couina Aurore
-Il le faudra bien, gronda Albus. Il en va de ta vie, Aurore !
-Et c'est quoi cette histoire comme quoi mon père serait menacé ? grogna Aurore
-Vous avez-vous appris les lois Sang Pur, James ? demanda Albus avec humeur
-Je crains avoir sauté ce point, concéda James.
-Il me semble que vous avez oublié beaucoup de chose dans l'éducation de votre fille, siffla Albus. Vois-tu, jeune fille, le fait d'avoir lancé un défi à Voldemort ici même au manoir Potter qui est la demeure ancestrale de la famille a engagé toute la famille. Si tu viens à perdre, toute ta famille mourra avec toi.
-Impossible ! s'insurgea Aurore. Je suis la Survivante !
-Et vu tes capacités, tu ne vas pas le rester longtemps ! trancha Albus. James, je vous conseille de reprendre les entraînements avec votre fille. Il ne nous reste moins d'un mois pour nous préparer ! Je vais voir ce que je peux faire de mon côté. Et je ne veux pas que vous preniez ça à la légère ! Je vous souhaite une bonne nuit.
Sur ces mots, le directeur d'Hogwarts quitta les lieux.
