Résumé : La situation s'envenime entre Cassandre et Sirius. Est-ce la fin de leur couple ?

J'ouvrais les yeux, petit à petit. Il faisait jour et la lumière du soleil m'obligeait à plisser les paupières. Il y eu du bruit à ma droite et le visage de Severus entra dans mon champ de vision.

- Tu es enfin réveillée.

- Depuis combien de temps est-ce que je dors ?

- Environ trois jours.

- Trois jours !? Mais quel jour on est !?

- Le 27.

- Ça fait une semaine que je suis ici !?

Je me redressais rapidement. Trop vite. Tout autour de moi tourna. Severus me recoucha.

- Comment ça "une semaine" ?

- Je suis arrivée le 20 !

- Tu es restée enfermée dans ce coffre pendant quatre jours ? Je comprends mieux pourquoi est-ce que tu étais autant déshydratée. Si les Détraqueurs ne s'étaient pas déjà occupé de lui, je peux t'assurer que je me serais occupé moi-même de détruire son âme.

- Merci...

- Maugrey nous a dit que avais fais un malaise avant qu'on te retrouve. Tu sais ce qu'il s'est passé ?

- Je ne sais pas vraiment. Je n'arrivais pas à respirer. Mais j'ai vu des images.

- Des images ?

- Oui, comme des photos.

- Est-ce qu'une personne en particulier apparaissait sur ces photos ?

- Oui, le visage de Cédric Diggory, le garçon de Poufsouffle. L'une des images était vraiment horrible.

- Pourquoi ?

- Je l'ai vu mort.

Severus sembla surpris et en même temps, pas tant que ça.

- Cassandre, il est vraiment mort.

- Quoi ? Mais quand ?

- D'après ce que j'ai compris, à peu près au même moment que quand tu as fais ton malaise et que tu l'as vu mort.

- Mais comment est-ce possible ?

- Il semblerait que tu sois capable de sentir et de voir la mort des personnes que tu apprécies et qui te sont proches.

- Comment est-ce que tu le sais ?

- Pardon ?

- Tu ne viens pas de découvrir que je pouvais faire ça. Tu le savais déjà. Comment est-ce que tu peux être au courant mais pas moi ?

- C'est plutôt à Dumbledore que tu devrais demander ça, pas à moi. Moi je m'en suis rendu compte seul et Dumbledore a confirmé mes suppositions. Je ne sais pas comment il est au courant mais je peux te dire comment je l'ai découvert.

- Je t'écoute.

- Après la mort de Lily et James, tu as fais un grave malaise et tu as été envoyée à Sainte Mangouste. Je suis allé te voir plusieurs fois quand tu étais inconsciente et, dans ton sommeil, tu parlais beaucoup. Au début, je n'écoutais pas vraiment ce que tu disais mais, au bout d'un moment, j'ai commencé à m'y intéresser. J'ai rapidement compris que tu avais vu Lily et James mourir.

- Tu es venu me voir à Sainte Mangouste après la mort de Lily ?

- Euh... Oui... ?

Je restais silencieuse un long moment, ne sachant pas quoi dire. Puis, face à ce pesant silence, je changeais de sujet.

- Mais pourquoi est-ce que je n'en ai aucun souvenir ?

- Ce n'est pas à moi qu'il faut que tu le demandes mais à Dumbledore. Il en sait certainement beaucoup plus que moi à ce sujet. Mais il y a autre chose que tu dois savoir. Le Seigneur des Ténèbres est de retour. Harry nous a dit qu'il était de retour. Et que c'était lui qui avait tué Cédric Diggory.

Je frissonnais d'horreur. Si Voldemort était de retour alors tout le monde était en danger. Surtout nous, les anciens membres de l'Ordre.

- Et qu'est-ce qui est arrivé à Bartemius Croupton Sr ?

- Son fils a avoué qu'il l'avait tué et transfiguré en un os avant de l'enterrer près de la cabane d'Hagrid.

- Il était mort avant même que je commence mon enquête alors...

- Oui. Même si tu avais réussi à découvrir tout ça avant, ça n'aurait rien changé.

- Si, ce garçon serait toujours en vie. Si il ne nous avait pas fallu presque un mois pour obtenir toutes les autorisations, Cédric Diggory serait encore en vie. Et Voldemort ne serait pas de retour.

- Peut-être. Mais dans ce cas, c'est le Ministre qui est responsable, pas toi.

- Certes. Mais je me sens quand-même responsable. Est-ce que tu peux aller chercher Dumbledore, s'il te plaît ? J'aimerais lui poser quelques questions au sujet de mes "pouvoirs".

- J'y vais.

Il quitta l'infirmerie et je me retrouvais à nouveau seule. Je ne me rendais compte que maintenant de l'importance que Severus avait à présent pour moi. J'avais réussi à me passer de la présence de Sirius pendant de longs mois, désirant surtout qu'il revienne pour les enfants, mais l'absence momentanée de Severus me paraissait insupportable. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. C'est ce que disait Lamartine.

L'endroit était trop silencieux. Certainement parce que les vacances scolaires avaient déjà commencé. Severus revint au bout de plusieurs longues minutes, en compagnie du directeur de l'école.

- Mlle Smith, comment vous sentez vous ?

- Mieux, merci Professeur. Mais je ne vous ai pas fais venir pour que nous discutions de la pluie et du beau temps.

- Oui, Severus m'a expliqué. Votre pouvoir a refait surface.

- C'est exact. Et j'aimerais éclaircir quelques points avec vous.

- Je pense, en effet, qu'il faut que vous sachiez enfin tout sur vos capacités. Severus, pouvez-vous nous laisser ?

- Non, j'aimerais qu'il reste Professeur, si ça ne vous dérange pas bien entendu.

- Non, bien sûr.

Un sourire énigmatique éclaira le visage du vieil homme. Il s'installa sur une chaise tandis que Severus s'assit sur le lit, à côté de moi, et posa sa main sur la mienne.

Il avait quitté son habituelle cape noire et portais une chemise blanche aux manches longues et bouffantes ainsi qu'un pantalon noir, très simple. Il dû se sentir observé car il se tourna vers moi, haussant un sourcil. Je lui souriais et serrais doucement sa main. Dumbledore se racla la gorge et nous nous tournâmes vers lui, prêts à entendre ses révélations.

- Pour commencer, sachez que vous n'avez pas un seul pouvoir mais deux. Le plus simple à vous expliquer est celui dont vous vous souvenez. Vous pouvez voir et sentir la mort de personnes qui vous sont proches et que vous appréciez. Comme M. Diggory par exemple. Ce pouvoir semble être héréditaire car votre mère l'avait elle aussi. D'ailleurs, tout porte à croire que c'est ce qui l'a tué. La mort de votre père a dû être tellement violente et tellement douloureuse pour elle que son pouvoir l'a tué. Pour une raison que j'ignore, votre pouvoir est plus puissant. Votre mère ne pouvait sentir la mort que de personnes avec qui elle était liée par le sang ou par l'amour.

- Si ma mère a été tuée par son pouvoir alors pourquoi est-ce que la mort de mes parents ne m'a pas tué ?

- Elle a bien failli mais le lien qui unit un enfant à ses parents est différent de celui qui unit deux êtres qui s'aiment.

- Comment ça "failli" ? Je n'en ai aucun souvenir.

- C'est normal. Vos parents m'ont demandé d'effacer toutes traces de votre pouvoir au cas où il se manifesterait. J'ai donc effacé vos souvenirs de cette nuit là et je les ais remplacé par d'autres.

- Pourquoi ça ?

- Parce que la deuxième partie de vos capacités fait de vous une arme potentielle.

- Dites m'en plus.

- Votre second pouvoir est plus complexe. Votre mémoire agit un peu comme une Pensine mélangée à de la Légilimencie. Vous pouvez voir des souvenirs. Mais pas juste les vôtres. Votre esprit est très puissant, peut-être autant que celui de Severus. Ce qui fait que vous n'avez pas besoin de beaucoup d'énergie pour vous introduire dans la tête de quelqu'un. Mais contrairement à un Légilimens, vous faites tout ça inconsciemment. Une partie de votre cerveau enregistre les souvenirs sans que vous puissiez les voir dans l'immédiat et ces souvenirs refont souvent surface la nuit, dans vos rêves.

- Pourtant, je rêve très rarement. Et je ne me souviens jamais de mes rêves.

- C'est normal, ça fait des années que vous buvez de la potion pour ne pas faire de rêves. Du coup, les seuls souvenirs qui peuvent hanter votre sommeil, ce sont les vôtres, et encore.

- Donc si je comprends bien, je suis capable de sentir et de voir mourir mes proches même à une certaine distance et je peux voir les souvenirs des autres ?

- Tout à fait, vous avez tout compris. Maintenant, je vais vous laisser, j'ai du travail qui m'attends.

- Oui, bien sûr. Oh, juste une chose, Professeur.

- Oui ?

- Il va falloir reformer l'Ordre du Phénix si Voldemort est de retour.

- Effectivement, ce serait une bonne idée.

- Alors autant s'y mettre le plus vite possible, vous ne croyez pas ?

- Oui, le plus tôt sera le mieux.

- Alors vous n'avez qu'à venir avec moi demain, on pourra en parler avec Sirius.

- Bien.

Il quitta la pièce sans un mot de plus. Severus se tourna vers moi, passablement énervé.

- Ne me dis pas que tu comptes quitter l'infirmerie demain ?

- Si, bien sûr. Je n'ai pas vu mes enfants depuis une semaine. Ils me manquent. Et puis je ne vais pas rester ici pendant des mois, ça fait déjà trois jours que je suis dans ce lit.

Il soupira et marmonna quelques mots incompréhensibles.

- Cassandre, est-ce que Sirius t'a parlé de nous deux ou est-ce qu'il t'a fait des allusions étranges ?

- Non, aucunes. Pourquoi ?

- Quand je suis allé le voir pour l'informer de ce qu'il t'était arrivé, il a accueillit la nouvelle assez froidement et il m'a dit que si tu avais autant d'ennuis en ce moment c'était très certainement parce que tu préférais ma présence à la sienne.

- Comment est-ce qu'il peut être au courant de quoi que ce soit ? Je ne lui ai jamais rien dis au sujet de nous deux.

- Les rumeurs vont vite. Tu es une Auror et tu as travaillé ici cette année. Tu as été exposée à beaucoup de monde et notre...relation aussi. Une bonne partie des élèves est au courant. Si ils l'ont dis à leurs parents et à leurs amis, tout le monde a vite pu être au courant. Les relations deviennent vite publiques, avant même d'être officialisées.

- Je lui en parlerai demain. Je pense que je sais déjà comment notre discussion se terminera mais bon...

- Si il te met dehors, sache que tu es la bienvenue chez moi.

- Tu penses que arriveras à supporter ma présence et celle de deux bébés ?

- Je ferais avec.

- Je ne veux pas te gêner Severus. En plus je sais que tu n'aimes pas les enfants. Et puis ma couverture chez les Moldus est assez...bruyante.

- Je n'ai jamais dis que je n'aimais pas les enfants. Pourquoi est-ce que tout le monde pense ça ? Et ne t'en fais pas, je sais que tu as besoin de t'entraîner pour ne pas perdre la main. Même si je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne t'aides pas de ta magie pour ça.

Je souriais, amusée

- Peut-être que ça a un rapport avec la façon dont tu te comporte avec tes élèves...

- Ce n'est pas ma faute si j'ai toujours une bande d'incapables en face de moi.

Je l'embrassais tendrement sur la joue. Il me regarda intensément et se leva.

- Je vais te laisser te reposer. Tu as besoin de repos.

J'attrapais sa main et l'attirais vers moi.

- J'ai surtout besoin de ne pas être seule. Et la personne qui a besoin de repos ici, c'est surtout toi. Si tu voyais les cernes que tu as sous les yeux, tu irai tout de suite te coucher.

Il soupira et se résigna sans même chercher à argumenter, preuve supplémentaire de sa fatigue. Il s'allongea contre moi et posa sa tête sur ma poitrine. Je caressais paresseusement ses cheveux jusqu'à ce que sa respiration devienne lente et régulière. Je le regardais dormir et glissais à mon tour dans les bras de Morphée quelques minutes plus tard.


La veille, un mémorial en l'hommage de Cédric Diggory avait été érigé. C'est Severus qui m'en avait informé à mon réveil. Mais ni lui ni moi n'étions allés à la cérémonie. L'absence de Severus avait été remarquée mais les élèves, surtout les plus âgés, se doutaient de la raison de son absence. J'étais toujours à l'infirmerie et il avait passé trois jours et trois nuits à veiller sur moi. Quand j'avais ouvert les yeux ce matin là, Severus était déjà debout.

- Ça fait longtemps que tu es réveillé ?

- Non. Mais il est déjà plus de midi.

- Déjà ?

Je soupirais et cachais mon visage encore endormi avec un oreiller. Le matelas se creusa sur le côté gauche du lit et je sentis le poids d'un corps au dessus de moi. De longs et fins doigts se saisirent de l'oreiller et je fermais les yeux, sentant le rouge me monter aux joues. Je sentis le souffle chaud d'une respiration sur mon visage. Celle-ci s'approcha dangereusement de mes lèvres avant qu'une bouche ne vienne se coller contre mon cou, au niveau de ma jugulaire, pour venir le mordiller. Je poussais un petit couinement et ouvrais les yeux. Le visage de Severus était à quelques centimètres du mien. Je passais mes bras autour de son cou pour le rapprocher de moi et scellais nos lèvres en un doux baiser. Nous nous écartâmes lorsque nous fûmes à bout de souffle. Severus se releva, libérant mon corps, et je me levais à mon tour. Il m'avait apporté des vêtements propres et attendit patiemment que je fus changée. Dumbledore nous rejoignit quelques minutes plus tard, comme s'il savait que nous étions prêts. Severus prit ma main tandis que le directeur prenait mon bras avant de nous faire transplaner. Nous atterrîmes à la Grimmauld Place et le numéro 12 apparut quelques instants plus tard. Sirius ouvrit la porte, manifestement surpris de nous voir. Un autre visage apparut dans l'encadrement de la porte, tout aussi surpris que le premier. Remus. Je m'avançais et le prenais dans mes bras.

- Remus ! Comment est-ce que tu vas ?

- Je... Bien, et toi ?

- Je vais mieux.

Je lui souris mais il semblait troublé par quelque chose mais je n'avais aucune idée de ce dont il pouvait s'agir. Sirius nous invita à entrer et je me rendais directement auprès de mes enfants en les entendant pleurer. Remus m'accompagna, se doutant que j'aurais du mal à porter deux enfants en même temps. Lorsque nous entrâmes dans la chambre des enfants, il s'assura que personne ne nous avait suivi et que l'on ne pouvait pas nous entendre parler en utilisant un sort de silence. Remus m'attrapa doucement le poignet et me tourna vers lui.

- Cassandre, est-ce que tu vois quelqu'un en ce moment ? Je veux dire, quelqu'un d'autre que Sirius.

- Pourquoi cette question ?

- Je suis ton ami et je ne te jugerais pas. Réponds moi simplement par oui ou par non.

- Oui.

- Est-ce que cette personne est Severus ?

- Je... Oui.

Il sembla surpris par mon honnêteté et passa nerveusement sa main dans ses cheveux.

- Est-ce que c'est sérieux ?

- Tu veux savoir si la relation que j'entretiens avec Severus est sérieuse ? Je n'en sais rien. Mais ce que je peux te dire c'est que j'ai enfin l'impression d'être pleinement heureuse.

- Si tu es heureuse alors c'est le principal. Mais je pense que tu devrais en parler avec Sirius.

- Oui. Mais je veux surtout récupérer les enfants.

- Tu ne veux pas y réfléchir avant ?

- Remus, dis moi, réponds moi sincèrement, est-ce que quand tu es arrivé les enfants pleuraient déjà ?

- Oui mais...

- Quand est-ce que tu es arrivé ?

- Il y a deux heures...

- Ils pleurent depuis plus de deux heures et je suppose qu'il n'est pas venu les voir.

- Non...

- Est-ce qu'il t'a dit au moins que tu étais le parrain de Lysandra ?

- Je suis le... !

- C'est bien ce que je pensais... Oui, tu es le parrain de la petite merveille que tu as dans les bras.

A ces mots, il se transforma immédiatement en parrain gâteux. Je le regardais faire en souriant et levais le sortilège de silence. Immédiatement, nous entendîmes des cris. Ayant chacun un bébé dans les bras, nous descendîmes pour voir ce qui produisait tout ce vacarme. Nous ne fûmes pas surpris de voir Sirius et Severus en train de se battre. Dumbledore était au milieu et semblait essayer de les calmer. Il y avait des objets qui volaient dans tout les sens et Remus dû même rapidement s'écarter pour éviter un vase tout en protégeant sa filleule. Je levais ma main droite, tenant mon fils fermement contre moi avec mon bras gauche, et tout les objets s'arrêtèrent brusquement de voler, lévitant au dessus du sol, avant de s'écraser dans un fracas épouvantable. Les deux hommes se tournèrent vers nous, arrêtant instantanément de se disputer. Sirius se tourna vers Severus, prêt à reprendre leur dispute là où ils s'étaient arrêtés mais Severus, sachant très bien reconnaître ma tête des mauvais jours, s'assit en silence. Je m'approchais de Severus et lui tendit Eridan.

- Severus Tobias Snape, je te présente Eridan Alexander Black, ton filleul.

Severus parut tellement surpris qu'il failli tomber de sa chaise.

- Moi ?

- Oui. Est-ce que tu deviendrais sourd avec l'âge Snivel... ?

Sirius ne termina pas sa phrase, sentant mon regard noir et menaçant posé sur lui. Je me tournais à nouveau vers Severus, un léger sourire aux lèvres.

- Oui, toi Sev'.

- Tu es sûre ?

- Certaine. Si mes enfants sont là, c'est grâce à toi.

Il prit le bébé dans ses bras avec une infinie douceur et un sourire s'installa sur mes lèvres. Un sourire attendrit et niais. Je devais avoir l'air idiote avec ce sourire plaqué sur mes lèvres. Sirius se racla la gorge, me ramenant sur Terre.

- Bon, reprenons là où nous nous étions arrêtés. Il faut avertir les anciens membres de l'Ordre que Voldemort est de retour et que l'Ordre du Phénix va se reformer.

- Et pour Harry ?

Tous se tournèrent vers moi, comme si ils avaient oublié ma présence. C'est le directeur de Poudlard qui me répondit.

- Pour le moment il est plus sûr de ne rien lui dire. Nous l'informerons en temps voulu.

- Moi ce n'est pas ça qui me dérange. Pourquoi est-ce que Snivel...Severus est ici ? Aux dernières nouvelles, il est du côté des Mangemorts.

C'est, bien entendu, Sirius qui avait parlé. Quant à l'intéressé, il était trop occupé avec Eridan pour faire attention à ce que Sirius disait. Cette fois, c'est Remus qui prit la parole.

- Severus est un espion. Je suppose qu'il va recommencer à faire transiter des informations. Severus est un bon espion. Personne ne se doutait qu'il était avec nous depuis le début jusqu'à la fin de la guerre.

- C'est exact, Severus va reprendre son rôle d'espion. Vous aussi, Mlle Smith, vous allez avoir un rôle important.

J'étais perdue dans la contemplation de Severus en train de jouer avec Eridan. Lorsque Dumbledore prononça mon nom, je dus cligner des yeux plusieurs pour revenir à la réalité.

- Moi ?

- Oui, vous. Vous allez continuer votre formation auprès de Minerva, et vous et Severus allez vous occuper du club de duel. Et Filius m'a demandé si vous pouviez l'aider avec la chorale de l'école. Il semble, lui aussi, apprécier vos talents de musicienne.

Sirius le regarda, incrédule.

- Tes talents de musicienne ? Depuis quand est-ce que tu joues de la musique, Cassandre ?

C'est ce moment que Severus choisit pour s'immiscer dans la conversation.

- Depuis qu'elle est petite. Ses parents lui ont appris à jouer du piano et du violon.

Sirius fut encore plus surpris de voir que Severus savait des choses sur moi que lui ignorait.

- Pourquoi est-ce que ce serpent est au courant et pas moi ?

- Tu sais ce qu'il te dit le serpent ? Qu'au lieu d'être obnubilé par ta petite personne, tu devrais faire attention aux personnes qui t'entourent.

- C'est vrai que toi tu en connais un rayon sur les relations humaines ! A part voler les femmes des autres, qu'est-ce que tu sais faire ?

Il ne vit pas la gifle arriver et ma main claqua sur sa joue. J'étais furieuse.

- Sirius, viens avec moi. Maintenant. Et ne discute pas, c'est un ordre.

Il dût sentir ma magie pulser car il ne chercha même pas à discuter et se leva en silence. Personne n'osait ouvrir la bouche, pas même Dumbledore qui, pourtant, était un sorcier bien plus puissant que moi. Nous montâmes à la l'étage et entrâmes dans la première pièce à notre droite. Je fermais la porte derrière nous et m'appuyais contre pour essayer de me calmer. Mais c'était peine perdue. Sirius ne semblait pas avoir compris la leçon.

- Pourquoi est-ce que tu m'as giflé ? Je n'ai fais que dire la vérité !

Je me tournais vers lui et serrais les poings, tentant de contrôler ma magie que je sentais bouillonner en moi. Les lumières clignotèrent et le manoir grinça un peu.

- Je veux que ça soit bien clair Sirius, je n'appartiens à personne. Et certainement pas à toi. Je ne suis pas ta femme et je ne le serais jamais.

- Alors quoi ? Tu veux qu'on se sépare ?

- Je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Pour nous deux et pour les enfants. D'ailleurs, je compte prendre les jumeaux avec moi à Poudlard.

- Quoi !? Mais tu ne peux pas me faire ça ! Ce sont aussi mes enfants !

- Oh, c'est bien. C'est maintenant que tu te rends compte que tu as des responsabilités ?

Je m'avançais vers lui d'un pas menaçant, le pointant du doigt.

- Je t'ai attendu. J'ai attendu des mois en espérant que tu reviennes. J'ai porté nos enfants, NOS enfants pendant huit mois en me disant que tu reviendrais ! Quand j'étais à Poudlard, tu m'as envoyé deux lettres. DEUX lettres ! Et l'une d'elle était une demande en mariage. Une demande en mariage !? Que veux tu que je fasse d'un lâche irresponsable !? Severus a été là pour moi. Tout au long de ma grossesse. Il était là où aurait dû être ta place ! TA place ! Et tu te demandes pourquoi est-ce qu'il sait plus de choses sur moi que toi !? Laisses moi rire !

Toutes les ampoules de la maison éclatèrent au même moment, plongeant l'endroit dans le noir complet. Il y eu un petit '' pop '' derrière moi et la lumière revint dans la pièce. Une voix croassante se fit entendre, m'indiquant que Kreattur se trouvait derrière moi.

- Maître, y a-t-il un problème ?

- Hors de ma vue !

Je vis Sirius sortir sa baguette et j'eus à peine le temps de me décaler pour éviter à l'elfe de maison d'encaisser un sortilège de découpe qui m'atteint à la cuisse. Je sortais ma baguette à mon tour, protégeant Kreattur de la colère de Sirius. L'elfe sembla surpris de mon geste et recula, visiblement apeuré. Les sorts fusaient de part et d'autre mais seul Sirius prononçait les formules. Il y eu des bruits de pas précipités dans l'escalier et je me rendais compte que j'avais oublié de lancer un sortilège de silence. La porte s'ouvrit en grand au moment où je parvenais à désarmer Sirius. Je récupérais sa baguette au vol mais gardais la mienne pointée vers lui, au cas où il tente quelque chose. Severus fut le premier à s'approcher de moi.

- Cassandre ? Est-ce que ça va ? J'ai senti ta magie pulser...

- Je vais bien. Ne le lâche pas des yeux. Je vais voir si Kreattur va bien.

Je reculais vers l'elfe sans quitter Sirius du regard. Il était furieux. Mais je l'étais certainement encore plus. Je me tournais et regardais la petite créature qui me regardait, visiblement effrayé par ma puissance magique.

- Tu n'as rien ?

- Non Maîtresse, Kreattur va bien.

- Je ne suis pas ta Maîtresse, je te l'ai déjà dis. Appelle moi par mon prénom, Cassandre. Viens avec moi, je vais soigner ton épaule, tu saignes un peu. Tu as peut-être été touché par un sort.

Je tendais ma main vers lui, attendant qu'il pose sa main sur ma paume. Quand il le fit, je l'amenais dans une salle de bain tout près et soignais sa plaie.

- Ce n'est rien, juste une égratignure. J'ai une question, Kreattur. Est-ce que Sirius te maltraite souvent ?

L'elfe resta silencieux mais finit par acquiescer.

- Reste là, je reviens.

Je sortais de la pièce, à nouveau énervée, et retournais dans la pièce où se trouvaient Severus, Remus et Sirius. Je pointais ma baguette et lançais un sort cuisant sur lui.

- Ça, c'est pour m'avoir attaqué !

Je lui jetais ensuite un sort de découpe.

- Ça, c'est pour avoir attaqué Kreattur et pour le fait que tu le maltraite quotidiennement !

Je le stupéfixiais ensuite.

- Ça, c'est pour être un lâche, un incapable et un idiot ! C'est pour le peu d'attention que tu apportes à tes enfants !

Voyant que je m'apprêtais à lui jeter un autre sort, Severus m'attrapa par la taille et m'attira contre lui tout en me faisant sortir. Je me débattis, battant des pieds et criant, hurlant même. Je n'en avais pas fini avec lui. J'étais tellement en colère que j'en pleurais et que j'en oubliais de respirer. Il m'amena à l'extérieur et m'aida à me calmer. Jamais il ne m'avait vu perdre mon sang froid comme ça. Essayant de calmer mes pleurs, il m'avait dit que je criais tellement fort que lui et Remus avaient été obligés de conjurer eux-mêmes un sort de silence englobant toute la maison. Il me montra aussi les lampadaires qui se trouvaient dans la rue. Toutes les ampoules avaient éclaté et tout le quartier était plongé dans la pénombre. Mon cœur battait à toute allure et j'avais la tête qui tournait. Severus m'expliqua que c'était certainement dû à toute la magie que j'avais utilisé. Il fut décidé que nous allions rentrer. Nous retournâmes à l'intérieur de la maison et Kreattur apparut devant nous. Il me remercia de l'avoir défendu et me demanda si il pouvait faire quelque chose pour moi. Je lui demandais de m'apporter mes affaires et celles des enfants. Quelques secondes plus tard, tout était prêt. Je n'étais pas encore tout à fait calmée et quelques étincelles étaient visibles au bout de mes doigts. Je saluais Dumbledore avant qu'il ne s'en aille et Remus descendit les escaliers, sortant de la pièce où se trouvait Sirius. Au bruit, je devinais que mon sort de stupéfixion avait été levé. Il semblait casser tout ce qui passait sous sa main. Remus nous proposa son aide pour tout transporter jusque chez Severus et ils prirent chacun un enfant dans leurs bras. Je ne voulais pas les toucher, même si ils me réclamaient. Je sentais que ma magie était encore un peu hors de contrôle et j'avais peur de les blesser. Je m'occupais des bagages et Kreattur insista pour m'aider à tout porter. Il ne nous fallu qu'un seul voyage pour tout transporter chez le Maître de Potions de Poudlard. Remus partit peu de temps après que nous soyons arrivés mais Severus tint à le remercier avant qu'il ne parte. Ce moment calma définitivement ma magie et je sentais la fatigue commencer à peser. Severus et Kreattur finirent de tout installer pendant que je m'occupais un peu de mes enfants. Quand ils eurent fini, Kreattur vint me voir. Je le remerciais et lui indiquais que si jamais Sirius le maltraitait une nouvelle fois, il n'aurait qu'à venir me voir. Il me remercia une nouvelle fois et partit. Severus me rejoignit près de la cheminée se plaça derrière moi, me prenant dans ses bras. Décidément, il me surprenait de plus en plus. Je ne l'aurai jamais imaginé aussi prévenant. Il vit ma blessure à la cuisse et insista pour la soigner. Je le laissais faire. J'étais trop fatiguée pour protester. Après avoir soigné ma jambe, il se repositionna derrière moi et je m'endormais contre lui.