Bonjour ! J'ai ce me semble peut-être un petit peu de retard mais vous en avez l'habitude, pour la poignée d'entre vous qui suivent ma fiction. Bien. Oui je suis en vacances, c'est pour ça que je poste.
Juju.15 : Ma fidèle lectrice ! Moi ça va bien, je rentre tout juste de voyage. Et toi comment te portes-tu ? Alors si tes cours vont, tout va ! Tu as vu le début de la bromance Niff, tu ne seras pas déçue par la suite ! Et pour Sebastian, attends un peu, mademoiselle l'Impatiente ! Bonne lecture, très chère Niffleuse.
Je t'aime à mourir
Chapitre 9 : Confessions.
NICHOLAS
La journée prenait fin quand l'orage éclata enfin. J'étais encore près de la Corne d'Abondance, caché derrière les buissons, à la lisière de la forêt, en train d'observer les carrières quand il commença à pleuvoir. J'allais m'en aller quand j'entendis une fille crier :
– Regardez, il est là !
Instinctivement, je me baissai, me tapissant contre le sol humide. Mais ce n'était pas moi qu'on avait repéré. La fille et le garçon du Un sortirent du bois avec un asiatique récemment blessé à la tête.
Je reconnus immédiatement le garçon. Hunter. Celui qui avait accusé Jeffrey d'avoir volé son couteau pendant les entrainements. Je lui vouais une haine cruelle depuis le début des Jeux.
– Bravo, Hunt' ! s'écria le garçon du Deux, un grand châtain au teint pâle.
– Tuez-le, qu'est-ce que vous attendez ? demanda la fille blonde du Quatre.
La brune du Un prit son couteau et trancha la gorge de l'asiatique. Le sang colora le sable de la plage, et aussitôt un coup de canon retentit. Pensant à Jeffrey, angoissé et seul dans notre caverne, je repartis en courant dans la grotte.
Il m'attendait, sur le qui-vive, tremblant légèrement. Dès qu'il me vit, il soupira de soulagement et se tranquillisa. J'arrivai près de lui et il me prit la main.
– Ce n'était pas toi, souffla-t-il.
– Non, je suis vivant. Les carrières ont tué le gars du Sept.
– Tu as trouvé des choses intéressantes ?
– Non. J'ai juste espionné les carrières.
Pendant le reste de la fin d'après-midi, nous discutâmes. Arrivé au soir, nous mangeâmes des biscuits, des racines et des baies. La nuit arrivait à grands pas, et la pluie semblait accélérer le processus. Il faisait encore plus froid que d'habitude.
– Tu es sûr que tu ne veux pas dormir dans le sac de couchage ?
– Oui, j'ai mon gilet.
J'avais ma petite veste, mais il faisait quand même très froid. Je grelottais, et Jeffrey aussi.
– Tu trembles, remarqua-t-il. Allez, Nick, mets-toi dans ce duvet. Je n'aime pas te voir comme ça.
– Ce ne serait pas juste pour toi.
– Je m'en fiche.
Je levai les yeux au ciel et eus une idée. Je me mis derrière le blond et le pris dans mes bras. Il se colla contre ma poitrine et nous nous réchauffâmes mutuellement. Nous étions positionnés de sorte que nous puissions nous regarder dans les yeux à chaque instant.
– C'est mieux comme ça ? demandai-je.
– Oui. Merci.
Je m'allongeai un peu plus pour être dans une position confortable, et posai ma tête contre celle de mon ami.
Je songeai à mon père et à mon grand frère qui nous regardaient. Que pensaient-ils de mon amitié étrange avec Jeffrey ? Quand je rentrerai – si je rentrais – que me diraient-ils ? Seraient-ils toujours fiers de moi ? Mais rentrer à la maison signifiait tuer Jeffrey. Et je ne voulais pas le tuer.
– Nicholas ?
– Mmh ?
– C'est vraiment bizarre.
– De quoi ?
– Nous deux.
– On est dans les Hunger Games. Plus rien ne me parait bizarre, à présent.
– Non, ce que je veux dire c'est que c'est bizarre qu'on soit aussi… proches. Tu ne trouves pas ?
– Si. Mais ça ne me déplait pas.
– Moi non plus. Je me demande juste ce que les gens penseraient.
– Depuis quand on se préoccupe de ce que pensent les gens ? On peut mourir d'un instant à l'autre, autant faire ce qui nous plait.
Il hocha la tête et resserra son étreinte autour de ma taille.
– Tu as raison.
J'embrassai doucement sa tempe et je fermai les yeux. Soudain, je pensai à quelque chose.
– Est-ce que tes proches te donnaient un surnom, avant ?
– Non, mais mes frères m'ont toujours appelé Jeff. Pourquoi ?
– Je me disais… J'aimerais bien te donner un surnom.
Il rit doucement. Et son rire était vraiment, vraiment beau.
– Huuum… « Jeffy », ça te plairait ?
– C'est mignon, je trouve. Et « Nicky » ?
– C'est parfait.
Il leva les yeux vers moi et me sourit, découvrant une rangée de dents blanches et brillantes. Il était vraiment magnifique. Je détournai le regard, gêné.
Après une demi-heure à parler de notre ancienne vie dans nos districts respectifs, je lançai un inoffensif :
– Et, pendant l'interview, c'est vrai ce qu'a dit ta partenaire de district ?
– Comment ça ?
– Que vous étiez amoureux, gloussai-je.
Il s'assombrit.
– Je ne tomberai jamais amoureux de Quinn.
– Pourquoi ? Elle est très jolie.
– Tu n'as pas vu comment elle était à l'intérieur. Manipulatrice, égoïste, cruelle. Elle est horrible.
Je hochai simplement la tête. Je tentai de me remémorer son interview, et je me souvins d'un détail qui m'avait intéressé.
– A l'interview, tu as dit que tu étais amoureux de quelqu'un d'autre. Je la connais ?
Il releva les yeux vers moi. Une expression de stupeur et d'étonnement était figée sur son visage.
– Je- C'était juste pour l'interview, je ne suis amoureux de personne, dit-il très rapidement.
Je fronçai les sourcils.
– Ah bon ?
– Ou- Oui.
Ce bégayement me laissa penser qu'il mentait. Je souris et le taquinai :
– Tu peux me le dire, Jeffy, je suis ton ami.
Il soupira et secoua la tête.
– Je ne peux pas te le dire, Nicky.
– Pourquoi ?
– Te le dire ici et maintenant reviendrait à l'avouer à tout le monde. Je ne veux pas que ça se sache. S'il n'y avait que toi, je te le dirais, mais…
– Chuchote-le à mon oreille.
Le blond paraissait si stressé et si apeuré que je laissai tomber. Il changea innocemment de sujet :
– Et toi, alors ? Il y a une fille qui t'intéresse ?
– Depuis quelques temps, il y a bien quelqu'un qui m'intéresse, oui…
Il sourit et m'incita à poursuivre.
– Je ne pense pas que la personne ressente la même chose que moi. Notre amour serait tellement… bizarre. Je veux dire, on n'est pas du tout pareils, et des gens pourraient se poser des questions. Mais bon, elle ne doit sûrement pas me remarquer, elle aime quelqu'un d'autre.
– Comment une fille ne peut-elle pas te remarquer, Nick ? Tu es magnifique, et tu es tout ce qu'une fille peut rechercher.
Je soupirai en le regardant avec espoir. Je voulais qu'il ait raison, mais il ne se rendait pas compte du poids de ses mots.
– Je ne suis pas très doué en amour.
– Moi non plus.
Nous nous regardâmes longuement, yeux dans les yeux. Je finis par dire :
– Tu es déjà sorti avec une fille ?
– Non…
– Moi non plus. Et je ne pense pas que ça arrivera un jour.
– Je pense la même chose pour moi.
Je me demandai si c'était pour la même raison que moi. Le son de la pluie faisait battre mon cœur encore plus fort. Je ne voyais presque plus le visage de mon ami.
– Pourquoi ça ?
– Les filles ne sont pas attirées par moi.
– Par moi non plus. Tu sais, je n'étais jamais tombé amoureux avant…
– Moi non plus. Je ne savais pas que ça faisait aussi mal, avoua-t-il.
Je posai ma tête sur celle du blond et caressai sa main.
– Est-ce que tu penses qu'on va s'en sortir ?
– Bien sûr. On va gagner.
– Nicky, tu sais très bien qu'on ne peut pas gagner à deux.
– Eh bien, ils n'auront pas de vainqueurs, alors. Je ne partirai pas sans toi.
– Et moi non plus.
– Si tu meurs, je meurs, chuchotai-je.
Le blond sourit faiblement et nous nous fixâmes pendant plusieurs instants. Je le surpris à baisser les yeux quelques secondes sur mes lèvres, puis il les releva pour planter son regard dans le mien.
– Jeff, soufflai-je.
– Oui ? murmura-t-il.
– Il y a quelque chose qu'il faut que je te dise.
– Tu vas me tuer ? demanda-t-il d'une voix tremblante.
– Hein ? Non, jamais de la vie.
– Alors quoi ? chuchota le blond.
Je replaçai une de ses mèches blondes et poursuivis d'une voix mal assurée :
– Jeff, je ne sais pas ce qui se passe depuis le début des Jeux, mais il y a quelque chose qui ne va pas. Je me sens tout bizarre, je sens que j'ai changé, et que ma perception des gens change, aussi. Je- Je ne savais pas ce qui m'arrivait jusqu'à ce que je te trouve dans cette grotte. Et que je ne parvienne pas à te tuer. Quand tu t'es réveillé et que tu m'as dit « Tue-moi », j'ai eu peur. J'ai eu peur de vraiment te tuer et de te perdre. Ecoute, je sais que c'est débile et que c'est une honte ce que je suis en train de faire, mais je ne peux plus le garder pour moi. Tu es magnifique, Jeff. Tu- Tu es plus que magnifique, tu es parfait. J'ai longtemps cherché quelqu'un comme toi et je t'ai enfin trouvé. Je sais que tu ne partages pas mes sentiments et qu'il y a cette fille qui te plait, mais essaie au moins de comprendre. Ce n'est pas de ma faute, je n'ai pas fait exprès. Alors, voilà, Jeff… Je t'aime.
On aurait dit que le blond pleurait. Quand je regardai mieux, je remarquai que ses yeux étaient vraiment remplis de larmes.
– Je suis tellement désolé…, murmurai-je en commençant à pleurer aussi.
– Ne- Ne le sois pas, Nick.
Je relevai la tête. Il me regardait en souriant faiblement, comme s'il essayait de me réconforter. Ça ne servait à rien. J'aimais quelqu'un que je ne pouvais pas aimer. J'aimais un garçon, qui était en train de mourir à petit feu, et qui ne pouvait survivre si je survivais. C'était stupide. Mais je ne pouvais pas empêcher mon cœur de tomber amoureux. Jeffrey était tellement tout pour moi.
Il caressa ma joue en reniflant. Ce simple geste me tuait. Jamais je ne pourrai le prendre dans mes bras, l'embrasser, lui faire des cadeaux, comme font tous les couples. Jeffrey et moi n'étions pas faits pour être un vrai couple.
Alors que nous nous observions en silence depuis quelques minutes déjà, je chuchotai :
– Dis quelque chose, je t'en prie.
Il sourit puis releva la tête vers moi. Ses yeux semblaient chercher une réponse dans les miens. Il continua de caresser ma joue en réfléchissant intensément. Il finit par se pencher rapidement vers moi et posa ses lèvres sur les miennes. J'eus d'abord un mouvement de recul, mais je finis par me détendre et je rendis son baiser au blond.
Jeff embrassait plutôt bien, pour un garçon qui n'avait pas d'expérience. Il faisait glisser ses lèvres roses et fines sur les miennes, les yeux fermés, la main sur ma nuque. Je rapprochai nos deux corps et entourai de mon bras la taille du plus grand. Quand nous vînmes à manquer d'air, nos deux bouches se décollèrent et nous nous séparâmes de quelques centimètres.
– Je t'aime aussi.
Je souris et collai mon front contre le sien. Je me penchai, quémandant un second baiser. Il me le donna en émettant un petit rire étouffé.
– Nicky ? demanda-t-il alors que nous nous préparions à dormir, lui dans mes bras.
– Oui ?
– Tu penses qu'on survivra ?
– Toi et moi, on sera les vainqueurs des soixante-dixièmes Hunger Games.
– Qu'est-ce qu'il va se passer quand on aura gagné ?
– Tu viendras dans mon district, on pourrait vivre ensemble.
– Je ne peux pas abandonner ma famille.
– Alors je viendrai avec toi.
– D'accord.
Il leva les yeux et croisa mon regard.
– Je t'aime.
– Moi aussi.
– Bonne nuit.
– Oui, soufflai-je en l'embrassant sur le front.
Nous nous couchâmes et je posai ma tête sur celle du garçon que j'aimais. Je m'endormis lentement, bercé par la respiration du blond et par le bruit de la pluie.
Voilà, voilà, mes amis. Alors, dîtes, je vous ai fait attendre pour quelque chose qui en vaut la peine ? Je crois bien que vous attendiez ça depuis longtemps. Eh bien... Vous êtes servis ! Comme d'habitude, vous êtes libres de choisir de laisser un commentaire ou non ! Je n'oblige à rien, même si je reste une râleuse de première qui n'aime pas quand elle ne peut pas répondre à vos questions, bande de nouilles.
