Chapitre 9

Dans un austère château, à une vingtaine de lieues de Berlin, une femme brune d'une cinquantaine d'années à l'air hautain et antipathique discutait avec un homme d'une trentaine d'années aux yeux gris et l'air cruel.
" Dans quelques mois vous serez fiancé à l'héritière de la seigneurie d'Edon Von Tremmen, dit Sophie Von Brahmberg.
- Je le sais, et dans deux ans, il y aura ces épousailles qui me permettront d'hériter de cette immense seigneurie. Je m'arrangerai pour faire main basse sur toutes les terres alentours.
- Vous n'éprouvez donc rien pour cette jeune fille ?
- Non, d'ailleurs je n'aime aucune des femmes avec qui je partage le lit, elles ne sont là que pour me donner du plaisir.
- De toute façon les sentiments ne comptent pas, renchérit Sophie.
- L'important ce sont les richesses.
- Je vous approuve mon cher fils.
- Bientôt toutes leurs possessions m'appartiendront, et par la force et la violence je m'emparerai de tous les domaines alentours.
- Vous posséderez ainsi l'un des plus grands domaines du pays.
- Oui, j'aime posséder, j'aime le pouvoir et les richesses.
- Vous êtes comme moi! Renchérit Sophie.
- C'est pour sa fortune que vous avez épousé cet homme que tous pensent être mon père, n'est ce pas ? Demanda l'homme cruel avec un mauvais sourire.
- Vous avez raison mon cher.
Tous deux se servirent un gobelet d'ale.

Un peu plus tard, un serf vint apporter des légumes et des fruits. Richard s'aperçut que certains étaient pourris.
- Mais qu'est ce que cela signifie ? Comment se fait il que ces légumes et ces fruits soient avariés ?
- C'est à cause des pluies. Répondit le serf.
- Tu n'imagines tout de même pas que je vais accepter de telles choses ?
- Mais je n'ai que ça!
- Je ne te crois pas ! Tu as gardé les meilleurs pour toi et tu as osé m'apporter ces dégoûtantes choses !
- Non Messire, vous vous trompez !
Richard se saisit du jeune homme et le jeta à terre puis le roua de coups de pieds, ensuite il lui fit administrer deux cents coups de fouet.
- La prochaine fois, je te ferais écarteler. Ricana Richard.
Il s'en alla rejoindre une femme à l'allure vulgaire, de l'extérieur de la pièce on pouvait entendre leurs gémissements.

Edon et ses hommes recherchaient toujours Lisa et David, sans résultats…
- Nous allons fouiller de fond en comble toutes les maisons ainsi que les bois et tous les endroits où ils pourraient être, je crois que ces bois regorgent de cachettes.

La nuit tombait, Lisa et David étaient épuisés, dans une petite ville paisible, ils aperçurent une petite auberge.
- Je crois que nous devrions nous reposer dans cette auberge. Proposa Lisa.
- N'est ce pas risqué ? Questionna David.
- Non, nous sommes fort loin de la seigneurie de mon beau père, et cette ville me semble tranquille.
Ils frappèrent à la porte, une femme blonde d'une quarantaine d'années à l'air sympathique vint leur ouvrir.
- Entrez, il ne faut pas rester dehors, il ne fait pas très chaud.
- Il y a-t-il un endroit où nous pourrions mettre nos chevaux ? Demanda David.
- Oui, bien entendu, Thibaut, tu peux mettre ces chevaux à l'écurie et leur donner à manger et à boire.
Un garçon d'une douzaine d'années arriva dans la pièce.
- Bien sûr Agnès.

- Je vais vous préparer un peu de poulet, j'espère que cela vous conviendra.
- Cela me convient, répondit Lisa.
Elle se tourna vers son époux.
- Et toi mon amour ?
- Cela me convient aussi.
- Comment vous appelez-vous ? Demanda Agnès.
- Moi c'est David et voici ma femme Lisa, nous sommes marchands ambulants.
- Moi je suis Agnès, je tiens cette auberge avec Nina, Thibaut est son fils.

Un peu plus tard Agnès revint avec le poulet et un pichet d'eau.
Les deux jeunes apprécièrent le repas.
- Votre chambre est prête. Fit Agnès.
- Vous serait-il possible de nos préparer un tub ? S'enquit Lisa.
- Bien entendu.
- Un grand tub si possible," ajouta David avec un sourire charmeur.