Bonjour. Ca fait tout bizarre mais je pense boucler enfin ce recueil. Sûrement que j'y reviendrai un jour, mais là il me semble bien de le terminer de cette manière. Je vais de toute manière en ouvrir un second - très prochainement - mais du regard de Zoro sur Sanji.

Ouais, je suis toute mélancolique. Je l'ai rédigé assez vite, en écoutant "Dreams" d'Imagine Dragons.

Sinon, je tenais à répondre à Petite Louve dont la review m'a fait extrêmement plaisir:

Tu es une personne à tomber, merci. Merci merci merci merci merci merci merci... Prière à la Terre de tourner si bien et de t'avoir fait venir par ici. Pour tes beaux yeux, je ferai - effectivement ! divine ! - un texte sur leur coming-out. Puis un challenge que - somptueux diable ! - je relève.

C'est toi qui m'offre une douceur de vivre.

Enfin, un merci énorme - comme le cœur - à tous mes lecteurs.


Fragments de vie quotidienne: entre cigarettes et sabres

Dixième fragment

Ils naviguaient aux environs d'une île estivale depuis quelques semaines et, dès les premiers jours, le soleil avait pris sa garde blanche sur le pont.

Sanji referme la porte du frigo du talon et s'essuie les mains sur le torchon pendu à son épaule. Il souffle. Il vient de terminer la préparation du dîner et la coupe des fruits qu'il déposera plus tard sur une glace vanille nue.

Il jette la chute de tissu humide, sans vraiment aviser sérieusement la vaisselle, et sort sur le pont.

Le soleil commence à retirer sa robe immaculée et à appuyer son énorme silhouette ronde sur l'horizon. L'air est plus doux et Sanji respire, agréablement surpris qu'il fasse moins chaud ici que dans son antre.

- Oi !

Il a à peine le temps de faire un pas de côté que Luffy file tout près de lui, tenant son chapeau d'une main et de l'autre quelque chose contre sa poitrine. Il hausse un sourcil.

- Reviens ici imbécile !

Nami s'arrête près de lui et appuie ses deux mains sur ses joues.

- Sanji s'il te plaît, halète-t-elle.

Il n'a même pas besoin qu'elle lui explique que Luffy lui a volé des oranges. Il s'élance malgré la chaleur du soir.


- Qu'est c'que t'fous ?

Sanji tourne son visage vers Zoro, à côté duquel il vient de s'asseoir contre le bastingage. L'escrimeur a encore les paupières serrées et les bras tout pareil contre son torse nu.

- Je pensais que tu dormais, fait le cuistot, négligemment, en remontant l'ourlet de son pantalon.

Il sent que Zoro ouvre les yeux et les tourne vers lui.

Zoro l'observe.

- T'as l'air stupide, marmonne celui-ci.

Parce qu'il le trouve élégant et séduisant, en fait. Avec son pantalon clair qui serre ses longues jambes et découvre ses chevilles fines dont la peau disparaît trop vite dans une paire de chaussures en cuir. Avec sa chemise blanche qui laisse ses avant-bras nus et offerts, et son cou et sa nuque tout comme à son regard.

Sanji l'épingle de ses yeux lagons, mais tout ce que Zoro comprend c'est que ces foutus yeux sont trop bleus, qu'ils renferment le monde; il retient les mèches blondes sur son front et sa nuque, le col froissé qui découvre le saillant d'une clavicule, et sa bouche qu'il a envie d'embrasser. Il retient que dalle et tout.

- Toi aussi, répond Sanji.

Parce que le soleil a peut être amené la chaleur, les coups de soleil pour Usopp, mais aussi la peau brune et les tâches de rousseur de Zoro. Et Sanji se retrouve à être complètement abruti depuis des semaines. Parce qu'il trouve ça stupide mais foutrement adorable et sexy. Toutes ces constellations d'étoiles châtaignes sur ses épaules musclées, son nez et ses pommettes. Et les cicatrices qui ressortent plus blanches encore.

Ils se retrouvent imbéciles à se fixer.

Puis, Sanji gigote et se mord les lèvres.

- Connard, fait-il en l'embrassant, t'es qu'un connard.

Tout contre ses lèvres.

Pars pas.

Jamais.

Je vous embrasse très fort,

Charlie