Bonjour à tous !

Me voilà de retour avec le tant attendu chapitre neuf ! J'ai été ravie de constater que vous avez vraiment apprécié le chapitre précédant, j'admets que vous attendiez avec impatience le début des révélations. Après tout les Cullen avaient bien mérité d'avoir quelques explications, non ? Au début j'hésitais à faire la sadique et à repousser les révélations, par exemple avec Harry qui aurait transplané à la fin de l'affrontement avec les nouveau-nés, mais j'avais peur que vous vous lassiez d'attendre des explications si je faisais cela.

Rappelez-vous, le chapitre huit s'achevait sur une nouvelle crise d'Harry après avoir remué un peu trop de mauvais souvenirs. Que va-t-il se passer à présent que tout le clan de vampire a assisté à la scène ? Comment Harry va-t-il se justifier ? Va-t-il continuer à se confier ? Pour le savoir, une seule solution : lisez ce chapitre !

Comme d'habitude je remercie chaleureusement tous ceux qui m'ont laissé des reviews, qui me suivent ou qui m'ont mise dans leurs favoris, cela me va droit au cœur ! Merci pour votre enthousiasme et votre soutient !

Et sinon, pour tous ceux qui prennent la peine de lire mon blabla, j'espère que la rentrée s'est bien passée pour tout le monde ! Pour ceux que ça intéresse, je suis à présent inscrite en première année d'Histoire de l'Art et je suis ravie ! En revanche les profs n'ont aucune pitié, je suis déjà ensevelie sous les devoirs et surtout sous les exposés à préparer et ça prend un temps de dingue !

Disclamers : Les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.K Rowling et de S. Meyer. Seule l'histoire m'appartient et je ne touche pas d'argent pour mes écrits.

Avertissement : Cette fiction sera un slash, c'est-à-dire qu'il y aura une histoire d'amour entre deux hommes (je ne sais pas encore s'il y aura un lemon), donc homophobes passez votre chemin. Je tiens vraiment à préciser que je ne tolérerai AUCUNE remarque homophobe, donc pour ceux qui n'aiment pas les relations homosexuelles, rien ne vous oblige à lire.

Note : Comme je l'ai dit précédemment, Bella Swan ne fait pas parti de cette fic, je part donc du principe qu'elle n'a jamais mis les pieds à Forks et les Cullen ne la connaissent pas. J'ai également amené quelques modifications, à savoir que dans mon histoire Ron et Hermione sont morts (je sais c'est cruel, surtout que je les aime bien).

IMPORTANT : Je tiens à répondre à ta review maryam et je le fais ici puisque je ne peux pas te répondre par mp. J'espère que tu liras ma réponse. Je dois te dire que ta review m'a laissée… perplexe, je pense que c'est le bon terme. Tu me demandais si je m'inspirais de Harry Styles pour décrire le Harry de mon histoire et la réponse est définitivement non ! Pour tout te dire, ça ne m'aurait pas traversé l'esprit, principalement parce qu'ils ne se ressemblent pas. Mon Harry a les cheveux noirs et très ébouriffés, Harry Styles est brun aux cheveux bouclés, à la rigueur ils ont tous les deux les yeux verts (j'ai du aller regarder une photo de Harry Styles parce que je ne voyais pas les points communs avec Potter), mais les similitudes s'arrêtent là. Je ne vois pas l'intérêt de m'inspirer d'Harry Styles, mais en tout cas je te remercie de lire mon histoire et de me laisser des reviews !

Très bonne lecture à vous, on se retrouve à la fin de ce chapitre !

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Un peu moins d'une heure s'était écoulée depuis la crise et le malaise d'Harry. Carlisle et Esmée l'avaient installé dans une chambre à l'étage. Les Cullen avaient décidé de ne pas l'emmener à l'hôpital : Carlisle l'avait examiné puisqu'il avait tout le nécessaire pour s'occuper de lui et il savait que les médecins ne pourraient de toute façon rien faire de plus que ce qu'il avait déjà fait.

Mais il s'interrogeait. Il avait de toute évidence eut raison à sa première rencontre avec le jeune Black, à l'hôpital, lorsqu'il avait pensé que le garçon avait menti sur les raisons de son malaise et que ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait.

Mais qu'est-ce qui déclenchait ces crises ? La dernière fois ses enfants lui avaient expliqué qu'ils étaient en pleins cours d'anglais quand Harry avait commencé à se sentir mal. Cette fois-ci il était en train de parler de son école de sorcellerie en Angleterre. Etait-ce en rapport avec quelque chose qui se serait passé à Poudlard ? Harry avait pourtant semblé heureux en parlant de son ancienne école, Carlisle avait vu de la tendresse dans ses yeux lorsqu'il avait évoqué certains souvenirs. Mais il était également vrai qu'il avait à plusieurs reprises aperçu une ombre voiler le regard d'émeraude.

Il observa le jeune homme allongé devant lui. Ils l'avaient installé dans une des chambres supplémentaires dans lesquelles ils logeaient les Denali quand ceux-ci venaient les voir.

Ainsi étendu dans ce grand lit, le jeune sorcier qui était intervenu sans crainte dans un combat entre vampires un peu plus tôt dans la journée semblait bien vulnérable. Sa peau était encore très pâle et de grands cernes violets soulignaient ses yeux clos. Carlisle trouvait qu'il avait maigri, ses os étaient plus saillants qu'avant sous sa peau diaphane. Rien de réellement inquiétant pour le moment, mais le médecin décida de suivre l'affaire juste au cas où cela se révèlerait être plus grave.

Sortant finalement de la chambre, le patriarche redescendit au salon où se tenaient les autres membres de la famille. Il leur avait demandé de ne pas entrer dans la chambre tant qu'il s'occupait de son jeune patient. Question de principe. Il tenait à ce que le sorcier bénéficie d'un minimum d'intimité.

Dès qu'il arriva au bas des escaliers, Esmée vint se blottir dans ses bras, soucieuse et encore chamboulée d'avoir assisté à la crise d'Harry. L'avoir vu dans un tel état de détresse sans pouvoir rien faire pour lui venir en aide avait été très éprouvant pour elle.

- Comment va-t-il ? demanda-t-elle.

- Il est toujours inconscient, dit-il en la menant vers le canapé dans lequel ils s'installèrent. Je pense qu'il le restera encore un certain temps, la dernière fois il lui a fallu plusieurs heures avant de revenir à lui.

Il passa distraitement la main dans les cheveux soyeux de sa compagne avant de poursuivre :

- Mais je suis inquiet. Ces crises sont particulièrement violentes et j'ignore pour le moment ce qui les déclenche.

- Je ne sais pas ce qui les déclenche, mais à chaque fois ses émotions se déchaînent, déclara Jasper. C'est comme si ses émotions prenaient le contrôle de lui. Il ressentait des sentiments plus… doux que d'habitude pourtant, de la tendresse, de la nostalgie et beaucoup d'affection. Et puis soudainement tout à volé en éclat. Il a été submergé par la peur, la colère, le désespoir, le dégoût mais surtout par la culpabilité. La culpabilité surpassait tout le reste.

- C'est étrange… Tu crois que c'est lié à quoi ? demanda Alice. Ce n'est guère habituel pour un humain de son âge de ressentir de tels sentiments. Bien sûr les adolescents humains passent souvent par une phase de mal-être et au début j'ai pensé à une crise d'ado un peu extrême mais finalement j'ai l'impression que ça va bien au-delà.

- Plus j'y pense et plus cela ressemble à un syndrome de stress post-traumatique, fit Carlisle. D'une certaine manière, il me fait un peu penser à toi, Jasper, les premières années où Alice et toi êtes venus vivre avec nous, quand tes instincts de soldat étaient à fleur de peau.

Il y eut quelques secondes de silence puis Edward se tourna vers son frère empathe, plongeant son regard doré dans le sien.

- Tu devrais le dire à Carlisle.

- Que devrait-il me dire ? s'enquit calmement le patriarche.

- Harry est un soldat.

Suite à l'annonce abrupte de l'ancien Major, le silence s'installa une nouvelle fois. Le jeune Black ? Un soldat ? Cela semblait impossible !

- Que dis-tu ? fit Esmée, incertaine. Un soldat ?

- Tu es sûr de ce que tu dis, mon frère ? demanda Rosalie.

Elle faisait confiance aux impressions de Jasper mais cette fois-ci elle restait malgré tout un peu sceptique.

- J'en suis certain, assura-t-il. Harry est un combattant. J'en ai suffisamment côtoyé dans ma vie pour en reconnaître un quand je le vois. C'est une certitude qui s'est encrée en moi dès le début. Il y a des choses qui ne trompent pas : sa méfiance, cette façon de toujours se tenir sur le qui-vive, prêt à bondir, toutes ses cicatrices, ses émotions violentes, sa manie de repérer discrètement toutes les sorties possibles lorsqu'il entre dans une pièce et tout à l'heure, face aux nouveau-nés, il a montré qu'il savait se battre.

- Peut-être que les sorciers effectuent un service militaire, suggéra Emmett. Cela ne veut pas dire qu'il ait déjà eu à se battre.

- Je ne sais pas s'il existe un service militaire dans son monde, c'est une possibilité en effet, poursuivit Jasper. En revanche je peux t'assurer qu'il s'est déjà battu et qu'il y est habitué. Le jour où il a eu sa crise au lycée, l'heure précédente nous étions en Histoire et le prof parlait de la Guerre de Sécession. Il était très intéressé, on en a discuté et il comprenait.

- Il comprenait quoi ? s'enquit Emmett, ne pouvant réaliser ce qu'impliquaient les paroles de son frère.

- Il comprenait ce qu'est la guerre, répondit gravement l'ancien soldat. Au début, cela me paraissait risible de penser cela, il ne pouvait pas comprendre réellement ce qu'est la guerre, pas sans l'avoir vécu. Or cela fait plusieurs décennies qu'il n'y a pas eu de guerre en Angleterre. Et pourtant il comprenait vraiment. Il comprenait les sacrifices, l'amertume et la douleur. Comme s'il connaissait tout cela. Comme s'il l'avait vécu, qu'il avait expérimenté tout cela ! Comme s'il avait déjà fait la guerre.

- Mais il a l'air si jeune ! souffla Esmée. Il ne doit même pas avoir vingt ans.

- Et pourtant ça expliquerait certaines choses, songea Carlisle. Et cela me conforte dans mon hypothèse selon laquelle il serait atteint d'un syndrome de stress post-traumatique. Tu l'as dit toi-même, ma douce Esmée, Harry ne doit pas avoir vingt ans et pourtant il semblerait qu'il ait déjà connu la guerre. Si tel est le cas, et j'ai tendance à être d'accord avec Jasper, il a dû voir des gens mourir et c'est une chose qui marque un esprit à jamais, alors à cet âge cela peut avoir de grosses conséquences.

- Alors qu'est-ce qu'on fait ? lui demanda Edward, désireux d'aider le jeune sorcier.

La première fois qu'il avait vu Harry faire une crise et qu'il l'avait emmené à l'hôpital, il s'était senti vraiment inquiet pour cet humain mystérieux qui venait tout juste d'arriver en ville, mais qui déjà, l'intriguait plus que de raison. Et après ces longues semaines à s'interroger sur le « Mystère Black », il avait attendu, désespérant de ne rien apprendre sur cet étrange humain qui le fascinait, la première personne qu'il rencontrait à être immunisée contre son don.

Parfois, il trouvait son don pesant. Toujours savoir ce que les autres avaient à l'esprit, savoir ce dont ils avaient envie, savoir ce qu'ils allaient dire avant même qu'ils aient ouvert la bouche, tout cela devenait très rapidement lassant, une fois l'euphorie des premières années passée. Il s'était alors souvent dit que rencontrer quelqu'un dont il ne puisse lire les pensées serait très rafraichissant. Mais finalement, ne pas savoir ce que pensait Harry Black était horriblement frustrant. Malgré ce qu'il en disait, son don faisait parti de lui, il y était habitué, alors le voir inefficace le déroutait. Et l'anglais parlait si peu de lui, il se mêlait rarement aux autres et il était ardu de découvrir quoi que se soit sur lui, ce qui malmenait la curiosité dévorante d'Edward.

C'est pourquoi les révélations de ce début de journée avaient semblées si inespérées pour lui après ces semaines d'attentes. Jamais il n'aurait pu imaginer ce que leur avait révélé Harry. Il avait beau être un vampire et savoir que les loups-garous n'étaient pas un mythe, jamais il n'aurait pensé qu'un tel monde magique existait. Un monde de sorciers. Harry était un sorcier.

Edward se sentait soudainement plus proche de lui, maintenant qu'il s'était un peu ouvert. Oh bien sûr le jeune humain s'était contenté de parler de son monde, il n'avait que très peu parlé de lui-même, mais venant du taciturne et solitaire sorcier, c'était déjà beaucoup. Cependant Edward ne se faisait guère d'illusion : certes Harry s'était un peu ouvert aujourd'hui, mais il se tenait toujours à distance, loin des gens, séparé d'eux par un immense gouffre.

Mais peu importe le temps et les obstacles, le télépathe était bien décidé à franchir ce précipice et à venir en aide au bel anglais.

- Pour le moment, nous ne pouvons rien faire, si ce n'est attendre, répondit le médecin.

oOoOoOo

Harry était allongé dans un canapé de la Salle Commune de Gryffondor, endormi, lorsque quelqu'un vint doucement le secouer. Ouvrant péniblement les yeux, le jeune homme redressa ses lunettes sur le bout de son nez avant de regarder Hermione, penchée sur lui.

- Désolée de te réveiller Harry, fit-elle avec un sourire, mais si tu continues tu n'arriveras pas à dormir cette nuit.

- Oui tu as sans doute raison, merci, lui dit-il en se redressant.

- Hey Harry ! l'interpella Ron, assis un peu plus loin. Puisque tu es réveillé, ça te dis une partie d'échecs ? Je viens de massacrer Seamus !

Harry acquiesça avec un sourire, se retenant de lever les yeux au ciel. Ce n'était guère étonnant que Seamus ait perdu, Ron était terriblement doué aux échecs et le Survivant n'avait jamais gagné contre lui, mais il appréciait toujours ces moments, ne serait-ce qu'en voyant le sourire lumineux de son meilleur ami, après une nouvelle victoire, lui qui avait tendance à se rabaisser continuellement.

- Nous avons un test écrit en Astronomie demain et 185 centimètres de parchemin à rendre au Professeur Rogue sur les propriétés et l'utilisation des tentacules de Murlap dans deux jours ! s'exclama Hermione, réprobatrice. Et vous connaissant, tous les deux, je suis sûre que vous n'avez pas commencé, ni l'un ni l'autre ! Alors je ne pense pas que ce soit le moment de jouer aux échecs ! Et ne comptez pas sur moi pour vous aider !

- On fera nos devoirs tout à l'heure, promis ! s'exclama Ron, son attention déjà tourné vers la prochaine partie.

Hermione ne paru pas convaincue en voyant le jeune Weasley qui ordonnait à ses pièces de se repositionner pour une nouvelle manche, mais elle laissa tomber, sachant que les garçons ne daigneraient pas mettre le nez dans leurs manuels tant qu'ils n'auraient pas fait leur fichue partie.

Harry s'installa dans un fauteuil face au rouquin, et l'affrontement commença.

Ron gagna, comme toujours, mais Harry s'était bien amusé, ils avaient beaucoup ri lorsque les pions avaient commencé à se plaindre de leur sort (à savoir, être réduit en pièces par les pions adverses) et à contester chaque instruction que leur donnaient les deux sorciers. Enfin, surtout les pièces d'Harry en réalité.

Puis Harry se leva et s'étira.

- C'est l'heure du dîner, on descend dans la Grande Salle ? proposa-t-il à ses deux amis.

- Très bonne idée ! s'exclama le jeune Weasley, enthousiaste.

- De toute façon, dès qu'il s'agit de manger, tu es toujours d'accord Ron, intervint Hermione, amusée, en fermant son livre et en les suivant.

Ils quittèrent leur Salle Commune et se dirigèrent tranquillement vers les escaliers.

- Je suis en pleine croissance Hermione ! Il faut que je mange, c'est normal ! se justifia Ron.

- Oh je t'en prie arrête ! répondit la jeune fille avec un éclat de rire. Dans ton cas, ce n'est pas une question de croissance Ronald, tu es un ventre sur pattes, c'est tout !

Le sourire aux lèvres, Harry les écouta se chamailler, amusé. C'était toujours comme ça entre ces deux là, c'était leur façon de communiquer depuis leurs onze ans. Harry avait fini par s'y habituer et même à y prendre goût d'une certaine manière, comme un bruit de fond familier, somme toute assez agréable, cela faisait parti du quotidien du trio d'Or et le Survivant n'aurait changé cela pour rien au monde.

Soudain, ce fut le silence. Etonné, Harry se tourna vers ses amis, avant de se figer. Sous ses yeux horrifiés, il vit Ron et Hermione étendus au sol, morts. Plus une trace de la vie qui les habitait encore quelques secondes auparavant, plus une trace de la lumière qui brillait dans leurs yeux désormais ternes. Seul vestige de leur précédente complicité, de leur amour trop longtemps inavoué : leurs mains enlacées.

Tout d'abord le Gryffondor ne comprit pas. Puis soudain tout lui revint brusquement, comme une vague immense et furieuse qui le percuta de plein fouet. Ce qu'il venait de vivre n'était qu'un mirage, une cruelle illusion, écho d'un temps à jamais révolu. Ces moments paisibles dans la Tour des rouge et or n'étaient qu'un délire de son esprit brisé. Il n'avait pas pu parler et jouer aux échecs avec ses amis puisqu'ils étaient morts lors de la Bataille de Poudlard.

Son cœur battant à tout rompre, Harry se détourna de cette scène macabre, ne supportant plus la vision des corps sans vie de ceux qui comptaient le plus pour lui.

Il se mit à courir, plus vite, toujours plus vite, dans l'espoir de s'éloigner de ces horreurs. Il traversait les couloirs, dévalait les escaliers, mais la mort le poursuivait sans relâche. Où qu'il aille, où que son regard se pose, tout n'était que ruine et désolation. Les cadavres des élèves au milieu des décombres étaient sans cesse plus nombreux. Combien d'enfants avaient donc perdu la vie dans ce conflit ?

Trébuchant sur un obstacle, Harry s'étala au sol, le visage dans la poussière. Il s'était mordu en tombant et le goût âcre et métallique du sang lui emplit la bouche. Toujours au sol, il se tourna vers ce qui l'avait mis à terre et son cœur rata un battement. C'était le corps de Colin Crivey. Harry aurait voulu l'aider, lui dire de se relever et de courir se mettre à l'abri mais les yeux voilés de l'étudiant ne laissaient aucune place au doute : la vie l'avait déjà quittée. Et quand bien même, Colin ne l'aurait probablement pas écouté, malgré l'admiration sans borne qu'il lui vouait, il n'en demeurait pas moins un Gryffondor et ce n'était pas dans son caractère de fuir face au danger.

Harry eut envie de vomir. Quel monde était-ce dont là ? Quel monde laisserait des enfants prendre part à la guerre ? Quel monde les laisserait poser ne serait-ce qu'un pied sur un champ de bataille ? Etait-ce donc ce même monde de magie qui lui avait semblé si incroyable et fabuleux lorsqu'il l'avait découvert des années auparavant ? Colin n'avait que seize ans, il ne connaissait encore rien à la vie, son visage conservait encore les dernières rondeurs de l'enfance. Il n'avait rien à faire dans un tel lieu de désolation.

Mais les choses étaient ainsi faites : Colin Crivey, Gryffondor de seize ans, fan d'Harry Potter et passionné de photographie était mort en se battant contre un mage noir mégalomane et ses sbires à l'âge auquel il n'aurait pas du avoir d'autres préoccupations que les cours, le Quidditch, ses amis et les filles. Mais la guerre était passée par là et avait tout dévasté sur son passage.

Les yeux pleins de larmes, Harry se releva et reprit sa course effrénée vers la sortie du château, refusant de poser une nouvelle fois ses yeux sur les cadavres qu'il croisait, refusant de voir ses amis morts, refusant les sombres événements survenus dans cette école, comme si nier les faits avait le pouvoir de les rendre moins réels.

Mais il avait beau courir de toutes ses forces, il lui semblait que la sortie s'éloignait un peu plus à chaque seconde qui passait. Ses jambes étaient lourdes et il avait l'impression étouffante de ne pas réussir à avancer, comme si l'air était devenu solide et entravait le moindre de ses mouvements, le retenant prisonnier de cet enfer.

Il finit pourtant par arriver face aux grandes portes closes du château. Le jeune homme s'étonna un instant de les voir fermées, il se rappelait pourtant parfaitement qu'elles avaient été ouvertes de force lors de la bataille et que des hordes de Mangemorts s'y étaient engouffrées, tuant tous ceux qui se dressaient sur leur passage.

Mais au final, cela lui importait assez peu, tout ce qu'il voulait, c'était s'échapper de ce château devenu lieu de massacre, s'échapper de cette école autrefois si chaleureuse et à présent devenue un sinistre tombeau.

La respiration haletante, les mains tremblantes, le cœur au bord des lèvres et les larmes aux yeux, Harry se précipita contre les lourds battants, pesant dessus de tout son poids. Ils s'ouvrirent lentement, sans faire le moindre bruit, révélant un abîme de noirceur. On aurait dit que les portes s'étaient ouvertes sur le Néant. La cour du château avait disparue, remplacée par le noir complet, plus sombre qu'une nuit sans lune, nulle lumière n'y brillait, ce n'était qu'un voile de ténèbres.

Mais cela n'effraya pas Harry, bien au contraire, il l'accueillait avec un grand soulagement. C'était ce noir bienfaiteur et apaisant qui finissait inévitablement par l'engloutir à chacune de ses crises. C'est donc avec délivrance qu'il avança vers ce gouffre qui l'engloutit, le dépouillant de toutes ses pensées et de toute sa culpabilité, ne lui laissant que cette agréable mais éphémère sensation de paix.

oOoOoOo

Cela faisait à présent plus de deux bonnes heures qu'Harry Black avait perdu connaissance et il ne s'était toujours pas réveillé. Edward veillait à son chevet, un peu inquiet, mais son père l'avait prévenu que l'humain mettrait du temps à revenir à lui et qu'il ne fallait pas s'inquiéter outre mesure. Alors le télépathe attendait, en réalité plus soucieux de ces crises foudroyantes que du temps qu'Harry mettait à ouvrir les yeux.

Il avait bien malgré lui entendu les hypothèses qu'avait formulées Carlisle dans son esprit, cherchant l'origine exacte et le déclencheur de ces malaises, et aucune hypothèse n'était réjouissante. La plupart évoquait de violents traumatismes et il se sentait sincèrement peiné pour le jeune homme si certaines s'avéraient véridiques.

Le doux soleil du début de journée avait rapidement laissé place à de la pluie. Le ciel était à présent d'un gris terne et de sombres nuages s'étaient massés sur la ville de Forks et ses environs.

Chaque membre de la famille Cullen était progressivement retourné à ses occupations quotidiennes en attendant le réveil de leur invité. En raison de la bataille qui avait eu lieu plus tôt dans la journée, Carlisle avait posé un jour de congé, prévenant l'hôpital de son absence dès qu'Alice était revenue de la chasse au cour de laquelle elle avait eu la vision les informant du jour de l'attaque. C'est pourquoi il était calmement installé au salon avec un livre, sa femme travaillant sur son nouveau projet de rénovation d'une maison ancienne à ses côtés. Emmet, Rosalie et Jasper étaient dans le garage, occupés à dorloter leurs différents bolides, tout en discutant du nouveau modèle de 4x4 que souhaitait s'acheter Emmett. Alice était quant à elle dans le dressing de la chambre qu'elle partageait avec son compagnon. Les soldes n'allaient pas tarder à commencer et elle devait faire du tri afin de ne conserver que les pièces tendances et faire de la place aux nouveaux vêtements qu'elle comptait acheter.

Mais Edward se sentait tout simplement incapable de faire autre chose que de rester au chevet du sorcier. Celui-ci occupait totalement son esprit. Ses yeux dorés parcourraient inlassablement le visage de l'anglais, comme pour graver ses traits dans sa mémoire. Harry était vraiment d'une grande beauté et, ainsi endormis, son visage dégageait une telle douceur ! Ses traits étaient plus détendus, le faisant paraître plus jeune. Comme s'il vivait en permanence avec un lourd poids sur les épaules qui le ne quittait que dans son sommeil.

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Dans son cocon de noirceur, Harry sentit le subtil changement, la légère perturbation qui annonçait la disparition progressive de l'apaisante obscurité. Comme à chaque réveil suivant une crise, il reprit peu-à-peu conscience du monde qui l'entourait, l'horreur de son cauchemar et cette étouffante culpabilité lui pesant à nouveau lourdement sur le cœur. Il y été habitué depuis le mois de mai et la mort de Voldemort, mais cela ne signifiait pas pour autant que ce poids lui était plus supportable. Sa culpabilité durait d'ailleurs depuis bien plus longtemps, cela faisait des années à présent qu'il vivait en s'attribuant la responsabilité de la mort de ses parents, puis celle de Cédric, celle de Sirius ou encore celle de Dumbledore. Quel lourd poids sur ses si frêles épaules ! Mais à l'époque, la présence de Ron et Hermione à ses côtés l'aidait à tenir debout et à avancer. Mais sans eux et après l'hécatombe de la guerre, Harry avait sans cesse l'impression d'étouffer, cherchant vainement à prendre une nouvelle inspiration, comme un noyé aux poumons brûlants et au cœur sur le point d'exploser.

Combien de fois en était-il arrivé à regretter de ne pas être mort en même temps que le Seigneur des Ténèbres ? Combien de fois s'était-il dit que la mort eut été préférable au semblant grotesque de vie qu'il menait à présent ? Etait-ce lâche de sa part que de souhaiter être mort afin de ne plus ployer sous le fardeau de sa destiné qui fut jadis prédite par une piètre voyante dans une auberge sordide ?

Ce fut finalement le bruit de la pluie contre les fenêtres qui le ramena au présent. Il se décida enfin à ouvrir les yeux sur un plafond blanc. Cette fois-ci il n'était pas à l'hôpital.

- Harry, ça va ? Comment te sens-tu ? fit une voix mélodieuse sur sa gauche.

Le sorcier tourna la tête et aperçu Edward qui quitta son poste d'observation situé devant la fenêtre et vint à côté du lit, un air soucieux sur le visage.

- Ça va, ne t'en fait pas Edward.

Deux coups furent doucement tapés à la porte et Carlisle entra.

- Je suis content de vous voir réveillé Harry, déclara-t-il avec un sourire.

Le médecin s'assit sur le bord du lit et en profita pour prendre la tension et le pouls du jeune homme.

- Votre tension est un peu basse mais ce n'est guère étonnant après un malaise tel que celui-ci.

- Je vous remercie Carlisle, fit Harry en se redressant. Excusez-moi de vous avoir imposé mes… soucis de santé.

Carlisle plongea ses yeux dorés dans les orbes d'émeraudes du Sauveur. Harry avait l'impression que le vampire était capable de lire en lui et de voir au plus profond de son âme, mais il y avait tant de bonté et de compréhension en lui que ce n'était pas une sensation aussi désagréable que ce que l'on pourrait croire.

- J'avais donc raison de penser que la fatigue et le décalage horaire n'étaient pas la raison de votre malaise, contrairement à ce que vous m'avez déclaré à l'hôpital, n'est-ce pas ? demanda Carlisle avec douceur, sans le moindre reproche dans la voix.

Il ne jugeait pas le jeune anglais. En tant que médecin il avait depuis longtemps remarqué que certaines personnes rechignaient à parler de leur santé et avaient du mal à confier leurs soucis, quand bien même le silence pouvait être néfaste pour leur santé. Harry Black était de ceux-là et il semblait qu'il avait un passé peu commun, un vécu sombre qui pesait lourdement sur ses épaules. De plus, Carlisle sentait que l'humain était plongé dans la solitude. Edward lui avait un jour confié qu'Harry ne s'était lié avec personne au lycée, qu'il évitait les autres autant que possible et passait tout son temps seul, à l'écart. Et pour ce qu'il en savait, le sorcier vivait seul et il avait lui aussi noté qu'Harry avait parlé au passé lorsqu'il avait évoqué ses parents, un peu plus tôt dans la journée.

Dans un premier temps, Harry ne su quoi répondre, il était un peu gêné d'être ainsi mis au pied du mur. Il était à présent évident qu'il avait menti au médecin, à son réveil à l'hôpital. A l'époque il lui était impossible de confier au patriarche Cullen les raisons de sa crise. Mais à présent que les vampires étaient au courant de sa nature de sorcier, il pouvait se permettre une demi-vérité. Il rechignait à leur mentir une nouvelle fois alors que les Cullen lui étaient une fois encore venus en aide, mais il ne pouvait pas non plus leur avouer que ses crises étaient le résultat de la guerre qui avait ravagé le monde de la magie jusqu'au mois de mai dernier, jusqu'au jour où il avait finalement mis un terme à la vie du mage noir. Non, il ne pouvait pas leur dire ça, il ne se sentait pas prêt à aborder ces souvenirs et encore moins à les affronter.

- Mes fils m'ont également appris que vous souffrez parfois de la jambe droite, continua le patriarche Cullen d'un ton doux pour ne pas le brusquer, puisque sa santé semblait être un point sensible. Est-ce que vous voulez m'en parler ? Je peux demander à mes enfants et à ma femme de nous laisser un peu d'intimité si vous le désirez.

Edward aurait voulu protester et dire qu'il désirait rester là et écouter ce que le jeune homme avait à dire, mais il se retint. Si Harry n'acceptait de parler qu'à Carlisle, il n'allait pas s'imposer. Qu'importe son insatiable curiosité.

- Non, c'est bon, ils n'ont pas besoin de partir, répondit finalement l'anglais. Vous êtes chez vous, c'est moi qui m'impose, c'est donc à moi de m'adapter, pas le contraire.

- Tu es sûr ? Je ne veux pas m'imposer, fit Edward malgré sa réticence et son envie de rester auprès du jeune Black.

- Non ! Reste !

Si Edward fut surpris de la ferveur que le sorcier avait mis dans ces deux mots, il n'en montra rien, mais n'en ressentit pas moins une certaine satisfaction.

Une légère rougeur vint colorer les joues d'Harry face à sa réaction. Mais il voulait vraiment que le vampire aux cheveux cuivrés reste. Il est vrai que les premiers temps après avoir appris le don vampirique d'Edward, il avait été mal à l'aise, ne pouvant s'empêcher de repenser aux laborieuses leçons d'occlumencie dispensées par le professeur Rogue, leçons au cours desquelles le directeur de Serpentard pénétrait sans répit dans son esprit, ou encore les douloureuses visions que lui infligeait Voldemort et grâce auxquelles il entrait sans mal dans sa tête pour lui infliger de cruelles tortures. En effet le Seigneur des Ténèbres avait depuis longtemps compris que le Survivant ne supportait pas de voir souffrir des gens sans pouvoir leur venir en aide. Cela le détruisait et il était alors très simple pour le mage noir de convaincre insidieusement Harry qu'il était responsable de tous ces supplices et toutes ces morts.

Alors savoir que quelqu'un d'autre était capable de lire dans son esprit ne l'avait guère réjoui. Mais après avoir compris qu'il était capable de bloquer le don d'Edward, il s'était rendu compte qu'il était insensé d'en vouloir au télépathe. Il ne contrôlait pas son don et puisqu'Harry pouvait le maintenir éloigné de ses pensées, il n'avait rien à craindre du vampire végétarien.

Et si Harry était honnête avec lui-même, il devait avouer que la présence d'Edward avait l'étrange capacité de le calmer. Pas comme Jasper pouvait le faire avec son don, non, c'était quelque chose de plus subtile, comme si Edward avait quelque chose en lui, quelque chose qui apaisait les tourments qui assaillaient continuellement Harry.

Et le sorcier sentait qu'il allait avoir besoin de tout le calme que pouvait lui apporter le télépathe. Même sans révéler les véritables circonstances qui lui avaient valu de telles séquelles, il savait que cette discussion allait une fois encore remuer de trop nombreux souvenirs en lui et il ne souhaitait pas se laisser une nouvelle fois entraîner dans cette spirale de noirceur et de culpabilité.

- Je… Ce n'est pas quelque chose dont j'aime vraiment parler, commença Harry avec hésitation, mais je pense qu'avec tout ce que vous avez fait pour moi, vous et votre famille, je vous dois bien une explication.

- Je ne vous force à rien, Harry, je ne veux pas que vous vous sentiez obligé, déclara Carlisle. Si je vous ai demandé si vous vouliez en parler, ce n'est pas du tout par curiosité mal placée, soyez-en sûr. Mais en temps que médecin, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter face à vos crises à répétition, surtout en ayant été témoin de leur violence. Et si je peux vous aider d'une quelconque façon, alors je le ferai avec plaisir.

Harry le regarda, plongeant son regard émeraude dans les superbes orbes dorées de son vis-à-vis. Le regard du médecin était serein, il se soumettait patiemment à l'observation minutieuse du jeune humain, attendant tranquillement la décision de son patient.

Le Gryffondor se souvint que la première fois qu'il avait rencontré le patriarche du clan de vampires, il avait eu l'impression que le médecin était capable de sonder son âme, il dégageait une force tranquille qui lui donnait envie de se confier. Harry avait toujours eu du mal à se confier, il faut dire qu'avec les Dursley, il n'avait pas été habitué à cela, ils ne souciaient pas des possibles problèmes que pouvait avoir leur neveu. Et même après que Dumbledore les ait prévenu qu'il avait subi des événements traumatisants comme la mort de Cédric, la résurrection de Voldemort ou encore la mort de son parrain, jamais ils n'avaient tenté de lui parler, de savoir comment il allait, de savoir s'il tenait le coup, tout simplement. Et même avec ses amis à Poudlard, il lui avait fallu du temps avant d'être capable de se confier.

Mais Carlisle Cullen lui faisait penser à un mélange détonant entre la compréhension de Dumbledore et la douceur de Rémus. Un mélange qui lui donnerait plutôt tendance à se confier, ne serait-ce qu'un peu, pour alléger enfin son immense fardeau.

- Ce n'est pas seulement ça… Je crois juste que…

Harry soupira, irrité de peiner à trouver ses mots pour exprimer ce qu'il ressentait, mais son regard croisa alors celui d'Edward qui semblait lui dire de ne pas s'inquiéter. Il prit donc une grande inspiration et se lança.

- Il est vrai que je me sens redevable envers vous et je pense qu'il serait plus poli de ma part de vous expliquer pourquoi j'ai ainsi eu besoin de votre aide. Mais à côté de ça, je dois vous avouer que faire sans cesse attention à ce que je dis pour ne pas trahir ma condition de sorcier est parfois fatiguant et je ne pouvais pas vous dire les raisons de mes crises sans vous mettre au courant de l'existence du monde sorcier, puisqu'elles y sont liées. C'est pour cela que j'ai inventé une fausse excuse à l'hôpital, quand vous m'avez demandé la raison de mon malaise, Carlisle. Je ne pouvais pas vous dire que mes crises avaient une origine magique. Alors c'est assez agréable de me dire que je peux à présent parler de la magie avec quelqu'un.

- Effectivement, je comprends mieux votre comportement, sourit Carlisle. Et je suis heureux que vous acceptiez aujourd'hui de nous parler de votre monde.

Harry sentit une vague de culpabilité lui retourner l'estomac alors qu'il s'apprêtait une nouvelle fois à mentir au médecin et à son fils. Bien que dans les faits ce ne soit pas à proprement parlé un mensonge, plutôt une demie-vérité, le regard confiant que Carlisle posait sur lui le fit se sentir coupable et ingrat. Mais il ne se sentait pas encore prêt à révéler qui il était réellement : le Survivant, le Sauveur, celui qui avait dû commettre un meurtre pour épargner à la communauté magique une ère de servitude infâme et de terreur. Ces souvenirs le rendirent nauséeux.

Malgré tout, il fit comme si de rien n'était et poursuivit :

- Le monde de la magie est très semblable et en même temps très différent du monde moldu. Et dans le monde sorcier comme ailleurs, il existe parfois des groupes ou des partis qui s'opposent au pouvoir en place et qui ne savent utiliser que la violence pour faire comprendre leur mécontentement. Plusieurs attaques ont eu lieu, dans des zones commerçantes notamment, et je me suis malheureusement retrouvé au milieu d'un affrontement entre les forces de l'ordre et certains membres du … parti d'opposition, comme d'autres civils. Il y a eu de nombreux blessés, des morts également…

Edward et son père écoutaient religieusement le jeune homme, sans l'interrompre. Ils voyaient bien que cela lui coûtait d'évoquer ces événements et ils ne voulaient surtout pas le brusquer. Alors lorsque les yeux d'Harry se voilèrent et qu'il laissa son regard dériver vers l'extérieur pendant quelques secondes, ils ne dirent rien et lui laissèrent le temps de se reprendre.

- J'ai reçu un sort à la jambe, dans les premiers temps j'ai cru que c'était un banal sort de découpe, la plaie était assez impressionnante mais je ne m'inquiétais pas trop, la magie peut guérir bien des choses. Mais malgré les soins, la plaie à mis très longtemps à se refermer, bien plus longtemps que la normale et j'ai commencé à me poser des questions. Puis les crises de douleur sont soudainement apparues et les médicomages se sont retrouvés totalement impuissants, rien de ce qu'ils n'ont tenté n'a pu apaiser la douleur, encore moins la faire définitivement disparaître. On a alors compris que le sort qui m'avait touché devait être de la magie noire puissante, une malédiction inconnue que les médicomages sont incapables de guérir.

Le silence retomba alors dans la pièce, seulement troublé par le bruit de la pluie qui crépitait sur le toit et sur les vitres de la grande demeure.

Harry aimait la pluie et l'inimitable musique de l'eau coulant dans les gouttières. Quand la pluie tombait ainsi, il sentait que le temps s'arrêtait. C'était comme une trêve durant laquelle on pouvait laisser de côté ses préoccupations et, tout simplement, contempler de sa fenêtre durant des heures le spectacle de cette chute sans fin de larmes célestes.

- Dites-moi Harry, avez-vous essayé de prendre des médicaments moldus pour soulager votre douleur ? demanda Carlisle.

- Non, ma blessure est d'origine magique et aucun soin magique n'a pu m'aider, alors je doute que des médicaments moldus puissent changer quoi que se soit…

- Nous pourrions peut-être tenter l'expérience malgré tout, si vous êtes d'accord, proposa le médecin, déterminé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider le jeune homme qui avait sauvé son fils.

- Pourquoi pas… Je n'y crois pas trop, mais peut-être que cela fonctionnera, accepta Harry avec un maigre sourire désillusionné, montrant à quel point il avait abandonné tout espoir de guérison.

Quelques coups furent frappés à la porte et Esmée entra.

- Je suis contente de vous voir réveillé, Harry, dit-elle avec le sourire. Désolée de vous déranger mais je me suis dit que vous aimeriez peut-être manger ou boire quelque chose ?

Après des années de privation chez les Dursley, Harry n'avait jamais été un gros mangeur, contrairement à son ami Ron. Mais en vivant à Poudlard et en côtoyant Molly Weasley une partie des grandes vacances, il s'était progressivement habitué à manger davantage, même si c'était encore relativement peu comparé aux autres enfants de son âge. Mais depuis la chasse aux horcruxes et la guerre, manger était devenu une épreuve. Il n'avait plus d'appétit et il se nourrissait de façon automatique. Plus le temps passait, plus il sautait des repas, il mangeait de moins en moins et bien que son corps soit habitué aux privations, le manque de nourriture commençait à se faire sentir, son corps commençait à s'affaiblir, relativement doucement pour le moment, de manière insidieuse, mais Harry savait que les choses risquaient fort de s'accélérer et de dégénérer.

Mais la simple idée de manger lui retournait l'estomac et le rendait nauséeux.

- C'est très gentil de votre part Esmée, mais je n'ai vraiment pas faim. En revanche je reprendrai bien un thé s'il-vous-plaît.

- Vous êtes sûr que vous ne voulez vraiment rien manger ? demanda la sublime femme.

- Certain ! répondit Harry avec un sourire, amusé malgré lui par ce trait de caractère qui semblait propre aux mères de famille et qui consistait à le faire manger au maximum.

Comme souvent, il se demanda si sa mère se serait comportée ainsi avec lui si elle n'était pas morte lorsqu'il avait un an. C'était souvent dans des petits moments de la vie quotidienne que ce genre d'interrogations le prenait. Il se demandait souvent si sa mère l'aurait beaucoup grondée pour toutes les heures de colle qu'il avait reçue pendant sa scolarité, il se demandait si son père, en bon maraudeur, aurait attendu que sa femme ait le dos tourné avant de féliciter son fils pour son incapacité à respecter le règlement de l'école et sa manie d'enfreindre le couvre-feu. Il lui aurait même probablement conseillé des blagues et des mauvais coups à faire, il lui aurait appris où se situaient les passages secrets du château et comment les utiliser.

Peut importe les années qui passaient, Harry continuait de se poser une montagne de questions sur ce qu'aurait pu être sa vie s'il avait grandi avec ses parents. C'était dur pour lui de savoir si peu de choses sur eux et de savoir que les personnes qui étaient les plus aptes à lui parler de James et Lily étaient à présent morts eux aussi. Bien sûr Sirius et Remus lui avaient raconté des souvenirs de leur jeunesse mais ce n'était pas suffisant, il aurait voulu en savoir plus, toujours plus.

Malgré tout il savait ce qu'il y avait de plus important : ses parents l'avaient aimé, du plus profond de leur cœur, ils avaient donné leur vie pour lui. Les voir, ne serait-ce que brièvement, grâce à la pierre de résurrection, lorsqu'il partait se rendre à Voldemort dans la Forêt Interdite, lui avait permis d'affronter son ennemi sans crainte et avec la certitude que ses parents étaient fiers de lui et qu'un jour ils seraient tous réunis. Et peut-être qu'au fond, c'était ce qu'il y avait de plus important à savoir…

- Harry ?

Le sorcier releva la tête qu'il avait inconsciemment baissée pendant sa réflexion. Esmée était de retour et lui tendait une tasse de thé qu'il attrapa avec reconnaissance.

Le docteur Cullen et sa femme sortirent de la pièce, laissant le sorcier en compagnie de leur fils.

Edward lançait de fréquents coups d'œil vers le bel humain, comme s'il tergiversait sur la conduite à adopter, ce qu'Harry remarqua sans mal.

- Tu as quelques choses à me demander, Edward ?

- Pour être tout à fait honnête avec toi Harry, il y a beaucoup de choses que j'aimerai te demander, répondit franchement le télépathe. Mais tu es sûrement encore fatigué, ce n'est peut-être pas le moment, ça peut attendre.

Harry retint un sourire. Il trouvait attendrissant cette façon qu'avait Edward de prétendre que ce n'était pas important alors que le Gryffondor voyait bien dans les yeux du vampire que ce dernier mourrait d'envie de lui poser des questions, mais qu'il s'y refusait pour ne pas le brusquer. Cela rappela à Harry son tout premier jour au lycée de Forks, lorsqu'Edward s'était contenté de lui poser une seule question alors que les autres élèves l'avaient pas la suite soumis à un véritable interrogatoire.

Et c'est justement pour cette prévenance dont faisait preuve Edward qu'Harry décida de répondre à ses questions. Une façon détournée de le remercier en somme.

- Pose-moi donc ces questions qui te tourmentent tant, dit-il. Si je peux, j'y répondrai.

- Le problème Harry, c'est que j'ai tant de choses à te demander, que je ne sais par où commencer, sourit Edward. Tout cela semble si incroyable !

- Je suppose que tu ne t'attendais pas à de telles révélations, n'est-ce pas ? Je peux comprendre, moi aussi ça m'a fait cet effet quand on me l'a annoncé.

- Comment ça ? l'interrogea Edward. On te l'a annoncé ?

Harry se tendit. Il n'avait pas fait attention et avait parlé sans réfléchir, ce qui dans sa situation, n'était définitivement pas une bonne idée. Malgré tout, il décida de répondre, sans trop s'étendre pour autant.

- C'est une très longue histoire, mais disons que je n'ai pas grandi dans le monde de la magie, je n'est découvert ma condition de sorcier qu'à l'âge de onze ans.

- C'est-à-dire à l'âge où les enfants sorciers rentrent à l'école de Poudlard, c'est ça ?

- Exact. Tu as bien suivit ce que j'ai raconté à ce que je vois, répondit Harry.

- Bien sûr ! Depuis le temps que je m'interrogeais ! Chaque fois que j'essayais de trouver des réponses, je me heurtais à un mur. C'était terriblement frustrant, tu sais ?

- D'ailleurs Edward, excuse-moi pour la fois où je t'ai attaqué dans la forêt, j'ai agi de façon impulsive, je n'ai pas réfléchi et j'en suis désolé, déclara le Sauveur, contrit et légèrement honteux de son comportement. Mais comme tu es un vampire, j'étais persuadé que tu connaissais la magie !

- Ne t'en fais pas Harry, je ne t'en veux absolument pas, même si sur le moment, je n'étais pas très rassuré, avoua le télépathe avec un doux rire. Mais je dois dire que j'ai été fortement intrigué par certaines choses que tu as dites ce jour-là.

Le Survivant se retint de grogner. Evidemment qu'il avait dit des choses qui avaient intriguées le vampire ! A ce moment là, il était persuadé d'être face à un vampire familier du monde de la magie et qui connaissait donc son identité et ses actions, pas à un vampire moldu et végétarien par-dessus le marché ! A présent il s'en mordait les doigts et pouvait presque entendre le Professeur Rogue faire une remarque désobligeante sur ses capacités mentales.

Son côté Gryffondor qui fonce dans le tas n'avait décidemment pas fini de lui causer des problèmes…

À suivre...

Et oui Harry ! Tu ne peux pas foncer dans le tas sans réfléchir sans qu'il n'y ait de conséquences par la suite, et Edward est particulièrement curieux !

Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'espère qu'il vous a plu, surtout n'hésitez pas à me laisser une review, cela me fait vraiment très plaisir à chaque fois !

En attendant je vous souhaite pleins de belles choses et on se retrouve au chapitre 10 !