Chapitre 9

Londres

Bienvenue dans la Section Londres. Preparez-vous à changer de rythme.


"La folie c'est de se comporter de la meme manière et s'attendre a un résultat different." - Albert Einstein.


Samedi 18 octobre 1890.

Jour 16 depuis le meurtre.

"Monsieur… Monsieur ?"

Doucement, Ciel ouvrit ses deux grands yeux. Ces derniers papillonnèrent un instant s'habituant de manière saccadée à l'obscurité qui l'entourait. Ses membres étaient engourdis et il mit un instant avant de reprendre pied avec la réalité. S'interrogeant sur l'absence de son cache œil qui rendait soudainement son monde, plus grand, et plus profond. Il se secoua la tête.

"Monsieur?"

Avec un peu de difficulté, il releva lentement son visage de la banquette pour fixer d'où la voix venait. Il sentait la marque de la fabrique sur sa joue, ainsi que l'engourdissement qui allait avec.

Tout près, une ombre le surplombait. L'obscurité l'empêchait de discerner autre chose que le contour de la silhouette. Mais il n'avait pas besoin de plus. Cette dernière rassurante lui était bien trop familière. Comme d'habitude, à la posture parfaite et droite, meme ainsi orienté vers lui, elle était grande, élancer, le visage encadre de trait noir, avec un buste large, serrer à la taille qui descendait sur un bassin étroit lui meme attaché de longue jambe couverte de ce grand pantalon noir.

"Seb…astian?"

Ses yeux peux habitué à la faible luminosité l'empêchait de voir les traits de son majordome, alors que ce dernier, la main sur son épaule, le secouait doucement.

Seul, les orbes rouges du démon reluisaient visiblement dans la nuit.

"Nous sommes arrivé" Siffla-t-il.

La bouche pâteuse le jeune Comte hocha la tête, l'esprit encore dans les vapes. Il regretta de quitter la bonne odeur du frac mais malgré tout Il se releva doucement, et se rendit compte que l'obscurité était bien moins profonde que ce qu'il imaginait. À l'extérieur, la lumière de la lune, ainsi que quelque lumière artificielle, s'accompagnait de petit bruit de la ville, la rendant bien plus vivante et beaucoup moins effrayante de ce qu'elle était vraiment à cette période de la journée.

Dés qu'il fut relevé, le majordome descendit pour lui ouvrir la porte, préparant les marches, alors que le conducteur descendait aussi de la caleche.

Devant eut la demeure se tendait bien droite et solide. La façade que Ciel ne prenait jamais le temps de mémoriser, lançait sur la rue, une ombre étendue qui démontrait de manière indirecte l'importance d'une telle bâtisse dans Londres. Elle n'avait pas de jardin avant, et le manque de vegetation, soulignait cet air sinistre, bien propre au Phantomhive.

Lorsqu'ils pénétrèrent la résidence secondaire, les lumières du soir qui avait accompagné leurs déplacements se retrouvèrent soudainement bloquées par les grands murs de pierre. Et les fenêtres obstruées par de grands rideaux rouges éclairaient à peine les pièces poussiéreuses de l'habitation.

Les deux hommes se dirigèrent directement vers le hall principal ou porte manteau et dressing attendaient. Il était encore tôt, mais l'ambiance et la fatigue du Comte laissaient une tout autre impression dans son esprit.

Allumant les chandeliers, le majordome fit rapidement le tour de la pièce, avant de finalement se retourner vers son jeune maître pour l'assister et le débarrasser de ses affaires. Le cochet avant pendant ce temps-là déchargé la voiture, et avec un mouvement de la tête, il quitta le tas d'affaires maintenant installé dans le coin droit de la pièce pour reprendre sa route, vers là où il était venu.

"Pardonnez-moi jeune maître, votre domicile n'est pas très présentable, je n'ai pas eu le temps de le préparer aussi bien que les dernières fois" S'excusa le majordome.

"Humf… Allons tout de suite dans mon bureau, il faut qu'on voie nos options" Grommela-t-il.

"Oui"

Ils se dirigèrent alors vers le bureau, certes plus petit que celui du manoir, mais tout aussi bien meublé et agréable.

Allumant de manière plus ou moins rapide et naturelle les chandeliers, Sebastian éclaira doucement la pièce d'une lueur tamisée et chaude.

Le jeune Comte, lui, se dirigea directement vers le grand meuble de bois qui donnait son nom à la pièce, et s'adossa dessus. Le bois s'appuya doucement au bas de son dos, alors que ses mains s'appuyèrent sur le bureau, et que ses jambes mis-croiser formait un angle à la vertical du meuble.

"Du thé Bocchan" s'enquit le majordome.

"Non" recondite Ciel, jettent un regard sur à la piece.

Cela lui prit une seconde, mais soudainement dans son élément de travail. Avec une enquête, et son majordome à ses côtés, il sentit doucement ce sentiment de familiarité dû à la puissance que l'on ne sent que dans ce que l'on excelle. À trôner au milieu de ce bureau, et tel un roi, il prit la parole qui lui revenait de droit.

"Alors, as-tu trouvé la moindre chose ?"

Sebastian ignora le ton bien plus grave de son maître, et s'empara de la liasse de papier qu'il avait lui aussi étudier et se plaça devant le plus petit.

"Il n'y a en effet rien de bien précis, nombreuse sont les bases que l'on à, mais on a aucun moyen de les trouver"

Ciel eut un rictus

"Une chose est sur, hors de question que l'on demande encore de l'aide à Lau. S'il a vraiment des amis dans ce milieu, il les a probablement déjà prévenus sous cape que tout ça nous intéresse. Ça pourrait être trop handicapant si nous risquons de lui mettre encore plus la puce à l'oreille. Nous devons pouvoir trouver un autre interlocuteur qui saurait aussi nous donner des indications sur la liste."

Sebastian se tut, et tous deux observèrent le tas, qui par rapport à leurs autres enquêtes était bien bas.

"Il y a peut-être quelqu'un Bocchan" Sourit le diable.

"Qui?"

"L'informateur de la reine elle-même"

"L'aristocrate qui s'est fait prendre ?"

"Qui de mieux que elle ?"

Ciel, fronça les sourcils. En effet, elle semblait la mieux placée.

"Sans compter qu'il y a quelque chose qui me dérange"

"Comment ça"

"Dans le rapport de la reine, les informations comptées par l'aristocrate, me semblent… décalées"

Ciel se redressa alors, et se rapprocha pour prendre la liasse de feuilles que Sebastian lui tendait. S'emparant du papier, le Comte jeta un rapide coup d'œil, en effet, la 'déposition' de la jeune femme paraissait légèrement à coter par rapport aux autres informations.

"C'est étrange, de ce que j'ai compris, c'est la seule qui ait vraiment été en contact avec eux, alors comment ce fait-il que ses infos soient si hors propos"

"Je ne vois qu'une chose" Souri le majordome

Le plus jeune releva les yeux et enchaîna.

"Elle a déformé la réalité pour protéger quelqu'un ?" Supposa-t-il.

"Ou pour se protéger elle-même"

"Tu penses donc qu'elle a caché des choses"

"Je pense aussi, que ceux qui on écrit ce rapport s'en sont rendu compte, et ont essayé de le camoufler, raison pour laquelle le rapport parait si désynchroniser."

"Elle est donc notre seule piste pour atteindre le Tigre Blanc"

"Surement pas la seule. Mais la plus directe"

"Il faut donc maintenant trouver qui elle est"

"Cela ne risque pas d'être dur, les aristocrates ne cachent pas leur visage, et on sait qu'elle est de la famille directe de la reine. Que c'est une jeune personne, les femmes plus âgées son généralement plus discrète dut à l'usure, et vu qu'elles ne sont plus bonne à marier, elles perdent leurs intérêts (personne ne se mêle de leurs affaires). Je paries donc, que notre demoiselle devrait 'officiellement' être une vierge entre 16 et 25 ans. Sinon, la reine n'en aurait pas fait une affaire personnelle.

"C'est décider alors, on creuse la piste de l'aristo ."

"Cela me semble le plus évident Bocchan"

"Très bien, Sebastian, combien de temps te faut-il pour te rendre à Buckingham et dégotter un arbre généalogique complet de la famille royale ?"

"Vous savez Bocchan que la famille royal a des membres et des descendants dans toute l'Europe?"

"Evidemment, mais ils doivent bien avoir des archives à Buckingham?

"Hum, si on considère qu'ils n'en ont pas de complètes et que je dois aussi passer en Allemagne, en Russie et en Espagne pour être sur de n'oublier personne, je dois en avoir au moins pour 3 heures."

"Hum, c'est trop long, n'y a-t-il pas un moyen d'être plus rapide"

"Non, et ici Bocchan, je ne parle que de récolter les informations, pas de les étudier, malheureusement, il n'y a aucun tri des arbres généalogique complet dans aucune de nos archives européennes, elles existent toutes évidemment, mais personne ne prend jamais la peine de les organiser… Du moins, pas pour repérer des candidats potentiels à une prostitution de luxe"

"Si comme le dit la reine, ce fut bien une 'polémique plus que fâcheuse dans l'enceinte de Gotigam' Cela signifie que son nom a bien pu s'ébruiter." Souffla Ciel.

"En effet, une autre option est d'aller vérifier directement à Buckingham.

"Mais la reine est restée très évasive sur les responsabilités de cette jeune fille, cette histoire à pu très bien se limiter à un nombre limiter de personne, et trouver quelqu'un qui sait…"

Ciel serra les dents.

"Cela vous gène n'est-ce pas Bocchan?" Souris le majordome. "D'aller mettre les pieds directement sur les plates-bandes de la reine ?"

"Hors de question que je ternisse ma réputation dans ses jupons. J'ai qu'un nombre limité de fois où je peux lui réclamer de l'aide sans abîmer ma crédibilité."

"Pas besoin d'être direct alors, en temps que domestique, je peux facilement avoir accès aux coulisses du palais, là-bas tout se sait, et le nombre de rumeurs en est incalculable."

"Ils sont aussi une bonne centaine de domestique, tu ne vas pas passer ton temps à les interroger pendant que je me tourne les pouces ici ?"

"Il est sûr que tous les interroger est tout aussi long que d'étudier les noms de 3/4 de la noblesse sur des vieux manuscrits."

Ciel sembla réfléchir.

"De toute manière ces documents ne pourrons que nous être utile plus tard dans l'enquête, non ? Ou au pire une autre mission de la reine. En avoir une copie est une bonne chose."

"Vous voulez donc essayer les deux fronts à là fois ?"

"Oui, vas-y, tu peux me les ramener ce soir, et demain tu pénètres le palais. Je les étudierais pendant que tu essayeras d'avoir accès 'Au rumeur' de Buckingham'." Claqua-t-il méprisant, et jouant de ses mains pour imiter les guillemets.

Le démon le regarda lui tourner le dos de son pas assuré, quittant le bureau pour la bibliothèque ou le jeune comte comptait attraper un de ses stylos fétiches"

"Est-ce une compétition ?" Ne pu s'empêcher de laisser glisser Sebastian trépignant.

"Quoi? Bien sûr que non Sebastian ! On ne joue pas à celui plus rapide que l'autre pour trouver une vulgaire hétaïre."

"Oh, vous avez peur de perdre."

"Retire ce que tu viens de dire ! Je n'ai aucunement peur de tes manières ridicules de recherche, je connais mon métier par cœur ! Et ce n'est pas un jeu" Sentit-il bon d'ajouter.

Le démon soupira.

"Très bien", affirma-t-il, sachant particulièrement qu'encore une fois, il avait réussi à allumé une flamme de combativité dans le regard de Ciel. Car comme beaucoup d'autre celui-ci détestait perdre.

"Quand pars-tu ?" Claqua-t-il, d'une voix retenue.

"Bientôt Monsieur, mais d'abord, vous devez-vous nourrir, il est presque 21h et vous n'avez toujours rien avalé, je m'étonne que vous ne vous vous soyez toujours sur vos deux jambes"

Ciel assassinat du regard son majordome, du moins il essaya. En effet, cela faisait presque 1h30 qu'il aurait dû dîner, et son estomac semblait lui susurrer des mots de disette. Mais que ce soit le démon qui le ramène à l'ordre était extrêmement irritant.

"D'accord, mais tu t'y rendras directement après"

"Très bien jeune maître, voulez-vous que je vous accompagne de votre chambre avant de préparer le repas ?"

"Non, vas-y directement, je ne veux pas perdre plus de temps."