Ils étaient figés de terreur, leurs yeux grands et leur corps tremblants...

"Al...pha... St...ig...ma...", leur parvint un gargouillis de l'endroit où la chose invisible rampait...

Un frisson leur parcourut le dos et, sans réfléchir, ils se relevèrent d'un bond et prirent leurs jambes à leur cou. Une porte devant eux, qu'ils reconnurent comme menant aux cuisines, éclata d'un coup et les couteaux en sortirent, leurs lames pointées sur eux. Ils étaient pris au piège. Tiir agrippa le bras de Ryner et le tira rapidement dans la pièce à côté d'eux, refermant la porte derrière eux. Il s'attela ensuite à la barricader avec les meubles qu'il trouva dans la pièce, entendant les couteaux se ficher dans la porte de l'autre côté, puis tout devint calme à nouveau. Il tenta de reprendre son souffle, adossé au mur opposé à la porte menant au couloir. S'ils arrivaient à sortir de là vivants, le noiraud jurait d'éviter les manoirs, à l'avenir. Surtout ceux qui sont abandonnés et à moitié en ruines. Il tourna ses yeux vers son compagnon... et figea. Il était seul dans la pièce. Pourtant, il était certain d'avoir entraîné le porteur de l'Alpha Stigma avec lui! La pièce était vide et sauf la porte barricadée, il y avait deux autres portes. La première, il le découvrit, donnait sur un placard à balais remplis de bois pourri et de toiles d'araignées. La seconde donnait sur une autre pièce, également vide. Il ouvrit porte après porte, n'osant pas appeler son compagnon à haute voix, mais après près d'une demie heure et une dizaines de pièces plus tard, la peur lui agrippa les trippes. Où était Ryner! Lui était-il arrivé quelque chose? Était-il seulement toujours en vie? Non, il ne pouvait pas se permettre de penser ainsi. Il devait trouver le brun même si c'était la dernière chose qu'il faisait. Le trouver et sortir de cet endroit maudit. En défonçant un mur s'il le fallait. Les bêtes des ombres de Miran Froaude étaient beaucoup moins terribles que ce dont ils avaient été témoins dans ce manoir. Sa nouvelle résolution ancrée à son esprit, le porteur de l'Iino Dwoue continua ses recherches. Pendant ce temps, ailleurs dans le manoir, Ryner reprenait ses esprits. Que s'était-il passé? Un moment Tiir l'attirait dans une pièce pour échapper à des couteaux volants et le suivant... Il s'agrippa la tête alors qu'une douleur lancinante l'assailli. Il avait reçu un coup sur le crâne? Désorienté, il se redressa et regarda autour de lui. Il était étendu sur un lit, dans une chambre déserte aux draperies décolorées et poussiéreuses. Seule sa cape, posée sur le pied du lit, faisait contraste à l'âge de cet endroit. Il figea. Sa cape! Que faisait-elle là! Elle avait été volée par quelque chose d'invisible! Alors pourquoi était-elle là, pliée nettement et posée sur le lit où il roupillait! Ryner n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ça du tout. Il se leva d'un bond et se dirigea vers la porte, mais figea en sentant quelque chose autour d'une de ses chevilles qui le retenait. En regardant, il vit qu'il était attaché par une corde au lit lui-même. Qu'est-ce que c'était que ça! Il s'assit sur le lit et tenta de défaire le noeud, mais il figea de nouveau. Il sentait comme une main sur son épaule, qui le poussait vers l'arrière. Pris par surprise, il comprit ce qui se passait trop tard et se retrouva couché sur le dos, les poignets coincés ensembles au-dessus de sa tête par une main invisible. Une seconde main descendit le long de son torse, puis releva sa tunique par-dessus sa tête et la lui enleva. Qu'est-ce qui se passait! Qu'est-ce que cette personne ou entité ou peu importe voulait faire avec lui! Il pâlit en voyant un couteau s'approcher de lui et en sentant la main s'attaquer maintenant à son pantalon...