Coquille vide

Rating : M

Pairing : SS/HP

Disclamer : Rien à moi sauf la dépression des personnages

Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire sera assez sombre psychologiquement parlant et contiendra quelques scènes de sexe donc âmes sensibles s'abstenir aussi. Elles seront néanmoins assez longues à venir (les scènes de sexe, pas les âmes sensibles, lol) alors ne vous emballez pas.

Note de l'auteur : Yeah, encore une update rapide :) Vous en avez de la chance... Mais il faut dire que vu le contenu de vos reviews, j'étais sacrément motivée à écrire la suite ! Et je vous préviens, ce n'est toujours pas la joie. Mais je ne vais pas en dire plus même si j'en meurs d'envie. Alors je vais simplement vous souhaiter une bonne lecture et merci à tous ceux qui me lisent et prennent le temps de me laisser un message. C'est plus qu'apprécié !

Oh et merci aussi à ceux pour qui je n'ai pas pu répondre par ffnet : jenny944, asuka snape (moi aussi je m'aime, lol ;P j'espère que j'ai été assez rapide en tout cas pour ce chapitre, biz), Oxaline, petitegrenouille.

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Chapitre 10

L'éviter. Il faut que je l'évite. Oui, que je l'évite. C'est ça, il ne faut surtout pas que je me retrouve seul avec lui. Que je le croise. Qu'il me parle. Surtout pas.

Au moins le temps que je me calme. Pour réfléchir. Faire le point. Être rationnel.

J'ai besoin d'un verre.

Pourquoi a-t-il fallu qu'il reste ? Ça me met dans un état... J'en tremble, j'ai du mal à respirer, je n'arrive plus à me concentrer, je suis devenu une loque. Une loque humaine. Tout ça parce qu'il est resté.

Je croyais qu'il s'était réconcilié avec ses amis. Avec Weasley. Qu'il passerait Noël avec lui et sa famille. Mais non, il a décidé de rester... A Poudlard... Seul... Seul avec moi ?

Oh Merlin, je crois que je ne vais pas survivre à ces maudites fêtes de fin d'année. Je ne sais déjà pas comment j'ai tenu tout le repas à la même table que lui. Je serais même incapable de me rappeler le menu du dîner. Sa simple vue m'intoxiquait trop pour ça.

Encore maintenant, chez moi en face du feu, je ne vois que lui. Lui et ses lèvres quand il mangeait. Lui et sa voix quand il s'adressait aux autres. Ce timbre de voix qui résonne dans ma tête. Cette voix qui me hante. Cette voix qui me rappelle cruellement les derniers mots qu'il m'a adressé.

Je vous faisais confiance.

La confiance est une telle faiblesse. J'y ai toujours cru dur comme fer et plus les années passent, plus j'en suis convaincu. La confiance mène à la trahison. La trahison conduit à la souffrance. La confiance est donc synonyme de souffrance.

Pourtant, ce n'est pas comme ça que je voyais les choses. J'aurais aimé pouvoir être digne de sa confiance. Qu'il soit digne de la mienne. Malheureusement nous ne sommes nés ni au bon endroit, ni au bon moment. C'est terrible mais c'est la réalité.

J'essaie de ne plus y penser et j'avale une nouvelle gorgée de scotch. Je bois de plus en plus en ce moment. En fait, dès que je suis seul et désoeuvré, je ne fais que ça. Ça m'aide à tenir.

Faux. Ça m'aide à me morfondre. Encore plus. De plus en plus. Chaque soir, je me saoûle, me morfonds et me complaît dans la douleur. Je suis vraiment pitoyable. Alors je continue à boire.

C'est tout ce qui me reste.

Je ferme les yeux et je vois les siens... Si magnifiques. Si uniques. On dit qu'il a les yeux de sa mère mais jamais Evans ne m'a fait un tel effet. Non, les siens ont quelque chose de particulier. Quelque chose qui me fascine. Qui m'hypnotise et me fait suffoquer. Ses yeux ont une lueur qui lui est propre. Une lueur qui m'attire, où j'aimerais plonger pour ne plus jamais me réveiller.

Mais cette lueur, je l'ai fait disparaître. Totalement. Définitivement, peut-être. C'était mon choix. C'est mieux comme ça. Pourtant même après le troisième verre, j'entends encore cette petite voix dans ma tête...

Qui essaies-tu de convaincre ?

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On frappe à la porte. J'ai la bouche pâteuse et ma tête semble être sur le point d'exploser. J'ouvre un oeil vitreux et le referme aussitôt en comprenant avec une intense douleur que j'ai la gueule de bois. Je me demande quelle heure il est.

Les coups continuent. De plus en plus fort. Il faut vraiment que j'aille répondre. Avec un grognement, je me lève du fauteuil où je me suis apparemment endormi et m'approche de la source de ce vacarme. Je dois avoir une tête de déterré.

Je tend le bras, enlace la poignée de mes doigts et... Je me fige. Mon coeur adopte un rythme désordonné. Mes mains se font moites. Et si... Et si c'était lui.

Pendant un instant, je songe à lancer un sort de silence et retourner cuver en paix. Je ne suis pas prêt. A le recevoir, à le voir, ou même à admettre son existence. Je ne suis pas prêt à le rejeter. Et j'ai mal partout. Je crois que je vieillis.

" Severus ? Je sais que vous êtes là, ouvrez moi. "

Ok, autant pour moi. Ce n'est que Albus. Que Albus... Comme si on pouvait associer ces deux mots ensemble. Un pli amer se creuse au coin de mes lèvres et j'ouvre la porte en espérant que sa visite ne durera pas longtemps. Je ne sais pas si je supporterais cette attitude coincée qu'il a avec moi depuis notre... Petite conversation...

Il entre et me regarde d'un drôle d'air. Je dois vraiment avoir mauvaise mine. Peu importe, à quoi il s'attendait de toute façon ? Il sait très bien ce que j'endure et doit se douter que je ne suis pas d'humeur à entendre un de ses interminables et culpabilisant sermons.

En plus, j'ai mal au crâne.

Ses yeux se fixent bientôt derrière moi et il me lance un regard triste. Qu'a-t-il bien pu voir pour se mettre dans un état pareil... Je me retourne en me massant une tempe dans l'espoir d'atténuer la migraine et je tombe sur ce qui semble inquiéter mon supérieur. Des bouteilles vides.

" Quoi ? J'ai bu, ce n'est quand même pas la première fois. "

" Depuis la fin de la guerre, si. "

Touché. D'un autre côté, je me hais autant qu'au retour d'une réunion de mangemorts. L'alcool permet de tout oublier l'espace d'un instant et de s'auto-détruire à long terme. Exactement ce dont j'ai besoin.

Je finis par hausser les épaules et l'abandonne dans mon salon le temps de retrouver une fiole de remède dans ma salle de bains. Peu m'importe son opinion. Peu m'importe son inquiétude. La seule chose qui m'importe n'est plus à ma portée.

A mon retour, je vois qu'il a fait disparaître les cadavres de bouteilles et s'est installé dans un fauteuil. Face au mien. Il m'attend. Il veut me parler. Je ne veux pas lui parler.

Alors je reste bloqué au pas de la porte. Je refuse d'avancer.

" Asseyez-vous Severus, il faut qu'on parle. "

Je résiste autant que je peux mais je n'ai jamais su désobéir à cet homme. Entre lui et Potter, j'ai l'impression d'être devenu quelqu'un de facilement influençable... Face au regard sérieux qu'il me lance, je finis cependant par faire ce qu'il me demande. Je m'asseois. J'ai moins mal à la tête mais j'ai une horrible envie d'un verre. Je suis en train de devenir un ivrogne.

" Ca ne peut pas continuer comme ça, mon garçon. "

Un ricanement sinistre s'échappe de mes lèvres avant que je ne puisse m'en empêcher. Tout semble se répéter en ce moment.

" C'est drôle Albus, j'ai une impression de déjà vu. "

Les sarcasmes, la dernière valeur sûre en ce monde. Oh et l'injustice, la douleur, la haine...

" Ne faites pas ça, Severus... Je sais que ça n'a rien de drôle. "

Une haine sans précédent me submerge à ces quelques mots. Comment ose-t-il me dire ça... Lui entre tous, comment ose-t-il me prendre en pitié...

" Vous ne savez rien du tout, alors ne prenez pas ce ton condescendant avec moi vieillard. "

Je reconnais à peine ma voix. Rauque, incisive... Douloureuse... Ma respiration est hératique et mes poings sont si serrés que je sens mes ongles écorcher mes paumes. Il faut que je me calme. Je me rappelle très bien de ce qui se passe quand je perds le contrôle... Plus jamais ça.

" Severus... "

" Non, je ne veux pas vous entendre. En fait, je ne veux pas vous parler, ni vous voir. "

La haine laisse rapidement place à une profonde lassitude. Qu'est-ce qui m'arrive en ce moment... Mes émotions se bousculent à une telle vitesse que je ne sais plus où j'en suis. Je suis fatigué.

" Je ne veux voir personne. "

Potter, voyez ce que vous avez fait de moi.

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Il est enfin parti. Je reste là, le regard dans le vide. Ne voyant rien. N'entendant rien. Je ne fais que me répéter notre conversation. Je ne sais pas si j'ai envie de rire ou de pleurer. J'en ai plus qu'assez.

Pourquoi est-il resté, Albus ?

Il dit que sa place est ici.

Ici... A Poudlard ? Ou avec moi... Peut-être n'est-ce que mon orgueil ou une forme de naïveté mais je ne peux m'empêcher d'espérer. Et s'il était vraiment resté pour être avec moi...

Non, je ne dois pas penser ça. Ou plutôt, je ne dois pas vouloir ça. C'est tellement mal, tellement malsain... C'en serait presque criminel. Je me fais horreur. Je me fais horreur parce que j'ai envie de savoir. Envie de laisser tomber mes inquiétudes, d'envoyer le monde au diable et de partir loin d'ici avec Potter. Juste lui. Juste lui et moi.

Vous êtes en train de vous détruire chacun de votre côté

En voulant le sauver de moi, j'ai donc empiré la situation. Nous sommes tous les deux en train de souffrir pour rien. Alors finalement, j'opte pour le rire. Encore une fois, je suis incapable de pleurer. En fait, c'est tellement tragique que c'en devient comique.

Mais très vite, je suis fatigué. Mon rire reste bloqué dans ma gorge. Je soupire et ferme les yeux. Je ne sais combien d'heures je reste ainsi. Je ne ressens bientôt plus rien. Je suis juste terriblement las. Je crois que je régresse.

Peu importe.

Ça m'est égal.

Que l'apathie revienne, ce ne sera qu'un soulagement. Sinon, je crois que je vais vraiment m'autoriser ce que je me suis longtemps refusé. Depuis vingt ans. Depuis qu'Albus a refusé ma mort et m'a obligé à vivre. Depuis le tout début de la guerre. Depuis Potter...

Je n'étais pas censé survivre à tout ça. Je n'ai même jamais voulu survivre à tout ça.

Alors dans un moment comme celui-ci, je me dis que j'ai assez souffert. Tout ça a trop duré. Il faut que ça s'arrête. Que tout s'arrête. Il est temps que j'en finisse.

A suivre...