Note d'auteure : Je vais être très brève, je suis pressée ^^ Vos reviews pour le chapitre précédent m'ont fait extrêmement plaisir, je remercie .liseuse, PotterementVotre, Sugarbrown et Yoh-nee ^^ je vous réponds ce soir, promis :) Merci mille fois *.*

Bonne lecture !


Chapitre 10 : La plus Grande Peur et un match de Quidditch totalement barré

Maisie était tendue. Sa gorge était sèche et ses mains moites, elle attendait avec angoisse le coup fatal que lui porterait James Potter. Seulement, il n'en fit rien. Il se contenta de se pencher un peu plus vers elle, si près que son souffle lent et régulier se mêla à celui de Maisie, beaucoup plus saccadé.

- Tu peux ouvrir les yeux, Womel, je ne vais pas te dévorer, lâcha le garçon d'une voix goguenarde.

Maisie s'exécuta et battit des paupières, anxieuse. Elle essuya discrètement ses mains sur le devant de sa robe et balbutia un vague « il est tard ». James Potter se balança sur ses pieds, l'air parfaitement à l'aise, avant de planter son regard brun chocolat dans celui de Maisie qui baissa la tête. Elle était fatiguée et gênée, ce n'était pas le moment de lui prouver qu'elle était capable d'ouvrir la bouche pour se défendre en cas de problème : elle n'avait pas la tête à ces petits jeux.

- Regarde-moi quand je te parle, dit le Gryffondor d'un air exaspéré.

- Pourquoi tu voulais me voir ? demanda Maisie en rougissant.

Elle avait l'impression que tout son visage la brûlait, qu'elle était dévorée par le feu qui rongeait les prunelles de son camarade. Jamais encore quelqu'un ne l'avait regardée comme ça. James Potter avait cette vilaine manie de l'embarrasser par un simple regard, froid, hautain ou, au contraire, incandescent. Elle avait cette sensation désagréable d'être mise à nue lorsque les iris chocolatées du Gryffondor se posaient sur elle et de lui ouvrir l'accès jusqu'à la moindre de ses pensées, en passant des plus anodines aux plus privées. C'était à la fois exaltant et terriblement angoissant. Et comme Maisie n'était pas vraiment courageuse, elle se sentait plus en danger qu'autre chose.

- Il faut que tu t'entraînes, répondit-il en haussant vaguement les épaules. Pour le patronus.

- Sérieusement, Potter ? fit Maisie en haussant les sourcils, légèrement agacée. Il est minuit, tu devrais être dans ton dortoir !

- Toi aussi.

- Non, moi je suis Préfète, répondit Maisie d'un ton hésitant.

- Et j'ai lu le règlement une dizaine de fois en retenue, soupira Potter d'un air irrité, il est clairement stipulé que la ronde des Préfets se termine au maximum à vingt-trois heures quarante-cinq.

Une expression de stupeur apparut sur le visage de la jeune fille tandis que son camarade soupirait de lassitude.

- Quand cesseras-tu d'être un livre ouvert, Womel ? demanda-t-il avec impatience.

- Je… ne suis pas… un livre ouvert, bredouilla Maisie.

- Bien sûr que si. Et c'est insupportable.

Maisie fit une moue vexée qui n'échappa pas au regard inquisiteur du Gryffondor et l'énerva d'autant plus.

- Suis-moi, dit-il en l'entraînant à sa suite dans une salle que Maisie n'avait jamais vue jusqu'alors.

Il ferma la porte à clef derrière eux pendant que le regard de la Poufsouffle observait la salle de classe abandonnée et lugubre, inquiète. Deux vieux pupitres, un coffre poussiéreux, un tableau noir et une estrade en bois délabrée, c'était tout. Rien de très chaleureux. Maisie frissonna et sentit quelque chose frôler ses épaules. Elle se retourna vivement, dégainant sa baguette et se retrouva face à James Potter qui affichait un air de défi.

- Essaye de ne pas me défigurer en te retournant, la prochaine fois, ricana-t-il.

- Tu m'as fait peur, lui reprocha simplement Maisie.

- Justement, Womel, le sujet que nous allons aborder aujourd'hui est… la peur. Ou plus exactement, ta plus grande peur.

- Quoi ? Mais je pensais que nous allions recommencer à nous entraîner pour mon patronus !

- Bien sûr… Mais sache que « Riddikulus » et « Expecto Patronum » sont deux sorts ayant plusieurs points communs. Pour maîtriser l'un, tu dois maîtriser l'autre. Pour maîtriser ton désespoir, tu dois maîtriser ta plus grande peur… Tu vois ce que je veux dire ? Les détraqueurs utilisent ta plus grande peur pour te rendre fou.

Maisie se contenta d'hocher la tête, dubitative malgré tout. Si Potter lui avait parlé de « Riddikulus », cela signifiait qu'il avait un épouvantard à sa disposition. Et Maisie n'était pas certaine de vouloir affronter sa plus grande peur à côté de James Potter, qui ne serait certainement pas gêné de la lui rappeler quand bon lui semblait. En plus, n'ayant jamais affronté d'épouvantard de sa vie, Maisie ne savait pas quelle serait sa plus grande peur. Elle conservait bien des images peu glorieuses des Mangemorts qui avaient attaqué son monde peu après sa naissance mais les dégâts ne l'avaient jamais touchée, elle n'avait jamais été victime ou n'avait jamais assisté à une scène d'horreur. Ses parents étant moldus, ils l'avaient préservée sans le savoir de cette horrible guerre sorcière.

- L'épouvantard est dans le coffre, lui souffla James Potter à voix basse.

Maisie eut la chair de poule et se frictionna les bras pour chasser cette drôle de sensation avant de lever sa baguette, incertaine de ce qu'elle s'apprêtait à faire. James Potter ouvrit le coffre en se plaçant derrière lui et Maisie en vit une forme noire, indistincte et floue en sortir et s'approcher d'elle en flottant. La sorcière pencha la tête, essayant de deviner ce que cette horreur pouvait être. La silhouette noire laissa tomber sa cape par terre, dévoilant un corps de femme nu, aux yeux blancs comme la neige et au visage dépourvu d'expression. Maisie étouffa un cri de terreur en apercevant les blessures suintantes qui décoraient son corps. Le visage de la femme se transforma en celui de Wellina, subitement, mais celle-ci ne semblait pas plus vivante que la femme qui était sortie en premier du coffre. Maisie cria. Wellina devint Anthéa, puis Fenezy, puis John et tous étaient couverts de blessures profondes.

La peur s'était emparée de Maisie, elle tremblait de tous ses membres et sa tête menaçait d'exploser. Subitement, le visage de John laissa place à celui de Roxanne Weasley, puis à celui de Rhéa, et Maisie hurla.

Le dernier visage était sans doute le pire. James Potter, le teint cadavérique et le corps recouvert d'une épaisse couche de sang la regardait d'un air glacial en susurrant à son oreille :

- Tu n'es pas assez forte. Tu n'as pas su nous sauver… Regarde ce que nous sommes devenus !

- Noooon ! hurla Maisie.

- UTILISE TA MAGIE !

- RIDDIKULUS !

Maisie avait brandit sa baguette devant elle sans en avoir conscience et avait transformé l'horrible visage de James en fleur fanée et le garçon renferma l'épouvantard dans son coffre, essoufflé.

Maisie se laissa tomber sur le sol, les yeux embués. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle pleurait.

- Womel ? C'était très bien, tu as réussi, tu vois ? Tu vas bien ?

Maisie releva les yeux vers elle, fronçant les sourcils et ouvrit la bouche. Potter aurait mieux fait de ne pas lui adresser la parole.

*.*.*

James, encore secoué par la vision de la peur de Maisie Womel, fut surpris lorsque la jeune fille se leva, les joues trempées par ses larmes et se planta résolument devant lui.

- NON ! Je ne vais pas bien, Potter ! Je te déteste ! hurla-t-elle en pleurant. Tout ça c'est ta faute !

Stupéfait, James ne vit pas arriver la main de la jeune fille et celle-ci atterrit sur sa joue, le giflant particulièrement fort. Il croisa les grands yeux verts de la Poufsouffle, celle-ci regarda sa main avec l'air de ne pas comprendre son geste et balbutia un vague « je suis désolée » avant de s'enfuir en courant et en pleurant.

Gentille, trop gentille Maisie Womel.

Insupportable. Faible. Inintéressante. Elle était tout ça à la fois et pourtant James ne pouvait pas dire que l'expression de terreur de la jeune fille ne l'avait pas frappé.

Il massa sa joue douloureuse et rejoignit son propre dortoir à pas lents, les pensées dirigées vers les yeux violets et délicats de Deirdre Londubat. Cette fille au moins ne pleurait pas pour un rien.

*.*.*

Maisie était restée allongée toute la journée dans un état de léthargie intense. Elle ne s'était même pas levée pour aller manger, se contentant d'observer le plafonnier de son lit à baldaquin en repensant à l'horrible soirée de la veille qu'elle avait passée avec James Potter.

Elle s'en voulait cruellement de l'avoir giflé. Après tout, ce n'était pas de la faute du Gryffondor si son épouvantard avait pris ces formes là. Ses propres peurs ne devaient pas faire ressortir son côté lâche ou méchant. Et puis Maisie détestait toute manifestation de violence.

Elle se retourna sur le côté, se jurant d'aller s'excuser auprès de Potter le lendemain. En attendant, elle allait rester au lit et dormir un peu.

*.*.*

Les semaines qui suivirent cet incident, Maisie évita Potter le plus possible après s'être excusée en coup de vent et visiblement le garçon agissait de même. Il ne l'avait même plus embêtée, n'avait pas cherché à piétiner sa maigre confiance en elle à l'aide de ses amis et se montrait distant. Il ne l'avait pas non plus contactée pour continuer les séances d'entraînement.

Les journées passaient à une vitesse telle que Maisie en avait mal à la tête. Elle avait pris l'habitude de passer le plus de temps possible avec ses amis et de s'occuper des Première Année qui avaient des difficultés en Sortilèges (matière où elle était plutôt bonne élève), de se balader en solitaire – quand elle en avait le temps – dans les couloirs déserts de Poudlard ou dans le vaste parc du château et allait également sur le terrain de Quidditch avec grand plaisir, retrouvant ses coéquipiers avec lesquels elle s'entendait bien. John et elle étaient de plus en plus confiants et s'amusaient comme des enfants avec leurs battes. Plus d'une fois, Maisie l'avait vu regarder Anthéa d'un air étrange et la jeune fille se doutait que les échanges tumultueux entre ses deux amis n'y étaient pas étrangers. Elle se demandait aussi combien de temps mettrait Anthéa avant de se rendre compte qu'elle plaisait à John. Si la Serdaigle était dotée d'une capacité d'observation redoutable, elle était incapable de voir plus loin que le bout de son nez lorsque les questions sentimentales se posaient pour elle.

Le mois de novembre venait de débuter et Maisie se préparait à descendre dans la Grande Salle, d'excellente humeur : le premier match de Quidditch de l'année opposant Serpentard à Gryffondor se déroulerait après l'heure du petit-déjeuner. La jeune fille s'était emmitouflée dans un gros pull confortable et avait enfilé un jean épais pour ne pas être dérangée par le froid en haut des gradins.

Lorsque Maisie entra dans la Grande Salle, elle remarqua avec amusement l'habituelle effervescence qui animait les élèves avant le commencement d'un match. Certains élèves portaient fièrement les couleurs de l'une ou de l'autre maison et d'autres pariaient sans discrétion sur les résultats finaux et les prouesses des joueurs.

- Maisiiiiie l'appela Anthéa, installée à côté de John et de Wellina à la table des Gryffondor.

La Poufsouffle soupira et essaya de se faire toute petite avant de s'asseoir à côté de son amie qui était en train d'engloutir un toast au moins aussi gros que son visage sous le regard consterné de Wellina.

- Salut tout le monde, dit-elle en esquissant une grimace. Anth', le bacon est tombé sur ta robe.

- Mphmm… grogna ladite Anthéa en essuyant sa robe à l'aide de sa serviette.

- Je ne connais pas cette fille, souffla Wellina d'un air hautain en mimant une expression de dégoût.

John et Maisie ricanèrent.

- Où est Fenezy ? demanda la Préfète en se servant une tasse de chocolat chaud.

- Elle est en train de parler avec Fred Weasley, répondit Wellina en repliant la Gazette du Sorcier qui était étalée sur ses genoux. Elle a dit qu'elle nous garderait des places dans la tribune de Serpentard si on voulait. On sera moins serrés que dans celle de Gryffondor.

Maisie chercha la Serpentard du regard et l'aperçut en effet en pleine conversation avec Weasley, à l'entrée du réfectoire. Elle distingua également James Potter, un peu en retrait, qui discutait avec Deirdre Londubat d'un air amusé. Saisie d'une impulsion soudaine, Maisie se leva à son tour et, voyant que Deirdre disparaissait à son tour en abandonnant James Potter derrière elle, elle courut vers lui et s'arrêta dans son dos. Elle eut un court instant d'hésitation avant de tapoter maladroitement son épaule et le Gryffondor se tourna vers elle. Une fugace expression de surprise passa sur son visage mais très vite le garçon reprit contenance, affichant un air hautain et dardant sur elle ses yeux impénétrables.

- Oui, Womel ?

- Je… Heu… je voulais te souhaiter bonne chance pour le match, bredouilla-t-elle en baissant les yeux.

Puis elle tourna les talons, s'apprêtant à fuir, lorsqu'elle sentit une main s'agripper à son bras droit et Potter la fit pivoter sur elle-même avant de planter son regard intense dans celui de Maisie, un léger sourire narquois aux lèvres.

- Ce soir, minuit dans la même salle que la dernière fois, dit-il en laissant son bras retomber contre son corps.

- Tu ne vas pas fêter la victoire de Gryffondor ce soir ? demanda Maisie, légèrement surprise par ce revirement de situation.

- Je suis content de voir que tu paries sur notre équipe, Womel, ricana Potter. Mais non. Des fêtes, j'en fais quand je veux.

Il lui sourit, goguenard et s'en alla d'un pas assuré pendant que Maisie restait plantée en plein milieu de l'entrée, perdue dans ses pensées.

*.*.*

- Elle est complètement suicidaire ou quoi ? s'énerva Wellina en mettant sa tête entre ses mains après avoir assisté de loin à toute la scène.

- Je dirais plutôt qu'elle a un sérieux problème avec son « elle intérieur », souffla Anthéa. Maisie a besoin de se mettre dans des ennuis pour exister. Mais là, faut pas pousser le bouchon, Potter a été plusieurs fois un déchet avec elle et à moins qu'il change d'avis sur elle, elle devrait essayer de le fréquenter le moins possible. Ce crétin mérite de mourir d'une crise de foie particulièrement douloureuse !

- Ne fais pas psychomage, Anthéa, ricana John. Tu risquerais de faire fuir tes clients.

La métamorphomage fusilla le Préfet du regard pendant que Wellina se levait, mettant un terme à la dispute qui s'annonçait.

- Je vous propose qu'on aille récupérer Maisie avant de rejoindre Fenezy dans les gradins.

- Et moi dans la loge de commentatrice, s'extasia Anthéa en battant des mains.

- Je me demande ce que Maisie a dit à Potter, lança John d'un ton dégagé.

*.*.*

Maisie était coincée entre Fenezy et Wellina dans une foule de Serpentard en folie. Elle avait déjà assisté à des matchs de Quidditch, bien sûr, mais jamais dans une telle ambiance. La jeune fille grelotta avant de resserrer les pans de sa cape autour d'elle, refroidie par le vent glacial qui régnait en maître depuis le début de la journée et reporta son attention sur le terrain où les joueurs de Gryffondor et de Serpentard venaient de faire leur apparition.

- HELLO LA POPULACE ! hurla alors la voix stridente d'Anthéa dans le mégaphone. EST-CE QUE VOUS ÊTES CHAUDS PATATE POUR CE PREMIER MATCH DE L'ANNEE ?

- OUAAAAAIS ! hurlèrent les supporters.

- Bon, alors je vous propose d'accueillir chaleureusement sur le terrain EDDIE DUBOIS, GARDIEN ET CAPITAINE DE L'EQUIPE DE GRYFFONDOR, suivi de près par la jeune, jolie et talentueuse LILY POTTER qui joue magnifiquement bien en tant qu'attrapeuse, elle-même suivie de son frère JAMES POTTER L'EMMERDEUR…

A ce moment-là un grésillement résonna dans tout le stade et Maisie éclata de rire en voyant le doigt d'honneur dudit Potter se lever vers Anthéa.

- Oui, oui, professeur, reprit la voix d'Anthéa sous les hourras ravis des Serpentard, je continue ! BREF ! APRES POTTER LE… Il y a LUCY ET MOLLY WEASLEY et ces trois-là occupent les postes de Poursuiveurs. On peut dire qu'elles sont belles, drôles et rusées, les filles Weasley ! On ne peut pas en dire autant de l'autre crétin congénital mais… OUI, Pardon Professeur ! Donc… Je disais… Ah oui ! ON ACCEUILLE EGALEMENT LES BATTEURS : THERRY FINNIGAN ET FRED WEASLEY ! (tiens, encore un crétin congénital…).

Les rires se propagèrent dans toute l'assemblée des élèves et Anthéa reprit le mégaphone des mains d'une MacGonagall exaspérée.

- Bon, MAINTENANT LES SERPENTARD ! Le magnifique, grand et courageux ALBUS POTTER… CAPITAINE ET ATTRAPEUR DE SERPENTARD ! Enfin un Potter qui n'a pas la tête enflée ! (ah non, pardon Lily, je parlais de ton grand frère) ! Il joue au même poste que sa petite sœur… Après Potter, son meilleur ami, SCORPIUS MALEFOY, suivi de VERNEY ROSIER (Un imbécile si vous voulez mon avis…) et ALBAN MEADOWES ! Ces trois-là sont poursuiveurs. Le GARDIEN, MERRICK ADELPH… Heu… Adelph ? Pourquoi tu te cures le pif ?

Maisie éclata de rire. Anthéa qui animait le match, c'était un vrai fiasco mais ça avait le mérite d'être drôle !

- Bref, après Adelph, son frère BENNETT ADELPH qui lui est beaucoup plus intelligent ! D'ailleurs si vous voulez savoir, il est ami avec Fenezy Rockensol et John Finch-Fletchey, ça prouve quand même qu'il en a dans la…

- MISS DIGGLE! vociféra MacGonagall en s'appropriant le mégaphone.

- D'accord, d'accord… Donc après Bennett nous avons REYA ZABINI et ces deux-là sont des… BATTEURS ! Bon… Le coup de sifflet de Mrs Bibine a été lancé… LE MATCH COMMENCE !

Maisie se crispa sur son siège et se pencha par-dessus les gradins pour observer ce qui se déroulait sur le terrain, écoutant d'une oreille distraite les commentaires explosifs d'Anthéa.

- POTTER ET POTTER (ahaha, c'est drôle !) se mettent en chasse du vif d'or pendant que l'idiot décoiffé qui leur sert de grand frère fait une passe à Molly Weasley qui elle-même passe à Lucy Weasley. Jolie passe, les filles ! Ah mais la balle est interceptée par Meadowes qui la relance à Malefoy en évitant de justesse un cognard envoyé par le talentueux Therry Finnigan… Malefoy se dirige vers les buts… ET IL MAAAARQUE ! Bah alors, Dubois, tu fous quoi ?

Un tonnerre de rires éclata dans le stade et Maisie se tendit en apercevant un cognard qui fonçait droit sur la tête de James Potter, en pleine conversation avec Dubois. Heureusement, celui-ci le prévint à temps et le Gryffondor esquiva l'attaque de la petite balle démoniaque en faisant une figure digne d'un professionnel.

- Après que Potter n°1 ait évité (malheureusement) un cognard envoyé par la très précise Reya Zabini – ma vieille je te revaudrai ça un jour – on se concentre sur le jeu remarquable de Malefoy, Rosier et Meadowes qui se dirigent de nouveau vers les buts de Gryffondor… MAIS DUBOIS ARRÊTE LE TIR REMARQUABLE DE ROSIER ! ET ON APPLAUDIT, LES GENS ! DE L'ENTHOUSIASME QUE DIABLE !

- Elle est complètement barrée, commenta John en pouffant de rire, désignant la silhouette énergique d'Anthéa qui se dessinait dans sa loge.

- J'adoooore ! rit Fenezy, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi drôle !

- Elle oublie d'annoncer les scores, fit remarquer Wellina. Et les Gryffondor commencent à s'impatienter ! ALLEEEEEZ LES ROUGEEEEE !

Les Serpentard lancèrent des regards mauvais à la Gryffondor avant que Wellie ne clame :

- ALBUUUUS POTTER T'ES LE MEILLEUUUR !

Ce qui calma directement les plus hargneux.

- OH ! IL Y A DU MOOVE DANS LA TRIBUNE DES VERT-ARGENT ! LEVEZ LES MAINS EN L'AIR ! Voilà. Enfin des fans corrects. BON. On reprend. AH MAIS ATTENDEZ ! La très jeune Lucy Weasley a reprit la balle à Malefoy après une œillade suggestive, UN COUPLE SECRET A POUDLARD ? Heureusement, vous avez avec vous la célèbre journaliste ANTHEA DIGGLE et je vais faire l'interview en direct pour vous mes amoûûrs !

- MISS DIGGLE !

- Mais madame la Directrice, tout le monde veut savoir de qui est éprit le beau et mystérieux SCORPIUS MALEFOY QUI VIENT DE SE PRENDRE UN PUTAIN DE COGNARD DANS LA FIGURE ! Merlin mon pauvre amour, j'espère qu'il n'est pas trop amoché.

Maisie fut prise d'un fou rire incroyable en même temps que la totalité des élèves assistant à ce match.

- IL A DIT QUELQUE CHOSE ! Oui, vas-y Scorp' mon amour, de qui es-tu amoureux ? Quoi ? Je n'entends pas très bien.

Le jeu semblait s'être totalement arrêté sur le terrain et les joueurs captivés par les cris indistincts de Scorpius qui semblait rire et pleurer à la fois.

- MERLIN MES AMIS ! IL A DIT… « ALBUS POTTER » ! C'est bien ça, chéri ?

Scorpius hocha affirmativement la tête. Maisie se pencha un peu plus en avant, manquant de tomber de justesse – si Fenezy ne l'avait pas retenue elle se serait écrasée sur les élèves entassés en-dessous – et aperçut alors une sorte de boulet de canon vert-argent foncé sur le Serpentard blondinet qui avait attiré tous les regards. Albus Potter manqua littéralement d'embrocher son « meilleur ami » en l'embrassant sauvagement devant un public en folie. Des cris de joie résonnaient dans tout le stade « ALBUUUS ET SCORPIUUUS ! » « A POIL ! » (Bon, cette exclamation-là, Maisie fit semblant de ne pas l'avoir entendue sortir de la bouche de Wellina qui se déchaînait à côté d'elle, un grand sourire aux lèvres.)

- Euh…, fit la voix d'Anthéa à travers tout le stade, mes amis nous pouvons affirmer avoir vécu un roulage de pelle en direct, on remercie Potter n°2 et Malefoy pour nous avoir offert un spectacle aussi divertissant et jouissif – ah ! mais ne me tapez pas, professeur ! – et puis figurez-vous que j'ai une super bonne nouvelle à vous annoncer ! Pendant que l'Amour avec un grand « A » s'offrait à nous, LILY POTTER A ATTRAPE LE VIF D'OR !

- OUAAAAAIS ! hurla Wellina.

A vrai dire, Maisie était incapable de comprendre pour quelle raison les élèves poussaient des cris de joie mais jamais elle n'avait pu observer auparavant une telle euphorie s'emparer de tous ses camarades réunis dans le stade de Quidditch. Même les Serpentard applaudissaient en riant (se moquant visiblement de leur score minable comme de leur première brosse à dent). Sur le terrain les deux équipes se lançaient des regards torves mais les Weasley-Potter félicitaient chaudement le nouveau couple phare de Poudlard.

- C'était génial ! hurla Wellina dans les oreilles de sa meilleure amie.

- Je confirme ! rit Fenezy. Même si je doute que MacGo confie de nouveau le rôle de commentatrice de match à Anthéa la prochaine fois.

John hocha la tête, incapable de contenir son fou-rire, et entraîna ses amies avec lui vers la tribune où Anthéa était en train de subir un remontage de bretelles par la Directrice de Poudlard.

Maisie tourna la tête vers le terrain en souriant et croisa un regard chocolaté. James Potter fit alors une chose surprenante, il leva le pouce vers elle avec un clin d'œil et se détourna pour parler à ses coéquipiers pendant que Maisie manquait de s'étouffer avec sa propre salive.

Cette journée était vraiment plus qu'étrange.