Ca me fait bizarre de l'écrire, mais pourtant c'est vrai : voici le chapitre 10 !
Vous remarquez sans doute le léger (ou pas si léger que ça) rappel à un livre que j'ai beaucoup aimé, et dont le film m'a tout autant plu : le Diable s'habille en Prada. Je m'excuse par avance pour ce qui pourrait paraître comme un manque total de connaissance en matière de mode. Et pour cause, je n'y connais rien, et j'assume :) .
Ce chapitre est pour moi l'occasion d'intégrer rapidement un autre personnage que j'aime beaucoup.
Sur ce, je vous laisse à la lecture de ce nouveau chapitre !
Chapitre 10- Never let me go.
Kurt fut sauvé par le gong. Ou plutôt par la sonnerie du portable de Blaine, raisonnant une nouvelle fois dans l'appartement silencieux. La sonnerie stridente troubla le silence pesant qui s'était installé entre les deux hommes. Blaine était toujours allongé sur Kurt, qui ne pouvait même pas s'écarter du chanteur.
Blaine ignora la sonnerie du téléphone, son regard doré fixé sur Kurt, cherchant le signe qui lui donnerait la solution. Solution que même Kurt n'avait pas.
-Tu ne réponds pas, souffla Kurt.
Blaine s'écarta finalement, et ramassa son portable.
Kurt avait choisi la facilité. Il le savait. Il en avait presque honte. Mais ça valait mieux. Ça valait mieux que de voir tous ses espoirs détruits.
Son débat interne n'échappa pas au regard légèrement blessé de Blaine, qui se concentrait difficilement sur les cris de son interlocuteur, répondant uniquement par monosyllabe.
Kurt n'écouta même pas la conversation, perdu dans ses pensées. Ce ne fut que lorsque Blaine se réinstalla sur le canapé à ses côtés qu'il revint au présent. Sentant le regard du chanteur sur lui, il préféra se lever, mal à l'aise, et s'approcher des grandes baies vitrés s'ouvrant sur New York.
-David veut qu'on joue les marieuses. Jeff aussi, d'ailleurs.
Décontenancé par la tournure de la conversation, Kurt se retourna vers Blaine, et fronça les sourcils.
-Pardon ?
-David veut que je te demande d'amener Charlie aux fiançailles.
Ne comprenant toujours pas où Blaine voulait en venir, il lui demanda de venir aux faits d'un ton sec.
-Wes n'a pas eu de petite-amie depuis le lycée, expliqua Blaine, se tortillant les mains.
-Et ?
-Il est intéressé par Charlie, continua Blaine, baissant les yeux face au regard dur de Kurt, qui était visiblement agacé par les détours de Blaine.
-Et ?
-Si tu pouvais amener Charlie au mariage, on pourrait les faire discuter.
Kurt haussa les épaules.
-Enfin, si tu veux toujours venir, évidemment, parce que je ne t'oblige à rien, et si tu ne veux pas venir, c'est pas grave, j'irais tout seul. Enfin, je ne serais pas tout seul, mais un peu quant même, et si tu veux m'accompagner ça me ferrait très plaisir. Si tu veux.
Le regard de Kurt se radoucit. Voir Blaine perdre ses moyens était une chose à la fois attendrissante et amusante.
-J'ai déjà accepté ton invitation, Blaine. J'en discuterai avec Charlie. Je suis sûre qu'elle aussi acceptera.
Blaine sourit, et décida de mettre de côté son orgueil blessé. Ce n'était que partie remise.
Kurt sourit. Blaine ne semblait pas lui ternir rigueur de son refus. Il était sûr que Charlie allait accepter, elle ne manquerait sans doute pas l'occasion de sortir. Enfin, c'était ce qu'il croyait.
-Il n'est pas question que vous jouiez les marieuses pour un homme incapable de satisfaire lui-même ses envies de vie sentimentale.
Charlie parlait d'un ton sec, n'admettant aucune contestation. Kurt tentait de la convaincre, se demandant la raison d'un tel acharnement, se refusant à penser que cela avait un quelconque lien avec Blaine.
-Ça te changera les idées, tenta Kurt, légèrement à court d'argument.
Mais la jeune femme haussa les épaules, et se détourna de Kurt, reportant son attention sur le livre écornée qu'elle tenait entre les mains.
-Depuis combien de temps tu n'as pas fait autre chose que rester ici et aller au travail ?
Charlie leva son regard gris sur Kurt. Elle était visiblement blessée par la remarquer sèche de son ami.
-Je ne vois pas en quoi ça te regarde, répliqua t-elle froidement.
-Je suis ton ami, répondit Kurt, s'asseyant à ses côtés. Je sais que tu n'aimes pas vraiment l'idée d'y aller avec Wes, mais vas-y au moins pour t'amuser.
Charlie soupira et ferma le livre.
-Ce n'est pas d'y aller avec Wes qui me dérange.
-C'est vrai ? C'est parfait alors, surtout que tu n'imagines pas la fête qu'ont prévu Nick et Jeff. Ce n'est que leur fiançailles, mais la nourriture et l'alcool sont une raison suffisante pour ne pas louper la fête. Et ce n'est pas la seule.
Charlie baissa les yeux, fixant avec intérêt ses mains, étudiant ses ongles, qui semblaient tout d'un coup être très intéressant. Kurt comprit que quelque chose n'allait pas.
-Si ce n'est pas d'y aller avec Wes qui te dérange, c'est quoi ?
Charlie marmonna, mais Kurt ne capta pas sa remarque. Il lui demanda de répéter.
-Je n'ai rien à me mettre, répéta légèrement plus fort la jeune femme, dont les oreilles rougissaient furieusement.
Kurt haussa les sourcils, surpris.
-Alors c'est ça le problème ?
Charlie releva la tête, légèrement vexée que Kurt ne prennes pas au sérieux son malaise.
-J'aurais l'air de quoi au milieu de la ''bonne société'', commença t-elle en mimant les guillemets. Je ne viens pas d'une famille huppée, moi. Je ne suis pas comme eux. Et je ne veux pas aller dans leur milieu comme je suis. J'aurais l'air d'une pouilleuse à côté d'eux. J'aurais l'air de ce que je suis vraiment. Et ça fait mal...
Kurt sourit et se leva pour ramasser son portable, posé sur la table. Charlie détourna le regard de l'appareil, tentant de contenir une bouffée de jalousie, tandis que Kurt tapotait rapidement sur l'écran de son portable. Il releva la tête pour questionner Charlie sur son emploi du temps, puis il baissa la tête de nouveau.
Au bout de quelques minutes, Kurt lâcha son téléphone et retourna s'asseoir auprès de la jeune femme, qui s'était allongée sur le lit, lisant une énième fois le même livre.
-Rachel va t'aider. Pour ton problème vestimentaire.
Charlie se redressa.
-Pardon ?
-Rachel, tu te souviens, c'était ma meilleure amie, au lycée.
Charlie hocha la tête, attendant la suite. Elle posa le livre sous le lit.
-Et bien, elle a une amie qui travaille dans la mode.
Charlie haussa les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.
-Elle a accès à des tas de tenues de marque, qui reste après les séances photos. Elle veut bien t'en trouver une.
-Tu plaisantes ? Tu trouves que j'ai l'air une de ces filles des magazines minces et sexy ?
-Honnêtement ? Tu es magnifique, Charlie.
-En même temps tu ne vas pas dire le contraire.
Kurt soupira, et se glissa sous les couvertures, après avoir éteint la lumière.
-Tu es magnifique, répéta t-il à voix basse. Après le traitement que va te faire subir Rachel, tu le seras encore plus. Tu verras.
Charlie n'était pas convaincue. Mais alors pas du tout. La dernière remarque de Kurt laissait penser que Rachel était tyrannique.
Elle était loin de se douter qu'elle était bien loin de la vérité.
En réalité Rachel Berry n'était pas tyrannique. Ou du moins s'en défendait-elle avec acharnement. Si tout le monde faisait ce qu'elle voulait quand elle voulait, il n'y avait aucun problème. Non, elle n'était pas insupportable. C'était les autres qui ne la comprenaient. Mais elle s'en fichait. Parce que elle, Rachel Berry, venait de retrouver son meilleur ami. Et si rendre service à une inconnue pouvait lui permettre de se rapprocher de ce Kurt si différent de celui qu'elle avait perdu de vue, alors elle le ferrait.
-Salut, je suis Rachel Berry, mais je suppose que tu me connais déjà.
Oui, bon, Rachel Berry avait un ego sur-dimensionné. Elle l'admettait sans broncher. Avec son talent, on pouvait tout se permettre. Ou presque.
Charlie venait tout juste de retrouver Rachel devant l'un des immeubles vitrés de Manhattan. Elle ne savait pas à quoi s'attendre, et pour tout dire, elle était un peu effrayé de ce que pourrait lui faire subir cette fille plus petite qu'elle.
-Moi c'est Charlie.
-Tu me suis ?
Sans attendre de réponse, Rachel s'approcha de l'entrée de l'immeuble, Charlie sur les talons. Elles entrèrent dans l'immeuble. Les claquements des talons hauts de Rachel raisonnèrent dans l'immense hall lumineux, en harmonie avec ceux des dizaines de jeunes femmes se rendant au travail, toutes vêtues de tailleurs griffés. Charlie se sentait de plus en plus déplacée.
Rachel se dirigea vers le guichet d'accueil, où se tenait un homme, qui ne fut pas sans rappeler à Charlie Kurt, par son attitude distinguée et neutre.
-Nous sommes attendues par Miss Fabray.
Le réceptionniste vérifia rapidement sur un registre, et tendit aux deux jeunes femmes un badge visiteur.
-Bonne journée, Miss Berry.
Rachel reprit son périple à grands pas, Charlie sur les talons. Elles atteignirent finalement les ascenseurs, après avoir passé les bornes de sécurité. Rachel appuya prestement sur l'un des boutons, tandis que Charlie était focalisé sur le reflet que lui renvoyait la glace. A côté de Rachel, elle paraissait fade, terne. Elle ne pourrait jamais s'intégrer dans une soirée mondaine. Elle ne duperait personne.
Les portes se refermèrent, et l'ascenseur entama sa montée en douceur. Rachel lui exposa en détail ses plans pour la journée, et Charlie sentit sa tête tourner. Elle n'était pas au bout de ses peines.
Puis l'ascenseur s'arrêta et, dans un tintement, les portes s'ouvrirent. Rachel se faufila hors de l'appareil avant même que Charlie pense à sortir. Elle se figea quelques secondes, lisant et relisant le nom de l'endroit où elle était tombée. Elle était dans le berceau de Vogue, l'un des magasines de mode les plus lus au monde. Elle se tenait là, dans sa tenue pour le moins banale, au beau milieu d'une bande de mannequins vêtues constamment de Chanel, et portant comme si c'était normal, quotidiennement, des Jimmy Choo...
Rachel lui attrapa le bras, et la guida vers l'accueil d'un pas rapide. Charlie sortit peu à peu de son émerveillement.
Elle n'avait jamais accordé d'importance à la mode. Pouvoir s'habiller était déjà un luxe en soi. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne rêvait pas devant les portraits glacés des mannequins sur les panneaux publicitaires. Ces femmes magnifiques au teint pâle et sans imperfection, aux maquillages et aux coiffures parfaites, et aux corps à rendre jalouse et complexée n'importe quelle adolescente de 15 ans. Encore plus quand cette adolescente en question sait pertinemment qu'elle n'aura jamais les moyens pour être comme elles. Alors l'adolescente rêve, s'imaginant être une de ces filles, magnifiques et intouchables. Être l'une de ces filles, sur lesquelles se retournent les hommes. Une de ces femmes, qui a coup sûr doivent attirer les hommes comme des mouches. Et pas seulement les camés qui veulent un coup d'un soir.
Après une discussion courte mais animée, l'hôtesse d'accueil accepta finalement d'appeler Miss Fabray, et, peu de temps après, une jeune femme blonde se dirigea vers Rachel, un sourire apparaissant son visage porcelaine.
-Rachel ! Comment vas-tu ?
Les deux jeunes femmes entamèrent une discussion, sous le regard perdu de Charlie, qui ne savait vraiment plus où se mettre. Puis la blonde la remarqua.
-Bonjour, vous devez-être Charlotte. Je m'appelle Quinn. Quinn Fabray. Je suis responsable de la photographie chez Vogue USA.
-Enchantée, répondit Charlie d'une voix timide.
Les deux jeunes femmes se serrèrent la main, puis Quinn les guida à travers les couloirs.
Quinn exposa à Charlie son rôle dans l'entreprise, expliquant qu'elle s'était fait remarquée très tôt pour son talent pour la photographie. Elle avait obtenu une bourse pour aller à Berkley, puis s'était découverte une passion pour la mode. Alliant ses deux passions, elle était finalement parvenu à un poste chez Vogue, en tant qu'assistante du responsable de la photographie. Puis, à son départ, la rédactrice en chef avait finalement offert à Quinn la place, au grand étonnement de tous les autres employés. Mais comme Quinn faisait son travail avec rigueur, acharnement et professionnalisme, personne n'avait rien trouvé à redire à ce choix.
Elles entrèrent dans une immense pièce, où des dizaines et des dizaines de tenues étaient pendues à des cintres. Des paires de chaussures étaient posées sur une sorte d'étagères, et tout un rayon était destiné à accueillir des sacs à main.
Si Charlie n'avait pas retenu sa joie, elle aurait sans aucun doute bondi de rayonnage en rayonnage, explorant tous les recoins de ce qui semblait être la caverne d'Ali Baba de la mode.
-On a ici plus d'une centaine de tenues de grand couturier, dont on ne sait pas vraiment quoi faire, puisqu'elles sont toutes passées de mode, expliqua Quinn. Alors elles restent là, à prendre la poussière.
Quinn posa son regard vert d'eau sur Charlie, l'observant avec tant d'attention que la jeune femme se sentit comme étudiée aux rayons X.
Après quelques marmonnements incompréhensibles, Quinn se mit en marche, suivit par Rachel qui ne cessait d'émettre des suggestions sur ce qui irait à Charlie ou pas.
Au bout de quelques minutes, la jeune femme se retrouva pratiquement noyée sous les tenues. Puis Quinn passa aux chaussures, et posa en équilibre cinq paires sur la pile dangereusement fragile que portait Charlie.
Finalement, Charlie put poser son fardeau derrière une sorte de paravent, et Quinn lui ordonna de passer la première robe.
Si Charlie pensait être débarrassée rapidement, elle se trompait. Elle dut réessayer toutes les robes au moins deux fois, les deux jeunes femmes débattant joyeusement sur les coupes, les couleurs et l'association chaussures / robe qui ajoutait un problème supplémentaire.
-Vous savez, intervint Charlie d'une petite voix, ce n'est pas la peine de prendre cette peine pour moi, je...
-Ttt, va essayer la suivante, ordonna joyeusement Rachel.
Charlie leva les yeux au ciel, et retourna se changer. Elle avait l'impression d'avoir essayé plus de vêtements aujourd'hui que dans toute sa vie. Ce qui, après réflexion, n'était pas compliqué en soit, mais qui valait quant même la peine d'être relevé.
Puis vint enfin le moment de la délivrance. Ou du moins le croyait-elle. Les deux jeunes femmes parvinrent à s'accorder sur une des robes, dans laquelle Charlie se sentait comme dans un pyjama. Et pourtant elle n'aimait pas être en robe. Ni en jupe. Ni dans une tenue qui expose ses jambes. Mais là, elle se sentait étonnement plutôt bien.
-La Alexander McQueen, je savais qu'elle tirait bien !
Charlie jeta un regard noir à Quinn. Si elle savait depuis le début, pourquoi lui avait-elle fait subir l'essayage répété de dix tenues différentes ?
Quinn se leva et fit le tour de Charlie, étudiant en silence la façon dont tombait la robe.
-Parfait. On dirait qu'elle a été faite pour toi.
Charlie se regarda dans le miroir.
-Elle n'est pas un peu courte, questionna Charlie, se retenant de tirer la robe vers le bas.
-Non, elle est parfaite, répéta Quinn, sur un ton n'admettant pas la contestation.
Quinn s'éloigna, suivie par Rachel. Alors Charlie se tue, et continua de s'observer dans le miroir. Ses cheveux partaient dans tous les sens, elle n'était pas maquillée, mais pourtant elle se sentait bien plus attirante qu'elle ne l'était habituellement. Peut être que le fait que l'on voyait bien plus de peau qu'elle ne l'aurait voulu la rendait séduisante... Elle ne savait pas vraiment.
Puis, se rendant compte de la situation, elle releva brutalement la tête et, entendant les pas des deux femmes se rapprocher, s'exclama d'une voix forte.
-Attendez, je ne vais pas pouvoir payer cette robe moi.
-C'est un cadeau, intervint Quinn, en lui tendant un manteau. Essaye.
Charlie s'exécuta en silence. Observant une nouvelle fois son reflet, elle ne put que sourire. Des chaussures noires à talons hauts, des Louboutins coûtant au moins un mois de son salaire, la robe noire, une Alexander McQueen, et le manteau, chaud et agréable à porter.
-Vous me donnez tout ça, demanda Charlie, dubitative.
-C'est un cadeau, répondit Quinn, souriante. Je devais un service à Rachel.
Charlie se tourna vers les deux femmes, toutes deux belles, jeunes, confiantes et ayant réussi dans la vie. Voilà ce que Charlie voyait quand elle les regardaient. Mais quand elle se regardait dans le miroir, tout ce qu'elle voyait, c'était une fille de nulle part tentant de se faire passer pour ce qu'elle n'était pas.
-Merci.
-Va te changer, on n'a pas fini.
-Pardon ?
Charlie se figea. Rachel la poussa derrière le paravent, et, une minute après, Charlie revenait vers elle, la robe, les chaussures et le manteau à la main. Elle croisa son reflet dans le miroir, et un sourire triste apparut sur son visage. Elle était redevenue la fille sans intérêt qu'elle était. Quinn la sortit de ses pensées.
-Prends ça, ça peut toujours servir.
Charlie prit le sac que lui tendait Quinn, et étudia son contenu. Subitement, ses oreilles rougirent et, gênée, elle redressa vers les deux jeunes femmes qui riaient.
-Je ne...
-Si, je confirme que ça vaut le coup, la coupa Rachel, riant.
Charlie lui jeta un regard vexé, que Rachel ignora. Elle l'entraîna à la suite de Quinn. Elles traversèrent une série de couloirs, et parvinrent à une autre salle, dans laquelle laquelle régnait une certaine effervescence.
-On est où là, demanda Charlie, légèrement paniquée.
-On va te refaire une beauté, expliqua Rachel.
-Ce n'est pas que tu n'es pas jolie, intervint Quinn, de peur de ne pas se faire comprendre. C'est juste que... tout ça...
Elle secoua légèrement les cheveux de Charlie.
-On peut faire mieux.
Charlie retint une remarque cinglante et, pour la première fois depuis le début de la journée, elle accepta de se laisser faire sans critiquer, penser au prix exorbitant de tel ou tel chose, ou encore se lamenter sur sa propre condition.
Une coiffeuse aux traits asiatiques et aux cheveux méchés de bleus - bleus ? - se chargea de lui couper les cheveux, écoutant distraitement les réflexions de Rachel. Quinn était repartie dans son bureau, elle les rejoindrait plus tard.
Charlie observait les moindres faits et gestes de la coiffeuse, espérant intérieurement ne pas prendre de coups de ciseaux déplacés, et ressembler à quelque chose à la fin.
-Et voilà !
Finalement, la coiffeuse ne coupa pas grand chose. Elle se chargea juste de leur redonner une forme. Charlie n'était jamais allée chez le coiffeur, et pour une première fois, elle ne pouvait être qu'enthousiasmée.
Charlie se leva, et tenta de se débarrasser de tous les cheveux qui étaient coincés dans son col.
-Magnifique !
Rachel l'observait, et Charlie se sentit rougir. Habituellement, elle ne rougissait pas autant. Mais habituellement, on ne lui faisait pas de compliments. Habituellement, personne n'avait de raison de lui faire des compliments...
-Allez, suis-moi.
Après avoir remercié une nouvelle fois la coiffeuse aux cheveux bleus, Charlie suivit Rachel à l'extérieur de la pièce, et elles traversèrent un dédale de couloirs, avant d'arriver dans le bureau de Quinn, qui décida qu'elle prenait sa pause déjeuné. Elle prévint sa secrétaire, puis les trois jeunes femmes quittèrent le building,
Charlie n'avait jamais su où était sa place. Les orphelinats n'étaient généralement pas les meilleurs places pour se sentir chez soi. Elle savait qu'elle ne ferait jamais parti de ce monde fait de paillettes, où il était normal de donner des robes à 1 000 dollars en remboursement de dettes et où tout le monde dépensait plus d'argent en vêtements qu'en nourriture. Elle n'oublierait jamais ce fait.
Mais ce n'était pas pour autant qu'elle devait rejeter tous ceux qui tentaient de la faire sortir de son monde à elle. Après tout, on a tous droit à son moment de gloire. Et pour Charlie, se voir offrir une robe à 1 000 dollars, revenait à lui offrir une petite partie de ce moment. Alors elle n'allait pas se plaindre.
