Chapitre 10

Les résultats des BUSE étaient tombés et Tom avait obtenu un Optimal dans chaque matière, à part dans les Soins aux créatures magiques où il avait eu Effort Exceptionnel. Pour Astoria, c'était à peu près pareil, mis à part qu'elle avait un Optimal en Soins aux créatures magiques mais un Effort Exceptionnel en Potion et en Botanique.

Au final, la sixième année se passa sans problèmes. Tom se sentait plus en paix que jamais, bien sûr, parfois l'appel de la Magie Noire se faisait entendre mais il entraînait Astoria dans une pièce et il chassait ses pulsions en laissant place à d'autres… Plus saines. Il ne savait pas combien de temps il parviendrait à se maîtriser… Il avait juste envie d'essayer.

Bien sûr, vis-à-vis des autres, rien n'avait changé ! Il était toujours le garçon froid et impressionnant qu'il avait toujours été et ça, il ne voulait pas que ça change !

La septième année commença tout aussi bien que la sixième, bien que le stress des ASPIC fût très présent. Tom et Astoria avaient pris l'habitude depuis le milieu de l'année précédente de se rejoindre dans une salle que le jeune homme avait trouvée. Une salle qui n'apparaissait que lorsque l'on en avait besoin et qu'on passait trois fois à un endroit précis du septième étage. Il l'avait découverte par hasard, un jour où il avait voulu cacher son journal, avant de mieux l'ensorceler.

Puis, voyant qu'Astoria avait toujours peur qu'ils se fassent surprendre, ce qu'il redoutait aussi, il avait eu l'idée de l'emmener ici. Certes, la salle était encombrée de monceaux d'objet entassés et poussiéreux mais ils avaient réussi à se dégager un coin et la salle leur avait fourni un lit tout au fond, bien caché.

- Si je devais choisir un endroit où être coincée pour l'éternité, ce serait ici, avec toi, dit-elle un jour en posant son menton sur le torse du jeune homme qui lui, avait un bras derrière sa tête tandis que l'autre était utilisé pour caresser les cheveux de la sorcière.

- Pourquoi ici ? demanda-t-il en la regardant.

- Parce qu'ici, il n'y a que toi et moi. Personne pour nous déranger et tu es toujours parfait dans cette salle. Tout est toujours parfait dans cette salle, répondit-elle en souriant.

- Tu me trouves différent lorsque je suis ici ? s'étonna-t-il.

- Oui, ici, tu souris très souvent, alors que dehors, tu as ta tête de tous les jours, s'amusa-t-elle à répondre.

- Ma tête de tous les jours ?! Je ne sais pas comment je dois le prendre !

- Oh, pas mal, tu es toujours parfait, souriant ou non ! C'est simplement que je te préfère comme ça.

- Alors on reviendra plus souvent, si Madame me préfère ici, railla-t-il.

- Madame te préfère n'importe où… Sauf en potion, je te déteste quand on a potion, rigola-t-elle.

Il eut un sourire et la regarda avec provocation.

- Ça, c'est juste parce que je suis incontestablement meilleur que toi dans cette matière !

- Et moi je suis meilleure que toi en sortilège ! contra-t-elle.

- Faux ! Tu les réussis généralement plus rapidement que moi, de peu d'ailleurs ! Mais les miens sont souvent mieux exécutés !

- N'importe quoi ! Certains de mes sorts sont plus puissants que les tiens ! s'exclama-t-elle.

- Les miens sont plus précis !

- Le prof me donne une meilleure moyenne que la tienne !

- C'est que tu es une fille, il fait du favoritisme, répondit Jedusor en ricanant.

- Tu es d'une mauvaise foi !

- Juste un peu.

Ils restèrent un moment à rigoler avant de sortir pour le repas du soir dans la grande salle. Mais à peine entrés, le Directeur vint à eux.

- Miss Greengrass, voilà plus d'une heure que je vous cherche partout ! s'exclama-t-il.

- Oh ! Désolée j'étais…

- Peu importe, vous êtes là maintenant ! Votre père m'a contacté, il souhaiterait que vous rentriez au plus vite.

- Mais, les vacances sont dans 5 jours…

- Je vous autorise à quitter l'école avant les autres, ma cheminée vous conduira chez vous, la coupa-t-il.

Elle se retourna vers Tom.

- Je t'écris dès que possible, dit-elle avant de partir.

Elle n'aimait pas se montrer, lui non plus, donc ils se contentèrent de ça et la sorcière suivit le Directeur qui refusa gentiment de lui dire quoi que ce soit, ce qui voulait dire que c'était assez grave et que c'était d'ordre familiale, sinon, il lui aurait répondu.

- Maman ? Papa ? Je suis là ! s'écria-t-elle en arrivant dans son salon.

Elle entendit des pas puis elle aperçut son père qui arrivait dans le salon, la mine complétement abattue et il était clair qu'il avait pleuré. Elle n'avait jamais vu son père pleurer, il était si fort, si fier, en toute circonstance ! Petite, elle pensait même que les pères ne pouvaient pas pleurer, que c'était impossible…

- Papa ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Le père s'approcha de sa fille et la serra contre lui avant de l'emmener jusqu'au canapé où il s'assit avec elle. Les mains d'Astoria dans les siennes.

- Ta mère a eu un malaise hier soir et je l'ai emmenée à Sainte-Mangouste. Ils lui ont fait des examens et elle est atteinte d'un mal très rare qui n'a encore pas de nom.

- Qu'est-ce que c'est ? Combien de temps elle va mettre pour guérir ? demanda Astoria tout en redoutant la réponse.

- Il n'y a aucun traitement qui permette d'en guérir ma chérie…

- Non !

- Je suis désolé mon ange.

Astoria éclata en sanglot dans les bras de son père. Celui-ci prit sur lui pour ne pas pleurer car il devait soutenir sa femme, sa fille et son fils qui était à Sainte-Mangouste pour ne pas laisser Helena seule.

- Qu'est-ce que sa maladie lui fait au juste ? demanda Astoria au bout d'un moment.

- C'est les ondes magiques qui agissent négativement sur son cerveau, elles lui donnent d'horribles migraines. Avec le temps, ça va s'empirer jusqu'à ce que… le père d'Astoria ne put continuer sa phrase, mais la jeune fille en comprit très bien le sens.

- Mais on ne pourrait pas l'emmener quelque part, loin de la magie ? demanda Astoria.

- Les ondes magiques sont en nous, en elle…

- C'est insensé ! Les maladies sont faites pour être guéries…

- Je suis désolé ma chérie…

Astoria entoura son père de ses bras, sachant très bien que, même s'il tentait de la raisonner, il avait dû ressentir les mêmes choses. Lui aussi avait dû trouver cela injuste mais il devait s'y faire, il devait être fort et elle aussi.

- On va voir Maman ? demanda-t-elle.

- Oui, laisse-moi juste dix minutes, répondit son père en se levant.

Astoria profita de ce temps pour se laisser aller à pleurer et pour écrire à Tom afin de lui raconter ce qu'il se passait et comme elle aimerait qu'il soit là en ce moment. Après avoir envoyé la lettre, elle se rendit à Sainte-Mangouste où elle vit sa mère, affaiblit mais souriante, son sourire s'agrandit en voyant sa fille. Astoria embrassa son frère puis se tourna vers sa mère.

- Bonjour ma chérie, tu m'as manqué, dit-elle en ouvrant les bras.

Astoria se précipita sur le lit de sa mère et l'enlaça, un sourire fleurit sur ses lèvres en sentant les bras d'Helena l'entourer. Elle resta un moment comme ça, sans rien dire, pendant que son frère et son père discutaient. Puis plus tard, son père et elle rentrèrent seuls au Manoir, ils mangèrent silencieusement puis Astoria se leva et après avoir embrassé son père, elle alla dans sa chambre, se laver et se mettre en pyjama puis elle se mit dans son lit et regarda le plafond, complétement perdue.

Elle savait que dans l'ordre des choses, ses parents partiraient avant elle mais, elle n'avait jamais pensé que ça puisse arriver si tôt, si soudainement, alors que la dernière fois qu'elle avait vu sa mère, elle se portait comme un charme.

Elle ne sut pas vraiment à quel moment elle s'endormit mais elle fut réveillée en sentant une main caresser sa joue. Elle sursauta mais se détendit dès qu'elle se rendit compte qu'il s'agissait de Tom.

- Comment tu as fait pour venir ? demanda-t-elle en lui sautant au cou.

- Un passage secret que j'ai découvert en quatrième année, répondit Tom en la serrant contre lui.

- Tu n'aurais pas dû, si tu te fais prendre…

- Je suis préfet-en-chef, tant qu'ils ne me surprennent pas dehors, ça ira, dit-il.

- Je suis contente que tu sois là.

Et avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, la jeune fille était déjà montée sur ses genoux, l'embrassant d'une manière qui lui fit clairement comprendre ce qu'elle voulait.

- Tu ne préfères pas discuter, demanda-t-il tout en passant ses mains sous le tee-shirt de la sorcière.

- On discutera plus tard, pour l'instant, je veux juste oublier quelques minutes… Fais-moi oublier Tom, demanda-t-elle en le regardant.

Alors, il l'embrassa, en cet instant, il était tellement facile de lui donner ce qu'elle demandait !