Chapitre 10 : Retrouvailles

- Hermignrrff. Continua Ron Weasley en tournant deux trois pages.

Il entendait les pas de sa femme dans l'escalier en bois. Ses yeux se focalisèrent sur les pages de l'ouvrage et, tirant sa baguette, et la pointant sur le journal en marmonnant un sort, il tomba directement sur une page qui portait le nom de sa fille.

14/05/2030 : Potter n'est vraiment qu'un abruti ! Et il est tellement nul en potions c'est affligeant ! Sa cousine par contre, Rose Weasley… qu'est ce qu'elle peut-être mignonne quand elle remue sa potion en soupirant. Heureusement que ma "petite amie" Cecilia n'est pas au courant de mon goût prononcé pour Weasley! Ahah, bon Cecilia aussi, elle des qualités certaines, d'ailleurs je ne pense pas que Weasley soit aussi « expérimentée » qu'elle…mais à coté de ça elle n'arrive pas à la cheville de Weasley, elle a une jolie frimousse Weasley. C'est quand même pas bien normal que je la trouve pas mal compte tenu de son ascendance... Si Potter savait un mot de ce que je suis en train d'écrire, il tenterait de me tuer sur place je pense. Quelle idée de poser mes yeux sur une Weasley, qui dit Weasley dit Potter... Enfin en attendant, ma Poufsouffle de pseudo-petite-amie n'est pas là en cours de potions…et le plaisir des yeux ça existe.

Ron lança un bruit qui ressemblait à un barrissement de rhinocéros. Aucun doute que s'il avait eu Scorpius Malefoy en face de lui, il aurait pu se métamorphoser en ce type d'animal…

Il regarda encore la dernière page et découvrit que Rose avait passé la semaine…Chez Malefoy ? OH Seigneur ! Dumbledore ! Qu'est ce qu'il c'est donc passé là-bas ?

Que faire ? MAIS QUE FAIRE ?

Oh merlin ! Je vais défaillir ! Rien que d'imaginer Rosie chez la fouine ! Et s'il c'était passé quelque chose ? Si ça se trouve elle nous a mentit et ce petit sacripant lui a fait des misères ! Et si…si Malefoy l'avait forcée à rester ? S'il l'avait retenue contre son gré ? Elle ne pouvait pas se défendre face à ces deux enragés ! Et la femme de la fouine en prime ! Merlin si ça se trouve Malefoy l'a violée ! Elle n'était pas bien l'autre jour ! Merlin seul sait ce qu'il a pu lui faire subir !...

Calme-toi Ron. Tu deviens parano…

Il n'a pas du lui faire de mal, sinon elle ne voudrait pas retourner chez lui !

Et si…si elle était consentante ?

MA FILLE ? AMOUREUSE D'UN MALEFOY ?

Ron Weasley sortit brusquement de la chambre de Rose et se dirigea dans son bureau, tremblotant, il saisit un parchemin et commença à écrire une lettre avec rapidité, son vieux hibou Coq était sur un perchoir en train de somnoler. Le roux lui attacha la lettre à la patte et le volatile ne perdit pas de temps pour aller voir son destinataire, il était un peu rouillé mais Hermione n'avait pas eu le temps d'en acheter un nouveau, Ron espérait simplement qu'il se dépèche... N'y tenant plus, il explosa :

- HERMIONE !

Cette fois, sa femme ne mit pas longtemps à venir.

- Quoi ?

- Ro..Rosie ! Bafouilla Ron.

- Qu'est ce qu'il y a ? S'étonna Hermione.

- Elle…elle… grnf… Malefoy ! Marmonna son mari.

Hermione blêmit à son tour. Il ne manquait plus que Ron soit au courant… Rose n'avait pas vraiment besoin de ça. La brune connaissait les réactions excessives de son mari, surtout lorsqu'il s'agissait des Malefoys. Elle lança un assurdiato sur le bureau pour que Rose n'entende pas ce que son père allait dire sur les Malefoys.

- ELLE A PASSE LA SEMAINE CHEZ MALEFOY !

- Hein ?

Ca, elle le ne savait pas. Cela expliquait bien des choses.

- Je l'ai lu ! Dans le journal de ce petit merdeux ! Je pars tout de suite chez eux! Ce connard de Malefoy va m'entendre ! Et son fils aussi ! Depuis le temps que je rêve de lui clouer le bec à ce petit prétentieux…cette blondasse !

Hermione ne savait même plus de qui Ron parlait. Trop occupé à faire les cent pas dans la pièce, le roux se désintéressait de sa femme pour marmonner des propos peu recommandables sur les Malefoys, mélangeant le père et le fils, insultant tantôt l'un, tantôt l'autre, si bien qu'Hermione devait en plus décrypter les paroles de Ron pour parvenir à le sonder. Ajouter à cela le fait qu'elle venait d'apprendre que Rosie venait de passer une semaine en "territoire ennemi"...

Bien qu'elle soit contre la réaction excessive de son mari, Hermione ne pouvait admettre qu'elle était pour cette « relation », il fallait relativiser dans la vie, la guerre était finie après tout…enfin tout de même... Mais Rose semblait vraiment triste l'autre jour, elle devait vraiment tenir à ce garçon…

- Ron… Commença la brune d'une voix atone, ne sachant trop quoi dire pour argumenter en faveur de sa fille.

Son mari continua à faire les cent pas dans la pièce pour se calmer.

- Ce lâche… Rosie… impossible. Im-po-ssible! Il a du lui lancer un imperium ! Qui sait ? Si ça se trouve il a apprit ça à son fils ! Harry m'a dit qu'Al avait eu des ennuis avec lui, tu te rappelles ?...pas du tout le genre de Rosie ! Il faudra demander l'autorisation à Percy de mener une enquête ! Je m'en charge dès mon retour de vacances !

Hermione leva les yeux au ciel. Comme si le nouveau ministre de la magie avait à ce soucier de l'amourette de deux jeunes adultes… Remarque, Percy s'occupait bien des fonds de chaudron… La brune songea alors que si Ron impliquait son frère le ministre dans l'affaire, la presse en parlerait immédiatement, elle imagina les gros titres « L'Auror réputé Ronald Weasley confond sa vie personnelle et professionnelle », « La fille de l'Auror et le fils du Mangemort »… Rose n'avait vraiment pas besoin de ça ! Aussi, quelle idée elle avait eu de s'enticher d'un Malefoy ?

- Qui sait ce qui a bien pu se passer dans cette foutue baraque ? Continuait Ron.

- Ron. L'interrompit Hermione, plus assurée.

- Hum ? Marmonna son mari sans vraiment l'écouter.

- Rose est vraiment amoureuse de ce garçon. Plaida Hermione, sachant qu'elle avait entièrement raison.

- Gnurf ! Grogna Ron en hoquetant.

- Tu lui ferais du mal…

- Il faut la raisonner ! Enfin ! Hurla Ron dans une attitude à la Maugrey. J'ai envoyé une lettre à Harry ! Il va me rejoindre là-bas !

Oh et bien sûr il avait fallu qu'il prévienne Harry en plus… S'il avait envoyé Coq, Harry ne risquait pas de débarquer, le temps qu'il reçoive la lettre, il serait trop tard...

- Ron, ce n'est pas une bonne idée. Contra Hermione, de plus en plus agacée.

Le roux se calma momentanément. Elle voyait clairement qu'il se contenait pour ne pas lui crier à la figure ce qu'il avait envie de lui dire.

- Rose. S'apprête. A partir chez lui ! Son balai est prêt, tout est prêt! Elle va le rejoindre ce soir! Elle a passé la semaine dans cet antre de la mort! Il lui fait faire n'importe quoi ! Pas question que je laisse ma fille partir en pleine nuit chez ce malade !

- Tu n'exagères pas un peu ? Malefoy s'est fait très discret depuis…le temps.

- ENCORE HEUREUX !


Pendant ce temps, Rose, qui avait vaguement entendu son père appeler sa mère, sortit de la salle de bain, toute belle. Elle rentra dans sa chambre à pas de loup et ferma soigneusement la porte derrière elle. Puis elle se mit à réfléchir un instant. Elle se munit du journal de Scorpius et pointa sa baguette dessus en marmonnant un sort.

Enfin, d'une discrétion à toute épreuve, elle s'empara de son manteau ainsi que de son balai, et elle ne perdit pas plus de temps, elle sortit par la fenêtre, direction: le manoir Malefoy.

Pendant ce temps, son père râlait toujours:

- Je vais parler à Rose ! Elle ne peut pas vraiment être amoureuse de lui Hermione. Hermione. Hein ? Elle ne peut pas…peut pas…

- Fait comme tu veux. Finit par dire la brune, agacée.

Quelques minutes plus tard, Ron Weasley, qui, trop occupé à pester contre la famille Malefoy n'avait pas entendu l'eau de la douche s'arrêter de couler, se retrouva dans une chambre vide car Rose était déjà partit chez les Malefoy. Agacé, le roux descendit les escaliers pour annoncer la terrible nouvelle à sa femme et prendre une grave décision.

- Si je ne reviens pas, dis à Hugy que je l'aime. Déclara Ron d'une voix solennelle avant d'aller chercher son balai dans la remise.

Si Hermione n'avait pas été tant préoccupée par la réaction excessive de son mari et la prespective de le voir débarquer chez Malefoy en pleine nuit, elle aurait probablement éclaté de rire.


Il était 22h30. Cela faisait une heure que Scorpius, couché sur son lit tout habillé, observait son plafond. Il avait décrété qu'il était fatigué et était monté dans sa chambre pour avoir la paix mais il se doutait bien que ses parents n'étaient pas dupes. Il n'allait pas bien. Il avait eut une boule au ventre toute la journée et son estomac faisait aussi des siennes, il se sentait mal, nauséeux, malheureux. Il n'avait toujours pas eut de nouvelles de Rose et cela commençait vraiment à l'inquiéter. Si ça se trouve, elle ne voudrait plus jamais entendre parler de lui. Il se passa une main sur le visage et s'agrippa les cheveux pour tenter de se calmer mais rien n'y fit.

Cependant, quelques minutes plus tard, il sursauta brusquement. La fenêtre de sa chambre venait de s'ouvrir et une baguette pointait le bout de son nez. Le garçon, dans un bond, se redressa et se dirigea en face de la fenêtre. Son cœur se mit à battre la chamade quand il aperçu un petit minois encadré par une magnifique tignasse rousse.

Rose était chez lui, devant sa fenêtre. En balai.
Elle était venue en balai alors qu'elle ne savait pas bien voler et par ce froid. Scorpius resta planté, tremblotant. Rose avait les lèvres violettes et semblait gelée. Il ferma la fenêtre derrière elle et lança plusieurs sort sur la porte afin qu'ils ne soient pas dérangés.

Puis il lui intima d'enlever sa veste, ce qu'elle fit.

Rose restait indéchiffrable. Il n'arrivait pas à déceler sur son visage le moindre signe de satisfaction ou de tristesse, aucun moyen de savoir si elle allait le repousser ou non.

La rousse s'assit sur son lit sans y être invitée en se frictionnant les bras.

Scorpius déposa une couette gigantesque sur ses épaules avant de prendre place à coté d'elle. Petit à petit, Rose sembla se réchauffer. Un silence gêné se prolongea. Scorpius ne savait pas comment la saluer. Devait-il dire « Salut ? Alors euh comment tu vas ? » Stupide. Ou « Bonsoir Rose, tu as lu le journal ? » Bof. Encore mieux, il n'avait qu'à l'agripper brusquement par la taille et l'embrasser jusqu'à s'évanouir d'asphyxie… Scorpius évaluait cette dernière hypothèse avec beaucoup d'intérêt lorsque Rose rompit le silence en prenant la parole.

- Je suis juste venue te rapporter ton journal. Dit-elle en désignant son manteau.

Scorpius détourna la tête, un pincement au cœur. Elle n'était pas venue pour se réconcilier avec lui. Si ça se trouve, elle n'avait même pas lu le journal.

- Tu n'as qu'à le garder, fais-en ce que tu veux. Jette-le, brûle-le, donne le à ton frère, ça l'amusera surement. Déclara-t-il avec amertume en fixant le mur d'en face.

Rose sembla offusquée.

- Tu...tu ne le veux plus ? S'enquit-elle faiblement.

Scorpius secoua la tête en pinçant les lèvres avec tristesse. C'était pour ce journal qu'il avait perdu Rose, pas question qu'il le garde.

- C'est bête, dit la jeune femme d'une petite voix, je lui avais lancé un sortilège de protection pour qu'il soit lisible seulement par toi...

Scorpius tourna vivement la tête et la fixa, elle avait fait ça pour lui ? Dans quel but ?

Et pourquoi a-t-elle les joues roses?

- Tu as fais ça après ou avant l'avoir lu ? S'enquit-il, anxieux.

- Après. Tu avais l'air de tenir à ce que je le lise… Dit-elle en haussant les épaules. D'ailleurs. Déclara-t-elle avec fierté. J'ai fais un petit résumé.

Elle tira une feuille de sa poche. Et Scorpius se retint de penser qu'elle restait une adorable Miss Je-sais-tout.

- En gros, tu t'es fais maltraiter par mon cousin jusqu'en 2e année, ensuite tu t'es mis à maltraiter les autres; dès la quatrième année tout le monde était à tes basques, tu as été plus que brillant en cours, tu as même failli être envoyé à Serdaigle mais tu aimais trop faire des conneries pour ça. Marylin Scrame a été ta première petite amie que tu as jetée au bout de 6 mois parce que tu ne la supportais plus, en 5 ans, tu as couché avec 17 filles, tu es sorti avec 20, et…

Scorpius lui arracha brusquement la feuille des mains ne supportant plus d'entendre la rousse parler de toutes les filles stupides avec qui il avait fricoté. Rose le regarda avec des yeux ronds, surprise. Peut-être était-il vexé qu'elle lui rappelle tout ça...

- …Je n'en ai aimé qu'une seule. Affirma-t-il d'un ton catégorique.

Il la fixa alors avec une telle intensité que Rose se sentit plus que mal à l'aise. Scorpius avait des yeux magnifiques, d'un gris bleuté, elle n'arrivait pas à dire si le bleu ou le gris l'emportait, elle se concentra alors sur ses cheveux, ses beaux cheveux blonds, mi-long, qui, sans être coiffés, lui donnait un air hautain et faisait craquer toutes les filles, y comprit elle.

Lentement, le garçon se rapprocha de la rousse, s'installant presque collé à elle. Il lui caressa la joue d'une main, avança l'autre en direction de sa taille en la passant dans une ouverture que lui laissait la couette.

- Ah…euh… Je n'ai pas vu ce détail dans le journal. Balbutia Rose, sentant que le blond avait posé une main sur sa taille, un contact plus qu'agréable, qui la réchauffait malgré le fait que la couette se mette à glisser lamentablement de ses épaules pour tomber sur le lit. Qui est cette fameuse fille ? S'enquit-elle.

- Je crois que tu as deviné. Répondit le garçon avec un sourire, effleurant de ses lèvres celles de la rousse, dont les oreilles avaient à présent viré au rouge vif (heureusement que ses cheveux les cachaient !).

Il l'embrassa doucement, une fois, puis deux, et trois, savourant ce doux contact.

- Non… Murmura Rose sur un ton taquin pendant que la bouche de Scorpius explorait son cou. Non, je ne vois pas qui c'est… Dis-le-moi s'il te plait. Ajouta-t-elle avec sérieux.

Le garçon se redressa et la fixa dans les yeux.

- C'est toi Rose. C'est surement pour ça que j'ai toujours jeté les filles… Les autres n'étaient pas faites pour moi.

Il voulu l'embrasser à nouveau et elle se recula.

- Mais moi oui ? Je suis une sang de bourbe je te rappelle… Dit-elle, un peu moins mièvre.

Scorpius glissa une main dans sa nuque et Rose frissonna.

- Est-ce que tu m'en veux encore ? Demanda-t-il avec un sérieux déroutant.

Devant son air triste et ses yeux qui la fixaient avec espoir, Rose baissa les yeux et s'empourpra, envahie par une bouffée de culpabilité.

- Non. Dit-elle tout bas.

Scorpius lui fit relever le menton et plongea son regard dans le sien, un rictus aux lèvres.

- Alors cesse de parler pour ne rien dire Rosie. Et laisse-moi t'embrasser.

Et aussitôt dit, il fondit sur ses lèvres et l'embrassa avec plus de vigueur, comme s'il avait peur qu'elle s'évapore. Rose lui rendit son baiser, elle passa les bras autour du cou de Scorpius et glissa les doigts dans ses cheveux soyeux.

- Je…je t'aime Rose. Souffla-t-il quand leurs lèvres, se lâchant quelques secondes, lui permettait d'articuler des mots.

Ca, il en était certain, même si cela faisait si peu de temps qu'ils se connaissaient vraiment.

- Je t'aime aussi… Odieux Sang-pur. Répondit Rose.

Le garçon sourit.

- T'es ma petite Sang de Bourbe à moi… Ma petite Sang-Mêlée préférée!

Rose cessa de l'embrasser et le fixa un bref instant.

Et merde ! Scorpius ferme-la la prochaine fois !

Puis elle éclata de rire. Le garçon se détendit et, riant avec elle, l'attira tout contre lui. Ils restèrent un instant comme ça, silencieux, jusqu'à ce que Rose demande d'une petite voix :

- Scorpius… Pourquoi tu… pourquoi ça te dégoutes tant que ça que je sois une sang de bourbe ?

- Je… Ca ne me dégoute pas Rose !

Comment elle pouvait penser qu'il était dégouté alors que c'était tout le contraire ?

- Tu es sûr ?

- Mais bien sûr enfin !

Rose n'insista pas, songeuse, elle se blottit contre lui, songeant à l'autre fois, quand il avait regardé la tapisserie et où il avait été presque horrifié de voir qu'ils étaient presque cousins... Elle n'avait pas vraiment comprit sa réaction ce jour-là.

Le garçon l'embrassa sur le front et colla sa joue contre ses doux cheveux roux. Rose profita de son étreinte, rassurée. Au fond d'elle, elle savait qu'il n'était pas comme ça… et puis, elle avait trépigné de joie en lisant son journal, surtout le « je crois que je l'aime » qu'il avait prit le temps d'écrire un matin dans la semaine alors qu'elle se lavait (elle ne l'avait pas dit à Scorpius mais elle avait même « photocopié » les dernières pages avec sa baguette avant de jeter le sort sur le livre).


Pendant ce temps, Ron Weasley avait débarqué au Manoir Malefoy. Ce dernier était doté de nombreux sorts, quelqu'un qui n'y était jamais rentré sans l'autorisation d'un des membres de la famille Malefoy ne pouvait pas y pénétrer.

L'Auror ne se retint pas d'assiéger la maison à l'aide de sorts lumineux pour s'annoncer. Astoria Malefoy, intriguée, appela son mari du salon pour qu'il vienne voir cet étrange personnage. Drago Malefoy, un peu surpris, se posta à la fenêtre et observa le visiteur importun. Si s'agissait bien de celui qu'il croyait... Salazar! Et meeerdde. Il était roux, cela ne pouvait être qu'un Weasley.

- Tu sais qui c'est chéri ? Demanda-t-elle après avoir entendu son mari jurer lorsqu'il avait tiré le rideau pour apercevoir le visiteur.

Drago Malefoy avait l'habitude que des écervelés viennent devant sa maison et l'abreuvent d'insultes, cela lui était arrivé de nombreuses fois après la guerre mais pas depuis une vingtaine d'années. Agacé, le blond ouvrit à la volée les lourdes portes d'entrée et se précipita dehors, sa baguette en main.

Ron continuait à envoyer des signaux lumineux. L'idée d'utiliser un sonorus pour faire débusquer les rats de leur navire l'avait même effleuré. Il lançait de violentes gerbes de lumières crépitant en direction du Manoir lorsque son sort fut brusquement bloqué par un autre. Il aurait pu l'apercevoir à des kilomètres avec ses cheveux...

- Weasley ! Cracha Malefoy en s'avançant jusque derrière le grand portail de la maison, de sorte que seule la grille séparait les deux hommes.

- Malefoy ! Grinça Ron en resserrant sa prise sur sa baguette.

- Qu'est ce que tu fous chez moi ? S'enquit Drago Malefoy, sur la défensive, d'un ton clairement menaçant.

- Où est ma fille ? Beugla Ron.

- Hein ? Ta fille ? Qu'est ce que j'en sais ? S'étonna Malefoy avec des yeux ronds.

- Oh ne mens pas ! Je sais qu'elle est venue voir ton abruti de fils !

La serrure du portail explosa alors dans un petit bruit (sûrement de la magie intuitive!) et Ron se retrouva agrippé par le col par un Drago Malefoy maintenant aussi énervé que lui.

- Ne t'avise pas d'insulter mon fils Weasley.

Ron le repoussa violement et, sans demander son autorisation, franchit l'entrée du manoir. Etant donné que Drago, de rage, avait bousillé la serrure lui-même, le sort considéra que Ron était un invité accepté par le maître des lieux.

- Te gêne pas surtout ! S'énerva Drago en marchant à coté de lui.

- Ma fille se trouve dans cette maudite baraque ! Alors je vais la récupérer et je me passerai de ton consentement !

Ron se hâta et entra dans la maison, sur le pas de la porte, se trouvait Astoria qui observait les deux hommes. Elle connaissait bien Ron Weasley, de nom, et d'après ce que son mari lui avait raconté, ils n'étaient pas vraiment en bons termes. Elle allait ouvrir la bouche pour demander à leur visiteur ce qu'il lui prenait de débarquer chez les gens à 11h du soir et de faire une esclandre mais Drago arriva à ses cotés et lui intima de garder le silence d'un regard.

- Qu'est ce que tu baragouines ? Ta fille n'est pas ici OK ? Grogna le blond à l'adresse de Ron, qui tournait en rond dans le grand salon.

Astoria se garda bien de dire que la fille qui occupait les pensées de son fils devait surement être la fille Weasley.

Ron chercha la direction des escaliers, mais de toute évidence, depuis qu'il était venu, le Manoir avait bien changé. Il ne l'aurait jamais avoué mais la déco était sympa bien qu'un peu trop verte à son goût… Il fit quelques pas, tourna en rond dans la pièce, marcha dans le couloir suivit par Drago Malefoy, excédé, mais il ne trouvait pas l'escalier et de toute façon, comment trouver Rose dans ce dédale de couloirs… il parvint quand même à trouver la cave et l'ouvrit avec violence. Il fut déconcerté en voyant toute cette collection de balais. Oui, le manoir avait bien changé. Réprimant à son envie de les visionner, le roux finit par retourner dans le salon, bien décidé à tanner la fouine jusqu'à ce qu'il lui amène Rose.

- Où est ma fille ? Répéta-t-il, borné.

- Mais enfin, qu'est ce qui vous fait croire qu'elle est ici ? Demanda Astoria en s'approchant de Ron Weasley qui tenait fermement sa baguette.

- Ta fille n'est pas ici combien de fois il faut que je te le dise ? Répliqua Drago Malefoy en serrant les dents.

- TU TE FOUS DE MOI ? Gronda Ron.

- NON. Elle n'est pas ici ! S'énerva le blond.

- Je sais qu'elle a passé la semaine chez toi !

- Pardon ? Tu délires là ! Hurla Malefoy en songeant en son fort intérieur que c'était tout à fait probable.

Il règlerait cette question plus tard, avec Scorpius.

- Ton fils lui fait faire n'importe quoi ! Reprit l'Auror. Il l'a forcée à venir ici en balai en pleine nuit !

- N'importe quoi. Souffla son interlocuteur avec un air méprisant.

- Tu n'as qu'à appeler ton cher rejeton, on verra bien ce qu'il dira !

- Mon fils DORT. Il est fatigué et je ne vais certainement pas le réveiller pour satisfaire tes lubies. Répliqua sèchement le blond.

- J'en n'ai rien à foutre que ton moutard dorme ! Je veux retrouver ma fille ! Je sais que vous l'avez retenue prisonnière toute la semaine !

Drago pointa sa baguette à quelques centimètres du visage de Ron Weasley. S'en était trop. Il venait chez lui, insultait son fils et se permettait de les accuser d'avoir enlevé sa fille ! Pour qui il se prenait ?

- SORS D'ICI ! Cria Drago, fou de rage.

- Pas question.

- SORS DE CHEZ MOI !

- PAS SANS MA FILLE ! Répliqua Ron en pointant à son tour sa baguette en direction du blond.

Drago se recula et abaissa sa baguette en soupirant, décidément, il ne pourrait pas se débarrasser facilement de Weasley. Heureusement qu'il n'avait pas amené petit pote Potter en prime...


Maintenant que Rose était dans ses bras, la boule qu'avait Scorpius dans la gorge avait totalement disparu. Le garçon n'avait plus aucune notion du temps. Il savait juste qu'il était bien. Il aurait bien aimé resté toujours ainsi. A cause des sorts qu'il avait placé sur la porte pour être tranquille, aucun des deux n'entendaient la "bataille" qui faisait rage en bas, entre son père et celui de Rose, s'ils avaient été au courant, ils auraient certainement réagit. Pour le moment, tout allait bien dans le meilleur des mondes, non, tout était pour le mieux.

Rose ne regrettait pas d'être venue. Tout ce qu'elle avait lu dans le journal lui avait ouvert les yeux sur Scorpius, il n'était pas qu'un stupide serpentard coureur de jupons, il était bien plus que ça. Elle avait posé la tête contre le cou du blond et fermait les yeux, savourant cet instant après leurs disputes inutiles.

Soudain, Scorpius s'agita et se leva en s'écriant :

- OH MON DIEU !

- Que…Quoi ? Demanda Rose, inquiète.

- Rose…c'est merveilleux ! Bénis soit les moldus ! Continua-t-il en gesticulant dans sa chambre.

- Hein ? S'étonna la rousse.

- Imagine un peu ! Si tu étais une sang-pur. Nous serions cousins ! Mais cousins-cousins ! Je veux dire…vraiment cousins ! Heureusement que ton père a eu la bonne idée d'épouser ta mère ! Expliqua joyeusement le garçon.

Il s'arrêta car Rose s'était levée, un sourire aux lèvres. Elle lui prit timidement une main en pensant qu'effectivement, c'était une chance qu'ils ne soient pas cousins. Voilà donc pourquoi le blond était si horrifié devant la tapisserie...
Scorpius la serra alors contre lui avec douceur.

- Tu veux bien re-sortir avec moi Rose ? Souffla-t-il dans son oreille avec appréhension, il lui avait déjà demandé une fois mais depuis, il l'avait traitée de sang de bourbe alors ça avait du faire office de rupture.

- Hum… Je ne sais pas… Plaisanta cette dernière.

Mais en voyant l'air inquiet de Scorpius, elle l'agrippa violement par ses beaux cheveux blonds et colla sa bouche contre la sienne pour lui donner une réponse plus précise.


Il allait le rendre chèvre. Ron Weasley était encore pire que Potter! Devant l'insistance du roux, Drago en vint même à se demander si sa fille était vraiment venue cette semaine… C'était bien possible après tout mais il savait très bien que Scorpius ne l'aurait jamais retenue de force… Il n'aurait jamais fait de mal à une gamine sans défense. Il avait reçu une bonne éducation quand même ! Pas comme Weasley qui, en ce moment, soufflait comme un bœuf au milieu de son salon!

A bout de nerfs, Drago Malefoy cria alors :

- Scorpius ! Viens ici !

Mais son fils, entouré par des sorts d'anti-son et trop occupé à explorer la bouche de Rose, n'avait évidemment rien entendu. Les adultes passèrent quelques secondes en bas, silencieux, Drago et Ron se fusillant mutuellement du regard. Agacé, Drago comprit alors que Scorp avait du lancer un sort sur sa chambre et il regarda sa femme, intrigué. Ce n'était pas dans les habitudes de son fils de mettre des sorts de protection autour de sa chambre… sauf quand…

Avec horreur, Drago Malefoy comprit alors qu'effectivement, son blondinet de fils devait être en charmante compagnie. Il lança un Finite en direction des étages et, hors de lui parce qu'il allait donner raison à Weasley, hurla :

- SCORPIUS !

Frustré, ledit Scorpius retira lentement sa langue de la bouche de sa nouvelle petite amie (Roo j'y crois pas ! Je sors avec Rose ! ) et lui souffla :

- Je vais aller voir ce qu'il se passe.

Il voulu déposer un petit baiser sur les lèvres de Rose mais une fois qu'il l'eut fait, il ne put s'empêcher de prendre le visage de la jeune femme en coupe et de l'embrasser à nouveau.

- SCORPIUS HYPERION MALEFOY ! DESCEND TOUT DE SUITE ! Entendit-il crier son père.

Il semblait au bord de la crise de nerfs.

Hypérion ? Oula, ça sent le roussi. Je me demande ce qu'il a...

Il rompit le baiser et posa son front contre celui de Rose.

- Je reviens. Souffla-t-il avec un air ennuyé.

- OU JE VIENS TE CHERCHER PAR LA PEAU DU CUL ! Ajouta une autre voix que Scorpius ne connaissait pas.

Rose, par contre, connaissait très bien cette voix et elle se décomposa sous l'œil inquiet de Scorpius.

- C'est…c'est mon père. Avoua-t-elle.

Les relations avec beau-papa s'annonçaient cordiales!

Scorpius laissa échapper un juron et se dirigea vers les escaliers, suivit par Rose. Le garçon fit signe à la rousse de rester en retrait puis descendit lentement les escaliers, un peu anxieux, il ne tarda pas à apparaître dans le salon.

Rose était derrière lui, cachée par le mur, à quelques mètres de son père.

Scorpius ne put s'empêcher de déglutir en apercevant son père, fou de rage, et Ron Weasley dans un état similaire, les deux hommes leurs baguettes en main.

Seule sa mère, derrière, assise sur le canapé, affichait un petit sourire amusé.

Le jeune blond, en parfait Serpentard, prit un air étonné et dit d'une voix pourtant penaude à cause de son mal être :

- Oh… Mr Weasley, bonjour…enfin bonsoir…

- Où est ma fille ? Grogna le roux, ce qui fit sursauter Scorpius.

- Votre…f..fille ? Euh je n'en sais rien… Mentit-il pour éviter des ennuis à Rose.
Et à lui par la même occasion.

- Tu vois Weasley ! S'empressa de renchérir son père. Ta fille n'est pas ici, alors dégage !

- On va voir si elle n'est pas ici ! Gronda Ron Weasley.

Il leva sa baguette et dit « Homino revelis ». Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant? Une petite fumée verte s'échappa de sa baguette devant l'œil satisfait de Weasley, horrifié de Scorpius et furieux de Malefoy-père.

- Rose ! Je sais que tu es là ! Cria l'Auror.

Courageuse bien qu'un peu tremblotante, Rose décida de révéler sa présence aux adultes. Elle fit trois pas et se planta en face d'eux juste à coté de Scorpius, les bras le long du corps. Il y eut quelques secondes de silence. Puis leurs pères explosèrent en même temps. Chacun déversant sa colère sur leurs deux progénitures. C'était bien la première fois que Drago Malefoy et Ron Weasley semblaient d'accord.

- …pas à entrer chez moi par effraction… !

- …embobiner ma fille…. !

- …subir Weasley… !

- …devoir venir chez Malefoy… !

- …insulter mon fils… !

- …retenir ma fille… !

Furent les mots que les deux jeunes gens parvinrent à distinguer parmi ce brouhaha. Il semblait que les deux hommes se criaient mutuellement dessus en faisant abstraction de leurs progénitures. Scorpius, le bras presque collé contre celui de Rose, laissa ses doigts effleurer ceux de la rousse. Alors aucun des deux n'entendit plus son père respectif ni celui de l'autre. C'était comme si une bulle silencieuse les avait entourés (Rose utilisait souvent ce sortilège, très pratique pour réviser, mais il ne faut pas oublier de le lever sinon on peut penser qu'on est devenu sourd) et qu'ils étaient coupés du monde violent dans lequel leurs père s'insultaient ouvertement, menaçant d'en venir aux mains.

Lorsque Rose avait sentit les doigts de Scorpius aller timidement à la rencontre de sa main, elle avait tourné la tête dans sa direction et ils avaient échangé un regard.

Un bref regard.

Cela leur avait suffit.

Rose avait cessé de trembler quand la main de Scorpius s'était délicatement emparée de la sienne.

Et elle avait répondu en entrelaçant ses doigts avec les siens.