Bonjour,

Le texte d'aujourd'hui se situe plus tôt que la période hivernale, contrairement aux autres cases de ce calendrier. Mais il constitue un moment-clé pour deux personnages, et était donc nécessaire.

A noter qu'il est en lien avec une précédente case du calendrier, mais ceux qui suivent cette fic depuis le début trouveront sans mal de laquelle il s'agit : )

J'espère qu'il vous plaira (personnellement, je suis devenue une immense fan de ces deux personnages, donc je me régale véritablement chaque fois que j'écris sur eux !).

Bonne lecture !

Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.

Rating : K

Dédicaces : Chère celine-mallen, ta review pour la case précédente me touche beaucoup : c'est un réel bonheur d'avoir réussir à t'attendrir avec ce personnage souvent peu apprécié (alors qu'il peut avoir des qualités, sous ses dehors revêches ^^). Et merci de ta fidélité sur chaque OS de cette fic, ça me fait très plaisir !


Avant de mieux se connaître

Le dortoir des premières années de Serdaigle était sobre et élégant. Les fenêtres donnaient sur le lac, faisant miroiter sur les carreaux les reflets bleus de l'eau. Chacun des sept lits était entouré de beaux rideaux bleu marine aux liserés argentés, une table de nuit et une petite bibliothèque étroite mais haute encadrant chaque couchage. Trois hautes commodes de bois noble étaient disposées dans la pièce, à se partager entre les élèves.

Scorpius Malefoy, resté sur le seuil, observait attentivement les lieux. C'était un adolescent réfléchi, prudent, qui n'agissait jamais promptement. Si peu, d'ailleurs, que quand le dernier élève entré dans la pièce le bouscula en s'excusant, le jeune sorcier blond réalisa qu'il était le seul à n'avoir pas encore commencé à défaire ses bagages.

Trois de ses camarades -qui avaient déjà sympathisé- sortaient leurs affaires de leurs malles, s'étant appropriés d'office des lits côte à côte. Un autre garçon, qui n'avait visiblement que peu de vêtements à ranger, était déjà en train de lire, assis sur son matelas. Un cinquième s'était attribué l'emplacement le plus proche de la salle de bains -et portait d'ailleurs vers celle-ci un sac visiblement rempli de produits de beauté.

Fataliste, Scorpius réalisa qu'il ne lui restait plus qu'à prendre le lit laissé inoccupé, celui jouxtant le couchage le plus isolé de la pièce. Sur ce dernier, l'élève qui l'avait bousculé maladroitement posait un gros carton, dont le contenu tinta quand il s'enfonça légèrement dans le matelas moelleux. Tout en ouvrant au pied de son propre lit une de ses malles, Scorpius jeta un œil intrigué à son voisin de chambre. Plus petit que la moyenne, le brun semblait flotter dans sa robe de sorcier pourtant flambant neuve -et donc censée avoir été taillée sur mesure pour lui. Sa frange était bien trop longue et désordonnée selon les critères esthétiques stricts de l'héritier Malefoy, mais laissait pourtant apparaître les deux grands yeux sombres de leur propriétaire. Remontant de temps à autre machinalement ses manches trop longues, le petit brun déballait ses affaires dans un désordre qui froissait le sens de l'organisation rigoureux du blond.

Bien que réprouvant presque tous les traits de caractère qui transparaissaient chez son voisin de dortoir, Scorpius ne pouvait en détacher son regard. Et c'est avec une certaine fascination qu'il observa l'autre arriver à ranger peu à peu toutes ses affaires, chacune d'entre elles trouvant miraculeusement sa place sur la table de nuit ou dans la bibliothèque, comme une évidence.

Restait le lourd carton posé sur le matelas.

Posant ses piles de linge bien amidonnées sur son lit sans vraiment regarder ce qu'il faisait, Scorpius ne pouvait retenir les nombreux coups d'œil qu'il jetait malgré lui vers le brun et son mystérieux dernier paquetage. Le petit adolescent, après avoir avisé d'un air satisfait les deux étagères restées libres dans sa bibliothèque, s'apprêta à ouvrir son carton… quand il fut interpellé par une de leurs camarades venue passer la tête par l'embrasure de leur porte.

« Oh, une fille… Va-t-en, c'est le dortoir des garçons ! » s'écria l'un des trois Serdaigles installés près de l'entrée.

« Je sais, idiot ! » le rabroua-t-elle en riant. « Je viens chercher mon cousin. » Puis s'adressant au petit brun, elle ajouta avec excitation : « Maman m'a dit qu'elle avait ouvert la bibliothèque : on va pouvoir la visiter ! »

Cette annonce eut le mérite d'intéresser absolument tous les garçons présents dans la pièce, qui suivirent dans un concert de commentaires fébriles la jeune fille.

En moins d'une minute, Scorpius se retrouva donc seul dans le dortoir. Haussant les épaules d'un air indifférent -même si plus personne n'était là pour le voir-, il choisit de rester ordonné et méthodique, et donc de finir la tâche qu'il avait commencée. A savoir, déballer ses affaires et les ranger avec soin -et un brin de maniaquerie- à leur emplacement. Cela ne luit prit que quelques minutes et, réalisant qu'il avait un peu de temps libre avant l'heure du coucher, il hésita entre écrire une première lettre à ses parents -tout en redoutant légèrement la réaction de son père quand ce dernier apprendrait que Scorpius était le premier Malefoy à ne pas avoir été envoyé à Serpentard- et l'envie de poursuivre la lecture de son manuel d'Histoire qu'il avait largement entamé dans le Poudlard Express.

Un coup d'œil sur le carton laissé entrouvert sur le lit voisin mit fin à son dilemme. Sa curiosité ne mit qu'une minute à prendre le pas sur ses bonnes manières, et sans bien réaliser l'audace de son geste, Scorpius se retrouva l'instant d'après devant le lit de son camarade, à se pencher au-dessus du paquet. Vu le bruit entendu tout à l'heure, il devait contenir des choses en verre. Du matériel de potions ? Des bocaux de graine pour le cours de botanique ? Des produits de beauté ? (Hypothèse vite rejetée vu le look du petit brun) Des friandises ? (Bien que calé par le copieux repas de ce soir, Scorpius sentit son péché mignon -les sucreries, auxquelles il n'avait droit qu'avec parcimonie chez lui- le titiller)

N'y tenant plus, l'adolescent blond écarta les ouvertures du carton… et se sentit déconcerté en en découvrant le contenu. Qu'est-ce que c'étaient que toutes ces petites demi-sphères en verre ? Cela ne ressemblait pas aux boules de cristal servant pour la divination -trop petites-, ni à aucun artefact magique de sa connaissance. Ce n'était quand même pas des accessoires de magie noire ? Horrifié, Scorpius recula d'un pas, soudain méfiant et apeuré.

La curiosité est un vilain défaut, lui avaient toujours répété ses parents ! Mais c'était bien là un des défauts du jeune Malefoy : il aimait savoir, il s'intéressait à tout, non par plaisir intrusif, mais parce qu'il avait besoin de comprendre les choses. En cela, être réparti à Serdaigle était comme l'accomplissement d'un rêve pour lui : il allait pouvoir étancher sa soif de curiosité, ici, il le sentait.

Mais fouiller dans les affaires d'un élève qu'il ne connaissait pas était peut-être l'erreur de trop, en revanche.

« Elles sont belles, n'est-ce pas ? » fit une voix derrière lui, le faisant sursauter si brutalement que Scorpius crut que son cœur allait lâcher.

« Pardon ? » bredouilla-t-il, n'osant pas se retourner vers son camarade revenu dans la chambre.

« Mes boules… elles sont belles, tu ne trouves pas ? » reprit le brun.

Cette fois Scorpius tourna un regard effaré vers l'autre, qui s'était rapproché :

« Mais de quoi tu parles, par Merlin ? »

« Ben, de mes boules à neige. » fit l'adolescent, déconcerté. « Tu n'étais pas en train de les admirer ? » Plongeant dans la main dans le carton, le brun sortit un des petits globes, le retourna d'un geste leste, puis le tendit à Scorpius. « Regarde. C'est Paris sous la neige. »

Abasourdi, Malefoy regarda la petite rue de plastique s'animer d'une jolie tempête de neige artificielle, entre ses mains.

« C'est la ville des amoureux. » précisa le brun, arrachant Scorpius à sa contemplation.

« Hein ? » Le blond en perdait son latin comme son langage châtié.

« Paris. C'est la ville des amoureux. C'est mon papa qui me l'a dit. » Interprétant mal l'expression interrogative de son camarade, l'adolescent ajouta : « Harry Potter. Mon père. »

« Oh Merlin ! Tu es le fils Potter ? » s'exclama Scorpius, choqué, lâchant la boule à neige qui tomba au sol et roula sur le parquet.

A ce bruit, les deux garçons, aussi affolés l'un que l'autre, se précipitèrent à genoux pour ramasser l'objet… et se cognèrent le front dans un son mat qui leur arracha un cri de douleur. Ramassant la petite décoration d'un même geste tout en se frottant la tête, les deux adolescents s'excusèrent à l'unisson : « Pardon ! »… les faisant éclater de rire, tant leurs réactions en chaîne avaient été similaires.

Une fois leur fou rire passé, le fils Potter récupéra doucement des doigts du blond sa boule à neige, puis tendit la main à son camarade :

« Enchanté, je suis Albus Severus Potter. »

Un peu gêné, mais plus encore curieux, l'héritier Malefoy lui rendit sa poignée de mains, tout en se présentant à son tour -non sans une légère appréhension :

« Enchanté. Scorpius Malefoy. »

« Ok. Cool. » répondit Albus, en lui souriant. Se redressant, il aida son nouveau camarade à faire de même, et demanda en désignant son carton : « Tu m'aides à les ranger ? Et après je t'emmènerai voir la bibliothèque. C'est ma tante, la mère de ma cousine Rose, qui la dirige. Elle est chouette. » Voyant encore l'incrédulité dans le regard de Scorpius, Albus précisa : « La bibliothèque, elle est chouette, je veux dire. » Après quelques secondes de réflexion, il ajouta, pensif : « Remarque, ma tante aussi, elle est chouette. Et ma cousine, et… »

« Tu étais venu me chercher ? » le coupa le blond, d'un ton stupéfait. Il ne pensait même pas qu'Albus, tout pris par ses rangements un peu plus tôt, l'avait remarqué.

Repoussant en arrière sa frange trop longue d'un geste machinal, le petit brun sourit et admit d'un air d'évidence :

« Bah oui. »

Oui, ça semblait évident, pour Albus. Alors, sans rien ajouter, Scorpius sourit lui aussi, et aida son nouvel ami à ranger ses boules à neige. Qui étaient très chouettes, elles aussi.