L'anniversaire de Komui a plu on dirait. XD Cependant, je serai incapable de dire quelle est le chapitre qui me fait le plus rire dans cette fic ; l'arrivée de Hyacinthe ou l'anniversaire ? XD
: Journal des Reviewers :
Nebra : Trop rapide ? Possible… Mais je n'avais pas envie de m'attarder sur le séjour de Hyacinthe au couvent. A la base, j'avais prévu de raconter son histoire, mais je voulais juste m'arrêter sur le passage avec Guillaume pour cibler sur la douleur de Hyacinthe. Son frère n'est pas une mauvaise personne, mais l'incident l'a profondément choqué. Bien qu'on ne le revoie plus, je puis assurer qu'il a toujours regretté ses mots mais n'a jamais osé reparaître devant sa cadette par honte. Voilou ! Kiss et merci !
Yoruichi : Mdr, quel anniv', tu l'as dit ! XD « Bon courage Kanda » ? Sûr, il en aura besoin, mais pas pour tout de suite, plutôt vers la fin. XD Kiss et merci !
Bien, on a fini de rire, on passe aux choses sérieuses!
Chapitre 10 : Messages
Le soleil du 14 juin se levait sur la Congrégation de l'Ombre. Comme encore profondément marqué par les événements de la veille dont il avait été témoin, l'astre du jour ne se montra que timidement, paré de pâles rayons blancs, peut-être par peur de voir une nouvelle catastrophe se produire. Qu'est-ce que la fatalité avait prévu aujourd'hui pour tout ce petit monde que nous suivons ? Un peu de tout, comme chaque jour, mais en ce matin, c'était la dernière matinée avant les très gros ennuis…
C'était le calme plat entre les vieux murs de pierre. Si l'on retirait les expressions maussades, terrifiées, frustrées ou encore hallucinées des gens que l'on croisait, on pouvait presque penser qu'il n'était pas tombé une malédiction horrible sur les pauvres convives de l'anniversaire du Grand Intendant. Jerry avait d'ailleurs mis l'empoisonnement du punch sur le compte de sa distraction, pensant qu'il avait dû inverser des ingrédients tellement il avait été occupé ce jour-là.
- Mais tout de même, de la ciguë… J'ai ça dans mes placards ?
Par ailleurs, on songea à l'éventualité de ne plus célébrer d'anniversaire au sein de l'organisation. Un tel ravage ne pouvait être de l'ordre de la coïncidence, non. C'était une malédiction, la préparation de l'Apocalypse ou encore un message divin, ce que vous voulez, mais la fatalité ne pouvait pas s'acharner autant en 24 heures.
Quoique.
Plus ou moins remis du remue-ménage de la veille, Allen décida d'aller voir Komui à l'infirmerie de la Congrégation après avoir déjeuné.
La cause de l'arrêt d'activité cérébrale du Grand Intendant était limpide, mais les médecins étaient absolument fascinés par leur impossibilité à déterminer de quoi souffrait exactement Komui. Toutes les fonctions vitales fonctionnaient sans problème, mais rien ne bougeait, comme s'il l'on avait appuyé sur le bouton « Pause » de sa télécommande vitale. Ses jours n'étaient pas en danger, bien sûr. Cela dit, même vivant ( ?), Komui venait de donner la preuve qu'une autre forme de momification était possible après celle des incas et des égyptiens. Ca ne bougeait pas et tout était conservé.
En entrant dans les locaux blancs et lisses de la section Médicale, Allen préféra ne pas prêter attention aux « Tu te rends comptes ? La cryogénisation a trouvé plus fort qu'elle ! » et « Les tests le prouvent ! S'il reste 10 ans comme ça, il ne prendra pas une ride ! » ou encore « Un stand by complet juste commandé –accidentellement- par le cerveau… Même les moines Shaolin ne peuvent pas faire ça ». Sa conscience le titillait trop méchamment, même s'il n'était pas le responsable, il était quand même la motivation.
Allen traversa à la hâte les couloirs à l'atmosphère si particulière commune aux endroits dédiés au soin avec cette odeur de propreté et de formol. Les lieux étaient assez vides, ce qui était une bonne chose bien sûr, mais ce silence donnait quelque chose d'oppressant et d'étrange dans l'air. Le jeune homme poussa enfin la dernière porte, accueilli par le « bip ! bip ! » métronomique d'un cardiogramme.
Komui Lee était là, allongé dans un lit de fer forgé aux draps immaculés et impeccablement lissés. Son bonheur horrifié ou son horreur ébahie n'avait pas bougé du moindre millimètre. Tout était figé.
- Allen ?
Il cligna des yeux. Il n'avait même pas fait attention à la jeune fille brune qui se tenait au chevet de la mom… du malade. Une main posée sur les doigts crispés de son aîné, Lenalee dévisageait Allen.
- Bonjour, Lenalee. Je passais voir comment il se sentait… Pas de changement ? s'enquit-il en s'asseyant de l'autre côté du lit.
- Non.
Elle baissa aussitôt les yeux. Elle préférait encore se perdre dans l'hallucination médusée de Komui que de regarder Allen. Le garçon perçut tout de suite cette pointe d'amertume dans le ton de son amie mais se méprit sur la cause :
- Ne t'inquiète pas. Komui est fort comme le roc, il sera très vite de retour parmi nous.
Sa tentative, bien qu'amicale, alla se fracasser contre l'imperméabilité de son interlocutrice qui se contenta de hocher lentement la tête, le regard toujours fuyant. Ne comprenant pas ce mutisme, Allen garda néanmoins le silence et ne souffla mot.
Lenalee était perdue dans le méandre de ses souvenirs de la nuit précédente. Ce même cauchemar était venu la tourmenter, plus pressant, plus noir, plus terrifiant. Elle n'avait toujours pas su expliquer cette douleur que son corps éprouvait ni la provenance du sang sur Allen et cela la torturait encore plus. Pourquoi rêvait-elle encore de lui après ce qu'elle avait vu ? Elle avait très bien compris, ça suffisait maintenant.
Oui, elle venait de comprendre. Cette douleur et ce sang, c'était ceux de son cœur. Blessé en le voyant partir. Allen serait toujours là, oui, mais cette petite barrière invisible serait aussi là désormais.
Elle osa lever un peu les yeux vers lui alors qu'il regardait Komui d'un air désolé. Ce garçon… Sa gentillesse… Son altruisme… Sa noblesse d'âme …
- Depuis quand sont-il aussi loin dans mon cœur ?
Un sourire fané étira ses fines lèvres. Ce que l'on disait était donc vrai. On ne sait jamais ce que l'on a jusqu'à ce qu'on doive dire « au revoir ». Elle détestait reconnaître que cela était vrai. Mais parce qu'Allen était très important pour elle, Lenalee sourirait pour lui. Et plus que tout, elle continuerait de le protéger, comme elle se l'était promis.
- Allen…
Surpris qu'elle lui adresse la parole, ce dernier tourna la tête vers elle. Elle lui sourit. C'était beau, sincère, mais en demi-teinte.
- La suite sera difficile, il faudra faire de son mieux.
Pourquoi disait-elle cela ? Pour elle-même et se faire avancer en dépit de ces clous que l'on plantait dans ses entrailles ? Ou parce qu'elle ressentait réellement l'approche de temps obscurs qui ne laisseraient personne indemne ? Les deux, c'était évident. Mais lequel l'emportait plus sur l'autre ?
Allen voulut lui répondre « Oui, comme toujours » tel qu'il l'aurait répondu d'un premier jet, mais cette mélancolie délayée dans les iris saphir de son amie l'avait retenu. Pourquoi avait-il l'impression de la voir s'en aller ? Pourquoi la voyait-il se diluer dans l'air comme une larme dans un océan ?
- Lenalee, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es étrange…
- Je dois y aller…
Sans prendre la peine de répondre, la jeune fille se leva et reposa la main de Komui sur le matelas avant de tourner les talons vers la sortie.
- Lenalee… ? T…
- Il parait qu'il y a des Akumas puissants du côté de l'Espagne, je me suis portée volontaire. Au revoir…
Allen était abasourdi, n'en croyant pas ses oreilles.
- « Puissants » ? Seule ? Mais… Lenalee… !
Trop tard, elle venait de refermer la porte. Elle ne lui avait pas accordé un regard, sa frange vert forêt voilait ses yeux.
- Attends ! s'exclama Allen. Lenalee ! S'il te plaît, veux-tu bien m'é...
- …-POUSER ? Hors de question ! Pas de mariage sans bénédiction préalable du grand frère !!!
- Aaaaaah ?!
Aussi brusquement qu'il s'était pétrifié, Komui venait de se redresser tel un diable caché dans sa boîte. Il n'aurait manqué plus que le bruit du ressort. Et cette fois-ci, ce fut à Allen d'avoir des palpitations furieuses tant il avait été surpris. Son bond en arrière fut si violent qu'il s'empêtra les pieds dans sa chaise pour tomber par terre. Jamais il n'avait vu de si près un coin de table de chevet.
- K-K-Komui ? demanda prudemment le jeune homme en se redressant avec lenteur comme s'il craignait de recevoir des balles et autres missiles.
Le Grand Intendant se massa la nuque qu'il trouvait un peu raide, se fit craquer quelques articulations et regarda autour de lui, intrigué.
- Allen ? Oh… Ma foi, oui. Mais… qu'est-ce que je fais là ? Je me rappelle de nouilles en bouillie et après…
Les médecins l'avaient parié, ils avaient mis dans le mille : amnésie post-choc. Pour avoir coupé son fonctionnement de façon si brutale, le cerveau avait occulté totalement l'incident. Au fond, ce n'était pas plus mal. Si Komui venait à se rappeler de la dernière vision de sa sœur, là, ils le perdraient pour de bon. Aussi Allen se promit dans un coin de sa tête de faire passer le message aux convives de la petite sauterie.
- Ah, ça… Vous avez fait un malaise, comme tous les invités… expliqua simplement l'exorciste avec un sourire crispé.
- Beuverie ?
- En gros.
- Ah bon… Quoi qu'il en soit, mon radar ne me trompe jamais ! J'ai entendu un début de demande en mariage ! annonça Komui en pointant Allen d'un doigt accusateur. Tu voulais…
- … dire « Veux-tu bien m'écouter ».
Silence.
L'index du Grand Intendant retomba mollement comme privé de ces os carpiens et il se contenta de répondre un « Désolé » très digne qui ne perdait rien de sa superbe. Si Allen lui avouait être heureux de le voir si vite réveillé, au fond de lui, il soupirait. Avec la résurrection de Komui, il n'avait pas pu poursuivre Lenalee. Elle partait seule pour affronter des Akumas ? Elle était vraiment folle ! Que cherchait-elle à faire ? A ce propos, le grand frère de cette dernière voulut savoir où elle était, il pensait qu'elle serait à son chevet.
- Un regroupement de Akumas puissants, elle est partie en mission. Mais je veux partir av…
- Tututut ! défendit Komui en secouant un index négatif. Lenalee est grande, elle saura se débrouiller, même si j'aurais préféré qu'elle reste ici. Je veux qu'au moins toi, Kanda et Lavi restiez ici au cas où le Comte referait surface. Vous êtes nos meilleurs éléments.
Résigné mais n'en pensant pas moins, le jeune homme opina du chef docilement et décida de se retirer pour laisser le Grand Intendant se reposer, après tout, il revenait de loin. Il salua Komui et ressortit, croisant au passage un groupe de médecins-chercheurs qui pestaient parce qu'ils n'avaient pas eu assez de temps pour étudier ce cas de coma qui venait à peine d'arriver.
Il quitta la section Médicale avec une boule dans la gorge. Cet « au revoir » qu'il avait entendu se réfléchissait dans son être avec une onde dont il n'aimait pas la couleur. Pourquoi la pensée d'avoir quitté Lenalee de cette façon lui faisait-elle mal ? Non. En réalité, jamais il n'aurait voulu l'entendre dire « au revoir ». Elle ne devait pas le lui dire. Pas à lui.
- Encore en train de rêvasser, Pousse de soja ?
Allen releva la tête et croisa le regard de fer de son coéquipier. Kanda le jaugea rapidement de haut en bas et lui demanda si toute cette agitation dans l'infirmerie était due à Komui.
- Il vient de se réveiller, aussi vivant qu'avant l'incident. Kanda, tu es au courant que Lenalee est partie en mission ? Tu sais avec qui ?
L'autre exorciste haussa les épaules de sa désinvolture habituelle, un sourcil en l'air.
- Au moins, il y en a une qui fait son devoir, pas comme d'autre…
Loin d'être d'humeur à entendre des semonces, Allen ne supporta pas le cynisme acéré de Kanda et s'avança vers lui, l'air menaçant.
- Tu ne sais rien de l'histoire de Hyacinthe alors je t'interdis de l…
Un courant d'air froid qui vint caresser sa joue et ses cheveux interrompit sa rancœur. Frustré de ne pas pouvoir répliquer à ce gamin présomptueux et horripilant, Kanda qui avait aussi senti ce courant d'air, imita Allen et tourna la tête vers la source de cette brise. C'était une porte entrebâillée.
Les deux garçons mirent leur début d'affrontement en suspend pour s'approcher de la porte. Alors qu'Allen voulut la refermer, un nouveau coup de vent infiltra l'ouverture et poussa la porte qui grinça lentement. C'était une chambre, probablement celle d'un exorciste. Et le nom du propriétaire ne tarda pas à se faire connaître quand ils découvrirent au pied du lit un corps.
- Hyacinthe ? s'écria Allen en reconnaissant la masse de cheveux foncés éparpillés au sol.
Il accourut près de la jeune fille et la souleva. A en juger sa position, elle avait dû perdre connaissance avant d'avoir pu atteindre son lit. Elle avait donc passé la nuit ainsi ?
Kanda grogna, le nez en l'air.
- Encore à causer des ennuis…
- La ferme !! somma Allen, outré. Appelle plutôt de l'aide, elle a une terrible fièvre !
¤¤¤
Retour à l'infirmerie de la Congrégation de l'Ombre. Dans une autre petite chambre blanche, Hyacinthe reposait, un masque respiratoire autour du nez et de la bouche, une perfusion dans le bras et un cardiogramme au « bip ! bip ! » lent et régulier à ses côtés.
Le médecin aux côtés d'Allen et de Kanda tourna une feuille par-dessus son calepin et y griffonna quelque chose en jetant un rapide coup d'œil à la patiente inconsciente.
- C'est bien elle, l'exorciste qui a désintoxiqué tout le monde pendant le 13 Maudit ? Son corps n'est pas assez solide pour supporter autant de poison en si peu de temps, elle s'est beaucoup fatiguée.
- Est-ce grave ? s'inquiéta Allen avec une triste mine pour son amie.
Il y eut un moment de flottement où le médecin avait faiblement froncé les sourcils.
- Du repos et elle sera repartie, déclara-t-il enfin.
Il vérifia la perfusion de Hyacinthe puis prit congé des deux exorcistes, travail obligeait. Le garçon à la chevelure craie soupira de soulagement et Kanda détourna la tête, les réactions étaient dans l'ordre des choses.
Des bruits de pas précipités résonnèrent de plus en plus fort depuis le couloir. Une ombre vint se dessiner derrière la vitre de la porte qui s'ouvrit à la volée et un Komui à l'air paniqué fit irruption dans la pièce :
- Allen, Kanda ! Ah, je vous trouve enf… Hyacinthe ? Qu'a-t-elle ? se calma le grand Intendant en découvrant sa dernière recrue alitée.
- Evanouissement à cause… euh… de son pouvoir. Mais ça ira.
Comme le précédent médecin, Komui eut une expression un peu fermée puis se tourna vers les deux garçons.
- Le Comte Millénaire nous a laissé un message, il passe à l'action. Il a élu notre équipe de Traqueurs en Espagne pour nous communiquer ceci…
Il fit signe au petit golem noir qui voletait à ses côtés dans un bruissement impatient et la créature fit apparaître une image contre le mur du fond de la salle. Les deux exorcistes eurent un faible mouvement de recul en découvrant les corps ensanglantés des Traqueurs gisant au sol. Derrière eux, sur un mur, ils lurent en grandes lettres carmines dégoulinantes :
« Ni coupables ni innocents, avant même d'avoir atteint le soir,
Privés du premier divin serment, ils sont passés de l'autre côté du miroir.
Sans salvation, qu'une sentence n'a pas condamné,
Sans punition, loin de la félicité,
Ô âmes prisonnières, qui portez encore le péché originel,
De vos mains de terre, offrirez à Dieu un bouquet d'asphodèles. »
Ils lurent plusieurs fois ces sombres vers. Mais leur cerveau était trop obnubilé par le Comte Millénaire pour comprendre. Même en essayant de se calmer un peu, ces quelques lignes dignes du plus funeste des épitaphes leur restaient incompréhensibles.
La dernière phrase désigne la volonté de renverser Dieu. Les asphodèles sont des fleurs qui incarnent le deuil chez les Romains et les Grecs. Il faut vite décoder le reste pour comprendre comment le Comte va procéder.
Allen réfléchissait à la vitesse de la lumière. Qui pouvaient bien être ces « âme prisonnières » ? C'était le brouillard pire que dans les plaines d'Ecosse. Avec déjà une contexture délicate, ce poème était empli d'antonymes et de contradictions. Les champs lexicaux s'opposaient implacablement et les métaphores étaient floues, sans parler des anastrophes.
- Les chercheurs n'ont rien trouvé ? demanda Kanda, les dents serrées.
- Je viens à peine de recevoir cette image. Ils planchent dessus.
Allen et Kanda relurent une nouvelle fois le poème. Que désignait « le soir » et « le miroir » ? Ces vers avaient-ils un sens au moins ? Ou était-ce un leurre du Comte pour duper la Congrégation de l'Ombre et mettre en marche son plan diabolique ? Non. Tout ceci avait une signification. Allen en était intimement persuadé.
- Les… Limbes…
Les trois hommes tournèrent la tête vers cette petite voix frêle. Hyacinthe regardait l'image holographiée en tentant de se redresser, les yeux à demi clos.
- Hyacinthe… pria Komui en s'asseyant pour forcer la jeune fille à se recoucher. Tu es encore faible.
- Les Limbes… répéta-t-elle en ôtant son masque. Les âmes… sont celles des enfants… morts sans avoir reçu le baptême…
Les autres se turent et tournèrent une nouvelle fois la tête vers le message de sang.
- Les Limbes ? firent Allen et Kanda avec incrédulité.
- Mais oui ! s'exclama Komui en se tapant le front. La tradition chrétienne veut que les enfants non-baptisés séjournent dans cet endroit de félicité naturelle. Puisque le « premier divin serment » qu'est le baptême n'a pas racheté le « péché originel » de la mère, ils ne pouvaient pas être condamnés au Paradis ni à l'Enfer parce qu'ils n'ont pas pu être jugés !
- Et quant au « soir », il désigne la fin naturelle de la vie… poursuivit Allen.
- … et « l'autre côté du miroir », c'est la mort… acheva Kanda avant de se tourner vers Hyacinthe. Comment as-tu compris, kitsune ?
L'adolescente prit une nouvelle inspiration dans son masque.
- Un petit frère… y vit…
Elle avait si bien soutenu son regard que ce fut le japonais qui détourna en premier les yeux. Komui parvint enfin à la faire se recoucher et lui conseilla de ne plus parler pour récupérer. Puis il regarda les deux exorcistes qui attendaient de pied ferme ses instructions pour pouvoir passer à l'action.
- J'ai entendu parler d'un cimetière qui ne regroupait que les enfants morts très jeunes. Allez chercher Lavi et retrouvez-moi dans mon bureau pour que je vous donne les coordonnées. Le Comte Millénaire y sera probablement.
Les garçons acquiescèrent d'un même mouvement de tête et tous trois quittèrent la chambre d'un pas pressé. Hyacinthe voulut les appeler pour leur demander à les accompagner mais la fatigue eut raison d'elle et l'emporta dans l'oxygène de son masque respiratoire.
¤¤¤
- Grand frère ! Komuiii ?
Lenalee arpentait les couloirs ombragés de la Congrégation de l'Ombre. Elle avait fait aussi vite qu'elle avait pu. Elle était sur le point de prendre le train pour l'Espagne qu'elle avait reçu un message du quartier général l'avait informée du réveil de son aîné et du message du Comte. Ni une ni deux, elle avait fait demi tour pour aller se joindre à la mission. Mais à son retour, elle fut incapable de retrouver son frère, ni Allen, ni Kanda, ni Lavi.
- Mais où ils… Hu ?
La jeune fille se tut en voyant plus loin Hyacinthe qui marchait d'une démarche incertaine. Elle avait l'air exténué.
- Hyacinthe ? l'appela Lenalee en lui attrapant le bras quand elle la sentit vaciller. Tu es malade ?
- Ca va mieux… Ils sont tous partis à la poursuite du Comte Millénaire. C'est très dangereux, je pars les rejoindre. Mon pouvoir va…
Lenalee secoua vivement la tête.
- Ca ne va pas la tête ? Tu as vu ton état ? Non, j'y vais ! Tu r…
- Je viens !! Si tu devais être gravement blessée, je doute que cela plaise à Allen !
La jeune chinoise se tut et dévisagea son amie sans comprendre. Hyacinthe retira son bras des épaules de Lenalee et se redressa comme elle le put pour affronter son regard.
- Je refuse qu'il soit triste si tu venais à être en difficulté. Comme je ne veux pas le voir blessé, ni Yû, ni Lavi. Je viens pour vous aider.
- Qu'est-ce que tu me dis… murmura son interlocutrice d'un air sombre. Je vous ai vus…
La française haussa les sourcils de surprise. Elle avait raison, dès qu'elle avait observé Lenalee le premier jour. Allen était autant ancré dans son cœur qu'elle ne l'était dans le sien.
Hyacinthe releva un peu le menton, un sourire étrange sur le visage.
- Lenalee. Je refuse d'aimer Allen pour trois raisons. D'abord parce qu'il est de bien des façons un frère pour moi. Ensuite, parce que jamais je ne pourrai te détrôner de son esprit….
Le cœur de Lenalee fit un bond dans sa poitrine à ces mots.
- Mais surtout… je ne veux pas m'attacher à lui parce que…
Dire qu'il aura fallu attendre le chapitre 10 pour comprendre le titre de cette fic… XD Je ne sais pas si beaucoup d'auteurs font comme moi. Lol
Faites pas attention à ce poème (pathétique, mais qui soit dit en passant m'a pris une demi heure à faire pour trouver des bonnes rimes tout en incluant les éléments d'explication). Il ne sert strictement à rien à part donner un indice à nos amis. Je voulais juste bosser ma rime… XD
Chap suivant, la chasse est ouverte ! Vous attends dans les reviews
