Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.


RAR :

Juliette : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Alya a encore un peu de travail avant de découvrir tous les secrets de la Chambre, mais elle chauffe plus que certains ^^ J'espère que tu aimeras la suite ! Bonne lectue;)

Lupa : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que tu as bien profité de tes vacances;) (c'est la course depuis la rentrée ou c'est que moi ? o.O). Bien vu pour Théodore Nott et Sherlock Holmes xD (il se pourrait bien que je m'inspire quelque peu du perso de la série de la BBC justement, et je plaide coupable parce que cette série s'est quand même creusée une sacrée tranchée dans mon cœur, envers et contre la bêtise de Moffat et Gattiss...).

Tu n'as pas tout à fait tord pour Maellyn et l'étiquette... Elle reste sage mais pas que ^^ Narcissa ferait bien de la surveiller de très près si elle ne veut pas que sa filleule lui échappe:)

Je suis contente que tu ais aimé la Saint-Valentin, parce que je me suis bien amusée à écrire ce passage.

Oh, si Lucius savait ce qu'il l'attendait, il irait sans doute tuer le monstre de Serpentard lui-même, histoire de ce racheter aux yeux de sa douce.

Merci à toi pour tes supers reviews:) Je suis toujours très contente de te retrouver à chaque nouveau chapitre ! Et bonne lecture !


Merci à Almayen, Juliette, henrismh, Sundae Vanille, Lyrumbra, Lupa, mimi70 et titietrominet27 pour leur review. J'ai été super trop gâtée ! Vous ne savez pas quel point ça me booste !


Bonjour à toutes et à tous !

Me revoilààààà ! Alors, la forme ou bien ? Moi ça va plutôt pas mal : un peu fatiguée parce que super combo Conseil de Classe et Copies (beurk) mais l'horizon s'éclaircit, et je vais faire deux sorties féministes deux semaines de suite ! Que demande le peuple ?!

L'écriture avance gentiment : j'ai déchiré sur 29 (genre, j'en reviens toujours pas, surtout qu'il fait plus de 20k) mais je suis dans le creux de la vague avec 30 (j'ai peut-être mérité la rébellion de mes persos).

Je suppose que vous avez toutes et tous vu le nouveau trailer de Fantastic Beast ? J'aimerais être toute excitée à l'idée, mais je vous avoues que Rowling me gave tellement en ce moment (genre, je pensais pas un jour dire ça) que je reste dubitative quant à la suite des aventures de Newt. Pas sûre du tout que je me déplacerais pour celui-ci...

A part ça, nouveau chapitre (enfin, diront certains). Au programme, des petits moments entre les deux cousins, Théodore Nott, Maellyn vs les sortilèges et le 1er Avril. C'est un peu un petit chapitre de transition – passage obligé parfois – mais je le trouve mignon quand même.

Allez, bonne lecture !


Un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


Félicitations à Lyrumbra qui a reporté le concours de la 77ième review. Elle a eu le droit à la première scène de ce chapitre ;) Le prochain sera pour la 100ième je pense. A vos claviers!


Black Sunset

Partie III : Dark Matter.

Chapitre 10

Dark Matter : a term used to describe matter in the universe that cannot be seen, but can be detected by its gravitational effects on other bodies.

Secret : n. a piece of information that is generally known or is not known by someone else and should not be told to others.


Mardi 23 Mars 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

J'étais en retard.

Le couvre feu des premières années était sur le point de sonner, et si Raelyn Hobday me surprenait j'étais certaine de recevoir une retenue.

Ses ASPIC'S étaient dans moins de quatre mois maintenant et il me semblait parfois qu'elle évacuait sa mauvaise humeur sur tout le reste de la maison.

Je savais bien que je n'aurais pas dû m'attarder à la bibliothèque, mais McGonagall m'avait donnée un essai complémentaire et mes recherches m'avaient fait perdre le fil du temps.

J'allongeai donc le pas pour traverser les cachots aussi vite que possible. Mes yeux rivés sur mes pieds pour ne pas louper une marche ou un défaut dans les pierres mal ajustées, je faillis bien être projetée par terre quand je percutai de plein fouet Théodore Nott.

- Désolée, soufflai-je.

Il me dévisagea, l'expression aussi lisse que d'ordinaire à l'exception de ses yeux d'un bleu trop pâle qui semblaient scruter jusqu'à l'âme. Je détournai le regard pour échapper à leur feu.

Je connaissais Nott depuis toute petite, et d'aussi loin que j'arrivais à me souvenir, je n'avais jamais pu soutenir son regard plus de quelques minutes.

- Je dois y aller, le couvre feu...

- Hobday est en patrouille cette nuit, Ogden et Ross aussi. Cram a, semble-t-il, un rendez-vous galant dans une salle de classe désaffectée, Horton est monté dans son dortoir après le repas pour travailler. Il ne reste que Warington et il se fiche bien de réprimander les premières années.

J'en perdis l'usage de la parole pendant une folle seconde.

- Comment sais-tu tout ça ?!

- Le planning de patrouille des Préfets est fixé en début d'année et personne ne prend la peine de le modifier après, ce qui ne demande rien qu'un peu d'attention la deuxième semaine de septembre pour le retenir... De plus...

- Ça va, j'ai compris. Je suis sourde en plus d'être aveugle ?

Il haussa un sourcil, me dévisagea à nouveau, avant de hocher la tête.

- Limitée, également.

S'il n'avait pas été si clairement le seul de son année à tenir le coup en Duel, j'aurais sans doute cédé à l'envie de lui jeter un maléfice en plein visage.

- Bonne soirée, Nott, dis-je en tournant les talons.

J'avais beau savoir que je ne craignais plus rien, Draco pourrait bien s'imaginer que j'avais été kidnappée ou attaquée par le monstre de Serpentard si je revenais trop tard.

- Laisse-moi te raccompagner.

- Je suis limitée, Nott. Pas complètement stupide. Je vais savoir retrouver mon chemin seule.

- Je trouve que les Fondateurs ont laissé passer leur chance de se débarrasser des plus idiots d'entre vous... A quoi bon que l'école se modifie sans cesse s'il ne s'agit que de détails.

Je pris sur moi pour cacher ma surprise. Je n'avais pas vraiment réalisé que le château se transformait sans cesse, excepté les escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête.

Le silence s'éternisa pendant une petite minute.

- Lestrange, sais-tu pourquoi ton cousin a soudainement décidé de me suivre partout ?

- Je croyais que tu savais tout sur tout ? répliquai-je sèchement.

- J'ai des choses bien plus intéressantes à faire que d'essayer de le comprendre.

Draco était pourtant le plus facile à décrypter de tous ses amis. Pansy passait le plus clair de son temps à affirmer une chose et son contraire, ce qui la rendait difficile à suivre Daphné était si bien éduquée et délicate qu'il était compliqué de savoir ce qu'elle pensait vraiment Zabini avait appris à mentir sur les genoux de sa mère, Millicent se cachait derrière ses sourires timides mais, de temps à autre, une phrase assassine lui échappait et sa cible n'avait que le temps de cligner des paupières. Enfin, Crabe et Goyle donnaient parfois l'impression de ne pas penser beaucoup, ce qui ne m'avait jamais rassurée.

Merlin seul savait ce que l'on pouvait faire faire à deux brutes épaisses.

- Alors ?

J'haussai les épaules. J'avais bien une idée bien sûr – Draco avait sûrement pris à la lettre ma petite boutade concernant Nott et sa possible responsabilité concernant la Chambre des Secrets – mais il surveillait mes arrières depuis toujours, et je me devais de faire de même avec lui, même quand il se comportait comme un crétin.
Suivre Nott – d'entre tous – était le pire plan auquel il aurait pu penser s'il souhaitait découvrir ses secrets.

- Je ne sais pas. Il en a peut-être marre de traîner avec Crabbe et Goyle...

- Il faudrait peut-être qu'il le leur précise car ils se sentent encore obligés de rester avec lui.

Draco méritait des claques. Qu'avait donc bien pu voir le Choixpeau sous ses mèches blondes ?

L'entrée de la salle commune était enfin en vue et j'accélérai sensiblement le pas. J'avais déjà dépassé le couvre feu, il était hors de question que je donne l'impression d'avoir pris mon temps pour revenir.

Je n'eus pas le temps d'atteindre le pan de mur, puisque Nott me coupa le chemin, l'air soudainement plus inquiétant, et il ne s'agissait pas seulement du manque de lumière dans les cachots.

- Finalement, je me fiche des fantaisies de ton cousin. Tu vas lui dire d'arrêter de me suivre et ça m'ira très bien.

Je forçai un rire – la parade favorite de ma tante quand quelqu'un avait l'audace de lui déplaire ou de la menacer – et croisai les bras sur ma poitrine.

- Et pourquoi je ferais ça, Nott ? Ton ami, ton problème.

- Il se pourrait bien que je perde patience et qu'il termine à l'infirmerie !

- Tu as raison, le menacer est le meilleur moyen de me voir t'accorder une faveur. S'il termine à l'infirmerie, tu le rejoindras plus vite que tu ne l'imagines.

Il eut un sourire froid et fit un pas vers moi et seule ma fierté m'empêcha de reculer. Il était hors de question que je cède.

- Et qu'est-ce qu'une petite première année comme toi va pouvoir me faire, hein ?

- Je suis pleine de ressources, Nott. Je trouverais.

Il me fixa en silence avant de se résigner. Du reste, ce fut l'impression qu'il me donna.

- Très bien... Un de mes cousins suit ses études à Durmstrang. Si Draco me fiche la paix, je lui demanderais des nouvelles de Christopher Rowle.

J'aurais dû refuser, bien sûr, parce que conclure un contrat dans le dos de mon cousin n'était pas une bonne idée, et j'aimais penser que jamais il ne m'aurait fait une chose pareille.

Mais je ne pouvais pas passer à côté de cette chance-là. Je n'avais pas la moindre nouvelle de Chris depuis septembre et je n'étais même pas sûre qu'il soit réellement à Durmstrang. Draco trouverait une autre façon de découvrir les secrets de Nott.

- Je vais voir ce que je peux faire, soufflai-je avant de donner le mot de passe et de disparaître dans la salle commune.

Jeudi 24 Mars 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Je ne savais pas vraiment si j'avais bien le droit d'être là. Certes, aucun sortilège ne s'était déclenché quand je m'étais glissée dans les escaliers, mais si les garçons n'étaient pas les bienvenus dans les quartiers de filles, pourquoi le contraire serait-il accepté ?

Pansy n'avait été d'aucune aide sur la question – elle considérait depuis bien trop longtemps que ce qui n'était pas explicitement interdit était implicitement autorisé – et m'avait seulement précisé que le dortoir de mon cousin était derrière la quatrième porte.

Je pris la précaution de frapper avant d'entrer.

Installé en tailleur sur son lit, Draco était occupé à nettoyer sa baguette, une tâche que Nani nous avait fait promettre de réaliser au moins une fois par mois.

Un sorcier digne de son nom doit savoir entretenir son outil le plus précieux.

- Qu'est-ce que tu fais là, Aly?

- Je voulais te parler loin des oreilles indiscrètes de Pansy.

Il leva les yeux au ciel et changea de chiffon. Pour une fois, il ne semblait pas dévoré par la curiosité et je le rejoignis sur son lit, sans pouvoir m'empêcher de penser à toutes ces fois où j'avais dormi dans sa chambre, au Manoir.

Nani racontait souvent que, petite, elle me retrouvait systématiquement dans son lit le matin venu, et qu'elle avait eu beaucoup de mal à me faire perdre cette mauvaise habitude.

- Je me demandais... Ton plan pour découvrir le secret de Nott, ce n'est pas de le suivre à la trace, pas vrai ?

Il releva la tête vers moi, puis plissa les yeux, comme une silencieuse menace.
Je ne pus m'empêcher de ricaner. Que croyait-il ? Que j'avais encore six ans ? Je fréquentais des Serpentards à longueur de journée, dont Hadrian Flint. L'intimidation était sûrement notre façon favorite de communiquer.

- Je vais prendre ça pour un oui... Sérieusement, Draco ?

Il eut le bon goût de rougir légèrement et de détourner le regard. Que Nani m'explique un peu pourquoi elle avait eu des doutes sur ma répartition !

- Il connaît le château mieux que quiconque... Comme s'il avait une carte ou... je ne sais pas. Dès qu'il disparaît, il devient introuvable !

- Tu penses qu'il se rend dans la Chambre des Secrets pour boire le thé avec son monstre sanguinaire ?

Face à son regard noir, mon sourire tordu m'échappa, ce qui avait tendance à le faire enrager davantage.

- C'est quoi ton plan, si t'es si maligne ?

Je serrai les lèvres. La réponse à cette question m'avait occupée l'esprit pendant toute une journée, et je n'étais toujours pas convaincue d'avoir réussi à trouver une parade convenable. Nott était un véritable courant d'air – depuis ma discussion avec Draco, j'avais réalisé que je ne le voyais quasiment jamais – et il semblait tout juste tolérer Draco et Zabini. C'était un solitaire et personne ne savait grand chose à son sujet.

- Il faut que tu gagnes sa confiance. Deviens son confident. Il finira par te proposer un rôle dans sa mission si c'est vraiment son père qui a ouvert la Chambre la dernière fois... Tu devrais l'inviter pendant les vacances... lui montrer la salle secrète d'Oncle Lucius.

Draco grimaça face à ma dernière proposition – si jamais Oncle Lucius s'en apercevait, il allait se faire tuer, fils unique ou non – mais son silence m'assura que j'avais sûrement marqué un bon point.

Il ne manquait jamais une occasion de m'expliquer à quel point je pouvais me montrer naïve ou stupide, voire les deux à la fois.

Il eut un soupir résigné.

- Je n'ai pas de meilleur plan... Je n'ai rien appris de plus depuis que je le suis partout, à part qu'il est capable de passer une journée entière sans dire un mot. Même Vincent et Grégory ont plus de conversation.

- Je suis sûre qu'il pense exactement la même chose de toi.

Pour une fois, il oublia de se vexer, et rangea son nécessaire à baguette dans le tiroir de sa table de nuit. Il se laissa ensuite tomber contre son oreiller et je ne pus m'empêcher de m'allonger à ses côtés.

Il se décala pour me faire de la place et nous restâmes un long moment sans parler, ce qui n'était pas arrivé depuis des mois.

Draco attrapa ma main.

- Vivement les vacances, pas vrai ?

- Oui... Nani me manque.

Il soupira et sa main se resserra davantage autour de la mienne.

- Tu sais que tu pourrais l'appeler maman quand mon père n'est pas là, pas vrai ?

Je déglutis difficilement. Il m'avait déjà fait cette réflexion, et je me souvenais encore de la fois où il s'était permis de critiquer son père devant lui, ce que Lucius n'avait que très peu apprécié. Si Draco admirait son père plus que quiconque, il n'avait jamais compris pourquoi Lucius ne m'aimait pas.

- Elle n'est pas ma mère, mais ma marraine, soufflai-je. Ma mère est Bellatrix Lestrange.

- Et après ? Elle est à Azkaban. Ce n'est pas comme si elle pouvait t'entendre.

Je n'avais rien à répondre à ça, parce que ce n'était pas Bellatrix le problème. Nani était celle qui m'avait élevée et j'aurais donné toute la fortune des Lestrange pour être vraiment sa fille, mais cela ne serait jamais le cas.

Je ne pouvais pas être la fille de Narcissa et rester une nuisance aux yeux de Lucius. J'avais déjà de la chance que les Malefoy m'aient recueillie au lieu des Lestrange, je ne pouvais pas tout avoir.

- Selon toi, à quel point ça le mettrait en colère si tu métamorphosais tes cheveux en blond ?

- Parce que tu crois que Nani trouverait ça amusant ?

Il éclata de rire, et je ne tardai pas à l'imiter.

Nous étions en train de nous livrer une bataille d'oreillers quand Zabini regagna le dortoir, et nous fûmes rejoins par Pansy et Millicent sans que je ne sache vraiment qui les avait prévenues... Ce qui n'avait aucune importance.

Lundi 29 Mars 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Mon ananas me narguait.

Parfaitement immobile devant moi, il semblait trouver amusant de résister à mes tentatives de l'ensorceler. J'étais censée le faire danser mais je n'avais réussi qu'à le faire tourner sur lui-même depuis que Flitwick nous avait appris le sortilège, près de deux semaines plus tôt.

Moi qui pensais avoir progresser en Sortilège, j'allais devoir admettre que ma route serait encore très longue jusqu'aux BUSE'S, et que ce n'était même pas certain que Nani me laisse abandonner cette matière au prétexte que je n'arrivais pas à la maîtriser.

Ce n'était quand même pas de ma faute si ma magie était de toute évidence fâchée avec les Sortilèges !

Ça, ou alors la baguette qui m'avait choisie était défectueuse à un certain niveau.

- Bottée en touche par un ananas, Lestrange ? C'est pathétique.

Je déviai mon regard noir vers Nott et il haussa un sourcil en réponse.

- Que veux-tu ? grognai-je.

Il se racla la gorge et repoussa ses épaules en arrière.

- Je suppose que je dois te remercier ?

Il me fallut une seconde pour comprendre où il venait en venir – cette histoire d'ananas était en train de me rendre folle visiblement – et je fus presque certaine qu'il se retint de lever les yeux au ciel.

- Nous avions un accord, répondis-je finalement.

Mon cœur s'accéléra à la pensée que, peut-être, j'aurais enfin des nouvelles de Christopher et je fis de mon mieux pour ignorer la petite voix qui me soufflait qu'il n'avait peut-être jamais mis un pied là-bas. Si tel était le cas, j'étais certaine que Nani mettrait de côté l'étiquette des Sang-Purs pour intervenir. Elle avait toujours été du côté de Chris et ne cachait pas l'antipathie que lui inspirait Euphémia Rowle.

- Je vais voir mon cousin pendant les vacances. Je livrerai ma part à mon retour.

- D'accord.

Il se retourna avant de se raviser.

- Les sortilèges reposent sur l'harmonie des mouvements. Tu devrais essayer d'être moins crispée.

Si je n'avais pas été dans la salle commune, j'aurais sûrement salué son commentaire d'un cri de rage. Il en avait de bonne !

J'aurais bien aimé pouvoir me détendre quand je devais lancer un sortilège, mais la perspective d'essuyer un énième échec avait tendance à rendre cela impossible.

- Je peux savoir ce que ce pauvre ananas t'a fait ?

- Je peux savoir pourquoi tous les amis de mon cousin sont soudainement passionnés par l'historique de mes relations avec cet ananas ?

Pansy s'installa face à moi, peu impressionnée par mon ton agressif et ma mauvaise humeur – qui devait être évidente désormais –.

- Tu as raison, je m'en fiche. Qu'est-ce que Nott te voulait ?

- Me donner des conseils pour faire danser cet ananas. Je suppose que c'est ton tour ? Draco est-il derrière ce défilé ?

La veille, Draco avait essayé de m'expliquer comment m'y prendre pour réussir mon sortilège – une matière qui ne lui posait aucune difficulté – mais la leçon particulière avait tourné court quand j'avais menacé de lui lancer le fruit en pleine figure s'il ne me fichait pas la paix.

- Non, il pense que tu es un cas désespéré. Il a laissé entendre que Londubat et toi devriez créer comme un groupe de soutien. Peut-être qu'échanger sur vos échecs vous permettra d'avancer ?

La mention de Londubat me coupa la langue et Pansy eut un sourire carnassier. Il allait falloir que j'apprenne à ne pas me laisser déstabiliser à chaque fois que quelqu'un faisait référence aux Londubat. Je n'étais en rien responsable de ce qui leur était arrivé et je faisais de mon mieux pour ne pas croiser leur fils.

Viviane toute puissante, je n'avais rien à me reprocher !

- Dans tous les cas, je ne suis pas d'accord avec lui. Tu as quand même fait des progrès depuis le début de l'année. Cela fait même longtemps que tu n'as pas mis le feu à cette table.

Je baissai les yeux vers les nombreuses traces de brûlure que les préfets n'avaient pas su faire disparaître après avoir éteint mes petits incendies à de nombreuses reprises. Depuis, je n'étais plus autorisée à m'entraîner dans la salle commune si l'un d'eux n'était pas dans la pièce.

- Mais je suis loin d'avoir le niveau...

L'expression de Pansy s'adoucit légèrement et elle se pencha vers moi, ses yeux noirs bien plus sérieux que ce à quoi j'étais habituée.

- Tu sais ce que l'on dit, pas vrai ? Si un homme est doué en charme, c'est que son cœur décide. S'il est doué en Métamorphose, c'est que sa tête a le dernier mot. Tu réfléchis trop, petite.

J'étais presque sûre qu'elle venait de l'inventer pour que je me sente moins misérable... Toutefois, je ne pus ignorer la perche qu'elle venait de me tendre.

- Et tu as un cœur ?

Pour une fois, elle laissa tomber son masque – cette espèce de mélange de froideur et de férocité qui donnait parfois l'impression qu'elle était en colère contre le reste du monde – et un étrange sourire tordu étira ses lèvres fines.

- Chacun fait ce qu'il peut pour le protéger, pas vrai ?

Je ne savais pas vraiment à quoi elle faisait référence – si tant est qu'elle fasse référence à moi – mais je me contentai de hocher la tête en silence.

- Tu viens faire une partie de bataille explosive avec nous ?

Je jetai un coup d'oeil à mon ananas, toujours tristement immobile à côté de Pansy, et sentis ma bonne résolution – maîtriser le sortilège avant les vacances car il y avait de bonnes chances qu'il tombe aux examens – s'évaporer.

Pansy n'attendit pas ma réponse pour se fendre d'un large sourire.

Jeudi 1er Avril 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

- On peut savoir ce que vous attendez pour vous lever les filles ?! Les cours commencent dans une demi-heure !

Je me réveillais en sursaut et regardait autour de moi sans vraiment comprendre ce qu'il venait de se passer. Il me fallut une longue minute pour calmer les battements de mon cœur, et quelques secondes supplémentaires pour comprendre ce que Avelina Odgen venait de hurler.

- Le réveil n'a pas sonné ! s'écria Déloris en quittant son lit en catastrophe pour rejoindre la salle de bain.

Je tournai la tête vers le lit de Jin Wan et compris en le découvrant vide.

Nous étions le premier avril. Si Deloris, Crystal et moi nous étions mis d'accord pour ne pas nous attaquer entre nous trois, nous n'avions pas imaginé une seule seconde que Jin Wan aurait l'audace de nous piéger avant même que la journée de cours ne commence.

- Elle va le payer, marmonna Crystal tandis qu'elle enfilait son uniforme.

Je me décidai finalement à m'habiller, essayant d'oublier que je n'allais pas avoir le temps de prendre un petit-déjeuner, et que si Deloris ne se dépêchait pas un peu, je n'aurais même pas le temps de passer aux toilettes.

J'avais beau ne pas être totalement réveillée – sans petit-déjeuner, je ne le serais pas avant midi – je ne pus m'empêcher de réfléchir à un moyen de me venger. Wan rêvait si elle pensait qu'elle allait s'en sortir aussi facilement. Nous attaquer en traître, sans le moindre avertissement, était plus lâche que ce dont je la pensais capable jusqu'à aujourd'hui.

- Par Viviane, Morgane et Circée, elle va me le payer ! déclama Deloris en sortant de la salle de bain, ses longs cheveux rassemblés dans une queue de cheval, ce qui était loin des coiffures qu'elle aimait imaginer chaque matin.

- Il va falloir que... commençai-je

- Alors les filles, on s'est fait avoir comme des débutantes ? La panne d'oreiller est un grand classique pourtant !

Pansy se tenait sur le pas de la porte, ouvertement hilare, et elle éclata de rire quand elle croisa mon regard noir. J'aurais aimé pouvoir la maudire, mais je devais encore enlever toutes les papillotes dans mes cheveux si je ne voulais pas avoir l'air ridicule tout le reste de la journée, aussi lui tournai-je le dos, le menton levé, et me concentrai sur ma tâche.

Je n'avais pas une seconde à perdre.

- S'il ne te faut qu'une seule raison pour apprendre à être douée en sortilèges, c'est bien celle-ci : tu gagnerais un temps précieux le matin, me fit remarquer Pansy avant de m'aider à défaire mes papillotes, libérant des anglaises parfaites.

- Jusqu'au jour où je mettrais le feu à mes cheveux ? Non merci.

Elle ne répondit pas mais je pouvais deviner son sourire moqueur, ce qui ne m'aida pas à retrouver ma bonne humeur.

- A plus tard, petite, souffla-t-elle avant de partir.

Par un étrange miracle, nous réussîmes à arriver à l'heure au cours de sortilège et Jin Wan nous adressa un sourire resplendissant, tandis que Harper et O'Casey ricanaient aussi discrètement que possible.

Je voulus m'asseoir à côté de Deloris – qui semblait aussi déterminée que moi à préparer notre vengeance – mais Flitwick m'intercepta.

- Miss Lestrange avec Miss Lovegood.

Je crus une seconde qu'il plaisantait – c'était après tout le thème de la journée – puis je croisai son regard insistant. Je n'eus pas d'autre choix que de rejoindre Loufoca au premier rang.

Elle me dévisagea de ses grand yeux bleus globuleux pendant un trop long moment, et je m'étais presque résolue à lui donner un coup dans le tibia – à défaut de pouvoir lui mettre une claque en public – pour la sortir de son étrange transe.

- Beaucoup d'énergie négative se dégage de toi ce matin, Alya. Je ne sais pas s'il est très judicieux que tu t'essayes aux sortilèges.

Il fallut que je ferme les yeux pour retrouver mon calme, au risque qu'un cri de rage ne m'échappe et que Flitwick ne se décide à enlever des points à Serpentard.

- Aujourd'hui, nous allons réviser tous les sortilèges depuis le début de l'année. Alors, quel était le premier ?

Une autre fois, j'aurais sans doute participé, au moins pour glaner un point ou deux pour ma maison, mais la faim me tiraillait l'estomac, Loufoca me jetait de temps à autre un regard inquiet, et j'étais définitivement de mauvaise humeur.

Je passai l'heure sans ouvrir la bouche, mon cerveau tournant à plein régime pour imaginer une vengeance digne de ce nom – il était hors de question que Wan s'en sorte aussi facilement –. Je connaissais quelques blagues classiques – changer le contenu des produits de beauté – l'une des favorites de Draco – piéger les draps dans un lit, ou encore cacher des affaires importantes, mais tout cela me semblait trop gentil.

Et, Viviane m'en soit témoin, j'avais envie que Wan n'ait plus jamais envie de nous prendre en traître comme elle venait de le faire !

- Miss Lestrange ? Qu'attendez-vous pour vous mettre au travail ?

Sachant que je n'étais pas capable de parler sans me montrer insolente, je baissai les yeux et sortis ma baguette magique, avant de la pointer sur la plume qu'il venait de poser sur mon bureau, tandis que les autres révisaient plus volontiers des sortilèges que nous avions vu plus récemment.

Flitwick semblait décidé à ne pas bouger tant que je n'aurais pas lancé un sortilège, à moins bien sûr qu'il craignait que je mette le feu à la salle toute entière.

- Wingardium Leviosa ! lançai-je à travers mes dents serrées, espérant rater le sortilège pour être tranquille et pouvoir ressasser ma mauvaise humeur.

Ma plume s'éleva dans les airs délicatement.

J'en lâchai ma baguette magique de surprise.

- Excellent, Miss Lestrange ! Dix points pour Serpentard ! Je vous avais bien dit que le travail finirait par payer. Continuez ainsi !

Il me fallut une longue minute pour me remettre du choc. J'avais tout essayé depuis le début de l'année pour maîtriser ce sortilège : je m'étais entraînée, j'avais lu tout ce que j'avais pu trouver sur le sujet, j'avais répété les exercices de poignet jusqu'à ce que mes avant-bras me brûlent, et il suffisait que je souhaite échouer pour réussir ?

Si cela était encore possible, ma mauvaise humeur monta d'un cran supplémentaire et je portai l'ongle de mon index à ma bouche pour ne pas imploser.

Cette journée venait à peine de commencer et elle s'avérait être plus longue encore que celle d'Halloween !

Quand la sonnerie annonça la fin du cours, j'avais rongé tous les ongles de ma main gauche et je n'avais toujours pas réussi à retrouver un semblant de calme. Je rangeai mes affaires en vitesse et n'attendis personne pour quitter la salle. La perspective d'avoir Botanique après la pause n'arrangeait absolument rien et j'ignorai complètement Draco et ses amis quand je passai près d'eux dans le parc.

Évidemment, mon cousin y vit la parfaite invitation à me suivre.

- Alya ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je n'avais pas envie de lui répondre, ni de m'arrêter pour le maudire, et il me dépassa pour se dresser en travers de ma route.

Mon regard noir sembla lui apprendre tout ce qu'il devait savoir.

- C'est Christopher ?

La mention de mon meilleur ami me fit perdre le fil de ma mauvaise humeur une seconde.

- Quoi ? Non ! Je...

J'étais certaine que si je lui expliquais pourquoi j'étais d'aussi mauvaise humeur, il allait me rire au nez, et ne plus jamais manquer une occasion de me rappeler cette histoire.

- Oublie.

Pour une fois, il n'insista pas et me tendit même une chocogrenouille.

- Père m'a envoyé mon colis ce matin et Pansy m'a dit qu'une fille de votre dortoir avait coupé tous les réveils ?

J'acceptai le chocolat sans rien ajouter à ce qu'il savait déjà. Tandis que je mangeais la friandise, j'avais une bonne excuse pour ne pas parler, et le sucre atténua la faim qui me rongeait le ventre depuis mon réveil.

- Alors ?

- Mauvaise journée.

- Journée ? Il n'est pas encore midi !

J'en avais parfaitement conscience et c'était ce qui m'inquiétait. Je n'aurais pas dû laisser les événements atteindre mon sang-froid – il n'y avait rien de pire pour une jeune fille de bonne famille que d'avoir les nerfs fragiles – mais tout s'était accumulé en trop peu de temps et je n'arrivais pas à me débarrasser du mauvais pressentiment que j'avais concernant Christopher... Et si les nouvelles que Nott me ramènerait des vacances étaient tout sauf bonnes ?

- Je veux être en vacances, marmonnai-je finalement, décidée à ne pas expliquer les raisons de ma furie à mon cousin.

Je savais que je le regretterai à un moment ou à un autre.

Il me dévisagea avec attention, le front plissé, avant de m'attirer contre lui, un bras passé derrière mes épaules, sa joue plaquée contre la mienne. J'eus un frisson et je dus fermer les yeux pour ne pas me mettre à pleurer, tout de suite, devant tout le monde, sans que je ne sache précisément pourquoi.
Je ne pleurais pas – ou très peu, et surtout pas en public – et je n'étais certainement pas triste à ce point.

La cloche qui annonçait la fin de la pause retentit bien trop tôt et il me libéra sans un mot de plus.

- On se voit au déjeuner, cousine ?

Je le suivis du regard tandis qu'il s'éloignait de son pas assuré – comme si le monde lui appartenait – et il rejoignit Pansy et Millicent qui l'avaient attendu sur les marches menant au Grand Hall. J'eus la nette impression que Pansy me jetait un regard scrutateur – sinon inquisiteur – au loin et je me résolus à retrouver mes camarades pour le cours de botanique.

Deloris et Crystal me firent aussitôt signe de m'approcher, un air de conspiration sur leur visage et j'eus peur qu'elle veuille m'interroger sur ma sortie théâtrale à la fin du cours de Sortilèges.

- On a croisé Clarissa. On va encore s'occuper de plantes horribles aujourd'hui.

Je grimaçai. J'avais horreur de la Botanique en général et encore plus quand Chourave nous faisait travailler avec un spécimen monstrueux. Ma tante allait avoir du mal à me convaincre qu'une jeune fille de bonne famille se devait d'avoir la main verte.

- En quoi est-ce une bonne nouvelle ?

- Et bien... Nous devons contre-attaquer, non ?

Leur plan n'était pas compliqué. Comme Chourave nous l'annonça, nous devions récupérer le suc épais – et puant mais coloré – que sécrétait une plante au nom imprononçable. Elle nous exhorta à la prudence car la substance était largement utilisée pour leur forte concentration en couleur, et il était évident que notre peau resterait tachée pendant des semaines.

Comme à chaque cours de botanique, Crystal faisait équipe avec Wan et cette dernière eut une étrange expression – comme si elle venait d'avaler quelque chose de particulièrement amer – au moment où elle réalisa son erreur.

Deloris et moi choisîmes la table derrière elles pour être aux premières loges. Je ne connaissais pas très bien Crystal – elle ne parlait pas beaucoup de sa famille et rarement de ce qu'elle aimait – mais j'avais eu plusieurs fois l'occasion de comprendre pourquoi elle était à Serpentard. Outre sa fierté et son opportunisme à toute épreuve, elle avait un don pour toujours arriver à ses fins.

Nous n'avions qu'à attendre.

Récupérer le suc n'était pas compliqué : il suffisait de planter une espèce de tube à la base de l'espèce d'arbuste et d'attendre que le flacon ne se remplisse tout seul. La seule chose intéressante était de découvrir de quelle couleur le liquide serait. Deloris et moi en avions récolter du rouge carmin, du jaune bouton d'or et du vert olive quand Crystal passa à l'action.

Elle retira le tube métallique bien trop tôt, le liquide gicla sur Wan.

Et elle se mit à hurler.

- Mon œil ! J'en ai dans les yeux ! Je ne vois plus rien !

Chourave se précipita vers nous, son sourire remplacé par une expression que j'avais plus l'habitude de voir sur le visage de McGonagall, et elle dut menacer Wan de la pétrifier si elle ne se tenait pas tranquille assez longtemps pour qu'elle puisse rincer son visage. Il fallut plusieurs Aguamenti pour réussir à retirer la majorité de la substance et Wan ne cessa pas de gémir à propos de son incapacité à voir.

J'étais presque sûre qu'elle pleura à un moment, mais l'eau emporta ses larmes.

A la fin, elle était trempée – ce que Chourave se chargea de rectifier d'un coup de baguette – et toute la partie gauche de son visage – son œil compris – avait une joli teinte bleu roi.

- Vous allez aller à l'infirmerie, Miss Wan. Miss Malhorne va vous accompagner. Je ne pense pas que votre œil soit abîmé, mais je préfère que Madame Pomfresh le vérifie, on ne sait jamais...

J'eus la nette impression que Chourave avait l'air suspicieuse concernant l'accident à la façon dont elle ne s'éloigna jamais vraiment de notre table, aussi fis-je de mon mieux pour me concentrer sur ma tâche. Deloris et moi n'avions sûrement jamais aussi peu discuté durant une heure de botanique – il s'agissait du cours que mon amie trouvait parfait pour me tenir au courant de tout ce qui se passait dans le château – et nous rendîmes pas moins de huit flacons aux couleurs chatoyantes – je devais avouer que ce cours-ci n'avait pas été aussi horrible que les autres –.

Crystal revint quelques minutes avant que la cloche ne sonne et rassembla ses affaires – et celles de Wan – en silence.

- Dépêche-toi, Malhorne, je meurs de faim, lança Deloris.

Crystal attendit que nous soyons presque arrivées au château pour nous donner des nouvelles de Wan.

- Pomfresh a dit qu'il faudrait au moins une semaine avant que la tâche ne s'estompe. Elle a de la chance que ce soit bientôt les vacances.

- Elle n'avait qu'à pas commencer. On lui a rien fait, pas vrai ? fis-je remarquer.

Crystal eut une grimace.

- Quoi ?! s'écria Deloris. Je ne lui ai jamais rien dit !

Ce qui était vrai. Ni Deloris, ni moi ne parlions vraiment à Jin Wan quand nous pouvions l'éviter. Nous n'étions clairement pas du même monde.

- A part la fois de la Saint Valentin, n'est-ce pas ? reprit Crystal avec un haussement de sourcil.

- La fois de la Saint Valentin ? répéta-t-elle.

Crystal nous dévisagea une longue seconde, une étrange lueur au fond de ses yeux noirs, puis secoua la tête.

- Elle a fait une remarque sur Alya, comme quoi elle n'avait pas reçu de lettres pour la Saint Valentin, et tu l'as envoyée paître. Elle trouve que vous êtes particulièrement arrogantes, toutes les deux. Je suppose que c'est pour ça qu'elle nous a fait cette blague.

Je baissai aussitôt le regard, sachant pertinemment que Crystal n'avait pas tout à fait tord. Ni Deloris, ni moi, n'avions vraiment été agréable avec Jin Wan depuis le début de l'année, parce qu'elle était trop différente de ce à quoi nous avions été habituée toute notre vie, et qu'il était hors de question que quelqu'un puisse imaginer que nous nous intéressions à la culture moldue.

- Que croyait-elle ? Que nous allions toutes les quatre devenir les meilleures amies du monde ? Si c'est ce qu'elle voulait, elle aurait dû demander au Choixpeau de l'envoyer à Poufsouffle !

La réaction de Déloris ne m'étonna pas une seconde – je savais parfaitement ce qu'elle pensait des Nés-Moldus et des Sang-Mêlés – et elle n'avait jamais été discrète sur le sujet – un peu comme Draco –.

Elle tourna les talons, ses longs cheveux tourbillonnant dans son sillage, et entra dans la Grande Salle pour rejoindre Sven et Hadrian, auprès desquels elle pourrait sans doute se plaindre de la stupidité de Wan.

Je me retrouvai seule face à Crystal et échappai à son regard inquisiteur du mieux que je pus.

- Je meurs de faim, soufflai-je finalement.

Crystal ne prononça pas un seul mot de l'après-midi et si je crus que le sujet était clos, je me trompais.

Au moment de notre couvre-feu, Avelina Ogden entra dans notre dortoir, l'air aussi sévère que Raelyn Hobday.

- J'ai cru comprendre qu'il y avait des tensions dans votre année ? demanda-t-elle après nous avoir dévisagé toutes les quatre.

Je glissais un regard accusateur à Wan : la moitié de son visage – son œil gauche compris – avait une étrange couleur violette que la longue douche qu'elle avait pris n'avait que très légèrement atténué. Elle me répondit par une expression dure.

- Vous allez devoir passer les six prochaines années ensemble, et Serpentard ne peut se permettre d'avoir des petites guerre intestines, cette année encore moins que les autres. Je vous conseille très fortement de nettoyer vos chaudrons entre vous, car Hobday et Horton n'hésiterons pas à vous donner autant de retenues qu'il faudra pour que vous compreniez la leçon. Nous devons rester unis, et ce n'est pas négociable. De plus, vos petites blagues auraient pu coûter des points à notre maison, et ce n'est pas ainsi que nous allons gagner la Coupe. C'est votre seul avertissement. Au lit maintenant.

Elle n'attendit pas que Crystal ait rejoint son lit pour couper la lumière et fermer la porte derrière elle. Un étrange silence s'éternisa dans la pièce avant que la respiration profonde de Deloris ne s'élève.

Je savais que mon amie n'avait pas eu le moindre problème à s'endormir. Elle ferait désormais attention à ne plus être ouvertement hostile à Wan, Harper et O'Casey, sans que cela ne change vraiment ce qu'elle pensait d'eux. Elle savait qu'il était important d'être dans les bonnes faveurs des Préfets.

Crystal était la seule à ne rien avoir à se reprocher.

De toute évidence, j'étais la seule à être affectée par cette leçon de morale et je fis de mon mieux pour ignorer le semblant de culpabilité qui me nouait l'estomac.

J'étais Alya Lestrange et j'étais la nièce des Malfoy.

Il y avait des fréquentations qui m'étaient interdites, quoi que je puisse en penser.

Mercredi 7 Avril 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Draco se laissa tomber à ma droite, une place que venait de libérer une bande de quatrième année, et me tendit la lettre qu'il avait sans nul doute possible reçu de Nani – j'avais aperçu son hibou quand j'étais arrivée dans la Grande Salle, légèrement en retard par rapport à mes habitudes –.

Mes chers enfants,

J'espère que cette lettre vous trouvera tous les deux en bonne santé.

Je vous prie d'essayer de faire en sorte de vous avancer dans vos devoirs cette semaine afin de ne pas avoir à vous en préoccuper pendant les vacances de Pâques. J'ai en effet été invitée aux défilés de Paris, et nous passerons la semaine en France.

Emmenez le stricte nécessaire, je me chargerai de prévoir vos tenues pour la semaine.

Bonne fin de semaine à tous les deux,

Je vous embrasse,

NM.

Je ne pus retenir mon cri ravi à l'annonce de ce programme alléchant. Paris, les défilés des grands couturiers sorciers, et sans doute plusieurs fêtes ! C'était de loin la meilleure nouvelle que j'avais entendu depuis des semaines !

Je réalisai une seconde trop tard que Draco affichait une mine d'enterrement.

- Quoi ?

- La dernière fois qu'on a été à un truc pareil, c'était horrible.

- Tu dis ça parce que c'est moi qui aie reçu le plus de compliments.

Il plissa les yeux en une menace silencieuse et j'éclatai de rire.

Lorsque Nani réussissait à se faire inviter – plus vraisemblablement quand elle exigeait de pouvoir assister aux défilés parce que l'envie lui en prenait – elle obtenait aussi ses entrées dans des soirées, auxquelles les mannequins se pressaient. Etrangement, elles avaient tendance à ignorer mon cousin et Draco avait horreur de ça.

- Tu penses que ton père va venir ? demandai-je pour l'adoucir un peu.

Lucius n'était pas du genre à assister ni aux défilés, ni aux fêtes, et profitait souvent de Paris pour agrandir sa collection d'Arts en tout genre, ce à quoi Draco était nettement plus sensible.

- J'espère... On ne l'a quasiment pas vu à Noël.

- Tu exagères, tu as passé une longue heure en tête à tête avec lui !

Cette fois, son regard était meurtrier et je le regardai s'éloigner en riant. Il n'avait pas eu besoin de m'expliquer dans les détails à quel point le savon de son père concernant son comportement au manoir Yaxley avait été sévère – je connaissais les réprimandes de Lucius bien mieux que lui – mais il avait laissé entendre que son père en avait profité pour lui parler des plaisirs de la chair et du comportement que se devait d'avoir un parfait gentlemen.

Je ne l'avais jamais vu avec un visage aussi rouge.

De son côté, Pansy avait été sévèrement punie par sa mère – elle était tenue de passer les vacances de Pâques au château, ce qui semblait l'arranger – et si j'avais crains un malaise entre les deux, ils semblaient aussi proches qu'avant, voire même plus.

- Qu'allez-vous faire pendant les vacances ? me demanda Crystal, attirant l'attention de Deloris.

- Ma tante est invitée aux défilés parisiens.

Le cri de Deloris fit se retourner toutes les têtes vers nous et je lui assénai un coup de pied sous la table pour la faire taire.

- Viviane, Circée et Morgane ! Je suis terriblement jalouse !

Durant tout le reste de la journée, Deloris ne manqua pas une occasion de m'interroger sur la Fashion Week et jamais encore elle ne m'avait écoutée avec une telle attention. J'étais pourtant certaine de lui avoir déjà tout raconté deux ans plus tôt...

Sa passion pour la mode s'était – semblait-il – intensifiée depuis.

A notre plus grande surprise, Jin Wan se révéla avoir plus de connaissance en mode que ses tenues ne laissaient supposer. Une de ses tantes moldues travaillait pour un magasine renommé et elle nous décrivit les tendances du mieux qu'elle put, nous proposant de demander des détails à sa tante.

J'eus la nette impression que notre discussion n'intéressait guère Crystal, et elle se contenta de nous expliquer que les tenues sorcières en Afrique du Sud ne seraient sans doute pas à notre goût.

Après le dîner, je n'eus même pas le temps de déposer mon sac que Pansy se dressa devant moi, l'air particulièrement renfrognée, ce qui n'annonçait jamais rien de bon.

- Draco m'a dit que vous alliez à Paris pour les défilés ?

- Oui, et...

Mais elle me coupa.

- Ce crétin n'a pas arrêté de s'en plaindre de la journée. Je te propose de demander à ta tante de m'emmener à sa place. Je serais sans doute de meilleure compagnie et j'apprécierais nettement plus que lui cette chance.

J'eus une grimace désolée. Je pouvais la laisser espérer que Nani dirait oui, mais je me doutais que ma tante essayait de se racheter après les désastreuses vacances de Noël, et que les défilés servaient d'excuses à des vacances en famille.

Pansy eut un soupir sans que je n'ai besoin d'en dire plus.

- Ce crétin ne se rend pas compte de la chance qu'il a d'avoir Narcissa Malefoy pour mère. A plus tard, petite.

Plus tard dans la soirée, je me retrouvai coincée entre elle, Daphné, Tracey et Millicent, et je dus leur donner le maximum d'informations sur Paris en français. Draco se résigna à nous rejoindre et s'amusa à me corriger dès qu'il en avait l'occasion, parce que ce crétin était bien plus doué que moi en langue étrangère.

Je fus surprise de réaliser que j'avais tout de même réussi à passer une bonne soirée et que j'avais encore plus hâte d'être en vacances.

Avec un peu de chance, je passerais la majorité de mes journées seule avec Nani dans une ville magnifique.

Cela aurait pu être pire.

...

Des fois que vous n'auriez pas compris, Pansy est une de mes chouchoutes officielles, et je crains qu'elle ait creusé un labyrinthe dans l'histoire, juste pour être certaine que je ne puisse pas la déloger...

J'avoue que j'ai hâte d'avoir votre avis sur :

- Thédore Nott et son petit deal avec Maellyn (que ne ferait-elle pas pour Christopher...)

- Le moment Tendresse entre les deux cousin (#UltraChoupis).

- Le 1er Avril sauce Serpentard. Les filles sont capables d'êtres particulièrement cruelles.

- Le programme des prochaines vacances des Malefoy (#Extra).

Si vous voulez étendre sur la fixette de Maellyn sur son image de jeune fille de bonne famille ou sur Pansy (cette petite est insistante), je suis preneuse aussi ;)

La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, je galère vraiment avec 30, et je n'ose même pas réfléchir à 31...

Pour rappel donc :

Dans deux semaines : mise à jour de TWBT (le fameux UA).

Dans un mois, mise à jour de BS.

A très vite les loulous !

Orlane.

Mis en ligne le 24/03/2018