Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !


Chapitre 10

Bâtiment de la police, salle de réunion

Après plusieurs jours à guetter les mouvements du club de jeux, les différentes brigades concernées par cette affaire faisaient le point sur l'enquête. Le commandant Kuchiki ayant provoqué ce même genre de réunion quand il avait eu le rapport de sa subordonnée sur la présence d'autres policiers sur les lieux. Ils avaient donc mis leurs forces en commun pour parvenir à appréhender celui que tous, maintenant, considéraient comme le chef de cette bande. En effet, la mise en commun de leurs informations avait fait ressortir le nom de Jin Kariya assez de fois pour largement le supposer. Le seul élément que le commandant Aizen n'avait pas porté à l'attention des autres était l'implication du jeune Ulquiorra. Pour l'instant, il préférait encore taire ce détail.

- Une intervention me parait judicieuse avec ce que nous avons appris, commença Byakuya. Nous sommes tous d'accord pour penser qu'ils retiennent des otages en ce lieu.
- Oui, mais n'est-ce pas encore prématuré ? intervint Gin. Cela risque de les alerter et nous avons bien plus de deux personnes disparues, comme semble l'indiquer ce que nous avons pu observer jusqu'ici.
- Nous ignorons s'ils n'en retiennent pas d'autres et de plus, même si ça doit les alerter, on se doit de les sortir de ce cauchemar non ? insista Toshiro.
- Je suis d'accord avec ça, fit le commandant Kyôrakû. Nous avons repéré et identifié plusieurs de ses lieutenants maintenant et nous avons mis en place des surveillances pour chacun d'entre eux. Cela devrait nous permettre de découvrir ses autres planques.
- C'est vrai que vu sous cet angle, commenta Aizen. Une descente risque de les affoler et de les faire bouger… Espérons juste que cela ne les incite pas à éliminer d'autres otages retenus ailleurs.

Un silence pesant suivit cette remarque :

- Je pense qu'il faut malheureusement courir ce risque, reprit Kisuke. Avec les surveillances on devrait pourvoir le limiter au maximum. Et puis, ce type n'est pas du genre à se passer si aisément de ses moyens de pressions. Il va tout faire pour les déplacer discrètement, ce qui devrait nous donner l'avantage.

Bien qu'ils soient tous d'accord sur le principe, mettre en place ce genre d'opération conjointement n'était pas chose facile et il fallut encore de longues heures de discussion pour parvenir à mettre au point l'intervention. Elle fut décidée pour trois jours plus tard, le temps d'obtenir les autorisations nécessaires pour pouvoir agir.

Ooo000ooO

Quartier général de Jin Kariya

L'homme raccrocha son téléphone, un léger sourire aux lèvres. Ainsi donc la police projetait quelque chose contre lui… Voilà qui était intéressant. Même passionnant. Ridiculiser les forces de l'ordre de cette ville était bien loin de lui déplaire. C'était même une de ses occupations favorites. Et puis, cela lui permettrait enfin de mettre son propre plan à exécution et d'en finir une fois pour toute avec ce jeune policier qui avait humilié ses hommes, même si ceux-ci avaient agi sans son aval. Et tel qu'il connaissait Mabashi, il était certain que cet idiot n'avait pas pu éviter de se vanter ! Il avait bien tenté d'élimer le gamin avant que la piste remonte jusqu'à lui mais il avait brusquement disparu de la circulation. Il lui avait fallu plusieurs jours pour remonter sa trace et trouver son nouveau lieu de résidence, le manoir Kuchiki. Un noble mais surtout un flic. Et pas n'importe lequel. Il avait néanmoins déjà trouvé le moyen de l'en faire sortir. Il s'était juré de finir le travail de Mabashi. Et cette chasse contre lui allait lui donner l'opportunité d'agir. Pendant que toute la police le traquerait, lui s'occuperait de sa cible en toute tranquillité.

Son informateur, un simple ouvrier d'entretien, avait surpris quelques propos mais il devait en savoir plus avant de décider d'agir. Il était temps de rappeler son bon souvenir à une certaine personne. Après tout, il fallait bien justifier les sommes astronomiques qu'il versait chaque mois sur son compte.

L'argent. Le moteur de cette ville. Chacun avait son prix, il suffisait juste de trouver lequel. Ce n'était d'ailleurs pas forcément celui qu'on croyait. Un bon otage pouvait s'avérer parfois bien plus efficace que n'importe quelle somme d'argent.

Il sourit, déjà certain de sa victoire.

Ooo000ooO

Bâtiment de la police, deux jours avant l'intervention

Une certaine effervescence régnait dans les différentes brigades, toutes plus ou moins concernées par l'opération en cours à divers degrés. Celle d'intervention, par exemple, préparait son matériel et aiguisait ses katanas. Le commandant Kenpachi et ses hommes se faisaient un devoir d'être fin prêts pour le jour J.

Les supérieurs de chaque bureau n'en finissaient plus de discuter à l'angle d'un couloir, recoupant encore et encore leurs informations, mettant au point un dernier détail. Leurs subordonnés échangeaient des regards complices, des conseils parfois, mais surtout des encouragements.

C'est dans cette ambiance presque survoltée que le jeune Ishida porta un message de son commandant à celui de la Brigade des mœurs. Seule Orihime s'y trouvait quand il y pénétra, Sosuke ayant emmenés ses troupes au gymnase pour un entrainement spécial. Le deux jeunes gens ne s'étaient encore jamais vraiment parlé, tout juste s'étaient-ils croisés et salués au hasard de leurs déplacements dans le bâtiment :

- Bonjour ! l'accueillit le jeune femme en souriant.
- Bonjour, répondit-il en rougissant légèrement. Je suis venu porter un message au commandant Aizen.

Il évitait, autant que possible sans paraître impoli, le regard franc et avenant de la jeune femme. Celle-ci, sentit sa gêne et n'en sourit que plus, un peu amusée mais surtout étrangement émue par cette attitude tellement décalée par rapport à ceux qu'elle côtoyait tous les jours.

- Ils sont tous au gymnase, mais je peux prendre le message si tu veux ! proposa-t-elle. Je suis leur secrétaire, Inoue. Enchantée… dit-elle en se levant et en lui tendant sa main.
- Uryu Ishida, brigade criminelle. Moi de même !

Il remonta nerveusement ses lunettes, ne sachant trop quelle attitude adoptée face à tant de spontanéité et serra finalement sa main.

- Alors ? Le message ? demanda-t-elle alors qu'il lui lâchait la main presque à regret.
- Tu es libre pour un café ?
- C'est le message ? s'amusa-t-elle.
- Non… fit-il en esquissant un sourire et en lui tendant une enveloppe scellée qu'elle prit.
- Merci et oui, je suis libre… dès qu'ils seront de retour ! Disons dans une demi-heure ? On se retrouve à la cafétéria ?
- Ok !

Il sortit rapidement, encore surpris de son audace sous l'œil attendri de la jeune femme.

Ooo000ooO

Un peu plus tard, Renji revenait de déjeuner avec Ichigo et Grimmjow quand ils croisèrent Kira. Ce dernier chercha des yeux une échappatoire mais dans un couloir, il n'en avait guère à moins de pénétrer dans une des salles de réunions se trouvant à cet étage. De plus, Ichigo l'en empêcha en l'interpellant :

- Izuru ! Comment ça va ?
- C'est plutôt à toi qu'il faut demander ça ! lui répondit-il en souriant.
- Pas mécontent d'être là, je dois l'avouer. Même si le commandant ne veut pas que je me déplace seul, fit-il en montrant ses deux collègues d'un air grognon.
- Parce que tu crois que ça nous amuse de jouer les baby-sitters ! râla Grimmjow pour la forme.

Ichigo et lui s'apostrophèrent pendant quelques instants sous l'œil amusé de Kira. Renji, lui, n'avait cessé d'observer son ami, n'en ayant presque pas eu l'occasion ces derniers temps. Il remarqua les cernes sous ses yeux, son regard qui le fuyait et son sourire, un peu trop forcé pour qu'il soit entièrement naturel. Pourtant, il ne pouvait pas aborder un sujet si personnel au milieu du couloir et devant les autres. Surtout devant Grim avec qui Kira passait bien trop de temps à son goût.

- On mange ensemble ce soir ? lui proposa-t-il alors que ses deux collègues continuaient leur pseudo querelle et leur chemin.
- Je ne voudrais pas te priver de la charmante compagnie de ton amie, rétorqua Kira, beaucoup trop vivement, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Il se mordit les lèvres et détourna le regard. Mais leur échange un peu vif avait attiré l'attention des deux autres.
- Un souci ? demanda Grimmjow en les regardant tour à tour suspicieusement.

Les deux détournèrent la tête dans un bel ensemble, faisant un peu plus se froncer ses sourcils.

- Il faut que j'y aille, dit précipitamment Kira en les dépassants. Bon retour parmi nous Ichigo !
- Qu'est-ce que tu lui as dit ? gronda Grimmjow à l'adresse de Renji.
- je ne vois pas en quoi ça te regarde ! rétorqua ce dernier en reprenant lui aussi son chemin d'un pas rageur.

Izuru ne reprit sa respiration qu'une fois revenu dans sa brigade. Mais qu'est-ce qui lui avait pris aussi ? Maintenant Renji n'allait plus le lâcher. Et si le jeune homme ne voulait absolument pas d'une chose venant de lui, c'était sa pitié. Il soupira et décida de rentrer directement ce soir, pour éviter de le croiser à nouveau.

Ooo000ooO

A l'étage de la direction, le commandant adjoint Barrangan Luisenbarne regardait d'un air absent les différents préparatifs de la grosse intervention en cours. Il était impossible d'y échapper, bien qu'il ignorât encore qui allait ainsi être appréhendé ou tenter de l'être. Un tel déploiement de moyen n'était pas courant et donc le gibier devait être important ou très convoité. Mais comme souvent, on le tenait à l'écart. Mais après tout qu'importe ? Il avait une place de choix dans une des plus grandes institutions de la ville, et pouvait sans souci vaquer à ses petits plaisirs personnels sans craindre quiconque. Un large sourire éclaira son visage et la sonnerie du téléphone le surprit presque dans son euphorie de bien-être et de pouvoir.

Dix minutes plus tard, après avoir raccroché, son sourire s'était envolé et il était plus pâle qu'un mort.

Son passé venait brusquement de le rattraper.

Ooo000ooO

Kiyone Kotetsu écoutait d'une oreille distraite les communications sous surveillance. Une grande partie du travail de la brigade consistait à ce travail un peu fastidieux, bien qu'il y en ait très peu d'intéressantes, voir de compromettantes, les criminels prenant en général un luxe de précaution. Mais parfois il suffisait d'un rien pour que leurs attentions soient attirées. Et alors qu'elle regardait la pendule de la salle réservée aux écoutes, pressée d'aller se dégourdir un peu les jambes, une phrase attira soudain son attention. Désormais, les oreilles grandes ouvertes, elle laissa se finir la conversation apparemment anodine avant de la réécouter entièrement, vérifiant qu'elle ne s'était pas emballée inutilement. Il lui fallut trois passages avant de comprendre enfin :

- Quel enfoiré ! cria-t-elle en reposant les écouteurs et en se saisissant de son téléphone portable pour taper un rapide SMS à l'attention de ses supérieurs, certaine que la bande allait leur plaire. Un grand sourire éclairait son visage quand la réponse de son commandant lui parvint tenant en un seul mot « j'arrive ».

Ooo000ooO

Byakuya relisait plusieurs rapports tout en jetant de fréquents regards vers la porte. Quand celle-ci s'ouvrit enfin sur ses trois subordonnées partis déjeuner, il soupira intérieurement de soulagement. Ichigo et Grimmjow semblaient en pleine dispute, mais cela ne l'inquiéta pas outre mesure vu qu'ils étaient tous deux adeptes de ce genre de discussions viriles, comme ils aimaient à les qualifier. Par contre Renji était étrangement silencieux, visiblement contrarié. Néanmoins tous trois se remirent rapidement au travail. Coordonner leurs forces avec les autres brigades n'était pas une chose qui se faisait sans un minimum d'organisation et de préparation. Byakuya se demandait si c'était ce qui avait mis Renji de si maussade humeur et se promit de le surveiller, chacun de ses hommes devait être en forme pour le jour J.

Une longue série de patrouilles communes avaient été mises en place par les commandants et actuellement, Toshiro et Rangiku faisaient équipe sur le terrain l'un avec Tozen de la Brigade des Mœurs et l'autre avec Gin de la Brigade des Moeurs. Réunissant leurs informations, ils avaient mis ainsi sous surveillance tous les sbires et lieux connus ou même juste soupçonnés de participer à l'odieux trafic. La villa de Jin Kariya, que l'on supposait être son quartier général, avait été elle aussi placée sous une surveillance discrète. Mais là encore, ils avaient dû faire preuve d'un luxe de précaution, tant l'homme était paranoïaque et faisait vérifier plusieurs fois dans une même journée les allées et venues autour de chez lui. Ils avaient aussi noté que plusieurs caméras discrètes balayaient sans cesse les alentours.

Mais tout cela n'était pas ce qui inquiétait Byakuya. Les préparatifs suivaient leurs cours normalement et finalement tout se passait bien mieux qu'il ne l'avait cru au départ. Non, ce qui le préoccupait fortement était le désir, exprimé le matin même par Ichigo, de retourner dans sa famille. Il n'avait aucune raison valable de lui opposer un refus, après tout le jeune policier avait presque entièrement récupéré ses moyens, il en avait encore eu la preuve la veille à leur entraînement. Pourtant cette l'idée de le laisser partir l'angoissait sans qu'il en comprenne la raison, du moins autre qu'il allait très certainement lui manquer au quotidien. Lui qui avait renoncé aux plaisirs de la compagnie d'autres personnes que sa sœur chez lui depuis la mort de sa femme cinq ans plus tôt, avait brutalement réappris à apprécier une présence. Et il n'était pas stupide au point de croire que le fait que ce soit Ichigo justement, y soit totalement étranger. La passion de ce gamin avait éveillé en lui quelque chose, une chose qu'il croyait morte à jamais. Mais qu'avait-il à offrir à ce jeune homme qui semblait avoir tous célibataires du bâtiment à ses pieds ? Qui était-il lui, pour prétendre le retenir et se l'attacher autrement que par sa loyauté envers un commandant qu'il respectait ? Et puis, cette sourde angoisse était-elle juste le fruit de son imagination ? De ça au moins, il en doutait. Il lui manquait une pièce du puzzle mais il était certain que quelqu'un, pour ne pas dire Kariya en voulait personnellement à Ichigo. Or, le jeune homme en semblait totalement inconscient. Le renvoyer chez lui dans ses conditions n'était-il pas imprudent ? En même temps, il ne pouvait contrer ses arguments, notamment celui de protéger sa famille et ses sœurs cadettes en particuliers.

Perdu dans ses réflexions, il regarda Ichigo aux prises avec son ordinateur. Ce dernier, se sentant certainement observé, releva les yeux vers lui et lui fit un grand sourire. Ces gestes, si naturels chez lui, étaient devenus familiers au glacial commandant et d'instinct, il esquissa également un léger sourire en réponse qui sembla satisfaire le jeune homme. Cette touchante attitude désarmait Byakuya, peu habitué à tant de spontanéité dans son monde si guindé et si hypocrite.

Il replongea dans ses rapports se faisant violence pour se concentrer. La sonnerie du téléphone le fit presque sursauter. Il se leva après une courte conversation et ordonna à Shûhei de le suivre.

De son côté Renji tentait tant bien que mal de chasser les propos de son ami de ses pensées, sans grand succès d'ailleurs. Il fallait impérativement qu'il mette certaine chose aux clairs avec Kira, et cela devenait urgent.

Ooo000ooO

Ishida se débrouilla pour s'échapper à l'heure dite et retrouver Inoue à la cafétéria, encore surpris qu'elle est si facilement accepté ce rendez-vous totalement improvisé. Il ne se reconnaissait pas lui-même pour le coup, lui qui était si organisé, qui planifiait tout, pensait une bonne dizaine de fois la moindre chose en temps ordinaire ! Pourtant ce rendez-vous lui plaisait beaucoup. Pire même, il en ressentait une fébrile agitation qu'il ne contrôlait pas.

La jeune femme l'attendait déjà assise à une table un peu à l'écart et lui sourit en le voyant. D'un geste machinal, il remonta ses lunettes sur son nez, comme pour se donner une assurance qu'il était loin de posséder face à elle, contrairement à son habitude. Bizarrement, il se sentait horriblement mal à l'aise face à l'assurance tranquille d'Inoue :

- J'avais peur que tu sois retenu, avec toutes ces préparations, dit-elle alors qu'il s'installait en face d'elle avec deux cafés.
- Non ça a été, mais je ne pourrais pas rester bien longtemps, déplora-t-il. Je t'ai pris un café, ça te va au moins ?
- Parfait ! J'aime tout ! Alors dis-moi, comment ça se passe dans ta brigade, le commandant Kyôrakû est-il du genre tyrannique ? Parce que le commandant Aizen, ce n'est pas toujours la joie tu vois…

Et la conversation s'engagea sur divers sujets sans même qu'il s'en aperçoive. En fait de conversation, c'était même plutôt un monologue de la jeune femme à laquelle, il répondait de temps à autre en souriant. Peu à peu, il se détendit, la voix d'Inoue semblait apaiser toutes ses craintes et ses doutes les plus profonds. Il sut avant même la fin de cette demi-heure de détente qu'il fallait absolument qu'il la revoie. Il fut presque surpris qu'elle lui propose de manger ensemble le soir même, devançant ainsi la timide tentative d'invitation qu'il s'apprêtait à faire.

Par contre il n'osa pas trop se rapprocher d'elle, de peur de la faire fuir. Et puis, ça ne se faisait pas, se dit-il, remontant une fois de plus ses lunettes sur son nez :

- J'aime bien tes lunettes, fit-elle en se haussant sur la pointe des pieds dans le couloir où ils se séparaient, pour lui déposer un baiser sur le bout du nez. Ishida rougit violement mais déjà elle faisait demi-tour en lui faisant un petit signe de la main. Il resta un bon moment planté au milieu du couloir, regardant la gracieuse silhouette disparaître au coin avant même de songer à réagir.

Inoue, elle, souriait en reprenant sa place et même la remarque cinglante de son commandant sur son absence prolongée, décidément lui aussi à cran, se dit-elle, ne le lui fit pas perdre. Non, elle était bien trop heureuse d'avoir enfin pu connaître un peu mieux Uryû Ishida. Le jeune homme calme, si différent de la plupart des policiers ici, l'avait tout de suite attiré, mais elle n'avait jamais osé l'aborder directement.

Ooo000ooO

Jûshirô réécoutait une nouvelle fois la conversation surprise par Kiyone, une heure plus tôt. Il attendait maintenant Shunsui et Byakuya. Il voulait leur avis sur ce surprenant enregistrement avant d'aller plus loin et de décider quoi que ce soit. Il avait également demandé la présence de Shûhei, à défaut de Toshiro Hitsugaya en mission à l'extérieur tout comme Kaien d'ailleurs. Il savait pertinemment, comme tous ici, que le jeune lieutenant de la Brigade Spéciale n'avait jamais admis le suicide de son meilleur ami. Cette conversation surprise n'affirmait pas le contraire mais au moins avait-elle le don de faire douter les plus convaincus.

Lui n'en faisait pas parti. Il n'avait jamais été à l'aise avec cette affaire mais n'avait jamais pu non plus prouvé que Maki ne s'était pas réellement suicidé. Comme il n'avait pas pu prouver son implication dans les informations qui s'étaient échappées de certains services de police, des preuves compromises ou simplement disparues mystérieusement concernant plusieurs affaires en cours à l'époque et impliquant toutes Jin Kariya. Celui-là était un fléau, Jûshirô en était intiment persuadé, tout comme il manipulait plusieurs hauts personnages de cette ville. Que Maki se soit laissé séduire d'une façon ou d'une autre par ce type méprisable, c'était une chose qu'il voulait bien admettre. Mais qu'il ait trahi ses convictions pour lui, là, il doutait fortement.

- Remet-là… dit-il à Kiyone en reprenant le casque. Il faut tout décoder, qu'on ne loupe rien… surveille tout, aussi bien les intonations que les silences… tout !

La jeune femme remit elle aussi son casque et une fois de plus réécouta la conversation. La gravité qu'elle lisait sur le visage de son commandant bien-aimé l'inquiétait.

La conversation, dans son ensemble, ne durait pas plus de dix minutes et paraissait, au premier abord, totalement anodine. Un échange de banalités, de nouvelles entre deux vieux amis prenant cinq minutes pour s'appeler. Quelques minutes plus tard Byakuya et Shûhei arrivaient, suivi rapidement de Shunsui.

Ooo000ooO

Centre ville

Comme chaque soir à cette heure, les magasins du centre ville faisaient le plein de clients, notamment des étudiants ou collégiens regagnant leur maison après leur journée de cours. Karin et Yuzu Kurosaki flânaient ça et là, comme tous leurs camarades et accompagnées de quelqu'un d'entres eux, regardant les vitrines où s'étalaient les dernières nouveautés, que ce soit en technologie, gadget à l'effigie des héros d'animés ou en mode pour les jeunes gens.

Karin jeta un regard derrière elle après avoir remarqué un reflet dans la vitrine du magasin que Yuzu contemplait et où s'étalaient les dernières peluches à la mode. Depuis l'incident du supermarché, leur père avait exigé qu'elles ne sortent plus seules, au moins le temps que Yuzu cesse de faire des cauchemars. La petite se sentant toujours fautive d'avoir fait venir son aîné ce soir-là malgré les dénégations de ce dernier et de sa famille. Sa sœur était depuis, particulièrement attentive à tout ce qui pouvait sortir de l'ordinaire au cours de leur sorties. Et justement là, une chose la contrariait :

- Viens Yuzu, entrons voir ces peluches, dit-elle en l'entraînant rapidement vers l'intérieur de la boutique.

Si sa sœur n'émit aucune protestation, c'est parce qu'elle était au contraire très heureuse de pouvoir voir encore plus de gadgets alors qu'ordinairement Karin la poussait plutôt à rentrer le plus vite possible à la maison. Cette dernière laissa donc sa jumelle s'extasier devant les derniers modèles en surveillant l'entrée de la boutique et la rue. Elle n'était pas certaine mais il lui semblait bien que quelqu'un les suivait depuis quelques jours. Elle ne put néanmoins pas confirmer son impression et finit par suivre sa sœur dans les rayons, pas totalement rassurée pour autant. Pour une fois, elle aurait bien aimé que son aîné soit revenu à la demeure familiale. En parler à son paternel risquait de leur rendre la vie impossible à toutes les deux. Elle décida tout de même sur le chemin du retour, de téléphoner à Ichigo si elle remarquait de nouveau quelque chose d'anormal. Malheureusement, elle n'en eut pas le temps.

Ooo000ooO

Toshiro raccrocha ton téléphone et se tourna vers son équipier du moment, Kaname Tozen :

- Je dois retourner au bureau. Un de mes coéquipiers va venir me remplacer rapidement.
- Un souci ? demanda l'aveugle en se tournant vers lui. Je ne peux pas assurer une surveillance seul, précisa-t-il.
- Renji est déjà en route, il sera là d'ici dix minutes et bien entendu je ne bouge pas avant son arrivée, le rassura le lieutenant en souriant. Quant à la raison, j'avoue que je n'en sais guère plus pour l'instant. Mais l'ordre est de continuer la surveillance en cours.

Ce qui rassura en partie l'aveugle. Oui, parce que si Kaname pouvait voir en trois dimensions la maison en face de lui, les silhouettes qui en sortaient ou y entraient, il était bien incapable de les reconnaître sans une connexion avec son ordinateur portable. Bref, même s'il n'aimait pas l'avouer, pour ce genre de travail, il avait besoin d'un partenaire. Et Toshiro Hitsugaya, malgré la haine qu'il semblait porter au commandant Aizen, s'était révélé être un bon coéquipier. Même un très bon et n'étalant pas du tout son « génie », comme le lui reprochait Sosuke Aizen avec mépris quand la conversation venait par hasard à tourner autour du jeune lieutenant. Il ne fallait pas être sorcier pour saisir qu'un lourd contentieux existait entre ces deux là et Kaname l'avait compris depuis longtemps. Mais il partait du principe que ce n'était pas ses affaires. Et même s'il avait une certaine forme d'admiration pour son commandant, son but était juste de prouver que son handicap ne l'empêchait pas de faire justice lui aussi. Sûrement un reste d'impuissance pendant ses jeunes années qu'il avait cherché à combler à tout prix depuis.

Toshiro, de son côté, trouvait la compagnie de Kaname agréable pendant ce genre de surveillance. Il lui avait prouvé avoir assez de culture et de connaissances pour que la conversation ne tourne pas rapidement à des banalités sans importance, même si certain sujet, comme le cinéma par exemple, lui était totalement hors de portée. Et il n'avait pas non plus besoin de parler sans arrêt, comme Rangiku qui ne savait pas restée, plus de quelques minutes, silencieuse. Ils passaient parfois de long moment sans échanger une seule parole ou presque. Et cela convenait à Toshiro qui pouvait alors laisser travailler ou simplement vagabonder son esprit. Mais pour l'instant, ce qui l'occupait était la raison de ce rappel brutal de Byakuya et ce qu'il pouvait bien signifier.

Heureusement, Renji ne fut pas long à se glisser à l'arrière de la voiture, en disant :

- Salut vous deux ! Comment ça se passe ici ?
- Pas grand-chose à signaler, répondit Toshiro. Beaucoup d'allée-venues, mais rien de significatif jusqu'à maintenant.

Comme Renji n'avait encore jamais travaillé avec Kaname, Toshiro prit le temps pour lui expliquer son rôle, un peu différent que dans une surveillance classique, avant de filer rapidement, lui laissant la place.

Les deux hommes se connaissaient mais n'avaient jamais directement travaillé ensemble. Renji était un peu perplexe sur le fait qu'un aveugle puisse être aussi efficace qu'un policier disposant de tous ses sens mais avait l'intelligence d'accorder le bénéfice du doute à son collègue. Après tout, il avait tout de même réussi où bien des voyants avaient échoués.

Ooo000ooO

Bâtiment de la police

Grimmjow décida qu'il était grand temps de faire une pause et proposa à Ichigo d'aller prendre un café. Mais le jeune homme déclina sa proposition, trop occupé à recouper les différents rapports de surveillance. Il tentait, comme lui avait demandé Byakuya plus tôt, de déterminer les lieux qui pouvaient abriter des planques, susceptibles de contenir des otages ou d'en accueillir si Kariya décidait d'en déplacer en urgence. Il mettait un point d'honneur à satisfaire son supérieur pour lui prouver qu'il était tout à fait capable de travailler, bien qu'il ressente parfois de violente douleur dans le dos.

Grimmjow haussa les épaules et lui signala qu'il prenait dix minutes de pause, ce à quoi Ichigo répondit par un son inintelligible, le faisant sourire. Une fois dans le couloir, il opta pour le toit, plus tranquille sûrement que la cafétéria à cette heure. Et il fallait bien avouer qu'il préférait éviter un certain commandant qui prenait un malin plaisir à se rappeler à lui à chaque fois qu'il pensait en être débarrassé. Il prit donc un café au distributeur et monta sur la plate-forme dominant cette partie de la ville. Comme il l'espérait, elle était vide et il prit appui sur la rambarde, laissant le vent jouer avec ses mèches bleues, savourant la solitude et la tranquillité. Pas pour longtemps hélas. Il fronça les sourcils en entendant le bruit caractéristique de la porte de la cage d'escalier s'ouvrir et se refermer. Il décida d'ignorer l'intrus et ne bougea pas. Sous lui, la ville vivait comme à son habitude. A cette heure avancée de la fin de journée, les gens, qui d'ici, une trentaine d'étages plus haut, ressemblaient à des petits jouets télécommandés, se pressaient pour rentrer chez eux ou vers quelque rendez-vous galant ou autre. Il eut un sourire en songeant qui lui aussi aurait bien voulu avoir une vie, quelqu'un qui l'attende, là quelque part, dans cette multitude…

- On rêve mon petit Grim ? le coupa une voix moqueuse dans le cours de ses pensées vagabondes.

Voix qu'il aurait reconnue entre mille et qui, instinctivement, le fit se crisper. Mais il préféra cette fois ignorer la provocation et, serra les poings sur son gobelet, heureusement vide, qui s'écrasa sous la pression, il prit sur lui. Inspirant une grande bouffée d'air, il se retourna pour prendre le chemin de la porte d'accès et quitter les lieux au plus vite.

Seulement on n'ignorait pas le commandant Aizen si celui-ci ne le désirait pas. Bien sûr, il le savait. Ce dernier avait été surpris de le trouver seul ici, à savourer un moment de tranquillité sans doute, mais n'avait pas résisté au plaisir de se rappeler à son bon souvenir. Quoiqu'à bien y réfléchir, c'était plus par habitude que par réel plaisir. Il était, lui aussi, monté ici à la recherche d'un peu de calme pour réfléchir au jeune Ulquiorra. Son cas lui posait un réel problème vu qu'il n'en avait parlé à personne et que seuls les hommes de sa brigade connaissaient son existence. Or, avec ce qui se préparait, il risquait de se trouver impliquer dans la grande rafle que la police prévoyait de faire. Et il préférait éviter de le mêler plus qu'il ne l'était déjà à tout ça. Il se battait seul, visiblement désespérément, depuis bien trop de temps. Alors forcément trouver Grimmjow ici… C'était presque en soi une provocation. Et que ce dernier tente de l'ignorer…

Il avait presque atteint la porte quand il le plaqua contre le mur :

- T'ais-je donner l'autorisation de partir ? siffla-t-il.
- Rappelle-moi qui est mon supérieur ? rétorqua Grimmjow aussi calmement qu'il le put, ses yeux frondeurs plantés dans les pupilles chocolat, décidé cette fois à ne pas se laisser entraîner par son ex-supérieur dans un combat qu'il perdrait à coup sûr, quitte à subir un ou deux baisers. J'ai du boulot et mes collègues m'attendent ! Alors lâche-moi !

Sosuke aurait pu, s'il l'avait voulu, le retenir et l'un comme l'autre le savait. Oui, mais voilà, ce jeu ne l'amusait plus vraiment depuis un bon moment. En fait, c'est Grimmjow lui-même qui avait cessé de l'amuser depuis qu'il avait renoncé à le combattre. Ce n'était pas la première fois qu'il le sentait si près de lui céder si facilement. Et il n'aimait pas cette docilité. Il s'approcha pour effleurer ses lèvres serrées de son souffle. Il le sentit se raidir mais il ne fit aucun geste pour le repousser. Pire, il entrouvrit de lui-même sa bouche. Où était le plaisir s'il n'avait plus de répondant ? Au moins le jeune Ulquiorra lui, refusait de se laisser mener par le bout du nez… du moins pour l'instant. Un instant il défia les prunelles bleues flamboyantes d'une rage contenue, et le lâcha brusquement.

- Tu n'as vraiment plus aucun attrait Grim, fit-il dédaigneusement en se détournant.

Le jeune policier ne demanda pas son reste et prit la fuite avant qu'il ne change d'avis, surpris de s'en être tiré à si bon compte. Ce n'est que bien plus tard dans la soirée qu'il devait comprendre la dernière phrase d'Aizen, quand le croisant à nouveau, ce dernier ne lui accorda pas le moindre regard. Etait-ce vraiment terminé ? Il n'osait encore y croire mais les jours suivants allaient lui prouver que oui.

Ooo000ooO

La soirée était déjà bien avancée quand Kisuke quitta son laboratoire pour rejoindre Yoruichi. La jeune femme travaillait encore également avec sa fidèle lieutenant Soi Fon. Celle-ci fronça les sourcils en le voyant entrer dans leurs locaux. Le scientifique retint un sourire devant cette évidente hostilité, qu'il lui rendait bien d'ailleurs. Yoruichi leva les yeux vers lui et un sourire éclaira son visage fatigué :

- Tu as fini ? demanda-t-il. Je t'emmène manger un morceau !
- Encore quelques minutes, tu m'attends ? Soi fon, vas-y aussi, on finira demain ! fit-elle à la jeune femme.

Celle-ci allait protester, mais déjà, sa supérieure l'avait oublié pour sourire à son chevalier servant qui vint s'asseoir à ses côtés. Rageusement, elle tourna les talons et sortit le plus vite possible, écœurée, se demandant encore une fois, ce qu'elle pouvait bien trouver à cet espèce de savant fou.

Les deux amis ne furent pas longs à la suivre et à quitter le bâtiment pour aller manger dans un restaurant non loin de là. Ils regagnaient la voiture du scientifique quand Yoruichi lui demanda soudain :

- Chez toi ou chez moi ?

Il stoppa net pour la regarder, se demandant un instant si elle plaisantait. Mais son visage n'exprimait rien de tel, bien au contraire. Pourtant, il hésitait encore. Tant de fois il avait songé à cet instant, était-ce vraiment le bon moment alors que…

- Ne te fais pas prier Kisuke, j'en ai besoin ce soir et toi aussi, coupa-t-elle ainsi le cours de ses pensées.
- Viens, fut alors sa seule réponse.

Dix minutes plus tard et presque en silence, ils pénétraient dans la petite maison du scientifique qui se situait à la périphérie du quartier des nobles. Elle la connaissait pour y être mainte fois venue et elle savait qu'il avait préféré cet endroit à sa propre demeure qui représentait tout ce qu'il détestait. Enfin, détester n'était pas vraiment le mot d'ailleurs vu qu'il ne lui en voulait ni à elle ni même à Byakuya, pourtant issu de ce même milieu. Ce qui la fit sourire :

- Tu sais parfaitement que je ne suis pas du genre à garder rancune à une classe toute entière pour quelques imbéciles, dit-il en le conduisant au salon, devinant le cours de ses pensées.

- Tu ne leur pardonneras donc jamais ?
- Ne pose pas de question dont tu connais déjà les réponses, fit-il en revenant dans la pièce qu'il avait quitté un instant pour leur préparé un thé. Et je n'ai pas vraiment envie de parler de tout cela maintenant.

Bien entendu, pensa-t-elle, pourquoi en parlerait-il ? Son histoire était en somme si banale. Un père noble, une mère roturière et une enfance entière à se faire rejeter par la famille de son paternel parce qu'il n'était pas noble à part entière.

Elle but doucement sa tasse tout en l'observant. En silence. Un moment qui sembla les isoler un peu plus. Puis, comme ayant mis ce léger contretemps de côté, il se tourna vers elle tout sourire.

- Tu sais que tu as le don de me surprendre toi ?
- Je ne sais pas si je dois prendre ça pour un compliment…
- A toi de voir… fit-il énigmatique en l'enlaçant doucement et en l'attirant contre lui.

Mais Yoruichi n'était pas le genre de femme à se laisser guider dans ce qu'elle avait décidé. Comprenant qu'il hésitait encore à franchir la fragile frontière de leur amitié, une fois calée au creux de ses bras, elle posa ses lèvres sur les siennes tout en envoyant valser au loin son fidèle bob rayé pour plonger ses mains dans la soyeuse chevelure blonde.

Kisuke gémit en ouvrant la bouche, capturant celle, offerte, de sa plus précieuse amie et amour secret. En un instant, ses doutes, ses craintes furent envoyées au loin alors que son rêve le plus intime prenait forme sous ses yeux et sous ses doigts à travers le corps si longtemps désiré de Yoruichi. Il laissa descendre ses mains dans son dos, s'attardant au creux de ses reins alors qu'elle faisait glisser les siennes sur ses épaules. Gourmande, elle réclama ses attentions alors que leurs lèvres se quittaient pour reprendre leur souffle. Il répondit à ses exigences en venant picorer son cou de baiser papillon, descendant inexorablement vers sa poitrine. Il fit lentement remonté le léger tee-shirt qu'elle portait, elle l'y aida en levant les bras, laissant apparaître son soutien-gorge en dentelle, soulignant si bien le galbe de ses seins.

Kisuke ne résista pas à l'envie d'en prendre un en main. Amusée, elle le regarda en souriant avant de le repousser sur le canapé pour lui enlever sa chemise :

- Pas de raison que je sois la seule à être déshabiller, fit-elle, moqueuse devant son air étonné.
- Mon corps tout entier est à toi, fit-il conciliant en en profitant pour se saisir d'une télécommande sur laquelle il appuya.

Aussitôt, le canapé se transforma en lit, son dossier se baissant doucement.

- J'aurais dû m'en douter, dit-elle. Même chez toi, tu t'amuses à tout trafiquer.
- Eh ! s'offusqua-t-il faussement. Je suis un scientifique, je te rappelle !

Yoruichi éclata d'un rire clair et se laissa glisser contre lui sur le canapé devenu lit, non sans l'avoir dépossédé de sa chemise. Sa main vint tendrement caresser le torse puissant, retraçant le contour des muscles roulant sous ses doigts. Kisuke la laissa faire un moment, savourant la sensation de ses touchers avant de se pencher sur elle pour reprendre ses lèvres, alors que ses mains partaient dégrafer le léger tissu le séparant encore de sa poitrine maintenant frémissante, voir impatiente. Elle gémit quand ses lèvres glissèrent doucement jusqu'à l'un de ses seins et qu'il en agaça un téton qui se dressa sous ses attentions.

Mais elle ne voulait pas être en reste et s'arracha à la caresse pour se redresser et venir s'installer à califourchon sur lui. Son bassin ondula contre le sien. Kisuke retint un râle et la saisit à la taille pour l'inciter à continuer. Ses yeux se fermèrent un moment, savourant sa compagne avant que ses mains glissent vers la ceinture de son jean et qu'il inverse à nouveau leur position pour achever de la déshabiller.

Ils bataillèrent un moment avec leurs vêtements tout en continuant à parfaire leur connaissance de l'anatomie de l'autre sans oublier d'échanger des baisers de plus en plus fiévreux. Tout comme leurs mains devenues plus audacieuses, les caresses plus soutenues, achevaient de mettre leur corps en feu.

Ils ne manquaient ni l'un ni l'autre d'expérience et surent la mettre à profit pour parfaire leur union, pressentant peut-être qu'elle ne serait que le première d'une longue série. Ils se découvrirent encore et encore, se livrant enfin entièrement l'un à l'autre. Ce qu'il avait tous deux repoussé depuis si longtemps, par peur peut-être, par jeu certainement et parce qu'au fond d'eux-mêmes, ils savaient depuis bien longtemps qu'ils étaient incapable de vivre l'un sans l'autre.

Les préliminaires s'achevant devant de besoin impérieux de leurs corps, Kisuke vint la recouvrir. Leurs regards s'accrochèrent alors qu'elle s'ouvrait pour lui permettre de glisser en elle, de venir trouver sa place au creux de son ventre qui le réclamait tant. Il lui sourit et caressa son visage en sueur, lui volant un baiser. Yoruichi ferma les yeux alors qu'il la pénétrait. Son corps s'arqua pour mieux le recevoir et ses jambes se nouèrent autour de lui. Elle gémit et l'accompagna dans ses mouvements quand il commença à bouger, s'accrochant à ses épaules. Kisuke tenta bien de ne pas aller trop vite, de savourer le plus longtemps possible mais tout sembla s'emballer dès qu'il fut en elle. Ils avaient bien trop attendu pour qu'ils puissent encore contrôlés quoi ce soit.

L'extase les ravagea et dans un feulement rauque, leurs corps se tendirent une dernière fois avant que Yoruichi consente à relâcher peu à peu son étreinte et l'accueille contre lui, essoufflée. Il se cala contre sa poitrine généreuse et savoura les dernières étincelles de la jouissance qui vrillait encore dans ses entrailles. Instinctivement, ils se serrèrent l'un contre l'autre et Kisuke remonta jusqu'à son visage pour l'embrasser.

Un long moment après, ils s'installèrent plus confortablement et se couvrirent :

- Tu ne regrettes pas ? demanda-t-elle avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
- Pas le moins du monde… Mais ne t'attends pas à ce que je renonce si facilement à toi ma belle…

Elle sourit sans répondre et se cala dans ses bras pour glisser dans les bras de Morphée. Kisuke la contempla longtemps avant de fermer les yeux, encore émerveillé par ce qui venait de se passer. Et qui ne manquerait pas de se reproduire, il en était certain maintenant.

A suivre…