Le lendemain, je me réveillai avec le pire mal de tête de ma vie. Raphael me fit boire du gatorade et me tient contre lui en me caressant la tête. Au bout de trois heures, j'eu la force de supporter ma propre voix et de demander pourquoi le dojo était si silencieux. Raphael me dit que les autres étaient partis pour nous laisser de l'intimité durant notre lune de miel Je regardai anéanti l'anneau qui brillait à mon doigt.

Durant les quelques jours ou nous fumes seuls, je ne pus que me louer de Raphael. Il était prévenant et doux. Il me serra contre lui devant la télévision et acceptait même d'écouter les Héros de l'espace. Ce soir, là, Raphael s'était échiné à faire des pâtes Carbonara. Il avait acheté du vin, que je me promis de boire avec parcimonie. Il avait allumé des bougies et mis de la musique. Nous parlions de tout et de rien et j'étais presque bien. Puis, au dessert il me dit; Je t'aime, Léo et je ne sais quel démon me poussa à répondre; Moi, aussi, Raph. Il me fit un sourire très ému. Je continuai à manger.

C'était le dernier jour avant que les autres reviennent. Raphael me demanda s'il pouvait aménager ses effets personnels dans ma chambre. J'acceptai en lui disant de faire un tri de ce qui lui importait vraiment et que je ferais de même. Alors que je vidai mes tiroirs, je découvris avec émotion l'arme de Karai. Les larmes me vinrent aux yeux et je la serrai contre mon cœur, puis, je la replaçai dans le tiroir de ma table de nuit. Pas question que je m'en débarrasse. J'entendis un bruit derrière moi.

-Léo, mon amour, ça va? Si cela te rend triste de jeter certaines choses, je peux jeter les miennes. Je ne veux pas te faire du chagrin.

Je me repris :

-Non, du tout, la boite est là. Ce sont les trucs dont je ne me sers plus. Je vais aller les jeter.

Je sortis de la chambre sous le regard concerné de Raphael en ravalant mes larmes.

Lorsque je reviens, Raph était assis dans le salon devant la télévision. Je m'assis à cote de lui et posa la tête sur son épaule. Je le senti se raidir. Je me relevai et je vu une rage contenu dans ses yeux qui m'évitaient.

-Raph? Qu'est-ce qui se passe?

Puis, il bougea et pris quelque chose sous le coussin à cote de lui. Je reconnu avec appréhension l'arme de Karai

-Léo. Pourquoi gardes-tu cette épée dans ta table de nuit? N'as-tu pas assez de lames? Tu as tes deux katanas sous notre oreiller et mes sais sont toujours sur la table de chevet.

-Raph…..et soudain j'éclatai et répondu stupidement : Pourquoi fouilles-tu dans mes affaires?

Ses yeux se rétrécirent de colère :

-Tes affaires, Léo? Ce sont NOS affaires maintenant! Donc, je répète. Qu'est-ce que cette épée?

-Cela ne te regarde pas!

-Je suis ton mari, Léo. Tout ce qui te regarde, me regarde.

-Inutile de me rappeler cette mascarade! Et tu sais très bien à qui est cette épée puisque tu étais là quand elle me l'a donné.

Je ne vis pas le coup de poing venir…

J'avais perdu l'habitude de la violence de Raph. Depuis des semaines, il n'était que sucre et miel pour moi. J'étais assommé par terre, regardant le sang couler de ma bouche, stupéfait. Alors qu'il me hurlait dessus, des mots que je n'écoutais pas, une voix très claire cria dans ma tête : Fuis!

Il dut voir la résolution dans mon regard quand il cessa net ses injures.

Je me levai et marcha jusqu'à ma chambre.

Je pris mes katanas. Et vint pour sortir, Raphael me bloqua le chemin.

-Léo, bébé…pardon! Je n'aurai pas du te frapper! Je ne recommencerai plus jamais! J'ai perdu la tête.

Je mis mon katana sous sa gorge :

-J'ai subi ta folie. Je ne subirais pas ta violence. C'est terminé. Ôte-toi de mon chemin Raphael ou je te tuerais sans hésitation. Et si tu veux m'empêcher de partir, tu devras me tuer. Ou je me tuerais moi-même. D'un côté comme de l'autre, je serai finalement délivré de toi. Laisse-moi passer, je suis sérieux.

Il tomba à genoux en larmes, me supplia, m'inonda de promesses. Voyant que c'était inutile de m'apitoyer il essaya d'utiliser mes remords. J'avais des responsabilités au dojo, nous étions mariés. Que tous les couples ont des hauts et des bas. Que nous ferions une thérapie, qu'il prendrait des médicaments. Pour toute réponse, je lui lançai mon anneau au visage, il s'écroula le visage au sol. Je le repoussai violement. Puis avant que je parte il me lança :

-Durant notre nuit de noce, quand tu étais ivre, je t'ai pris sans préservatifs. Tu portes surement mes œufs!

-Raison de plus pour partir, je ne veux pas qu'il soit élevé par un psychopathe. Si tu me suis, Raphael, je me passe mon katana à travers le corps.

Et je partis le laissant écrasé de désespoir.

L'air me fit du bien. Je n'avais aucune idée ou aller, puis mes pas me conduisirent ou j'avais rencontré Karai.

A mon grand bonheur, elle était la`.

-Léo!Que s'est-il passé? Je t'attends tous les soirs depuis une semaine!

-Karai. On m'a séquestré. Mais je suis la maintenant.

-Léo. Je t'aime. J'ai réfléchis et puis, j'ai fait des recherches.

-Des recherches?

-Léo. Suis-moi.

Je la suivis trop heureux. La lettre supposément de Karai était fausse. Sensei avait dû faire un brouillon en japonais que Raph ou Don avait recopié. J'avais été stupide de ne pas suivre mon instinct. Je regardais partout autour de moi, nerveux. J'avais peur que Raph nous suivent et attaque Karai. Elle m'amena jusque chez elle et me demanda ce qui s'était passé. Je ne savais que lui dire. Je ne pouvais lui dire que j'avais eu des relations sexuelles avec mes frères. Je résumai : Je voulais partir. On m'a retenu contre mon gré. Alors, Karai me raconta en quoi avait consisté le délai de trois jours qu'elle m'avait demandé. Bien qu'elle sache qu'il lui avait menti, Karai avait encore des contacts avec Shredder. Malgré qu'elle ne fût pas sa fille, il l'adorait et prenait soin d'elle. Il lui payait tout ce dont elle avait besoin à condition qu'elle demeure neutre en lui et Splinter. Elle avait utilisé ces trois jours pour parler à Baxter Stockman. Elle lui avait demandé s'il pouvait faire de moi un humain. Et selon lui, bien que le résultat était hasardeux et le processus traumatisant et douloureux, cela pouvait être possible. Karai me dit qu'elle m'aimait, mais qu'elle ne me désirait pas sous ma forme de tortue et que de plus, elle voulait sortir de jour avec moi, comme un couple normal. J'acceptai.

Je vécu deux jours horribles dans le laboratoire de Baxter Stockman. Effectivement, je portais des œufs. Je suppliai Stockman de ne pas le dire à Karai et de m'en débarrasser. Lorsque je repris conscience, j'étais humain. Karai m'avait de plus façonné selon ses désirs. J'étais grand, pâle, aux cheveux noirs jais. Elle avait voulu que je conserve mes yeux bleus. Ma masse musculaire avait légèrement diminuée Je devais reconnaitre en toute modestie que j'étais très beau. Enfin, Karai me trouverait désirable et de plus j'avais la couverture parfaite. Jamais personne ne me reconnaitrait.

Faire l'amour à Karai était la chose la plus exaltante au monde. Enfin, j'avais le corps que je désirais depuis des années. Raphael avait raison. Le sexe avait quelqu'un qu'on aime était vraiment meilleur. Nous étions heureux. Je me baladais dans Central Park main dans la main avec elle tous les après-midis, jouissant du soleil sur ma peau et de la main de ma bien-aimée dans la mienne. Au bout d'un mois nous nous sommes fiancés. Nous avons décidé de nous marier et de faire notre voyage de noces à Tokyo, ville que j'avais toujours voulu visiter. Nous sortions d'une boutique d'habits de mariage quand nous tombâmes sur deux personnes que j'avais complètement oubliées.

April et Casey.

April salua Karai et me regarda avec curiosité. Karai me présenta comme Max, son fiancé. Elle lui raconta que nous venions d'aller chercher les faire-part et que nous magasinions un habit pour moi. April alors demanda à voir les faire –part. Karai alla le faire quand je lui pris le bras. Sur les faire-part était inscrit Léonardo, non Max. Elle comprit et arrêta son geste. Karai alors dit qu'il y avait eu une erreur orthographique dans son nom et que nous devions les refaire. Puis, April lui demanda si elle voulait des nouvelles de son vrai père. Karai n'a jamais considéré Splinter comme son père, mais devinant que cela m'intéressait peut-être, elle hocha la tête.

-Ton père est mort, Karai. Je suis désolée. Personne ne savait ou tu étais pour te l'annoncer. Tes frères t'ont cherché pour te le dire.

J'arrivai avec peine à cacher mon chagrin. Oui, j'avais perdu beaucoup de mon respect pour mon père, mais il le demeurait.

April et Casey me regardaient. Je n'avais pas dit un mot pour le moment, car ma voix était la même. Puis April demanda si elle voulait des nouvelles de ses frères.

Elle me regarda et dit : Max chéri, nous sommes pressés n'est-ce pas?

Je brulais de le savoir et en même temps non. Je hochai la tête mais April nous arrêta.

-Ca ne sera pas long Karai. Les nouvelles ne sont pas bonnes et je suis désolée, mais tu dois le savoir.

-D'accord.

-Ton frère Donatello est en dépression. Il a toutes les responsabilités maintenant. Michelangelo est devenu violent. Donnie le garde calme en le médicamentant. Raphael, c'est pire encore….

Elle s'arrêta, je buvais ses paroles.

-Raphael est devenu héroïnomane. Il a fait deux overdoses dans le mois passé.

Je fermai les yeux pour cacher mes émotions. Ne pas laisser cela m'atteindre. Ils m'ont tous trahi, manipulé et utilisé.

Karai insista pour que nous partions car elle devinait que j'avais du mal à demeurer neutre.

- Karai, tu ne me demandes pas de nouvelles de Léo? Je veux dire, c'est celui dont tu étais le plus proche?

Karai soupira et marmonna un d'accord.

April alors me jeta un regard plein de mépris :

-Léo, lui, va très bien. Tu as de magnifiques yeux bleus, Max, tu as du en briser des cœurs dans ta vie. Je vous souhaite bien du bonheur.

J'eus la tentation de lui prendre la main et lui raconter tout le mal qu'il m'avait fait. Mais Karai était la et je me tus. De plus, je paranoïai, April n'avait aucun preuve que c'était moi. Plein de garçons ont les yeux de cette teinte. Que lorsque je me suis retourné et que je l'ai vu texter sur son cellulaire ne voulait rien dire.

Pendant plusieurs jours, je refusai de sortir de soir. Je demandai à Karai de remettre le mariage plus tôt. Puis, je lui annonçai que si Tokyo me plaisait, je voulais y vivre. Je passai mon premier Noel parmi les humains et cela me rendit nostalgique. Je pensai à mes frères. Puis, le soir du jour de l'an, nous quittions une fête d'amis. Puisque la rencontre avec April datait de plusieurs semaines et qu'il n'était rien arrivé, j'avais déduis que mes frères me laisseraient tranquilles. J'étais humain et n'avait plus rien à faire avec eux. Donc, ce soir du jour de l'an, nous sortions d'une fête avec des amis. Karai avait beaucoup bu et je l'aidais à marcher jusqu'à la voiture. Nous rions et nous nous lancions des balles de neige. Arrivés à la voiture, je remarquai qu'elle ne démarrait pas. Je levai le capot en soupirant. J'étais nul en mécanique. Karai s'impatientait et je lui dis que j'allais appeler une dépanneuse et un taxi. Quand soudain, je sentis une présence à cote de moi, j'eus le geste de dégainer mes katanas…mais je ne me promenais plus avec mes katanas. J'avais un couteau dans mon manteau mais c'était tout. En me retournant, je vis un jeune homme imposant me sourire. Instinctivement, je vins pour protéger Karai.

D'une voix narquoise il me demanda :

-Vous avez besoin d'aide? Je suis plutôt bon en mécanique.

Je répondis toujours alerte :

-Je ne vous ai pas entendu arriver….Qui êtes-vous? Nous n'avons pas besoin d'aide. Nous vous remercions

Karai cria de l' intérieur de la voiture :

-Léo, mon amour, qu'est-ce qui se passe?

L'inconnu me scrutait intensément. Je remarquai alors qu'il avait les yeux verts. Je m'abstiens au calme. Ce n'était pas la teinte de Raphael, de plus, Raphael, aux dernières nouvelles était une tortue. Je devais être nerveux juste parce qu'il était musclé et plein de piercing. Il en avait trois à une oreille, un à l'autre et un sur la langue. Ses cheveux châtains étaient longs et hirsutes et il portait une veste de cuir. L'aura qu'il dégageait était puissante et mis tous mes sens en alerte.

Karai sorti de la voiture.

-Léo, bébé! Je te parle!

-Reste dans la voiture, Karai.

Évidemment, Karai fait souvent le contraire de ce que je lui dis.

Elle s'approcha en titubant,

-Qui est le mec super sexy a qui tu parles?

Je me retournai, courroucé! Comment ça super sexy?

L'inconnu rit

-Je me présente….je m'appelle …Max. Je suis mécanicien en quelque sorte.

La panique me gagnait, je n'aimais pas cet homme. Qu'il s'appelle Max ne voulait rien dire, je devais demeurer maitre de moi et de la situation.

-Léo, trésor, laisse Sex-symbol s'occuper de la voiture. Tu sais que tu n'es pas doué

J'étais rouge de colère.

-Karai, tu as trop bu… Va t'asseoir dans la voiture et laisse-moi gérer cela. Et j'apprécierais que tu ne qualifie pas les autres de sexy, devant moi, ton fiancé.

-Ce que tu es jaloux, Léo. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi contrôlant et possessif que toi!

J'étais ébahi.

-Karai. Je ne veux pas me disputer avec toi devant cet…étranger. Nous en discuterons à la maison et…

-Je ne veux pas attendre la dépanneuse, Léo. Je veux rentrer rapidement, j'ai envie de toi, chéri, tu es mignon quand tu es jaloux. Laisse M. Gros Bras s'occuper de la voiture, bébé.

Je ne pouvais croire que Karai parlait de son envie sexuel devant cet homme.

Elle se colla contre moi et m'embrassa langoureusement. Puis, elle regarda l'homme qui lui me regardait continuellement. Son regard intense me mettait mal à l'aise. Puis, Karai caressa le bras de l'homme et susurra

-Léo, chéri, je crois que c'est toi qui va attendre dans la voiture….

Alors, je la giflai.

Max me regarda et me dit :

-Si tu l'aimes, tu ne devrais pas la frapper, même si elle l'a mérité. J'allais lui répliquer de se mêler de ses affaires quand Karai se releva.

-Léo, je voudrais te parler dans la voiture. Max, ça serait gentil de réparer cette voiture

Je la suivis puis m'excusa pendant que Max regardait sous le capot.

-Léo. Je veux cet homme.

-Quoi?

-J'ai envie de lui et de te voir toi aussi avec lui.

-Tu es folle! Je refuse de te voir avec un autre et tu sais que je n'ai aucun intérêt pour les hommes.

-Léo. Nous allons nous marier. Je veux cette occasion avant notre mariage. Cet homme m'excite et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie de te voir avec lui.

-Non, Karai, je ne ferai pas ça.

-Chéri. Je voudrais que tu le fasses. Une ultime preuve d'amour avant que je sois ta femme. On va s'amuser. Ça me fait fantasmer de te voir avec un homme. Nous en avons déjà parlé et celui-ci est exactement comme je veux.

-Karai, ma chérie, en admettant que j'accepte, ce que je ne fais pas, cet homme n'est surement pas bisexuel. Je ne crois pas l'intéresser.

-Tu es fou! As-tu vu comment il te regarde? Laisse-moi faire.

Elle sorti la tête de la portière.

-Hé Max? Trouves-tu mon fiancé séduisant?

-Je crois en toute sincérité que c'est le plus bel homme que j'ai vu de ma vie, répondit Max à ma plus grande horreur.

Karai enchaina :

-Pour te remercier, aurais tu envie de moi et de lui?

Max se pencha et avec un sourire en coin répondit :

-Je ne forcerai jamais Léo

Cela éveilla en moi tant de souvenir que je frissonnai. Je suppliai Karai du regard

Karai s'assit sur le banc arrière et fit entrer Max dans la voiture.

J'avoue à ma grande honte qu'une aura de sensualité émanait de cet inconnu. Mais je me disais que j'allais me trouver une échappatoire. Que Karai s'apercevrait de son absurdité et changerait d'idée. Je me dirigeais vers la maison alors que Karai semblait somnoler.

Max se mit à me faire la conversation.

-Léo, C'est ton vrai nom ou un diminutif?

-Diminutif.

-Pour Léonard? Tu es d'origine française?

-Non, pour Léonardo.

-Comme le peintre? Tes parents aimaient la peinture? Ont-ils donné des noms similaires à tes frères ou sœurs?

-Je suis enfant unique.

Max soupira imperceptiblement.

-Alors, vous êtes fiancés?

-Oui,

-Première fois?

-Oui, bien sûr, je n'ai que 17 ans.

A ma grande horreur, Karai qui n'était pas du tout endormie éclata de rire.

-Non, Léo n'a jamais eu de petites amies avant moi. Je l'ai eu absolument vierge.

Max enchaina un : Vraiment?, sceptique

-Je te jure, Max, il n'avait jamais vu le corps d'une fille nue avant moi. Même pas en films.

Je rougis violemment.

-Karai, arrête!

Max ajouta :

-Cela m'étonne. Léo est vraiment un magnifique spécimen. Je veux dire, il est à couper le souffle. Peut-être avec un autre garçon?

-Pfff? Léo? C'est la personne la plus pudibonde sur la terre, vraiment pas son genre. Ce soir, c'est vraiment un grand effort pour lui.

Max enchaina, blasé :

-Alors pourquoi lui demandes-tu cet effort? Je ne forcerais pas Léo.

Encore cette phrase!

-Parce que ce me plait.

Alors Max me regarda très sérieux :

-Léo, tu n'as pas à faire ce que la personne que tu aimes te dit, tu es libre. Un mot et je débarque ici.

Karai m'avertit de l'arrière :

-Léo fera ce que je lui dirai. N'est-ce pas Léo?

-Karai, je déteste quand tu es ivre.

-Léo, arrête de faire le grand frère, tu veux? Ça marchait peut-être avec tes frères, mais pas avec moi!

Je rougis. Je venais de dire à Max que j'étais enfant unique, mais il ne releva pas le mensonge.

Je changeai de sujet.

-Alors…Max…. tu sembles beaucoup t'entrainer?

-Oui, c'est un hobby. Et toi, tu fais du sport?

-Hum…pas vraiment.

-Je te demande ça car je croyais que tu faisais des arts martiaux puisque j'ai vu des katanas dans la voiture.

-Hum…déjà fait du karaté. J'ai arrêté.

-Pourquoi?

-Je n'étais pas doué.

Karai s'exclama :

-Léo, voyons! Tu es le meilleur! Je ne t'épouserais pas si tu n'étais pas le meilleur.

-Karai, ça suffit! Inutile de rentrer dans les détails

Soudain, une sonnerie de cellulaire retentit dans la voiture, qui provenait de Max.

-Tu ne réponds pas?

-Ça serait impoli.

-Tu ne regardes même pas qui c'est?

Le cellulaire sonna de nouveau.

Cette fois-ci, il prit son cellulaire pour couper la sonnerie, mais j'avais eu le temps de voir sur l'écran le nom de l'appelant : Mikey.

Je mis le frein si fort que Karai se frappa contre le siège avant.

-Léo! Imbécile! Qu'est-ce qui se passe?

Je regardai Max froidement, malgré l'immense angoisse que je ressentais;

-Qui est Mikey?

Max me répondit calmement :

-C'est mon frère.

Horrifié, j'allais lui dire de débarquer sur le champ quand il continua :

-J'ai deux frères, Mikey et Mark. Nous avons tous des noms qui commencent par M. Pourquoi cela te fait réagir autant, Léo?

Karai répondit à ma place :

-Léo, continue de rouler. Tu ne vas pas peter un câble pour un prénom commun! Et puis, celui-ci ce n'était pas ton frère amusant? Je veux dire, il ne t'a rien fait, ce n'est pas comme l'autre que tu détestes.

Max me regarda avec un air de sympathie :

-Tu t'es disputé avec un de tes frères?

-Je ne veux pas en parler.

Karai poursuivi :

-Tu sais, Léo, il faudrait que tu en reviennes! Je veux dire, va voir un psy ou quelque chose! Ton frère t'a frappé, ok. Mais vous vous disputiez tout le temps, toi et Raphael…

Je me retournai comme si on m'avait piqué :

-Ne prononce pas son nom!

-Léo, c'est sérieux! Tu me réveilles avec tes cauchemars et…

Max coupa la parole de Karai

-Voyons, le but n'est-il pas de passer une belle soirée? Ne mettons pas Léo mal à l'aise! et il me sourit.

Nous arrivions près de l'appartement quand mon instinct me fit proposer à Karai d'aller à l'hôtel à la place.

-Non, je n'aime pas l'hôtel. La dernière fois, tu t'es empêché de faire du bruit tout le long. J'adore t'entendre crier mon nom, Léo et te voir perdre ton contrôle. Tu deviens si expressif à ce moment-là. Max, il faudra être doux avec Léo, n'est-ce pas? Je ne veux pas que tu me l'abimes. Léo est…délicat.

-Je ne suis pas si délicat que ça, Karai!

-Ce n'est nullement dans mon intention d'être brutal…avec Léo.

J'avais remarqué la spécification.

-Pourquoi? Tu le seras avec Karai? dis-je avec suspicion. Je ne laisserai personne lui faire du mal.

-Elle aime ça intense, je crois. N'est-ce-pas? Tu as une belle voiture, Léo. Tu travailles dans quoi?

Karai répliqua en ricanant :

-On l'a achète avec l'argent de mon père. Léo ne sait rien faire du tout, hormis du thé et découper des gens en rondelles avec ses katanas.

Je rougis sous l'humiliation. Max me regarda avec empathie

Et Karai était tout sourire. Arrivés à l'immeuble, elle traina en courant Max avec elle, m'oubliant totalement. Par contre, celui-ci se retourna plusieurs fois vers moi.

Rendus à l'appartement, j'étais dévasté. Je n'avais nulle envie de cet homme ni que cet homme touche ma fiancée. Mais Karai était incontrôlable. Alors qu'elle renversait Max sur le divan, celui-ci se dégagea.

-Buvons un verre ensemble avant, non?

-Je crois que Karai a assez bu.

-Léo! Je déteste quand tu essayes de me contrôler!

J'allais répliquer quand Max fit un geste apaisant.

-Je vais préparer un cocktail dont mon frère Mikey qui travaille dans un resto m'a transmis la recette, si vous avez les litchis. Durant ce temps, je vous suggère de peut-être régler le conflit entre vous?

J'allais dire non quand Karai m'entraina dans la chambre en disant :

-Léo adore les litchis. Fais comme chez-toi, Max.

Je n'avais nulle envie de laisser cet homme dans ma cuisine, mais Karai me traina, referma la porte de la chambre et me lança un ultimatum.

-Je veux baiser avec cet homme ce soir. Et je veux le voir avec toi aussi. Je veux le faire à trois avec un autre homme. En échange, on le fera aussi avec mon amie Koko la prochaine fois.

-Mais je me moque de Koko!

-Léo. C'est cela ou c'est fini entre nous.

Je ne pus m'empêcher de hausser le ton.

-Quoi! Pour une baise tu es prête à rompre?

-Léo. Ton pire défaut est de ne pas être amusant. N'ajoutons pas jaloux. C'est mon dernier mot.

-D'accord! Mais c'est la seule et unique fois!

Karai me fit un sourire victorieux et appela Max pour nous rejoindre dans la chambre. Celui-ci vint tenant précautionneusement trois verres à la main.

Il nous les distribua :

-J'ai ajusté la teneur en alcool pour chacun de nous. Le mien est celui-là, c'est le plus fort et Léo, voici le tien, le plus léger.

-Pourquoi est-ce moi qui a le plus léger? J'ai beaucoup moins bu que Karai et…

-Je ne veux pas que tu es mal à la tête demain, Léo. Tu n'es pas du type qui tient très bien l'alcool, je paris.

Il me tendit mon verre en souriant. Alors que Karai vidait son verre ainsi que Max, je ne buvais pas. Karai demanda à Max d'enlever sa veste et celui-ci s'exécuta. Quand la veste tomba sur la chaise, j'entendis le bruit d'un objet de métal. Je tressaillis. Puis, je regardai avec suspicion mon verre. Mon verre préparé en mon absence. Karai avait déjà bu le sien. Max aussi et je sentais les yeux de ce dernier me scruter. Mon cerveau me hurla : Joue le jeu.

Je pris le litchi dans mon verre et le porta à ma bouche en souriant à Max. Celui-ci me rendit mon sourire.

-Je vais à la salle de bain dis-je.

Je n'avais nulle envie de laisser Karai seule avec ce type, mais je devais vider mon verre.

Je reviens, toujours souriant.

Karai me sourit aussi :

-Je suis bien contente que tu aies changé d'humeur. Max était inquiet pour toi.

J'allais répondre quand Max dit sombrement :

-Ce n'est pas parce que Léo sourit qu'il est heureux. N'est-ce pas Léo? Es-tu à l'aise avec la situation?

-Cesse de t'occuper de lui, occupe-toi de moi! Et elle l'embrassa avec lascivité.

Ma plus grande aptitude ninja est l'observation. Et je fus bien certain de voir une raideur quand les lèvres de Karai touchèrent les siennes. Je vis aussi qu'il fut celui qui brisa le baiser. Pour aussitôt guetter ma réaction. Je serrai les poings Karai s'en aperçut.

-Léo trésor, ne sois pas jaloux, viens…

Je m'approchai à contre cœur. Karai m'embrassa langoureusement et me fit asseoir entre elle et Max. Durant mon baiser avec Karai, il avait détourné les yeux, j'en étais certain. Puis, Karai proposa :

-Embrasse Léo.

Je n'eus pas le temps de dire quoique ce soit que deux lèvres possessives capturaient les miennes. Et je sentis des mains frémissantes sur mon corps. Puis, une constatation m'apparut :

Il ne goutait pas l'alcool. Et le baiser qu'il m'avait donné n'avait absolument rien à voir avec celui qu'il avait donné à Karai. De plus, à tous les trois mots, il prononçait mon prénom, mais il n'avait jamais dit celui de Karai. Et de plus, son regard fixe me dérangeait. Je me dégageai et couru prendre un katana sous mon oreiller et le pointa sur Max.

-Qui êtes-vous? Je veux la vérité. Il est évident que vous êtes ici pour moi et non pour Karai.

Karai enragée abaissa la lame sous la gorge de Max.

-Relaxe, Léo. Tu le mets mal à l'aise avec ta jalousie, c'est pour cela qu'il n'ose pas. N'est-ce pas, Max? Léo est ok. N'est-ce pas Léo? Max peut me prendre? J'en ai envie là. Caresse-moi en même temps, Léo.

Je fermai les yeux. Je pouvais le faire pour Karai. Mais tous mes sens étaient en alerte. Je remarquai qu'à chaque fois que j'embrassais Karai, Max essayait d'attirer son attention ailleurs pour briser notre étreinte. Mais je demeurais les yeux clos. Je ne voulais rien voir. Mais j'entendais les hurlements de plaisirs de Karai et cela me perçait le cœur. Je voulais que ce mauvais rêve cesse.

Puis, j'entendis Max gronder :

-Tu aimes ca, salope?

Je sursautai de rage :

-Ne l'appelle pas comme ça! C'est irrespectueux!

Karai m'interrompit en colère :

-Pour l'amour du ciel, Léo, tais-toi! Tu gâches tout!

Je me levai du lit en colère. Elle poussait trop loin

-Je vais vous laisser puisque je gâche tout.

Max arrêta et me prit le poignet.

-Non, reste. J'ai terminé avec elle.

Karai alla répliquer quand Max lui dit calmement :

-Tu as eu trois orgasmes. Et tu as l'air fatiguée. C'est au tour de Léo.

Karai haussa les épaules et accepta.

Max se retourna vers moi avec des yeux brillants de convoitise.

-Léo, retire ta chemise.

Je secouai la tête et me raidit

Karai me hurla dessus :

-Enlève ta putain de chemise!

Je déboutonnai ma chemise avec rage, puis la mise en boule et la lança

Max me regarda silencieusement.

Puis, doucement il me dit :

-Tu es vraiment…parfait, Léo

Karai brisa l'atmosphère en minaudant :

-Oui, j'ai vraiment eu bon gout…

Je bougonnai :

-Arrête de parler de moi comme si j'étais ta chose, Karai!

-Mais, tu es ma chose, Hamato Léonardo.

J'ouvris la bouche pour protester quand Max me coupa :

-Ça suffit! Cesse de l'insulter sinon je m'en vais. Il reste de la boisson dans la cuisine. Prends-toi un verre et laisse-nous.

Et Karai…obéit.

-Ne pars surtout pas Max. Je veux encore trois orgasmes.

Il lui fit un geste négligent de la main comme s'il renvoyait une domestique.

Soudain, j'eus peur. Je me reculais. Il me prit alors le visage doucement :

-Léo. Tu dois te relaxer. Je ne te ferai aucun mal. Je serai doux. Aies confiance.

-Je n'ai pas envie, tu saisis? Je n'aime pas les hommes.

-Ta princesse le veut. Et quand je t'ai touché tout à l'heure…tu semblais….réceptif?

-Du tout, j'analysais la situation.

-Tu es un fin stratège, toi? Ce n'est pas un champ de bataille, Léo. Laisse-toi aller. Sinon, elle sera déçue de toi.

-Non, tant pis pour les conséquences avec Karai. Si elle ne m'aime pas assez pour me respecter et bien tant pis.

-Mais que feras-tu?

-Peu importe, je ne veux pas!

Je tremblais comme une feuille.

-Léo. J'ai compris. Je ne te toucherais pas, promis. Je ne croyais pas…que ça serait si pénible pour toi. Je suis désolé. Attendons qu'elle s'endorme et je partirai. Nous pouvons…bavarder en attendant. J'ai une question. Est-ce parce que tu ne me trouves pas séduisant?

-Non, Max. Je suis désolé si cela t'offusques…c'est juste que…

Karai m'interrompit du pas de la porte :

-c'est le t-shirt rouge, N'est-ce pas Léo? Léo a horreur de cette couleur. Elle le mets dans tous ses états. Il m'a obligé à jeter mes vêtements rouges vif. Enlève ton t-shirt Max, j'ai envie de te voir et Léo aussi, surement.

Je vis l'exaspération dans le regard de Max.

-Non, Léo ne veut pas me voir et de toute façon, je ne peux enlever mon t-shirt à cause de mes cicatrices.

-Léo, bébé. Je t'en prie, laisse-toi faire. Je vais rester près de toi, mon amour. D'accord, j'ai juste envie de regarder. Tu comprends, mon chou? Tu me regarderas moi, ok, bébé?

J'hésitais. J'aimais quand Karai me parlais doucement. Mais soudain, je ressenti une aura de rage provenant de Max. Je devais la protéger.

-Karai. Je suis un peu nerveux. Laisse-nous entre hommes. Je t'appellerais plus tard, d'accord?

Karai vint pour répliquer mais Max lui ordonna;

-Sors.

Elle sortit.

Je jetai sèchement à Max.

-Fais-le.

-Mais, Léo…

-Tu es meurs d'envie, non? Karai aussi! Alors, prends-moi.

-Ce n'est pas ainsi que….

Je lui coupai la parole en l'embrassant

Il hésita quelques secondes puis me rendit le baiser avec chaleur. Tout se déroula comme dans un rêve avec un naturel que je m'étonnais d'avoir. Max était insatiable et me couvrait de caresses. On ne m'avait jamais démontré autant de passion depuis Raph. Il ne cessait de répéter mon nom comme une litanie. Après mon troisième orgasme et son second, il retomba épuisé.

-Ouf! Ca faisait si longtemps!

-Que?

-Je n'avais pas fait L'amour…

Mon malaise revient au mot amour….

Il reprit :

-Dis-moi la vérité, Léo. As-tu aimé ça?

-Oui….

-Tu n'as pas de honte à avoir. Beaucoup de personnes sont bisexuelles. Mes frères le sont.

-Et, toi aussi, non?

Il haussa les épaules et me rapprocha de lui dans une étreinte.

Il me serrait si fort que je commençai à paniquer….Oui d'accord, nous avions eu du sexe, ce n'étais pas une raison pour devenir si…intimes...J'étais bien, mais mon instinct refusait de me laisser aller à ce bien-être. C'était mal. J'aimais Karai.

-Oui, je sais qu'il n'y a pas de honte à avoir….c'est juste qu'une relation entre deux hommes ne peut avoir autant de signification. Je veux dire, on ne peut avoir d'enfants.

Je le sentis se raidir de tout son être.

-Est-ce que ça va? demandais-je, concerné. J'ai dit quelque chose?

-Euh. Pour moi, les enfants sont un sujet sensible….je…j'ai perdu les miens.

Je portai ma main à ma bouche.

-Je suis affreusement désolé, Max. tu ne veux pas…en parler.

Sa voix changea.

-J'aimais quelqu'un qui s'est fait avorter…Je n'en suis pas tout à fait remis.

-Oh. Et vous n'êtes plus ensemble à cause de cela?

-C'est compliqué, Léo. Mais tout est de ma faute….l'autre ne voulait pas d'enfants. J'ai insisté. Je l'ai perdu. N'en parlons plus. Il est presque jour, Léo. Tu dois être fatigué, non? Je vais reprendre mon souffle quelques minutes puis si cela te convient, je vais prendre une douche ici et rentrer.

Je me souviens alors qu'effectivement, je DEVAIS être fatigué étant donné que la boisson était surement droguée. Je fis semblant d'avoir sommeil, bailla, et ferma les yeux.

Je sentis le regard de Max sur moi très longtemps. Comme s'il voulait graver chacun de mes traits dans sa mémoire. Puis, il poussa un long soupir et déposa un baiser chaste sur mes lèvres. Je l'entendis se déplacer silencieusement, prêt à intervenir s'il s'avisait de pénétrer dans le salon ou était Karai. Mais il alla à la salle de bain et ouvrit la douche. J'entendis quelques instants puis silencieusement alla au manteau de Max. Je devais lire les textos de ce Mikey. Voir ce qui avait fait le bruit de métal, lourd. J'eus ma réponse rapidement quand ma main rencontra un saï.