POV Fred :

Pourquoi cela lui avait-il fait si mal ? Il avait juste voulu qu'elle pose de nouveau ses lèvres sur les siennes. Pourquoi s'être reculée ? Il avait l'impression qu'on lui avait refusé une friandise, un cadeau, ou autre chose de très agréable.

Cela ne lui plaisait pas du tout. Il avait toujours eu un petit côté enfant gâté et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait changer.

Fred fronça les sourcils et fixa d'un regard dur Hermione. La jeune femme tiqua. Elle le regarda d'abord avec étonnement puis avec tristesse.

« Comment ça « garder l'avantage » ? Je ne joue pas avec toi 'Mione. Depuis hier soir, je ne veux qu'une chose, c'est que tu m'embrasses. Ne te méprends pas, je ne suis pas amoureux de toi mais ta présence me rassure. Quand tu n'es pas là je me sens seul. C'est étrange… »

Il la tira vers lui et l'assit sur ses genoux. Lui enserrant le ventre et, l'empêchant de se débattre, il se laissa tomber en arrière sur le canapé et posa son menton dans le cou de la jeune femme.

« Pourquoi me fais-tu cet effet 'Mione ?

- Te faire quoi ? Protesta la brune. Je ne fais pas exprès ! Ce n'est pas ma faute !

- Tu ne fais quand même pas beaucoup d'efforts, se moqua-t-il. Ce n'est pas venir m'embrasser alors que j'essaye de dormir qui arrangera nos affaires.

- De quelles affaires tu parles ? Qu'est ce qu'il faut arranger ? »

La voix de la jeune femme était mutine. Le rouquin sourit en coin et entreprit de lui chatouiller les côtes.

« Aah ! Arrête Fred ! Arrête ça tout de suite ! »

Se tortillant comme elle pouvait, Hermione finit par réussir à éloigner les mains du rouquin de son ventre, mais celui-ci lui fit bien vite remarquer que sa nouvelle situation n'était pas mieux.

Elle se retrouvait allongée sous Fred, qui, d'un simple mouvement de tête, pouvait lui capturer les lèvres. Il était en position de force, et en profitait largement. Elle tenta vainement de se dégager mais le rouquin emprisonna ses poignets dans une main et passa la seconde sur sa joue.

« Tu sais que tu es mignonne comme ça ?

- Arrête Fred, n'importe qui peut arriver ! »

Sans desserrer sa prise, le jeune homme se pencha vers elle et lui embrassa doucement la joue tandis que son autre main se posait sur la hanche de la brune. Hermione frissonna.

« Est ce que c'est vraiment grave 'Mione ? Susurra-t-il.

- Arrête… Marmonna vaguement la jeune femme alors que le rouquin lui soufflait doucement dans le cou.

- Pas envie… »

Il continua de lui embrasser doucement le cou en humant au passage son odeur enivrante. Il oublia complètement l'endroit où il se trouvait pour ne se concentrer que sur elle. Elle. La douceur de sa peau, le goût d'amande de ses lèvres, l'odeur parcheminée de ses cheveux. Tout en elle était désirable.

« Arrête. »

Le ton ferme de la jeune femme fit tiquer le rouquin. Il ne lui lâcha pas les poignets mais se redressa. Il était vexé. Affreusement vexé ! C'était stupide.

Quelque chose dans les yeux d'Hermione le poussa à ne pas protester et il la laissa se dégager sans difficulté.

Sans un mot, elle se leva et quitta la pièce. Il resta un long moment immobile, tentant de calmer la vague de désir qui l'avait consumé un instant plus tôt.

Avait-il fait quelque chose de mal ? Pourquoi était-elle partie ? Mais c'était-elle qui était venue le trouver ! Si elle ne voulait pas de lui pourquoi l'avait-elle embrassé ? Fred ne comprenait plus.

Mais si elle ne voulait pas de lui, il n'insisterait pas. Il la laisserait tranquille, même si cela devait le faire souffrir. Il l'avait promis à George. Et il tiendrait sa promesse.

POV Hermione :

D'accord… Oui… Il voulait vraiment aller plus loin. Et Hermione n'était pas contre. Mais pas sur le canapé ! Elle ne tenait pas à ce qu'Harry ou Ron ou n'importe qui les voient comme ça ! D'abord parce que c'était affreusement gênant. Ensuite parce que c'était quelque chose entre elle et Fred. Personne d'autre. Déjà qu'elle n'aimait pas trop que Ginny et George soient au courant…

Bon, c'est vrai que planter le rouquin sur le canapé sans une seule explication n'avait pas été très intelligent. Mais elle avait eu peur. Peur de ce qui pouvait arriver. Peur de ce que ça pourrait entraîner.

La brune s'était réfugiée dans sa chambre et s'était roulée en boule sur le lit de Ginny, le dos appuyé contre le mur, dans un geste de protection.

Mais qu'est ce qui lui posait réellement problème en fait ? Rien. Elle avait tout simplement adoré le contacte des lèvres du jumeau sur les siennes, celui de son souffle sur son cou. Elle aurait aimé aller plus loin. Mais pas là, pas à cet instant. Pourquoi avait-elle fuit ? Parce que si elle était restée, elle n'aurait pas été capable de se retenir plus longtemps.

Elle appréhendait à présent de croiser Fred. Pourrait-elle se contrôler si son regard se noyait dans celui enjôleur du jeune homme ? Si sa peau tannée frôlait la sienne par hasard ? Pas sur…

« 'Mione ? »

La voix de Ginny était douce, comme si elle craignait de casser son amie en parlant trop fort. Mais Hermione se redressa et fit un petit sourire à celle qu'elle considérait presque comme la petite sœur qu'elle n'avait pas eue.

« Salut Ginny. Tu étais où ? Quand je suis descendue tu étais dans la chambre mais quand je suis revenue, tu n'y étais plus. Pourtant je ne t'ai pas vu passer. »

La rouquine fit un sourire gêné.

« Tu étais un peu trop occupée pour me remarquer… »

Hermione sentit le feu lui monter aux joues.

« Quand est-ce que tu…

- Quand tu étais sur les genoux de mon frère. »

La brune laissa tomber sa tête sur ses genoux dans un geste mortifié. Elle l'avait bien dit ! N'importe qui aurait pu les voir. Encore heureux que ça n'ait été que Ginny. Elle sentit le matelas s'en foncer un peu quand son amie s'assit à côté d'elle.

« Qu'est ce qu'il s'est passé ? Demanda celle-ci.

- Rien.

- Arrête de me mentir, lui reprocha Ginny, agacée, J'ai croisé Fred en montant et il n'avait pas l'air bien du tout. Ce qui n'était absolument pas le cas quand je vous ai vu. Que s'est-il s'est passé ? »

Hermione ne répondit pas tout de suite, sentant sa gêne devenir plus grande à chaque instant.

« On s'est retrouvés… dans une position… Plutôt compromettante si quelqu'un était passé. J'ai eu peur du résultat et je me suis enfuie sans lui expliquer quoi que ce soit. »

Ginny grimaça affreusement. Mais à la grande surprise de la brune, ce n'était pas à cause de son comportement. La rouquine pris une grande inspiration et expliqua avec un sourire tordu entre l'amusement et le dégoût :

« Hermione c'est vraiment par ce que je vous aime tous les deux que je fais ça. Mais plus jamais tu ne me feras parler des folies sexuelles de mes frères ! »

Un petit silence passa puis les deux jeunes femmes éclatèrent de rire. Mais bientôt, la benjamine Weasley reprit son sérieux.

« Bon… Ce n'était pas très malin de la part de Fred de vouloir faire ça sur le canapé. Mais en même temps, tu n'aurais pas dû le planter quand même… Il ne doit plus rien comprendre. D'autant que c'est toi qui est venu l'embrasser.

- Je sais ! Gémit Hermione.

- Alors si j'étais toi – et que mon frère n'était pas mon frère – j'irai le voir pour lui expliquer mon comportement et m'excuser.

- Tu as raison, décida l'aînée des deux jeunes femmes. C'est ce que je vais faire. »

À cet instant, la porte de la chambre s'entrouvrit sur Bill qui passa sa tête dans l'entrebâillement.

« Les filles ?

- Ah ça y est vous êtes rentrés ! On se demandait si vous ne vous étiez pas perdus ! », s'écria Ginny, un grand sourire sur les lèvres.

Sans répondre, Bill lui tira la langue et enchaîna tout de suite:

« On mange. Vous venez ?

- Tout de suite ! Répondit Ginny. Mais avant… »

Sans que son frère n'ait rien pu faire pour éviter, un oreiller lui arriva dessus à la vitesse d'une chouette postale, Ginny brailla :

« La prochaine fois tu frapperas avant d'entrer! »