HΘLIDAYS

- 2ème partie -

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Cinq ans plus tard

"Il y avait l'Été et ses deux soeurs, Printemps et Automne. Il y avait l'Été et son frère, Hiver.

Ensemble, ils formaient les Quatre Saisons.

Toutes reliées entre-elles par un court laps de temps, nommé vacances.

Il y avait Natsu et ses deux soeurs à la fois proches et lointaines, Haru et Aki. Il y avait Natsu et son ennemi, Fuyu.

Séparés, ils formaient Quatre Êtres À Part Entière.

Tous dissociés par un court laps de temps ; celui de leur apparition dans sa vie.

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Prologue

Dans une autre vie, je t'aurais fait rester. On aurait été heureux, ensembles, à partager des secrets. D'autres t'auraient supplié mais, tu serais parti si je ne t'avais pas retenu dans cette autre vie. On aurait échangés de nouvelles futiles promesses en pensant que "Demain sera meilleur qu'Aujourd'hui.".

Dans cette autre vie, tu ne serais pas loin à m'oublier à chaque nouvelle bombe de seconde. Notre bonheur serait connu de tous et notre amour, écœurant, étincelant, éclatant. Nous aurions vécu dans une belle demeure avec des voitures à moteur puissant et un bel étalon. Tu m'aurais demandé en mariage le soir du bal de promo et j'attendrais notre fille, Nashi, issue de notre lune de miel. Nous serions heureux. Notre chat, Happy (Cela veut dire "joyeux", on serait extrêmement prétentieux.) aurait dans son pelage des reflets bleutés grâce à des soins de toiletteurs professionnels. Son nom parait ridicule mais, nous le serions. Ridiculement bien dans notre amour.

Dans une autre vie, je t'aurais fait rester comme une égoïste mais, tu ne m'en aurait pas voulu. Tu aurais compris. On aurait passé notre temps à parler du futur, à faire des projets en vivant les bons moments. Oui, quelques disputes auraient eu lieu à propos de cette fille, aux entraînements de boxe, qui t'aurait tourné autour et tu m'aurais menti en disant ne jamais l'avoir remarqué. Tu m'aurais prise dans tes bras en me donnant des promesses, des espoirs, en me jurant ne pas l'avoir touché. Et…, j'aurais pleuré, en te sachant mentir.

Dans une autre vie, tu serais quand même partis. Me laissant seule, avec Nashi. Dans une autre vie, tu m'aurais aimé, le temps d'un baiser. Dans une autre vie, tu aurais failli rester… Mais tu ne l'as pas fait.

Dans cette vie, lorsque je me réveille le matin, tu n'es pas à côté à sourire. Il n'y a pas d'éclat dans tes yeux éveillés puisque, tu es partis. Nashi n'existe pas. Elle n'a pas de longs cheveux blond et lumineux, ni d'intenses yeux onyx. Elle ne possède pas ces adorables petites fossettes aux creux des joues comme toi lorsque tu souris. Elle n'est pas là. D'un côté, j'en suis assez triste. Avec elle, au moins, je ne me sentirais pas si seule dans cette vie. J'aimerais tant oublier tes belles paroles et mes regrets qui se sont accumulés mais, la promesse de ton retour continue à miroiter, en ondes de chocs de perles salées.

Un nouvel été est annoncé, un de plus après notre dernier commun. J'espère que cette fois-ci tu viendras mais, quelque chose en moi me dit que tu resteras encore là-bas, à la gare de Gone City, à hésiter, pendant que je t'attendrais sur le même quai qu'il y a cinq ans. Il n'y aura rien de magique, rien de fantastique. Pas de hiboux, de sorciers fous, de chaudrons ou même de collision avec un mur. Je t'attendrais bien, près de là où de stupides gamins se sont amusés à taguer un 9 ¾ pour faire comme. Je m'installerais sur un bac, un livre à la main que je ne pourrais pas ouvrir à cause de ma fichue manie de fixer l'heure toutes les cinquièmes de secondes pour attendre ton supposé train, et j'attendrais. Deux minutes, puis trois, dix même.. A la onzième, je me dirais qu'il faudrait que je parte, que si tu n'es pas sorti du wagon parce que tu n'y es pas. Et finalement, je me lèverais, trente minutes plus tard en me disant que mon ticket de parking avec une heure gratuite va expirer. Et je m'en irais. Encore. Seule. Sans Espoir.

Dans une autre vie, tu serais peut-être resté. En attendant celle-ci, garde tes belles promesses. Cette fois, c'est décidé, je n'irais pas. Je vais débuter l'été en ne pensant plus au passé, à toi et mes rêves poussiéreux. C'est terminé, je suis lasse. Tu peux rentrer, si tu le souhaites mais tu ne le feras pas parce que dans une autre vie, j'aurais pu te quitter. Lassée de belles promesses, de secrets et de fadaises, je t'aurais abandonné, au merveilleux pays, au volant d'une pure sang. Sans me retourner pour te voir en larme, sur le perron, comme je l'ai été à mes quinze ans lorsque je t'ai attendu encore et encore pour te rendre cette maudite écharpe. Tu te souviens de mon mot, ce jour-là. Il pourrait encore fonctionner, cinq ans plus tard.

« Cher Natsu,

J'aurais aimé te dire au revoir. J'aurais aimé te remercier pour ta gentillesse et ta bonté. Te dire à quel point j'ai été heureuse en sachant que tu étais mon ami. Te donner un adieu digne de ce nom. Te dire à l'été prochain…

Mais, tu n'étais pas là Natsu. Tu n'étais pas présent alors que tu me l'avais promis.

Que dois-je penser de toi ?

Tes belles paroles m'ont fait rêver avant de réaliser que tes actes me faisaient à nouveau chuter. Moi qui m'étais sentie si bien, l'espace d'un instant.

Où es-tu alors que j'ai besoin de toi, Natsu ?

Je dois partir vers Crocus, il est l'heure. J'ai déjà trop tardé à espérer en vain. Finalement, tu es comme les autres. Tu te fais doux et attentionné un temps avant de me fuir pour je-ne-sais-quelle-raison. Voilà pourquoi je ne voulais pas te parler. Voilà pourquoi je ne voulais pas que tu me connaisses. Je te déteste pour ça, Natsu Dragneel.

Adieu, Lucy Heartfilia, d'il y a cinq ans»

Dans une autre vie, on n'aurait pas pu être amis; encore moins amoureux. On ne se serait jamais rencontré et tout aurait été terminé avant même d'avoir commencé. Tu devais être l'Aube mais n'as pu être que l'étourdissant Crépuscule. Je devais être quelque chose mais, tu n'as jamais dit quoi. N'importe qui mais pas la femme qui regarde son mari partir tous les matins et qui retrouve les boucles d'oreilles sous les sièges d'une Porsche.

On aurait pu être heureux, dans une autre vie mais, dans celle-là, de vie pourrie...

Tu es bien partis.