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Le dernier chapitre n'a pas remporté de succès. Est-il bien utile que je persiste et publie la suite ? Comme pour « Résolution », je tente ma chance mais réserve ma décision.

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Bonne lecture malgré tout.

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Chapitre 9 : Pause détente

Deux heures après avoir regagné la chambre, les deux hommes étaient fin prêts à la quitter à nouveau après une petite sieste courte mais réparatrice. Douchés et changés, ils étaient tous deux motivés pour passer quelques heures loin de l'atmosphère électrique qui entourait l'équipe de Tony.

Ils réussirent à s'échapper de l'hôtel en empruntant la sortie des parkings pour être certains que personne ne les arrêterait. Ils éclatèrent de rire lorsqu'ils parvinrent à gagner la rue sans avoir été inquiétés. Ils étaient comme deux adolescents qui voulaient sortir sans être vus de leurs parents.

Ils flânèrent avant que Tony ne signale une enseigne qui avait attiré son regard, celle d'un club de jazz.

« Intéressant » dit-il. « Ils laissent les clients jouer. »

« Tu veux y aller ? » questionna Steve.

« J'avoue que jouer quelques airs me tente » avoua l'italien en souriant presque timidement.

« Tu joues ? Vraiment ? » s'étonna l'ex Seal, surpris par l'aveu.

« Piano et guitare » précisa le fédéral.

« Ok, on y va » décida l'hawaïen sans cacher son intérêt. « Je veux t'entendre jouer et même si le jazz n'est pas mon style préféré, ça ne me déplait pas non plus. »

« Dans ce genre d'endroit, le jazz domine mais tous les styles peuvent être joués, tu sais. »

« Tant mieux, du bon vieux rock and roll ne serait pas pour me déplaire. »

« Tu n'auras qu'à ajouter ton choix sur le tableau ou dans le bocal suivant la méthode que le club a choisi. »

« Le tableau ? Le bocal ? » questionna Steve totalement perdu.

« Certains soirs, les clients ont le droit de choisir ce qu'ils désirent entendre. Le patron met alors à leur disposition de quoi noter le titre qu'ils veulent écouter et le pianiste pioche dans le bocal ou joue le titre noté sur le tableau dans l'ordre où ils sont inscrits. »

« Ah ! Et si le pianiste ne connait pas ? »

« Il peut céder sa place ou passer le titre et continuer. »

Les deux hommes pénétrèrent dans le club déjà bien rempli. Ils furent installés à une table libre proche de l'estrade où un piano trônait fièrement, solitaire attendant que quelqu'un veuille bien lui accorder une quelconque attention.

« Le piano est disponible ce soir ? » demanda Steve à la serveuse qui les plaçait.

« Personne n'a encore réservé son usage pour le moment » le renseigna-t-elle. « Vous désirez jouer ? »

« Pas moi, non mais mon ami ici présent m'a promis une démonstration de son talent » précisa-t-il.

« Ok, je vais chercher le bocal et avertir les clients qu'ils peuvent déposer leurs souhaits. »

Elle alla avertir son patron qui monta sur l'estrade et fit l'annonce. De petits blocs et un stylo étaient déposés sur chaque table pour permettre de noter le choix. Steve regarda plusieurs clients se concerter avant d'écrire sur une feuille. La serveuse passa ensuite de table en table et récupéra les petits papiers avant de déposer le bocal sur le piano.

« Quand vous serez prêt, vous pourrez vous installer » déclara-t-elle en passant près de Tony.

Leurs boissons servies, Tony sirota un moment la sienne avant que les yeux de Steve ne lorgnent sur le piano l'invitant à aller jouer. L'italien lui sourit chaleureusement, lui tapota la main avant de se lever et de rejoindre l'estrade. Il s'installa sur le tabouret, fit courir ses doigts sur le clavier et plaqua quelques accords afin d'apprécier la sonorité de l'instrument. Il jeta un regard vers Steve qui l'encouragea d'un geste.

Il prit une profonde inspiration et commença à jouer. Bien vite, il fut pris par la musique et joua plusieurs morceaux d'affilée sans s'interrompre. Il ne remarqua pas le silence qui s'installa peu à peu au fil des minutes, il était dans un monde qui lui était familier mais qu'il n'explorait pas assez souvent à son gré. Il finit par faire une courte pause qui fut accueillie par des applaudissements qu'il remercia d'un signe de tête.

Il tendit la main et piocha un papier, lut le titre et le déposa sur le piano. Il se concentra quelques secondes avant de laisser ses doigts l'entrainer à nouveau dans une bulle sécurisante qui le rassurait toujours. Les uns après les autres, les succès s'enchainèrent pour le plus grand plaisir du public qui respecta le talent du pianiste en écoutant religieusement le répertoire sans troubler le musicien par des bavardages intempestifs.

Une heure et demie passa ainsi avant que Tony ne sente ses doigts réclamer un arrêt définitif pour cette soirée. Il laissa les dernières notes mourir et resta quelques minutes sans bouger avant finalement de se lever. La salve d'applaudissements qui salua sa performance lui fit chaud au cœur surtout venant de la part d'inconnus. Il fit une révérence pour les remercier et regagna sa place.

Il prit son verre que Steve avait fait remplacer par une bière fraîche et but tranquillement quelques gorgées. Finalement, il eut le courage de regarder son compagnon qui lui adressa un sourire avant de tendre la main, paume ouverte invitant celle de Tony à se joindre à elle. L'italien le scruta puis lentement avança la sienne qu'il plaça dans celle de Steve. Les doigts s'enlacèrent puis l'hawaïen se pencha pour y déposer un baiser sans prêter la moindre attention à ceux qui pouvaient les voir.

« C'était magnifique, Tony » dit-il ensuite d'une voix émue. « Merci pour m'avoir réconcilié avec certaines mélodies qui me touchent personnellement beaucoup. »

« Heureux que tu aies apprécié » répondit modestement l'italien.

« Je serais curieux de t'entendre dans un répertoire plus classique, tu dois être fantastique dans un tel registre » remarqua Steve.

« Un jour peut-être, tu pourras juger de mon style » offrit l'agent.

« Bientôt, j'espère » soupira l'ex Seal.

Tony se contenta de lui sourire mystérieusement avant de terminer son verre. Il observa ensuite son compagnon quelques instants avant de poser une question à son tour.

« Et toi, tu joues d'un instrument également ? »

« Guitare mais je ne connais certainement pas un répertoire aussi vaste que le tien » l'avertit d'emblée l'hawaïen.

« Je joue depuis mon plus jeune âge » lui indiqua Tony. « Ma mère voulait que je devienne un hôte parfait et dans le milieu où elle a grandi, il était d'usage que les filles soient musiciennes. Comme elle n'avait qu'un fils et pas de fille, elle m'a appris le piano. »

« De quel milieu venait-elle ? » demanda Steve.

« Ma famille maternelle est anglaise, comme je te l'ai dit » rappela son ami. « Ma mère était la fille cadette d'un comte donc elle était d'ascendance noble. Elle m'a élevé en partie comme si j'étais susceptible de devenir un pair du royaume, ce que je ne serais jamais. J'ai eu droit aux leçons de piano et de danse, d'étiquette et d'équitation. J'ai peu fréquenté l'école durant ma petite enfance, ma mère avait engagé des professeurs privés. »

« Tu es assurément quelqu'un de spécial, Anthony DiNozzo pour être devenu un homme qui ne met pas en avant ses nobles origines » nota Steve en lui tapotant la main. « Tu es singulièrement détaché à ce sujet. »

« Je n'ai jamais très fréquenté ce côté-là de mes origines et je n'ai donc pas de prétentions particulières en la matière. Je me suis rendu en Angleterre en tout et pour tout à cinq reprises durant ma vie. J'ai rencontré les frères ainés de ma mère et quelques cousins mais je ne peux pas dire que je les connais plus que ça. »

« Tu as du sang bleu dans les veines alors » s'exclama le chef du 5-0.

« Steve, chut » l'implora l'italien. « Je suis en effet à demi noble mais dans la mesure où mes oncles ont la préséance en matière de lignée et d'héritage et que j'ai plusieurs cousins qui seront en lice pour le titre, je ne serais jamais détenteur du titre de comte. »

« Dommage, j'aurai bien aimé passer quelques semaines par an dans un authentique château anglais avec des domestiques à mes ordres » plaisanta l'hawaïen.

« Si le cœur t'en dit, je peux toujours t'y emmener » suggéra doucement Tony. « Sans doute ma famille sera-t-elle surprise de me revoir après tant d'années mais je ne pense pas qu'elle se formalise de ma visite. Mon oncle Clive m'a toujours expressément invité à revenir les voir, seul ou accompagné. »

« Que penserait-il si tu débarquais avec ton amant comme compagnon de voyage ? »

« Pas grand-chose et certainement rien de négatif » précisa tranquillement Tony. « L'un de ses fils est homosexuel et il ne l'a jamais rejeté comme bon nombre de ses semblables l'ont fait avec leur progéniture. »

L'italien laissa passer quelques minutes avant de s'enquérir à son tour des origines de son compagnon.

« Et toi, Steve. Je sais que ton père était policier, que tu as servi dans la Navy en tant que Seal » énuméra-t-il. « Ta mère était-elle une mère au foyer ? »

Son amant baissa la tête un moment comme s'il soupesait ce qu'il allait dire ou s'il allait même répondre à la curiosité de l'italien. Il releva finalement la tête et avala une gorgée de sa boisson avant de satisfaire son ami en répondant à sa question.

« Ma mère nous a élevés, ma sœur et moi, par intermittence » commença-t-il. « Elle s'absentait de temps en temps sans que nous ne sachions où elle allait. Même mon père ne le savait pas et j'ignore encore aujourd'hui s'il soupçonnait ce qu'elle faisait durant ses périodes loin de nous. »

« Suggères-tu que ta mère avait une double vie ou qu'elle avait un job particulier ? » demanda Tony, intrigué par le ton de sa voix.

« Pas de double vie, non encore que ce serait plus facile à accepter » maugréa l'hawaïen.

« Donc elle travaillait comme espionne » avança l'italien avec conviction. « CIA ? »

Steve lui jeta un regard incrédule, sidéré par la conclusion à laquelle son compagnon était parvenu sans même connaitre tous les faits.

« Déduction logique » souffla Tony en haussant les épaules.

« Pas si logique que ça quand même » rétorqua Steve. « Je n'ai découvert son secret qu'il y a quelques mois à peine lorsqu'elle s'est présentée un soir à ma porte. Je ne suis pas certain que mon père en ait eu connaissance lors de sa présumée mort causée par l'explosion de sa voiture. J'étais déjà adolescent à l'époque et je pouvais parfaitement comprendre mais il ne m'a jamais parlé de ça. Je doute vraiment qu'il ait été au courant de sa 'vie secrète'. »

« Etait-elle un agent dormant ? »

« Je pense que c'était le cas. Je ne sais pas si la raison était notre naissance ou autre chose mais d'après les quelques informations que j'ai pu recueillir, elle a dû se mettre au vert après une mission. C'est là qu'elle a rencontré mon père, l'a épousé et est devenue mère. Elle a été rappelée en service peu de temps après mon seizième anniversaire et l'explosion était une manière de la faire sortir de notre vie sans que nous ne cherchions plus loin. Nous avons toujours pensé que c'était mon père qui était visé et non elle. »

« C'est moche de priver ainsi des enfants de leur mère » affirma l'italien. « C'est pour cette raison que je n'aime pas travaillé avec la CIA si je peux l'éviter. Elle cherche toujours de nouvelles têtes et leurs chasseurs sont diablement obstinés lorsqu'ils ont repéré un élément prometteur. »

« La CIA a déjà cherché à te recruter ? » s'enquit Steve d'un ton étonné.

Tony se pencha un peu plus pour être plus proche de son amant et pouvoir discuter sans trop éveillé l'intérêt des tables voisines.

« Il y a quelques années, j'ai effectué une longue mission sous couverture qui s'est terminé par le démantèlement d'une famille mafieuse » raconta-t-il. « J'ai réussi là où plusieurs agents du FBI, de l'ATF et de la DEA avaient échoué depuis plusieurs années. Moi, petit détective inconnu qui débarquait en ville, je suis parvenu à m'infiltrer parmi le personnel proche du Parrain en l'espace de quelques semaines. Mon charme et mon culot ont vite été repéré par le Capo, le second du Parrain. Sa fille cadette s'est même entichée de moi et voulait que je sois le futur père de ses enfants. En six mois, j'ai rassemblé toutes les informations vitales sur leur organisation, ce qui a permis de démanteler tout le réseau. »

« Waouh, quelle formidable ascension ! » souffla le Seal. « Pas étonnant que tu aies attiré l'œil de certaines agences. Un sacré coup de filet pareil a dû en énerver plus d'un. »

« Oui, un certain agent de la CIA, Kort m'a fait savoir que j'avais empiété sur ses plates-bandes mais que dans la mesure où j'avais mis en déroute une famille mafieuse aussi réputée, il me pardonnait » ricana Tony sarcastiquement. « Deux semaines plus tard, ils envoyaient un de leurs chasseurs de tête avec une proposition plutôt alléchante. Des avantages quasi impossibles à refuser. »

« Et tu l'as envoyé balader » nota Steve.

« Plutôt, oui ! » gloussa Tony. « Je lui ai crevé les pneus de sa voiture en prime pour avoir tenté de m'intimider pour me forcer à accepter leur offre. »

« Mon dieu, tu es vindicatif ! » souligna son compagnon, amusé par l'audace de l'italien.

« Je peux être très imaginatif dans mes actes lorsque je suis acculé » déclara-t-il d'un ton sérieux. « Et le saccage de ses pneus était somme toute une action très minime. »

« Sont-ils revenus à la charge ? »

« Hum, hum, ils ont dû garder un œil sur moi. Lorsqu'il s'est avéré que mon équipier était un flic véreux, ils se sont pointés à nouveau et ont fait pression pour que j'accepte leur offre en me menaçant de tout dévoiler dans la mesure où je n'avais pas dénoncé mon partenaire aux Affaires Internes. »

« Qu'as-tu fait alors ? »

« Je leur ai fourni quelques documents que j'avais conservé de ma mission sous couverture dans la mafia. Documents compromettants pour non seulement certains de leurs employés mais aussi pour un ou deux patrons » confia l'italien avec un grand sourire.

« Bon sang, Tone, tu as joué un jeu dangereux là ! » s'exclama Steve d'un ton malgré tout mesuré malgré sa surprise.

« J'ai réussi à leur faire croire que plusieurs personnes détenaient des copies et qu'en cas d'accident, elles avaient pour instructions de les adresser à la presse. Ils ont dû penser que je ne valais pas que leur agence se retrouve au cœur d'un scandale, ils m'ont fichu la paix. »

Finalement, Tony décida de changer de sujet même s'il devait s'exprimer sur un autre tout aussi sensible.

« Tu as eu, malgré tout, la chance d'avoir ta mère auprès de toi durant ton enfance et ton adolescence » déclara doucement Tony. « La mienne a choisi une porte de sortie dramatique. J'ai déduit très tôt que ma mère n'était pas heureuse en ménage. J'étais jeune mais je n'ai jamais vu mes parents s'embrasser comme c'était le cas dans les films que nous regardions, ma mère et moi. Ses humeurs changeantes et son alcoolisme étaient des signes évidents que son mariage n'était pas un mariage d'amour mais plutôt d'intérêt, du moins pour mon père. Son accident de voiture a été un moyen de s'évader de sa triste vie. Mon père a toujours été un coureur de jupons effréné même durant leur union et avec des femmes plus jeunes que ma mère. Je pense qu'elle a toujours su qu'il la trompait et le jour où elle a découvert que sa maitresse du moment portait son enfant, elle a disjoncté. »

« Que s'est-il passé ? »

« Elle a voulu confondre mon père mais leur discussion s'est transformée en une monumentale dispute. Elle est sortie de son studio, est montée faire une valise pour elle et moi, m'a attrapé en chemin et m'a fait monter dans la voiture. Je pense qu'elle avait bu et elle n'a pas attaché sa ceinture de sécurité. Elle avait eu la présence d'esprit de boucler la mienne, ce qui fait que j'ai survécu et pas elle. Elle s'est cognée la tête lorsque la voiture a fait des tonneaux, elle avait une fracture du crâne et elle est décédée deux jours plus tard. Le reste, tu le connais » conclut-il.

« Qu'est-ce qui t'a poussé à devenir flic ? » voulut savoir Steve.

Il lui semblait que l'homme assis devant lui aurait pu… et peut-être dû faire ce qu'il voulait dans la vie avec autant d'atouts en poche. Une vie oisive, de riche nabab s'ouvrait à lui s'il avait poursuivi des relations avec sa famille maternelle. Que s'était-il donc passé qui avait fait basculer le jeune homme vers une vie au service de son prochain ?

« Mon père m'a déshérité comme je te l'ai dit à 12 ans pour satisfaire sa femme du moment » rappela Tony. « RIMA m'a permis de m'affirmer après avoir servi de tête de truc à des étudiants plus âgés. J'ai grandi d'un seul coup et je me suis mis au sport. Mes résultats étaient satisfaisants mais je ne voulais pas continuer dans cette voie. J'ai quitté l'académie et obtenu une bourse pour des études sportives à l'OSU (Université de l'Ohio). Durant trois ans, j'ai travaillé comme un dingue pour concilier études et travail à temps partiel pour payer mes frais de scolarité. Un soir où je flânais dans les rues de Baltimore à la veille d'un match de football, j'ai été le témoin et l'acteur d'un drame. »

Tony stoppa son récit le temps de se reprendre avant de poursuivre la partie difficile de son histoire. Il en avait encore parfois des cauchemars.

« Je suis passé devant un immeuble en feu et j'ai entendu des cris. Une voix si fluette que je savais qu'elle appartenait à un enfant. Sans réfléchir, je me suis précipité dans l'immeuble, je suis parvenu à l'étage de l'appartement en feu et j'ai défoncé la porte. J'ai réussi à trouver un gamin qui tentait désespérément de sortir. Je l'ai saisi et je me suis dirigé vers la sortie tandis qu'il voulait que je retourne à l'intérieur. Je me suis arrêté et j'ai entendu d'autres cris, les pleurs et les suppliques d'une fillette. J'ai hésité et au moment où je me suis décidé à tenter de la sauver également, le plafond de la pièce s'est effondré nous coupant la voie. »

Steve lui saisit la main pour le réconforter tout en sachant que l'histoire n'était pas terminée. En effet, Tony lui rendit l'étreinte avant de reprendre.

« J'ai réussi à sortir de l'immeuble en feu avec le gamin qui gesticulait pour tenter de m'échapper. Il criait qu'il fallait sauver sa sœur. Lorsque je suis arrivé dans la rue, j'avais les poumons en feu et le gamin pleurait à gros sanglots. Les pompiers sont arrivés et nous ont pris en charge jusqu'à l'arrivée de la mère du gamin. Lorsque son fils lui a dit que je n'avais pas sauvé sa sœur, je m'attendais à ce qu'elle me hurle dessus ou me maudisse. En fait, elle est venu, m'a enlacé et m'a remercié pour avoir sauvé un de ses enfants. Elle m'a même fait jurer de ne pas me sentir coupable de n'avoir pas pu le faire pour sa fille. C'était le destin selon elle, ce soir-là, elle ne devait pas sortir mais elle a dû aller à la pharmacie. »

Tony se tut à nouveau et se saisit de son verre qu'il vida.

« La presse est sur les lieux et la mère et le fils ont fait le récit du drame, des photos ont été prises mais j'étais dans l'ambulance, un masque à oxygène sur le visage et je n'ai pas prêté attention au reste. Le lendemain, mon coach m'a pris à part et m'a fait savoir que ce genre de publicité était bon pour l'image de l'équipe mais que je devais m'abstenir de me rendre malade avant un match. De retour à OSU, j'ai pris le temps de la réflexion et me suis dit que je voulais être footballeur professionnel mais que si je ne parvenais pas à décrocher une place dans une équipe nationale, je devais faire autre chose. Ce semestre-là, je me suis inscrit dans un cursus en criminologie. J'avais une porte de sortie qui m'a servi lorsque je me suis cassé la jambe lors d'un match important contre les Wolverine de l'Université du Michigan. Ensuite, je suis entré à l'académie de police où je suis sorti major de ma promo. J'ai fait mes premiers pas de flic à Peoria, Illinois avant d'aller à Philly puis à Baltimore. C'est là que Gibbs m'a recruté. Voilà. »

« Tu es un héros méconnu, Tone » fut tout ce que Steve parvint à dire.

« Non, tu l'es certainement plus que moi et tu le mérites plus surtout » conclut l'italien en se levant.

Tony haussa les épaules avant de chercher son portefeuille pour payer lorsque Steve lui fit un signe négatif de la tête. Il vida sa boisson à son tour avant de se lever. Il attendit que Tony fasse de même et prenne le chemin de la sortie avant de le suivre. Ils furent souvent arrêtés par des clients le félicitant pour sa prestation. Modestement, Tony sourit et remercia avant de continuer son chemin.

Ils furent enfin accostés à la porte par le propriétaire qui, à son tour, félicita Tony et l'invita à venir se produire quand il le voulait. L'agent fédéral lui apprit qu'il restait peu de temps à Miami et risquait donc de ne pouvoir renouveler l'exploit. Puis il salua l'homme et sortit presque précipitamment entrainant Steve dans son sillage.

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Les deux amants rirent lorsqu'ils se furent éloignés suffisamment. Puis ils partirent à la recherche d'un coin isolé afin d'être en mesure de s'embrasser tranquillement.

Lorsque leur soif l'un de l'autre fut assouvie, ils se mirent en quête d'un restaurant et cette fois, ils choisirent un établissement proposant toute une panoplie de mets variés, de viandes ou de légumes. Steve souhaitait un menu sain et réussit à convaincre Tony de suivre son exemple sans trop de difficultés. Il avait compris, en voyant la composition de son petit déjeuner ce matin-là, que l'italien savait manger équilibré.

Sitôt leur diner terminé, ils firent une promenade digestive avant de rentrer tranquillement. Et comme à l'aller, ils passèrent par le parking pour regagner leur chambre… enfin, la chambre de Steve. L'ascension se fit rapidement, ils étaient les seuls occupants de la cabine et donc aucun arrêt ne les ralentit.

Parvenus à leur étage, Steve s'assura qu'ils étaient seuls avant de laisser Tony sortir de la cabine et gagner la chambre. Porte refermée, le chef du 5-0 plaqua sans façon l'italien contre la porte et s'employa à l'embrasser tendrement et lentement avant de le relâcher, de se dévêtir en conservant juste son boxer et d'aller s'installer sur le lit où il s'appuya contre le mur.

« Tu me dois un petit spectacle, il me semble » rappela-t-il alors à Tony.

Tony, qui s'apprêtait à le rejoindre, stoppa net et lui lança un regard moqueur avant de sortir son téléphone. Il farfouilla dans sa liste de musique pour trouver un morceau adéquat pour servir de tempo, monta le son et déposa le portable sur le lit. Il attendit un instant que la musique s'enclenche avant de bouger, il prit juste le temps d'ôter ses chaussures.

Lorsque la mélodie se fit entendre, l'italien esquissa quelques pas de danse simples puis plus lascifs au fur et à mesure que le strip-tease progressait et que l'effeuillage avançait. Les torsions de bassin avaient l'avantage de mettre en avant la virilité de l'agent. Lorsque le jean s'ouvrit pour libérer le sexe, Steve sentit sa résolution faiblir mais laissa Tony terminer le show qu'il lui avait promis.

Et quel show !

L'hawaïen avait bien du mal à se maitriser de sauter sur Tony et de l'entrainer sur le lit avant de prendre possession de ce qu'il offrait si généreusement et librement. Jamais il n'avait eu un partenaire mâle aussi bien dans sa peau que dans son corps et avec une sensualité aussi débordante et pas un sou timide à ce sujet. Son homme serait tellement bien sous le soleil d'Hawaï, dans le plus simple appareil et la peau encore plus bronzée.

Enfin, Tony enleva lentement la dernière pièce de vêtement, il fit une dernière pirouette et s'immobilisa sur le dernier accord avant de faire une révérence puis de se redresser de toute sa taille, les mains sur les hanches attendant le verdict. Steve déglutit avec difficulté, incapable d'ôter les yeux du corps splendide exposé sans complexe. Son regard se promena plusieurs fois avant de stopper sur le visage de Tony qui visiblement attendait une réponse.

« Je ne trouve pas mes mots » avoua-t-il enfin. « Je n'ai jamais assisté à un spectacle de striptease mais je suis certain que je ne saurais en apprécier un autre. »

« Merci, mon bon Sire » répliqua Tony d'un ton mondain qui fit sourire Steve. « Mais ce n'est vraiment rien du tout, je n'avais pas la panoplie adéquate, la musique ou l'espace pour faire quelque chose de mieux » poursuivit-il normalement.

« Mais c'est déjà bien plus que ce à quoi je m'attendais, Tony » lui dit Steve. « Et je serais curieux de savoir comment tu as appris tous ces gestes qui incitent certainement le spectateur à vouloir monter sur scène et te dévorer. »

« Une mission sous couverture en tant que stripteaseur dans un club masculin et réservé uniquement à une élite triée sur le volet, pour la plupart des hommes d'affaires et des politiciens » expliqua l'italien. « J'ai été choisi par mon capitaine pour jouer le rôle parce que j'avais une belle gueule et un corps de sportif qui rendait jaloux certains de mes collègues. J'ai suivi quelques cours avec un professionnel qui m'a montré les bases avant de déclarer que je pourrais passer sans problème pour l'un d'eux. »

« Dans quel but ? »

« Nous soupçonnions le propriétaire de corruption, chantage, extorsion et il nous fallait des preuves concrètes.»

« Que tu as obtenues, je parie. »

« Après plusieurs semaines, l'un des clients a demandé à passer la soirée avec moi et il s'est retrouvé piégé par le propriétaire qui voulait le faire chanter. J'ai joué le jeu et mon client m'a finalement avoué ce qui se tramait. Je lui ai à mon tour révélé mon identité, du moins le fait que j'étais flic et ensemble, nous avons monté un scénario pour faire parler notre suspect. Au bout de deux entretiens avec mon client et ma propre tentative de chantage, nous avions suffisamment de preuves pour procéder à son arrestation. »

« Comme quoi, le métier de flic peut mener à tout » conclut Steve.

Il allongea ensuite les jambes et sa main commença à se promener sur son propre corps, caressant ici et là avant de venir se poser sur sa virilité. Il fit courir ses doigts sur toute la longueur avant de la prendre en main et de se masturber. Son regard était rivé sur celui de Tony qui le fixait avec intensité et avidité et dont la langue ne cessait de mouiller les lèvres par intermittence révélant son intérêt.

Steve décida de lui faire, à son tour, un petit show. Il attrapa le lubrifiant et en versa un peu sur ses doigts, il glissa légèrement sur le lit, écarta et replia les jambes exposant son corps à la vue de son amant. Il massa un instant son anus avant d'y plonger un premier doigt qui fut suivi rapidement d'un second puis d'un troisième tandis que l'autre main alla jouer avec ses tétons qui furent bientôt érigés.

Son spectacle avait dû exacerber Tony car soudain, le lit s'affaissa et une main vint chasser celle qui continuait à plonger en lui. Puis l'italien se pencha pour engloutir la virilité de Steve qui poussa un cri de plaisir quand il sentit les doigts venir jouer avec ses testicules. Les boules furent malaxées l'une après l'autre puis ensemble tandis que la bouche allait et venait sur son membre. Il sentit les dents parcourir sa longueur avant que la langue ne titille la petite fente.

Steve poussait des gémissements sans retenue, sa main vint caresser la chevelure brune tandis qu'il se maitrisait pour ne pas soulever ses hanches, il ne voulait en aucun cas étouffer celui qui lui prodiguait autant de plaisir. Il voulait qu'il dure longtemps mais la talentueuse bouche qui le torturait ne lui laisserait pas le choix que d'exploser dans la minute qui suivrait. Et comme prévu, il se libéra bientôt dans la cavité buccale de l'italien en criant son nom.

Son cœur battait la chamade et sa respiration était rapide, courte et puissante. Il lui fallut plusieurs minutes pour se calmer légèrement et lorsqu'il reprit totalement conscience de son environnement, il constata que Tony était allongé près de lui, une jambe en travers des siennes et un bras autour de sa taille. Sa tête était posée dans le creux de son épaule droite et son souffle chatouillait son cou.

« Eh, tu ne vas pas en rester là, dis ? » demanda-t-il.

« J'attendais que tu te décides à revenir à la réalité » murmura Tony avant de se redresser.

Il planta son regard dans celui de l'hawaïen, un sourire carnassier étirant ses lèvres tandis que sa langue les caressant de droite à gauche les rendant irrésistiblement attirantes. Steve leva la main et agrippa le cou de l'italien qu'il tira vers lui avant de réclamer un baiser brûlant. L'autre main glissa le long du torse avant de venir envelopper le sexe et de le masturber. Lorsqu'il jugea que son homme était prêt, il écarta les jambes et laissa Tony se positionner entre elles.

Bientôt, il sentit une pression contre son anus avant que la virilité de l'italien brise l'anneau de muscles et s'enfonce en lui, centimètre après centimètre. Steve gémit, non pas de douleur mais de plaisir, il y avait longtemps qu'il n'avait connu pareille plénitude. Sentir le pénis de Tony le pénétrer était un pur bonheur, un ravissement incroyable. Il lui semblait que le membre viril le remplissait juste comme il fallait.

Les coups répétés contre sa prostate réveilla sa propre ardeur, détail qui n'échappa pas à son amant qui gloussa avant de cueillir son sexe dans la main et de le caresser en rythme avec ses va et vient dont la cadence augmentait à chaque retour. La pression sur son sexe se fit plus intense également comme si Tony voulait qu'ils jouissent ensemble. Et lorsqu'il sentit son second orgasme sur le point de jaillir, il nota que l'attitude de l'italien se modifiait également.

Puis, Steve sentit ses muscles se contracter et laissa son orgasme s'exprimer en de longs jets de sperme qui recouvrirent son bas ventre et la main de Tony. Il ne fallut que quelques autres poussées et la contraction de ses muscles anaux pour que l'italien se libère à son tour en lui. Il continua encore durant une minute avant de stopper totalement. Il se figea durant un moment puis lentement il sembla reprendre vie et doucement s'affaissa sur Steve en veillant à ne pas l'écraser.

Tony laissa son corps retrouver un calme relatif avant de se séparer de Steve et de glisser contre lui. Ce ne fut que bien cinq minutes plus tard qu'il se leva, passa dans la salle de bains pour se nettoyer avant de revenir pour faire de même pour Steve qui le laissa faire, un sourire béat sur le visage. La toilette dura plus que normalement nécessaire, l'italien embrassa régulièrement la peau qu'il avait lavée et séchée. Finalement, il se redressa et clama la bouche pour un baiser tendre et langoureux.

Après avoir déposé le linge dans la salle de bains, s'être lavé les dents, il revint s'allonger près de Steve déjà endormi et après quelques minutes sombra dans un sommeil, le sourire aux lèvres.

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Le chapitre relatif à la conférence arrive bientôt (chap. 12). Je me pose la question de savoir si vous souhaitez découvrir le captivant exposé de Tony ou si je cesse de publier et retire cette histoire.

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Comme je l'ai dit (et comme tout auteur doit le penser), ce sont vos coms qui nourrissent notre imaginaire et notre désir d'écrire mais surtout de partager notre production. Si vous cessez de commenter, nous pouvons croire que vous n'êtes plus intéressés et donc qu'il ne vaut pas la peine de continuer.

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Prouvez le contraire. Je vous assure que je lis scrupuleusement les quelques coms qui sont laissés. Je ne remercie jamais assez leurs auteurs et c'est sans doute pour cette raison que peu d'entre vous choisissent de commenter. En fait, je me dis que vous n'avez que faire des annotations qui précèdent le chapitre, que vous désirez passer à la lecture sans attendre… Je suis peut-être dans l'erreur après tout…

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Ou vous trouvez que l'histoire traine trop en longueur… C'est ainsi que je conçois l'écriture. Pas de précipitation et amener lentement l'action pour situer l'histoire et son déroulement.

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J'attends vos réactions… avec espoir.

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A bientôt…

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Chtimi