« Regina réveilles toi ! », lui chuchota une voix féminine en la secouant de plus en plus vigoureusement.
La jeune femme grogna et repoussa, sans ouvrir les yeux, son assaillante. Elle ne voulait pas bouger de son lit, elle voulait rester allongée là et ruminer seule son désespoir. De plus l'alcool ingurgité la veille semblait lui avoir laissé quelques traces.
« Lèves toi il faut partir ! La garde royale n'est pas loin, ils peuvent arriver à tout moment. », ajouta Tink en lui arrachant la couverture.
A ces mots Regina se redressa brusquement.
« Qu'est-ce que tu racontes ?! », questionna t'elle en fronçant les sourcils.
« C'est Robin ! Il était parti chassé ce matin, il les a vu à moins de deux kilomètres. On ne peut pas rester ici ! », expliqua t-elle alors que des hennissements se faisaient entendre au dehors.
Leurs regards se croisèrent instantanément. Il y avait quelque chose de bizarre. Regina se leva rapidement, enfila sa cape et les deux femmes se précipitèrent vers la sortie. Une fois dans le grand hall, des cris et des bruits d'épée arrivèrent à leurs oreilles. Les portes étaient ouvertes et la reine aperçut Charmant, armes à la main se battre avec un homme en armure.
« Fuyez ! », s'écria un des Merry Men qui s'engouffra dans le hall avant de s'effondrer au sol le flanc ensanglanté.
La fée se précipita vers lui. Regina les observa un instant puis un éclair traversa son esprit. Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine.
« Rolland ! », souffla t-elle avant de courir en direction du salon.
Le petit était encore endormi près du feu. Regina s'élança vers lui et ne voulant pas lui faire peur, elle lui passa doucement une main sur la joue. L'enfant ouvrit les yeux et un sourire éclaira son visage.
« Viens, on doit partir. », dit elle d'une voix douce malgré l'inquiétude qui lui serrait l'estomac.
Alors que le garçon commençait à se mettre debout, la porte derrière elle s'ouvrit dans un grand fracas. La reine tourna la tête et découvrit un des gardes royaux s'élancer vers eux, épée en avant.
« Qu'est-ce que vous faîtes ! Je vous ordonne d'arrêter immédiatement ! », s'écria telle en se positionnant devant Rolland pour le protéger.
L'homme ricana et continua d'avancer.
« Je ne reçois plus mes ordres de vous ! », dit il un sourire mauvais aux coins des lèvres.
Regina leva le bras dans sa direction et se concentra au maximum pour le rejeter en arrière. Malgré tous ses efforts aucune magie ne se produisit. En désespoir de cause elle attrapa un chandelier et lui jeta. Le chevalier l'évita avant de rire de plus bel. Rolland se mis à sangloter et lui agrippa le bas de sa chemise.
« Allez-vous en ! », hurla t'elle paniquée à l'idée qu'il puisse faire du mal au petit garçon.
Il n'était plus qu'à deux mètre d'eux. Il leva son épée au-dessus de sa tête prêt à l'abattre. Regina se retourna et protégea Rolland de son corps. Ses pensées allèrent immédiatement vers Henry. Cette fois elle était certaine que plus jamais elle ne le reverrait. Elle ferma les yeux et serra les dents, prête à sentir la lame lui déchirer le dos. Cependant un cri rauque se fit entendre. Regina se retourna et vit le corps sans vie du garde gire au sol, une flèche plantée dans le dos.
Robin, arc à la main se précipita vers eux. Il prit immédiatement son fils dans ses bras et le serra pendant de longues secondes. La reine, elle, sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle avait bien cru que cette fois c'était la fin. La main du voleur attrapa son poignet. Elle leva les yeux vers lui et aperçut dans son regard une reconnaissance immense. Sans qu'elle s'y attende il l'attira contre lui et déposa un baiser sur son front. Toujours dans les bras de son père, Rolland lui caressa doucement les cheveux alors qu'elle profitait de ce réconfort.
« Nous allons sortir par derrière ! », lâcha Robin avant de l'entrainer derrière lui.
« Et les autres ? », s'exclama t'elle en l'obligeant à lui lâcher le bras. Elle ne pouvait pas laisser Tink derrière elle. Elle ne pouvait pas fuir de cette manière.
« Ils sont là pour vous ! », lâcha sérieusement le voleur.
Regina sentit son sang se glacer. Elle fronça les sourcils et secoua la tête incrédule.
« Comment ça pour moi ? », questionna telle ne comprenant pas pourquoi ses propres gardes en avaient après elle.
« Je ne sais pas, un des hommes à crier aux autres de vous ramener vivante. Si vous voulez avoir une chance de retrouver votre fils ne discutez pas, on doit partir ! », expliqua t'il en lui attrapant de nouveau la main.
La reine hésita un instant puis capitula. Elle referma ses doigts autour de la main de Robin et ils se mirent à courir en direction de la sortie. Une fois dehors, le voleur fit monter Rolland sur un des chevaux. Il attrapa ensuite la jeune femme par les hanches et l'aida à monter en selle sur un second destrier. Soudain un cri derrière eux, leur fit comprendre qu'ils avaient été repérés. Robin sauta derrière son fils et les deux chevaux partirent au galop.
Regina sentait le vent lui cingler le visage. Elle s'accrochait de toutes ses forces à la crinière de l'animal et lui donna un coup afin qu'il accélère le rythme. L'air particulièrement froid lui brulait les yeux et elle avait de plus en plus de mal à voir le chemin. Robin et Rolland galopaient devant elle. Des cris et des bruits de sabot derrière elle semblaient se faire de plus en plus proches. Des gardes les avaient sans aucun doute pris en chasse. Le voleur devait également les avoir entendus, elle le vit se retourner plusieurs fois avant qu'il ne ralentisse.
« Prenez le et ne vous arrêter pas !», lâcha t'il lorsqu'elle arriva à sa hauteur.
Regina le regarda complètement paniquée. Non ! Non elle ne pouvait pas le laisser lui aussi derrière elle.
« Je ne vous laisserais pas ! », s'écria telle avant d'apercevoir des silhouettes se dessiner au loin.
Robin ne lui laissa pas le choix. Il embrassa son fils sur le sommet du crâne puis le souleva en direction de la jeune femme. Regina attrapa le petit garçon qui était secoué par des sanglots et l'aida à s'installer devant elle.
« Protégez-le ! », souffla t'il lorsque leurs regards se croisèrent.
Regina sentit son cœur se serrer et sa gorge se nouer. Il n'avait aucune chance, ils étaient trop nombreux ! Elle ouvrit la bouche pour contester mais elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. L'homme frappa vigoureusement la croupe du cheval qui partit immédiatement au galop. La jeune femme se rattrapa à la crinière in extremis et donna un coup de talon au destrier pour qu'il accélère. Malgré l'air qui sifflait à ses oreilles, Regina entendait le petit bonhomme pleurer. Il avait déjà perdu sa mère et maintenant c'était son père qui risquait de perdre la vie. La jeune femme sentit les larmes lui monter aux yeux mais cette fois le vent n'y était pour rien. Elle ne pouvait pas laisser cet homme mourir. Son fils avait besoin de lui, elle avait besoin de lui. Elle galopa pendant une dizaine de minute se remémorant tous les moments qu'ils avaient partagés depuis leur rencontre. Cette nuit où il avait su la rassurer, où il n'avait pas cherché à la juger, la soirée de la veille où ils s'étaient embrassé. Elle voulait encore vivre ce genre de moment avec lui. Elle ne pouvait pas l'abandonner. Regina aperçut un peu en dehors du chemin un amas de rocher avec une petite ouverture. Elle ordonna au cheval de s'arrêter et mit pieds à terre.
« Rolland viens ! », souffla telle en lui tendant les bras pour l'aider à descendre.
« Caches toi là ! Je vais chercher ton papa. Surtout tu ne bouges pas d'ici ! », dit-elle en lui indiquant la petite grotte naturelle.
L'enfant se jeta à son cou et la serra très fort. Regina ne put retenir une larme qui roula sur sa joue tandis qu'elle déposait un baiser sur son front.
Après avoir vérifié que Rolland n'était pas visible, Regina remonta sur le cheval et repartit dans la direction d'où elle venait. Elle cogna plusieurs fois contre le flanc du cheval pour aller toujours plus vite. Un mauvais pressentiment l'oppressait. Les minutes lui semblaient s'être transformées en heure. Le chemin lui semblait beaucoup plus long qu'à l'aller.
Soudain une silhouette à terre se dessina sous ses yeux. L'homme devait se trouver à une dizaine de mètres mais elle le reconnu immédiatement.
« Robin ! », hurla telle tandis qu'elle arrivait enfin à sa hauteur.
Sans vérifier que tout danger était écarté elle sauta du cheval et se précipita vers lui. Ses genoux s'écorchèrent sur les cailloux lorsqu'elle s'agenouilla à ses côtés mais elle ne prêta pas attention à la douleur. L'homme ne bougeait pas, ses yeux étaient clos et une tâche rouge s'élargissait en bas de son ventre.
« Non non non ! », souffla telle en posant ses mains de part et d'autre de son visage.
Elle le secoua puis posa son oreille contre sa bouche. Elle entendit une légère respiration qui la soulagea un peu. Il était encore en vie.
« Robin réveilliez-vous ! Réveilliez-vous je vous en supplie ! », gémit elle avant de poser ses lèvres sur son front.
Les larmes coulèrent à flot. Il ne pouvait pas mourir ! Il ne devait pas mourir ! Elle ferma les yeux et laissa sa peine éclater. Son cri déchira le silence.
« Regina… », murmura finalement l'homme.
La jeune femme se redressa brusquement. En entendant sa voix, son cœur avait comme loupé un battement. Il avait du mal à ouvrir les yeux mais il était conscient.
« Je suis là. Ca va aller ! Accrochez-vous ! », souffla telle en lui caressant le visage.
Son regard se porta sur la blessure. Délicatement elle souleva les différentes couches de tissu qui recouvrait sa peau. Elle grimaça en découvrant l'étendue des dégâts. La blessure semblait particulièrement profonde et saignait abondamment. Il fallait à tout prix stopper l'hémorragie. Rapidement elle retira sa cape et la déchira sur toute la longueur. Tant bien que mal elle l'entoura autour de la taille de Robin qui réussit, en réprimant des gémissements, à se redresser.
« Où est Roland ? », demanda t'il tandis qu'elle nouait les morceaux de cape.
« Il est en sécurité. Il nous attend ! », répondit elle en lui adressant un sourire réconfortant malgré l'était critique de la situation.
« J'ai…j'ai un camp pas très loin… en amont de la rivière. », dit-il en serrant les dents. Il souffrait et Regina se sentait totalement impuissante.
« Appuyiez-vous sur moi. », dit-elle en l'invitant à se lever.
Robin s'agrippa à son épaule. Un cri rauque s'échappa de sa gorge et il posa sa main sur sa blessure. Sous le poids de son corps, Regina faillit tomber mais elle le maintint de toutes ses forces. Tant bien que mal ils avancèrent en direction du cheval de la reine. Celui de Robin avait dû être emmené par les gardes.
Après plusieurs tentatives, Robin aidé par Regina réussit à se hisser sur le cheval. Une fois installé, la reine grimpa devant lui. Les bras de l'homme vinrent s'enrouler autour de sa taille tandis qu'elle agrippait la crinière de la monture. Le torse de Robin vint se coller contre son dos, et elle sentit sa tête se poser sur son épaule.
« Vous n'auriez pas dû revenir… », souffla t'il tandis que le cheval se mettait en marche.
« Vous n'auriez pas dû jouer au héro. », répondit elle son ton sonnant comme un reproche.
Elle l'entendit rire doucement et le sentit nicher sa tête dans son cou.
« Merci… », souffla t'il finalement.
Au fur et à mesure de leur progression, Regina sentait Robin trembler de plus en plus et elle sentait la force de ses mains autour de ses hanches faiblirent à chaque pas. Elle aurait voulu aller plus vite mais partir au galop était impossible étant donné l'état de l'homme. Il risquait de chuter à chaque instant. Soudain elle sentit sa main glisser dangereusement. Elle la lui rattrapa et enlaça ses doigts aux siens.
« Tenez bon… », le supplia telle alors qu'il ne leur restait que quelques mètres à faire pour retrouver Rolland.
