Il est temps de dire « au-revoir » à nos quatre, je veux dire cinq en comptant Jack, héros et les laisser vivre leurs vies…Tout du moins pour ce qui concerne Ten, Eleven, Jack et son prince.
Pour l'avenir de Sherlock et de John, il est encore incertain !...
Merci à toutes celles qui ont suivi leurs aventures !
Voici, le tout dernier chapitre !
CHAPITRE 10
Eleven, d'un rythme lent et guilleret, battait la mesure de la musique qui lui parvenait à travers les couloirs du palais royal avec un de ses pieds.
Le royaume et le peuple, ainsi que la cour du roi et tout le château, fêtaient le mariage du prince avec le capitaine Jack Harkness. Et la future naissance des deux héritiers jumeaux que leur prince allait donner à son conjoint, au grand bonheur désormais du monarque.
L'alliance avec l'autre royaume n'était pas remise en question puisqu'un arrangement s'était fait : La princesse devait épouser le fils cadet et ce mariage maintiendrait la paix entre les deux peuples.
Fredonnant entre ses lèvres l'air qui se jouait à la salle de réception où Ten devait discuter avec John, Sherlock et d'autres convives, Eleven admirait les différents tableaux qui ornaient les murs du couloir. Insouciant, heureux et libre…
Magnifique dans son costume à queue noir et sa chemise blanche à nœud papillon, il avançait pas à pas sur le sol dallé. Un sourire rêveur sur son joli visage.
Le seigneur du Temps n'avait pas manqué de remarquer le regard flatteur et plein de désir de son compagnon lorsqu'il avait fini de revêtir ce costume et il n'ignorait pas qu'après la fête, une nuit intéressante l'attendrait…
Des scénarios s'élaborant dans son esprit imaginatif, il arriva au bout du couloir pour voir le dernier tableau : un portrait de la famille royale.
Soudain, le sol se déroba sous ses pieds et sans qu'il put l'en empêcher, Eleven chuta dans une obscurité profonde.
Avec désespoir, il vit que l'endroit, qui s'était effondré sous ses pas, se rebouchait comme par magie et il subodora un piège.
Il n'eut pas le temps de pousser un cri qu'il se retrouva en suspension, à quelques mètres du sol, en position horizontal. Il ne parvenait pas à effectuer un mouvement comme ligoté par des liens invisibles.
Il tourna la tête dans tous les côtés et il vit qu'il était dans une pièce petite, sans fenêtre. Une prison.
Le jeune homme réprima un frisson : Comment allait-il pouvoir s'en sortir ?
« -Alors, Eleven, on n'est moins insolent, ainsi ! » Fit une voix triomphante et moqueuse à la fois.
La lumière se fit dans la pièce. Une silhouette familière apparut au côté du seigneur du temps.
Ce dernier, en reconnaissant sa kidnappeuse, eut l'air ennuyé et un soupir blasé lui échappa des lèvres :
« -C'est vous, princesse ! Je conçois votre frustration à l'idée d'un mariage qui ne vous plait pas mais me kidnapper n'arrangera pas les choses ! »
La princesse se pencha sur le visage offert d'Eleven qui la toisa de ses yeux et un lent sourire se dessina sur ses traits aristocratiques.
« -Mais, mon cher Eleven, ce n'est pas le mariage qui est cause de votre capture… »
D'une main de propriétaire, elle promena des doigts caressants sur le front d'Eleven qui frissonna à son contact.
Le seigneur du Temps ne masqua pas sa répulsion, fermant les yeux de fatigue : Décidément, son charme ne lui valait parfois que des ennuis !
A la grande surprise de la princesse, Eleven éclata de rire :
« -Vous êtes tellement frustrée qu'aucun de nous ait craqué sur vous que vous en êtes réduite à un procédé aussi vil ! Mais il faut vous rendre justice : Vous avez bon goût ! Je suis le plus charmeur et le plus beau ! »
Eleven était franchement hilare ! Il ne pouvait arrêter de rire ! D'autant plus que l'expression furieuse et dépitée de la princesse était risible à voir !
« -Vous êtes répugnants, vous et Ten ! » Cracha-t-elle, la mine pleine de dégoût.
Le rire d'Eleven cessa net. Le visage du seigneur du Temps s'assombrit et une lueur de menace fit étinceler ses yeux. Ce qui ne remarqua pas la princesse dans sa morgue et son arrogance.
« -Vous ne avisez pas de toucher à Ten. » Avertit Eleven d'une voix basse, articulant chaque syllabe.
« -Vous me ferez quoi ? Vous êtes à ma merci ! Oui, vous êtes pathétiques, vous et Ten ! En arriver à tomber amoureux de sa propre personne parce qu'elle représente, à vos yeux, que la seule solution à votre peur de solitude ! Ten a tellement peur de s'attacher à quelqu'un d'autre qu'il a fini par accepter votre amour ! Vous croyez vraiment qu'il vous aime ? Non ! Ten s'est attaché à vous parce que vous êtes immortel, que vous êtes lui et que vous ne le quitterez jamais ! Puis, qui mieux que le Docteur peut combler le Docteur lui-même ? Ce que vous appelez de l'amour n'est qu'une façade pour cacher votre incapacité à éprouver de l'amour pour une personne mortelle ! » Lança la princesse, d'un air sarcastique et mauvais.
Eleven, touché par les paroles de la jeune femme, avait le cœur pratiquement en morceau et des larmes, malgré lui, se mirent à couler sur ses joues.
De souffrance et de rage : Il savait que la princesse avait raison. Il avait forcé la main à Ten dans l'autre univers alternatif, ne lui laissant que le choix de venir avec lui ou de mourir.
La preuve en était que Ten ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait une seule fois !
Eleven, lui, l'aimait sincèrement, sans calcul, contrairement à ce que prétendait la princesse.
Il s'était emparé du livre de River Song et malgré l'interdiction évidente de le lire, il l'avait feuilleté. Désirant savoir quelle personnalité il avait été avant d'être « lui ».
La description de Ten l'avait interpellé, son incapacité à déclarer ses sentiments par peur de se retrouver seul et de souffrir l'avait attendri et le faît de le savoir le plus solitaire de tous les Docteurs l'avait ému et touché.
Sans s'en apercevoir, Eleven s'était mis à oublier que Ten avait été « lui » et s'était mis à l'aimer. Comme une autre personne normale serait tombée amoureuse d'une autre personne.
« -T'ai-je offert un autre destin, Ten ? » Songea Eleven, les yeux clos, les larmes roulant sur ses joues. « Restes-tu avec moi par reconnaissance ou par solitude ? »
Une souffrance infinie déchira le seigneur du Temps qui hurla, hurla sous les rires vainqueurs de la princesse.
Dans la salle, Ten se plia en deux : une douleur atroce lui vrilla le cerveau. Sherlock et John vinrent le soutenir.
« -Qu'avez-vous ? » S'inquiéta John, en l'aidant à se relever.
Pâle, Ten dut se raccrocher à ses deux amis et murmura :
« -Eleven ! Eleven est en danger ! Il souffre ! Emmenez-moi au Tardis ! Vite ! »
Saisi par l'urgence de la voix de Ten, toujours posé et calme, Sherlock et John obéirent et l'emmenèrent au Tardis sans plus tarder.
Ils restèrent en retrait pendant que Ten s'affairait sur des manettes.
« -Je reviens ! » Prévint le Docteur en appuyant sur un bouton d'un gadget dont il en avait entouré son poignet gauche.
Il se dématérialisa sous les yeux étonnés de Sherlock et de John. Ceux-ci se résignèrent à l'attendre.
Ten arriva au moment juste où Eleven tomba dans le sol entrouvert et avant que le trou ne se referma, il se jeta dedans.
Il entendit des rires, des cris furieux et un hurlement de souffrance tel qu'il en eut la chair de poule.
« -Ce n'est pas vrai, Eleven. » Rassura Ten, en surgissant de derrière la princesse.
Celle-ci, surprise, se recula. Ten la foudroya des yeux, en réalisant dans quel état était Eleven.
« -Non, elle a raison. » Sanglota celui-ci, sans oser regarder Ten dans les yeux, honteux. « Je ne t'ai pas donné le choix. »
Ten braqua le tournevis ionique dans la direction de la princesse qui s'écroula inconsciente.
Eleven faillit s'écraser à terre mais Ten le rattrapa dans ses bras.
« -Je ne suis qu'un imbécile ! » murmura Ten, en serrant contre lui Eleven qui sanglotait toujours.
Il lui releva la tête et lui sourit, tendrement :
« -Mon incapacité à exprimer mes sentiments ont failli te nuire : Oui, j'ai peur de dire ce que j'éprouve, même à toi, car j'ai peur de te perdre un jour, que tu finisses par en avoir assez de moi et que tu me quittes. Oui, je t'ai choisi parce que tu étais la solution à ma solitude mais j'ai appris à te connaître, à t'apprécier…Finalement à t'aimer, Eleven. Oui, je t'aime Eleven. »
Les derniers doutes d'Eleven disparurent lorsque Ten, dans un souffle à son oreille, lui confia son prénom. En Gallifryen. Un prénom qui différenciait du sien à quelques sonorités près.
Heureux, Eleven s'agrippa au cou de Ten avant de lui chuchoter son prénom à lui et de l'embrasser passionnément.
Tout en répondant au baiser, Ten enclencha le bouton qui devait les ramener au Tardis.
« -Nous devons rentrer, mon chéri. » Déclara-t-il, en s'écartant doucement de son bien-aimé.
Ils étaient à nouveau dans le Tardis et pendant que Ten faisait démarrer le vaisseau, Eleven rassura les deux Terriens sur son état.
« -Nous sommes arrivés. » Annonça Ten, en se tournant vers Sherlock et John.
Les deux hommes le regardèrent, en silence. Sans un mot, ils se prirent par la main et se fixèrent droit dans les yeux :
« -Il est temps pour nous de rentrer dans l'Histoire. » Fit John, en posant le front sur celui de Sherlock.
« -Oui, faisons face à notre destin. » Approuva Sherlock, en déposant un doux baiser sur la main de son docteur.
Les deux Docteurs demeurèrent en retrait, l'expression impassible. Mais une larme affleura au bord des yeux d'Eleven quand Sherlock et John, main dans la main, droits et dignes, sortirent du Tardis.
Avec un sourire radieux et paisible.
Avant que la porte ne se referma sur les deux amoureux, les reflets bleutés de la piscine jouèrent un instant sur les murs du Tardis.
Puis vint le bruit assourdissant de l'explosion…
FIN
Merci de me laisser des reviews pour me dire ce que vous pensez de la fin.
EPILOGUE BONUS
Les sirènes d'ambulance et de pompier trouèrent le silence des environs de ce qui restait de la piscine.
Des véhicules de la police arrivèrent en trombe, jetant des lueurs tremblés de leurs gyrophares.
L'inspecteur Lestrade descendit de sa voiture, les sourcils froncés. Il avait un mauvais pressentiment.
Pourquoi le prénom de Sherlock taraudait son esprit ? A cause de la formidable explosion ? Ou alors, à cause de l'obstination du jeune homme ? Ou encore, à cause d'une réflexion que ce dernier avait dite, ce soir-là ?
« -Ce n'est pas encore terminé ! » Avait assuré Sherlock.
Son cœur, pourtant endurci de policier qui en avait déjà vu d'autre, battit à tout rompre lorsque les brancardiers emmenèrent deux corps dans une voiture de médecin légiste.
Lestrade accourut à une vitesse folle vers les deux brancards et brandit sa carte d'inspecteur.
« -Attendez ! » Ordonna-t-il, la gorge serrée.
Il inspira un bon coup et commença, millimètre par millimètre, à faire glisser la fermeture.
Ses mains tremblaient. Sa respiration était comme suspendue.
Son pouls s'arrêta, un instant, lorsqu'il vit des mèches brunes. Sa vue chancela.
L'inspecteur dut se résoudre à cesser un moment son geste. Priant pour que ne se fut pas « lui », il se décida à achever d'ouvrir le sac mortuaire.
« -Non, Lestrade ! Ce n'est pas nous ! » Fit une voix gouailleuse et enjouée. « Bien que cela décevra certains, n'est-ce-pas Anderson et Donovan ? »
Lestrade eut un soupir de soulagement qui expulsa toute son angoisse. Il se détourna vers la direction de la voix et vit Sherlock et John, noirs de suif et de fumée, mais sains et saufs.
Il réalisa aussi que les deux hommes se tenaient par la main et avaient une expression lointaine et rêveuse.
« -Comment avez-vous fait pour échapper à l'explosion ? » Fit l'inspecteur, en les dévisageant.
« -Des amis nous ont aidés ! » Déclara Sherlock, d'un ton désinvolte, feignant d'ignorer la mine de dégoût de Donovan et d'Anderson.
« -Des amis ? » Demanda Lestrade, déboussolé.
A la grande surprise des pompiers, des ambulanciers et des policiers, Sherlock et John éclatèrent de rire. Le regard tourné vers le ciel.
Sherlock, pendant que tous les dévisageaient comme s'ils étaient devenus fous, lui et John, caressa dans sa poche une clé et un téléphone portable.
Il connaissait par cœur les mots qui lui étaient destinés, écrits sur un papier :
« Si vous avez des problèmes ou tout simplement si vous vous ennuyez, téléphonez-nous !
Il y aura sûrement d'autres énigmes dignes de vous à résoudre dans l'univers !
Au plaisir de vous revoir !
Eleven et Ten
P.S : N'en dites rien à John ! Eleven. »
Sherlock sourit. Largement et les yeux étincelants.
FIN
Avouez que vous y aviez cru ! Ca me ferait plaisir que vous me disiez ce que vous pensez de cette épilogue bonus par des reviews ! merci !
