Hello mes buveuses de sang préférées 3
Voici la suite, mais avant tout, je réponds aux gentils commentaires :

Guest1 : Ce qu'a dit Katherine à Klaus sera expliqué par elle-même dans le prochain chapitre. Et oui Klaus est malin, mais Katherine aussi, je te rassure ;)

Guest2 : Merci beaucoup :) "sensationnelle", ça me va droit au coeur.

Alina : Merci à toi, et je t'exauce tout de suite :)

damonaforever : Merci et entendu chef :)

Guest 3 : Oui, je comprends ce que tu veux dire quand tu parles de te "consoler". J'espère que j'y arrive en tout cas. Et c'est promis, je m'arrête pas avant d'avoir écrit l'épilogue.

Merci à toutes :)


Chapitre 9 : La Tache

Caroline ouvrit les yeux avec difficulté. La bouche pâteuse, elle avait l'impression d'avoir mal partout. Et ce n'était pas qu'une impression.

– Ne bouge pas, Love.

La voix se voulait rassurante, mais semblait saccadée, fragile.

– Klaus…

Elle regarda autour d'elle : elle était dans une cellule. Des sous-sols ? Klaus était dans la cellule d'en face, assis, appuyé contre le mur. Il était mortellement calme pourtant, elle devinait qu'il était appuyé sur un mur enduit de Veine de Vénus. Elle entendait le bruit d'une brûlure, et une odeur de chair calcinée embaumait l'air ambiant.

Caroline voulut se redresser, mais une brûlure insupportable lui ravagea la peau.

– Je t'avais dit de ne pas bouger, sermonna doucement Klaus.

Elle s'aperçut qu'en dehors du petit coin où elle était assise, sa cellule était tapissée de Veine de Vénus. Elle se demanda la raison de ce traitement de faveur.

– Klaus comment peux-tu rester calme alors que ton dos brûle ? s'étonna Caroline, horrifiée et fascinée à la fois.

Klaus s'esclaffa. Cette petite brûlure n'était rien comparée à ce qu'avait pu lui infliger son père.

– Et d'abord, que fais-tu ici ? reprit Caroline. Aux dernières nouvelles, j'ai été enlevée par Silas et…

– Et ça ne te donne pas une petite idée ? interrompit brutalement Klaus.

Caroline baissa les yeux. Il était vrai que Klaus n'avait jamais oublié de venir à son secours.

– Je ne te l'ai jamais dit, mais… merci, Klaus.

Klaus haussa des sourcils amusés.

– Merci ?

– De m'avoir sauvée tant de fois. Tu n'as jamais répondu autre chose que « présent ».

Il s'esclaffa franchement, cette fois-ci.

– Et maintenant, Caroline, il est temps de passer à la vitesse supérieure.

– La vitesse supérieure ?

– Oui. Autrefois, je te sauvais. Maintenant, je vais t'apprendre à te sauver. Tu es de la partie ?

Caroline sourit.

– Et comment…


Appartement de Katherine

Elijah défonça la porte de l'appartement. C'était cosy, et parfaitement ordonné. L'Originel se demanda comment Katherine avait fait, étant donné qu'elle n'avait plus le pouvoir d'hypnotiser, et aucune disposition pour les travaux domestiques. Il prit quelques affaires à elle et les emmena directement à la maison Mikaelson, où une sorcière l'attendait.

– J'ai pu trouver une brosse à cheveux qu'elle a certainement utilisée, des vêtements qu'elle a portés, de la vaisselle qu'elle a utilisée.

– Ça ira, répondit la sorcière. Donnez-moi la brosse.

Après quelques instants, une poudre noire dispersée sur une carte prit un chemin précis. Le chemin indiquait clairement la localisation de l'aimable garce : la Nouvelle-Orléans.


Île Déserte, Océan Pacifique

– Ton frère a vraiment un problème. Il est possédé par le démon.

– Ferme-la, Alexander et puis, déjà, il est le démon, soupira Rebekah.

Alexander secoua la tête.

– L'avantage de et île, c'est qu'il y a de nombreux fruits, à défaut d'animaux, qui nous permettront de survivre jusqu'à ce qu'on ait trouvé un moyen de quitter l'île.

Rebekah secoua la tête.

– Tu trouves ça drôle ?

Alexander soupira.

– J'avais oublié que tu étais une suceuse de sang.

Rebekah fronça soudainement les sourcils : cela ressemblait drôlement à une version macabre du dilemme cornélien. Le seul être vivant présent sur l'île était Alexander autrement dit, il était la seule nourriture possible pour elle. Et même si elle choisissait de se laisser dessécher, ses instincts de vampire ne pourraient pas être réprimés indéfiniment. Elle finirait donc par le mordre, puis le tuer. Elle serait alors maudite. Et Alexander ne serait pas mort : il renaîtrait. Et elle le mordrait à nouveau, car elle aurait à nouveau faim. Ad vitam aeternam.

C'était une sorte de supplice, se dit Rebekah.

Puis, elle se rappela l'existence d'un dernier pieu blanc.

Katherine.

C'était elle qui lui avait dit qu'Alexander le possédait. Rebakah détricota la machination, puis ouvrit la bouche bée : quelle garce. Mais Klaus n'était pas étranger au complot…

Enfin, tout cela était joyeux : ces complots, c'était bien mignon, mais elle mourait d'envie de prendre un bain. Et même si la seule eau à proximité était salée, elle préférait cela plutôt que de rester sale.


Nouvelle-Orléans, repaire de Qetsiyah dite Suud

Katherine entra d'un pas assuré dans l'antre de sa chef. Suud, alias Qetisyah était du genre effrayant, mais Katherine avait l'habitude des gens effrayants. Et puis, une personne était tout de suite moins effrayante quand on lui annonçait une bonne nouvelle.

– Suud, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer, dit-elle. Tu ne vas pas le croire, mais j'ai réussi…

Soudain, Katherine sentit une douleur intense à sa poitrine. Elle toussa plusieurs fois, puis se rendit compte avec stupeur qu'elle crachait du sang.

– Qu'est-ce que tu m'as fait ? cria-t-elle à l'adresse de Suud.

La sorcière apparut devant Katherine qui se tordait de douleur.

– Moi ? Je n'ai rien fait. Pour le coup, tu es ton seul bourreau.

Katherine sentit ses vaisseaux sanguins cérébraux gonfler. C'était une horrible douleur à la tête.

– Je savais que ce jour arriverait, mais j'ignorais que ce serait aussi rapide. Katerina Petrova, tu n'as certainement pas usurpé ta réputation. Qui as-tu trahi, cette fois ?

Katherine se laissa tomber sur une chaise, se tenant la tête entre ses doigts déployés.

– Comment tu sais que j'ai trahi quelqu'un ?

– Eh bien, c'est très simple. Ce que tu as actuellement est une conséquence de la trahison que tu as dû perpétrer. Tu te souviens du serment que tu as fait quand tu es devenue Chasseuse ?

Katherine s'en souvenait vaguement quelque chose à propos du fait d'être loyal, etc.

– Tu as fait le serment d'être loyale et fidèle à ta parole. C'est ça qui fait qu'on est un chasseur.

– J'ai été fidèle à ma parole ! objecta Katherine. J'ai tout fait pour anéantir les vampires et Silas ! Le pacte sang entre nous n'a pas pu fonctionner.

– En effet, expliqua Suud. Ce n'est pas le pacte de sang – si ça l'était, tu serais déjà morte. C'est simplement ton serment de Chasseuse qui t'empêche de mentir et d'être déloyale, non seulement envers tes amis, mais aussi tes ennemis.

– Qui a eu cette idée ?! s'indigna Katherine. C'est complètement stupide. Je… AHHHHHH.

La douleur était si intense que Katherine se sentait déjà mourir.

– Que faut-il faire pour arrêter cet enfer ?

– En vérité, je ne sais pas. Ce n'est jamais arrivé. Tu es une avant-gardiste. Tout ce que je sais, c'est que ça te mènera à la mort.

– En combien de temps ?

Suud haussa les épaules.

– Je ne sais pas.

– Et il y a un truc que tu sais, ou tu sers à rien ?!

Katherine sentit soudainement une brûlure sur le sternum, c'était comme l'effet d'un poison.

Elle ouvrit sa chemise pour constater avec effarement qu'elle avait une tache foncée sur le sternum. Des nuances de prune et de noir.

– Qu'est-ce que c'est que cette horreur ?

– Un jour, la tache aura recouvert tout ton corps ce jour-là, ce sera la fin de Katherine Pierce. Ou Katerina Petrova, peu importe le nom.

Katherine tordit les lèvres dans un rictus déterminé.

– Non. Non. Non, et mille fois non. J'ai trop donné, je me suis trop battue… j'ai…

Elle devait trouver un moyen de survivre, et elle ne trouverait pas d'aide dans la personne de Suud. Alors autant partir. Elle devait absolument se mettre en relative sécurité, pour l'heure. Klaus était hors-jeu, dans une certaine mesure, vu qu'il devait croupir entre les mains de Silas, mais la moitié de la communauté vampirique lui en voulait, alors, elle devait surveiller ses arrières.

Elle se leva tant bien que mal, boitillant à cause de la douleur, se dirigeant vers la sortie. Elle devait avoir l'air d'une folle, avec son visage poisseux de sang et sa démarche clopinante, mais elle espérait ne pas se faire trop remarquer. Lorsqu'elle sortit de la vieille maison, elle se demanda si elle était en état de conduire.

– Bonjour, Katerina.

– Et merde, souffla Katherine en reconnaissant la voix d'Elijah.


Mystic Falls, repaire de Silas

– Tu es sûr de vouloir faire ça ? demanda Caroline d'une petite voix.

Klaus hocha la tête. C'était la seule solution. Il se concentra, réveillant ses instincts animaux. Alors que ses crocs de loup émergeaient, ses os se mirent à craquer douloureusement. Il se mordait la lèvre jusqu'au sang pour ne pas crier. Caroline crispait les doigts, les poings serrés. La macabre musique des craquements terminée, elle vit un loup majestueux se dresser devant elle. Ce n'était pas une mauvaise idée : sous sa forme louve, Klaus n'avait que des instincts et pas de pensées. Par ailleurs, il ne craignait plus la Veine de Vénus, et Silas n'avait certainement pas prévu d'aconit pour le contrer.

Le grand loup eut tôt fait de se faufiler hors de sa cellule. Caroline trembla en le voyant s'approcher d'elle. L'inconvénient de cette superbe idée, c'était qu'en tant que bête, il n'avait plus de limite, ni de conscience. Déjà qu'en temps normal, il n'était pas très raisonnable…

– Klaus, murmura-t-elle, dans l'espoir de le raisonner.

Peut-être pourrait-elle atteindre les profondeurs oubliées de sa sensibilité ?

– Klaus ! cria-t-elle alors que le magnifique loup d'Abyssinie se jetait sur elle.

Avant qu'elle eût pu réagir, les crocs du loup se plantaient dans sa tendre gorge. Alors que l'engourdissement auquel elle commençait à s'habituer l'envahissait, elle crut entendre la voix d'Elijah.

Elle ne put s'empêcher de sourire de soulagement, malgré le fait qu'elle sût que ce n'était qu'une hallucination.

C'était fou comme le venin agissait vite…

Mais elle aurait dû savoir que le venin de loup ne donnait jamais d'hallucinations agréables. C'était bien Elijah qu'elle avait entendu murmurer, depuis une autre pièce, avant de s'évanouir.

En fait, Elijah se trouvait à l'entrée, Katherine dans les bras.

– Je vais prendre ton sang, maintenant, annonça Elijah.

Katherine ne résista pas un rire sardonique s'il n'avait pas été un Originel, il eût fait un parfait animateur de talk-show.

– Sers-toi, c'est l'happy your. 100% de promo sur du bon AB nég bien coloré.

Plutôt que de déchirer la chair de son cou, comme elle s'y attendait, Elijah s'épargna davantage d'effusions. Il se contenta du sang qu'elle crachait par la bouche, à chaque quinte de toux. Posant ses lèvres sur les siennes, il aventura sa langue à l'intérieur de sa bouche, buvant son sang à la source. Il se rendit compte s'être attardé plus que nécessaire quand Katherine, dont le nez était obstrué par le sang qui en coulait, suffoqua, par manque de souffle.

Il reprit ses esprits, posant Katherine sur un fauteuil.

– Tu ne vas pas me laisser là ? hoqueta-t-elle, horrifiée.

– Tais-toi, Katherine, fut la seule réponse d'Elijah.

Raah, elle le détestait !

Elijah s'apprêtait à commencer la fouille de la maison, il tomba nez à nez avec… Niklaus sous sa forme louve. Katherine étouffa un cri d'horreur et songea à fuir, mais en conclut que cela ne ferait qu'exciter la bête. De toute façon, elle n'était pas en état de courir efficacement, et puis, même si elle se détestait pour cela, elle était rassurée par la présence d'Elijah. Fût-il un horrible lâcheur. Après tout, si elle était la Survivante, c'était bien parce qu'elle savait écraser sa fierté quand il fallait, et prendre les avantages là où ils étaient.

Le loup les observait, crocs dehors, comme s'ils étaient un juteux repas. Katherine déglutit.

– Ça va aller, Niklaus, susurra Elijah. Doucement…

Klaus revint sur ses pas.

– Il essaie de nous dire quelque chose, interpréta Elijah. Suivons-lui.

– Sans moi, déclina Katherine.

Elijah leva les yeux aux ciels l'instant d'après il l'avait reprise dans ses bras et l'amenait avec lui pour suivre Klaus.

Il les mena au sous-sol, lequel, mal éclairé, contenait plusieurs cellules. Le loup s'arrêta devant l'une d'elle. Elijah vit Caroline dans un triste état. Outre la cellule qui empestait la Veine de Vénus, elle avait le cou déchiqueté. Elijah posa Katherine et sortit de sa poche une paire de gants de cuir noir, griffés Hermès. Katherine grimaça légèrement :

– Ne fais pas cette tête, Katherine, gronda Elijah. Je suis un homme prévoyant.

La chasseuse retint un commentaire sur le fait que l'Originel fût une précieuse. Armé de ses gants, il n'eut aucun mal à attraper les barreaux enduits de Veine de Vénus, qu'il déforma. Il put ainsi entrer dans la cellule et attraper Caroline. Klaus se mit à hurler, se ruant sur Elijah.

– Elijah ! prévint Katherine.

C'était juste à temps pour que l'Originel esquive.

– Qu'est-ce qui lui prend ? s'inquiéta la chasseuse.

– Il lui prend que c'est un vulgaire animal. Un animal n'a pas de sentiments, seulement des instincts.

Silas sourit, fier de sa réplique.

– Moi qui me demandais comment vous attraper, vous êtes venus vous jeter directement dans la gueule du loup… C'est le cas de le dire !

Il rit de son propre humour, puis s'arrêta brutalement, voyant que la blague n'avait pas pris.

– Katherine, je vais prendre un immense plaisir à assassiner la meilleure chasseuse de cette garce de Qetsiyah… Et ton ami va m'aider.

Elijah, attrape Katherine et tords-lui le cou…

– Ce n'est pas l'envie qui m'en manque, confirma Elijah. Mais je crois que je vais m'abstenir.

Silas fronça les sourcils : encore quelqu'un d'insensible à sa compulsion ! Qetsiyah, c'était sûrement elle qui avait manigancé cela… la garce ! Il n'eut pas le temps de polémiquer davantage, car Klaus avait déjà entrepris de l'assaillir pour lui dévorer le visage.


Île Déserte, Océan Pacifique

Rebekah espéra que la nuit serait clémente, maintenant qu'elle avait cédé à son envie de se baigner. Ses vêtements collaient à sa peau humide c'était probablement une mauvaise idée, mais elle ne supportait pas l'idée de rester sale. Se posait en revanche le problème de la faim… Elle commençait à sérieusement manquer d'énergie, et de patience.

– A quoi ça sert de fabriquer un arc, sur une île où la faune n'existe pas ? demanda-t-elle sèchement à Alexander.

Alexander leva les yeux au ciel : l'impertinence de Rebekah ne s'était pas du tout améliorée, en mille ans d'existence. D'autant que l'ingrate ne se rendait même pas compte que c'était pour elle.

– Si un oiseau passe, abrutie, tu seras bien contente que je puisse l'abattre en plein vol.

Rebekah rit d'un air moqueur.

– Tu crois pouvoir faire ça ?

Il finit de nouer son arc et se servit d'un bâton comme une flèche, qu'il envoya directement vers son visage. Elle l'attrapa au vol.

– Bien essayé, mais je ne suis pas un oiseau.

Oh non, elle n'était pas un oiseau… Alexander avait toutes les peines à garder son calme. Non seulement parce qu'elle était une incorrigible peste, mais aussi parce qu'elle était presque nue, à bien y réfléchir. Sa robe légère de coton pâle lui collait comme une seconde peau, en révélant beaucoup trop pour sa santé mentale.

Avilissant, désir avilissant. Faim de chair et de violence. Irrépressible envie de lécher cette peau offerte, de la mordre, de la meurtrir, de la caresser.

Rebekah, bien qu'elle ignorât tout des tourments que subissait Alexander en sa présence, vivait sensiblement les mêmes. Ils étaient juste orientés différemment : elle avait envie de le dévorer. Elle avait tellement envie de sang qu'elle en avait mal aux côtes.

Mais elle avait décidé de ne pas le mordre. Elle avait trop de fierté pour quémander son sang. Et puis, elle était soucieuse d'éviter l'affrontement : il avait un pieu blanc et elle s'affaiblissait à chaque minute qui passait.

Elle haussa les épaules et cueillit une mangue.

– Si au moins, c'était une tomate, tu pourrais te faire croire que c'est nourrissant, railla Alexander.

– Va te faire foutre, L'Oréal.


Maison des Mikaelson, Mystic Falls

– Comment ça se passe, quand il devient loup-garou ? demanda Katherine.

– Ce n'est jamais arrivé qu'il le fasse volontairement, expliqua Elijah en posant Caroline.

– Donc, on sait pas ?

– Pas de manière fermement certaine, mais j'ai déjà assisté à une transformation volontaire d'hybride en loup-garou. C'était une des recrues de sa petite armée d'hybrides, à qui il a demandé de se transformer.

– Et comment ça se passait ?

– Le loup obéissait à Klaus comme s'il était dressé, mais c'était probablement à cause du lien qui les unissait. En dehors de ça, le loup avait des instincts primaires, mais des vestiges de leur personnalité.

– En gros, ils ont encore leur cerveau mais c'est comme s'ils étaient un peu débiles ?

– C'est tristement résumé, mais je suppose que c'est cela.

– Mais sans la lune, comment font-ils pour revenir humains ?

– Ces questions ne te regardent pas, Katherine Pierce.

Katherine déglutit péniblement.

– Niklaus, constata Elijah.

Alors que Klaus foudroyait du regard la petite Petrova, l'air de la menacer tout bas qu'il allait la découper en tranches minces.

– Elle ne te concerne pas, avertit Elijah.

– Tu me donnes des ordres ? s'enquit Klaus.

Elijah soupira longuement.

– Katherine est ma prisonnière.

– Elle a essayé de tuer Rebekah !

– Parce que tu as essayé de la flouer. Et si tu n'étais pas si arrogant, notre petite sœur ne serait pas en danger de mort, actuellement. Alors tu vas faire exactement ce que je te dis : tu vas soigner Caroline de ta propre morsure, et tu vas prendre le jet le plus rapide qui soit pour qu'on aille ensemble chercher notre petite sœur, et j'espère pour toi qu'elle sera intacte.


Ile Déserte, Océan Pacifique

Rebekah gisait sur le sable. Elle se sentait terriblement fatiguée. Elle avait surestimé ses forces : avec la sévère blessure que lui avait infligée Silas à l'abdomen, il lui fallait un apport régulier sang. Elle était éreintée, et elle allait mourir des mains de son premier amour, qui en profiterait très bientôt pour lui enfoncer son pieu blanc dans le cœur.

Elle pensa à Klaus, qui l'avait envoyée dans ce piège. Au final, il lui avait reproché nombre de fois de privilégier l'amour au sens de la famille, mais il n'avait pas fait mieux, la sacrifiant pour sauver sa précieuse petite Caroline.

Par contre Elijah… Elijah, qui, à lui seul, l'avait réconciliée avec le concept de famille, son frère le tendre, le fidèle, l'adorable, le cataplasme d'amour sur son cœur saigné à blanc.

Puis, il y avait Hayley… son amie. Leur amitié n'avait pas eu le temps de se développer, mais qu'importait.

Les larmes lui montèrent aux yeux, mais elle les refoula : un millénaire à pleurer, c'était trop.

– Qu'est-ce que tu fais ?

– Alexander, ai-je l'air de faire quelque chose ?

– Ta blessure au ventre t'affaiblit, comprit-il. Qu'est-ce qui t'a pris, aussi, d'aller voir Silas ?

– Tais-toi, Alexander, répondit-elle d'une voix faible, mais non moins agacée. Je suis baisée, OK ? Alors fous-moi la paix. Ou enfonce même ton pieu dans mon cœur pour ce que j'en à faire…

– Quoi ? C'est tout ?! Tu es sérieuse, là ?

Elle souffla.

– Et si je l'étais ? Ta mission c'est de nous anéantir, nous et ton super pote Silas. Et puis, mille ans, ça en fait, une longue vie. Ça me suffit.

– Abrutie.

– Ferme-là, L'Oréal.

– Tu vas juste te laisser faire c'est ça ? Une peureuse, une poule mouillée ! Viens me mordre, si tu es une femme !

– Tu as de penchants masochistes, ou c'est comment ? Tu veux absolument être mordu, c'est ça ?

Il ne répondit pas. Mais l'instant d'après, elle avait un pieu blanc qui se dirigeait vers elle. Elle attrapa la main d'Alexander de justesse.

– Alors, Bekah, pas si résignée que ça ?

Furieuse, elle lui tordit la main et le dégagea au loin. Elle n'avait pas nécessairement la force de se battre, mais s'il cherchait la bagarre, il allait l'avoir. Elle se redressa d'un coup.

– Tu vois quand tu veux, sourit Alexander.

Mais il se trompait. Elle se sentait fébrile, nauséeuse… affamée. Ses crocs sortirent par réflexe.

Sa conscience lui dit de ne pas bêtement se ruer sur lui : il était en position de force, et seule la ruse pouvait l'aider. Mais les instincts de Rebekah furent plus forts que sa conscience, et elle fit exactement ce qu'elle n'eût pas dû.

Contre toute attente, elle eut gain de cause. L'immense plaisir qu'elle éprouva alors que l'or rouge coulait dans sa trachée.

Elle se sentait beaucoup mieux quand Alexander la plaqua contre le sable. Il semblait que c'était à son tour de se nourrir. Il goûta son propre sang dans la bouche de Rebekah.

Cette dernière ne se gêna pour répondre au baiser avec entrain. Elle était en transe, ne se souciant nullement de ce qu'elle faisait ni du lendemain. Tout ce qui comptait, c'est qu'il avait les mains sur elle et qu'elle adorait ça. Lorsque leurs bouches se séparèrent, il avait le visage tout barbouillé de sang.

Rebekah éclata de rire.

– Tu as l'air d'un gamin qui a abusé de la confiture de fraise.

– Je ne suis pas sûr qu'un gamin te ferait ce que je vais te faire…

Rebekah sourit alors que sa jolie robe hors de prix partait en lambeaux.

Elle enfouit les doigts dans les cheveux d'Alexander alors que celui-ci s'affairait à embrasser sa poitrine. Léchant le sel sur la peau brûlante de la blonde, il remonta jusqu'à son cou, pour le mordre. Rebekah savoura l'ironie du geste en riant.

– Ça chatouille, Alex.

Alex.

L'entendre murmurer son nom – surtout avec cette voix –… Il allait en devenir fou. Mais avec plaisir. Et il avait envie d'entendre d'autres murmures de ce genre, aussi descendit-il plus bas, vraiment plus bas.

– ALEXANDER !

Il rit intérieurement, puis remonta vers son visage.

– Oui, Rebekah ?

Elle sourit, l'air provocant.

– Tu t'es assez amusé à mes dépens. A mon tour !

Elle le plaqua contre le sable. Il se laissa faire sans résistance, amusé. Contrairement à Alexander qui la torturait tout en délicatesse, Rebekah choisit la voie plus directe : elle effleura de sa main la virilité exacerbée du jeune homme.

Rebe…kah ! gémit-il, la voix plus aiguë de plusieurs octaves.

– Qu'y a-t-il, chasseur ? taquina-t-elle.

Pour toute réponse, il la renversa, retirant son pantalon, et entra en elle d'un coup, sans ménagement. Elle émit un son à mi-chemin entre le rire et le soupir d'aise. Il instaura un rythme rapide et profond. Rebekah ondulait sous lui, soufflant son nom à chaque fois qu'il accentuait la poussée.

Alexander, quant à lui, n'avait pas la force de parler : il était essoufflé, et la seule pensée qui le traversait était la suivante : céder à l'avilissement était la chose la plus extatique qui fût.