Chapitre 10 : 7ème jour : Tarte aux citrons.

Essoufflée, je m'arrête derrière un grand marronnier.

Finalement j'aurai été dans le parc…

Il fait beau, donc, le parc est plein de monde. Je cherche des yeux un visage connu, avec qui discuter. Il ne faut surtout pas que je sois seule, Drago viendrait me parler... Je sais qu'il va vouloir couper court à cette situation… et je ne suis pas prête.

- Tu es inconscient ou quoi ?hurle Hermione. Tu as pensé à ton avenir ?si jamais Malefoy se plaint !

Avec ce qu'il vient d'apprendre, il va sûrement aller se plaindre de toi Ron. Tu ne peux plus compter sur le peu d'influence que je peux avoir sur Drago.

- Hermione, tu m'as parlé de ça toute la journée, s'écrie Ron. J'ai saisis.

Discrètement quelques élèves se rapprochent pour écouter les deux amoureux qui se disputent. J'en fais autant.

Potter et ma cousine sont enlacés contre un chêne. Ron et Hermione sont debout face à face.

Aller quoi, embrassez-vous…

- J'en ai pas l'impression, s'écrie Hermione. Mais qu'est-ce qui t'a pris?

Je suis pas sûre que lui crier dessus soit le meilleur moyen de l'encourager à te déclarer sa flamme, Hermy.

- Tu sais bien, il m'a provoqué, commence Ron. Il savait qu'elle n'aurait pas le choix et il…il en a profité.

Ola, on parle de moi là… je vais rester cachée je pense… Comment ça je suis un brin vicieuse ?

- Tu t'es pas dit qu'il aurait été plus judicieux d'en parler avec elle avant ! s'exclame Hermione.

Effectivement, ça aurait été plus futé.

- Je sais bien, mais je n'étais pas dans mon état normal avec ce qu'elle m'avait dit plus tôt ce matin, explique Ron.

Qu'est-ce qu'il raconte, je ne lui ai rien dit de particulier ce matin.

- Pourquoi qu'est-ce qu'elle a dit de spécial ?demande Hermione étonnée.

Bonne question.

- Mais vous parlez de qui ?demande Potter.

- De personne, répondent brutalement Ron et Hermione.

Potter parait surpris, Ginny lui fait signe de se rapprocher pour qu'elle puisse lui expliquer à l'oreille.

- Alors ?demande Hermione.

- Ben, elle n'était pas comme d'habitude, dit Ron.

J'ai accepté de « sortir » avec Drago, donc, logique : je n'étais pas dans mon état normal.

- D'habitude, continue Ron. Elle est …tu sais… elle me dispute un peu… toujours pour la même chose.

Ron, Ronnie, Ron, cousin adoré, t'as enfin percuté, t'arrêtes pas sur ta lancée, tu peux y arriver… t'a lâché un truc là… courage !

- Et là d'un coup, continue Ron. Elle a arrêté de me pousser… et… heu… ça m'a fait bizarre…de savoir qu'elle s'était… lassée…

- J'ai rien compris, avoue Hermione stupéfaite.

Et bien moi, j'ai tout compris, pendant des années j'ai poussé Ron à faire sa déclaration, j'arrête et pile il se décide, je comprendrais jamais rien aux mecs, ils ont un fonctionnement trop étrange. C'est impossible qu'ils viennent de cette planète.

- On doit aller inspecter, le couloir des enchantements, rappelle Ron.

- Ha, oui, se souvient Hermione.

- À plus tard, dit Ron à Potter et Ginny.

Hermione et Ron s'éloignent des deux écœurants.

Ils n'étaient pas loin de nous faire un truc en public, maintenant Ron doit déjà s'être dégonflé. Malgré tout, c'est peut-être un pas en avant.

Ravie, je me retourne, et tombe nez à nez avec…

Mon Drago…

- Tu es partie bien vite toute à l'heure, dit Drago.

Rester neutre, rester neutre, vite !!!

Je regarde autour de moi. Quelques élèves de Serpentard regardent dans notre direction, et commencent à afficher des mines amusées, en prévision de l'éventuel spectacle.

- Plus tard, dis-je en désignant d'un mouvement de tête les élèves autour de nous.

Je m'éloigne, les Serpentards spectateurs ne cachent même pas leurs déceptions.

Il ne m'a même pas retenue.

J'avance vers le château, arrivée aux portes, je jette un discret coup d'œil en arrière. Drago vient à son tour de se mettre en route vers le château.

J'avance vers la salle commune.

J'ai le temps d'aller me cacher dans mon dortoir. En même temps, je le verrais demain, ce n'est peut-être pas très bon de laisser les choses mijoter comme ça… Deux nuits d'affilées à pleurer, je vais finir par me déshydrater et par ressembler à un vieux pruneau.

Finalement, courageuse, je me dirige vers la salle de classe vide dans laquelle s'est déroulée un grand moment de ma vie hier soir.

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Je m'installe sur une chaise face à la porte.

Comme prévu, au bout de quelques minutes, la porte s'ouvre, et Drago entre dans la salle.

- Tu m'attendais ?demande Drago.

- Oui, répondis-je avec franchise.

- Alors…, commence Drago hésitant. Finalement tu auras accepté qu'on l'ait notre moment à nous.

- Oui, dis-je glaciale.

- Heu… écoute Malorie, continue Drago.

Non, par pitié, je survivrai pas…

- T'inquiète pas, je comprends que tu veuilles arrêter, après tout, il te fallait une sang pur, et je ne le suis pas, dis-je détachée.

- En fait, commence Drago. Je me disais que tu m'avais peut-être menti pour que je change d'avis. Si c'est le cas, saches que je ne changerai pas d'avis.

Mais je suis vraiment de sang mêlé, Drago… Qu'est-ce que je fais ? Je lui fais croire que je lui ai menti ?

- Est-ce que je peux te faire confiance Drago ?demandais-je sidérée par ma propre audace.

- Oui, répond Drago surpris.

- Alors ne répète à personne que je suis de sang mêlé, dis-je toujours glaciale.

Nooonnn !!!satanée Malorie ferme là et profite…

- Donc… commence Drago maladroit. Tu es vraiment…?

- Oui, dis-je neutre.

- Bon, et bien dans ce cas, annonce Drago. Ça change les choses…

Snif, sniff, allez achève moi… !

- Tu as l'intention de révéler que tu es sang mêlé ?demande Drago.

- J'avais même pas l'intension de te le dire, avouais-je froidement.

Un long moment de silence passe.

- Tu sais, ces derniers mois on été assez étranges pour moi, raconte Drago.

Abrège !

- Je me doute, dis-je négligente.

- En fait, c'est Rogue qui m'a convaincu de travailler comme espion pour le compte de l'Ordre du Phénix, raconte Drago.

Rien à foutre, qu'est-ce que tu attends???

- En fin de compte, c'est avec Rogue que j'ai le plus parlé ces derniers mois, rapporte Drago.

- Avec Rogue ?dis-je consternée. Pour une fois, je compatis.

- Oui, dit Drago amusé. Tu sais, il m'a beaucoup aidé, je sais très bien qu'avec ou sans moi, l'Ordre se serait très bien débrouillé et Potter aurait quand même trouvé le moyen de détruire le Maître des Ténèbres…

Je vais exploser, pitié arrête cette torture…

- Tu veux pas abréger ?demandais-je glaciale.

- Tout ça pour te dire, que Rogue était de sang mêlé et qu'il l'avait caché à tout le monde, je sais que mon père et d'autres mangemorts étaient au courant, explique Drago. Le fait qu'il soit de sang mêlé ne l'a pas empêché d'être utile aux yeux du Maître des Ténèbres et aux yeux de l'Ordre du Phénix. Et ça ne m'a pas empêché d'être…triste, lorsqu'il est mort. Après tout, on était tous les deux des mangemorts au service de l'Ordre du Phénix, alors peu importe la pureté du sang.

Drago, Drago qu'est ce que tu…?

- Ça nous avance à quoi cette histoire ?demandais-je en essayant de paraître la plus sereine possible.

- Disons que, le fait que tu n'aies pas un sang aussi pur que ce que je pensais, n'est peut-être pas un soucis, explique péniblement Drago. En fait ce qui importe c'est-ce que les gens croient. Et les gens croient que tu es sang pur, du moment qu'ils n'apprennent pas la vérité…

Hoooo !!!

- Est-ce que tu es en train de dire que le fait que je sois sang mêlé ne te gêne pas ?demande-je.

- Eh bien, commence Drago. On va juste être ensemble quelques mois, ce n'est pas comme si on allait se marier et finir notre vie ensemble. Et puis tu n'es pas une moldue non plus…

Juste quelques mois… c'est violent là, j'ai l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans l'estomac. Je le savais bien, mais c'est jamais agréable.

- Donc ?interrogeais-je.

- Donc, revenons à notre moment, annonce Drago en récupérant son sourire.

Il prend une chaise et s'assoit en face de moi.

YES !

- Tu ne perds pas le nord, dis-je cynique.

- Non, dit Drago. Alors Malorie, qu'elle est ta couleur préférée ?

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire Malefoy ?demandais-je imperturbablement.

- Un petit effort Malorie on doit être crédible, explique Drago. Et commence à prendre l'habitude de m'appeler par mon prénom.

Vaut mieux pas, Draaaggoo !

- Rouge, dis-je.

- D'accord, dessert préféré ?demande Drago.

- Tarte à la mélasse, dis-je.

- Heu… livre préféré ?

- Tu sais lire toi ?demandais-je méchante.

- Chérie, reproche Drago.

Roooh, chérie !!!!

- Ho, c'est violent là, dis-je vivement écœurée.

- D'accord, on va s'arrêter au prénom, annonce Drago amusé par ma réaction excessive. Livre ?

- Les livres écrient par une femme qui s'appelle J.K.Rowling, renseignais-je.

- Rouge, tarte à la mélasse et Rowling, j'enregistre, annonce Drago.

- Et toi ?demandais-je fébrile.

- Vert, tarte au citron et… commence Drago.

- Et tu n'as pas de livre préféré, finis-je.

- Non, dit Drago avec un sourire coupable. Avec tout ceux que j'ai repéré dans ton armoire, tu pourrais m'en prêter un qui à ton avis me plaira.

Une petite minute de silence, je veux savourer ce moment.

- On verra, dis-je. Je tiens à mes livres.

Drago éclate de rire.

- Tu le fais vraiment exprès, arrête de vouloir provoquer une dispute, j'ai des nerfs d'aciers, annonce Drago.

- Crois moi j'ai de meilleurs nerfs que toi, provoquais-je.

- Je suis imbattable, j'ai eu Rogue comme prof, annonce Drago en souriant.

- Je vis avec Pansy et Millicent, et je ne leur hurle jamais dessus, ça prouve bien que j'ai les nerfs qu'il faut, affirmais-je.

Drago éclate de rire.

- D'accord, tu as gagné sur ce plan là, accorde Drago.

Un nouveau silence s'installe.

- Heu... dis-je hésitante. Tu as autre chose de préféré ?

- Ben, dit Drago, là comme ça…

Je vais être obligée de partir snif snif !!!

Un nouveau moment de silence.

- Je crois que je vais rentrer, dis-je.

- Déjà ?demande Drago.

Je resterais bien, mais je dois être froide, distante, glaciale, méchante…

- Ben on n'a pas grand-chose à se raconter ?fis-je remarquer.

- On va trouver, dit Drago. Tu n'as pas mangé ce soir, je crois ?

- Non, confiais-je. Je vais peut-être aller faire un tour aux cuisines.

- J'y suis jamais allé, révèle Drago. Je t'accompagne.

- Aux cuisines ?demandais-je interloquée.

- Il y a trop de risque qu'on croise du monde ?demande Drago.

- Non, pas à partir de cette pièce, dis-je.

- Alors, on y va ?demande Drago en se levant.

Il va me voir avec Winky !

Je me lève, je passe devant Drago, et me dirige vers la porte.

On avance d'un pas méfiant dans les couloirs.

Lorsque soudain, des pas approchent.

J'échange un regard alarmé avec Drago. Il m'attrape le bras et m'emmène derrière une tapisserie derrière laquelle nous sommes très très à l'étroit.

- Mais où est-il passé, couine Pansy dans le couloir.

- De toute façon tu le reverras demain, annonce Millicent. Je ne sais pas ce que Malorie lui a raconté mais elle a bien rattrapé le coup…

- Ce qui est bizarre c'est qu'il a été aussi gentil avec toi qu'avec moi, dit Pansy.

Je tuerais pour voir la tête de Millicent à cette seconde.

- Pour demain, tu penses que c'est quoi le mieux, ma jupe mauve, ou mon pantalon bleu ?demande Pansy.

Les pas des deux filles cessent.

- La jupe, dit Millicent un peu froidement.

- Et comme maquillage ?

Je le crois pas… elles se sont arrêtées dans le couloir.

Drago commence à rire.

- Arrête, murmurais-je moi aussi amusée par la dramatique situation.

- Elles vont rester là longtemps à ton avis ?demande Drago à voix basse.

Je hausse les épaules.

Brusquement, Drago réduit le peu d'écart entre lui et moi.

Je le regarde furieusement.

Te fis pas à ma tête, Drago… par pitié ne te fis pas à mon expression enragée.

- Pour mes cheveux, je pense les laisser sur le dos, annonce Pansy.

Malgré mon regard meurtrier, Drago rapproche lentement son visage du mien. Je recule ma tête le plus possible et me cogne à la parois en pierre.

- Je vais mettre mes bottes, ça sera génial avec la jupe, continue Pansy. Olala qu'est-ce qu'il faut pas faire pour plaire à Drago.

Les pas de Millicent et de Pansy retentissent à nouveau dans le couloir.

Drago s'arrête à deux centimètres de mes lèvres.

- Il faudra bien qu'un jour ou l'autre, on y arrive, dit Drago.

- Elles sont parties, annonçais-je en repoussant Drago.

Je sors rapidement et reprends la marche dans le couloir vers les cuisines.

Quelle conne !

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J'avance vers la cheminée, Winky est toujours là, une bouteille à la main.

Ho ce n'est pas vrai, elle a recommencé à boire !

Je m'agenouille auprès de Winky et prends sa bouteille.

- Bonjour Winky, dis-je.

- Miss, dit Winky radieuse, je suis contente de vous voir.

- Pourquoi est-ce que tu as bu ?demandais-je en fronçant les sourcils. Tu m'avais promis à moi et à ton pote à bonnet d'arrêter de boire.

- J'ai vu le calendrier aujourd'hui, dit Winky. Ça fait trois ans que Monsieur Croupton est mort.

Comment j'ai fait pour oublier ce satané anniversaire ! J'ai pourtant pas une vie très remplie… quoique ces derniers jours…

- Ho, m'exclamais-je. Winky j'avais oublié, je suis désolée. Mais je ne veux pas que tu reboives de la journée.

- D'accord Miss, dit Winky. Je ferais mieux de demander aux autres de vous apporter deux repas.

- Un seul suffira, dis-je. Par contre si vous avez de la tarte aux citrons.

Winky acquiesce.

- Si tu trouves ton pote à bonnet, dis-je. Tu veux bien lui dire de venir…

Je vais lui dire deux mots à ce Dobby, comment il a pu laisser Winky boire ?

Winky acquiesce une seconde fois, et s'éloigne.

- Tu as retenu la tarte aux citrons, dit Drago ravi.

Comment oublierais-je.

- Tu vois que je fais un effort, dis-je.

Je m'éloigne vers une table, Drago me suit.

- Qui c'est cette elfe de maison ?demande Drago.

- C'est Hermione qui m'a demandé de m'occuper d'elle, avouais-je.

- D'une elfe de maison ?demande Drago surpris. Elle a vraiment des idées bizarres.

Une horde d'elfes s'approchent de nous avec des plats dans les bras.

Avec Winky, c'est plus pratique elle au moins elle connaît mes goûts, elle ne m'apporte que ce dont j'ai besoin.

J'aperçois Winky et Dobby qui discutent. …tonnée, je vois Dobby effrayé en regardant Drago.

- Tu connais Dobby ?demandais-je à Drago.

- Dobby ?demande Drago surpris. C'était notre ancien elfe de maison.

- Visiblement, tu le terrifies, dis-je en désignant Dobby d'un signe de tête.

Courageusement Dobby et Winky se rapprochent de nous.

- Qu'est-ce qu'il fait à Poudlard ?demande Drago surpris.

- Il travaille ici depuis trois ans avec Winky, expliquais-je.

Dobby et Winky arrivent à notre hauteur.

- Bonjour, Miss et Monsieur, dit timidement Dobby.

Je dois faire dégager Winky.

- Euh… Winky tu pourrais essayer de nous trouver de la tarte aux citrons, dis-je.

- Il n'y en a pas, répond Winky, on a déjà cherché.

- Tu pourrais revérifier ?demandais-je.

Tire toi ! Je dois taper la causette avec ton pote à bonnet.

- Oui, dit Winky en s'éloignant.

- Pourquoi tu l'as laissée boire ?demandais-je furieusement à Dobby dès que Winky est assez loin.

- Elle n'a pas bu d'alcool, se défend timidement Dobby.

- Et ça c'est quoi, dis-je furieusement tendant la bouteille que Winky avait à la main.

- Du jus de citrouille que j'ai ensorcelé pour avoir le goût de la bieurraubeurre, explique Dobby à voix basse.

Vrai ?futé le coiffé !

Je renifle la bouteille et bois une gorgée de la bouteille.

Ça a bien le même goût.

Je regarde Winky qui ouvre les placards les uns après les autres.

Effectivement, elle marche droit.

- Excuse moi Dobby, dis-je. Tu es plus malin que ce que je pensais.

Dobby se renfrogne en entendant mes excuses.

J'avais oublié, je ne dois jamais m'excuser devant les elfes.

- Oui, mais vous ne revenez plus l'année prochaine, couine Dobby.

- Je ne vois pas bien le rapport, avouais-je.

- Winky vous écoute plus quoi moi, miss, explique Dobby.

- J'en ai déjà parlé avec Ginny, dis-je. Elle viendra de temps en temps…

- Miss Whisky ne sera jamais aussi efficace que vous Miss, dit Dobby.

C'est vrai que j'ai de quoi être fière.

- Et moi, poursuit Dobby. Je n'arrive pas à lui parler…

- J'ai remarqué, dis-je cynique.

Dobby m'adresse un petit sourire penaud.

- Si tu lui demandes qu'elle et toi vous vous unissiez selon les lois des elfes de maisons, elle sera peut-être plus heureuse, lâchais-je. Elle oubliera peut-être Croupton.

Les oreilles de Dobby prennent une couleur cramoisie.

Je vous l'avais bien dit, c'est la version elfe de maison de Ron.

- Je… commence Dobby.

- Mais tu fais se que tu veux, dis-je.

- Oui… dit Dobby. …je retourne travailler…

Dobby embarrassé s'éloigne.

- Tu essayes de marier les elfes de maison, constate Drago amusé.

- Ouais, dis-je. C'est mon passe temps favoris.

Je commence enfin mon repas.

- Tu viens souvent aux cuisines ?demande Drago.

- Plusieurs fois par semaine, avouais-je.

Je mange en silence, pendant que Drago observe les cuisines autour de nous.

- C'est dingue qu'en sept ans, je ne sois jamais venu ici, dit Drago. Après tout, j'ai souvent sauté involontairement des repas, ça m'aurait bien aidé.

- Faut mieux pas, on se serait souvent croisés, dis-je.

On se serait vus tous les deux en tête à tête… seuls…

- Oui, dit Drago en regardant à nouveau les elfes s'affairer. C'est quand même dommage.

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Quelques minutes plus tard. Nous sommes dans les couloirs vers la salle commune.

- Cette fois, dis-je. On n'a plus rien à se dire, on va devoir rentrer dans nos dortoirs.

J'ai pas envie.

- Non, dit Drago. Il reste une chose.

- Quoi, demandais-je avec une voix agacée. Mon chiffre fétiche ? C'est sept.

- Tiens moi aussi, dit Drago. Et le nombre…

- Trente et un, dit-on en même temps.

Je regarde Drago et ne parviens pas à cacher ma gêne.

Vite, visage impassible, vite…

- Tu pars devant ?demandais-je.

- Oui, dit Drago.

Il s'arrête une seconde, puis avance seul dans le couloir tandis que je reste en arrière.

J'attends quelques secondes avant de reprendre mon chemin, derrière Drago.

Inutile de signaler que je viens probablement de passer le moment le plus agréable de ma vie. J'ai l'impression que mon cerveau fonctionne au ralenti depuis tout à l'heure.

Je passe le détour d'un couloir et me heurte à quelqu'un.

Mon Drago !

- J'ai oublié, dit Drago. Il nous reste une chose.

- Quoi ?demandais-je étonnée.

- Il faut qu'on soit crédible, toi aussi tu l'as dit, explique Drago.

- Oui, dis-je.

- Sur tous les plans, ajoute Drago.

Je commence à comprendre… pitié satané cœur arrête de t'emballer, il va t'entendre.

Lentement Drago se penche vers moi.

Rooohhh !

- Tu vas encore me repousser ?demande Drago à trois centimètres de mes lèvres.

T'arrête pas, je n'ai pas le droit de te dire que j'ai très envie que tu m'embrasses.

- Non, répondis-je stupéfaite par mes propres paroles.

Subitement, Drago réduit l'espace des trois centimètres.

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Vingt minutes plus tard. Sous le choc, Drago et moi, nous éloignons l'un de l'autre.

- Bon, dit Drago troublé.

- Oui, dis-je confuse.

Pourquoi a-t-il fallu que mon cerveau se fige… pendant vingt minutes ? Je m'en plains pas vraiment, mais il va se douter de quelque chose.

- On devrait être suffisamment crédible sur ce plan là, dit Drago.

On pourrait revérifier ?s'entraîner encore ?

- Il faudra peut-être reco…., commence Drago.

- Oui, coupais-je.

C'est pas vrai, qu'est-ce que je viens de dire ? Cerveau remet toi en marche je te l'ordonne.

- Bien, dit Drago stupéfait.

- On devrait y aller maintenant, dis-je maladroitement.

- Oui, dit Drago en s'éloignant enfin de moi.

- Je pars devant, ou tu… ?dis-je.

- Oui, coupe Drago.

Je pars devant, ok.

J'avance, en même temps que Drago.

On ne s'est pas très bien compris, je crois !

- Toi, ou… ?commence Drago.

- Oui, dis-je.

Bon sang, mes hormones coupent tous mes moyens de compréhension.

- Je pars devant, et tu attends quelques minutes, parvins-je à dire.

- Oui, dit Drago.

J'avance dans le couloir avec l'impression d'être légère…légère…